P.J. — Garde à vue | P.J. – LA COLLECTION OFFICIELLE EN DVD — SAISON 3 – ÉPISODE 28 – DVD N° 7
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Dans
sa chambre, elle est sonnée grave.
Elle
vit là
?
Oui, avec le mari, mais lui,
il
n
'est
pas là. Le dos, c'est bizarre, non
? Ça
dépend, elle a pu se retourner pour éviter l'huile.
Ça
va
? Ça
va
? Oui,
ça va passer.
Vous
voulez une photo
?
Pardon. On a le voisin du dessus, André Balazuc.
C
'est lui qui a appelé police secours. Monsieur Balazuc
? Vous
les suivez à l'hôpital
? Vous
nous rappelez des cartons de ses esprits
?
Ils s'engueulent tout le temps. Son mari la tape, elle crie, la tape plus fort pour qu'elle se taise. Et c'est comme ça chez eux. Mais là, c'était pas la même chose. Des cris de douleur, enfin, c'était terrible, quoi. Comme un animal. Alors moi, j'ai appelé police secours.
Vous
pourriez venir déposer à la PJ
? À
la police
?
Disons dans une heure. Merci, monsieur. Bonjour, police judiciaire.
Ça
va mieux
? Ma
belle fille,
elle
va pas mourir.
Ça,
on sait pas encore, madame. Vous étiez où quand ça s'est passé
?
À la toilette.
J
'ai entendu qu'elle crie. Après, elle était sur la terre. L'hôpital, ils voulaient guérir.
Vous
cuisiniez ensemble
? Oui. Vous
faisiez quoi avec de l'huile
?
Des bénis au miel.
Vous
allez me montrer exactement ce que vous avez vu. Je vous suis.
Elle
cuisinait, et vous, vous arriviez d'où
?
Donc, vous l'avez enjambée
?
Vous êtes obligée pour arriver jusqu'au réchauffe.
Je
lis ton truc.
Un
peu blécolleté, mais enfin, c'est ce que j'en dis. Je sais, j
'ai
dormi chez une copine.
Aux trois gourmets
?
Je veux pas te prendre trop de temps.
Non, je vais commander des sushis. Là-haut, à 13h.
Je
te promets, aujourd'hui, je t'achète de la mousse à raser.
Bon, au revoir, madame. Je vais voir pour votre affaire. Entre voisins, c'est normal qu'on s'entraide.
Vous êtes riaçante
?
Ben voyons. Bonjour.
Bonjour, Pierre.
Allez, encore une panne de rasoir. Voilà. Tiens, pour toi. Bien, justement,
la
financière vous envoie un plaignant.
Il
est à côté, vous allez vous en occuper. Auré a déjà son dossier,
il
a son bureau, il vous attend. Elle dit que l'honnêtise, j'aimerais bien que vous n'adoptiez pas le look pas rasé depuis trois jours.
On
n'est pas chez les artistes. Ton père a appelé. Mon père
? Il
a dit qu'il passerait ce matin. Ah bon, mais quand
? Ouais,
je sais pas. Mais bon, ça n
'a
pas l'air de te faire plaisir. Si, si.
Il
sert de l'intérieur.
Alors
finalement, vous allez le garder ?
Vous
vous rendez compte
?
Dans quatre mois, il aura déjà des doigts. Formidable.
Et
le père
? Paul, il
est toujours en prison et pour un bon bout de temps. Ça, je sais.
Vous
allez lui dire qu'il est de lui
? Je
crois pas, non. Ça vaut peut-être mieux finalement. Oh merde
!
Qu'est-ce qui se passe
?
Saurin est où
? Elle
est sur un accident avec Fournier. Oh merde ! Appelez-moi tout de suite la direction du personnel à la DPJ. Vite, vite, dans mon bureau. Nadine,
vous
me préparez trois cafés, s'il vous plaît
?
Ben non, vous avez vu, ça urge.
Oui. Ici
la PJ Saint-Martin.
La
direction du personnel pour le commissaire Meurton.
Ouais,
bon, ben j'attends. Périmé, poubelle.
J
'ai déjà expliqué dix fois à vos collègues de la financière qui m'ont envoyé à vous.
Tout
est là-dedans. Expliquez-nous au moins en deux mots.
Elle
nous a pris combien, votre employé
? Pour
l'instant, il s'agit de 500 000 francs en trois ans, mais c'est probablement plus. 500 000
francs ? Café ?
Non, non, surtout pas, merci.
Comment
elle s'y prenait
? C
'est simple, elle payait certaines factures en liquide et puis après elle se faisait des chèques.
Par
exemple
?
Ben, elle achetait 500 francs de timbre qu'elle payait en liquide.
Puis
elle marquait sur le talon du chèque de la compta timbre 500 francs, mais elle, elle se faisait un chèque de 5 000 francs à son nom, vous comprenez
?
Tout ça, ça passait inaperçu dans la compta ? C'est elle qui s'occupait des comptes. Moi, j'avais entièrement confiance. Non, ça a
un
sens, les gars. Comment vous êtes tombé dessus
?
Elle est partie en vacances. Normalement, on prend tous nos vacances au même moment, la boîte ferme pendant un mois. Et là, vous n
'avez
pas fermé ? Si, mais ma soeur est tombée malade, je suis resté à
Paris.
Une affaire s'est présentée.
Vu
la conjoncture, je n
'allais
pas la refuser.
Donc, j
'ai ouvert la boîte. Sans elle ? Sans elle. Et donc,
hier,
je suis allé chez un fournisseur, on a discuté un peu. C'est comme ça que je me suis aperçu qu
'elle
le payait en liquide.
C
'est pas normal ? Ben non, on ne paye jamais en liquide, sauf des petites sommes. Alors, j'ai regardé les comptes comme ça, au cas où, c'était un bordel.
D
'abord, j'ai pensé qu'elle était incompétente.
En
fait, elle est très compétente. Oui.
Enfin,
c'est tellement stupide aussi. Elle ne pouvait pas ne pas se faire prendre.
