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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 novembre 2021 25 min

Croissance, déréférencement de Wish, assurance des prêts immobiliers... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Marc Fauvel. 30 000 cas de Covid hier en France, 6 000 classes fermées dans l'éducation nationale, des arrêts maladies en cascade. Est-ce que cette cinquième vague du Covid menace la reprise ?

0:11
Bruno Le Maire

Elle ne menace pas la reprise et je n'ai pas d'inquiétude particulière pour la croissance française. Elle est là, elle est solide, elle repose sur des fondamentaux qui sont sains. Donc je n'ai pas d'inquiétude particulière pour la croissance française. Et on a appris de vague en vague à mieux gérer les contraintes sanitaires. Simplement, ça peut avoir un impact pour des établissements, pour des restaurants, pour des bars, pour des hôtels, pour des indépendants. Et rien que pour cela, rien que pour ces personnes, pour ces propriétaires de restaurants ou de bars, ça vaut le coup de se protéger et de faire en sorte que nous arrivions à vaincre définitivement l'épidémie.

Ça vaut le coup exactement pour nous, ça vaut le coup pour les personnels soignants qui sont dans les hôpitaux, qui sont épuisés par ces vagues successives. Donc ce n'est pas pour la croissance qu'il faut se faire vacciner et respecter les gestes barrières. C'est pour la société française dans son ensemble.

1:06
Invité

Un conseil de défense sanitaire a lieu aujourd'hui à l'Elysée. Quelles mesures supplémentaires il va falloir prendre ? Quelles mesures de restrictions ?

1:15
Bruno Le Maire

Je veux dire, ce n'est pas sur un plateau de radio qu'on prend cette décision. C'est un conseil de défense. C'est pour ça qu'il y a des conseils de défense. Donc nous allons regarder quelle est exactement la situation sanitaire, voir s'il y a des mesures complémentaires qui sont utiles ou qui ne sont pas utiles. Pour le moment, je ne vois pas de mesures supplémentaires à imposer à l'économie française. Ce qui compte d'abord, c'est la responsabilité de chacun. Respecter les gestes barrières. Faire son rappel de vaccination quand on doit faire son rappel de vaccination. Faire en sorte que le pass sanitaire soit appliqué rigoureusement.

Hier, j'ai vu à Strasbourg l'ensemble des restaurateurs et des hôteliers. Pour à nouveau leur marquer mon soutien. Mais je leur ai demandé une chose. Soyez rigoureux dans l'application du pass sanitaire. Le pass sanitaire, c'est votre assurance vie. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, on n'est pas obligé de fermer des restaurants, pas obligé de fermer les lieux de convivialité ? C'est que vous présentez votre pass sanitaire. Vous avez la garantie de la sécurité sanitaire. Cette assurance vie, elle est entre les mains des restaurateurs. C'est eux qui sont responsables. Ils doivent la faire respecter.

2:15
Présentateur

Mais vous voyez que dans les lieux où le pass sanitaire est exigé, Baudot-le-Maire, certains portent le masque. D'autres non. Ça dépend à la fois des départements et des établissements. Je parle aussi des cinémas. Est-ce qu'il faut et est-ce que vous allez rendre le masque obligatoire partout où le pass sanitaire est exigé, y compris pendant les déplacements, par exemple, dans un bar ou un restaurant ?

2:32
Bruno Le Maire

Une fois encore, les décisions sanitaires sont prises en conseil de défense sanitaire. Simplement, j'appelle à la responsabilité individuelle. Chacun sait bien quand il y a du monde autour de lui, qu'il y a de la foule, que vous êtes ensemble dans un lieu de rassemblement, que le masque est indispensable.

2:49
Présentateur

Vous convenez que la règle aujourd'hui n'est pas très claire.

2:51
Bruno Le Maire

Ce que je sais, c'est que les Français sont des adultes, qu'ils sont responsables, qu'ils savent quand est-ce qu'ils doivent porter le masque. Ils le font d'ailleurs dans leur immense majorité. Moi, je compte sur la responsabilité de chacun.

