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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 27 mai 2026 25 min

Nathalie Delattre : « L'électrique n'est pas un gros mot »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

– Nathalie Delade, vous êtes sénatrice et RDSE de la Gironde et vous présidez le parti radical. Vous êtes d'ailleurs la première femme à occuper cette fonction, à parler de l'électrification, puisque l'exécutif accélère sur l électrique après le plomb d'électrification présenté le mois dernier par Sébastien Lecornu. C'était au tour d'Emmanuel Macron de passer la seconde. 200 patrons et représentants du secteur.

Réunis hier à l'Elysée, une équipe de France de l'électrique pour sonner la mobilisation face à l'urgence d'une transition accrue par la guerre au Moyen-Orient qui montre les conséquences dans nos porte-monnaie de notre dépendance aux énergies fossiles. Nathalie Delattre, les hydrocarbures importés, ils représentent encore près de 60 % de l'énergie consommée en France. Est-ce que la crise au Moyen-Orient, elle nous fait toucher du doigt les conséquences concrètes de cette dépendance ?

Oui, tout à fait. En fait, ce plan est la suite des annonces de 2022 qui avaient déjà fait le président Emmanuel Macron. Nous voyons que cette électrification des usages est impérative compte tenu du changement climatique et puis de la problématique géopolitique que créent les différentes guerres.

L'Ukraine, on s'était déjà aperçus de notre dépendance et puis là le Moyen-Orient puisque 60 % de notre consommation se fait sur des énergies fossiles. Aujourd'hui nous avons quand même 27 % de production électrique via le nucléaire, donc une production complètement décarbonée. Il nous faut continuer à accentuer effectivement cette production électrique.

Et je crois que les annonces d'Emmanuel Macron d'hier viennent compenser un plan pluriannuel de l'énergie qui s'est fait attendre et qui est quelque peu timide par rapport à ces annonces alors que nous avons besoin d'accélérer. Alors sur cette électrification, mais moi j'insiste aussi et je crois que le débat du Sénat l'a fait hier a rappelé aussi la nécessité d'avoir un bouquet énergétique, c'est-à-dire que nous devons miser sur l'électricité mais aussi sur les renouvelables. Et puis le gaz n'est pas un gros mot, nous produisons aujourd'hui 3 % de gaz « Vert, il faut continuer ». – Parce qu'aujourd'hui, ce sont les Français qui payent l'addition, qui voient les conséquences dans leur pote-monnaie de cette transition tardive. – Mais vous savez, de toute manière, ce sont toujours les Français qui payent.

Parce que nous avons un modèle de solidarité, de prélèvements. Les services que nous avons, au final, ce sont les Français qui les payent. Donc bien évidemment que cela compte pour le pouvoir d'achat.

Cela compte sur le fait que demain, nous devons ne plus dépendre d'autres pays. Nous savons faire, nous avons un savoir-faire français et nous devons...

Est-ce que c'est aussi un gaz de souveraineté ? Aujourd'hui, l'électrification de nos visages, c'est un gaz de souveraineté. Bien sûr, souveraineté énergétique et très liée aussi à la souveraineté numérique.

Le Président parlait de l'investissement que nous devons faire demain sur le quantique, donc ce sont des gros data centers qui sont derrière, donc nous avons cette en jeu de la réindustrialisation des emplois. C'est vrai que ces emplois, les annonces des entreprises hier, consolidées, vont faire que 12 000 emplois vont être créés par ans et 3 000 au niveau des apprentis. Donc on voit bien les enjeux de cette électrification des usages.

Dans ce contexte, justement, on en parlait de tensions sur les prix de l'énergie. Emmanuel Macron a donc réuni hier l'équipe de France de l'électricité industrielle énergéticien. C'est pas facile à dire.

C'est dur à dire ça, pour accélérer l'électrification de l'économie civile. Effectivement, avec une ambition, Orianne convainque les Français qu'il faut de sortir du pétrole et du gaz. À l'Elysée, il y avait du monde, effectivement, l'équipe de France de l'électrification, pour reprendre les termes du chef de l'État.

Il y avait EDF, Stellantis, mais aussi des fabricants de bornes électriques et des Les artisans chauffagistes de quartier, tous sont venus écouter Emmanuel Macron, remotiver les troupes. Écoutez, c'est vous qui portez les solutions. Ce sont les Français qui choisiront.