Elle
sait que vous savez
?
Non, elle est encore en congé. La boîte rouvre demain,
elle
rentre donc demain. Enfin, normalement.
Bon, on
va essayer d'aller l'accueillir chez elle. Mais avant tout,
quelques
renseignements sur son identité.
Hein ? Fournier
monte avec elle
?
Ah, bon, merci Nadine. Entrez. Bonjour, commissaire. Dites pour la brûler, on vient d'appuyer l'hôpital pour voir si on pouvait interroger la victime. Mais le médecin nous signale des traces de coups sur les épaules et le visage.
Il
s'agit peut-être d'une tentative d'homicide. Le mari a disparu. D'après un voisin, il la battait. En tous les cas, le voisin a entendu des bruits de dispute et des cris assez souvent. Ouais, ouais.
On
a posté un bleu auquel le mari rentrerait.
Vous
pouvez nous laisser, Fournier.
Je
t'attends pour l'audition.
Ça
va
? C
'est pas trop dur
? Vous
avez déjà vu des grands brûlés, commissaire
?
Attendez, serein, vous avez bien reçu le courrier de la médecine de travail
?
Non.
Comment
ça, non
? Je
dors pas chez moi depuis trois jours. Ah.
Bon,
alors voilà le double
qui
m
'a
adressé la PREF.
D
'après l'expertise,
vos
chances de regagner plus de cinq dixièmes à l'œil droit sont minimes.
Alors
la DPJ vaut réforme.
C
'est une mesure... Habituelle.
Et
on peut pas...
Ils
nous donnent le choix entre la révocation avec 65% de votre salaire, naturellement,
et
une mutation au service des archives
ou
au bureau du personnel. Aux archives.
Je
pourrais fléchir au moins ? Bien sûr.
Si
vous avez besoin d'en parler, je suis là, Saurin.
Je
suis réformée. Tu peux pas récupérer
? L
'écollement du vitré, irréversible.
Je
m'envoie aux archives ou au bureau du personnel. Écoute, on va faire l'audition, et puis tu iras voir Porey, il
est
délégué syndical.
Elle
pourra peut-être te trouver mieux.
T'as
besoin d'affaires
?
Ouais, ça va, je marche pas encore avec une canne blanche.
Alors,
vous appelez Madame Mersin Mursen.
Vous
êtes née le 21 juillet 1941 à Diyar...
A
Diyar Shkir, en Turquie. Voilà, et vous êtes de nationalité turque. Kurde, née dans le Kurdistan. Oui, vous êtes Kurde de Turquie, donc. Kurde
!
Dans l'appartement, si j'ai bien compris, vous habitez avec votre fils et votre belle-fille, c'est ça ? Elle va mieux
? L
'hôpital va la guérir
?
Non, elle a des blessures très graves. Elle est profondément brûlée, principalement dans le dos. Madame Mursen. Madame Mursen.
Vous
étiez seule dans l'appartement avec votre belle-fille au moment de l'accident
? Oui
! Votre fils, il était où
?
C'est quoi son prénom
?
Turgut. Il est où, Turgut
? Alors,
Madame Mursen, si vous ne nous dites pas où il est, on va lancer un avis de recherche sur votre fils, et s'il est arrêté par d'autres policiers, ça reste dommage de se passer pour lui. Qu'est-ce qui se passe mal ? Il peut être expulsé.
C
'est pas gentil de nous traiter comme ça.
Qu
'est-ce qui s'est passé
? Votre
fils l'a frappé ?
Il
ne s'entendait plus avec elle ?
Sur
nos pays. Deux ans ! Si vous voulez bien retirer vos bijoux, il est 11h30, vous êtes en garde à vue à partir de maintenant. Allez
! Je
ne
veux
pas qu
'on
s'asseye
? C
'est ta raison,
il va
m'envoyer sur les roses. Non, il adore rendre service. Précaution maximum, vous la laissez monotée et vous la montez à la cuisine. Ah non, je vais avoir besoin de toi.
Oui.
Je
commence à
faire
un terreau sans toi. Ok, j'arrive.
T
'as une gueule, tu traces plus
?
Ça repose la peau un peu. Serre-toi. Histoire d'hygiène
?
Oui, c'est ça.
J
'ai de la mousse à raso au vestiaire.
Ah,
merci. C'est sûr, les
archives... Et
c'est pas possible de faire lever la mesure administrative.
Ça,
j'ai peur que ce soit galère.
Par
contre,
pour
le job, je peux peut-être faire quelque chose.
Je
serai pas dans un bureau. Ok. Bah écoute, j'appelle un pote et je te tient en courant, d'accord
?
Asseyez-vous. Merci.
C
'est bon, merci.
Bon,
on y va.
Rien
dans ce frigo. Dites, je peux avoir une cigarette
?
Madame, vous êtes mise en cause dans le cadre d'une enquête sur un abus de confiance et faux en écriture.
Un
abus de confiance ? Oui. On est une plainte de votre employeur.
Vous
vous occupez de la comptabilité, c'est ça
? Oui. Vous
n'avez rien remarqué
? Non. À
l'ordre de Sandrine Petit, signé par vous, par procuration S Petit,
le
10 avril. C'est bien votre écriture ? C'était une avance sur mon salaire. Je vais remplacer le frigo et la voiture était en panne, mais j'ai remboursé.
Et
celui-là,
le
3 mai, 5600 francs, c'est aussi une avance sur salaire
? Je
ne comprends pas. Quelqu'un a dû se tromper, quelqu'un dans l'entreprise. Malheureusement, cette erreur s'est produite une centaine de fois et cependant 3 ans. Alors, 500 000 francs, c'est un peu gros pour une erreur. 500 000 francs
? Alors,
c'est à la banque, je ne
sais
pas, moi.
Vous
savez bien que non, madame.