3:01
Invité

Une question sur les fêtes qui approchent. Est-ce que, par exemple, vous disiez, les décisions vont être prises tout à l'heure en conseil de défense sanitaire, mais sur les marchés de Noël, par exemple, est-ce qu'ils vont pouvoir s'installer à la fin du mois ou alors pas du tout ? En tout cas, la question se pose.

3:19
Bruno Le Maire

Je ne regrette rien pour vous dire, mais je n'ai pas la réponse. Je suis très attaché aux marchés de Noël, surtout en rentrant de Strasbourg, parce qu'en Alsace, les marchés de Noël sont très importants. Mais tout cela dépend aussi du comportement individuel de chacun. Ce qui fait les décisions collectives, c'est aussi le comportement individuel de chacun.

3:37
Présentateur

Vous êtes venu sur l'interview de nouvelles, cela dit. On ne va pas avoir celles qui seront en délibération tout à l'heure au conseil sanitaire, mais c'est l'extension du chèque cadeau pour tous les Français qui ont la chance d'en avoir par leur entreprise. Bonne nouvelle ce matin, c'est l'augmentation du plafond. Il passe à combien ?

3:53
Bruno Le Maire

Le chèque cadeau, c'est 171 euros, normalement. Nous allons porter le plafond du chèque cadeau pour cette année à 250 euros. Cela concerne près de 8 millions de salariés, donc c'est très important. C'est une mesure pour le pouvoir d'achat des Français. Cela fait partie de toutes ces mesures que nous prenons dans des moments qui sont difficiles pour beaucoup de Français, où certains ont des difficultés à la fin du mois à cause en particulier de l'augmentation des prix de l'énergie. C'est une mesure complémentaire en fin d'année pour les Français. Le chèque cadeau passera de 171 à 250 euros. Combien d'entreprises vont le distribuer à ce montant-là ? On ne le sait pas encore.

Le nombre d'entreprises, je ne peux pas vous dire, mais le nombre de salariés, c'est entre 7,5 et 8 millions de salariés. Donc c'est très important. Et cela permet évidemment de passer des fêtes de Noël encore un peu meilleures.

4:37
Invité

C'est une mesure pour cette année, pas forcément pour l'année prochaine. C'est exceptionnel.

4:40
Bruno Le Maire

C'est exceptionnel, parce que le chèque cadeau, c'est 171 euros. Pourquoi est-ce qu'il y a un plafonnement ? C'est que nous ne voulons pas que le chèque cadeau se substitue aux augmentations de salaires qui sont nécessaires dans un certain nombre de secteurs. Je reviens au secteur de l'hôtellerie et de la restauration. On voit bien que pour renforcer l'attractivité du secteur, il faut augmenter les salaires. Je ne veux pas que les chèques cadeaux se substituent aux augmentations salariales nécessaires pour les salariés les plus modestes dans certains secteurs.

5:04
Invité

Concernant les augmentations salariales, vous entendez le patronat qui vous dit « oui, si on augmente les salaires, on augmente aussi les prix ».

5:10
Bruno Le Maire

Je n'ai jamais demandé l'augmentation générale de tous les salaires dans toutes les branches d'activité. En revanche, on voit bien que lorsqu'un restaurant veut recruter des personnels de salle, il a du mal à trouver ces personnels. Il faut que tous ensemble, nous arrivions à conclure cette négociation qui permettra d'augmenter les salaires pour ceux qui ont les salaires les plus faibles dans les secteurs d'activité qui ont du mal à recruter. C'est vrai dans le restaurant, c'est vrai dans les bars, c'est vrai dans les hôtels.

Qu'on réfléchisse aussi à la meilleure organisation du temps de travail dans ces établissements, qu'on donne des perspectives de carrière à ceux qui sont embauchés dans ces secteurs-là. Donc ce n'est pas une augmentation globale, générale, qui pourrait effectivement nourrir l'inflation. C'est dans certains secteurs où il y a des métiers qui sont en tension, où il y a des difficultés de recrutement. Là, il faut des augmentations salariales.

