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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 7 janvier 2021 25 min

Intrusion au Capitole, campagne de vaccinations, tests dans les aéroports, retour des élèves au lycée... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Valérie Pécresse, avant de parler bien sûr avec vous de la situation sanitaire en France, ce qui vient de se passer tout d'abord aux Etats-Unis, ces images hallucinantes, je ne sais pas quel est le bon mot, de prise du Capitole par des supporters, des partisans de Donald Trump, des élus obligés de se cacher sous leur bureau, d'autres escortés par la police pour pouvoir en sortir, des coups de feu tirés également par la police dans l'enceinte même du bâtiment.

0:22
Valérie Pécresse

Je crois que comme beaucoup de français j'étais sous le choc, sous le choc de cette violence déchaînée contre une très grande démocratie et dans un lieu aussi symbolique que le Capitole et j'ai beaucoup de tristesse et beaucoup de sympathie pour le peuple américain qui aujourd'hui se réveille vraisemblablement extrêmement choqué.

0:43
Présentateur

Qui porte la responsabilité de ce qui s'est passé ?

0:47
Valérie Pécresse

Je crois que c'est assez clair que c'est là que mènent les populismes, c'est là que mène le déni démocratique, c'est là que mène l'outrance et Donald Trump porte une extraordinairement lourde responsabilité dans ce qui vient de se passer. Vous le savez pour moi ça n'a jamais été un modèle, ça n'a jamais été une source d'inspiration et je pense que ceux pour qui il l'est en France devraient y réfléchir à deux fois.

1:11
Invité

Même s'il lui reste 15 jours à la tête du pays, Donald Trump doit rester au pouvoir ?

1:16
Valérie Pécresse

Aujourd'hui on voit bien que la tâche de Joe Biden va être immense parce qu'il va falloir réconcilier le peuple américain. Réconcilier le peuple américain, ça passe aussi par la restauration des fondamentaux démocratiques. Joe Biden a gagné cette élection, il a gagné l'élection présidentielle, il faut que Trump reconnaisse officiellement sa défaite, il faut aujourd'hui qu'on laisse la démocratie américaine fonctionner.

1:43
Invité

Vous dites le problème c'est le populisme, est-ce que cette menace populiste, vous craignez qu'elle arrive en France ? Est-ce qu'elle est déjà là d'ailleurs ?

1:50
Valérie Pécresse

Mais je dirais que face à l'ultra-violence, au risque de l'ultra-violence, au risque de dépopulisme, aucune démocratie n'est totalement prémunie, aucune institution n'est totalement à l'abri. Et bien évidemment la France aussi doit se prémunir et pour cela il faut renforcer la légitimité de nos institutions démocratiques.

2:08
Invité

Parce qu'on a vu des mouvements violents il y a deux ans, il y a quelques mois, et ça vous craignez que ça se répète et que ça aille encore plus loin ? On a entendu des gens vouloir entrer à l'Elysée ?

2:20
Valérie Pécresse

Aujourd'hui le sujet c'est vraiment la légitimité de nos institutions et cette légitimité elle passe par le résultat, elle passe par l'exercice, la bonne exercice du pouvoir et ça c'est vraiment une question qui est cruciale aujourd'hui parce qu'on le voit bien, il y a un certain nombre d'attaques, d'atteintes qui sont portées à nos institutions, qu'elles viennent effectivement des extrêmes, qu'elles viennent aussi, j'allais dire, de mouvances qui veulent nous déstabiliser comme les islamistes terroristes par exemple.

2:54
Présentateur

Il y a des Donald Trump en France ?

2:57
Valérie Pécresse

Il y a aujourd'hui des personnes qui jugent Donald Trump inspirant, Marine Le Pen ne s'est pas cachée du fait que Donald Trump était son modèle. D'ailleurs je ne crois pas qu'elle ait elle-même reconnu la victoire de Joe Biden au moment où nous vous parlons.

3:09
Présentateur

Jusqu'à présent, elle dit ce matin qu'elle ne confond pas les extrémistes qui sont entrés hier au Capitole avec les 72 millions d'Américains qui ont voté pour Donald Trump. Ce sont les mêmes mots que vous utiliseriez vous ?

