L'interview de Xavier Bertrand en intégralité
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Bonsoir Xavier Bertrand. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous ce soir. Je rappelle que vous êtes président de la région des Hauts-de-France, Les Républicains, et je le disais tout à l'heure, vous avez créé la surprise hier en annonçant à nos confrères d'Ouest-France avoir l'intention d'être candidat à l'élection présidentielle de 2027. Pourquoi ce qui n'a pas marché hier marcherait aujourd'hui ?
Parce que j'ai appris de mes erreurs, certainement, et que je n'ai pas l'intention de les commettre à nouveau, parce que j'ai peut-être encore plus que la fois dernière la conviction que quand on se bat pour les Français, ils se rendent compte, et du coup ça m'a peut-être aussi donné davantage confiance. Vous évoquez vos erreurs, quelles erreurs vous ne reproduirez pas ? Je les connais bien, je pense, pour en avoir parlé avec mes proches, aussi avec d'autres, mais permettez-moi de les garder au titre de l'introspection.
Ah bah oui, mais attendez, vous le dites, dans Ouest-France également, est-ce que c'est des erreurs de positionnement politique ? Est-ce que c'est des erreurs de stratégie ? Par exemple, le fait d'être passé par une primaire alors que vous vous étiez engagé à être candidat directement, il faut nous en dire un petit peu là.
Non, je vais vous dire une chose, c'est qu'au final il faut être soi-même. Je l'ai été pendant un moment dans cette campagne, je ne l'ai pas été jusqu'au bout. Alors cette fois-ci, je serai moi-même.
C'est-à-dire que vous vous êtes travesti sur quoi ? Sur des questions de fond ?
C'est tout simplement qu'une élection présidentielle est une rencontre. C'est vrai pour une élection municipale, pour une élection régionale, mais plus encore pour une élection présidentielle. Et je pense que c'est ça que je ne changerai pas. Je continuerai à creuser Sillon. Et puis il y a aussi l'autre chose, c'est qu'il y a la question, je pense que nous avons besoin aujourd'hui de davantage de bon sens à la tête de l'État. C'est ça qui est très important. On voit qu'aujourd'hui, le bon sens semble être présent sur le terrain et on voit toutes les difficultés qu'il y a pour prendre des décisions de bon sens. Or, les décisions de bon sens sont celles qui entraînent les Français.
Et je pense que d'ailleurs, il y a aussi un autre aspect, c'est qu'il faut avoir un projet qui ne soit pas un projet catalogue. Ça ne sert à rien. Je pense qu'aujourd'hui, les besoins de nos concitoyens, c'est l'autorité, c'est de savoir si le travail reste toujours une valeur qui permet de s'en sortir, de réussir. Et puis la vraie boussole, c'est l'avenir des jeunes.
– On va parler des sujets de fond, simplement sur vos erreurs. Il y a pire quand même. Là, on a un petit peu l'impression, vous savez, de ce candidat à un entretien d'embauche à qui on demande quel est son principal défaut et qui répond « je suis perfectionniste ». Il n'y a pas plus d'examen de conscience à faire quand on a subi l'échec que vous avez subi ?
– Vous croyez que depuis deux ans et demi, je ne l'ai pas fait, cet examen de conscience ? Vous pensez que quand on s'est préparé depuis des années, qu'on est prêt à aller jusqu'au bout et qu'on ne peut pas aller jusqu'au bout ? Vous pensez que cette épreuve-là, je ne l'ai pas intégrée ? Vous ne pensez pas que je travaillais aussi beaucoup sur moi-même ? Non, non, c'est une évidence que je me présente aujourd'hui en étant différent, c'est vrai, en ayant aussi profondément changé un certain nombre de choses. Je viens de vous en parler à l'instant. Mais encore une fois, c'est aussi une rencontre personnelle, vous l'avez dit. Alors permettez-moi de garder ça aussi au titre de l'introspection.
Mais donc, pour que ceux qui nous regardent le sachent, vous serez candidat à l'élection présidentielle en 2027.
C'est clairement mon intention. Et puis il y a aussi un autre aspect. Certains me disent, mais alors pourquoi maintenant ? C'est vrai que c'est un peu tôt.
Certains peuvent considérer que ce n'est pas forcément la priorité des gens de savoir qui sera candidat dans plus de trois ans.
