Jour historique pour l’Europe !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:00OuverteRéponse directe
Cet accord est historique, mais beaucoup de concessions ont été faites aux pays dits frugaux. Regrettez-vous d'avoir dû aller aussi loin pour parvenir à un accord ?
- 10:00OuverteRéponse partielle
Avec le nouveau mécanisme d'État de droit, sera-t-il possible de réduire les fonds budgétaires à la Hongrie et la Pologne en cas d'infraction ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Cette victoire est-elle entachée par les concessions faites aux frugaux ? L'Europe prend-elle conscience de la nécessité de devenir une puissance géopolitique ?
- 14:00OuverteRéponse directe
Sur votre rôle de présidence en exercice du Conseil, y a-t-il eu des moments où vous auriez préféré ne pas être présidente ? Pourquoi l'endettement commun est-il historique ?
- 16:00OuverteRéponse directe
La question des ressources propres a-t-elle fait débat ? L'extension du marché du carbone et le mécanisme d'ajustement aux frontières sont-ils atteignables en 2023 ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Comment la dynamique des frugaux s'est-elle développée par rapport à l'époque de David Cameron ? Que signifie cela pour le Royaume-Uni ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00A. MerkelFait
« Nous avons posé les jalons pour les bases financières de l'Union européenne pour les sept prochaines années. »
- 1:30A. MerkelChiffre
« Le volume total de 750 milliards a été préservé. Les subventions sont un peu moins avec 390 milliards et les prêts ont été augmentés un peu. »
- 2:30E. MacronChiffre
« Nous arrivons à un quasi doublement du budget européen pour les 3 prochaines années. »
- 3:00E. MacronFait
« Nous avons porté l'exigence d'un budget consacré pour 30% au moins à des dépenses climatiques. »
- 3:30E. MacronFait
« C'est la première fois que nous mettons en place cette capacité budgétaire commune à ce niveau-là. »
- 11:00E. MacronFait
« L'Allemagne a accepté de ne pas augmenter son rabais comme les autres, ce qui veut dire que ce faisant l'Allemagne a accepté que son retour net sur son propre rabais soit diminué. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
(...) (Traduit de l'allemand) -A.
Merkel : Mesdames et messieurs, bonjour. Après une séance très longue, nous avons trouvé un bon accord et je m'en réjouis. Emmanuel Macron, le président français, et moi-même, nous sommes maintenant devant vous pour pouvoir dire...
On peut dire qu'entre le 18 mai, entre notre ensemble commun, et le 21 juillet, nous avons parcouru un chemin important. Et l'Europe a montré qu'elle sait emprunter des voies nouvelles dans une situation exceptionnelle. Et je crois que c'était nécessaire.
Des évènements inédits, comme la pandémie, exigent aussi des méthodes nouvelles également exceptionnelles. Cela a duré également exceptionnellement longtemps. Je crois que nos prédécesseurs à Nice ont mis encore quelques minutes de plus, c'est ce qu'on m'a dit, je n'ai pas vérifié.
Mais nous avons posé les jalons pour les bases financières de l'Union européenne pour les sept prochaines années. Et en même temps, nous avons donné une réponse puissante à la plus grande crise de l'Union européenne depuis sa création dans le cadre de ce plan de relance. Nous avons pu garder la structure de base de ce plan de relance tel qu'il a été présenté par la Commission avec de nombreux éléments de l'initiative franco-allemande.
Le volume total de 750 milliards a été préservé. Les subventions sont un peu moins avec 390 milliards et les prêts ont été augmentés un peu. Nous avons montré que maintenant, nous sommes capables d'avoir de la fiabilité et je voudrais remercier l'équipe de Charles Michel et d'Ursula von der Leyen et bien sûr les deux personnellement pour leur travail.
Le budget est orienté vers l'avenir de l'Europe, mais il est également orienté pour que le marché intérieur dans l'une des crises économiques les plus graves puisse continuer à marcher, notamment dans les pays les plus affectés par la pandémie pour pouvoir également améliorer leur effort de relance. Les subventions, mais aussi les prêts, sont liés à des réformes et à des développements d'importantes tâches d'avenir. Le climat avec 30% des dépenses.
Pour les questions liées au climat et pour la numérisation, il y a eu un long débat de comment pouvoir vérifier que ces réformes sont vraiment mises en oeuvre et d'un côté, bien sûr, la Commission y joue un rôle important, mais également les Etats membres peuvent y participer. Pour résumer, il s'agissait bien sûr de montrer notre détermination. Ce n'était pas facile, le fait qu'on a mis tellement longtemps vous montre qu'on venait de points de départ différents, mais ce qui est important, c'est que finalement, on s'est mis d'accord et que maintenant, nous sommes tous convaincus qu'avec ce que nous avons accordé, on peut vraiment faire quelque chose.