5:58
Présentateur

On va revenir sur la situation économique, Bruno Le Maire, dans quelques instants. Je voudrais simplement vous interroger sur des images que vous avez peut-être vues depuis qu'on a appris que Jean Castex est positif au Covid. C'est une vidéo qui date de mardi dernier. On est au moment du congrès des maires de France et le Premier ministre est dans une salle à l'intérieur avec des dizaines et des dizaines de convives qui sont des élus locaux. Il n'a pas de masque, il sert des mains, les gestes barrières visiblement ce jour-là ont été oubliés. Est-ce qu'un Premier ministre, est-ce que des ministres doivent donner l'exemple quand ils demandent ça aux Français tous les jours ?

Nous sommes tous faillibles.

6:32
Bruno Le Maire

Et la politique est un métier ou un engagement plutôt du contact humain. Ça fait près de 15 ans que je suis élu. L'un des plaisirs d'un élu, c'est d'aller à la rencontre de ses compatriotes. Mais serrer les mains en ce moment, c'est compliqué. Je le sais bien. Je le sais bien. Nous sommes tous faillibles. Simplement, je considère que quand on est un responsable politique, on n'est évidemment pas au-dessus des lois. Nous sommes faillibles. Mais aller pointer du doigt l'un ou l'autre, considérer simplement que quand on fait un métier qui est humain, qui appelle au contact, c'est peut-être difficile de s'abstenir de ce contact. On doit le faire.

Mais reconnaissons simplement que nous sommes tous faillibles, disons-le avec humilité, et essayons de nous améliorer.

7:12
Présentateur

Le ministre de l'économie, faillible comme tous les êtres humains, et l'invité de France Info, Bruno Le Maire, vous restez avec nous. Le temps du fil info à 8h40. Mélanie Delonais.

7:20
Invité

Les syndicats appellent à la levée des barrages en Martinique. Mais la nuit a encore été agitée. Des groupes ont affronté les forces de l'ordre. Tirs à balles réelles, barrages enflammés, notamment sur l'autoroute près de Fort-de-France. Quelles mesures face à la remontée de l'épidémie de Covid ? En discussion tout à l'heure au Conseil de défense sanitaire, la généralisation du masque à l'intérieur de tous les lieux où le pass sanitaire est exigé, l'ouverture aussi de la dose de rappel pour tous les adultes. Signe du mal-être d'une profession, un tiers des magistrats signe une tribune dans le monde pour dénoncer leurs conditions de travail.

Trop peu de temps alloués pour chaque dossier, disent-ils. Le garde des Sceaux promet de recevoir une délégation dans les prochains jours. Pas de transport scolaire dans l'Aude. Ce matin, en vigilance orange, pluie, inondation, les averses doivent se renforcer dans la matinée. On attend l'équivalent d'un à deux mois de pluie dans le département. France Info

8:15
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel.

8:20
Invité

Toujours avec Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, grève générale en Guadeloupe, en Martinique aussi, à l'appel de plusieurs syndicats pour protester contre le pass sanitaire, l'obligation vaccinale des soignants, mais aussi contre la vie chère dans ces deux îles. Que dites-vous aux grévistes, aux manifestants ?

8:36
Bruno Le Maire

Je pense qu'il faut passer les messages les plus clairs et les plus fermes possibles. D'abord, l'ordre n'est pas négociable. L'ordre public n'est pas négociable. Et donc, le retour à l'ordre est la priorité absolue. Ces scènes de pillage, de violence, de blocage, sont tout simplement inacceptables, où que ce soit sur le territoire français. En deuxième lieu, la vaccination obligatoire pour les personnels soignants, d'ailleurs, c'est le cas dans l'immense majorité du personnel soignant à la Guadeloupe comme à la Martinique, n'est pas négociable non plus. Le pass sanitaire n'est pas négociable non plus. Pourquoi ? Qu'est-ce qui est négociable alors ?

