Répression : les macronistes contre les free-party | Louis Boyard & Kamille (Tekno anti rep)
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les free parties font régulièrement la une de l'actualité. Cette fois, ce n'est pas pour une fête violemment réprimée ou qui se serait mal passée, mais pour une proposition de loi visant à renforcer leur pénalisation. Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale, cette loi, portée par la députée Horizon Laetitia Saint-Paul, prévoit jusqu'à 6 mois de prison et 30 000 euros d'amende pour les organisateurs de ces fêtes non déclarées et jusqu'à 1 500 euros pour les participants. Le texte doit désormais aller au Sénat. Pour ses défenseurs, c'est une question de sécurité et d'ordre public. Et pour ses opposants, c'est une attaque contre une culture, un mode de vie et une jeunesse.
Pour en parler, on reçoit le député de la France Insoumise, Louis Boyard, qui s'est vivement opposé à ce texte à l'Assemblée. Et on aura avec nous Camille du collectif Techno Antirep. C'est parti pour l'entretien. Bonjour Louis Boyard, merci d'être avec nous. Ça me fait plaisir. Bonjour Camille, merci également d'avoir accepté notre invitation. Bonjour. Bonjour. La première question que j'ai envie de vous poser à tous les deux, cette loi, il faut le préciser quand même, elle permet de sanctionner quelqu'un qui partage une info sur une free party ou transporte une enceinte. On est bien dans une pénalisation extrêmement large, Louis Boyard.
Tout à fait. Déjà, premièrement, il faut savoir que c'est déjà pénalisé aujourd'hui les free parties parce que vous avez les personnes qui en organisent, qui se retrouvent à avoir de fortes amendes. Vous avez les personnes qui participent aussi, qui reçoivent des amendes. Et on est vers une inflation pénale qui n'a juste absolument aucun sens. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, mais avoir des DJs en prison ou des influenceurs qui ont partagé un post Instagram pour appeler à une free party, mais ne pas avoir Le Pen ou Sarkozy qui soutiennent des lois stupides comme celle-là, c'est un non-sens.
Donc oui, clairement, il y a eu une accélération dans la violence et dans la répression, d'autant qu'à l'origine, ce n'était pas 30 000 euros d'amende. Mais ils ont décidé que quand vous organisez une free party, vous aurez les 30 000 euros d'amende en plus des 6 mois de prison. Ça a été voté comme ça à l'Assemblée nationale, sans vraiment réfléchir aux conséquences de ce qui a été voté. Et nous, pendant tout ce débat, on leur a expliqué en quoi c'était un texte de loi stupide, mais on aura l'occasion d'y revenir.
Effectivement. Camille, justement, avant, c'était une contravention. Il y avait déjà des sanctions prévues pour ces free parties. Aujourd'hui, c'est carrément un délit qui peut mener à la prison avec cette loi, si elle passe définitivement au Sénat. Est-ce que vous considérez que cette loi est une attaque politique, justement, contre cette culture, et notamment contre une jeunesse qui a envie de célébrer, de fêter ?
En fait, oui. Nous, on considère que c'est même une forme de mépris de classe, parce que refuser de prendre en compte et de valider l'existence d'un mode de communauté qui n'est pas basé sur le capitalisme ou sur le consumérisme. C'est une forme de mépris de classe. Les free parties, à l'heure actuelle, c'est un des seuls événements festifs auxquels presque tout le monde peut venir, parce qu'il n'y a pas du tout des prix ultra élevés, comme on peut l'avoir au niveau des fêtes hyper commerciales, comme les rave parties.
Et on peut ajouter aussi que c'est une forme d'attaque politique très claire, parce que la free party, c'est un des exemples d'événements festifs qui échappent totalement au contrôle de l'État. En fait, c'est quelque chose qui ne s'organise pas dans les cercles traditionnels, et c'est quelque chose avec lequel l'État a beaucoup de mal.
Louis Boyer, justement, qu'est-ce que ça dit de la manière dont l'État voit cette culture ? Déjà, premièrement, on a envie de dire que vous n'avez que ça à faire.