Et donc, je crois à cet égard qu'il faut leur faire confiance, mettre en capacité d'avoir cette mobilisation collective sur les usages et rendre le passage à l'électrique en quelque sorte naturel et désirable. Nathalie Delattre, on l'a entendu, il n'a l'appel à la mobilisation. Il y a besoin de donner envie d'électricité aux Français ?

C'est vécu comme une contrainte aujourd'hui, le passage à l'électrique ? Nous avons des habitudes. Regardez, quand nous parlons des bâtiments, du tertiaire par exemple, la moitié appartiennent aux collectivités locales et territoriales, les mairies, les écoles, les salles des fêtes.

Eh bien, nous avons là aussi énormément de bâtiments qui sont encore chauffés de manière fossile. Et nous devons effectivement aider ces collectivités. 62 % des bâtiments sont encore chauffés avec des énergies fossiles.

Donc nous devons accompagner ces collectivités territoriales pour passer à l'électrique. Mais pour ça, il faut aussi un plan de rénovation énergétique, de rénovation thermique. C'est-à-dire que mettre une pompe à chaleur dans un bâtiment qui n'est pas isolé, n'a pas de sens que ça soit un bâtiment public ou des particuliers.

Donc nous devons avoir et persuadir que ces mesures sont nécessaires et les accompagner. Mais juste sur le côté « il faut que ce soit naturel et désirable pour les Français », c'est ce que dit le chef de l'État. Est-ce que le côté contrainte a ici aussi été renforcé par la décision de l'Union européenne d'interdire la vente de véhicules à moteur thermique à partir de 2030 ?

Est-ce que du coup les Français se sont dit « c'est une contrainte, on va devoir revoir nos habitudes » ? Ça n'a pas favorisé un passage fluide et l'envie d'électrique ? Je crois que c'est surtout le prix à la pompe qui favorise le prix enfin en tout cas le passage à l'électrique je crois qu'à un moment donné effectivement rappelez -vous les gilets jaunes étaient dans la rue parce que nous allions atteindre 1 ,60 euros aujourd'hui on n'est plus on le voit tous on est plus à 2 euros donc on voit bien la nécessité de cette électrification maintenant il faut aussi que elle apparaisse faciliter et quand on parle de leasing social les gens aujourd'hui sont encore effrayés c 'est à dire ça va me coûter combien ne savent pas quelles sont les conditions et je pense qu'il faut qu'on rende très accessible cette information par les maisons france service par exemple nous avons tout un réseau équipé parce que on parle effectivement on a beaucoup parlé dans le débat hier sénatorial du fait que cela soit une équité territoriale dans nos zones rurales effectivement nos zones urbaines et bien nous voyons que l'information est plus difficile à parvenir dans nos ruralités l'accompagnement est beaucoup plus difficile donc il faut que l'on mettre nos maisons france service au justement aux services des particuliers pour mieux appréhender ces changements pour mieux travailler sur cette révolution énergétique.

Alors Steve, pourquoi il y avait besoin de remobiliser ce secteur ? Effectivement parce qu'il y a urgence, parce que la transition patine, la voiture électrique ralentit en Europe, les Français hésitent à changer de chauffage, les prix de l'électricité inquiètent, en en clair, la transition écologique coûte cher, très cher et ça devient un sujet politique sensible. Hier, Emmanuel Macron voulait refaire de la pédagogie autour de son grand plan d'électrification présenté il y a un mois.

Objectif, faire passer la part de l'électricité dans la consommation d'énergie de 27 à 34 % d'ici 2030. Ça veut dire plus de voitures électriques, plus de pompes à chaleur et plus d'usines électrifiées, Yoriane. Alors concrètement, il y a eu des annonces ?

Oui, notamment sur l'automobile et les infrastructures. Stellantis par exemple va investir 1 milliard d'euros dans son usine de Mulhouse et Emmanuel Macron a surtout insisté sur les bornes de recharge. C'est l'une des Il y a des grandes angoisses des automobilistes.

Écoutez le chef de l'État. Les opérateurs de bornes de recharge ont donc un rôle essentiel à jouer. Ils se sont engagés à déployer 240 000 bornes, dont 60 000 points de charge rapides et ultra rapide.