Je
ne comprends pas, ce n
'est
pas moi, je vous jure. Je ne
sais
pas. Certainement, quelqu'un a versé de l'argent sur mon compte pour me nuire. Qui ? Ça, je n'en sais rien, moi. C'est à vous de le trouver.
Parce
que 500 000 francs, c'est quand même une somme. 500 000 francs en plus sur votre compte et vous apercevez de rien. Vous gagnez combien, madame Petit ?
C
'est vrai, c'est incompréhensible. C
'est... Ce
doit être une machination.
Vous
voulez dire que quelqu'un aurait falsifié votre écriture pour verser des chèques sur votre compte
? Oui,
quelqu'un qui m'en veut, je ne vois que ça.
Écoutez,
on ne
va
pas y arriver comme ça, là. Madame Petit,
nous
avons un dossier complet avec
les
photocopies de vos chèques,
ce
que vous faisiez à vous-même,
les
talons des chèques que vous faisiez pour la compta et qui ne correspondent pas,
et
les relevés de votre banque,
et
c'est votre écriture.
Alors,
si ce n'est pas vous, expliquez-nous. Désolé, madame Petit, mais nous allons devoir vous mettre en garde à vue. En garde à vue, ça veut dire que vous allez me garder ? Oui.
Il
est 12h30,
votre
garde à vue commence maintenant. Veuillez,
s
'il vous plaît, me remettre
vos
bijoux et votre ceinture.
Vous
voulez voir un médecin
?
Non. Vous voulez dire quelqu'un, votre mari ? Non, surtout pas. Pour pas qu'il sache, je vous en supplie. Je lui expliquerai quand tout sera terminé. Vous lui expliquerez quoi
? Tout. L
'erreur judiciaire. Florence.
Tiens,
voilà les clés des menottes.
Fouille
d'accord.
Et
tu remettras les menottes.
Ça
va
? J
'ai vu votre amie à l'hôpital. Elle va me suivre pendant la grossesse. Elle m'a dit qu'elle était confiante.
C
'est cool.
J
'ai un peu la trouille pour lui. Dites, c'est moi qui m'occupe de la collègue pour le mariage du collier. Et bon, comme vous partez, je... Je viens de parler à mon pote. Tu t'y connais en informatique
? Pas
franchement, non. Il y aurait peut-être un plan. Traque de la délinquance sur Internet. Faut voir. Bon, c'est un peu administratif comme boulot, mais t
'es
en rapport avec les mineurs, la crime, les stups. Puis en plus, c'est super bien placé, t'es à la pref. Merci Alain. Oh de rien. Ça sert à ça, les syndicats. Tiens, place un numéro, tu l'appelles de ma part
? Oui. Non,
je déconne.
C
'est quoi le cadeau
? Ça
va dépendre de la collecte. Une croisière sur le Nil, ce serait classe, mais bon,
pour
le moment, c'est pas gagné.
Et
500 balles, mais vous avez gagné au loto, quoi.
Je
connais 100 balles, il mérite pas plus. T'exagères, il y est pour rien, le patron, tu le sais très bien.
Il
faudrait mieux me défendre, merde.
Je vais
pas crever dans un bureau.
J
'imagine que t'es à sortir ton arme et à tirer. Arrête, ça tire combien de fois dans sa vie, un flic
? 0
,05 fois, mais imagine que ça tombe sur toi. Un mec, t'agresse sur la droite et tu le vois pas, tu vas expliquer quoi ? Excusez-moi, je l
'ai
pas vu. Maud,
t
'es un danger pour toi et pour les autres, et tu le sais très bien. Oui, mais toi, t'es un con. J'ai besoin de prendre l'air.
J
'ai envoyé un bleu chez le voisin du Mursen. Tu le réceptionnes, s'il arrive, merci.
Tu
m'avais pas dit que tu montais.
J
'avais des rayonnages à acheter au salon.
Puis
je voulais voir ma fille.
C
'est vrai que moi, j'ai pas trop le temps de descendre.
Tiens,
tu veux pas un beignet ? Ils sont super bons. Merci. Toute sucre,
la
ligne.
Si
je veux me présenter au bureau de la section. Non,
c
'est que
Jeannot
va être responsable au syndicat.
Ah,
non, je savais pas, non.
C
'est bien.
T
'as pensé à ce qu'il t
'a
demandé
?
J'y ai pensé, ouais.
Mais
j'ai pas eu trop le temps, là. Faut bien que tu comprennes, Chloé. Ce que te demande Jeannot, c'est comme si c'était moi qui te le demandais.
Tu
vas pas refuser de travailler pour ton père. Mais c'est pas ça. Ça prend deux secondes, ce truc. Papa.
T
'as changé, toi.
C'est le
frétal qui t'a mis des idées dans la tête. Mais c'est pas ça.
En
plus, il est par Italie,
il
est français. T'obéis plus à la famille.
C
'était sacré avant, ta famille. Ta mère va savoir ça.
La
peine que tu vas lui faire. Bon. Dis, attends ton genre que
je
lui envoie sa liste. Quand
?
Bientôt.
Avec
des renseignements précis sur chacun des flégués.
Qu
'on sache qui est de notre bord, c'est très
important, tu
comprends
?
Mais papa, tu te rends pas compte ? Moi, je travaille avec eux. Justement.
Papa,
je peux pas le faire.
Tu
veux pas le faire.
Tu
veux pas le faire.
C
'est ton dernier mot
? T
'es sûre
? Alors,
ça se trouve pas. Elle grandit votre fille,
non ? Une
fille
? C
'est pas de fille, moi.
C
'est bien votre portefeuille
? Oui. C
'est bien votre commande
?
Oui. Ni à l'évidence ne sert à rien, Madame Petit. Il faudrait changer votre système de défense, vous savez. 18 francs 50. Donnez tout.
C
'est pas moi. Comment faut-vous l'expliquer que vous vous trompez
? Qu
'est
-ce
qui va m'arriver maintenant ? J'ai une famille, moi, des enfants. On gagnerait tous du temps. Parce que vous croyez que moi, je perds pas mon temps.