Bien sûr, il y aura également des discussions encore difficiles avec le Parlement européen. La présidence allemande en exercice bien sûr aura un rôle important à jouer dans ces discussions. Et j'espère que nos collègues du Parlement européen ont vu également qu'on s'est vraiment battu pour trouver une bonne solution et qu'on aura également de bonnes discussions avec le Parlement européen.
Je suis très soulagée. En février, nous n'y sommes pas parvenus. Maintenant, nous l'avons fait et c'est également un signal important qui va au-delà de l'Europe, que cette structure vraiment exceptionnelle, l'Union européenne, avec 27 pays membres avec bien sûr des contextes tout à fait différents, est capable d'agir ensemble, a montré sa capacité d'action, et c'est un bon signal. -Le président. -E.
Macron : Merci beaucoup. Merci, Mme la Chancelière, chère Angela. Permettez-moi d'abord de commencer par un mot de condoléances et de tristesse suite au drame qui est survenu en France sur l'autoroute A7, et j'ai une pensée pour les familles des 5 enfants qui ont été tués, les familles aussi de toutes les autres victimes qui sont entre la vie et la mort.
Je vais commencer dans la suite de la présentation de madame la chancelière en remerciant évidemment le président Charles Michel et la présidente Ursula von der Leyen pour leur engagement, leur travail et autour d'eux évidemment, le travail et l'engagement de toutes leurs équipes, durant toutes ces journées et ces nuits et vous remercier, Mme la Chancelière, dans votre rôle de présidence pour ce semestre, car je crois que nous avons aujourd'hui avec ce sommet, vous l'avez dit, non seulement était l'un des sommets les plus longs de l'histoire, peut-être le plus long, ce qui est un succès d'autant plus important après plusieurs mois où nous ne nous sommes pas réunis physiquement, mais c'est surtout et avant toute chose, un sommet dont les conclusions sont véritablement historiques. Nous avons mis en place une capacité d'emprunter en commun, de mettre en place un plan de relance solidaire pour la 1re fois. L'objectif que nous nous étions fixés d'une enveloppe de 750 milliards d'euros au total a fini par obtenir l'accord de tous avec, madame la chancelière l'a rappelé, en effet, une enveloppe pour les subventions qui a été finalement de 390 milliards d'euros, mais ce qui est une enveloppe conséquente, qui permettra d'ailleurs pour chacun des pays de financer une part non négligeable des plans nationaux.
Cette enveloppe est un peu plus réduite que le plan franco-allemand ne l'avait souhaité le 18 mai dernier, mais je veux qu'ici, chacun mesure le chemin parcouru en 2 mois, ce qui, à l'échelle du temps européen, est extrêmement court. Et beaucoup, d'ailleurs, de nos collègues nous l'ont dit, ils ont été parfois surpris de l'accord franco-allemand du 18 mai dernier. En 2 mois, nous avons réussi à bâtir un consensus pour que ce plan de relance inédit devienne une décision et donc une réalité.
Il a demandé de l'effort, de l'esprit de compromis et je veux vraiment remercier l'ensemble de nos collègues qui, autour de nous, ont su ainsi s'engager. Au total, avec ce plan de relance, nous arrivons à un quasi doublement du budget européen pour les 3 prochaines années. Et c'est cet ordre de grandeur qu'il faut avoir en tête.
Et là aussi, mesurons le chemin fait là où, au mois de février, nous étions bloqués sur un budget que certains voulaient réduire à 1% du produit intérieur brut européen. Nous avons aujourd'hui, avec à la fois le budget et le plan de relance, quelque chose qui est proche de 2% du PIB européen. Cette longue négociation a été marquée par des difficultés, parfois des oppositions, des conceptions différentes de l'Europe.
Mais je me félicite qu'avec la chancelière, nous ayons toujours été du côté de l'ambition et de la coopération. Et pour moi, c'est tout le travail que nous avons mené ces 4 derniers jours. Mais ces derniers mois et ces dernières années, quand l'Allemagne et la France se mettent ensemble, elles ne peuvent pas tout, mais si elles ne se mettent pas ensemble, rien n'est possible.
Et nous avons véritablement, durant ces 2 mois que j'évoquais, réussi à franchir ensemble beaucoup d'étapes pour l'unité européenne. Je suis convaincu que ce plan, ce budget, sont de nature à répondre aux défis sanitaires, économiques et sociaux qui sont aujourd'hui les nôtres dans chacun de nos pays, et que décider, en quelque sorte, de ne pas y répondre, c'eût été décider de dépenser beaucoup plus dans quelques mois ou quelques années. Je veux aussi souligner les résultats obtenus dans d'autres domaines importants.