Parce qu'on ne va pas négocier la sécurité sanitaire des Français. On ne va pas négocier, sur quelque point du territoire que ce soit, la sécurité des Français tout court. C'est pour ça que je préfère... Il y a le cas, Bruno Le Maire, en Martinique, par exemple, où l'obligation vaccinale des soignants a été repoussée de plusieurs mois. Mais aujourd'hui, il y a une obligation. Le pass sanitaire est une protection, c'est une assurance vie. J'y crois profondément. Et il faut savoir défendre ses convictions comme la sécurité, que ce soit la sécurité de l'ordre public ou la sécurité sanitaire. Ensuite, la vie chère.

Je suis le premier à reconnaître que, bien entendu, que le défi économique de la Guadeloupe et de la Martinique est absolument considérable. C'est bien pour ça qu'on a continué à soutenir la Guadeloupe et la Martinique, qu'ils continuent à bénéficier, par exemple, du fonds de solidarité et de soutien public massif, légitime, dans ces deux îles. Nous avons parfaitement conscience des difficultés économiques. Mais on ne les traitera pas dans la violence.

10:07
Invité

Est-ce que vous réfléchissez à des aides supplémentaires ?

10:09
Bruno Le Maire

Mais la solution pour la Guadeloupe et la Martinique n'est pas dans le déversement de centaines de millions d'euros d'aides publiques supplémentaires.

10:18
Invité

Mais ils ont l'impression d'être abandonnés là-bas.

10:19
Bruno Le Maire

Mais ils ne sont pas abandonnés. Ils ne sont pas abandonnés. Nous pensons à eux. Nous les aidons, nous les soutenons. Nous avons soutenu massivement pendant la crise économique et massivement encore aujourd'hui en maintenant des dispositifs qui n'ont plus cours en métropole comme le fonds de solidarité. Qu'il y ait un problème économique structurel sur les deux îles. Je suis le premier à le reconnaître. Quand j'étais ministre de l'Agriculture, je me suis rendu à plusieurs reprises sur ces territoires. Nous avons essayé de bâtir une fière agricole indépendante. Les prix sont chers. Les conditions de production sont compliquées.

Tous les produits que vous faites venir d'importation sont extraordinairement coûteux pour arriver à fabriquer de la valeur sur les îles. C'est des défis considérables. Je suis évidemment prêt, comme tout le gouvernement, à aider nos amis des départements d'outre-mer à réussir ce redressement économique. C'est un défi considérable.

11:03
Présentateur

Mais il n'y aura pas de rallonge, Bruno Le Maire, comme il y a pu y avoir pour Marseille.

11:06
Bruno Le Maire

Mais de l'argent pour investir, c'est utile. De l'argent pour aider le développement économique des îles, c'est utile. De l'argent pour construire des filières de production autonome, indépendante, c'est nécessaire. J'en ai conscience. Mais des subventions, des aides ponctuelles immédiates pour remédier à la vie chère, je vais vous dire, ce sera le tonneau des Danaïdes. Ce n'est pas d'ailleurs ce que demandent les habitants des îles. Ils ont parfaitement conscience. En Guadeloupe, comme en Martinique, je m'y suis rendu à plusieurs reprises. J'aime ces territoires et je veux les aider.

Mais ce qui va les aider, c'est le retour de l'ordre, le respect des règles sanitaires et la poursuite de ce travail structurel pour construire une économie qui soit plus forte, plus vivante sur les deux îles.

11:48
Présentateur

Je voudrais qu'on dise un mot de la situation des salariés de la fonderie SAM dans l'Aveyron. Ils sont 350. Et hier, ils ont appris que le groupe Renault, qui est leur principal et unique client, refusait de soutenir la seule offre de reprise du site, 350 emplois, donc c'est une reprise qui a été soutenue à la fois par la région et par l'État, donc par vous, Bruno Le Maire. Comment Renault peut dire non alors que vous dites oui et que l'État est le premier actionnaire ?