Je
risque quoi, moi
? Ça
dépend. La prison
? Peut
-être un peu.
Il
peut y avoir aussi conciliation.
De
toute façon, c'est pas moi.
Pourquoi
tu mets tes menottes devant
?
Hein
?
C'est plus pratique.
Ah
bah, essaye de les sortir en plaquant un mec. Accroche-toi.
En
plus, c'est pas réglementaire.
On
déjeune
?
C'est que là, j'ai pas trop faim.
T
'es au régime
? Non,
non, mais j'ai deux, trois trucs à faire. Des trucs administratifs. Ah
! Vous
êtes là, Léonetti ?
Alors,
vous en êtes où avec la comptable ? Elle se finit dans son silence. On n'avance pas. Alors, on va aller se mijoter en garde à vue. Ah ouais, bon. Eh bien, vous allez vous rendre à la brasserie Florent. Histoire de griver le rire. Enfin, vous verrez ça avec le patron de la brasserie. Je peux pas. J'ai rendez-vous. Les impôts. Étonne.
Vous
foutez de ma gueule, vous
? Non,
non, mais
je
peux appeler pour repousser. Eh bien, ils vous répondront pas. Parce qu'entre midi et deux heures, c'est fermé, les impôts. Lieutenant. Eh bien,
justement,
j'ai rendez-vous avec une fille qui a accepté de rester.
Alors,
je peux pas. Vous lui posez un lapin ? Bon,
ben,
vous avez qu
'à
me donner son numéro de téléphone. Je l'appellerai, puis je la préviendrai. Non, non, je la préviens, moi. Allez, je t'accompagne. C
'est
ça, oui.
Je
vous rappelle que nous sommes ouverts de 9h à 19h sans interruption. Allez, Oste, t
'as
la brasserie. Ça fait une heure, si vous attendez.
T
'as pas ton portable
? Ça
passe pas ici, tu l'appelleras du resto.
Qui ? La
fille des impôts.
Enzo ? Ben,
t'étais où
? Ouais,
mais j'ai besoin de te voir, moi.
Ouais,
mais tu dois venir maintenant. Tout à l'heure, alors. Ok, je t'attendrai devant l'écluse.
Ça
va, Mathieu
?
Oui, pourquoi
? Non,
non, comme ça.
Dis,
je t'ai pas vue pour la collègue du tolier, toi.
Non, c
'est pour son mariage. À part toi, j'ai tout le monde. Ah bon, mais il faut donner quoi ? Ben, ce que tu veux, il n
'y a
pas de limite. Moi, j'ai donné 1000 balles. 1000 balles
?
C'est l'usage. Maintenant, vous faites comme vous le sentez, mais moi, c'est assez mal vu. Ouais, mais bon, moi, je suis là depuis qu'un an, quoi. Le tolier, je le connais pas vraiment. Mais Chloé, il te charrie, regarde, il a donné 200 balles.
Bon,
ben, je te donne tout à l'heure, je vais retirer de l'argent.
Lieutenant, on vous attend. Oui, oui, j'arrive, j'arrive. Mathieu, vous faites une audition avec moi.
Oh,
ben, merci, Lieutenant.
Merci de quoi
? Ben,
de vous proposer, on travaille pas tellement ensemble d'habitude.
Ben,
je peux pas faire autrement, on est en sous-effectif. Ben, Mathieu, Mathieu
?
Mathieu, je plaisante. Je plaisante, faut pas tout prendre au sérieux comme ça.
Ah,
c'est pas trop tôt. Capitaine Fournier, police judiciaire. Venez par ici. Lieutenant Léonetti.
Ils
font comme s'ils allaient aux toilettes.
Mais
comme par ici, il y
a
une sortie de service du personnel qui donne dans la rue, ils se tirent sans payer.
Vous
n'auriez pas une table juste à côté d'eux
? Ben,
vous prévierez pas rester ici pour les coincer ? Ah, ben, nous, il nous faut un flag, hein. Ah oui, un flagrant délit. Marguerite
! Vous
restez
en faction ici, et vous laissez sortir personne.
Bon,
ben, on
va
y aller.
C
'est eux, là. Vous voyez, on dirait un couple tout à fait bien. Non, excusez-moi.
Là,
vous serez beaucoup mieux, madame. Excusez-moi.
C
'est réservé. Je vous offre quelque chose ?
Oui, on va prendre la carte. On va manger, il faut bien mener le change.
Puis
on va prendre un chassagne d'aubert.
97
?
82.
Ah,
nous n'en avons plus.
Est-ce que je pourrais avoir une autre bouteille de chassagne d'aubert 82
? Bien
sûr, monsieur.
Je
croyais que vous n'en aviez plus.
Ben,
j'ai dû me tromper.
Un
autre, au Dogger 82
?
Bien sûr, monsieur.
C'est
gonflé, là.
Non,
juste un peu enrobé.
Vous
permettez
? J
'ai une décédale.
Je
croyais que t'avais pas faim.
Ah ben
là, ça serait péché, là.
Ça
marche nulle part, ton machin, là.
T
'en es où avec Mathilde
?
Excuse-moi, j'ai un coup de fil à demi.
Patron
? Oui
? Où
est-ce que je peux téléphoner, s'il vous plaît ?
Désolé, en panne.
Tu
disais
? Je
te demandais où tu en étais avec Mathilde.
Ah, Mathilde ? Ben, nulle part.
J
'ai même pas été au rendez-vous l'autre jour.
Tu
es parti aller, tu t'es pris une veste, c'est ça ?
Pas du
tout. Putain,
il
est
où le problème ? Elle est bien, cette fille, en plus, s'il lui plaît.
Ça
se trouve bien, toi
? Pour
apatouard
? T
'entends quoi ? Qu'elle se mette à genoux ? Qu'elle te supplie
? Bon,
on commande.
Lieutenant ? Ah oui,
merci beaucoup. Tenez. Mathieu, le dossier.
