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interviewSud Radio (sur YouTube)· 13 mai 2026 12 min

La France doit-elle encore aider l'Afrique ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La France [musique] dans tous ses états, le fait du jour. La France va donc investir 14 milliards d'euros en Afrique dans le cadre d'un plan global de 23 milliards dévoilé à Nairobi par Emmanuel Macron et le président du Kenya, une nouvelle étape dans les relations économiques entre l'Europe et l'Afrique davantage tourné vers les investissements publics et privés que vers l'aide au développement mais de quoi parle-t-on exactement et est-ce vraiment ? On en parle avec l'ancien rédacteur en chef de Radio France Internationale aujourd'hui chroniqueur de la bande à Carli sur Global Africa Télé Sud Norbert Navarro, bonjour.

Bonjour Norbert Navarro, merci d'être en direct et en studio aujourd'hui avec nous sur Sud Radio pour ce sujet qui a été un mis un peu mis de côté vu l'actualité internationale et puis les angoisses à l'intérieur du pays ce qu'on appelle la France-Afrique si je comprends bien Jacques Focart [raclement de gorge] se retournerait dans sa tombe qui était monsieur Afrique du général de Gaulle qui a incarné alors avec des méthodes quelques fois un peu contestable mais enfin on était présent, on était présent en Afrique, on était respecté, écouté quelques fois intervenait même un petit peu trop dans la vie de certains pays mais finalement ça se passait pas si mal par rapport à ce qui peut se passer avec la Chine ou avec ou avec avec la Russie. Norbert Navarro, vous êtes ancien rédacteur en chef de Radio France Internationale que j'ai beaucoup écouté parce que j'avais des amis anti-franquistes et c'était la radio qui donnait les nouvelles de l'Espagne qui se battait contre le franquisme au Pays Basque et vous êtes aujourd'hui sur Global Africa Télé Sud la bande à Carli voilà où où vous continuez à donner ces ces informations à à sévir voilà mais un bon journaliste doit sévir c'est voilà. Norbert Navarro alors on a vu les opérations Arcanes, on a vu la France au Mali, en Côte d'Ivoire avec quelques fois début de succès ensuite patatras la catastrophe, on est lâché, conspué, jeté, montré du doigt.

Qu'est-ce qui s'est passé euh si rapidement pour que l'image de la de la France se soit aussi rapidement euh dégradée en ? Bon ben moi je euh euh je je pense que l'une [raclement de gorge] des raisons, c'est au départ un mensonge d'État. Nous sommes en janvier 2013 et le président de l'époque, François Hollande, qui vient d'être élu un an avant, lance l'opération Serval, qui va devenir ensuite l'opération Barkhane.

Et euh il dit aux Français euh euh les djihadistes allaient s'emparer de Bamako. C'est selon moi un mensonge et un mensonge d'État. Oui, parce que euh euh si les pieds dans le plat là, parce que je sais qu'il y a eu un doute, une polémique sur la pertinence de cette intervention.

Vous dites que c'était pas vrai, qu'il y avait pas de menace sur Bamako immédiate en tout cas. Ah non non non, c'était euh ça je le dis, je l'affirme euh et euh ? Tout simplement parce que les djihadistes n'avaient aucun intérêt à prendre une capitale euh qui qui leur est hostile.

Et difficile à tenir pour euh Oui, impossible à tenir, impossible à tenir sur le long terme. Et deuxièmement, parce que les djihadistes avaient un autre but de guerre lorsqu'ils sont passés à l'offensive et qu'ils ont été arrêtés par par les parachutistes français, c'était la piste de l'aérodrome de Sévaré. Alors là, oui, euh ça ils la voulaient et leur leur ambition était probablement de couper le Mali en deux et de créer un État dans le nord du Mali avec des alliés de fait qui aujourd'hui sont complètement dévoilés, c'est-à-dire les Touaregs.

Euh puisque euh on récemment, vous avez vu qu'il y a eu une une une vaste offensive sur le Mali. Alors ils demanderaient des contreparties les Touaregs en disant "On veut bien on veut bien adhérer, mais euh vous nous préservez dans vous nous obligez pas à rentrer dans une charia rigoureuse, sinon on continuera à à revendiquer une une identité territoriale." Je pense que la polémique elle est là entre le entre En tout cas, au moment où nous parlons, ça y est, ils ont de nouveau récupéré Kidal en attendant la suite.