3:22
Valérie Pécresse

Mais bien évidemment, il ne faut pas confondre des électeurs de Donald Trump avec les ultras qui sont entrés au Capitole. Mais en même temps, comment accepter que Donald Trump ait mis aussi longtemps à demander à ses partisans de quitter le Capitole ? Comment est-ce qu'un chef d'État en responsabilité peut assister à ce coup de force contre les institutions de son pays sans réagir immédiatement et appeler au retour au calme et à la sérénité et à la tranquillité ? C'est inacceptable. La conduite de Donald Trump hier est inacceptable.

3:51
Présentateur

On en revient maintenant, si vous voulez bien, Valérie Pécresse, à la situation sanitaire. En France, conférence de presse du Premier ministre Jean Castex en fin d'après-midi à 18h.

3:58
Invité

Oui, il va parler de la stratégie vaccinale et de la situation épidémique en France. Est-ce que, comme le président du MEDEF, Geoffroy Raud-Béziot, qui était à votre place hier, vous dites que le gouvernement s'est planté au départ de la vaccination en France ?

4:14
Valérie Pécresse

Sur la campagne vaccinale, on assiste à un naufrage bureaucratique. Mais, bien évidemment, à la place qui est la mienne, la seule question que je me pose, c'est comment est-ce qu'on remet le bateau à flot ? Comment est-ce qu'on répare tout ça ? L'État a trop centralisé ? On assiste, là encore, encore une fois, à la faillite de l'État solitaire. C'est la troisième fois, tout le monde le sait, les masques, les tests. Aujourd'hui, les vaccins, c'est la troisième fois que l'État veut faire tout, tout seul, et qui fait mal. Alors, le sujet, il est évidemment dans la suradministration, il est dans la difficulté de l'organisation logistique quand on est aussi éloigné du terrain que l'État.

Et puis, il y a un troisième sujet, c'est est-ce qu'on ne va pas être en pénurie de commandes de vaccins ? Donc, face à tous ces sujets, les régions ont pris leur responsabilité hier, il faut nous laisser faire l'organisation logistique de la campagne grand public. De la campagne grand public. Il faut aussi qu'on laisse les régions, si elles le souhaitent, et Région de France serait prête à faire un collectif, il faut qu'on nous laisse acheter des vaccins supplémentaires pour venir compléter l'offre de vaccins de l'État.

5:24
Présentateur

Mais quand vous dites des vaccins supplémentaires, auprès de qui ? Directement des laboratoires ? Mais absolument. Il n'y a pas de vaccins cachés aujourd'hui dans les labos, tous les stocks ont été achetés et centralisés par l'Europe.

5:34
Valérie Pécresse

Au moment, au moment où nous nous parlons. Mais on voit bien que cette campagne vaccinale, contrairement à ce qu'on nous a laissé croire, ce n'est pas une question de deux mois, c'est une question de très long terme. On n'est même pas certain que l'immunité vaccinale dure jusqu'à l'automne prochain. Ça veut dire qu'il va falloir une campagne vaccinale maintenant, et puis il va falloir peut-être une campagne vaccinale à nouveau à l'automne prochain. Donc la question c'est, pourquoi se priver de l'énergie des régions ?

Pourquoi refuser que des régions qui sont plus agiles, qui sont plus proches du terrain, qui ont le contact avec tous les maires, tous les maires, qui ont le contact avec tous les professionnels de santé, médecins mais aussi pharmaciens, on ne va pas se priver de l'énergie des pharmaciens pour vacciner ? Sur tous ces sujets-là, nous sommes l'arme au pied, nous sommes prêts, nous proposons notre aide et nous demandons au Premier ministre de saisir la main que nous lui tendons. Justement sur les doses, il n'y a pas de pénurie.

6:25
Invité

Pour le moment, on reçoit 500 000 doses du vaccin Pfizer chaque semaine, on va recevoir 500 000 doses du vaccin Moderna. Pour le moment, pas de problème de pénurie.