Venez,
asseyez-vous. Êtes-vous enfin disposé à assumer les conséquences de vos actes
? C
'était des heures sup.
J
'étais payée pour des heures sup.
Ça
lui évitait de déclarer l'URSSAF.
Pourquoi
vous ne l'avez pas dit avant
? C
'était un arrangement entre nous, maintenant, puisqu'il m'attaque. J'ai fait des milliers d'heures sup pour lui, sans compter celles qui n'étaient même pas payées.
C'est
très intéressant, ça, Madame Petit. Mais alors,
expliquez
-nous, pourquoi est-ce qu'il porte plainte
? Il
se venge.
De
quoi
? J
'ai eu une aventure avec lui. Quand
? Oh,
il y a 8 ans, avant de rencontrer mon mari. Évidemment, il ne vous l'a pas dit. Non, mais je ne vois pas ce que ça change. Ah
ben... Madame
Petit, si votre patron avait commis des indélicatesses sur le paiement de vos heures sup, croyez-vous qu'il irait de lui-même risquer de se faire pincer
? Voyons.
Vous avez acheté le 15 avril 1996 une maison de campagne de 255 000 francs cash. Or, vous gagnez 12 000 francs par mois. Votre époux, sensiblement moins. Vous avez à Paris un loyer de 6 500 francs. J'ai eu un héritage.
Ah
bon
? C
'est bizarre, ça. On n
'a
pas vu de traces de frais de droit de succession dans vos comptes.
Ça
vous amuse, hein, de détruire une famille
? Ça
vous amuse de vous acharner sur moi ? Vous avez des chiffres. Vous croyez tout savoir. Eh
bien,
vous ne savez rien de ma vie.
Effectivement, Madame Petit, je ne sais pas grand-chose de votre vie.
Mais
ce que je sais me suffit pour vous accuser
d
'abus de confiance et de faux en écriture.
Vous
vous enfermez dans un système dangereux, là.
Je
vais informer votre mari et interroger vos voisins.
Non ! Je
suis désolé, Madame. Il faut bien qu'on y arrive.
Mais
pourquoi
? A
moins que vous ne soyez disposée à parler. Mais c'est faux. Tout est faux.
Dites
-moi, Nadine, c'est qui, lui ? Un témoin sur l'affaire Mursen. Fournier est à la brasserie, Sorin est parti prendre l'air. Il n
'y a
plus personne, ici. Et qui se fait, Sorin
?
Vous voyez avec Porret ?
Il
fait quoi, Porret
? Il
est en audition. Donc, il n
'y a
personne, quoi. Qu'est-ce que je viens de vous dire, là ? Oui, bon. Monsieur, vous ne pouvez pas rester là, je regrette. Vous allez devoir patienter ici un moment parce qu'on est en sous-effectif. Mais c'est que je suis assez pressé. Moi, vous pouvez m'interroger, vous. Non, mais je ne connais rien à votre affaire, moi, monsieur. Oui, mais mon feuilleton passe dans 15 minutes. Et je ne serai pas sorti, hein, dans 15 minutes. Enfin, j'avais peur que non. Bon, attendez.
Bon,
vous allez me passer à la DPJ, on ne
va
pas continuer à fonctionner comme ça. Dites-moi, vous avez la télé, ici
? Vous
avez la DPJ. Franchement, deux marres.
Quand
on aime, on ne compte pas.
Tu
n
'as
pas marre de vivre à l'hôtel ?
Moi,
je ne pourrais pas.
C
'est sûr
? Tu
ne veux pas venir vivre à la maison
? Non,
non, je te remercie, ça va.
Tu
dois prendre une nouvelle de Marie
?
Pas un mot, c'est comme si notre histoire n
'avait
jamais existé.
Ah,
Fournier, vous pouvez vous occuper de monsieur, là, parce qu'aujourd'hui, c'est...
Vous
avez des nouvelles de Mme Mursel ? Ce matin, ça n'allait pas fort.
Bernard, tu t'occupes de nos clients ? Une si gentille
petite dame, hein. Et puis, je lis avec ça, hein.
Tu
fais l'interrogatoire,
hein.
Entrez, asseyez-vous.
Alors,
vous vous appelez M. Balazuc. André. Français. Mon nuisier français. J'étais à la poubelle après un accident de travail. C'est anormal, vous
? Bien.
Vous déclarerz avoir entendu souvent M. et Mme Mursel se disputer. J'imagine. Enfin, je sais pas.
J
'entendais des trucs. Et puis, de toute façon, chez eux, ça gueule tout le temps. Alors, c'est culturel.
Et
vous entendiez des trucs comme des bruits de coups ou des bruits de vaisselle cassée
?
De coups. Plutôt de coups.
Et
vous n'êtes jamais intervenu ?
Elle
appelait pas au secours. Et puis, ça avait changé, là, ces derniers temps. Il n'était pas souvent chez lui.
Il
voulait divorcer.
Vous
étiez vraiment intime
?
Non, non,
non. Bon,
j'ai entendu. Ils en discutaient, entre eux.
En
français
? Ils
se parlaient en français, entre eux
? Non, mais c
'était facile à deviner. Ils gueulent, elles pleurent, ils claquent la porte. C'est classique. Vous, qui savez tout, vous ne sauriez pas par hasard s'il était chez lui au moment de
l
'accident
?
Ah non, ça, alors là, je ne saurais pas dire. Mais je sais qu'il avait une maîtresse.
Ah. Et
vous savez qui
?
Cheracase. Sophie Cheracase. Infirmière à l'hôpital Saint-Louis.
Ah
bon
? Oui,
ben, il y avait son nom sur leur boîte à lettres quand ils vivaient ensemble.
Ils
habitaient tous les trois. Oui.
Vous
pouvez m'écrire son nom, s'il vous plaît
?
Hein
? Vous
me trouvez l'adresse de cette jeune fille, infirmière à Saint-Louis. D
'accord. C
'est pour ça que sa femme,
elle
voulait quitter la France.