Là, vraiment, c'est le texte de loi dont le peuple avait absolument besoin. Les gens sortaient dans la rue en demandant l'interdiction des free parties. Je pense que c'est ressenti comme une double violence, parce que les gens qui sont criminalisés à travers ce texte, ils ont des conditions sociales qui sont extrêmement difficiles, parce qu'ils sont jeunes, et qu'aujourd'hui, quand on est jeune, on est précaire, parce qu'en fait, on a aussi un droit de s'exprimer, et c'est un mode d'expression. Et ensuite, deuxièmement, ils sont responsables de cette situation. Le mouvement des free parties, c'est un mouvement qui existe depuis les années 90, et ça s'est organisé en bonne intelligence.
Il y avait des gens qui acceptaient de prêter des terrains, et vous aviez des associations qui permettaient d'encadrer, de limiter les risques. Et parce qu'eux sont venus criminaliser, criminaliser, ça a, derrière, ajouté encore plus de bordel. Et on s'est retrouvés dans une situation où on a des gens de bonne volonté qui veulent bien faire, mais qui se retrouvent interdits par l'État, alors que ce sont tout simplement des fêtes gratuites pour une jeunesse qui ne demandent que ça. Et ce que disait Camille est très intéressant, parce qu'au fond, ce qui les gêne, c'est que ça sorte du marché capitaliste.
C'est que, si jamais vous voulez faire la fête, il faut que vous alliez dans le service privé, il faut que vous payiez, il faut qu'il y ait de la rente. Donc, d'une certaine manière, c'est aussi une contre-culture et un contre-modèle économique qui est attaqué. Et quand je vois les réactions qu'il y a pu avoir après le vote de cette loi, l'immense soutien populaire contre cette loi, je me dis que la lutte ne fait que commencer, et qu'on réussira peut-être à enterrer cette loi.
Camille, le gouvernement, lui, parle de nuisances, de dangers, parle du coût pour les collectivités, notamment à cause de ces free parties. Vous répondez quoi au gouvernement ?
En fait, nous, on reproche exactement ça au gouvernement. On reproche à la fois au gouvernement et aux médias de mettre systématiquement en avant ce qui se passe mal dans les teufs. Et c'est 1% des teufs où il y a des nuisances ou des dégradations. Et les médias, ils ne vont jamais parler que la free party, c'est une source de bonheur. En fait, nous, on est hyper heureux d'aller en teuf. Il y a des belles rencontres qui s'y font. Et la majorité des voisins qu'on peut croiser ou des agriculteurs qui habitent nos alentours sont souvent hyper heureux qu'il y ait quelque chose qui se passe dans des campagnes qui sont vraiment abandonnées par l'État.
Moi, j'ai aussi envie d'ajouter qu'en tant qu'une jeunesse, en tant que jeune, c'est une bouffée d'air frais pour nous. À l'heure actuelle, il y a un jeune sur cinq des 18-25 ans qui est présent des troubles dépressifs. Et on fait face, nous, à une militarisation constante, à la montée du fascisme, à des doliberticides. Donc c'est ultra important, en fait, pour nous, de mettre en valeur ce côté beau et joyeux dans la teuf.
Louboer, vous êtes adressé à l'Assemblée nationale, justement à l'élu qui a porté cette loi. Là, justement, je parlais des nuisances dont on peut parler, des dangers ou du coup pour la collectivité. On a beaucoup sorti aussi l'exemple des agriculteurs qui seraient contre. Qu'est-ce que vous répondez ? Qu'est-ce que vous avez dit à l'Assemblée ? Qu'est-ce que vous répondez aux gens qui disent ça ?
Ce qu'on leur répond, c'est que c'est un mouvement qui existe depuis des décennies et qu'il y a des gens qui ont envie de faire en sorte que ça se passe bien. Il y a des gens qui sont prêts à prêter des terrains. Et les collectifs qui organisent ces fêtes ne sont pas des gens qui ont envie d'emmerder le monde. Au contraire, ce sont des gens respectueux qui ont une certaine vision de la société, et qui n'ont pas envie d'entraîner des nuisances. Puis, quand on les entend parler des risques, nous, on leur a dit à l'Assemblée nationale, vous avez en tout une femme sur quatre qui connaîtra une agression sexuelle dans sa vie. Vous avez 45% des Français qui ont consommé du cannabis.