Nous avons porté l'exigence d'un budget consacré pour 30% au moins à des dépenses climatiques et donc un budget cohérent avec le Green Deal décidé il y a quelques mois. Nous avons défendu nos politiques traditionnelles, qu'il s'agisse de la politique agricole qui est relevée, stabilisée par rapport au budget actuel pour l'Europe, et qui est une politique de sécurité, de souveraineté alimentaire extrêmement importante, la politique de cohésion qui est aussi maintenue, et toutes les politiques d'avenir, comme l'a rappelé madame la chancelière, qui voient leur budget augmenter. Je veux conclure ici en soulignant l'essentiel, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une étape majeure qui pour nous a été franchie, grâce à plusieurs mois et derrière cela, plusieurs années de travail et d'engagement commun.
L'étape de Meseberg, que nous avions ensemble franchie au printemps 2018, avait, au fond, mis les bases de cet engagement ensemble. Le plan de relance fondé sur cette solidarité européenne, c'est un changement historique de notre Europe et de notre zone euro. C'est la première fois que nous mettons en place cette capacité budgétaire commune à ce niveau-là, en la basant sur une capacité d'endettement commun pour des projets nouveaux et en dessinant la perspective de ressources budgétaires propres additionnelles.
C'est un objectif de solidarité et de responsabilité puisqu'il y a un échéancier de remboursement qui est prévu parce qu'il ne s'agit pas que tout cela repose sur les générations futures uniquement. Et donc, c'est une volonté d'investir ensemble. C'est ce qui nous permettra de faire face au défi social, économique, mais aussi écologique de notre Europe. (Traduit de l'allemand) -On va commencer avec les questions, avec la partie française.
Anne-Sophie. -Une question d'Alison Tassin, TF1, LCI. -Oui.
Bonjour. Vous m'entendez ? Très bien.
M. le Président, Mme la Chancelière, bonjour. Cet accord, vous le dites, est un accord historique selon vous, cependant, beaucoup de concessions ont été faites aux pays dits frugaux, est-ce que vous ne regrettez pas d'avoir dû aller aussi loin pour parvenir à un accord ? (Traduit de l'allemand) -A.
Merkel : Non, je ne le regrette pas. Je crois qu'il faut voir qu'un groupe de pays au début n'était pas enthousiasmé de cette nouvelle méthode de coopération. Ils auraient aimé des garanties, mais pas des subventions.
Et le fait d'avoir atteint ce résultat, avec un peu plus de subventions que de prêts, je trouve que c'est la bonne réponse aux défis auxquels nous sommes confrontés par la pandémie et cela exige de l'esprit de compromis, nous l'avons accepté, nous l'acceptons. Et je crois que nous avons pu, donc, agir correctement dans l'ensemble. Les pays qui ont obtenu des concessions vont bien sûr également payer une grande partie de ces subventions.
Dans les régions les plus durement affectées, donc c'est un compromis qui, évidemment, a aussi parfois été un compromis douloureux. L'Allemagne a décidé de ne pas pleinement participer à ce compromis pour ne pas faire exploser ce budget. C'est notre contribution en tant qu'économie nationale.
Mais je crois que c'est tout à fait responsable. -E. Macron : Oui.
D'abord, les pays qui sont contributeurs nets au-dessus d'un certain niveau ont demandé des rabais, et ce avant même que le plan de relance n'existe. Et donc, il y a eu toute cette discussion qui s'est nouée et qui consiste à ce qu'il y aura toujours des contributeurs nets et des bénéficiaires nets. Nous sommes contributeurs nets, l'un et l'autre, de ce budget, mais c'est pour éviter les trop grands écarts.
Cette mécanique a toujours existé et elle permet d'éviter trop de distorsions. Au-delà de cela, en effet, l'ambition qui était et qui est la nôtre justifiait qu'il y ait des concessions pour qu'il puisse y avoir un compromis. Mais je veux qu'on mesure, comme l'a rappelé madame la chancelière, d'où nous venions.
Il y a encore 8 jours, certains de nos partenaires nous disaient : "Nous sommes contre le principe d'un endettement commun". Ils l'ont accepté. Il est fondamental, je dirais que c'est pour moi l'avancée la plus historique et structurante de cet accord.
Deuxièmement, beaucoup, les mêmes et certains autres qui acceptaient l'endettement commun, disaient : "Nous ne pouvons pas accepter "qu'en nous endettant même en commun sur le marché, on distribue des subventions". Ils étaient contre le principe de toute subvention sur la base de cet endettement. Ils l'ont tous accepté.
Et enfin, ils étaient pour des montants très faibles. Certains pour zéro, comme je viens de le dire, mais après 2 jours et 2 nuits de discussion, on était encore à des niveaux qui étaient de 150. Nous sommes là très proches du niveau qui était visé avec le 390.