6:36
Valérie Pécresse

La vérité c'est que le jour où on commencera à vacciner massivement, il y aura beaucoup plus de demandes que ça. Beaucoup plus de demandes que ça. Donc la question ça va être comment faire face à la demande. Je sais qu'aujourd'hui, on s'interroge beaucoup sur ceux qui ne veulent pas se faire vacciner. Moi, ma priorité, et soyons très pragmatiques, c'est d'abord que tous ceux qui le souhaitent puissent avoir droit à ce vaccin et particulièrement évidemment les plus fragiles, c'est-à-dire les plus de 60 ans qui présentent des fragilités.

7:04
Présentateur

Je reviens sur ce que vous avez dit il y a quelques instants, Valérie Pécresse. Les régions aujourd'hui sont prêtes à acheter des vaccins supplémentaires.

7:09
Valérie Pécresse

De manière collective, de façon...

7:10
Présentateur

Est-ce que ce sont des vaccins qui auraient dû être achetés par l'Europe et que vous demandez qu'ils arrivent directement dans les régions ou est-ce que ce sont d'autres vaccins, des doses qui n'ont pas été vendues pour l'instant par les laboratoires ?

7:21
Valérie Pécresse

Monsieur Fauvel, vous savez qu'il y a un accord européen et que les États européens ont acheté ensemble et ont fait des achats groupés de vaccins. Mais ce que nous sommes en train de voir, c'est que certains pays d'Europe achètent des vaccins en plus de cet accord européen, notamment l'Allemagne. Donc la question que nous posons, nous les régions...

7:39
Présentateur

L'Allemagne contourne en ce moment le mécanisme européen de solidarité sur les vaccins.

7:42
Valérie Pécresse

Elle ne le contourne pas, elle le complète. La question c'est, est-ce qu'on n'a pas besoin de compléter l'énergie de l'État ? Est-ce que... Je ne sais plus comment le dire. Franchement, au moment où on a commandé les masques, les régions n'avaient pas le droit de les commander.

7:55
Présentateur

On retourne dans le chacun pour soi, des masques, où chaque pays vient sur le tarmac récupérer des stocks à la sortie des avions ?

8:01
Valérie Pécresse

L'objectif n'est pas de retourner dans le chacun pour soi. Il y a un accord européen. Mais si cet accord européen n'est pas suffisant, et on voit qu'un certain nombre de pays européens considèrent qu'il ne l'est pas et qu'il faut le compléter, la question c'est pourquoi toujours vouloir hypercentraliser les choses, au risque de mal faire ? Franchement, on nous aurait confié la logistique de cette vaccination. Jamais, aucune région n'aurait répondu à un protocole de 49 pages. Jamais. Pour les EHPAD.

8:29
Présentateur

Ça c'est le protocole des EHPAD.

8:30
Valérie Pécresse

Mais oui, mais non, mais cette histoire de recueil du consentement préalable, avec un délai, avec une consultation médicale, c'est les procédures qu'on utilise pour des vaccins qui n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché. Ce n'est pas les procédures qu'on fait pour des vaccins qui sont autorisés. C'est beaucoup plus simple pour les vaccins autorisés.

8:46
Présentateur

8h41, vous restez avec nous, Valérie Pécresse, le fil info avec Mélanie Delaunay et on poursuit juste après.

8:51
Invité

De la Nouvelle-Gélande au Canada en passant par l'Inde, les dirigeants disent leur choc à la vue des images de l'intrusion de manifestants pro-Trump au sein du Capitole à Washington, scène honteuse pour le Royaume-Uni. Ils piétinent la démocratie, réagit l'Allemagne à ce coup de force pour empêcher les élus du Congrès américain de certifier les résultats de la présidentielle. Dans une vidéo, Donald Trump a invité ses partisans à rentrer chez eux tout en redisant que l'élection présidentielle avait été volée. Message ambigu, vidéo retirée par Facebook qui comme Twitter a décidé de bloquer temporairement le compte du président américain sortant.