Elle
vous l'a dit
? Vous
étiez vraiment proche.
Je
ne
sais
plus comment je l'ai su. Essayez de vous rappeler, monsieur Balazu, que votre témoignage est très important.
Ben,
il y a deux jours, elle est venue chez moi pour vendre des choses, pour payer son billet d'avion pour rentrer. Des choses
? Oui.
Sa télé.
Alors,
comme la mienne était foutue...
Et
vous l'apportez quand, cette télé
?
Hier soir.
Elle
vous l'a vendue combien ?
Elle
me l'a donnée.
Enfin, pas
chère.
Je
croyais qu
'elle
avait besoin de l'argent de la télé pour payer son voyage.
Ben
oui. 1 000 francs.
Un
billet pour la Turquie, ça coûte le double. Oui, enfin...
Elle
en voulait 2 000, mais je lui ai donné que la moitié.
Et
vous avez gardé la télé ? Ben oui. Ben oui, 1 000 francs d'économie, c
'est
toujours ça de pris. Monsieur Balazu,
est
-ce que quelqu'un vous a vu chez vous au moment de l'accident
?
Comment ?
Mais
vous n'allez pas m'accuser maintenant, non ? Pour 1 000 balles.
C
'est bon.
Sora
est rentrée
?
Ah non, pas encore.
Vous
m'accompagnez sur une interpellation. Luc,
vous
vous occupez de monsieur. Mademoiselle Tchéracat. Oui. Police judiciaire, nous cherchons monsieur Turgut Mursen. Est-ce qu'il est chez vous
?
Turgut
? Monsieur
Mursen.
Vous
voulez voir Turgut
? Police
judiciaire.
Je
suis Turgut.
Votre
femme est à l'hôpital.
L
'hôpital ?
Oui,
monsieur.
C
'est grave
? Oui,
monsieur. Elle n
'est
pas morte
?
Non, monsieur. Si vous voulez bien nous suivre, nous avons quelques questions à vous poser.
J
'arrive.
Pourquoi
maintenant
? Je
ne
sais
pas.
Pourquoi
tu n
'as
pas envie
? Ah
si, si.
Ça
fait des mois que j'en ai envie.
Tu
ne veux plus ?
Tu
veux que je ferme un peu les rideaux
?
Ah oui, oui, je veux. Oui. Ah, patron, pour mon affaire,
vous avez... Ah, je n'ai pas
le moment.
Tes
nouvelles de Sora ? Ah non.
J
'ai demandé qu'on nous envoie quelqu'un en urgence. Pour le moment, c'est tout ce que je peux faire. Merci, Florence Seyra.
Vous
vous appelez Mursen.
Mursen,
Turgut Mursen.
L
'OFPRA vous a accordé le statut de réfugié politique. Oui.
Est
-ce que vous êtes connu des services de police
?
Non.
Vous
savez que vous êtes entendu dans le cadre d'une enquête concernant l'accident dont a été victime votre femme
?
Oui. Comment elle va
?
À l'hôpital. Mal.
Monsieur
Mursen, vous étiez où à 10h ce matin
? Je
ne vis pas là. Comment elle va à l'hôpital
? Vous
étiez où ce matin à 10h
? Au
café. Quel café
?
Café Atlantique, dans rue des Petits Hôtels.
Oui,
oui, vérifie. Café Atlantique, rue des Petits Hôtels. Le Mugueur, je jure, je suis là-bas.
Florence, tu
vas au Café Atlantique, rue des Petits Hôtels, et tu vérifies si ce matin à 10h, un certain M. Turgut Mursen était présent.
Vous
étiez seul
? Je
suis avec Sophie. Chiracatze
?
Oui.
T
'as entendu
? Merci.
Sophie Chiracatze, oui. Belle femme. Donc ce matin, à 10h, vous étiez au café Atlantique...
Café
Atlantique, rue des Petits Hôtels, Sophie Chiracatze, oui. Je jure, le Mugueur, je suis là-bas.
L
'enfant qu'elle porte est de vous
? Oui, on
va se marier.
Votre femme est au courant ? Oui. Qu
'est-ce qu'elle a à l'hôpital
? Elle
était d'accord pour divorcer
?
Oui. Elle ne peut pas faire un enfant, alors...
Et
vous, vous étiez d'accord pour qu'elle retourne au pays
? Elle
dit ça, mais elle ne
le
fait pas.
Et
vous êtes d'accord
? Oui. Pourquoi
vous ne l'avez pas payé son billet de retour
? Je
suis d'accord, mais après divorce.
Vous
avez vu votre femme quand pour la dernière fois
? Je
ne sais pas. Une semaine. Un voisin dit vous avoir entendu il y a deux jours. Oui, je viens voir ma mère.
Et
vous êtes disputé avec votre femme.
Pourquoi ? Elle
jalouse. Elle crie quand je viens. Votre mère vous a appelé ce matin
?
Oui. Elle téléphone tous les jours.
Qu
'est
-ce
qu
'elle
vous a dit
? Que
femme veut partir. Mais moi, ce matin, je ne
suis
pas là. Je suis au café avec Sophie. Je jure, je suis là-bas. L'hôpital,
c
'est grave.
On
ne sait pas s'il survivra.
Je
ne savais pas que c'était aussi géométrique. Merde, déjà ? Bon, il
faut
y aller.
On
va à la douche ?
Toi
d'abord.
Je
t'aime. Elle
est
plus fort que tout le monde l'entende. Bon, excuse-moi, je t'aime fort.
Non,
c
'est
pas toi, épéremptoire. Thurgut Mursenet a dû ce matin par deux témoins dans son café.
Alors,
on cuisine la mère
? Oui,
on libère le fils. Et comme je n
'ai
personne,
on
interroge la mère tous les deux.
Bon,
on reprend. D'accord, votre fils n'était pas là.
Vous
allez nous raconter ce qui s
'est
vraiment passé. J'ai dit déjà,
je
ne suis pas là. Je reviens, je ne sais pas comment, mais la bassine tombe sur elle. Oui, malheureusement, il y
a
les traces de coups sur le visage et les brûlures sur le dos.
