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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 mai 2026 24 min

Guerre au Moyen-Orient, carburants, présidentielle 2027... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul.

0:08
Invité

Bonjour à tous.

0:09
Présentateur

On va parler du rôle que vous allez occuper auprès du candidat Bruno Retailleau. Mais d'abord, le Moyen-Orient. Donald Trump souffle une fois de plus le chaud et le froid. Alors qu'un accord avec l'Iran a été timinant selon le président américain ce week-end. Il dit maintenant ne pas vouloir se précipiter. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, salue en tout cas des progrès et appelle à un accord qui désamorce véritablement le conflit. François-Xavier Bellamy, est-ce que les Européens ont leur mot à dire ?

0:38
François-Xavier Bellamy

Le fait est que la discussion se joue essentiellement entre les Etats-Unis et l'Iran. Bien sûr, même si les conséquences sont partagées par le monde entier. Aujourd'hui, notre première responsabilité, c'est d'abord de rappeler, et de rappeler d'ailleurs aussi aux Français, la réalité du risque majeur que représente le régime iranien. Ce régime islamiste qui d'abord met son propre peuple, d'une certaine manière, dans une situation de soumission atroce. Et je pense aujourd'hui à tous les Iraniens qui sont, je crois qu'il ne faut pas les oublier, toujours en train d'espérer enfin retrouver un jour la liberté. Mais ce régime est aussi un danger pour toute la région et pour le monde en général.

Et donc, le sujet le plus important n'est pas seulement la cessation des hostilités. Le sujet le plus important, c'est que ce régime ne puisse plus nuire demain. On parle beaucoup du nucléaire. Évidemment, ce serait un risque existentiel pour le monde que ce régime fanatique ait la bombe nucléaire. Mais il faut aussi réfléchir à tout ce qui touche directement les pays qui entourent l'Iran. Je pense à toutes les milices que l'Iran n'a cessé d'armer et de financer pour pouvoir déstabiliser la région autour de lui.

1:43
Invité

Un mot encore pour qualifier ce projet d'accord. Même dans le camp républicain américain, le sénateur ultraconservateur Texan Ted Cruz, ou encore l'ancien chef de la diplomatie de Trump, Mike Pompeo, juge ce projet d'accord trop favorable à l'Iran. Vous qui suivez de près ces questions en tant que député européen, est-ce que vous partagez leurs inquiétudes ?

1:58
François-Xavier Bellamy

On n'a pas encore le projet d'accord. Mais de ce qui est dans la presse, il y a quand même beaucoup dans la presse. C'est très difficile de dire exactement comme les choses vont évoluer. Et vous le rappeliez à l'instant, le président Trump passe son temps à passer d'une ligne à l'autre. Donc c'est difficile de suivre tant que les choses ne sont pas terminées. Le fait est que oui, moi je crois qu'il y aurait un danger majeur à laisser l'Iran sortir en position de quasi-vainqueur d'une situation de conflit. Parce que ce régime iranien, je le répète, s'il a été affaibli, aujourd'hui il n'est pas à terre.

Et par conséquent, si demain il devait s'en sortir indemne, eh bien ce serait l'occasion pour lui d'être une menace encore plus grande pour les États de la région. Et je ne veux pas citer que nos pays européens, mais tous les pays arabes qui entourent l'Iran. Je pense aux Émirats arabes unis, je pense à l'Arabie saoudite, je pense bien sûr au Liban qui est aujourd'hui encore victime du Hezbollah. Une milice armée est financée directement par l'Iran et qui vole sa souveraineté et sa sécurité en même temps. Et comment ne pas penser bien sûr aussi à Israël, dont le régime iranien a fait de la destruction l'une de ses promesses existentielles.

Tous ces pays-là, aujourd'hui, espèrent que le régime iranien ne sera plus en état de nuire à l'issue de cet épisode.

3:13
Présentateur

François-Xavier Bellamy, vous parlez du Liban. Justement, au moins dix personnes, dont six secouristes et une fillette, ont été tuées vendredi dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé et en dépit du cessez-le-feu. Que peut faire la France pour le Liban ? Est-ce qu'il faut hausser le ton contre Israël ?