10 millions de Français qui ont une consommation d'alcool à risque. Et eux, ils vont nous faire croire qu'ils ne sont pas concernés par ces phénomènes. Ce sont des phénomènes de société dans lesquels ils sont concernés. Et c'est leur hypocrisie et leur mensonge, parce qu'ils sont concernés et qu'ils ne veulent pas l'admettre, qui nous empêchent de penser ces questions à une échelle globale. Mais utiliser ces phénomènes pour, en plus, pointer du doigt ces collectifs qui organisent des fêtes, des free parties, alors qu'en plus de ça, ce sont des collectifs qui mettent beaucoup de choses en place pour limiter les risques, c'est une mauvaise foi et c'est insultant.
Et puis, au fond, on leur a démontré que cette loi était suffisante parce que, vous regardez en Angleterre ou vous regardez en Italie, il y a des lois extrêmement répressives qui ont été passées contre les free parties. Ça n'a pas limité les free parties. Au contraire, le phénomène, c'est que les petites free parties se sont amoindries, mais par contre, les grosses free parties, elles, ont augmenté.
Donc, si jamais on veut vraiment faire en sorte que les choses se passent bien, il faut faire confiance aux collectifs qui les organisent, il faut faire les choses en bonne intelligence, il y a des gens qui veulent prêter des terrains, la protection civile est disponible pour pouvoir encadrer les choses, et il y a une jeunesse qui est disponible et qui ne demande qu'à l'avoir. Voilà.
C'est ça, en fait, que demandent les gens, et c'est comme ça qu'on est capable de limiter les nuisances, puisque si jamais ils pouvaient cesser d'être hypocrites sur la question de l'alcool, de la drogue et des violences sexistes et sexuelles, on ferait un bon pas dans le débat politique pour avancer sur ces sujets.
Justement, vous venez de le dire, les violences sexistes et sexuelles font partie des arguments qui sont avancés pour pénaliser les free parties. Je vous propose d'écouter un élu à ce sujet. On en parle juste après.
C'est une femme qui est venue me voir et qui a participé à une rêve-partie illégale et qui a été victime de violences sexuelles. Elle m'a dit la différence entre une soirée organisée légale et une rêve-partie illégale, c'est lorsque vous vous faites violer par une personne dans une rêve-partie illégale, vous n'appelez pas la police et personne ne l'appelle à votre place et certainement pas les organisateurs car ils ne veulent pas se faire prendre la main dans le sac en ayant mis en danger les personnes à autrui. Et cette question importante qui vous fait... Ah, elle vous fait réagir. Je vois qu'elle vous fait réagir.
Elle vous fait réagir parce que c'est un sujet majeur puisque même le collectif Nous Toutes, qui d'habitude est défendu sur vos bancs, affirme dans un article récent qu'une femme sur cinq une femme sur cinq qui participe à ces rêves-parties illégales connaît des attouchements sexuels et des violences sexuelles. C'est la raison pour laquelle les organisateurs de ces rêves-parties illégales doivent non seulement avoir une peine d'amende élevée et doivent conduire à aller en prison car ils mettent en danger la santé de nombreuses femmes et en particulier des mineurs qui, quand elles se font harceler, violer sur ces lieux, ne peuvent même pas appeler la police pour se faire protéger.
On vient d'entendre un député de la droite républicaine parler. Camille, qu'est-ce que vous pouvez lui répondre ? Est-ce que vous entendez en tout cas ce qu'il met en avant ?
Alors, une chose d'abord, nous, j'ai envie de revenir sur ce que vient de dire le député de la droite républicaine qui affirmerait qu'une femme sur cinq, selon nous toutes, serait victime d'attouchements ou d'agressions sexuelles pendant les friparties.
Alors nous, du côté techno-antirep, on a directement contacté nous toutes pour savoir d'où venait ce chiffre et en fait, ce serait potentiellement mensonger parce que nous toutes à aucun moment n'a fait référence à ces fameuses statistiques que le député vient de sortir et je veux en savoir dire que nous, dans le milieu de la fripartie, à la différence d'autres milieux festifs, on a conscience que les VSS existent et qu'elles sont un problème structurel de société et on ne s'en cache pas alors que dans beaucoup d'autres événements festifs, en boîte de nuit, c'est des trucs qui sont complètement niés.
