La grande interview de Laurence Ferrari avec Charles Rodwell
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Europe 1 La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari Et notre invité ce matin dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Charles Rodouel. Bonjour à vous.
Bonjour, merci pour votre invitation.
Député des Yvelines, ensemble pour la République, vous êtes connu pour votre franc parler et vos idées plutôt libérales. Un mot des carburants, Donald Trump osse à nouveau le ton et affirme que le blocus maritime des ports iraniens et donc du détroit d'Hormuz n'est pas prêt de se terminer. Il va se prolonger encore plusieurs mois, ça veut dire que ça va continuer pour la flambée des prix du carburant. Le baril de Bren n'a jamais été aussi haut. Est-ce que les trains de mesures qui seront peut-être prolongés, renforcés, annoncés par Sébastien Lecornu sont suffisants ? Est-ce que vous n'entendez pas les Français qui vous disent ça ne suffit pas, on ne s'en sort pas, Charles Rodouel ?
Alors le gouvernement et Sébastien Lecornu ont mon plein soutien sur les mesures ciblées qui ont été mises en oeuvre pour les personnes qui en ont le plus besoin, à savoir les personnes qui ont été le plus affectées par cette crise pétrolière qui a un impact direct sur les prix de l'essence. En revanche, moi je déplore, je veux dire, quand j'écoute par exemple Jordan Bardella dire que 15 milliards d'euros de baisse de taxes, c'est bon, on peut le faire sans problème.
C'est irresponsable ça ?
Ça me rappelle François Hollande qui disait que ce n'est pas cher, c'est l'État qui paye. C'est-à-dire qu'en fait on a face à nous des gens qui nous disent vous êtes mauvais parce que vous avez fait exploser les déficits, mais qui proposent des mesures qui sont infinançables. Donc moi j'aimerais comprendre en fait quelle est la ligne, si vous voulez, des gens qui nous attaquent matin, midi et soir. Les attaques sont très virulentes. La vérité c'est que ces 15 milliards d'euros, personne ne propose de les financer. Exactement. D'accord. Personne ne propose de les financer.
Moi là où je suis en plein soutien des mesures du gouvernement, pour le coup sur cette question, c'est qu'il décide de cibler les aides sur les personnes qui en ont le plus besoin. Et je crois que c'est la bonne méthode pour répondre à cette crise pétrolière.
Mais le libéral que vous êtes, quand il voit qu'il y a 55% de taxes sur le litre de carburant, il ne se dit pas mais on est quand même dans un pays qui est complètement dingue.
Ah mais moi si vous voulez, j'essaye d'aligner mes paroles et mes actes. Lors du dernier budget, avec mon ami Guillaume Casbarian, nous avons déposé collectivement des amendements qui proposaient 23 milliards d'euros d'économie sur les dépenses publiques. On serait bien content de les avoir ces 23 milliards d'euros aujourd'hui. Sur ces amendements, à votre avis, combien ont été adoptés ? Allez-y. Zéro. Zéro parce que vous avez la gauche mais aussi le Rassemblement National qui ont décidé sciemment de s'y opposer. On serait bien content de les avoir ces 23 milliards d'euros d'économie aujourd'hui mais on ne les a pas.
Donc on n'a aucune marge de manœuvre.
Donc nous, la logique, on va continuer de la porter. Je dirais, nous, vous avez dit les libéraux, nous, la philosophie qui nous anime, c'est de baisser la dépense publique pour baisser les impôts et c'est de baisser la dépense publique pour qu'on ait un matelas en temps de crise. Et tout ça ne se fait pas en quelques minutes ou en quelques jours. C'est un plan sur le long terme. C'est exactement la raison pour laquelle, quand j'écoute, par exemple, Sébastien Lecornu annoncer l'électrification massive de notre économie, je le soutiens. C'est-à-dire que tous ceux qui l'attaquent aussi sur ce point-là reprochent ensuite au gouvernement de ne pas se projeter sur le long terme.