Le vice-président Mike Pence lui prend ses distances. Il regrette un jour sombre et condamne les violences. Il a demandé aux élus américains de se remettre au travail pour valider la présidentielle. Il doit donner des précisions sur la campagne de vaccination contre le Covid. Jean Castex va prendre la parole à 18h. Le Premier ministre doit aussi donner plus de visibilité au secteur toujours fermé et confirmer qu'il n'y aura pas de réouverture des restaurants le 20 janvier. Les stations de ski qui devaient rouvrir aujourd'hui restent fermées également. Pas d'éclat pour les débuts du nouvel entraîneur du Paris Saint-Germain, Mauricio Pochettino.

Les footballeurs parisiens ont fait match nul un partout à Saint-Etienne. Aucun but entre Nantes et Rennes pour la première de Raymond Domenech sur le banc des Canaries.

10:10
Présentateur

Le 830 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

10:14
Invité

Toujours avec Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France. Olivier Véran a annoncé 300 nouveaux centres de vaccination d'ici la semaine prochaine et 500 à 600 centres hors hôpitaux d'ici la fin du mois de janvier. Vous savez où ils seront ces centres de vaccination dans votre région par exemple ?

10:30
Valérie Pécresse

Absolument pas. J'ai eu le directeur de l'agence régionale de santé il y a deux jours. Et à ce stade, il n'avait aucune indication à me donner.

10:42
Invité

Lui-même n'avait pas l'info ?

10:43
Valérie Pécresse

Il n'avait aucune indication à me donner. Il me parlait de 5 centres par département. Vous savez qu'en Île-de-France, un département c'est 1,5 million d'habitants. Vous ne pouvez pas un dessin, je lui ai dit que ça n'était pas assez. Nous, depuis novembre, j'ai proposé que les 70 instituts de formation des infirmières qui sont gérés par la région et qui sont à proximité des hôpitaux puissent être mises à la disposition de l'agence régionale de santé. J'ai proposé une carte des lycées qui sont à proximité des hôpitaux puisque vous savez que le sujet c'est les frigidaires. Il faut qu'on soit proche des frigidaires. Les frigidaires sont dans les hôpitaux.

Donc nous avons évidemment fait une carte logistique régionale depuis novembre que nous avons proposée à Olivier Véran à l'agence régionale de santé avec des dizaines, des centaines de points de vaccination possibles. Mais ça suppose de faire un choix que nous avons proposé, en tout cas que moi j'ai proposé qui était effectivement ce qu'on appelle le vaccinodrome, c'est-à-dire un lieu, un point de rencontre dans lequel on prendrait des rendez-vous puisqu'il ne faut pas que tout le monde arrive en même temps. Pour éviter les brassages. Pour éviter les brassages, pour éviter les attentes, pour éviter le froid. Donc des points de rendez-vous.

Nous sommes aussi capables, nous les régions, puisque nous gérons les transports, d'organiser l'accompagnement des personnes âgées dans ces centres. Puisque c'est aussi un sujet. Comment on se déplace pour aller se faire vacciner ? À toutes ces propositions, qu'est-ce qu'on vous répond ? Rien.

12:06
Présentateur

C'est-à-dire ?

12:08
Valérie Pécresse

L'État va faire. L'État va faire. Nous allons faire. Nous savons faire. Ben oui, non, ils ne savent pas faire. Le professeur Fischer, pour lequel j'ai eu une immense admiration, qui est un immense chercheur, et que j'ai connu quand j'étais ministre de la recherche à l'époque, a dit lui-même qu'il n'était pas un expert en logistique. Nous, les régions, nous sommes en contact avec les maires, nous sommes en contact avec les professionnels de santé. Et puis nous sommes des réducteurs d'inégalités sur le territoire. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand on réfléchit, on réfléchit quartier populaire, on réfléchit centre-ville et on réfléchit villages ruraux.

Et vous le savez peut-être, mais la région fait circuler depuis des mois quatre bus dans les villages pour pouvoir apporter des tests partout où on en a besoin.