Nous, au contraire, on essaie de mettre des choses en place, notamment au travers d'associations de RDR, de réduction des risques, pour faire en sorte que les VSS soient des problèmes qui soient traités, gérés et que les victimes soient accompagnées et qu'on fait souvent intervenir en fait partie des collectifs qui sont justement habilités à traiter ces questions. Ce n'est pas quelque chose qu'on se cache et j'ai aussi envie de revenir sur cette forme d'hypocrisie où il y a l'exemple de Joël Guerriot qui est sénateur de l'Ordre Atlantique qui a, alors qu'il est sénateur, été condamné à 4 ans de prison dont 18 mois fermes pour soumission chimique sur sa collègue Sandrine Jossot.
Oui, effectivement. Sandrine Rousseau lui a très bien répondu en lui disant que le problème de ces femmes ce n'est pas les free parties, c'est les violeurs. Et deuxièmement, l'autre problème, c'est qu'il dit oui, cette femme elle n'ose pas appeler la police parce qu'elle a participé à une soirée illégale. Mais qui c'est qui a rendu la soirée illégale ? C'est toi.
Donc c'est toi aussi le problème qui fait que, alors que vous avez des jeunes femmes qui ne demandent que à pouvoir passer des soirées tranquillement sans avoir à dépenser un dixième de leur revenu se retrouvent à être victimes et à ne même pas pouvoir faire appel aux autorités parce que votre stupidité vous oblige à faire des lois qui n'ont absolument aucun sens, aggravent les problèmes et ne protègent pas les gens. Donc ce sont des arguments qui non seulement quand on les met en parallèle avec leur action politique témoignent d'une forme d'hypocrisie, d'une méconnaissance du sujet et d'une instrumentalisation que je trouve assez sordide parce qu'on va remettre les choses dans le contexte.
On parle seulement de jeunes qui se rassemblent pour faire la fête. Fin. Donc c'est tout. Et si jamais ils ont besoin de se rabaisser dans le mensonge et dans l'insulte pour défendre leur texte, c'est peut-être qu'il est l'heure de le retirer.
Donc les problèmes, tous les deux, vous êtes d'accord pour dire qu'il peut en avoir, minimes, pas si importants qu'on peut... Mais comme dans toute la société. Et justement, est-ce que justement, là, c'était ma question, c'est qu'en fait, on y répond mal. Au final, là, sur les free parties, on peut pointer du doigt des choses qui peuvent être réelles comme dans toute la société, mais on y répond mal.
Tout à fait. Ces soirées, quoi qu'il arrive, elles auront lieu. Et cette jeunesse, elle a raison de s'organiser pour pouvoir faire la fête sans que tout ça dépende du marché et des boîtes commerciales qui organisent des fêtes beaucoup trop chères pour les jeunes et qui ne correspondent pas à cette culture. Mais ces collectifs mettent en place de la réduction des risques. Et par ailleurs, des agressions sexistes et sexuelles, elles existent partout. Dans les transports, dans le travail, dans la vie de famille. Donc ce n'est pas un argument que l'on peut utiliser. Et par ailleurs, en réalité, on les a interrogés, on leur a donné plusieurs exemples.
On leur a dit, ils l'ont fait en Angleterre et en Italie. Ça a juste aggravé le problème. Ils ne nous ont pas répondu. On leur a dit, vous empêchez les gens de passer par les canaux administratifs traditionnels pour faire en sorte que ces soirées se fassent dans un cadre légal. Ils ne nous ont pas répondu. Ils sont même contredits entre gouvernement et députés. On leur a expliqué qu'en fait, on pouvait, pour limiter les risques, avoir des associations qui venaient et qui venaient déjà. Ils ne nous ont pas répondu. Donc à la fin, on leur a dit, pourquoi vous faites cette loi finalement ? Pour faire un coup médiatique ? Pour vous rendre intéressant ? Pour qu'on parle de vous ?
Mais derrière, ils oublient qu'il y a des vies humaines, qu'il y a des jeunes qui dépendent de ces soirées pour pouvoir vivre, pour pouvoir s'amuser et que surtout, on a des DJs et des organisateurs de soirées qui vont finir en prison. C'est ça le fond du débat. Donc il y a eu une grande mobilisation populaire. Les gens s'indignent contre ce texte et ils ont raison. Et je les appelle à poursuivre la mobilisation. Il y a une pétition notamment qui a été mise en ligne pour passer par le canal Assemblée nationale pour demander à réavoir un débat sur le sujet. Et là, sincèrement, c'est ni fait ni à refaire ce texte, il faut le retirer.