Heureusement qu'on a là un Premier ministre qui, d'un côté, propose des mesures d'urgence pour ceux qui en ont besoin et de l'autre se dit comment est-ce qu'on réduit notre dépense. Parce que toute cette histoire, ce n'est qu'une histoire de dépendance. Si on ferme le détroit d'Hormuz une fois tous les 10 ans, une fois tous les 5 ans, et qu'on a une nouvelle crise pétrolière tous les 5 ans en France, on peut peut-être en tirer des conclusions. L'une des conclusions qu'on doit tirer, c'est de réduire notre dépendance aux hydrocarbures en misant massivement sur l'électricité. Quel meilleur moyen que le nucléaire et les renouvelables pour l'électrification massive de notre économie ?
Est-ce que vous faites partie de ceux qui tapent sur Total Energy, qui a annoncé une hausse de 51% de ses bénéfices sur un an, avec un gain total de 5,8 milliards de dollars sur le premier trimestre ? La gauche l'accuse sans surprise d'être un profiteur de crise, demande la taxation des super profits pétroliers. Est-ce que c'est dans notre intérêt de taxer ce grand groupe français qui rayonne à l'international, alors qu'il fait ses bénéfices, on le rappelle, surtout à l'étranger et pas en France ?
Alors j'ai peut-être une opinion impopulaire sur cette question, mais moi j'en ai ras-le-bol de voir la classe politique ciblée Total comme un bouc émissaire sur les plateaux de télévision et qui ensuite, dans le secret de l'Assemblée Nationale et des couloirs de nos institutions, se prosternait devant Total pour leur demander de bloquer le prix de l'essence à la pompe. Ce qu'est Total d'ailleurs. Pour moi c'est parfaitement incohérent. Aujourd'hui quand Total fait du profit, vous avez près de 1 million de Français qui font du profit parce qu'ils en sont actionnaires. Et je le dis d'autant plus tranquillement que je ne suis pas actionnaire de Total.
Mais moi ce que j'aimerais c'est qu'on ait un modèle économique où quand des entreprises françaises gagnent de l'argent, et bien qu'il y ait des millions de Français qui gagnent de l'argent. Je vais faire le lien avec un sujet qui n'a peut-être rien à voir, mais qui a en fait tout à voir. La retraite par capitalisation. La retraite par capitalisation c'est quoi ? C'est ce que je défends. C'est que les Français pour leur retraite investissent dans nos entreprises. C'est hyper vertueux, ça veut dire que quand nos entreprises françaises gagnent de l'argent, et bien vous auriez des dizaines de millions de Français qui gagneraient en même temps de l'argent.
Et aujourd'hui on est tombé dans un modèle, alors si il y a, je ne sais pas ce que ça veut dire un sur-profit, mais si vous avez des sur-profits... La gauche veut taxer 2 milliards d'euros par exemple. Il y a peut-être des mesures à prendre pour redistribuer une partie des profits en temps de crise. Mais moi ce que j'aimerais c'est qu'on sorte de cette logique social-étatiste, socialiste, et qu'on se dise plutôt, un discours un peu plus vertueux à mon avis, que si on a des entreprises françaises qui gagnent de l'argent, et bien ce serait formidable que des millions de Français gagnent de l'argent en même temps.
C'est pour ça que je défends la retraite par capitalisation, pour qu'on sorte de ces débats non seulement picro-collins, mais en plus assez hypocrites de la place de la crise politique.
Un tout petit mot des ZFE, alors qu'on vient de le voir, la colère chez les automobilistes monte, Charles Rodoël, et bien 70 députés du Bloc central n'ont pas trouvé mieux que de tenter de ressusciter les ZFE en saisissant le Conseil constitutionnel pour faire annuler leur interdiction. Sérieusement, vous n'en avez pas marre d'embêter les Français ? Je suis poli.
Alors je vais rester poli aussi. Il y a deux choses que je déplore dans ce débat. Un, le texte sur la simplification, on parle de celui-là. L'article sur la ZFE, c'est un article sur des dizaines et des dizaines et des dizaines. Mais il y a besoin d'aller devant le Conseil constitutionnel ? Qui ont tous un point commun, c'est la simplification massive de la vie des entreprises. On passe notre journée, et heureusement que vous le faites vous aussi, à prendre des exemples d'agriculteurs, d'entreprises qui sont bloqués parce qu'ils ont une sur-réglementation massive. Là, on a un texte de dérégulation. Chaque article simplifie la vie économique des entreprises.