3:31
François-Xavier Bellamy

D'abord, le Liban traverse une tragédie absolue après des années de guerre civile, après tant de conflits. Aujourd'hui encore, le Liban est précipité dans la guerre. Je m'y rendrai ce soir pour plusieurs jours, pour être aux côtés du peuple libanais qui traverse une épreuve immense et pour redire ce qui est, je crois, la responsabilité directe de notre pays, la France et de l'Europe au Liban aujourd'hui. Nous avons le devoir de contribuer à ce désarmement du Hezbollah qui est la condition pour que le pays retrouve la paix et la sécurité. Vous avez rappelé ces bombardements meurtriers qui aujourd'hui malheureusement touchent des civils.

La vérité, c'est que le Liban ne connaîtrait pas cette tragédie si le Hezbollah n'avait pas décidé une fois de plus de l'entraîner dans sa guerre suicidaire contre Israël. Et les Libanais sont dans une écrasante majorité d'entre eux, conscients de l'urgence du désarmement de cette milice pour retrouver la paix. Et les discussions de paix qui sont en cours entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais sont l'un des plus grands espoirs que nous ayons depuis très longtemps pour que le Liban retrouve à la fois sa sécurité et, je le redis, sa souveraineté et la démocratie qui le caractérisent.

4:37
Présentateur

Mais donc le ton du président vis-à-vis d'Israël, pour vous, c'est le bon ton et le ton du chef de l'État dans le conflit au Moyen-Orient depuis le début, Emmanuel Macron qui a tenté avec le Royaume-Uni de mettre sur pied une mission internationale pour libérer le détroit d'Hormuz une fois que le conflit sera terminé. Est-ce que le chef de l'État a la bonne position ?

4:59
François-Xavier Bellamy

Ce que je me borne à constater malheureusement et à déplorer depuis des années, ça n'est pas nouveau, c'est qu'il y a une grande complaisance malheureusement de la diplomatie française à l'égard du Hezbollah au Liban. Et cette complaisance, elle doit cesser. Quand j'entends qu'après que le Hezbollah a tué deux de nos soldats sous casque bleu, dans une force de maintien de la paix, quand j'entends que la ministre des Armées met sur le même plan le Hezbollah et l'armée israélienne, je me dis qu'on a perdu la tête. L'armée israélienne doit pouvoir être critiquée quand elle utilise la force de manière disproportionnée. Évidemment, bien sûr.

Et en particulier, les ministres israéliens qui se sont livrés il y a quelques jours à cette mise en scène sordide qui déshonore la démocratie israélienne. Donc on peut critiquer Israël et on peut critiquer le gouvernement israélien, mais à la fois, il n'y a rien à voir entre une armée qui défend une démocratie qui aujourd'hui est attaquée, celle d'Israël, et de l'autre côté, une milice islamiste qui cherche à détruire Israël au nom d'une forme d'antisémitisme forcené. Et je me permets de poser la question, puisque vous parliez de cette situation.

Il y a quelques jours au Parlement européen, la semaine dernière, à Strasbourg, nous avons eu l'occasion de voter sur un amendement qui demandait, de la même manière, le désarmement du Hamas et le fait que le Hamas ne puisse plus participer à la gouvernance de Gaza. Eh bien, cet armement a été soutenu à la quasi-unanimité du Parlement européen. Cet amendement a été voté. Seuls quelques élus ont décidé de ne pas le soutenir. Ce sont les députés de la France insoumise.

Il y a aujourd'hui des députés européens français qui, à Strasbourg, portent l'idée que le Hamas, que le Hezbollah ne devraient pas être désarmés, que ces forces-là doivent continuer d'agir et d'opérer dans la région, alors même que ces forces terroristes, islamistes, menacent aussi notre pays. Et moi, je pose la question à Jean-Luc Mélenchon, je pose la question à Manon Aubry, je pose la question à Rima Hassan.

Comment peuvent-ils assumer de soutenir ainsi des forces terroristes qui ont tué des soldats français, des forces terroristes qui mettent en danger la survie même d'Israël et qui, le 7 octobre, ont démontré avec le Hamas qu'ils n'étaient pas là pour défendre les droits du peuple palestinien, mais pour assassiner le plus d'Israéliens possible, seulement parce qu'ils étaient Israéliens, des enfants, des femmes, seulement parce qu'ils étaient Juifs ? Est-ce que c'est ça la voie de la paix ? La réponse est bien sûr non.

