Présidentielle 2027: l'avis de François-Xavier Bellamy, vice-président des LR
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la maison blanche merci beaucoup d'avoir été avec nous ce soir on va accueillir maintenant françois-xavier bellamy qui est le numéro 2 des républicains qui est aussi le bras droit de bruno rotaillot dans la course à l'elysée françois-xavier bellamy qui nous rejoint et qui était d'ailleurs ces derniers jours au liban je le sais pour apporter son soutien à la population. Sur place, si vous le permettez, bonsoir, monsieur Bellamy. Je voudrais d'abord qu'on aborde une actualité plus franco-française qui est la canicule dont souffrent des millions de personnes ce soir en France.
Vous avez sans doute entendu des critiques sur le manque d'anticipation, le manque de préparation réelle ou supposée du gouvernement face à cet épisode. Est-ce que pour vous, il y a matière à polémique ou pas ? Ou est-ce que vous dites qu'on ferait la même chose si on était au pouvoir ?
Il n'y a pas matière à polémique, il y a matière à réflexion pour qu'en effet notre pays puisse se préparer pour l'avenir. Parce que la réalité du changement climatique, elle est là, personne ne peut la nier et donc il faut s'adapter à ce changement climatique. Le paradoxe de cette histoire...
Vous vous considérez comme un écolo ? Bien sûr mais je l j'ai toujours dit...
Qu'est-ce que vous avez d'écolo ? Vous savez on nous traite parfois à droite de conservateurs. Je pense que l'écologie est conservatrice.
Vous avez dit il y a deux ans la seule vraie écologie c'est celle de la droite. Ça veut dire quoi ? Au-delà des mots et des postures, ça veut dire quoi je suis écolo aujourd'hui ?
Qu'est-ce que vous avez d'écolo ? Ça veut dire très concrètement que la droite c'est la famille politique qui se préoccupe de la transmission. Transmettre à nos enfants ce que nous avons reçu.
Ça veut dire notre culture, notre pays mais aussi transmettre à la nature. Et ça, ça suppose de s'en donner les moyens. Et je le dis d'une manière très paradoxale aujourd'hui, l'écologie politique qui a confisqué à gauche la cause de cette préservation de l'environnement, elle a d'une certaine manière désarmé nos pays pour affronter la réalité de la crise environnementale qui est pourtant devant nous.
L'écologie politique nous a interdit de nous adapter, et moi je pense très concrètement, soyons extrêmement concrets, au combat que nous avons mené pendant des années, seuls contre tous, pour défendre l'énergie nucléaire, qui est l'énergie la plus décarbonée qu'il soit. Mais par exemple quand on détricote la plupart des lois sur les passoires thermiques, les ZF, est-ce que c'est compatible avec le fait de se revendiquer écologiste ? Mais bien sûr, les passoires thermiques c'est très intéressant.
La France a investi une dizaine...
Vous pourriez me dire parfois l'écologie il faut la mettre de côté parce qu'il faut aider les français qui souffrent ? Non, l'écologie ça suppose d'aller à la plus grande des urgences et ça consiste pas à pourrir la vie des français parce que ça, ça n'apporte rien. Typiquement les passoires thermiques.
Je me suis battu au Parlement européen contre un règlement qui voulait interdire la possibilité de vivre dans un bâtiment qui ne serait pas classé dans dans les décennies qui viennent. Ça va imposer des chantiers colossaux en Europe, ce règlement pour la performance énergétique des bâtiments. Le paradoxe absolu c'est qu'on a mis des dizaines de milliards d'euros dans l'isolation.
Parfois il le faut bien mais on a mis beaucoup trop d'argent. Là où en fait il faudrait d'abord insister sur par exemple la climatisation avec de l'électricité décarbonée, de l'électricité nucléaire. La climatisation c'est le meilleur moyen d'offrir aux Français qui souffrent de la chaleur aujourd la possibilité d'accéder à la fraîcheur plutôt que de tout mettre en chantier avec une espèce de pure idéologie dans une écologie.