On
a du mal à vous croire.
Les
tâches sur votre chemise de nuit, c'est de
l
'huile, non
?
Saloperie
!
Forcément, il y a partout.
Non,
non, ça c'est des éclaboussures, des petites tâches comme ça.
Ça
veut dire que vous étiez plus proche que vous ne le dites.
C
'est quand je reviens des toilettes.
Donc,
vous étiez à côté d'elle quand ça s'est passé.
Oui,
je reviens juste
quand
ça arrive. Vous reconnaissez donc avoir été présente
au
moment des faits
? C
'est quoi des faits
?
Au moment où ça s'est passé.
Pourquoi
vous ne nous l'avez pas dit
? J
'ai peur. On croit que c'est moi.
Madame
Mursen, vous avez des bonnes raisons de vous disputer avec votre belle-fille ? Non. Regardez.
Les
traces, là.
Comme
si la bassine avait dérapé.
Qu
'est-ce qui s
'est
passé ? Vous vous êtes disputée avec votre belle-fille
? Vous
avez fait un faux mouvement, la bassine est tombée, s'est renversée sur elle
? Vous
vous êtes disputée toutes les deux
? Les
beignets, c'était quoi
?
Pour une fête. Une fête pour qui
?
Non, c'est comme ça. Je donne aux voisins. Madame Mursen, vous ne vous entendez pas avec vos voisins. Vous faites trop de bruit. Non, moi, je pense que vous avez préparé ces beignets juste pour pouvoir lui jeter l'huile, Madame Mursen.
C
'est elle qui veut. Elle prépare tout. C'est elle qui veut me mettre l'huile. Moi, je me défende.
Votre
belle-fille allait partir, elle n'avait aucune raison de vouloir vous ébouillanter.
Bon,
on va quand même pas passer la nuit, là, non ? On va la déchirer immédiatement. On vous emmène devant le juge, Madame Mursen. Non, non, non.
Madame
Mursen, moi,
je
sais que c'est vous qui avez préparé ces beignets ce matin pour pouvoir ébouillanter votre belle-fille. Alors vous allez me raconter ce qui s'est passé, hm
? Je
ne sais pas.
Je
ne sais pas que ça...
Comment
vous avez fait
?
La bassine qui tombe sur elle... Je déclare
avoir renversé sciemment une
bassine
d
'huile
bouillante sur
ma belle-fille.
Pourquoi ? Oui ?
Dites-nous pourquoi.
Pour
la télé. Mille francs. Je regarde tous les jours la télé. Je regarde les émissions. Vous voulez dire que vous avez ébouillanté votre belle-fille parce qu
'elle
avait vendu votre télé ?
Je
lui ai dit pas vendre.
Je
peux pas dormir sans télé. Je pense qu
'elle
fait rien à la maison. Même pas possible de donner un enfant.
Et
les traces de coups sur le visage, sur les épaules
? C
'est parce qu'elle gueule
!
On est en sous-effectif et on a un trop-plein d'affaires. J'ai dû confier les enfants à ma sœur, ça va être long. Tenez, mettez la table là.
Ma
femme est où
?
Monsieur Petit, votre femme n'est pas ici comme témoin. Ah bon
?
Elle est où alors
?
Asseyez-vous. Monsieur Petit, j'ai le regret de vous informer que votre femme est mise en cause dans une affaire d'abus de confiance et de fous en écriture.
Va nous chercher trois cafés s'il te plaît.
Qu
'est
-ce
que ça veut dire ?
Elle
est soupçonnée d'avoir détourné 500 000 francs de son entreprise.
Elle
est en garde à vue.
En
garde à vue ? Mais ça veut dire qu'elle va pas rentrer cet après-midi
? Je
ne crois pas, non. Ce soir, elle va rentrer ce soir. Ce soir non plus. Mais elle va quand même pas dormir en prison, c'est une erreur. Elle va sortir, forcément.
On
a un café. Monsieur Petit,
il
va falloir que vous nous aidiez.
Que
vous l'aidiez elle.
Vous
n'étiez pas au courant
?
Ah non, enfin, j'aurais jamais accepté. 500 000 francs, vous êtes sûr ? 500 000 francs en trois ans.
Enfin, c
'est pas possible. Pourquoi elle aurait fait ça ? On est heureux ? Ça, il faudra lui demander.
Et
tout cet argent qui tombait du ciel, vous ne vous êtes pas intéressé
? On
a des comptes séparés. Je vous jure que je savais rien. Oui, enfin, vous n'étiez quand même pas très regardant. Quand elle faisait un extra, elle disait qu'elle faisait des heures supes.
Quand
on vient avec quelqu'un, en tout cas moi, ça repose sur la confiance. Je mets pas en doute ce qu'elle dit. Sinon, 500 000 francs,
c
'est pas possible. Ils sont où
? Vous
avez acheté une maison de campagne, non
?
Molinon, oui.
On
l'aime beaucoup, on y va souvent. Cette maison, elle est aussi à votre nom
?
Oui.
Ben,
c'est Sandrine qui a insisté.
On
ne dit pas que vous êtes complice, mais il est vrai que vous profitez des irrégularités de votre femme.
Ah
non, mais je ne savais rien, moi.
Vous
n'allez
pas nous mettre tous les deux en garde à vue.
Je
vais quand même parler en prison.
Si
vous êtes solvable,
on
devrait pouvoir vous éviter ça. Solvable
? Oui,
c'est qu'est-ce
qu
'il y a encore ?
Le
patron de la brasserie, Florent, je veux absolument vous parler. Votre homme, le lieutenant, vous savez, le gros, il m'a dit de vous donner ça. C'est la note de ce midi. Ah, 1200 francs. Ah oui, c'est la preuve de la gribellerie. Mais merci. Ah non, non, non, non, non. La note de ce que vous avez arrêté n'était que de 700 francs, elle. Non, non, vous plaisantez, là. Trois homards pour deux, là, une plaisanterie, ça. Ben, il a dit que c'était la République qui payait. Non,
non,
mais il plaisantait. La République, elle ne payait pas. Et puis d'abord, ça m'étonnerait que ce soit leur note, parce qu'ils sont au régime tous les deux. Allez, désolé, monsieur. Désolé. Paul...