7:18
Invité

Vous évoquez Israël, le Liban, le nucléaire, il y a une autre question majeure, tous les regards se tournent évidemment vers le détroit d'Hormuz qui reste bloqué. En France, une des conséquences de ce climat, c'est évidemment cette explosion des prix du carburant, alors que le gouvernement anticipe une crise qui dure, il n'a annoncé que de nouvelles aides ciblées. Le gouvernement Le Cornu est-il pour vous à la hauteur des enjeux ?

7:34
François-Xavier Bellamy

En fait, le gouvernement ne peut pas faire autrement. Je veux dire par là que c'est l'éléphant dans la pièce. Si le gouvernement décidait de faire ce que certains demandent, de baisser massivement les taxes sur le carburant pour faire baisser les prix, s'il décidait de mettre 12, 13, 14 milliards d'euros sur ce sujet-là, alors la crise de l'essence deviendrait une crise des finances publiques. Et cette crise-là, je pense que personne n'a envie de la voir arriver. La vérité, c'est que nous touchons du doigt les conséquences du sur-endettement dans lequel la France se trouve. Et être un pays sur-endetté, ça se paye.

Et les gens qui ont fait que la France, aujourd'hui, n'a plus les marges de manœuvre pour soutenir ses citoyens dans une crise comme celle-là, ce sont ces gens-là qui devraient venir en rendre des comptes aujourd'hui.

8:17
Présentateur

En fait, Xavier Lamy et Les Républicains dans tout ça, parce que Sébastien Lecornu, justement, a évoqué les conneries, je cite, de ses prédécesseurs. En 2022, Les Républicains avaient fait pression sur l'exécutif pour qu'ils mettent en place une ristourne à la pompe. Ça avait coûté 8 milliards d'euros. Quand vous dites qu'ils doivent venir rendre des comptes, est-ce que Les Républicains aussi doivent venir rendre des comptes ? D'avoir réclamé autant de baisses ?

8:38
François-Xavier Bellamy

Non, mais je pense que dans un pays normal, c'est normal de faire baisser les taxes quand on traverse une crise majeure. Et en 2022, c'était possible et il fallait le faire, parce que c'était la condition pour que les Français puissent continuer de vivre, de travailler, pour que les entreprises tournent, pour que les médecins et les infirmières puissent continuer d'aller voir leurs patients. Tout ça est évidemment indispensable. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, nous n'avons plus ces marges de manœuvre.

Et pardon, mais les conneries, pour reprendre l'expression du Premier ministre, il faut aller les chercher, non pas du côté de ceux qui ont été dans l'opposition pendant les 15 dernières années, mais du côté de ceux qui ont gouverné. Nous étions de ceux qui disaient, il y a quelques années de cela, quand l'économie mondiale était au beau fixe, quand les taux étaient très bas, nous étions de ceux qui disaient, c'est le moment de se désendetter. Et on nous regardait avec une forme de mépris, parce qu'on nous expliquait que quand les taux sont bas, ce serait absurde de ne pas aller emprunter. Et bien moi, je crois l'inverse. Je pense que la dette, ça se paye.

Je pense qu'il n'y a pas d'argent magique. Et je pense que ceux qui ont mis la France dans cette situation de surendettement, en effet, font qu'aujourd'hui, malheureusement, elle est privée de marge de manœuvre pour faire ce qui serait pourtant nécessaire, c'est-à-dire aider les citoyens, faire baisser les taxes en urgence et faire en sorte que les prix du carburant restent accessibles pour les Français.

9:45
Invité

La Russie a confirmé avoir utilisé ce week-end pour la troisième fois son missile Oreschnik capable d'emporter, on le sait, une ogive nucléaire au cours de frappes massives sur Kif qui ont touché des immeubles, des écoles, un marché, des médias européens. Quatre morts, plus de 100 blessés. Vous qui défendez depuis longtemps l'idée d'une Europe puissance, où est-elle ce matin, l'Europe puissance ? Et que peut-elle contre Vladimir Poutine ?

10:02
François-Xavier Bellamy

L'Europe, elle est avec l'Ukraine qui se bat pour assurer sa sécurité, pour retrouver sa liberté et qui condamne ce régime terroriste qui aujourd'hui, mais depuis maintenant tout le temps qu'a duré cette invasion massive, qui ne cesse de montrer son vrai visage. Regardez quand même ce qui se passe. Vladimir Zelensky avait accepté que la Place Rouge soit protégée de toute attaque le jour de la parade que voulait organiser Vladimir Poutine. Et la négociation qui était proposée par le Kremlin à l'époque, c'était que si la Place Rouge était touchée, alors les populations civiles ukrainiennes seraient frappées avec une violence absolue. Volodymyr Zelensky a tenu sa parole.