Camille, vous êtes pour encadrer ces fêtes, vous l'avez dit tout à l'heure. Et est-ce que vous assumez aussi que ces fêtes restent illégales mais tolérées ou vous souhaitez qu'elles deviennent légales entre guillemets ?
En fait, nous, on ne demande pas l'accord de l'État pour faire des fêtes. C'est ce que disait Louis Boyard à l'instant. Ces fêtes, qu'elles soient illégales, plus encadrées, plus réprimées, elles se dérouleront quand même. Nous, ce qu'on demanderait, à la limite, c'est l'accompagnement, notamment pour engager un dialogue avec les propriétaires des champs, des friches, mais absolument pas qu'il y ait cette criminisation et cette répression constante qui s'abat sur notre mouvement. Il y a aussi la question des coûts. Les teufs, elles sont souvent survolées par des hélicoptères. Il y a des moyens de répression hors normes qui sont mis en place et qui sont largement plus coûteux.
Donc nous, dans tous les cas, ce qu'on vous dit, c'est qu'on continuera à organiser des fêtes libres et à faire vivre notre mouvement avec nos valeurs et c'est quelque chose dont on ne demandera pas l'accord de l'État pour le faire. Mais s'il y a une démarche de dialogue et de contact avec les forces de l'État qui peuvent se faire, nous, on cherchera toujours le dialogue.
Et ce à quoi on peut répondre, parce qu'on se projette qu'il y a une élection présidentielle qui arrive bientôt, si jamais on était aux affaires, on prendrait contact avec ses collectifs, on aiderait à chercher des personnes qui veulent prêter des terrains, on mettrait en lien avec des associations de réduction des risques même s'ils ont déjà ces liens, on ferait en sorte que tout se passe en bonne intelligence pour réduire les risques, pour qu'il n'y ait aucune nuisance et que ce mouvement de citoyennes et de citoyens jeunes et engagés, on parle quand même de jeunes qui prennent de leur temps et qui prennent de leur vie pour partager des moments de fête et de solidarité pour que ce soit valorisé, sécurisé et que tout ça se fasse en bonne intelligence.
C'est la chose qui a été faite fut le temps puis ensuite les réactions sont arrivées et puis on va repasser derrière tout ça et remettre les choses en ordre. Camille,
vous apparaissez aujourd'hui sur notre antenne masqué entre guillemets en tout cas avec un masque médical. Pourquoi justement ? Parce que c'est risqué aujourd'hui de parler de ça, de parler de ce sujet ?
Ben oui, c'est donc pour protéger mon identité et on sait que l'État il met en place, c'est ce que je disais à l'instant, des moyens ornants pour nous réprimer. Donc il y a une nécessité aujourd'hui pour nous de nous protéger et de faire attention à ce qu'on diffuse sur les réseaux sociaux pour pas que ça se retourne contre nous.
Très bien. Louis Boyer, j'avais une question qui m'a interpellé pour qu'on comprenne aussi comment fonctionne l'Assemblée nationale concernant ce vote. La loi a été adoptée en première instance à 78 voix contre 67. Mais comment c'est possible que vous êtes plus nombreux que 67 dans votre camp ? Pourquoi finalement on a ce résultat-là ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Le Parti Socialiste.
Vous regardez le taux de participation de chaque groupe et le Parti Socialiste a été très démobilisé. Et comme sur un certain nombre de lois par ailleurs, la sous-mobilisation du Parti Socialiste est un problème à l'Assemblée nationale parce que sur un certain nombre de lois majeures, on ne peut pas compter sur eux. Donc nous, on l'a dit aux députés socialistes, vous auriez dû être là. J'espère que le message est passé. Mais c'est une difficulté que nous rencontrons actuellement quand on se retrouve à voir des textes comme ceux-là à l'Assemblée nationale.
Parce que les députés qui n'ont pas participé n'ont pas senti que c'était une loi importante qu'elle pouvait passer et donc finalement cibler une jeunesse ou ils ont considéré que c'était un texte qui n'allait finalement pas...
On a une double difficulté qui est la sous-mobilisation du groupe socialiste qui, dans le dernier accord du Nouveau Front Populaire, avait demandé à avoir plus de députés. Il fallait faire le travail pour battre l'extrême droite donc nous, on a fait notre part. Sauf qu'ils ne sont pas présents et il y a une deuxième difficulté. C'est qu'aujourd'hui, plus une seule des lois de la Macronie ne passe avec eux.