12:12
Bruno Le Maire

Il n'y a pas d'offre crédible pour la reprise de SAM, disons les choses de manière honnête et transparente. Ça fait des mois que nous travaillons avec mes équipes, avec les salariés de la SAM, avec la région, avec les EU locaux, pour trouver une solution pour la SAM. On s'est battus comme pour chaque site industriel. S'il y avait aujourd'hui une offre de reprise qui soit vraiment solide, prometteuse, qui ne pose pas de difficultés, nous l'aurions imposée d'une manière ou d'une autre. Donc, l'équitation judiciaire ? Ça n'est pas le cas. Le tribunal décidera vendredi. Moi, ce que j'attends de Renault, comme actionnaire de Renault, c'est un comportement exemplaire vis-à-vis des salariés.

Parce que pour le bassin d'emploi de Decazeville, c'est dur. Pour les salariés de la SAM, c'est extrêmement dur. Et j'ai parfaitement conscience du coup dur que cela représente. Donc, j'attends de Renault un comportement exemplaire dans le traitement des salariés. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire des reclassements. Ça veut dire de l'accompagnement. Ça veut dire de la formation. Ça veut dire que Renault, qui a des dizaines d'autres sites de production, doit accompagner chaque salarié pour qu'il retrouve un emploi et une porte de sortie qui soit digne. Mais cette fonderie de la Veyron va fermer ses portes. Nous verrons la décision que prendra le tribunal vendredi.

C'est le tribunal qui va décider vendredi. Mais ce que je veux dire, c'est qu'avec mes équipes, avec les équipes d'Agnès Pannier-Runacher, dès qu'il y a un site qui est menacé de fermeture, nous nous battons pour essayer de trouver un repreneur. Nous faisons à chaque fois le maximum. Mais il y a une réalité économique et technologique. C'est qu'on passe du véhicule thermique au véhicule électrique. Que c'est 4 fois moins de fonte. Et que ce problème-là, nous l'avons anticipé. Ça fait des mois que nous avons mis en place un fonds d'accompagnement. Il va être utile pour les fonderies.

Ça fait des mois que nous réclamons aux constructeurs d'accélérer le reclassement d'un certain nombre de salariés. Et sur chaque site industriel, nous sommes à chaque fois mobilisés pour trouver une solution. Prenez Wills Industries qui fait des jantes à Châteauroux. Je me bats depuis des semaines pour trouver un repreneur. 380 emplois qui sont menacés. J'ai bon espoir que sur Wills Industries à Châteauroux, nous trouvions un repreneur et nous puissions poursuivre l'activité. Mais de manière générale, quand vous passez d'une technologie à une autre, il y a aujourd'hui 15 000 salariés qui travaillent dans les fonderies.

La responsabilité de l'État, c'est d'accompagner cette transformation pour garder des emplois, garder des sites industriels, développer de nouvelles technologies et permettre à la France de réussir dans le véhicule électrique.

14:40
Invité

Bruno Le Maire, ce matin, vous annoncez que vous allez déférencer l'un des plus gros sites de e-commerce en France. C'est le site américain Wish, connu pour ses promotions et ses prix très attractifs. Pourquoi le déférencer ? C'est-à-dire qu'on va mettre beaucoup plus de temps à le trouver sur Internet. Pourquoi le faire ?

14:56
Bruno Le Maire

Parce qu'il ne respecte pas les règles de protection du consommateur et que ma responsabilité de ministre de l'Économie, avec la DGCCRF, la Direction Générale de la Consommation, la répétition des fraudes, c'est de protéger le consommateur. Alors certains vont dire, mais c'est un site, on ne trouve pas des produits trop importants, des Ferrari, des parfums luxe, on trouve uniquement des petites guirlandes de Noël, des accessoires, des jouets. Oui, mais il se trouve qu'ils sont dangereux.

Il se trouve que certains de ces jouets sont dangereux pour la santé de nos enfants, qu'il y a des petits morceaux qui peuvent se détacher, qui peuvent les avaler, que certains des plastiques sont cancérigènes. Ça fait plusieurs fois que nous avons rappelé à l'ordre le site WISH. Il ne répond pas à nos demandes de respect des règles de protection du consommateur. Il ne respecte pas les règles. À partir de là, nous demandons le déréférencement des sites à tous les moteurs de recherche. Soit WISH se conforme aux règles de protection du consommateur, soit nous irons encore plus loin et nous passerons du déréférencement à l'interdiction du site sur les territoires français.

