"Les familles de délinquants, on les expulse des HLM", affirme Sabrina Agresti-Roubache
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Vous êtes candidate, de fait, forcément, candidate aux législatives dans le bouche du Rhône. Mais c'est d'abord à la secrétaire d'État à la Ville, ministre de la Ville, que je parle ce matin. Alors je ne sais pas si on doit dire ex-ministre, ministre toujours.
Vous l'êtes, de fait, comme Bruno Le Maire hier, ministre de l'Économie. Vous l'êtes jusqu'au bout, même si évidemment, on le comprend bien, vous êtes en suspens. « Foutez-nous la paix ». « Foutez-nous la paix », c'est un député de chez vous, il disait ce matin à 6h10.
C'est M. Ramos, qui est député de la majorité, député du Loiret, qui dit « Fichez-nous la paix, laissez-nous faire campagne ». Et il le dit à Emmanuel Macron et il le dit au ministre.
Est-ce que ce n'est pas une erreur, de la part d'Emmanuel Macron, de redescendre dans l'arène et de vouloir lui-même, en vrai, mener cette campagne avec la conférence de presse à 11h ? Alors, plusieurs choses. Faire campagne, chacun dans sa circonscription.
Et moi, la première, tout le monde fera campagne sur son nom, évidemment, puisque c'est les premières élections où on vous dit « Vous faites campagne sur votre nom ». Ça, c'est la première chose. L'autre chose, il me semble bien que c'est bien le président de la République qui a pris la décision de dissoudre.
C'est un acte de courage. Il fallait le faire à ce moment-là. Personne ne s'y attendait.
Vous voyez bien la sidération et la surprise. Vous-même, vous faisiez partie des sidérés, il faut quand même être honnête. Pas des sidérés, non.
Quand vous connaissez le président de la République un petit peu, et quand vous voyez les combats, j'ai mené deux combats, trois, même, puisqu'on a fait 2017, on fait 2022, je mène le combat des législatives en 2022. Non, ce n'était pas surprenant quand on connaît Emmanuel Macron. Et la réalité, c'est qu'il a voulu envoyer un message, et ce message, moi, je l'ai compris.
Mais les Français l'ont compris, parce que moi, je ne parle pas aux politiques, je ne parle pas aux députés, je ne parle pas non plus aux ministres. Je vais parler aux Marseilles, mais on va parler aux Français. C'est de dire, vous nous avez mis devant nos responsabilités aux Européennes, le 9 juin, on vous remet devant vos responsabilités le 30 juin et le 7 juillet.
Et il va falloir en parler de clarification. Moi, je parle plutôt de clarification, ce que fera le président de la République tout à l'heure. Et il avait dit le soir du 9 juin, je veux que les Français s'expriment sur ce qu'ils veulent.
C'est l'heure de vérité. Regardez Éric Ciotti. Non, mais ça a permis une clarification.
Éric Ciotti, qui depuis des années faisait du pied au Rassemblement National...
Oui, au fond, c'est tout clair. Non, mais c'est d'une logique implacable. Et aussi, si vous me permettez, par rapport aux élections qui arrivent, et par rapport à la parole du président de la République.
Le président de la République est toujours président de la République, et il a l'obligation, on va dire, politique, morale, d'impulser des choses. Pourquoi il ne pourrait pas s'exprimer, ou au nom de quoi ? Au nom d'une chose, c'est que ça fait quand même 7 ans qu'il est au pouvoir, et que ça fait 7 ans qu'il dit, votre vote m'oblige.
Qu'a-t-il fait de ces 7 ans ? Et je vous pose la question à vous, Sabrina Agresti-Rouba, je vous êtes en première ligne à Marseille. Sur le terrain de tous les jours.
On sait qu'elle concentre aussi un certain nombre des problématiques qui ont vraisemblablement, quand on en croit les analyses, a posteriori, la plupart des sondeurs de personnalités comme Jérôme Fourquet, comme Christophe Guilloui, qui disent, au fond, pourquoi est-ce que les gens ont été votés RN ? C'est sur des questions de pouvoir d'achat, mais c'est aussi sur des questions de sécurité, de violence, de services publics. Vous étiez la première à dire que les services publics ne fonctionnent plus.
Qu'avez-vous fait ? Merci de me poser, en fait, la vraie question. Qu'avons-nous fait ?
Si on regarde, puisque vous me permettez de parler de Marseille, Je parle de Marseille. Quand on fait le plan Marseille-en-Grand, il me semble bien que c'est de l'argent. En tant que ministre, vous avez dans votre portefeuille...
Non, j'ai toujours la charge du Marseille-en-Grand. J'ai toujours la charge du Marseille-en-Grand. C'est un milliard pour les écoles, pour le bâti scolaire.
Vous savez ce qu'ils nous disent en Seine-Saint-Denis ? Ils nous disent, nous aussi, on aurait aimé avoir un milliard pour notre bâti scolaire. Donc, c'est sonnant et trébuchant.
Quand on augmente les effectifs de police, avec Gérald Darmaneux, de 450 policiers en plus pour Marseille, quand on met trois compagnies de CRS, quand on met une compagnie de CRS 8, c'est sonnant et trébuchant. Et je dis quoi ? Au-delà du sentiment, justement, les gens ont besoin de plus de sécurité.
J'ai été la première à en parler. Quand on me reprochait des mots trop durs face à la délinquance. Je porte la prévention de la délinquance.
On fait des choses très concrètes. Je signe une circulaire dès ma nomination. Ça date du 31 août 2023.
Où je dis, il faut aider les petites associations à financer les petites associations en bas d'immeuble. C'est sonnant et trébuchant. C'est concret.
