Témoin RMC : Christian Chouviat et Maître Arié Alimi - 09/06
Audio original de l'émission.
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39OuverteRéponse partielle
Où en est l'enquête, d'abord ?
- 1:05OuverteRéponse directe
Est-ce que ces quatre policiers sont suspendus ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Quelle différence faites-vous entre étranglement et plaquage ventral ?
- 3:41RelanceRéponse partielle
Beaucoup de policiers disent qu'on ne peut pas interpeller sans plaquage au sol.
- 6:39OuverteRéponse directe
Est-ce que des membres de la société civile ont été associés à la réflexion sur les méthodes d'interpellation ?
- 7:08OuverteRéponse directe
Vous pensez que la police est violente ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45PrésentateurFait
« Elle avance avec une célérité rare que je n'ai jamais vue dans d'autres dossiers de violence policière. »
- 1:16PrésentateurFait
« que le fonctionnaire de police supposait avoir transmis des informations à la presse immédiatement suspendue »
- 4:34PrésentateurChiffre
« On voit 41% de plaintes supplémentaires à l'IGPN l'année dernière. »
- 4:42PrésentateurChiffre
« On a également 29% aux défenseurs des droits et seulement 36 demandes de suspension ou de conseil disciplinaire par le défenseur des droits auprès du ministère de l'Intérieur. »
- 7:57PrésentateurFait
« Là, on apprend qu'il n'y a pas de formation sur les techniques d'interpellation. »
Temps de parole
- Présentateur34 %
- Présentateur 234 %
- Invité32 %
≈ 2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC.
Nous recevons ce matin Christian Chouvia, le père de Cédric Chouvia. Christian Chouvia, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Et maître Harry Halimi, bonjour maître, avocat de la famille de Cédric Chouvia. Alors je rappelle que Cédric, Christian, Cédric, votre fils, avait 42 ans. Il est décédé le 3 janvier dernier à Paris après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête par plusieurs policiers lors d'un contrôle routier. C'était dans le 7e arrondissement, je crois, c'est bien cela. L'autopsie a révélé qu'il était mort d'une asphyxie avec fracture du largasse. On est bien d'accord. Où en est l'enquête, d'abord ? Où en est l'enquête ? Où en est l'instruction judiciaire ?
Alors elle avance bien, bien évidemment je ne peux pas rentrer dans les détails puisque je suis soumis au secret de l'instruction. Mais elle avance avec une célérité rare que je n'ai jamais vue dans d'autres dossiers de violence policière. Je pense que l'institution judiciaire a commencé à prendre en considération la problématique des violences policières.
Les policiers en question sont, combien sont-ils ? Trois ? Quatre. Quatre policiers. Est-ce que ces quatre policiers sont suspendus ?
Malheureusement non, et c'est vraiment ce que demande la famille de Cédric Chouviat, que ces fonctionnaires soient suspendus. Quand on voit par exemple dans le dossier de Geneviève Leguay, vous savez, cette dame à lice, que le fonctionnaire de police supposait avoir transmis des informations à la presse immédiatement suspendue, on ne comprend pas que dans ce dossier, les quatre fonctionnaires ne le soient pas alors qu'il y a eu une fracture du larynx. C'est important évidemment pour vous, j'imagine. Parce qu'aujourd'hui, il y a quatre individus qui ont tué notre enfant et puis qui se retrouvent libres de faire ce qu'ils veulent, de penser ce qu'ils veulent. On ne les a même pas...
Qu'ils travaillent ? Ils travaillent, oui. Enfin, on suppose qu'ils travaillent, je suppose. Puisqu'on n'a pas de contact, on n'a pas eu d'excuses ni de condoléances de leur part. Rien, il se passe. Il y a un multisme total. Donc pour moi, ce n'est pas des gens qu'on doit laisser comme ça, faire ce qu'ils veulent. Aucun d'entre eux ne vous a appelé ou écrit ? Aucun. Ni par voix de presse, ni par les avocats. Il n'y avait plus simple à faire s'ils avaient une crainte de nous affronter, ce n'est ne serait-ce que d'écrire à nos avocats. Ça fait 4 mois et demi, 5 mois qu'on est ensemble. Tout le monde sait qui est Alimi, Arié. Donc il y avait une facilité de contact. Tout le monde le connaît.