Ça s'inscrit dans une politique plus globale que je mène depuis 4 ans. Le numérique n'est pas au-dessus des lois. Les géants du numérique, les sites numériques, les sites qui n'ont pas de présence physique, matérielle, ne sont pas au-dessus des lois. Donc je fais respecter la protection du consommateur dans les commerces physiques, dans les boutiques, là où on peut se rendre tous les jours. Je la ferai respecter aussi avec la même rigueur sur le volet numérique, sur les sites de vente en ligne, pour que le consommateur soit protégé.

16:25
Invité

Mais déréférencement, ça veut dire que même s'il y a des pubs sur les réseaux sociaux, parce que c'est comme ça que procède WISH aussi, les pubs vont persister.

16:33
Bruno Le Maire

C'est une première alerte, une fois encore. Soit WISH se conforme aux règles de protection du consommateur, soit au-delà du déréférencement, nous interdirons le site WISH sur le territoire français. Vous lui laissez combien de temps ? Quelques semaines.

16:46
Présentateur

Quelques semaines. On ne parle pas d'un site Uzbek ou Kazak. C'est un site que tout le monde connaît. C'est un site américain qui a son siège social en Californie, qui a pignon sur rue.

16:54
Bruno Le Maire

Bien sûr, qui a pignon sur rue. Mais j'ai le sentiment que parfois, pour certains, l'économie, c'est le grand n'importe quoi, le laisser faire, laisser passer. Tout le monde peut faire ce qu'il veut. Tout le monde ne peut pas faire ce qu'il veut. Il y a un ordre public économique. Et comme ministre de l'économie et des finances, je suis garant de l'ordre public économique sur le territoire français. Et j'appliquerai des règles avec beaucoup de fermeté.

17:17
Présentateur

Donc, dernier avertissement avant fermeture. C'est ce que vous nous dites ce matin. Bruno Le Maire, vous restez avec nous. Le fil info, 8h50. Mélanie Delaunay.

17:25
Invité

Dans une dizaine de minutes, début du Conseil de défense sanitaire à l'Elysée. 30 000 cas de Covid détectés hier. Le gouvernement envisage, selon les informations de France Info, d'ouvrir le rappel du vaccin à tous les adultes, mais aussi de généraliser le port du masque dans les lieux où vous présentez votre passe sanitaire. Renaud Muselier annonce ce matin qu'il quitte les Républicains. Le président de la région PACA a apporté son soutien à Xavier Bertrand dans la course à l'investiture pour la présidentielle. Soutien refusé par l'intéressé.

Le préfet prolonge le couvre-feu jusqu'au week-end en Guadeloupe, tandis qu'en Martinique, des violences ont à nouveau éclatées pendant la nuit des tirs sur les forces de l'ordre à Fort-de-France. L'intersyndicale a appelé à la levée des barrages. Décision ce matin. Dans l'affaire de la Seistep, le parquet a requis 10 mois de prison avec sursis contre Karim Benzema, jugé pour complicité de tentative de chantage sur un de ses anciens coéquipiers des Bleus. Le foot, c'est le PSG qui veut valider sa place pour les 8e de finale de la Ligue des Champions. Une condition gagnée ce soir contre Manchester City. Bonne soirée pour Lille. Hier, vainqueur de Salzbourg, 1-0.

Le LOSC est premier de son groupe. France Info

18:35
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Braquia, Marc Fauvel

18:40
Invité

Toujours avec le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, une proposition de loi d'une députée Agir prévoit de permettre aux emprunteurs de résilier à tout moment leur assurance de prêt immobilier. Est-ce que vous, vous êtes favorable à cette proposition ?