Mais beaucoup, beaucoup de journalistes me posaient la question. J'avais dit, écoutez, je ne suis pas venu là pour cela, notamment quand on parlait du problème à la rentrée, le problème de carburant, le problème de la vie quotidienne. Vous savez que c'est les sujets qui me tiennent à cœur, quand on a parlé de la crise des agriculteurs. Et là, West France me pose la question. Ce sont eux qui me posent la question. J'avais envie de dire la vérité. Et puis il y a aussi autre chose. Il y a aussi tous mes soutiens.
C'est juste parce que les journalistes vous ont posé la question que vous avez répondu ? Il ne faut pas répondre aux questions des journalistes. Si c'est mieux, mais disons que parfois, Xavier Bertrand, on a été habitué à des politiques, et vous en faites partie, mais comme beaucoup, qui répondent aux questions, comment dire, en oubliant parfois une partie de la question.
Eh bien la preuve que c'est important de changer. Elle m'a posé la question, j'ai répondu sans détour. Et puis il y a aussi autre chose, je viens de vous l'indiquer. Il y a tous ceux qui me soutiennent au travers de nous, France, les parlementaires, ils sont nombreux, les élus locaux, également des militants, et qui me disaient, mais pourquoi on se bat ? Pourquoi on est avec toi ? On est d'accord avec tes idées, celles effectivement d'une droite profondément républicaine, d'une droite de rassemblement, mais c'est pour faire quoi ? Eh bien je leur dis très clairement, c'est pour aller au bout et c'est pour porter les idées, qui sont les leurs, et porter mes convictions.
Et on parlera dans un instant de la crise agricole, d'un certain nombre de sujets de fond, notamment les sujets portés par le gouvernement actuel. Juste avant, je voudrais vous montrer une archive en 2021, après votre défaite à la primaire de droite, interrogée sur votre promesse de mettre fin à vos ambitions politiques nationales si vous perdiez. Voilà ce que vous répondiez, c'était le soir de votre défaite.
– Oui, je l'ai dit, je l'avais déjà dit auparavant, j'ai une belle région, une grande région de 6 millions d'habitants que je dois diriger. – Donc c'est la fin de vos ambitions nationales, vous dites ? – Oui, bien sûr, mais c'est pas nouveau, vous savez, toujours pour habitude de faire ce que je dis.
– J'ai toujours pour habitude de faire ce que je dis. C'est quoi, c'est les promesses n'engagent que ceux qui y croient ?
– On n'est même pas le soir là, on est l'après-midi, je viens de me prendre le ciel sur la tête, 10 minutes, et c'est ma conviction, mais il ne vous a pas échappé non plus que je n'ai pas pu aller jusqu'au bout de cette élection. Je me suis arrêté avant, j'étais arrêté avant avec cette histoire de la primaire. Et ensuite, mais moi aussi, mais aussi mes proches, mes très proches, mon épouse disait, bon, c'est terminé. Et puis je l'ai vu aussi au fur et à mesure en reprenant un nouveau tour de France, avec nous France, j'ai vu des gens qui venaient, nombreux aux réunions, et qui me disaient, il faut continuer à pousser les idées parce qu'il n'y a que vous qui portez ces idées.
– Oui, mais Xavier Bertrand, est-ce que ce n'est pas un peu facile comme argument ? On parle beaucoup de la confiance dans la parole publique. Quand on a un responsable politique de votre envergure qui dit, moi, si je perds cette élection, c'est terminé pour mes ambitions nationales. – Vous l'avez perdue là. – Oui, je sais, donc vous le disiez pendant votre campagne, vous le redites le jour de votre défaite, et puis après, quelques mois plus tard, non, non, mais vous comprenez, on m'a demandé de revenir, donc je reviens et j'oublie tout ce que j'ai dit. Est-ce qu'il n'y a pas un problème de confiance dans la parole publique ?
– Vous savez ce qui est important ? Que ce soit les Français qui disent le moment venu, oui, on a envie que ce soit vous, on n'a pas envie que ce soit.
– Mais donc c'était une promesse en l'air ?
– Oui, la promesse en l'air, quand vous êtes pris un coup, comme celui-là, où je ne suis même pas au deuxième tour, je tiens à vous dire que je me suis pris ça sur moi. Et par ailleurs, il y a aussi un autre aspect, c'est que dans cette élection, j'ai soutenu Valérie Pécresse de toutes mes forces, mais je n'ai pas pu aller au bout de cette élection. – Et donc cette fois, vous voulez y aller.