Ces bornes et ces annonces viendront compléter les plus de 185 000 bornes déjà en service pour atteindre notre objectif de 400 000 points de recharge ouverts au public en 2030. Les annonces à la hauteur de l'enjeu, c'est un peu un exercice de com', tout ça ? De toute manière, il faut que ces annonces soient concrètes demain, et même très rapidement.

Donc je pense que les Français jugeront aux services qui seront disponibles sur le territoire. Ces bordes de recharge, elles sont indispensables. Évidemment que les Français ne veulent pas être contraints dans leur mobilité.

Mais vous avez vu le grand absent quand même de c'est le rail le ferroviaire le grand absent des discussions c'est aussi la mobilité du quotidien que nous devons interroger donc il y a effectivement ces bornes de recherche mais il ya aussi le développement ou la rénovation des lignes du quotidien à faire envers. – Mais juste sur les bornes, Emmanuel Macron, Steve l'a dit, il fixe un objectif de 400 000 points de recharge d'ici 2030. On est à moins de 200 000 aujourd'hui, ça vous paraît réaliste ? – Vous savez, ça peut l'être si les industriels font le nécessaire et si les collectivités, effectivement, sont accompagnées pour le faire.

Vous savez, je viens de vivre six ans sous une municipalité écologiste qui aurait réduits en la matière promotionnée, à Bordeaux, promotionnées les recherches électriques. Je n'en ai pas vu une seule installée pendant le mandat de 6 ans. Donc je sais qu'effectivement, avec Thomas Caznav, notre majorité à Bordeaux, nous allons avoir un plan ambitieux de développement des bornes de recherche.

Évidemment, il y a les annonces. Vous dites les collectivités, mais c'est quoi ? Les collectivités, c'est financier c'est qu'elle n'est pas encore en tête, l'électrification ce n'est pas dans les usages des élus ?

C'est quoi le problème ? Nous avons aujourd'hui des aides nous pouvons recourir à des aides sur les collectivités il y a le FACÉ, il y Je vous parlais tout à l'heure de la rénovation énergétique, nous avons un programme acté. Après ce sont des choix politiques bien évidemment et ces choix politiques ils doivent être répercutés sur l'ensemble du territoire.

Steve, sur les pompes à chaleur. Oui, effectivement. Non, je crois que vous voulez parler de Yannick Jadot.

Parce qu'il y avait effectivement ce débat organisé hier au Sénat, l'initiative du groupe LR et à cette occasion, l'écologiste Jadot a insisté sur notre retard en matière de renouvelables. Il a aussi fait une proposition au gouvernement en matière de voitures électriques. Évidemment, il faut passer à la voiture électrique 100 kilomètres avec une voiture thermique aujourd'hui, c'est 12-13 euros en moyenne.

Avec une voiture électrique, c'est 3 euros. Donc c'est intéressant évidemment pour le pouvoir d'achat. On attend aussi de transformer les flottes d'entreprises parce qu'on sait C'est que les flottes d'entreprises, c'est à la fois un marché important de débouchés pour nos groupes automobiles et c'est ce qui alimente le marché de l'occasion.

Et là aussi, c'est essentiel. J'aimerais vous...

Un peu une réponse sur cette question de l obligation pour les flottes d'entreprises d'acheter électrique. Vous êtes en faveur de cette obligation pour les entreprises d'acheter électrique, précisément ? Aujourd'hui, il y a des incitations fiscales.

Je suis une libérale solidariste certes mais je suis pour la liberté d'entreprise je crois que nous n'avons pas forcément besoin d'obligations nous avons besoin de bon sens aujourd'hui et ça je partage ce que Yannick que Jadot dit, c'est que nous avons de l'électricité décarbonée. Nous devons accentuer notre programme nucléaire et je suis bien placée pour le savoir puisque nous attendons une décision dans le Blaillet à Blaille en Gironde pour avoir une paire de PR2 parce que notre site est vieillissant et que ça fait partie des enjeux de demain. Mais nous devons aussi garder une part d'énergie renouvelable, c'est-à-dire que nous avons un bouquet énergétique, mais nous savons par exemple en comparaison avec l'Espagne qui a misé beaucoup sur le renouvelable qu'elle n'arrive pas effectivement à répondre à tous les usages.