L'Ukraine a respecté cette parade, quelle que soit la brutalité que l'Ukraine subit de la part du régime de Vladimir Poutine depuis des années maintenant. Eh bien, quoi qu'il en ait été, aujourd'hui, la Russie s'attaque à des civils, s'attaque à des familles, s'attaque à des enfants avec des missiles longue portée qui sont le signe, d'ailleurs, le message envoyé par le régime russe qu'il est capable de lancer des frappes nucléaires. Ce régime terroriste est dangereux, ce régime doit perdre cette guerre parce que s'il devait l'emporter, alors c'est toute la sécurité de l'Europe qui serait mise en danger.

C'est ce que Bruno Retailleau a rappelé en allant à Kiev il y a quelques jours seulement et c'est ce que nous redisons aujourd'hui en continuant de soutenir l'Ukraine.

11:24
Présentateur

Est-ce que les Européens font vraiment peur à Vladimir Poutine ? Parce que vous dites que les Européens sont aux côtés de l'Ukraine, l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne divise et dans ce contexte, le chancelier allemand, Frédéric Schmerch, propose que l'Ukraine devienne membre associé de l'Union avant de devenir un État membre. Ça permettrait à l'Ukraine de demander l'aide des autres pays de l'UE en cas d'attaque russe. Est-ce que c'est une bonne idée selon vous ?

11:47
François-Xavier Bellamy

Mais alors l'aide est là parce qu'encore une fois si l'Ukraine tient avec tant de courage c'est grâce à l'incroyable énergie, à l'ingéniosité et à l'engagement de ses forces armées et de toute sa société mais c'est aussi parce que l'Union européenne continue de soutenir cet effort de guerre ukrainien et c'est ce que nous n'avons cessé de défendre. Sur la proposition que fait le chancelier maire s'il rejoint l'un des engagements de campagne que j'avais défendu pendant notre dernière campagne européenne. L'idée que je le crois profondément nous ne pouvons plus aujourd'hui rester dans ce blocage sur le sujet des élargissements.

Nous, nous ne croyons pas à l'élargissement de l'Union européenne, à l'Ukraine mais à d'autres pays non plus. Quelle que soit la proximité que nous voulons avoir avec ces pays, je pense à l'Arménie qui par exemple il y a quelques semaines a demandé de devenir un État membre de l'Union européenne. J'ai défendu, je ne cesserai jamais de défendre la sécurité et la souveraineté de l'Arménie. Je ne crois pas pour autant que demain l'Arménie sera un État membre de l'Union européenne. Et donc, il faut, c'est ce que je crois depuis longtemps, revitaliser le principe de l'État associé. Des États doivent pouvoir s'arrimer à l'Europe sans devenir des États membres.

Et c'est la perspective que nous devons offrir à tous ces pays qui aujourd'hui au marge de l'Europe ne sont pas, je le crois profondément, destinés à devenir des pays membres à part entière, à rejoindre le marché unique. On sait très bien ce que ça provoquerait de déstabilisation pour nos pays aussi d'Europe occidentale, d'incohérence au sein du marché unique ou bien d'incohérence tout simplement dans nos règles de fonctionnement. Je ne crois pas que l'Europe soit prête demain à s'élargir à nouveau. Je pense, en revanche, qu'elle doit tendre la main à des pays qui veulent s'arrimer à l'espace européen. Et nous y avons d'ailleurs un intérêt géopolitique évident.

13:25
Invité

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.

13:31
Présentateur

Avec François-Xavier Bellamy, député européen et vice-président des Républicains. Avant de parler immigration, la canicule qui touche la France, Paul.

13:39
Invité

Monsieur Bellamy, vous défendez une écologie conservatrice. Ce matin, une grande partie de la France se réveille sous un dôme de chaleur exceptionnel jusqu'à 38 degrés attendus un 25 mai. Des écoles qui s'adaptent, 18 départements en vigilance jaune canicule. À quoi ressemble concrètement, selon vous, une réponse de droite face à ces épisodes climatiques extrêmes ?