Et on focalise l'attention sur un seul article. Moi, vraiment, ça suscite, pour rester poli, une forme d'incompréhension. Deuxième des choses, les ZFE. Le gouvernement avait proposé un compromis. C'est-à-dire qu'il laissait la possibilité à chaque territoire, à chaque région, à chaque ville, de s'organiser sur ces questions. Moi, je suis député d'une circonscription où l'une des communes a pris des mesures pour faire baisser les émissions de CO2. Et bien, résultat, sur le principal axe de cette ville, on a eu un taux de pollution qui a baissé de 15%. Et c'est la rue où vous avez des enfants qui passent le matin pour aller à l'école.
Vous avez des personnes âgées qui vont acheter le pain et qui vont à la boulangerie. Et bien, moi, je ne vais pas aller expliquer à ces gens-là qu'on va supprimer les mesures qui sont des mesures de santé publique. Donc, vive les ZFE. Je ne parle jamais de santé. Vive les ZFE, c'est-à-dire pas du tout ce que je défends. Je défends la mesure du gouvernement qui dit que chaque territoire peut s'organiser en toute liberté. Et je ne comprends pas pourquoi certains s'opposent à cette mesure.
Alors, le 1er mai, c'est la grande question du jour. Faut-il laisser les salariés libres de travailler le 1er mai ? Vous êtes libéral, vous dites banqueur ou pas ?
Je dis, laissons aux gens la liberté. Si quelqu'un veut rester à la maison, profiter de ses enfants, profiter de sa famille, profiter de ses amis, profiter pour se reposer après une semaine de travail difficile, qu'il le fasse.
Et l'autre, celui qui veut travailler, qui veut gagner un peu plus d'argent.
Mais qui veut en plus gagner plus d'argent, parce que c'est un jour où il serait mieux payé que d'habitude. Et bien, qu'il le fasse aussi. Mais au-delà de la question du 1er mai, c'est quand même du délire que ça fasse maintenant près d'un mois qu'on ait un débat politique sur un jour dans l'année. Mais je crois que cet exemple résume tout ce qui est devenu notre pays, de cette logique socialisante qui anime la classe politique de ce pays. Alors qu'il y a des millions de gens qui nous écoutent, ou en tout cas des centaines de milliers, des dizaines de milliers de personnes qui nous écoutent, qui disent peut-être que ce n'est pas tout à fait idiot de se dire que de laisser le choix aux gens.
Les Français sont évidemment grands. S'il y en a certains qui veulent rester, se reposer et profiter de cette journée, qu'ils le fassent. S'ils veulent aller travailler, qu'ils soient libres de le faire.
Vous comprenez la position de Gérald Darmanin là-dessus d'ailleurs ? Parce qu'il dit, si liberté pour certains, fleuriste, boulanger, qu'il veut travailler. Mais c'est un jour important, c'est un jour chômé, c'est un jour qui marque l'histoire de notre pays.
Gérald Darmanin est cohérent avec la ligne politique qui est la sienne. Et on a des divergences sur quelques sujets comme celui-ci. On a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'accords sur beaucoup de sujets, notamment sur la politique régalienne et migratoire. Mais moi, j'écoute toujours à 14 jours Gérald Darmanin parce qu'on n'a pas tout à fait la même histoire. Il a une expérience en plus qui est la sienne. Il s'est toujours inscrit dans cette fibre, je dirais, gaulliste sociale qui fait qu'il prend cette position qui, je crois, est assez cohérente avec ce qu'il a toujours défendu. Moi, je suis plutôt favorable à laisser la liberté aux Français sur ces questions.
Demain, 1er mai, est-ce que si vous étiez fleuriste ou boulanger, vous prendriez le risque d'ouvrir votre échoppe en sachant que le ministre du Travail a dit n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail ? Donc, ça veut dire qu'ils peuvent être sanctionnés et parfois durement par les inspecteurs du travail. Vous prenez le risque demain ou pas ? Vous restez fermé ?