18:53
Bruno Le Maire

Oui, je suis favorable à la proposition de Patricia Lemoyne parce que je pense que c'est une proposition juste et là aussi protectrice du pouvoir d'achat des Français. Le pouvoir d'achat des Français, on ne l'améliorera pas une fois encore uniquement à coût de subventions supplémentaires. Il faut protéger les Français, mettre de la concurrence pour réduire les coûts. Aujourd'hui, votre assurance emprunteur, vous ne pouvez la modifier que la première année et ensuite à une date anniversaire. Et croyez-moi, pour ceux qui ont essayé, c'est compliqué.

Là, ça va devenir plus simple, plus rapide et à tout moment, vous pourrez modifier votre assurance emprunteur, votre assurance crédit si vous estimez que vous pouvez trouver mieux ailleurs et moins cher ailleurs. Nous, notre évaluation, c'est que pour un primo-accédant qui a emprunté 250 000 euros à 35 ans pour acheter son premier logement, ça pourra lui faire économiser sur la durée de son prêt sur 25 ans près de 4 000 euros, 3 800 euros exactement. Donc c'est une mesure de pouvoir d'achat qui protège le consommateur et qui met un peu de concurrence là où trop souvent il en manque. Les banques auront-elles l'obligation d'informer leurs clients de cette nouvelle loi si elle passe ?

Je souhaite que les banques informent, la loi doit être connue et croyez-moi, on fera suffisamment de publicité aussi pour que la loi soit connue mais nous sommes là pour protéger le consommateur, lui donner plus de liberté et lui permettre de faire son choix et de trouver le meilleur prix là où il peut le trouver à tout moment.

20:11
Invité

Pardon, juste la dernière question, le texte sur ce sujet, le texte prévoit aussi des sanctions pour les banques qui feraient traîner les dossiers là aussi. Vous êtes favorable ?

20:20
Bruno Le Maire

Oui, parce que j'y suis favorable, parce que c'est trop compliqué, c'est trop difficile et je suis favorable à un autre point de cette PPL sur lequel je vais m'engager profondément proposition de loi, pardon, qui est l'ouverture d'un travail avec les banques assureurs sur les discriminations d'accès à l'assurance emprunteur quand on a été malade. Ça aussi c'est une question de justice fondamentale. Il n'y a pas plus injuste que la maladie. Elle tombe sur l'un, elle tombe sur l'autre. Je ne veux pas qu'il y ait de discrimination dans l'accès à l'assurance emprunteur quand on est malade. Aujourd'hui il y a un droit à l'oubli qui est de 10 ans.

Si vous avez un cancer du sein, un risque de rémission, au bout de 10 ans il y a un droit à l'oubli. Moi je voudrais qu'on raccourcisse ce délai. Parce que je trouve que protéger les plus fragiles, protéger ceux qui sont victimes de la maladie touchée par un cancer, ça fait partie du devoir de l'État, ça fait partie du devoir de la puissance publique. On va ouvrir la discussion. Mais je trouve que c'est un beau thème à porter parce que c'est vraiment un souci de justice pour ceux qui sont touchés par la maladie. C'est notre rôle de protéger les plus fragiles.

21:19
Présentateur

Bruno Le Maire, un mot de la situation politique à droite. Il y a 5 ans vous étiez candidat aux primaires des Républicains. On apprend ce matin que Renaud Muselier, le président de la région Provence, Alpes-Côte d'Azur, va quitter le parti. Hier il avait proposé son soutien au candidat Xavier Bertrand qui va soumettre sa candidature au vote des militants dans quelques jours. Xavier Bertrand a refusé ce soutien. Que dites-vous à Renaud Muselier qui s'apprête donc à rendre sa carte du parti ?

21:43
Bruno Le Maire

Je lui dis bienvenue. Je pense que sa place, elle est dans cette majorité. Comme d'ailleurs beaucoup de personnes que je connais qui sont encore aux Républicains, qu'ils soient maires, qu'ils soient députés, qu'ils soient simples citoyens, qui dans le fond partagent nos convictions et qui voient ce que nous faisons pour redresser l'économie, pour créer de l'emploi, pour valoriser le travail qui est la ligne de force de ce quinquennat. Dans le fond ça correspond à ce qu'ils croient. Le candidat de la droite aujourd'hui c'est Emmanuel Macron ? Mais nous ne nous reconnaissons plus dans ce clivage de droite et de gauche.