13:56
François-Xavier Bellamy

D'abord, une réponse pragmatique sur l'urgence de la transition pour protéger notre monde de ce changement climatique. Et je pense que l'urgence absolue, ce n'est pas de compliquer indéfiniment la vie des Français, mais c'est de faire en sorte que le monde, dans son ensemble, sorte des énergies fossiles les plus polluantes. Je pense en particulier au charbon. Le charbon, c'est à lui tout seul encore 43% des émissions mondiales. Et vous avez dans le monde entier des puissances majeures qui continuent de produire massivement avec du charbon. Je pense par exemple à la Chine.

Je pense aussi d'ailleurs en Europe à ces pays qui ont décidé d'abandonner par exemple l'énergie nucléaire comme l'Allemagne et qui continuent d'utiliser de manière extrêmement intensive des mines de charbon. C'est évidemment le danger mortel. Si nous avons défendu le nucléaire, si la droite a été la seule formation politique à défendre continuellement cet atout extraordinaire, c'est justement parce qu'il permet d'assurer la transition. Et puis le deuxième enjeu, c'est d'adapter nos pays parce que la réalité du changement est là.

Et donc adapter nos pays, ça veut dire par exemple ce qui a été fait il y a quelques jours à l'Assemblée et j'en suis très heureux, réussir à rendre à nos agriculteurs la possibilité de stocker l'eau pour irriguer les cultures, la possibilité de gérer l'eau. Le paradoxe, c'est que les mêmes écologistes qui parlent du changement climatique en permanence et qui ont raison d'alerter sur le risque, ces mêmes écologistes sont souvent ceux qui voudraient nous empêcher de nous adapter à la réalité de ce changement.

Il faut au contraire de manière là encore pragmatique et rationnelle se donner les moyens d'affronter la transition que nos pays vont devoir connaître pour être prêts à gérer cette évolution.

15:22
Présentateur

François-Xavier Bellamy, à l'approche de la présidentielle, les candidats ou potentiels candidats avancent leur pion et leurs propositions. Gérald Darmanin, lui, veut mettre l'immigration légale sur pause pendant trois ans. Il propose de mesure que les titres de séjour pour le travail n'ouvrent plus droit au regroupement familial et une réforme de la constitution pour graver dans le marbre des quotas limitatifs. Est-ce que c'est possible et est-ce que c'est nécessaire ?

15:48
François-Xavier Bellamy

Gérald Darmanin, d'abord, a raison de parler de l'immigration légale parce qu'il faut agir contre l'immigration illégale. On en parlera peut-être. C'est le travail que nous faisons aujourd'hui au Parlement européen. Mais il faut aussi faire baisser massivement l'immigration légale dans notre pays qui atteint des niveaux qui sont totalement ingérables pour la société française. Moi, je suis plutôt sceptique sur la question du moratoire qu'il pousse, un moratoire de 3 ans. Pourquoi 3 ans ? Pourquoi un moratoire ? Ce qui compte, c'est de faire

16:16
Présentateur

dans la durée

16:17
François-Xavier Bellamy

les changements nécessaires qui s'imposent pour faire en sorte que notre pays retrouve la raison en matière d'immigration. Et j'ajouterais d'autres éléments. La fin du regroupement familial en effet pour l'immigration et le travail. Le fait de sortir de ce droit du sol que nous connaissons aujourd'hui qui est un cas assez exceptionnel en Europe de faire en sorte que la nationalité... Vous voulez mettre fin

16:37
Présentateur

au droit du sol ?

16:38
François-Xavier Bellamy

Bien sûr, je pense que c'est absolument nécessaire de faire en sorte que la nationalité française ne se transmette plus seulement par la naissance sur le sol français de manière automatique. C'est une évidence parce que nous voyons bien aujourd'hui l'urgence de retrouver une cohésion, une unité dans la société française. Et encore une fois, il s'agirait seulement de s'aligner sur beaucoup de pays européens qui nous sont proches pour faire en sorte que notre immigration légale retrouve encore une fois la rationalité nécessaire.

17:04
Présentateur

Justement, le pacte sur la migration et l'asile européen, vous en parliez, doit entrer en vigueur le 12 juin. C'est un texte qui va bousculer les règles en matière de demande d'asile dans les États membres de l'Union. Est-ce que ce texte va assez loin pour vous ?