En fait, pour répondre à ce risque, il faut juste que la règle soit claire.
C'est 750 euros par salarié, d'amende.
Il faut juste que la règle soit claire. Et elle ne l'est pas. Est-ce qu'au 1er mai, les fleuristes et les boulangers pourront être ouverts oui ou non ? On est sur cette question depuis près d'un mois. Ensuite, les inspecteurs du travail, ils feront leur boulot en fonction de la loi. Mais c'est trop facile pour nous, les politiques, de se défausser, encore une fois, sur l'administration. Fixons la règle très clairement, une bonne fois pour toutes. Moi, ce que je souhaite, c'est que les boulangers et les fleuristes qui le veulent soient ouverts et les boulangers et les fleuristes qui veulent rester fermés, restent fermés. C'est aussi simple que ça.
Et honnêtement, ça fait trois mois qu'on est sur le sujet. Et je comprends peut-être l'exaspération.
Ça fait trois mois que le gouvernement se prend les pieds dans le tapis, Charles Rodouel. Il n'arrive pas à trouver une solution concrète. C'est un projet de loi pour l'année prochaine.
On a eu les syndicats qui se sont levés, on a les socialistes qui ont menacé de censurer le gouvernement, on a le Rassemblement National qui est sur une position. Honnêtement, si vous m'expliquez ce qu'ils pensent sur cette question, je serais ravi, parce que je n'ai toujours pas compris. Moi, la position que je prends, elle est claire. Ceux qui veulent travailler, peuvent travailler. Ceux qui veulent se reposer, peuvent se reposer.
Charles Rodouel, on est sur CNews des Européens. On va parler d'immigration. L'Elysée est au cœur d'une polémique après les propos d'Emmanuel Macron, qui a visé les maboules qui veulent se fâcher avec l'Algérie. Ce qui a provoqué la colère de Bruno Retailleau, qui prenait lui la fermeté avec Alger lors de son passage à Beauvau. Est-ce qu'Emmanuel Macron fait preuve de faiblesse avec Alger, comme l'a dit le président des Républicains, selon vous ?
Je ne sais pas si je fais partie des maboules. En l'occurrence, il y a un peu moins d'un an, j'ai publié un rapport sur le coût pour les finances publiques des accords franco-algériens à hauteur de 2 milliards d'euros par an, Obama. Je suis convaincu que le meilleur moyen de rétablir la relation entre la France et l'Algérie, c'est de mettre fin aux irritants de notre histoire commune. Les accords de 68 sont les accords qui sont nés de la décolonisation et donc de la colonisation. Moi, je suis né en 1996. Les Français de ma génération et les Algériens de ma génération, on veut laisser cette histoire de côté. Le peuple algérien est un grand peuple.
Le peuple français est évidemment un immense peuple qui a 2000 ans et plus d'histoire. Nous sommes voisins. Moi, ce que je veux, c'est juste que la relation entre la France et l'Algérie soit dépassionnée, qu'on la refonde sur des bases nouvelles. Et donc, pour cela, ma conviction, c'est qu'il faut dénoncer les accords franco-algériens de 1968 et de rétablir un cadre juridique nouveau afin qu'un franco-algérien en France soit enfin traité comme un Français comme un autre et qu'un Algérien tout court en France soit traité comme n'importe quel étranger de droit commun. C'est la base que je souhaite défendre pour les années qui viennent.
C'est un désaccord que j'ai avec l'exécutif à ma petite échelle de député, mais c'est la conviction qui m'anime et je crois que c'est une conviction qui est partagée par un certain nombre de personnes.
Il y a aussi le point névralgique Charles Rodouel des relations franco-algériennes et c'est les OQTF, bien sûr. Ce n'est pas seulement les médecins étrangers qu'évoquait Emmanuel Macron avec cette fameuse phrase sur les maboules. Le gouvernement français refuse de rompre le dialogue avec Alger. Est-ce que c'est la bonne démarche selon vous ? Ou est-ce qu'il faut au contraire faire preuve de fermeté et d'autorité ?