12:50
Présentateur

Alors justement, Valérie Pécresse, pendant la période des fêtes, on a vu que le nombre de Français qui se faisaient dépister avait bondi. C'était sans doute une bonne idée avant de retrouver les siens pour les fêtes de Noël. Mais ce chiffre a tendance à diminuer assez sévèrement ces derniers jours. Est-ce qu'on a tort de se relâcher sur les tests ? Est-ce qu'il faut relancer, accélérer encore les tests de dépistage ?

13:08
Valérie Pécresse

Absolument. Aujourd'hui, on regarde beaucoup la stratégie vaccinale. Mais en réalité, on doit se battre sur deux fronts. Deux fronts. L'urgence absolue aujourd'hui, au moment où je vous parle, c'est de bloquer la troisième vague qui est en train d'arriver. La troisième vague Covid. Et de prévenir un troisième confinement. C'est ça la réalité du moment. Donc il ne faut pas qu'on regarde ailleurs. Moi, j'appelle tous les Franciliens dans ma région, mais je pense que ça vaut pour tous les Français, à retourner se tester massivement après les fêtes. Il y a eu un relâchement, il y a eu un desserrement. Les enfants retournent à l'école. Les salariés retournent, pour certains, au travail.

On a besoin de continuer à se faire tester.

13:51
Présentateur

Ça veut dire qu'on ouvre de nouveaux centres aussi, y compris dans votre région ?

13:54
Valérie Pécresse

Absolument. Vous savez que nous avons choisi une stratégie, qui est celui du dépistage massif au long cours. Au long cours. Ça veut dire que la région a mis des barnums de tests en place dès septembre. On a fait une opération massive avant Noël, dans les centres commerciaux, dans les gares, dans les villes. Et là, nous recommençons. À partir de ce samedi, il y aura 100 barnums qui auront été financés par la région Île-de-France dans 100 villes, de façon à ce qu'on puisse aller se faire tester samedi neuf. Et le 16, nous aurons 300 barnums dans 300 villes, 300 points de tests. Et je demande aux Franciliens de retourner se faire tester et de s'isoler.

C'est sans rendez-vous ou c'est sur rendez-vous ?

14:33
Présentateur

C'est une question pratique. Avec rendez-vous ou sans rendez-vous avant d'y aller ? C'est sans rendez-vous.

14:36
Valérie Pécresse

Les barnums de l'Île-de-France sont sans rendez-vous parce qu'il faut qu'on soit souple. L'idée, c'est quoi ? C'est vraiment protégez-vous, protégez les autres et surtout, évitons cette troisième vague qui va arriver. Et par ailleurs, moi j'ai une autre demande sur cette troisième vague. Vous savez que l'Île-de-France est une grande région frontière.

14:57
Présentateur

Avec des aéroports.

14:58
Valérie Pécresse

Avec les aéroports et les gares. Nous avons le monde entier qui arrive chez nous.

15:03
Présentateur

Un peu moins en ce moment, pour être honnête.

15:04
Valérie Pécresse

Un peu moins en ce moment.

15:05
Invité

On a des Français qui partent à l'étranger et qui reviennent plutôt.

15:07
Valérie Pécresse

Mais nous avons beaucoup de retours de vacances. Beaucoup de retours de vacances. Et moi, ce que je demande, c'est ce que font nos voisins, c'est qu'il y ait un test Covid. Je demande à l'État aujourd'hui qu'on instaure un test Covid à l'arrivée dans les aéroports et dans les grandes gares internationales pour tous les ressortissants européens. C'est ce que font nos voisins. Nous avons un virus britannique qui est aujourd'hui très virulent. On a instauré un test pour les Britanniques. Il faut aussi qu'on puisse l'instaurer pour tous les ressortissants.

15:39
Invité

Il y a des tests pour les pays hors Europe, hors Union européenne.

15:42
Valérie Pécresse

Absolument. Aujourd'hui, si vous revenez du Maroc ou du Liban, vous devez vous faire tester. Si vous êtes Français, vous allez en Espagne, en Italie, en Autriche, vous devez vous faire tester. Et à l'inverse, si vous arrivez en France, vous n'avez pas à vous faire tester. Je demande ce test Covid.

15:59
Invité

Vous pouvez le faire, mais il n'est pas obligatoire.