Donc il ne s'est rien passé. Aujourd'hui, c'est des gens que je n'ai aucun respect pour eux. Et puis ça continuera jusqu'à la fin.
Bien. Christian Chouvia et Arié Alimi, vous avez écouté hier soir, évidemment, Christophe Castaner qui sera là tout à l'heure de 8h30 à 9h. Christophe Castaner qui, dans une lettre, pas dans une lettre, mais qui a répondu à une lettre que vous lui aviez adressée, que vous lui avez adressée, demandant l'interdiction de la technique du plaquage par les forces de l'ordre. Alors hier, il a dit, nous allons interdire la technique d'étranglement. Quelle différence faites-vous ?
L'étranglement, c'est le fait de prendre quelqu'un par le cou et d'appuyer sur le cou, ce qui entraîne une asphyxie, voire une fracture du larynx. Le plaquage ventral, c'est de s'appuyer sur quelqu'un qui est au sol pour essayer de le menotter et de s'appuyer à plusieurs sur lui avec des fois le genou sur la nuque, ce qui entraîne aussi des asphyxies et des morts. Il y a eu beaucoup de gens qui sont morts de ces deux techniques. Alors bien évidemment, la première technique annulée, suspendue par le ministre de l'Intérieur, c'est une bonne chose.
En revanche, le fait d'annuler que les techniques n'est pas particulièrement satisfaisant dans la mesure où il n'y a pas de réaction globale et stratégique à la problématique des violences policières.
Parce que beaucoup de policiers disent qu'on ne peut pas interpeller parfois lorsqu'un individu est difficile à interpeller. On ne peut pas interpeller si l'on n'applique pas, si on n'essaie pas de le plaquer au sol avant de lui passer les menottes.
D'abord, il y a énormément de techniques d'interpellation. Il y a beaucoup de techniques pour immobiliser une personne qui n'entraîne pas forcément une compression sur les voies aériennes. Donc je pense qu'ils vont un peu vite en besogne en considérant que c'est la seule technique qui permet d'interpeller quelqu'un. Disons que c'est la plus facile. C'est la plus facile, mais c'est aussi la plus dangereuse, malheureusement. Donc je ne pense pas que ce soit un argument recevable. Mais là encore, les annonces de M.
Castaner hier ne sont pas du tout suffisantes à notre sens parce que ce sont des annonces qui sont singulières et qui n'entraînent pas une stratégie globale s'agissant des violences policières. On le voit, il y a eu beaucoup de morts ces dernières années. Il y a eu beaucoup de gens mutilés ces dernières années avec les violences policières. On voit 41% de plaintes supplémentaires à l'IGPN l'année dernière. On a également 29% aux défenseurs des droits et seulement 36 demandes de suspension ou de conseil disciplinaire par le défenseur des droits auprès du ministère de l'Intérieur. Aucune suivie d'effet. On voit qu'il y a à la fois une impunité et une augmentation des violences policières.
Oui, mais M. Aréalimi, là, parce qu'il y a eu beaucoup de manifestations aussi, il y a eu beaucoup de violences dans les manifestations et de violences de la part des manifestants aussi. Donc, je vais faire la différence entre les manifestations et le cas de Cédric Chouvia. Christian Chouvia, votre fils a été victime de ces techniques d'étranglement et de plaquage au sol. Il y a eu les deux.
Il y a eu les deux. Les étranglements et après, plaquage au sol. Lui, ils ont fait la totale, on va dire. Excusez-moi l'expression. Ils ont fait la totale pour un contrôle de papier. Il a donné ses papiers. Aujourd'hui, quand on voit les choses, il a donné ses papiers. On lui a mis une amende. Donc, il n'y avait pas refus d'obtempérer. J'ai entendu, oui, mais s'il avait obtempéré. Il n'a pas refusé d'obtempérer. Après, on lui a dit « ta plaque est sale ». Il a filmé sa plaque. Mais il a protesté. Il a protesté. Il a protesté parce que quand on lui dit « ta plaque est sale », il a filmé lui-même sa plaque. On l'a vu. Elle n'est pas sale.
Il a juste ironisé en disant « Vous savez, c'est la pollution parisienne ». Je ne fais pas toutes les minutes. Mais elle est ultra lisible. Donc, c'est un tissu depuis le début. Depuis l'arrestation jusqu'à aujourd'hui, c'est qu'un tissu de mensonge. C'est un tissu de mensonge.