Alors, c'est notamment Laurent Nunes, notre ministre de l'Intérieur, qui porte le dialogue avec l'Algérie. Il a un mérite, c'est qu'il a toujours été cohérent sur cette ligne. J'ai une divergence avec lui. Je souhaite que nous dénoncions les accords de 68 pour refonder notre relation commune. Il a fait un choix différent. Peut-être que ce choix sera porteur. Je n'aurai pas l'arrogance de dire que ce sera le cas ou pas. Moi, ce que je souhaite, c'est que nous refondions la relation entre la France et l'Algérie sur une base nouvelle, une adaptée au XXIe siècle. Et cela doit passer par la refonte totale de notre relation juridique et légale en dénonçant ces accords.
Mardi prochain, Charles Rodouel, vous allez faire voter votre proposition de loi, dite Philippine, en mémoire de cette jeune fille violée puis tuée par un Marocain sous OQTF. Objet d'un vote solennel à l'Assemblée. Cela vise à rallonger la durée de centre de rétention administrative des personnes faisant l'objet d'OQTF. Est-ce que vous êtes confiant sur le fait qu'elle soit adoptée ?
J'espère qu'elle sera adoptée. En tout cas, l'examen des différents amendements et des différents articles s'est bien passé, très bien passé. Nous avons validé toutes les mesures que nous souhaitions porter à une ou deux exceptions près. Et j'en suis très heureux. Je remercie tous les collègues qui se sont mobilisés, notamment ceux de la droite et du centre. Nous avons porté ce texte collectivement à 150 collègues qui vont de LR jusqu'au Modem en passant par Renaissance, Horizons, Les Indépendants. Ce qui prouve une chose, c'est que nous gouvernons ensemble depuis des années. Il n'y a donc aucune raison que nos partis ont divisé à l'élection présidentielle.
Je suis très heureux de porter ce texte, comme vous savez qu'il me touche, je dirais, et moi, enfin, intimement, sentimentalement, parce que nous l'avons déposé en mémoire d'une famille, de ma circonscription qui a été frappée par la pire des horreurs, celle de perdre un enfant qui a été assassiné sous les coups d'un homme qui était sous OQTF. Je porte ce texte pour allonger notamment la durée de rétention administrative. Je suis convaincu que ce texte est un texte d'équilibre, qu'il sera adopté mardi, pardonnez-moi, je l'espère. Il sera ensuite transmis au Sénat avant son adoption finale.
Et avec le Conseil constitutionnel qui l'avait retouqué la dernière fois, vous n'êtes plus confiant cette fois-ci ?
Nous avons pris en compte les recommandations qui nous ont été faites. Et il y a une chose que je déplore, Laurence Ferrari, parce que je pense que les Français méritent vraiment, vraiment de le savoir. On a eu un débat sur la rétention de sûreté terroriste. Donc c'est continuer à enfermer des gens qui ont été condamnés pour des faits de terrorisme avant de les expulser. Vous avez des députés de la France Insoumise qui nous ont expliqué que l'état de droit, c'était de régulariser ces personnes et de ne pas les enfermer. Vous avez des gens aujourd'hui à l'Assemblée nationale... Comment vous les qualifiez alors, ces gens, France Insoumise ? Mais d'irresponsable et dangereux.
Et ce que je déplore, c'est de voir le Parti Socialiste se vautrer et se coucher devant ces gens. Moi, j'ai du respect pour des grands ponts de socialistes de ces dernières années. Lesquels ? Bernard Cazeneuve, Manuel Valls. Ils sont tous comblés là. Mais ces gens, au moment où la France était attaquée par le terrorisme dans les années 2010, ils ont tenu la barre. Ils ont créé le parquet national antiterroriste. Ils ont pris des mesures pour protéger les Français. Tout n'était pas parfait. Mais honnêtement, ils ont pris la mesure de la menace terroriste.
Et de voir aujourd'hui ce qu'est devenu le Parti Socialiste, de cautionner une alliance avec des gens qui expliquent qu'il faut régulariser plutôt que d'enfermer des terroristes sous le QTF, c'est pour moi une trahison de l'héritage historique de leur parti. Et j'espère qu'ils se réveilleront pour le vote de mardi et qu'ils voteront avec nous. En tout cas, nous nous serons déterminés pour faire passer ce texte à l'Assemblée avant de le faire passer au Sénat.