Et donc, en permanence, on se retrouve à avoir un front fasciste qui vote comme un seul bloc et puis nous, les députés insoumis, on essaie de tenir la tranchée, d'être là le plus possible, de porter la parole et puis ensuite, vous avez une sous-mobilisation du point de vue du Parti Socialiste et on se retrouve dans ces situations. Donc, il y a d'autres textes qui arriveront. Ce texte-là aussi, il n'en est qu'à son premier passage. Il ira au Sénat, il y aura la navette. J'espère que, pour la prochaine fois, ils seront présents.
Mais même en termes de chiffres, malgré nous, pour moi, il n'y en a toujours pas le compte. C'est-à-dire que vous n'êtes pas 67. Vous êtes beaucoup plus au-delà même des socialistes et de l'autre côté aussi, ils ne sont pas 78. Donc, c'est parce que cette loi est passée à une heure où les députés n'étaient pas présents en majorité, c'est ça ?
En fait, c'est une autre difficulté qu'on rencontre aujourd'hui à l'Assemblée nationale. C'est que vous avez toute une série de textes qui passent et qui sont des textes qui sont faits à la fois pour, disons, remplir l'agenda parce que ce ne sont pas des textes qui structurellement et puis ensuite parce qu'il y en a qui se disent de toute façon, ça passera, l'extrême droite et la Macronie sont ensemble et qui ne viennent pas au combat. Nous, en tout cas, députés insoumis, on essaie d'être le plus possible au combat mais oui, effectivement, c'est une difficulté et moi, je la situe du point de vue du Parti Socialiste. D'accord.
Et donc, du coup, là maintenant, qu'est-ce qu'il est possible de faire pour que cette loi finalement ne passe pas ? Elle doit aller au Sénat. Le Sénat est majoritairement à droite donc on pense qu'elle va être adoptée. Est-ce qu'il y a des recours possibles ? Est-ce qu'il y a des choses possibles ou est-ce que c'est la pétition qui peut faire changer les choses ?
De mon point de vue, il y a plusieurs choses. Il y a une pétition qui a été mise sur le site de l'Assemblée nationale et j'appelle à la signer parce que, pas que cette pétition elle ait un effet normatif mais parce qu'elle aide à mener la bataille culturelle pour continuer le combat. Nous, en tout cas, on va continuer le combat dans les institutions mais là, si jamais il y a un recours, c'est la rue, c'est la lutte, c'est l'interpellation.
Les collectifs et Camille en parlera bien mieux que moi vont organiser un certain nombre de choses et j'appelle toutes et tous à y participer parce que c'est pas seulement une question de défendre les free parties, c'est une question de défendre une vision du monde de la culture en dehors de la prédation capitaliste et c'est aussi pour défendre des libertés publiques parce que quand on se retrouve en prison pour avoir organisé une fête ou pour avoir joué de la musique, c'est qu'on est rentré dans autre chose et nous sommes en train de rentrer dans autre chose et si jamais on se dit bon, ce coup-là, c'est pas très important ou il y a quand même autre chose, non, c'est très très important pour la culture, pour la jeunesse et pour les libertés publiques donc rejoignez les luttes, participez aux manifestations et aux fêtes qui vont avoir lieu pour protester.
Camille, justement, qu'est-ce que vous comptez faire ? Le député Louis Boyard nous dit qu'il y a des choses, des fêtes qui peuvent s'organiser prochainement.
Alors nous, on appelle à plusieurs choses. Premièrement, on appelle à rejoindre comme chaque année les manifestifs qui vont être organisés dans plusieurs dizaines de villes partout en France pour vibrer avec nous et porter nos rendications. On appelle aussi à rejoindre la fête libre, à découvrir les valeurs de notre mouvement et ce qui se passe et enfin à garder en mémoire la répression qu'on a pu subir en mémoire de Steve, en mémoire des mains arrachées au Technival de Redon.
On appelle en fait à continuer à faire vivre cette culture et les valeurs qui vont avec l'antifascisme, l'inclusivité, la gratuité et c'est des choses que quoi qu'il arrive on continuera à faire vivre et qu'on appelle tout le monde à rejoindre en fait.
Très bien, c'est noté en tout cas. Merci beaucoup Camille d'avoir été avec nous ce soir. Merci beaucoup Louis Boyard d'avoir été également avec nous. On va suivre ça à deux très près.
Louis Boyard