Et donc, pour ma part, je n'ai aucun doute en vous disant que les compromis qui ont été faits pour à la fois limiter les sur-contributions de certains et pour permettre de ramener tout le monde et toute la famille autour de ce projet commun, elles sont proportionnées et elles étaient nécessaires pour obtenir le plus important et fondamental qui est ce plan de relance à un bon niveau à ce stade de la crise. (Traduit de l'allemand) -On rappelle aux journalistes qui écoutent, si vous voulez poser une question, veuillez lever cette main gauche virtuelle. Une question d'Ansgar Haase de DPA. (Traduit de l'allemand) -Bonjour.
Une question pour la chancelière fédérale. Pouvez-vous nous dire ce matin qu'avec le nouveau mécanisme d'Etat de droit, il sera possible de réduire les fonds budgétaires à des pays comme la Hongrie et la Pologne en cas d'infraction ? Et pouvez-vous nous dire ce que doit faire la Hongrie concrètement pour que la présidence allemande plaide pour mettre fin à la procédure selon l'article 7 ?
Pouvez-vous nous dire pourquoi vous n'avez pas réussi à convaincre la chancelière de renoncer au rabais allemand ? Merci beaucoup. (Traduit de l'allemand) -A.
Merkel : Je crois que le rabais allemand fait partie de l'équilibre. Il n'a pas fallu de conviction pour l'augmentation de la ristourne. On n'avait pas exigé la même chose qu'avaient exigée les autres, mais en fait, je suis très contente, pour parler d'une particularité allemande, d'avoir atteint quelque chose pour les nouveaux Lander.
Vous savez, quand on parle d'un acte juridique proposé par la Commission au Conseil, cet acte juridique doit être validé à la majorité qualifiée. Et il faut continuer à travailler à cet acte juridique. On a dit également au Conseil européen, qu'on va se pencher sur cette question, s'il y a encore des questions en suspens.
Et donc, il faut voir dans nos conclusions, nous avons dit que d'un côté... on accepte les principes des finances de l'Union européenne et de l'autre côté également les principes du respect de l'Etat de droit, dans le respect des lois et des droits fondamentaux.
Et on y fait référence, mais je refuse d'emblée de nommer deux pays qui pourraient tomber sur cet acte juridique, c'est formulé de façon générale...
Et donc, quels seront les pas du gouvernement hongrois dans le cadre de cette procédure de l'article 7 du Conseil ? Donc on verra les détails, la continuation. C'est à la Hongrie de prendre l'initiative, et elle a l'intention de le faire.
Le Premier ministre Orban me l'a dit, qu'il ne veut pas faire traîner les choses, et on va bien sûr soutenir la Hongrie. Mais donc, c'est à la Hongrie bien sûr de faire ce pas. -E.
Macron : Sur la question du rabais, alors on peut regretter que le principe des rabais ait été maintenu dans le budget, mais il aurait fallu complètement changer de philosophie, c'était une bataille qu'on aurait pu mener et qui aurait pu se faire. D'ailleurs, on avait commencé à avoir ces réflexions en février, mais on s'est centré là sur les priorités qui étaient celles de la crise et du plan de relance. Ensuite, l'ensemble des rabais pour les pays qui en bénéficient dont l'Allemagne a été mis dans la boîte de négociations de juillet.
Et pour ce qui est de l'Allemagne, il n'a pas changé. Et tout le travail qui a été le nôtre pendant ces quatre jours et nuits de négociation avec madame la chancelière a été en effet de convaincre d'autres pays. Et je veux simplement dire une chose qui est factuelle, l'Allemagne a accepté de ne pas augmenter son rabais comme les autres, ce qui veut dire que ce faisant l'Allemagne a accepté que son retour net sur son propre rabais soit diminué.
De la même manière que la France en tant que 1er payeur des rabais des autres a aussi accepté de payer pour le rabais des autres. Et donc, la réalité de la discussion des derniers jours a été que l'Allemagne, la France, l'Italie et plusieurs autres ont en effet accepté de financer une dynamique de transfert vers des pays qui sont les plus contributeurs nets à ce budget pour les convaincre que c'était un bon budget s'ils compensaient des effets qui leur paraissaient insoutenables. Est-ce que cette mécanique est parfaite ?
Non. Est-ce qu'elle traduit toute la solidarité européenne ? Non.
Mais je pense qu'on a réussi à changer une chose fondamentale à cette occasion, ensemble sur la base de notre initiative, qui est d'emprunter en commun et d'avoir de vrais mécanismes de transfert et de solidarité budgétaire qui n'existaient pas avant. Je crois que c'est cette bataille qui était la plus importante, mais je veux souligner que cette bataille n'a été possible que parce que nous avons accepté l'un et l'autre aussi de financer cela. Et donc c'est ce que je voulais rappeler sur ce qu'on appelle le rabais allemand. -La prochaine question est pour Rym Momtaz, Politico. -Bonjour.