Mais
t'aurais pu téléphoner
? J
'ai essayé, mais le portable de Vincent...
J
'avais l'air malin, moi, toute seule, devant mon plat de sushi, avec nos quatre baguettes.
Excuse
-moi.
Tu
m'arrêtes d'être puni... Il ne
faut
pas m'appeler comme ça. Dionnetti.
Ça
va
? Vous
avez bien déjeuné
? Oui.
Ah, quand même, 1200 balles.
La
prochaine fois, je vous les ferai payer. Tiens, puisque vous avez faim,
j
'ai justement une vingtaine de cantines scolaires à vérifier. Hein
? C
'est pour vous, ça ? Des travaux, j'achie parmentier.
Vous
allez vous régaler, mon vieux.
Oh,
excusez-moi, vous étiez en train de... Bonjour. Bonjour. Bonjour.
Je
vous rappelle que vous avez une audition. Sandrine Petit, ça vous dit quelque chose
?
Allez.
Tu
me caches à tout le monde.
Mathilde
! Ça
va pas, Mathieu
? Ça
risquait rien, j'étais là. Et si elle avait fait quoi que ce soit, j'aurais fait ce qu'il fallait. Maintenant, si vous n
'avez
pas confiance en moi, vous n
'êtes
pas obligés de travailler avec moi. Sortez, Mathieu. On réglera ça plus tard.
Bon, la
maison, Molinon, c'est ça
?
Oui.
Elle
est avouée à votre mari, n'est-ce pas
?
Bah oui.
Donc,
il peut être considéré comme complice. Et dans le droit français, il risque la même peine que vous. Enfin, il a rien fait.
Parce
que vous ? Non, moi non plus. Écoutez, madame, nous avons deux solutions. Ou bien vous continuez à nier, on est obligés d'impliquer votre mari.
Ça
veut dire préventive et placement de vos enfants au foyer. Oh non
! Vous
vous avouez.
Et
vous le mettez hors de cause.
On
peut même essayer de vous éviter la prison ferme.
Si
vous acceptez de réparer votre faute.
Ça
veut dire rembourser ? Oui.
Qu
'est-ce qu'il a dit, mon mari
? Tout
le monde va me détester maintenant.
On
n'est pas ici pour vous juger. Bon.
J
'ai un compte au Luxembourg, il y a 100 000 francs dessus. C'est un compte à numéro. Bon, 100 000 francs et puis
? Il
y a un salon en cuir. On l'a payé 35 000.
Il
y
a
aussi le vin. J'ai acheté du vin pour mon mari. 10 caisses de 12. Ça fait 120 bouteilles à 125 francs.
On
est loin du compte, là
? Il
y a aussi un tapis, un Shiraz à 20 000.
Et
la maison, 250 000, non
? Ah
non, pas Moulinon.
C
'est à la maison, pas question de la vendre. Écoutez, on l'a arrangé à notre goût. On a fait plein de travaux nous-mêmes. Non, je rembourserai. Je rembourserai 10 000 francs par mois s'il le faut. D'après vos revenus, si vous retrouvez du travail, vous ne pourriez guère rembourser plus de 3 000 francs par mois. Ça fait quoi
? 10
ans de remboursement
? Je
ne vendrai pas, Moulinon. Cette maison, c'est notre rêve.
On
va se débrouiller. Désolé, mais si vous voulez vous en sortir, il va falloir renoncer à vos rêves.
J
'ai tout, là
? Plus
250.
Et
250, là
?
Et tout le monde a donné
? Ouais,
sauf Chloé. Bah alors
?
Bah, j'ai pas été au distributeur.
Enfin,
si, j'ai été, mais j'ai tout dépensé. Pas grave, tu donneras demain. Il est pas dans les parages, le patron
?
Non. Je te rappelle, là-dessus. Ciao. Dis-moi,
t
'as appelé, mon pote
?
Je vais le faire. Dépêche-toi, parce qu
'il
se couche avec les poules à la préf. Alors, ça donne quoi
? Bah,
pour la croisière sur le Nil, c'est bon, mais à condition qu'il le fasse tout seul. hein, son veillesse de nos.
Simone
peut payer sa part.
Bonjour. Bonjour. Je
suis le capitaine Meunier. Je remplace un officier réformé.
C
'est moi, la réformée.
C'est
désolé,
hein ?
Capitaine Fournier, le lieutenant Lionetti. Bonjour. Lieutenant Porret.
Bonjour.
Chloé Mathieu et Nadine, notre standardiste. Bonjour. Bienvenue. Merci.
Qu
'est
-ce
que c'est
? Ma
démission.
Allez,
reprenez ça. Non.
Vous
savez que c'est irrévocable.
Vous
êtes sûre de ne pas vouloir en discuter avec moi ? Sûre, oui. Bon, ben, vous faites ce que vous voulez.
Mais
je vais vous dire ce que j'en pense. J'en pense que c'est une belle connerie.
Il faut
savoir lâcher un peu, Saurin. Merci, commissaire, vous êtes gentille. Depuis que j
'ai
l'âge de marcher, moi, je joue aux gendarmes et aux voleurs.
J
'ai toujours été le gendarme.
Mais
qu
'est
-ce que vous allez faire
?
Je ne sais rien faire. C'est terrible, mais même voleur, je ne saurais pas, alors.
Écoutez,
prenez un mois pour réfléchir. Merci, commissaire, ma décision est prise.
Je
suis désolée de ce qui vous arrive.
Mais
les coups durs, soit ils vous cassent, soit on en sort grandit et j'espère que vous en sortirez.
On
appellera de nous.
Merci.