Bien. Sur l'affaire Chouvia, donc hier, Christophe Castaner a déclaré « Après le décès, lors de l'interpellation de Cédric Chouvia, j'avais rencontré sa famille et je leur avais annoncé la création d'une mission conjointe entre police et gendarmerie pour passer en revue nos méthodes d'interpellation et leurs risques pour qu'un tel drame ne puisse plus survenir. Vous avez été associé à cette réflexion. Est-ce que des membres de la société civile ont été associés ou des avocats ont été associés à cette réflexion ?
Justement, pas à notre connaissance et c'est la raison pour laquelle on lui a demandé ce qu'il en était dans le courrier. Il n'y a a priori aucune mission de concertation entre la société civile et le ministère de l'Intérieur pour commencer à réfléchir sur les relations entre la police et la population. Il continue à faire des effets d'annonce mais sans véritablement réfléchir aux problématiques de fond.
Est-ce que, Christian Chouvia, vous pensez que la police est violente ? Oui.
Alors, pas toute la police. Oui, la famille Chouvia, toutes réunies, on n'a rien contre la police. Oui. On en veut à tous les tueurs de la police. On en veut au racisme, on en veut surtout à tous ces gens qui vont au bout pour un contrôle d'identité. Vous voyez ce que je veux dire ? On n'est pas à la sortie d'une banque, on n'est pas... Là, on a tué. Traoré, on l'a tué dans des circonstances pareilles. Cédric, on l'a tué pour un contrôle d'identité banal. Paris 7ème au pied de la Tour Eiffel. Donc, il est où le risque et le danger, là ? Il est où le risque et le danger ?
Mais pourquoi ? Parce que ces policiers ne sont pas des tueurs dans l'âme. Ces policiers ont peut-être été mal formés, ils ont peut-être été non. Est-ce que vous pensez à ce tâche ? Il y a un problème de formation
qui est évident. Là, on apprend qu'il n'y a pas de formation sur les techniques d'interpellation. C'est complètement fou. Ça, c'est une première chose. Mais il y a également une colère et une frustration dans la police qui ne cessent de croître. D'abord pour des raisons de moyens, mais également parce que le politique se sert des policiers et donc on a de plus en plus de frustration et quand on a un simple contrôle routier, ça peut dériver et ça peut entraîner une mort parce que quand on est frustré et colérique, vous en voulez ?
Vous en voulez à la police ? Vous en voulez à qui ? Vous en voulez ? Vous voulez la vérité ? Vous voulez la vérité ? Nous, ce qu'on veut la police,
c'est la vérité. On a des avocats qui travaillent dessus et qui sont excellents et auxquels on les remercie parce qu'ils font tout ce qu'il faut. Moi, j'en veux à ces quatre individus. Oui. Mais je n'en veux pas à la police. Il y a des manifestations, elles sont interdites. On ne voit pas les chouviens parce que c'est interdit. Il y a le Covid. On n'a rien à faire là. Vous comprenez ? Demain, s'il y a une marche blanche, comme on a fait, c'était autorisé, on y a été. On n'est pas anti-police, on n'est pas anti-justice. On est des gens, on est une famille de travailleurs déjà. Oui. On est des travailleurs. Donc, on est dans le rythme. Vous comprenez ?
Donc, je ne comprends même pas qu'aujourd'hui, on se pose des questions. Moi, je n'en veux pas à la police, j'en veux à ces quatre individus. Ça, je peux vous le dire que moi, personnellement, je leur en veux. Et je peux même vous dire j'ai de la haine grand vers ces gens-là. Ils m'ont enlevé de la prunelle de mes yeux. Voilà, je ne peux pas vous dire plus parce que c'est dans les tripes. Vous comprenez ? J'ai perdu un enfant, pas par un accident de la route parce qu'il était coursier. On m'a volé mon enfant. On a volé un père de famille de cinq enfants. Quand j'ai un petit de quatre ans qui me dit, vous voyez, papa, on voit au cimetière, on va voir papa.
Je n'arrive pas à lire la plaque sur la trompe de mon fils.
Merci à vous.
Merci Christian Chouvia.
Merci Maître Harry Halimi.