Bonjour, M. le Président. Bonjour, Mme la Chancelière.
Et félicitations déjà pour cet accord. M. le Président, depuis avril, vous dites que cette bataille pour plus de solidarité est aussi une bataille entre essayer de comprendre si l'Europe est un projet politique ou juste un projet de marché.
Et aujourd'hui, il y a parmi certains, certains ont ce sentiment que cette victoire est entachée, que vous devez traîner ou même soudoyer les frugaux et autres. Comment est-ce que vous répondez à ce sentiment peut-être de déception que certaines personnes pourraient avoir ? Et aussi, est-ce que vous avez l'impression que l'Europe et vos partenaires ont pris conscience de ce qu'il faut faire pour vraiment devenir une vraie puissance géopolitique ?
Merci. -E. Macron : Ecoutez, d'abord, je ne dirais pas que c'est entaché ou que l'accord en est moins bon parce qu'il y a eu des concessions qui ont été faites.
Nous sommes 27 autour de la table, et nous arrivons à faire ensemble un budget. Quel est l'autre espace politique dans le monde où cela est possible, où cela se fait ? Aucun autre.
Alors oui, c'est très pénible, c'est très long, il y a des imperfections, parce qu'il nous faut trouver des raccords, mais la perfection n'existe pas, parce que nous avons des tas de différences. Nous avons des différences de conception, nous avons des différences parfois de philosophie, de représentation du monde, tout ce que j'avais évoqué dans le discours de la Sorbonne en parlant des intraduisibles. Et donc il nous faut réussir à rapiécer les choses, c'est ça qu'on a eu, je crois, avec Angela Merkel pendant quatre jours le sentiment de faire.
Avec je dirais toujours beaucoup d'intérêts, parce qu'on apprend toujours des autres dans ces conflits, dans ces discussions, dans ces controverses. Mais on arrive à trouver une solution. Alors moi, je veux retenir de ça, d'abord que nous avons un accord sur quelque chose qui n'était non seulement absolument pas naturel pour certains de nos collègues, mais auquel ils s'opposaient.
Et donc je ne veux pas qu'on sous-estime le chemin qu'ils ont fait, qui est un chemin politique, parfois philosophique et personnel. Et avec beaucoup de sincérité. Donc, je crois qu'on a réussi à les convaincre que le moment historique que vivait notre Europe supposait qu'on se hisse tous un peu au-dessus de nous-mêmes et qu'on avance.
Ensuite, quand on fait un budget et il en est ainsi de la vie politique, économique, des rapports humains, il faut trouver des voies et moyens de représenter, faire figurer ces tractations. Les gens viennent vers vous, ils acceptent un principe qui n'était pas le leur, il faut le compenser. Alors, soit en acceptant un principe qui n'est pas le vôtre, on a pu le faire pour donner accès à certains mécanismes, à certains pays, on a pu le faire pour trouver des compromis sur la gouvernance dont on n'a pas parlé encore ce soir.
Et d'autres fois, ça se traduit par l'argent, par la monnaie. Et au fond, l'argent, ça sert à ça. C'est un mécanisme de troc qui permet, à un moment donné, que 2 personnes se construisent dans l'échange, voilà.
Voilà. Donc ça n'est pas parfait, mais le monde parfait n'existe pas. Ce que je sais, c'est que nous avons réussi à avancer et des compromis font que la copie à laquelle vous arrivez à la fin, évidement, n'est pas la même que celle qui était au début.
Parce que tout le monde a fait un pas vers l'autre. Moi, je veux surtout voir ça. Et maintenant, on doit mesurer le côté historique, le caractère historique de ce budget, et la dynamique que nous allons créer, parce que ce qu'il faut voir, c'est que maintenant, très vite, ce budget va permettre d'alimenter des plans de relance dans chaque pays.
Par exemple, en France, c'est 40 milliards d'euros qui vont être injectés par l'Europe, grâce à l'Europe. Et dans beaucoup de pays, c'est essentiel, parce qu'ils peuvent avoir une situation plus fragile financièrement et avancer. Et donc, nous allons changer la vie de nos concitoyens par cette solidarité européenne.
C'est pour moi le plus important, donc je n'ai aucun esprit de chagrin à cet égard. (Traduit de l'allemand) -A. Merkel : Je voudrais juste ajouter qu'en ces temps, le multilatéralisme est vraiment sous pression.
Et avec 27 pays membres, l'Union européenne a montré que dans un tel moment où nous sommes confrontés à un défi énorme, dont on ne voit pas encore complètement ce qu'il signifie pour nos économies, on le verra dans les mois à venir, qu'on était capable d'agir. Et chacun doit décider pour lui-même si, dans une situation exceptionnelle, on emprunte des voies exceptionnelles. Et le 18 mai, nous aussi, en venant de points de départ tout à fait différents, nous avons choisi d'initier ce chemin en commun avec beaucoup de soutien de la Commission.