Mais euh voilà, ça c'est ce qu'ils voulaient. Et et euh et tout à l'heure vous commenciez mon cher confrère à dire que la Françafrique euh vous parliez de la Françafrique au passé. Jacques Foccart.

Vous vous en parliez au passé. Mais pourquoi en parler au ? Pourquoi ne pas en parler au ?

Alors est-ce qu'elle est encore ? Est-ce qu'elle est encore Non d'abord attendez Norbert on finit. Quelles sont les vraies ?

Quelles sont les vraies ? Les vrais motifs euh de l'intervention au Mali vous dites que c'est un mensonge sur Bamako. Pourquoi le François Hollande a tenu à y ?

Il était euh j'allais dire incité par d'autres puissances où il y avait des intérêts sous-jacents et cachés. Non non non il y avait il y avait une menace une menace djihadiste simple, claire et nette. C'était évident.

Mais de là à intervenir militairement, il fallait le justifier aux yeux des Français et on leur a raconté un gros bobard. Bamako euh les djihadistes euh ne l'auraient certainement pas prise. était l'intérêt d'y aller de cette ?

À quoi ? Pourquoi faire Serval tout de suite là et en débarquant alors que vous nous expliquez que ça aurait mérité un peu plus de réflexion. Non mais c'est il y il y avait il y avait un vrai danger de toute façon. c'est clair mais Bamako n'était pas menacée.

Non c'est ça le bobard. Pourquoi avoir ? Pourquoi avoir menti pour justifier aux yeux des Français une telle ?

Une opération lourde qui était voulue par l'état-major de l'armée française. Ni plus ni moins. Mais tout a commencé sous la présidence la pré- la présidence précédente, c'est-à-dire celle de Sarkozy et l'intervention en Libye.

L'intervention en Libye qui a ouvert les les arsenaux et qui a permis à aux djihadistes de de Voilà, c'est c'est la catastrophe initiale. Serval s'est fait avec le soutien logistique des Américains. Je crois comprendre que la France n'a plus aujourd'hui l'autonomie ou l'indépendance stratégique pour pouvoir intervenir seule dans ce dans ce genre d'opération et qu'il a fallu un soutien logistique américain.

Oui bien sûr mais elle ne l'a Mais ça s'est soldé par un un échec lorsque ensuite on a transformé Serval en Barkhane euh avec quelques milliers de soldats français qui avaient qui devaient sécuriser une une région plus vaste que l'Europe. Comment voulez-vous ? Bien entendu.

Aujourd'hui, ce sont les Russes qui ont remplacé les Français avec l'Africa Corps et ils y réussissent pas davantage. Mais là où c'est grave, c'est que on a appris, en l'occurrence, c'est notre confrère Georges Malbrunot du Figaro qui nous l'a révélé. On a appris que l'opération coordonnée menée par les djihadistes contre le Mali et qui moi m'a rappelé une autre opération en 2002, celle des rebelles qui avaient attaqué la Côte d'Ivoire avec plusieurs foyers en même temps, et bien cette opération, elle a été coordonnée par des supplétifs ukrainiens francophones qui ont aidé ces gens-là avec l'assentiment, dit Malbrunot, et je pense que c'est une bonne source, de des services secrets français.

Autrement dit, on a aidé une opération qui a servi les djihadistes. Qui avait intérêt, Norbert Navarro, à l'état-major français à à pousser dans les deux cas, que ce soit Serval ou ? Qui qui à l'état-major, vous dites des généraux, il y a des gens qui ont des intérêts pour qu'il y ait un conflit en ?

Ou ou ou ils ou ils répondent à d'autres intérêts qui sont plus stratégiques, plus plus ? L'intérêt, c'était d'essayer de reprendre le contrôle de trois pays qui nous ont qui ont défroqué. Qui nous avaient échappé.

Exactement, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Alors, en Côte d'Ivoire, Ouattara Bagbo, on dégage Bagbo parce que finalement il est pas voilà, il est pas assez il est pas assez loyal, il est pas assez Pas du tout, c'est on on dégage Bagbo parce que on veut placer Ouattara et on on c'est Nicolas Sarkozy. Voilà, là là c'est carrément la volonté du président de la République.