Donc nous devons de front, avoir ce développement électrique décarboné par le nucléaire et continuer aussi la diversification des énergies. Ça a un peu manqué sur le nucléaire hier dans le discours d'Emmanuel Macron ? Parce que c'est un acquis, c'est ce qu'il a prononcé en 2022.

Donc ce programme continue, il y a des décisions qui sont importantes et qui vont être prises dans les mois qui viennent. La PPE l'a rappelé. La programmation pluriannuelle de l l'énergie.

Voilà, tout à fait. Et aujourd'hui, c'est vrai qu'il faut donner un coup de pouce sur l'explication, sur l'électrification des usages, à savoir, encore une fois, dans les bâtiments, mais aussi dans la mobilité qui pèsent lourd dans sa télé-filtration. Et je suis tout à fait d'accord, c'est qu'à côté de la flotte des particuliers, nous avons l'usage effectivement de ces utilitaires.

Mais ce qui a été absent du débat jusqu'à maintenant, c'est les enjeux des utilitaires à grosse capacité. On n'a pas parlé des avions, on n'a On n'a pas parlé des portes-containers. Voilà, donc là aussi, on sait qu'il pèse lourd dans notre consommation et dans le problème climatique.

Donc nous savons que l'électrification des usages ne sera pas suffisante, qu'il faut passer là sur des e-fuels. Donc c'est pour ça qu'il faut continuer à parler de l'ensemble de nos déplacements et des moyens d'y parvenir. Et notamment des énergies renouvelables puisque l'objectif c'est également de diversifier les énergies.

Notre reportage en région nous emmène dans un département pointe de renouvelables, c'est l'Allier. On regarde ce reportage de Clémentine Louise. Une immense botte de paille de 4 mètres de hauteur.

Ça c'est notre matière première, c'est de l'herbe ou c'est des culteurs intermédiaires qui sont à base de blé, d'orge, d'avoine, de seigle, donc à la La récolte, c'est une machine qui les coupe, une encileuse, exactement comme pour les animaux. Cette matière première est livrée par des agriculteurs du département, tous engagés dans une filière de méthanisation. Une fois qu'elle est posée, elle a introduit tout doucement dans ce qu'on appelle le digesteur, qui n'est plus né moins un estomac, un estomac de vache.

C'est une grosse fisse qui incorpore la matière à l'intérieur de l'estomac. Dans cette cuve, des milliards de bactéries digèrent la matière et libèrent du biogaz un mélange de méthane et de co2 donc sur cette partie là notre du gaz est épuré et ensuite contrôlé et mesurée par grdf compté par grdf avant d'être envoyés sur le réseau de distribution du gaz naturel. Un site de méthanisation comme celui-ci produit du gaz pour environ 2 000 à 3 000 habitants.

Dans l'Allier, près de 20 % des besoins en gaz sont couverts par des méthaniseurs. Ça amène les agriculteurs à avoir une source de revenus complémentaires, à s'organiser de plus en plus pour travailler ensemble. Et après c'est une vraie opportunité en matière de souveraineté énergétique si on le raisonne au niveau départemental puisque dans des départements assez agricoles comme les nôtres, le potentiel c'est largement la consommation du département.

Mais ce n'est pas le seul atout de l'allié en matière d'énergie. Le département représente aujourd'hui près d'un quart de la production d'électricité renouvelable de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette avance repose en grande partie sur le photovoltaïque.

L'Allier compte environ 10 000 producteurs. Alors pourquoi ça s'est développé dans l'Allier ? On a un prix de location des terrains qui par rapport à d'autres régions, est assez faible.

Il a fallu convaincre un peu quelques activités réticentes parce qu'on ne va pas transformer le département en champs photovoltaïques et on va utiliser moins de 1 % des surfaces. Résultat, c'est tout à fait acceptable. Mais à force de multiplier les les champs de panneaux photovoltaïques, les infrastructures commencent à atteindre leurs limites.

Les postes de transformation, indispensables pour injecter l'électricité sur le réseau national, se retrouvent saturés. Mais aucune mesure pérenne d d'investissements, de création de lignes et de postes, de transformations n'ont encore été évoqués. Comment vous réagissez à ce reportage, Nathalie ?