Et cela me donne de la satisfaction, parce qu'on a pu également convaincre les autres d'emprunter ce chemin, dans la question de la gouvernance, c'est-à-dire comment les Etats membres peuvent aussi vérifier le décaissement des fonds. Au début, je me disais : "Est-ce qu'on va y arriver ? Est-ce qu'on va pouvoir concilier ces différentes perspectives ?" On y a travaillé jour et nuit, avec beaucoup de créativité, avec acharnement, et on y est parvenus.
Et grâce à cela, on peut avoir un peu d'espoir et du courage pour le bout de chemin qui est devant nous. (Traduit de l'allemand) -Markus Preiss, ARD. -Bonjour, Mme la Chancelière, M. le Président, est-ce que vous m'entendez ? -E.
Macron : Oui. -Bonjour, M. le Président. (Traduit de l'allemand) J'ai 2 questions, la première pour la chancelière fédérale.
Sur votre rôle en tant que présidente en exercice du Conseil, nous avons vu qu'il y avait des constellations tout à fait différentes dans ce Conseil, en fait le premier depuis le Brexit. Est-ce qu'il y a eu des moments où vous auriez préféré ne pas être la présidente en exercice du Conseil ? Peut-être la dimension la plus historique dans cet accord est l'endettement commun.
Est-ce que vous pouvez expliquer pourquoi ? Merci. (Traduit de l'allemand) -A.
Merkel : Alors, pour ma part, j'étais tout à fait contente de pouvoir travailler un projet important sous notre présidence tournante pour soutenir Charles Michel et en coopération étroite avec Emmanuel Macron. Le projet de l'Union européenne n'a jamais été seulement un projet franco-allemand. On dit parfois que c'était tout à fait particulier que d'autres pays membres aussi y ont contribué, mais c'est vrai que quand l'Allemagne et la France ne sont pas d'accord, ce n'est en fait pas la peine de trouver un accord entre tous, et que les autres Etats membres, et nous avons tous les mêmes droits, grands ou petits, jouent un rôle, c'est clair, et qu'il y a des groupes qui voient les choses différemment, c'est clair aussi.
Et bien sûr, l'équilibre au sein de l'Union européenne a également changé un peu après la sortie du Royaume-Uni. Si l'on pense aux perspectives financières il y a 7 ans, à l'époque, la perspective de David Cameron a joué un rôle important. La Grande-Bretagne n'était plus là, donc peut-être que d'autres pays occupent le devant de la scène.
Il va falloir donc apprendre à vivre avec cette dynamique. Mais c'est toujours une décision que l'on prend à l'unanimité, où la France et l'Allemagne jouent un rôle important, mais seulement un rôle important, il y en a plusieurs, évidemment. -E.
Macron : Sur l'endettement commun, ce qu'il faut mesurer, c'est que, jusqu'alors, le budget de l'Europe était un budget très réduit, environ 1% de ce produit brut et c'est un budget, au fond, il y avait très peu de ressources affectées et des contributions de chaque Etat vers ce budget commun, chacun regardant son taux de retour. Et donc, un budget relativement faible qui mutualisait peu. C'est la première fois, en effet, que nous décidons véritablement de créer un programme pour la relance où nous engageons notre garantie, notre signature ensemble pour aller vers les marchés.
Et le premier caractère historique, c'est ce caractère de confiance mutuelle où nous donnons notre garantie de manière solidaire pour aller solliciter la confiance des marchés et donc de gens qui vont nous prêter de l'argent pour mener des projets communs. 1er point. Alors, on l'avait fait au moment de la crise grecque de manière très ciblée pour faire des prêts.
Le deuxième point qui constitue le caractère historique de notre projet de relance, c'est qu'on utilise cet argent pour le prêter à d'autres, mais également pour faire des vrais transferts, ces fameux "grants" dont on a parlé tous ces jours derniers pour faire des transferts financiers. Et ça, ça change profondément la nature parce que nous créons une fonction budgétaire qui commence à se structurer au sein de notre Europe avec cela et en particulier dans la zone euro puisque nous décidons qu'avec cet argent qu'on va chercher sur les marchés, on va l'affecter en priorité vers les zones, les secteurs d'activité, les pays qui en ont le plus besoin. C'est la philosophie de l'accord du 18 mai qui a été repris par la Commission.
C'est le coeur d'une fonction budgétaire, celle qui consiste à faire des transferts légitimes mesurés, évalués, en fonction, d'ailleurs, de critères objectifs qui sont ceux repris par la Commission, qui sont des critères économiques qui mesurent cette crise. Le remboursement, quant à lui, se fait...