Mais attendez, mais on on parle de l'actualité. Hollande aurait fait la même chose ou il était plutôt pro pro ? Là c'est Non non non, Hollande n'était pas pro Bagbo, Hollande a tout fait également pour affaiblir Gbagbo et ça je pourrais le détailler très facilement.

Mais euh on parle également d'actualité puisque au moment où nous parlons hier soir Alassane Ouattara, président de la République de Côte d'Ivoire est arrivé à Nice. Il est dans le sud de la France pour des raisons médicales mais il faut pas qu'on en parle. Oui, bien sûr.

Mais il est attendu dans les heures qui viennent peut-être demain ou après-demain, je ne sais pas à Paris pour une visite privée Villa Montmorency chez des amis à lui qui s'appelle le couple Sarkozy-Bruni. Donc on garde des liens malgré tout un petit peu un petit peu obscur et un petit peu indirect. On a on a deux statues offertes par Blaise Compaoré Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, celui qui a tué de ses propres mains le capitaine Sankara qui a offert deux statues de 75000 euros à Dominique de Villepin qui ne se connaissait pas le prix qui s'en est débarrassé tout de suite.

Ça veut dire que malgré tout Foccart n'est plus là, la gloire de la Françafrique n'est plus ce qu'elle est mais on continue à essayer de tirer les ficelles. Quels sont les ? C'est de c'est financier, c'est c'est c'est géostratégique, c'est politique.

Les deux mon colonel, j'oserais dire ben bien sûr. La France ne serait pas ce qu'elle est sans la zone franc qui est une grosse partie de l'Afrique puisqu'il y a que jamais que 14 pays en Afrique qui sont qui sont dans cet espace et ça c'est effectivement vous parliez de Foccart, c'est le Franc CFA c'est Voilà. Donc c'est le l'héritage du Général de Gaulle qui perdure aujourd'hui parce que puis-je vous faire remarquer mon cher confrère que si j'ai dit il y a quelques minutes que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont ont rompu les amarres avec la France, quelle est la monnaie qui circule au moment où nous parlons au Burkina Faso, au Mali et au Niger, sinon le franc CFA.

Vous voyez que ils n'ont pas coupé tous les liens parce qu'ils ne peuvent pas couper tous les liens. Et donc le système mis en place par de Gaulle et Foccart juste avant les indépendances africaines, c'est un système qui qui perdure. La prochaine monnaie ça sera le dollar, voir le rouble, voir le yuan, mais voilà.

Alors non, pas du tout. On pense on pense créer enfin la France fait tout pour essayer de promouvoir un un un un faux né du franc CFA dans la région. Les pays les dirigeants africains de l'Ouest de l'Afrique de l'Ouest ont en tête de s'arrimer à un géant qui fait peur à la France qui est le Nigéria avec une monnaie qui qui s'adosserait sur c'est un projet un projet parallèle si vous voulez.

Bien sûr. S'adosserait sur sur l'économie nigériane qui est la première économie de de de cette zone et et la France ça n'en veut pour n'en veut pas évidemment tout pour pour éviter ce projet. Bokassa, Omar Bongo ne sont plus là ni Mobutu ni Léopold Sédar Senghor, mais je vois qu'on essaie encore de continuer à tirer les ficelles pour Mais vous voyez bien oui parce que c'est quand même incroyable.

Piteusement piteusement piteusement piteusement. Ah c'est c'est oui alors évidemment on essaie de se cacher mais bon pas pas de pot on a été pris la main dans le pot de confiture. Mal Bruno a bien fait de nous révéler cette information qui est hallucinante quoi.

Donc où est-ce qu'on va ? Donc Macron tient un discours mais sur le sur le terrain c'est une toute autre réalité malheureusement. Norbert merci d'avoir été là.

Vous viendrez nous raconter la suite. On rappellera ça sur Sud Radio Internationale avec plaisir et puis vous nous direz la suite du programme parce que je pense que cette affaire n'est pas terminée et qu'on aura encore de jolies choses à apprendre grâce à vous. Merci Norbert Navarro à très bientôt.

Hier Perico nous parlions des artistes et des acteurs qui ne devraient pas se mêler de politique et bien on va parler aujourd'hui d'un footballeur qui fait pareil et qui s'est pris un énorme tacle du de la part du président du Rassemblement National et de Marine Le Pen. C'est tout de suite sur Sud Radio.