16:01
Valérie Pécresse

C'est possible. Qui est-ce qui fait un test pour le plaisir de faire un test ? Non, il faut qu'à la montée de l'avion, d'où que vous veniez, vous présentiez un test Covid négatif. Parce qu'on a quand même des mouvements de population. Et on sait qu'en Ile-de-France, l'été dernier, c'est beaucoup les brassages de population, c'est beaucoup les retours en Ile-de-France qui ont ramené le virus.

16:22
Présentateur

Et on sait notamment que les arrivées à Orly avaient provoqué une incompréhension dans les chiffres de l'épidémie au début.

16:26
Valérie Pécresse

Et vous savez qu'à Nice, c'est les transferts entre Monaco et Nice, qui sont source de contamination, parce qu'à Monaco, les restaurants sont ouverts. Dans beaucoup de pays européens, tous les restaurants sont ouverts. Donc c'est quand même la double peine, vous voyez, on ferme.

16:39
Présentateur

Pour tout le monde avant d'arriver en France.

16:40
Valérie Pécresse

Non, mais on ferme nos restaurants. Les restaurants sont ouverts dans les pays voisins. Enfin franchement, voilà, deux points de mesure.

16:46
Présentateur

Monaco ne fait pas partie de l'Europe, c'est difficile de leur imposer...

16:48
Valérie Pécresse

Ah, dans l'espace Schengen, je parle.

16:50
Présentateur

Oui, d'accord. Valérie Pécresse, vous restez avec nous, quelques minutes encore. On va parler de l'éducation dans quelques instants. La France a fait le choix de rouvrir l'ensemble de ses écoles. Ce n'est pas le choix qui est fait partout en Europe. C'est une question qui divise l'encan. On va vous demander ce que vous en pensez. Juste après, le fil info à 9h moins 10 avec Mélanie Delaunay.

17:07
Invité

Washington sous couvre-feu jusqu'au petit matin. Le Congrès américain a pu reprendre la certification des résultats de l'élection présidentielle. Après quatre heures d'interruption due à l'intrusion au sein du Capitole de partisans de Donald Trump, ils étaient venus manifester à l'appel du président sortant dans la capitale américaine et certains ont pénétré de force dans le Congrès. Les élus évacués en plein chaos. Des manifestants drapeaux à la main qui prennent la pause à la tribune du Sénat. Une militante a été abattue par la police. Plusieurs anciens présidents américains s'en sont pris à Donald Trump.

C'est une honte mais pas une surprise, réagit Barack Obama quand Bill Clinton accuse le président sortant d'avoir allumé la mèche. 25 000 nouvelles contaminations par le Covid enregistrées hier en France. Le président du conseil scientifique pense qu'il faudra peut-être discuter de mesures plus lourdes en milieu de semaine prochaine. En attendant, Jean Castex prend la parole à 18h ce soir pour préciser en particulier les modalités de la vaccination contre le Covid. Plus d'un million d'Européens ont désormais reçu une dose de vaccin danois, allemands et italiens en tête, alors que l'Europe autorise un second vaccin, celui développé par l'américain Moderna.

Première livraison attendue la semaine prochaine. France Info.

18:22
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brachia, Marc Fauvel.

18:26
Invité

Toujours avec la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, le Royaume-Uni, l'Italie, la Grèce, les Pays-Bas et l'Allemagne ont fait le choix de décaler la rentrée scolaire en raison de la situation épidémique. Et la crainte d'une aggravation après les fêtes de fin d'année, vous parliez de cette fameuse troisième vague. Est-ce qu'on a eu tort de maintenir, nous, la rentrée scolaire dans les temps ?

18:44
Valérie Pécresse

C'est une question qu'on aurait pu se poser, effectivement, à Noël. Pourquoi ? Pour la raison que je vous ai dite. C'est-à-dire qu'il y a un effet fait, relâchement, on voit du monde, on part en vacances, on revient, il faut se faire tester, s'isoler si on est contaminé, pour éviter un reconfinement et une reflambée de l'épidémie. Donc on aurait dû se poser cette question, maintenant c'est trop tard, la rentrée a eu lieu. C'est pour ça que nous organisons aujourd'hui ces barnum de tests massifs dans la région Île-de-France et que j'appelle les franciliens à aller se faire tester.