Un dernier mot là-dessus, sur l'immigration, Eric Ciotti réclame une commission d'enquête parlementaire sur le coût de l'immigration. Est-ce que vous pensez toujours que l'immigration massive est insoutenable pour notre pays, Charles Rodouel ?
Je suis plus que jamais convaincu que l'immigration de masse est insoutenable pour notre pays. Je crois d'ailleurs que c'est un enjeu cardinal de l'élection présidentielle qui vient. Je respecte l'avis d'Eric Ciotti de publier cela, mais je crois qu'on a déjà toutes les données sur cette question. L'Observatoire de l'immigration et de la démographie en a déjà fait les calculs. J'ai moi-même publié des rapports sur le coût pour les finances publiques entre les accords franco-algériens. Et je suis convaincu que ce sujet est un enjeu cardinal de l'élection présidentielle. Et c'est la raison pour laquelle, moi, à titre personnel, je soutiendrai un candidat éminemment pro-européen.
Je soutiendrai un candidat libéral. Et je soutiendrai un candidat qui assume de vouloir réduire massivement l'immigration, parce que c'est un enjeu fondamental pour notre pays.
Vous avez rejoint le parti de la liberté de Guillaume Casbarian, tout en restant membre de Renaissance. Est-ce que, encore une fois, vous militez pour que le bloc central n'arrive pas en ordre dispersé sur l'élection présidentielle ? Vous voulez toujours une candidature unique du centre et de la gauche et de la droite ?
Alors, je souhaite une candidature unique qui défend trois principes. Un, la liberté, notamment par une dérégulation de notre économie, par la libération de l'activité des entreprises, par la défense de la liberté des Français. Je défends une candidature qui est éminemment pro-européenne. Les affaires internationales de ce monde nous montrent que nous avons besoin de la solidarité des peuples européens. Et je défendrai une candidature commune qui assume de rétablir la sécurité dans ce pays et qui assume de vouloir réduire massivement l'immigration.
Que ce soit Gabriel Atral, Édouard Philippe, Brune Retailleau ?
Tous ces gens ont un point commun. S'ils sont deux, ils perdront. S'ils sont un seul et qu'ils se rassemblent, nous pouvons gagner. C'est de leur responsabilité de se mettre d'accord. Leur responsabilité est lourde, je dirais même qu'elle est historique. Parce que sans ce rassemblement, nous aurons l'affrontement identitaire entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Ce n'est pas ce que je souhaite pour mon pays. Et je me battrai coûte que coûte pour l'alliance des forces républicaines qui veulent la liberté, qui veulent la solidarité des peuples européens et qui veulent réduire l'immigration.
Donc vous pensez que l'affrontement RN et les filles est inéluctable à l'heure où on se parle pour 2027 ? Il n'y a pas une voix pour le bloc central ou un candidat du socle commun ?
Non, elle n'est pas inéluctable parce que nous avons les cartes en main. Et la carte en main que nous avons, c'est de nous rassembler. Tous ces gens qui appellent au rassemblement doivent aligner leurs paroles et leurs actes. Je suis par exemple très heureux de voir, Gabriel Attal en a parlé chez vous lundi, qu'il a mis en œuvre des liens avec Horizon et Édouard Philippe pour se coordonner. Oui, mais c'est déjà une première dynamique. Moi, je préfère qu'ils échangent, qu'ils se parlent et qu'ils soient capables de se rassembler plutôt que de les voir diviser à se taper dessus. Mais le point commun de tous ces gens, c'est que s'ils partent diviser, ils disparaîtront.
Nos électeurs ne nous pardonneront jamais. Et s'ils arrivent à rassembler autour des trois piliers que je vous ai décrits, je suis convaincu que nous pouvons susciter l'adhésion et la confiance des Français.
Merci beaucoup Charles Rodouel, député Ensemble pour la République. Vous étiez notre invité ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Merci Charles Rodouel, merci Laurence Ferrari. Et dans un instant sur Europe 1, vos signatures du jeudi à commencer par Charlotte Dornelas.
Charles Rodwell