Vous avez le sentiment que c'est de droite la clim ? Je ne sais pas si c'est de droite mais c'est C'est pragmatique. Mettre des dizaines de milliards d'euros dans le fait de conduire tous les bâtiments en Europe à une isolation absolue, c'est une aberration économique, sociale et écologique.
Et ça, c'est pour le coup l'écologie pragmatique que nous avons défendue. Je voudrais qu'on parle ce soir d'immigration, puisque vous venez de porter et même de faire adopter par le Parlement européen un texte sur l'immigration qui est une petite révolution si la France décide de l'adapter et de le mettre en place. Mais d'abord, question toute simple.
Gérald Darmanin a fait beaucoup parler ces derniers jours en disant « je vois un moratoire de 3 ans sur l'immigration légale ». Qu'est-ce que vous lui dites au ministre de la Justice qu'il se rejoint nous, Gérald, nous aussi on fera ça. Ça vous a surpris ou pas ?
D'abord je pense qu'il a raison de parler de l'immigration légale, parce que le règlement que nous portons au Parlement européen, il conserve l'immigration Sur le fond, un moratoire, il dit la même chose que vous ? Mais le sujet important dans notre pays, c'est aussi l'immigration légale. Parce qu'elle a atteint ces dernières années des chiffres qui sont sans précédent et qui sont très dangereux pour la cohésion nationale.
Vous considérez par exemple que les 4 ,5 millions d'étrangers qui sont en France légalement sont trop nombreux ? C'est un peu la même chose. Il y a trop d'étrangers en France aujourd'hui en situation En tous les cas, qu'il y ait chaque année 400 000 étrangers qui rentrent légalement dans notre pays, c'est une folie. 400 000 étrangers de plus chaque année, c'est les niveaux d'immigration légale qui ont été atteints sous Emmanuel Et on voit bien le problème immense que ça pose pour l'unité d'un pays qui a d'abord besoin de retrouver ce qui le relie, ce qui le lit, ce qui fait son commun.
Il y a ceux qui rentrent et il y a ceux qui sortent ou qui devraient sortir. Et vous avez donc fait voter au Parlement européen un blanc-choc pour relancer les expulsions de ceux que l'Europe ne veut plus sur son sol. Vous avez porté ce texte au Parlement européen, il a été adopté par les députés, c'est ce qu'on appelle le règlement retour.
C'est un peu technique mais Raphaël Grabli nous a rejoint. Bonsoir Raphaël, vous allez nous expliquer parce que ça changerait quand même beaucoup de choses ce texte qui a des partisans mais aussi pas mal d'adversaires. Je vais vous montrer déjà une carte pour que les choses soient claires et le plus clair possible avec une dizaine de pays qui vont apparaître, ceux qui apparaissent en rouge.
Alors je ne vais pas tous les citer l'Ouzbékistan, le Rwanda, l'Egypte, la Mauritanie ou par exemple la Libye. C'est là que des pays européens pourraient bientôt expulser les migrants irréguliers, évidemment on le précise, qu'ils interpellent sur leur sol des gens qui ne viennent pourtant pas de ces pays. C'est l'esprit de ce règlement européen que vous portez, François-Xavier Bellamy, qui doit effectivement encore être définitivement adopté et qui permettrait donc à des pays de l'Union Européenne de nouer des accords avec des pays partenaires pour qu'ils sous-traident en quelque sorte la rétention de migrants. dans ce qu'on appelle des centres de retour.
Alors un retour dans un pays où ils n'ont quand même jamais mis les pieds, le but est clair, accélérer l'expulsion. Des expulsions donc ? Mais qui serait concerné par ces expulsions ?
Déjà donc on le disait les migrants qui sont dans l'illégalité, qui doivent quitter le territoire mais aussi et surtout des migrants que le pays d'origine ne veut pas récupérer. Vous mentionnez souvent François-Xavier Bellamy dans l'Algérie, l'exemple de l'Algérie. Seule D'exception, les mineurs non accompagnés.
Ils ne pourront pas être renvoyés seuls dans ces différents centres de rétention. En revanche, les familles avec enfants seront bien concernées, en tout cas si le texte est définitivement adoptés en l'État. Je voudrais qu'on soit très concrets sur ce plan.