Parce qu'on le voit effectivement, l'allié, ça fait partie des départements en pointe, mais ce reportage, il montre aussi finalement les limites. Est-ce qu'aujourd'hui, le développement du renouvelable, il a atteint un certain plafond ? – Alors non, il n'a pas atteint son plafond.

Il faut simplement débloquer certaines situations. C'est-à-dire d'abord, je voudrais s saluer le reportage sur le biogaz, le méthaniseur, parce que je ne cesse de le dire. Le gaz n'est pas un gros mot.

Il peut être vert. Nous avons investi des millions, via l'ADEME notamment, sur le montage de ces méthaniseurs en ruralité, parce que nous avons des déchets et c'est le moyen de les valoriser. Donc c'est une chose qu'il faut continuer et injecter ce gaz dans notre réseau.

Ensuite, on le voit sur les panneaux photovoltaïques. Le problème est le raccordement, c'est-à-dire que jusqu'à maintenant, nous avons un tas de projets qui ne voient pas le jour et parce qu'ils sont les premiers à arriver sur la pile, eh bien ils bloquent les autres. Et c'est tout le sens de la loi que nous avons posée au RDSE, via mon collègue Michel Massé du Lot-et-Garonne, c'est premier prêt, premier servi.

Et donc nous devrions avoir des raccordements beaucoup plus massifs demain par cette règle du premier prêt, premier servi. Donc la loi va faire sa navette mais surtout cela permet de parler de cette problématique et nous voyons le président de la République évoquer avec Enedis, RTE, cette nécessaire ramification dans le territoire de raccordement et ça c'est une des préoccupations. Les trois préoccupations dans le débat que nous avons soulevé hier, c'est effectivement la stabilité réglementaire, normative, fiscale dans ce coût d'électrification mais aussi le raccordement et la possibilité d'aller très vite dans cette réorganisation d'électrification.

Et si on va terminer avec une question et non des moindres, qui va payer ? C'est toutes la difficulté, effectivement, Rian, parce que l'électrification massive de l'économie représente des investissements gigantesques. Selon une étude du cabinet Aster, le coût net pourrait atteindre 70 milliards d'euros par an d'ici à 2030, madame la sénatrice.

Est-ce qu'on dit vraiment la vérité aux Français ? On a l'impression que cette transition est financée par l'État, mais en fait, c'est le contribuable qui paye. Il va payer.

Et le consommateur Bien sûr qu'effectivement, il y aura une part payée par les consommateurs. Mais il y aura l'aide de l'État. Vous savez, ce sont des investissements qui s'amortifent sur du long terme.

Quand vous parlez de 70 milliards, je vous parle de 60 milliards par an des énergies fossiles. Donc on voit bien l'économie que l'on peut faire. Et puis cette production électrique, aujourd'hui, nous la vendons.

N'oublions pas que nous avons exporté 93 TWh l'année dernière, et que ça répond à 17 % de notre export. Donc nous sommes en capacité de récupérer des financements grâce à cet export. Donc il faut continuer à exporter notre électricité.

Je suis bien placée là aussi pour vous le dire, en Gironde, nous ne sommes pas très loin de l'Espagne qui a connu un blackout et si RTE investit massivement aujourd'hui en Nouvelle-Aquitaine, c'est justement pour permettre cette exportation suite à notre production d'électrification. – Allez on va aller en Gironde justement dans votre département puisqu'on va terminer en regardant les unes de la presse régionale. On les regarde ensemble.

D'abord la une de sud-ouest, la vôtre et votre département de la Gironde. Particulièrement touchée par la vague de chaleur, pas le choix, il faut s'adapter, titre Le Journal. Trois départements de la région Nouvelle-Aquitaine en vigilance orange rencontrent avec des néo-aquitains qui racontent comment ils s'adaptent ou ont intégré à leur métier le facteur chaleur.

La deuxième une, c'est celle du Dauphiné, guerre des gangs, un mort, trois blessés, les nouvelles fusils à dire, à Grenoble, au quartier Mistral, un mort, trois blessés et l'ombre de la guerre des gangliers au narcotrafic qui plane sur cet acte. Et puis la dernière huile, celle de Nord-Éclair, une centaine de postes supprimés à La Redoute, la concurrence en ligne est rude pour la marque dans un contexte de consommation compliqué. Le plan de transformation de l'entreprise implique la disparition de 171 postes, dont une centaine au siège de Roupet.