19:16
Présentateur

Dans deux semaines exactement, les lycéens, tous les lycéens de France sont censés revenir à 100% de présentiel. On sait que depuis plusieurs semaines, on a organisé des demi-groupes, la plupart des lycées le font aujourd'hui ou alors on vient un certain jour et on ne vient pas d'autres. Est-ce que vous imaginez tous les lycéens revenir en cours, effectivement, le 20 janvier ?

19:34
Valérie Pécresse

En Île-de-France, c'est infaisable. En Île-de-France, c'est infaisable compte tenu, je le dis, du redémarrage de l'épidémie dans la région et du fait que dans plus de la moitié des lycées, le vrai problème dans les lycées, c'est quoi ? C'est la cantine. C'est la cantine. Dans plus de la moitié des lycées d'Île-de-France, on n'a pas une jauge suffisante pour avoir les 100% d'élèves dans une cantine et la distance nécessaire pour le Covid. Comme on est en plein hiver, qu'il fait froid, on ne va pas aller faire déjeuner sous le préau. Donc le sujet aujourd'hui, pour nous, le goulet d'étranglement, c'est les cantines.

J'ai prévenu évidemment l'éducation nationale de cette question depuis septembre et c'est pour ça que nous avons organisé ce qu'on appelle de l'hybride présentiel-distantiel. La région a pris sa responsabilité. On a distribué 410 000 ordinateurs et tablettes numériques à tous les lycéens et leurs professeurs de façon à ce que ça puisse se passer correctement. Et on va continuer cette rentrée puisque j'attends encore 70 000 ordinateurs pour tous les lycéens, notamment post-bac, vous savez, les BTS, les classes prépa, pour tous les lycéens boursiers qui auraient des difficultés à avoir des ordinateurs.

20:37
Présentateur

Et donc hors de question de remettre tous les lycéens en présentiel, comme on dit avec cette très belle expression depuis un an à partir du 20 janvier.

20:44
Valérie Pécresse

Si les informations sanitaires dont je dispose sont vraies, c'est-à-dire que nous allons faire face à une troisième vague extrêmement puissante contre laquelle il faut qu'on se prémunisse, il est évident. Et puis par ailleurs que la contamination se fait aussi dans les établissements scolaires. Si ces informations sont confirmées, il n'est pas question qu'on change l'équilibre qui a été trouvé.

21:04
Présentateur

D'après les informations dont je dispose, dites-vous, Valérie Péricas, et des chiffres que vous avez que nous n'avons pas sur la situation de l'épidémie en Ile-de-France qui vous font craindre, par exemple, ce soir, que le couvre-feu soit durci ?

21:15
Valérie Pécresse

Les informations sanitaires dont je dispose, mais qui sont celles fragmentaires qu'on me donne, montrent effectivement un redémarrage de l'épidémie depuis le début de la semaine en Ile-de-France. C'est pour ça que j'appelle très solennellement...

21:28
Présentateur

Un niveau semblable à la situation qui avait précédé le confinement, le dernier confinement ?

21:32
Valérie Pécresse

Pas encore, mais avec, comment dire, une tendance qui est mauvaise. Et la tendance, la courbe, on doit l'incurver immédiatement. C'est pour ça que j'appelle les Franciliens à réagir et à surtout pas se dire, parce qu'on a eu une communication très optimiste avant les vacances. On a eu le sentiment que comme le vaccin arrivait... Un peu moins ces derniers jours, hein. Oui, mais quand on a eu le sentiment que comme le vaccin arrivait, à partir de janvier, les problèmes étaient résolus. Non, il y a un hiver, un hiver à traverser. Cet hiver, il faut qu'on le traverse dans les meilleures conditions, parce que derrière, évidemment, la crise sanitaire, il y a la montée de la pauvreté.