D'abord, on va l'enclencher sur les intérêts qu'on n'aurait pas utilisés, mais il va se faire sur une clé de répartition qui est l'importance de votre économie dans le budget, ce qui fait que ce ne sont pas ceux qui ont touché l'argent qui rembourseront à due proportion, ce qui crée un transfert qui est juste, et par les ressources propres que nous comptons créer dans les prochaines années. Ce qui va permettre d'abonder encore cela. Et donc, au fond, ce que nous sommes en train de structurer, c'est une solidarité commune.
Et ça, c'est inédit, et c'est une vraie fonction budgétaire dont l'Europe avait besoin pour devenir la puissance géopolitique que nous évoquions dans la question précédente et pour aussi consolider l'euro comme une vraie monnaie internationale. Parce que l'euro n'aura le statut de monnaie internationale que s'il y a derrière aussi cette fonction budgétaire. Et donc, c'est pour toutes ces raisons que le moment est vraiment un moment de transformation de notre Union européenne et de notre zone euro. -Très bien.
Nous prenons une question d'Anna Hubert de Contexte. -Oui, bonjour. J'aurais souhaité savoir si la question des ressources propres avait fait débat.
Je sais que tous les pays n'étaient pas forcément favorables à des ressources propres basées sur le carbone, à la fois l'UE ETS mais aussi le futur mécanisme. Est-ce que vous pensez que les deux, extension du marché du carbone et mise en place d'un mécanisme d'ajustement aux frontières, sont possibles, atteignables, en 2023 ? Est-ce qu'il a fallu convaincre certains ?
Merci beaucoup. (Traduit de l'allemand) -A. Merkel : Ici, nous nous sommes mis d'accord sur la taxe sur les plastiques.
On en avait déjà parlé au mois de février. Sinon, pour les fonds propres, il y a encore un chemin assez long à parcourir. Parfois, ce n'est pas facile, parce que certaines recettes d'impôts en Allemagne, l'ETS, ont déjà été comptabilisées dans nos budgets nationaux, mais on a également l'ambition de développer une taxe sur le numérique au niveau international si possible.
Là aussi, il va falloir parler de fonds propres, mais il va encore falloir travailler dans les détails. C'est à l'agenda et on a fait un premier pas, mais il reste encore du travail à faire en ce sens. -E.
Macron : Oui, je partage totalement ce qui a été dit par madame la chancelière. Le principe des ressources propres compris dans le plan de relance pour rembourser est ancré. Nous avons d'ores et déjà acté ensemble des ressources propres communes comme la taxe plastique.
Je crois pouvoir dire que dès que nous aurons fini l'accord sur la taxe digitale, notre volonté est aussi de l'affecter. Je crois ensuite, vous l'avez très bien dit, il y a d'autres mécanismes et taxations qui sont légitimes et que nous souhaitons développer : ETS et un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières communes. Simplement, là, c'est une autre discussion, qu'il convient d'avoir dans les prochains mois et prochaines années, qui n'est pas le principe même qu'on va continuer à développer et faire monter parce que c'est pour respecter notre trajectoire carbone une nécessité et le mécanisme d'ajustement aux frontières sur lequel nous avons déjà commencé à élaborer le consensus est, lui, essentiel pour avoir cette trajectoire et la rendre compatible avec notre compétitivité, notre empreinte industrielle pour éviter le dumping environnemental qui viendrait d'autres régions.
Mais la question qu'il y a derrière, c'est ensuite l'affectation. Et c'est vrai que pour plusieurs Etats membres, ce sont des ressources d'ores et déjà importantes au niveau national. Et donc, pour que ça devienne des ressources propres collectives, c'est un accord d'affectation de ces ressources.
Et ça, c'est quelque chose que nous aurons à débattre et à trancher dans les prochains semestres. (Traduit de l'allemand) -BBC pose la dernière question, Gavin. (Traduit de l'anglais) -Est ce que vous m'entendez ?
Mme la Chancelière, M. le Président. Vous avez dit comment le groupe des frugaux avait menacé de bloquer les projets européens en exigeant des réductions.
Mme la Chancelière. Vous avez parlé, en fait, de David Cameron et son comportement à l'époque. Est-ce que vous parlez de la dynamique, comment elle s'est développée à l'époque et comment elle est aujourd'hui ?
Et qu'est-ce que ça veut dire pour le comportement, la position du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne ? -A. Merkel : On ne voudrait pas faire de l'histoire ici.
J'ai juste dit qu'avec la sortie du Royaume-Uni, l'équilibre, il fallait le retrouver à nouveau à 27. On avait les pays qui ont une tradition particulière chez eux. Mais ce qui est important pour nous, c'est d'avoir emprunté cette nouvelle voie, qu'on a élaboré un budget lors de relances auxquelles ont participé aussi les pays que vous venez de citer et on y est parvenu.