Nous n'avons pas cessé, et je n'ai pas cessé, de faire des choses concrètes de la vie de tous les jours. Moi, le week-end, vous savez, j'étais à Herbel, à la Castellane. J'étais au milieu des gens.
Je sais que vous me connaissez un petit peu, que vous suivez ce que je fais. Je suis au milieu des gens. Et quand on a besoin de moi pour trouver un logement, pour trouver une école, pour trouver une place à MDPH, on le fait.
C'est la politique du quotidien. Rappelez-vous, j'avais dit...
Sabrina, c'est tout le problème. Quand on a besoin de moi, pour trouver un logement, un truc...
Mais il y a des élus locaux. Il y a quelque chose qui s'appelle élus locaux aussi. Excusez-moi, mais moi, je ne peux pas tout être en même temps.
On se retrouve aujourd'hui, dans une France, où on a l'impression qu'il faut, pour trouver un médecin, pour trouver un rendez-vous médical, devoir...
Des décisions de long cours. Apolline de Malherme, les politiques publiques sont des politiques de long cours, de longue haleine. On ne peut pas former des médecins en deux ans.
Vous le savez, est-ce que le numerus clausus, on peut l'attribuer ? Est-ce qu'on peut au moins attribuer ça au président de la République ? Est-ce qu'on peut au moins nous attribuer ? 2017, moi, je viens d'un quartier où on a connu le chômage de masse.
Mon père l'a connu. Nous sommes à deux points du plein emploi. Deux millions d'emplois en sept ans et une baisse du chômage considérable.
Mais oui, mais...
Sabrina, agression bâche, tout ça n'a visiblement pas convaincu les électeurs. Qu'est-ce que vous allez...
Comment vous pouvez changer les choses ? Qu'est-ce que vous pouvez dire différents pour réussir à le chômage ? Je l'avais écrit et je l'assume.
Je l'ai écrit en 2021 dans mon premier livre. Les électeurs du RN ne sont pas nos ennemis. Où j'expliquais que dans l'électorat, il fallait parler à cet électorat-là.
Vous leur parlez comment ? Allez-y. Moi, je leur parle en disant que...
Il y a plus de 30%...
Le vote, le vote extrême-droite et gauche-extrême ne peut pas être la solution. Le chaos et la haine ne peuvent pas être la solution. Je propose, mais simple.
Vous avez...
On parle d'insécurité. Il faut oser aller sur ces sujets-là. Et de dire...
Moi, je l'avais assumé dix fois. Quant aux habitants des quartiers prioritaires, puisque je porte les politiques de la ville et on va peut-être essayer de me parler de mon portefeuille. C'est de dire...
Les familles de délinquants qui sèment la pagaille et qui terrorisent les gens, on les expulse des HLM. Vous vous rappelez de la polémique que ça avait créée ? Moi, j'assume.
Parce que moi, je viens de ces quartiers-là et je sais ce que c'est de vivre à côté d'une famille de voyous. Je le sais. Et j'invite à tous ceux qui nous tirent dessus.
Et justement, c'est comme ça que vous faites monter les extrêmes. Les extrêmes. Que ce soit à l'extrême gauche ou à l'extrême droite, vous les faites monter parce que vous n'écoutez pas les Français et qu'on a toujours peur de son ombre.
Je n'ai jamais eu peur de mon ombre. Je sais d'où je viens. Je sais exactement comment ça se passe.
Je le disais. Moi, je suis une fille de la rue. J'ai toujours été dehors.
Mais il faut savoir dire aussi quand on fait le quoi qu'il en coûte. Et là, je reviens sur le quoi qu'il en coûte. Il me semble bien que nous sommes le seul pays à l'avoir fait.
J'invite tout le monde à aller regarder ce qui s'est passé dans tous les pays qui ne l'ont pas fait. J'ai envie de vous dire, Sabrina, dire ce qu'on a fait que ce qu'on a fait n'a pas suffi pour vous. Il faut peut-être dire ce que vous ferez et que vous n'aviez pas fait.
Non. Il faut évidemment aller plus loin. Et donc, en première mesure, vous dites expulser les familles de délacant.
Par exemple, entendre les gens sur leur ras-le-bol. Regardez le nombre d'auditeurs qui vous appellent et qui vous écrivent. On a vu des tas de cas.
Et est-ce qu'on a réglé les problèmes ? Oui. L'école dont on avait parlé, vous vous rappelez, dans le 15e, on a réglé le problème.
L'école qui était au milieu des tours et les enfants qui recevaient les détritus, voire des médicaments. Je m'en suis occupée. Bien sûr que oui.
On a envoyé des effectifs de police. Les familles, donc les gens qui jetaient des détritus sur l'école ont été mis en garde à vue. Enfin, ça...
On a mis en garde à vue, mais ensuite, qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Ça s'est arrêté.
Ben, ça s'est arrêté. La réalité, c'est que...
On y retournera. On y retournera. On avait été avec nos reporters au cœur de Marseille.
Vous viendrez avec moi à Marseille. Je pars justement tout à l'heure. Donc, qu'est-ce qu'on a mal fait ?
Moi, j'aimerais aussi parler de ce qu'on a fait et de dire que ce vote de colère, le président l'a entendu. La dissolution est la conséquence de ce vote de colère. Et on entendra d'ailleurs le président...
Et c'est un acte courageux. Qui le dira lui-même tout à l'heure puisqu'il tient cette conférence de presse à 11h. Merci, Sabrina.
Sabrina, agressie Roubache. Vous partez donc à Marseille tout à l'heure et vous êtes ministre, secrétaire d'État à la Ville.
Sabrina Agresti Roubache