De quelle une avez-vous envie de nous parler ? – Celui du Sud-Ouest ? – Forcément ! – Effectivement, nous voyons là des effets de la vague de chaleur qui ne sera pas simplement temporaire.

Je pense qu'il faut s'attendre que nous ayons des cycles réguliers de chaleur, de ce réchauffement climatique. Et donc oui, nous n'avons pas le choix, il faut s'adapter, il faut que les collectivités accompagnent effectivement dans cette adaptation, il faut que l'Etat accompagne les collectivités aussi. Mais le fait suffisamment parce que là on est dans une vague de chaleur depuis samedi, dimanche, Sébastien Lecornu, il préside d'une réunion interministérielle demain après-midi, soit quasi à la fin de l'épisode de chaleur.

Il y a un problème de réaction ? Nous en avons déjà connu des épisodes de chaleur, nous en avons déjà connu. Il faut aussi que chacun se responsabilise.

C'est à chacun aussi de savoir s'hydrater, de s'isoler du soleil, c'est-à-dire de rester à l'ombre et d'être très prudent. Nous avons malheureusement déjà enregistré deux décès suite à des noyades. Là aussi, il faut continuer à en appeler à la vigilance de chacun, à la responsabilité de chacun.

Les collectivités doivent appellier les plus fragiles, les personnes qui aujourd'hui sont sans abri, les enfants et les seniors. C'est essentiellement là que l'État et les collectivités doivent être présentes. – Je reste dans votre département de la Gironde, Nathalie Delade.

Vous avez annoncé que vous serez de nouveau candidate date au sénatorial. Vous ferez quoi ? Une liste d'union qui va d'où à où ?

Est-ce qu'il y aura les LR, l'ensemble du bloc central sur votre liste ? Écoutez, oui, les LR ont confirmé qu'ils allaient soutenir ma candidature. Les commissions d'investiture vont se dérouler début juin, puisque la dernière fois, nous étions partis sur des listes le séparer elle et je qu'est-ce qui fait l'union de la ville et à ce que j'ai dit qu'effectivement il y a une nécessité de faire réunion aujourd'hui parce parce que le RN est en embuscade, mais partout sur notre territoire.

C'est-à-dire qu'effectivement, on peut avoir l'impression qu'il y a peu d'élus encore, mais dans le secret de l'Isoloi, Il y a des voix qui peuvent être données au RN et par surprise, effectivement, arriver à gagner un siège. Donc plus il y a de listes et plus ça abaisse le seuil nécessaire pour accéder à un siège de sénateur. Donc il faut être vigilant et j'essaye effectivement de porter ce discours sur le rassemblement.

Et ça vaut aussi pour la présidentielle. Je le disais, vous êtes présidente du parti radical, à ce titre, vous discutez avec Gabriel Attal, Édouard Philippe, le modem avec Hervé Marseille sur un candidat commun. Comment vous allez le trouver ?

Est-ce que les discussions doivent inclure Bruno Retailleau ? – Vous savez, moi, au-delà des discussions, je pense, et c'est ce que je porte, nécessaire de travailler sur le programme. Chaque candidat travaillera sur son programme.

Moi, ce qui m'importe aussi, c'est de commencer à travailler sur le contrat de législature, puisque le parti radical n'aura pas de candidat. Nous sommes effectivement neutres par rapport à la prochaine présidentielle, si ce n'est...

Neutre pardon c'est quoi ? C'est-à-dire vous soutiendrez Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, nous aurons par rapport à la présidentielle un programme. Je présenterai dans l'automne un manifeste, c'est-à-dire que nous travaillons sur des thèmes essentiels comme la démographie, la natalité, nous en avons parlé du changement climatique, aussi des conditions de notre démocratie.

Nous verrons qui incarnera ces dossiers et qui est le plus à même de porter, à travers cette présidentielle, nos idées du socle commun. Moi, ce qui m'inquiète beaucoup, ce sont les législatives. Et donc, c'est de travailler déjà à ce contrat de législature, c'est-à-dire le poste présidentiel, comment nous pourrons gouverner ensemble parce qu'obtenir une majorité sera un véritable défi demain après la présidentielle.

Merci Nathalie Delattre, merci d'avoir été notre invitée,