Chaque pays va voir s'il adopte ou pas, mais ça veut dire qu'on va payer ces pays. Ils ne vont pas le faire gratuitement, ils ne vont pas récupérer. Il faut forcément leur donner quelque chose.
Bien sûr, il faut leur donner quelque chose. Il faut que les pays qui ne coopèrent pas soient sanctionnés et c'est ce que prévoit aussi le règlement retour. Il faut que les pays qui ne coopèrent pas avec l'Europe ne reçoivent plus de visa, il n'y a plus d'aide au développement.
La liste des 10 pays qu'on voit en rouge sur cette carte mais que les pays qui coopèrent, eux pour le coup soient récompensés d'une certaine manière. Ce qui veut dire qu'on peut développer...
Pour accueillir ceux qui seraient expulsés d d'Europe, le pays comme le Rwanda, on les paye pour ça. On peut leur proposer des avantages commerciaux, on peut les soutenir dans l'aide au développement d'une manière encore renforcée, on peut aussi coopérer de manière plus efficace avec eux sur le plan migratoire pour leurs propres ressortissants. Un pays qui coopère, il faut inciter à la coopération, il faut sanctionner la non-coopération.
Et ces centres de retour, ils ont un but très simple. Centre de retour, c'est quoi ? C'est une prison Non, ce n'est pas des centres de rétention d'ailleurs.
Ils ne seront pas en liberté ? Les centres de rétention, c'est pour des personnes qui, aujourd'hui sur notre sol, sont retenues avant d'être expulsées. Mais le grand problème de nos pays, c'est qu'aujourd'hui en Europe, vous avez 20 % seulement des décisions d'expulsion qui sont réellement exécutées.
En France, c'est même moins que ça, c'est moins que 10%. Donc là, ça veut dire, pour reprendre un exemple très concret et qui est un petit peu dans l'actualité de ces derniers mois, un Algérien sous OQTF que l'Algérie ne veut pas reprendre sur son sol, vous l'envoyez par exemple au Rwanda. Par exemple.
Et cette personne-là, vous savez, le plus important, c'est que cette personne-là, aujourd'hui en France, elle est de fait, même si elle est dans l'illégalité, inexpulsable. Parce qu'elle sait que l'Algérie ne la reprendra pas. Une fois que vous l'avez expulsée...
Je termine juste ma phrase. Pourquoi partirait-elle, du coup ? Alors que si demain, cette personne sait qu'elle pourrait être expulsée dans un pays avec avec lequel, comme on le disait à l'instant, elle n'a pas forcément de lien.
Il y a beaucoup de chances qu'elle reparte d'elle-même dans son pays d'origine. C'est ça que je vais vous demander parce que l'Algérie, s'il refuse de leur prendre depuis la France, il ne reprendra pas plus cette personne depuis le Rwanda, qui restera donc ad vitam et ternam dans un centre au Rwanda. Non, parce que cette personne pourra rentrer chez elle.
Le problème aujourd'hui, c'est que beaucoup de personnes qui savent qu'elles ne seront jamais expulsées, même quand elles reçoivent une obligation de quitter le territoire, une OQTF, ne repartent pas. Et on les comprend d'une certaine manière, je me mets à leur place, je suis ici, je n'ai pas envie de partir, je sais que je ne serai jamais reconduit, pourquoi le frais-je de moi-même ? Mais si demain, je sais que le risque pour moi, si je reste dans l'illégalité, c'est d'être reconduit dans l'un de ces centres de retour, alors il y a des chances que je reparte de moi-même dans mon pays d'origine.
Et c'est ça le but. Le but, c'est qu'on sorte de cette situation qui fait qu'il y a chaque année dans notre pays des centaines de milliers de personnes qui, ayant pourtant un jour reçu une obligation de quitté le territoire, pourtant ne repartent jamais. C'est ça que les Français ne tolèrent plus.