17:20
François-Xavier Bellamy

Alors, c'est un ensemble de textes dont certains vont dans le bon sens. Je pense à ce règlement filtrage que nous avons soutenu qui consiste à donner aux États membres des moyens bien plus importants pour identifier les étrangers qui veulent rentrer par les frontières européennes et à les garder dans ce qu'on appelle des zones d'attente qui sont en fait une manière de considérer qu'ils ne sont pas entrés en Europe pour pouvoir les reconduire plus facilement s'ils ne sont pas éligibles à un titre de séjour dans nos pays.

Ce qui pose problème, c'est que dans ce pacte, il y a au cœur du dispositif un principe que je crois à la fois dangereux et par ailleurs assez périmé aujourd'hui qui consiste à dire qu'il faudrait répartir entre les pays européens les étrangers en situation irrégulière qui y sont arrivés pour pouvoir soulager les pays de première entrée comme l'Italie par exemple, on a tous en tête les images de Lampedusa ou bien la Grèce et bien répartir ces étrangers en situation irrégulière entre les différents pays de l'Union Européenne. Moi, je crois que le devoir de nos pays, ça n'est pas de les répartir mais de les faire repartir dans leurs pays d'origine.

S'ils ne sont pas éligibles, s'ils n'ont pas droit à l'asile ou à un titre de séjour, alors il faut qu'ils soient reconduits dans leur pays et c'est ce que nous faisons aujourd'hui et ça, c'est le travail vraiment d'actualité. Le pacte asile et immigration, nous nous sommes opposés à une grande partie de ces dispositions. Il a été voté dans une précédente mandature par une majorité de centre-gauche. Aujourd'hui, cette majorité n'existe plus et le règlement retour que je porte au Parlement européen va permettre enfin de mettre fin à l'impuissance de l'Europe face à l'immigration illégale.

18:53
Présentateur

On parlait de 2027, il y avait notamment Édouard Philippe ou Bruno Retailleau que vous soutenez. Donc, il y a désormais un nouveau candidat, c'est Gabriel Attal. Qu'est-ce que vous pensez de sa candidature et est-ce que c'est un homme pour qui vous pourriez voter in fine si c'était lui sur la ligne de départ pour la droite et le centre ?

19:11
François-Xavier Bellamy

Moi, je pense quelque chose d'assez fondamental qui ne dépend pas des personnes mais qui, je crois, est une réalité essentielle pour la vie de notre pays. 2027 va être un rendez-vous démocratique crucial. Et en 2027, la France n'a pas besoin de continuité. elle n'a pas besoin de continuer avec ceux qui ont fait le macronisme et ceux qui, d'ailleurs, comme Gabriel Attal, avaient fait aussi le socialisme au pouvoir. Vous savez, Gabriel Attal...

19:36
Présentateur

Gabriel Attal ni Edouard Philippe ne pourra être élu. C'est ce que pense aussi Bruno Retailleau. Vous dites, il n'y aura pas de macronisme.

19:41
François-Xavier Bellamy

Gabriel Attal, il est dans les allées du pouvoir depuis Marisol Touraine dont il était le conseiller sous les gouvernements de François Hollande. En réalité, la France, en 2027, elle a besoin de sortir du socialisme et de sortir du macronisme. Elle n'a pas besoin de continuité, elle a besoin d'alternance. Et je suis convaincu que tous les Français le savent. Et c'est la raison pour laquelle il sera très difficile, quelle que soit leur critique d'aujourd'hui à l'endroit du président de la République. Gabriel Attal est très dur sur Emmanuel Macron.

On aurait presque envie de lui dire, c'est dommage de ne pas avoir parlé aux Français plus tôt du problème que représentait le pouvoir de ce président. Le fait est que quelles que soient les critiques qu'il lui adresse aujourd'hui, Gabriel Attal doit beaucoup à Emmanuel Macron. Il a participé de l'intérieur à la totalité de ces deux quinquennats. Ce sera difficile de nous expliquer que c'est lui qui peut faire le changement dont les Français ont tellement besoin.

20:28
Présentateur

Sauf que celui qui est le plus bas dans les sondages aujourd'hui entre 7 et 10%, c'est Bruno Retailleau, ce n'est pas Gabriel Attal, ni Édouard Philippe. Est-ce que vous êtes sûr que les Français ne veulent pas d'un macroniste ? Est-ce que vous appellerez Bruno Retailleau à se retirer s'il est toujours dans cet étiage-là ? Extraordinaire.