Et c'était un long chemin pour ces pays, pour l'Allemagne aussi, parce que la question d'un plan de relance basé sur des dettes empruntées par la Commission à ratifier par les parlements nationaux, ce n'était pas facile. Je comprends tout à fait que ceux qui n'y avaient pas réfléchi pendant des semaines déjà ont eu du chemin à parcourir et ce qui compte, c'est d'être capables de parvenir à un résultat commun, capables de convaincre que les tâches qui sont devant nous peuvent être accomplies. -E.
Macron : Sur votre question, je pense qu'il serait malvenu ici de revenir et de stigmatiser tel ou tel, devant les tensions ou les choses. Qu'il y ait des différences de sensibilité entre nous, c'est légitime, parce qu'il y a des histoires différentes, des réalités qui sont différentes, des situations économiques et sociales profondément différentes. Ca veut dire aussi qu'il nous reste beaucoup de travail pour oeuvrer à plus de convergence, qui est au coeur du projet européen.
Et c'est vrai que ces dernières années et décennies, nous n'avons pas été au bout de ce chemin de la convergence fiscale et sociale en Europe. Ensuite, pour les pays qu'on a appelé "frugaux", la sensibilité vient du fait qu'ils sont des contributeurs nets importants et qu'il y a une sensibilité politique chez eux sur ce point avec souvent des gouvernements de coalition et donc des dirigeants qui sont autour de la table, mais qui doivent répondre à leur Parlement qui leur met beaucoup de contraintes. Et si on ne prend pas en compte ces éléments de réalité, si on met en difficulté ces dirigeants, bien souvent, le risque que nous courons, c'est de favoriser les populistes dans ces mêmes pays, et les extrêmes.
Et donc, notre choix, ça a été de les amener à la réalité de ce que nous voulons et de trouver des mécanismes pour qu'ils puissent convaincre leur propre parti et leurs partenaires de coalition. Et ça, c'est notre...
Ce sont nos différences. La France n'a pas ce même système, mais il y a beaucoup d'autres pays qui l'ont et il faut aider chacun à convaincre son opinion publique comme ses partenaires. Et donc, moi, je pense que le sujet des rabais a fait partie de cette dynamique, comme d'autres sujets en ont fait partie aussi.
Ca montre simplement qu'il y a encore beaucoup de divergences dans notre Union européenne et qu'il faut réussir à rassembler. Mais ça légitime d'autant plus, et je finirai là-dessus, le caractère historique de ce que nous venons de faire, parce qu'aussi longtemps que nous aurons un budget qui repose sur des contributions nationales, la question du juste retour se posera et nous aurons un budget qui viendra toujours se heurter au juste retour, et donc à un débat national qui est : que me donne l'Europe ? Et ce débat, il est mal éclairé par la dimension uniquement budgétaire.
On a eu cette discussion avec nos partenaires. Un pays qui parfois contribue beaucoup sur le plan budgétaire, il doit aussi regarder le retour économique qu'il a de l'Europe. D'ailleurs, beaucoup de ces pays-là sont au coeur du marché unique et ont un retour énorme de l'Europe sur le plan économique qui n'existerait pas s'il n'y avait pas ce marché.
Et donc, en les convainquant de cela, on les a convaincus d'une solidarité en disant : "Si tel ou tel pays parmi nous tombe, "si le marché unique se fragmente, alors vous perdrez plus "que votre contribution nationale sur le plan budgétaire. "Vous perdrez l'intérêt économique, le retour économique du marché unique." Je crois qu'ils ont fait ce chemin avec nous, mais surtout, si nous continuons dans le temps à oeuvrer pour avoir, justement, ces mécanismes de solidarité, de transfert, nous décidons ensemble d'engager notre responsabilité, notre solidarité, et on investit là où c'est pertinent, et pas simplement là où ça nous rapporte à chacun.
C'est pour ça que ce chemin est en train de se faire. Voilà, donc nous faisons lentement, de manière difficultueuse, en traversant les crises, un travail d'édification d'une créature politique unique dans l'histoire contemporaine, et je dirais sur la planète, qui est notre Europe. L'Union européenne, c'est un mécanisme inédit de coopération et de multilatéralisme à l'échelle d'un continent qui n'a pas d'équivalent et il l'a encore montré durant ces derniers jours.
Je crois qu'on peut légitimement s'en réjouir. (Traduit de l'allemand) -C'est la fin de notre conférence de presse. Merci, M. le Président.
Merci, Mme la Chancelière fédérale. Merci, mesdames et messieurs les journalistes. Et merci à l'équipe des techniciens. -E.
Macron : Merci à toutes et tous et merci, Mme la Chancelière.
Emmanuel Macron