On parle pas des gens qui demandent l'asile, on parle pas des gens qui sont éligibles à un titre de séjour, on parle de gens qui ont été déboutés du droit d'asile et parfois même deux fois, trois fois, quatre fois et qui pourtant restent toujours là. C'est de cette impuissance qu'il faut sortir mort. – Cette question, elle sera sans doute abordée par le candidat que vous soutenez qui est Bruno Rotailleux, il se trouve… – Qui a porté aussi ce règlement quand il était ministre de l'Intérieur. – Il se trouve qu'aujourd'hui, le candidat de droite le mieux placé dans les sondages, ça n'est pas le vôtre, c'est Édouard Philippe.
Est-ce que vous lui reconnaissez ça aujourd'hui ? Est-ce que vous reconnaissez qu'aujourd'hui, celui qui fait la course en tête, même s'il a un peu perdu dans les sondages mais on est loin, ça n'est pas le vôtre ? – Et donc c'est les sondages qui font l'élection Marc Fowel du coup on annule le débat on n'a même pas besoin d'attendre un an ça c'est un argument qu'on sort quand on n'est pas dans les premiers généralement mais pas du tout, mais c'est un argument qui s'impose je ne voudrais pas d'ailleurs aujourd'hui même si mon candidat était en tête dans les sondages qu'on annule le débat qui s s'ouvre pour l'élection présidentielle.
Mais si vous étiez en tête, si votre candidat était en tête, vous diriez que c'est celui qui sera en tête qui représente notre famille. Mais je vais vous dire une chose. Quand on regarde la vie politique française avec un peu de recul, on voit qu'il n'est quasiment jamais arrivé que dans des élections aussi ouvertes comme les celles de l'année prochaine, le candidat qui était en tête dans les sondages un an avant soit celui qui se retrouve à l'Elysée un an après.
Donc ça ne m'inquiète pas beaucoup si vous voulez. En 2016, à la même époque, Emmanuel Macron n'était même pas testé dans les sondages d'opinion. Donc, on a encore du temps et le temps, il doit être mis à profit parce que c'est ça le plus important.
Pas de parler des sondages mais de parler de la France. Il doit être mis à profit pour parler des problèmes des Français. si celui qui arrive à l'Elysée dans 11 mois c'est Édouard Philippe et pas Bruno Retailleau.
Mais moi je crois que celui qui arrivera à l'Elysée dans 11 mois n'est pas Édouard Philippe pour une raison assez simple, c'est que je pense qu'en 2027 les Français ne vont pas chercher à continuer le macronisme, c'est pas une question de personne et j'ai aucune animosité personnelle Il l'a rendu de manière assez assez forte on pourrait estimer en disant à la place d'Emmanuel Macron j'aurai démissionné Oui parce que même les enfants du macronisme savent que le le macronisme n'est plus tellement en vogue aujourd'hui. Et donc ils essayent par tous les moyens possibles...
Je suis droit, c'est quoi ? C'est Brutus ? Ils essayent par tous les moyens possibles de prendre leur distance, Edouard Philippe, Gabriel Attal.
Mais moi je sais que Bruno Rotaio, comme moi Qui a été ministre dans un gouvernement qui n'existait que parce qu'il fallait empêcher la gauche et l'extrême-gauche d'arriver au pouvoir. Nous n'avons pas soutenu Emmanuel Macron, ni en 2017, ni en 2022. Nous n'avons pas fait partie des gouvernements d'Emmanuel Macron quand il avait la majorité absolue.
Nous n'avons pas fait partie du macronisme, nous avons été dans l'opposition depuis le début. On parlait du nucléaire, on pourrait parler d'immigration. – Elle va vous coller à la peau ?
Elle vous colle à la peau déjà aujourd'hui dans la bouche, par exemple, de Marine Le Pen qui dit qu'on sait très bien à la fin qu'Edouard Philippe et Bruno Retailleau il y en a un des deux qui va rejoindre l'autre. Mais je comprends la facilité et je vois bien que Marine Le Pen et Edouard Philippe ont un même intérêt. C'est de faire croire qu'à la fin, Bruno Retailleau va se dissoudre dans le macronisme au moment de sa disparition.