20:45
François-Xavier Bellamy

On est à un an de l'élection présidentielle et on somme déjà Bruno Retailleau de se retirer de la course. Moi, je crois à l'exact inverse. Je pense que, Agathe Lambret, vous suivez de très près la vie politique de notre pays depuis longtemps. Vous savez que les gagnants d'un an avant dans les sondages sont rarement ceux qui s'installent à l'Élysée un an après. Et heureusement d'ailleurs, parce que, qu'est-ce que c'est qu'une élection présidentielle ? C'est un débat démocratique, c'est un moment de choix. Si tout était joué un an avant, ça n'aurait littéralement aucun sens. Il n'y a encore eu aucun débat.

Pour l'instant, il n'y a que Bruno Retailleau qui dévoile son programme de manière constante, méthodique, patiente, avec beaucoup de sérieux et de transparence vis-à-vis des Français. Je n'entends pas encore beaucoup les propositions des autres candidats à l'idée de leur confier les clés.

21:27
Invité

En cas de second tour, RN à l'Élysée, en cas de second tour, Jordan Bardella ou Marine Le Pen face à Jean-Luc Mélenchon. Pour qui votez-vous ?

21:33
François-Xavier Bellamy

Encore une fois, je ne vais pas me prononcer sur un second tour qui n'existe pas. Moi, je considère aujourd'hui, je vais être parfaitement clair, que le plus grand danger pour la vie démocratique de notre pays aujourd'hui, c'est la France insoumise. Et je reviens à ce que je disais tout à l'heure, quand vous avez un parti...

21:47
Invité

Quand vous votez Bardella ou Le Pen ?

21:48
François-Xavier Bellamy

Si le plus grand danger, c'est LFI, vous votez RN, conviction profonde, vous savez, c'est qu'aujourd'hui, la force politique qui est le mieux à même de faire obstacle à la France insoumise et à l'alliance de la gauche avec la France insoumise qui est le plus grand danger pour notre avenir, la force politique qui est le mieux à même de l'empêcher, c'est les Républicains, c'est la droite française. Et c'est ce que nous avons montré dans les élections municipales qui a empêché l'alliance de LFI et des socialistes de gagner à Toulouse, à Clermont, à Vimoge, à Brest. Ce ne sont pas des candidats du RN, c'est des candidats de la droite, c'est des candidats LR.

Et ces candidats, aujourd'hui, ils sont, ils le montrent très bien, le meilleur rempart contre LFI et c'est la raison pour laquelle je ne crois pas que ce deuxième tour se produira.

22:33
Présentateur

François-Xavier Bellamy, la question qui panthéonise Mickaël Paty, la sœur de Samuel Paty, assassinée en 2020 par un islamiste, souhaite sa panthéonisation. Une pétition en ligne a reculé des dizaines de milliers de signatures. Edouard Philippe y est favorable à cette panthéonisation de Samuel Paty et vous ?

22:51
François-Xavier Bellamy

Ce serait évidemment un choix singulier parce que Samuel Paty, nous le connaissons tous d'abord pour avoir été victime du terrorisme islamiste. Il a été d'un grand courage dans son enseignement mais s'il est devenu si connu et s'il joue une place importante dans notre mémoire collective, c'est d'abord parce qu'il a été frappé par le terrorisme et je ne sais pas si ça constitue en soi un cas ordinaire de panthéonisation. Moi, je n'y serais pas opposé parce que je crois qu'il y a, au fond, et on le voit avec les critiques qui entourent le film actuel, l'abandon sur les derniers jours qu'il a vécu, il y a une nécessité absolue pour la France de rappeler ce qui l'allie.

Nous n'avons jamais le droit de céder face au terrorisme islamiste. Et ceux qui, en particulier aujourd'hui, malheureusement, à gauche ou à l'extrême-gauche, ceux qui nous expliquent que Samuel Paty serait d'une certaine manière un peu responsable de son sort parce qu'en faisant un cours sur les caricatures de Mahomet, il aurait attiré contre lui une vindicte presque légitime. ceux-là sont infiniment coupables parce qu'ils voudraient justifier ce qui doit pour toujours rester absolument injustifiable.

23:55
Présentateur

Merci beaucoup François-Xavier Bellamy d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul.

23:58
François-Xavier Bellamy

Merci, à demain.