Il y a des emplois, il y a des entreprises qui sont au bord de la faillite. Et donc, cette pauvreté, c'est la vague invisible, qui est d'ailleurs très cruelle et très injuste. Et si on ne veut pas qu'à côté de la crise sanitaire, il y ait aussi une crise économique, c'est-à-dire un troisième confinement, eh bien, il faut qu'on prenne nos précautions dès maintenant.

22:25
Invité

Justement, pour éviter le reconfinement, est-ce que vous demandez, avant la prise de parole du Premier ministre, un couvre-feu à rabaisser à 18h, comme ça va être le cas dans d'autres départements ce soir ?

22:35
Valérie Pécresse

Moi, je n'ai pas les informations qui me permettent de savoir si ce couvre-feu serait bénéfique. Ce que je sais, c'est que les Français, les Franciliens, doivent se protéger, protéger leurs proches, protéger leur entourage. Et ça dépend aussi un peu de nous. Il ne faut pas tout attendre non plus de l'État. Il n'y a pas seulement les interdictions légales, il y a aussi notre comportement, notre responsabilité.

22:55
Présentateur

On a vu Valérie Pécresse, des médecins, se faire vacciner en public ces derniers jours, des artistes également ce matin, lance dans les colonnes du quotidien aujourd'hui, le Parisien aujourd'hui en France, un appel à se faire vacciner. Est-ce que vous vous ferez vacciner ? J'ai une petite idée de la réponse, vu ce que vous nous avez dit depuis tout à l'heure. Mais est-ce que vous le ferez en public ?

23:11
Valérie Pécresse

Mais ce que je crois, et c'est ma conception de la politique, c'est que le chef doit toujours donner l'exemple. Donc je considère que les politiques doivent se faire vacciner. Elles doivent se faire vacciner pour montrer l'inocuité du vaccin, pour redonner confiance, et ils doivent se faire vacciner publiquement.

23:27
Présentateur

Le problème, c'est que s'ils ne se font pas vacciner, on leur dit que vous avez peur, et s'ils le font, aujourd'hui, on leur dit que vous passez avant tout le monde.

23:32
Invité

C'est ce que disait le gouvernement, pour justifier qu'ils ne le fassent pas aujourd'hui.

23:37
Valérie Pécresse

Oui, mais alors je vais peut-être vous le dire de manière humoristique, si l'humour a sa place dans l'histoire, mais vous savez, rien de tel que d'avoir envie d'être vacciné, que de voir les hommes politiques se faire vacciner. Vous pensez que ça va donner envie ? Bien sûr, si les hommes politiques se font vacciner, c'est donc que c'est enviable de se faire vacciner, c'est donc qu'il faut se faire vacciner.

24:04
Présentateur

Et donc le premier des Français, en tout cas le chef de l'État, doit le faire aussi ?

24:08
Valérie Pécresse

Le chef de l'État, il a été malade, donc il ne va pas se refaire vacciner. Non, le Premier ministre, à mon sens, devrait se faire vacciner devant les caméras pour prouver l'inocuité du vaccin, et pour prouver surtout... Mais je veux aussi dire autre chose. Pardon, c'est son devoir. C'est son devoir. Un Premier ministre est indispensable au pays, tout autant qu'un soignant. Donc quand vous dites que ce n'est pas la priorité de vacciner le Premier ministre, si, c'est une priorité de vacciner tous ceux qui ont un rôle...

24:31
Présentateur

Il n'est pas en tout cas dans les priorités qui ont été fixées par la Haute Autorité de Santé. Il n'est pas, à ma connaissance, âgé de plus de 75 ans, il n'a pas, je ne connais pas son bulletin santé par cœur. On vaccine les soignants de plus de 50 ans. Il n'est pas soignant, il n'est pas personnel en EHPAD, et il n'est pas résident en EHPAD.

24:43
Valérie Pécresse

On vaccine les soignants de plus de 50 ans, pour moi... Alors, c'est peut-être... Premier ministre, c'est un peu être soignant. C'est peut-être l'ancien monde, mais un Premier ministre est aussi indispensable qu'un médecin aujourd'hui pour faire face à cette crise.

24:54
Présentateur

Merci beaucoup Valérie Pécresse. Bonne journée à vous.