Mais ceux qui croient à la construction d'une Europe des Nations, ceux qui croient à la valorisation du travail, ceux qui croient à la nécessité de maintenir l'ordre public comme nous essayons de le faire actuellement, tout cela doit se reconnaître dans la politique que nous conduisons depuis près de 5 ans, qui donne dans le domaine dont j'ai la responsabilité des résultats qui sont de bons résultats, des résultats solides, de la croissance, de l'investissement, un pays qui est redevenu le plus attractif pour les investissements étrangers, un niveau d'emploi et un taux d'emploi comme on n'en a jamais connu depuis un demi-siècle. Donc venez nous soutenir.

C'est la politique qui permet à la France de réussir.

22:49
Invité

Bruno Le Maire, une question sur Éric Zemmour qui était à votre place avant-hier. Il nous a expliqué sa volonté de réformer l'impôt sur la fortune immobilière qui a donc remplacé l'ISF. Écoutez pourquoi. Je pense que c'est devenu un impôt confiscatoire. Les gens qui sont mis ainsi à l'impôt sur la fortune de nouvelle forme, souvent ne sont pas des gens spécialement riches. 1,3 million à Paris, c'est un 100 m². Ce n'est pas ce qu'on appelle des riches. Avoir un patrimoine immobilier d'un million à Paris, on n'est pas riche. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?

23:23
Bruno Le Maire

Moi, je ne rentrerai jamais dans ce débat sur qui est riche, qui n'est pas riche. Je pense que c'est un débat qui est malsain. Je pense que ce n'est pas un débat intéressant qui fait progresser la société française. Là où je suis en désaccord complet, comme très souvent avec Éric Zemmour, c'est qu'on voit bien qu'avoir un patrimoine immobilier, ça permet d'avoir ensuite un capital plus important au fil des années, sans forcément avoir travaillé davantage. Donc l'impôt sur la fortune immobilière qui a remplacé l'ISF, parce qu'on n'a pas supprimé l'impôt sur la fortune, on l'a remplacé par un impôt sur la fortune immobilière. C'est une question de justice.

Là aussi, c'est normal que nous maintenions...

24:01
Invité

Ce n'est pas confiscatoire, comme il dit.

24:02
Bruno Le Maire

Ce n'est pas confiscatoire du tout. Nous maintenons une imposition sur un capital, qui est un capital que vous avez acquis, mais qui ensuite peut vous rapporter beaucoup. Quand on voit le prix de l'immobilier à Paris qui a fortement augmenté, il n'est pas illégitime que nous maintenions par souci de justice un impôt sur la fortune immobilière.

24:21
Présentateur

Le candidat des communistes à l'élection présidentielle, Fabien Roussel, dit qu'il salue les maires qui refusent d'accueillir ou d'accorder une salle à Éric Zemmour ou à Marine Le Pen. Est-ce que c'est normal ? Le temps d'une campagne présidentielle ?

24:33
Bruno Le Maire

Moi, je pense que le temps d'une campagne présidentielle, c'est idée contre idée, conviction contre conviction, vision de la nation contre vision de la nation.

24:41
Présentateur

Donc tout le monde doit pouvoir faire campagne dans les mêmes conditions ?

24:44
Bruno Le Maire

Tout le monde doit pouvoir faire campagne dans le respect des règles républicaines, c'est-à-dire pas d'appel à la violence, pas de haine, pas d'attaque personnelle. J'en vois malheureusement trop depuis le début de cette campagne. Je crois avoir été un des premiers à dénoncer un certain nombre de propos d'Éric Zemmour, le révisionnisme qui est au cœur de son projet politique. Mais c'est le rôle dans le débat public, c'est le rôle de chacun, de prendre des positions, de défendre des convictions. Et c'est comme cela que nous arriverons à retrouver la bonne voie pour notre pays. Merci Bruno Le Maire et bonne journée à vous.