Mais moi je sais l'inverse et encore une fois j'ai pas été dans l'opposition avec Bruno Retailleau pendant 10 ans au macronisme et d D'ailleurs, j'ajouterais même encore plus, pendant 15 ans, parce qu'Emmanuel Macron, comme Gabriel Attal, ils ont commencé leur chemin dès l'élection de François Hollande. Et ça fait maintenant 15 ans qu'ils sont dans les allées du pouvoir. On n'a pas été dans l'opposition pendant tout ce temps-là pour se ranger au moment où tout le monde constate enfin la faillite du macronisme et du socialisme qui le continuait.
Si au mois de février ou mars de l'année prochaine, Edouard Philippe et Bruno Rotailleau sont au coup d'à-coup dans les sondages que vous regarderez, sûrement à ce moment-là, il se passera quoi ? Les deux resteront jusqu'au bout ou pas ? On peut faire des si indéfiniment.
Avoue que c'est une hypothèse. Je suis sûr qu'en vous rasant le matin, vous y pensez forcément un peu à cette hypothèse-là. C'est-à-dire que si les deux se maintiennent, c'est l'assurance ou la quasi-assurance d'avoir soit le Rassemblement National, soit la France Insoumise dans l'état actuel des forces en présence.
Encore une fois, parlons du fonds. C'est la seule chose qui compte. Ma conviction, c'est que la proposition que Bruno Retailleau porte, et il est le seul en ce moment à dévoiler son projet de manière claire, étape par étape.
Cette proposition-là, elle n'est pas soluble dans même le projet que nous percevons, parce qu'encore une fois, pour l'instant, il n'est pas encore très clair, du côté d'Edouard Philippe. Parlons justement des questions migratoires. Parlons des questions migratoires.
Les députés d'Edouard Philippe ont refusé de voter le règlement retour. Bruno Retailleau l'a porté au Parlement européen. Il va avoir un problème.
Bruno Retailleau et moi-même, nous disons depuis très longtemps qu'il y a un problème avec le volume, le nombre de l'immigration légale en France. Gérald Darmanin même dit la même chose. Edouard Philippe nous explique qu'il faut augmenter l'immigration de travail.
Donc il y a un problème. On ne porte pas la même chose. Je ne dis pas ça parce que je voudrais expliquer qu'il y a une forme d l'animosité irrécupérable.
Ce n'est pas une question de personne, c'est une question de fond, c'est une question de ligne. Et si on ne parle que de sondage, on va finir par désespérer les Français de la démocratie. Une minute à peine.
Si vous aviez face à vous ce soir Patrick Bruehl, vous lui direz quoi mettez votre carrière elle est je vous entends soupirer et je sais cette affaire il ya à la fois la parole des femmes et il ya à la fois la présomption d'innocence est-ce qu'il doit se mettre en retrait de lui-même. Hier, une de ces représentations a été perturbée par des féministes. – Je sais, je sais.
Si j'étais Patrick Bruel, je le dis en un mot, si j'étais Patrick Bruel… – Je ne vous ai pas dit si vous étiez Patrick Bruel, je ne me serais pas permis. J'ai dit si vous l'aviez face à vous. – Si je l'avais face à moi, je croyais vous dire que si j'étais Patrick — Non, non.
C'est pour ça que vous avez respiré... — Si j'avais Patrick Bruel face à moi... — Pas à ce point-là, quand même. — Non, mais je crois que c'est très dangereux qu'on rentre dans un monde où la justice se fait dans le tribunal de l'opinion plutôt que dans les tribunaux qui ont en mission de la rendre avec toutes les procédures que ça implique.
Maintenant, si je l'avais en face de moi, je lui conseillerais sans doute de s'effacer par respect, par décence aussi, le temps au moins que la justice a son terme. Mais ça me désole que notre débat se concentre sur ça. J'ai atterri ce matin de Beyrouth.
Hier, j'étais dans le sud du Liban où la guerre frappe, où des enfants sont aujourd'hui en train d'étudier sous les bombes. Je pense que le devoir de la France est de les soutenir. Je pense que notre rôle aujourd'hui dans le monde si dangereux dans lequel nous vivons, c'est de reconstruire une France qui soit capable de maîtriser son destin et d'honorer ses engagements.
Et c'est tellement important de parler de tout ça. Vous avez vraiment ce qui se passe au Liban, ce qui est passé au Moyen-Orient.
François-Xavier Bellamy