Un mot encore sur le fond, vous dites à nos confrères de Ouest France, je cite, je suis convaincu qu'il n'y a pas une majorité de fachos dans notre pays. Vous parlez du risque Rassemblement National, vous considérez que le RN, c'est un parti de fachos ? – Non, dites toute la phrase. – Il n'y a pas une majorité de fachos, il n'y a pas une majorité de gens qui sont en colère. – Voilà, c'est-à-dire. – Oui, mais je suis étonné de vous voir utiliser ce mot fachos.
C'est quoi, vous pensez que ça veut dire une chose aujourd'hui ? – Vous pensez que le RN est un parti de fachos ? – Attendez, si je dis les deux phrases, et si je les assume à 1000%, c'est tout simplement parce qu'aujourd'hui, je le vois bien, et c'est aussi la raison de mon combat. Mon combat dans les Hauts-de-France, ça sera mon combat aussi au niveau national. Moi, je ne fais pas partie de ceux qui disent que c'est le tour de Mme Le Pen, que l'extrême droite va l'emporter la fois derrière. – Mais Marine Le Pen, c'est une fachos ? – Écoutez, quand je vous dis aujourd'hui, il n'y a pas une majorité de fachos en France, mais il y a une majorité de gens en colère.
La seule compétence du RN, c'est de savoir capter la colère des Français. Et moi, comme je l'ai fait dans ma région, vous savez M. Duhamel, on est deux à avoir battu Mme Le Pen, M. Macron et moi-même. Sauf que la différence, c'est qu'entre deux élections, je vais faire culer le Front National de 15%.
– Vous êtes le seul à pouvoir battre Marine Le Pen en 2027 ?
– Écoutez, je vais vous dire une chose. Je suis intimement convaincu que ce que nous avons fait dans les Hauts-de-France, qui est une terre difficile, où il y a beaucoup de gens qui étaient désespérés, où la colère était à un niveau très fort, l'exaspération, on a réussi avec mon équipe, ce n'est pas un homme tout seul, à pouvoir faire reculer cette colère et à faire reculer le Front National. – Mais Xavier Bertrand, je n'ai toujours pas compris de qui vous parliez en évoquant les fachos. – Je vous dis tout simplement qu'il n'y a pas une majorité de fachos, de gens qui sont d'extrême droite dans notre pays.
– Marine Le Pen est une facho ? – Non mais pardon, c'est étonnant d'entendre dans la bouche d'un homme de droite utiliser ce terme-là, qui a progressivement disparu du langage d'un certain nombre de responsables politiques. Voilà, c'est pour ça que d'essayer de faire une sorte de transparence là-dessus.
– Je viens de vous le dire, il n'y a pas une majorité de gens qui sont prêts à voter pour l'extrême droite. Mais si aujourd'hui le Front National est à ce niveau-là, et si aujourd'hui on nous annonce, on nous prédit, on s'est résigné à la victoire de Mme Le Pen, c'est parce que les gens sont en colère. Ils sont en colère, pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas aujourd'hui les réponses à leurs problèmes. Voilà exactement ce que je veux dire. Et comme je pense pour ma part… – Vous disiez tout à l'heure qu'il fallait répondre aux questions des journalistes sur la question de… – Qu'il n'y a pas une majorité de fachos.
– Maintenant, si vous voulez que je vous dise que si je combats l'extrême droite, c'est parce que je sais, moi, leur incompétence et aussi leur danger, oui, c'est ce que j'ai fait dans ma région et c'est ce que je continuerai à faire au niveau national. Parce que j'en ai un peu marre aujourd'hui de voir une partie des journalistes, une partie de la classe politique se dire, allez, c'est son tour et ça ne sera pas si grave que ça. – Le Front National aujourd'hui… – Et donc vous êtes le mieux placé pour la battre ? – Écoutez, c'est ce que j'ai fait en tout cas dans les Hauts-de-France. Je l'ai fait dans les Hauts-de-France, à deux reprises.
Vous savez, en 2015, on m'avait dit n'y va pas, elle va gagner à coup sûr. Et il y en a beaucoup d'ailleurs qui se sont déballonnés, qui n'y sont pas allés à ces élections régionales. Moi, j'y suis allé, je l'ai emporté, parce que la gauche a eu un comportement totalement républicain en se désistant. Mais la deuxième fois, il y avait la NUPES avant l'heure, le gouvernement avait dépêché, je crois, cinq ministres, le Front National avait dépêché son porte-parole et on l'a emporté. Parce que les gens se sont aperçus dans la région des Hauts-de-France qu'on avait travaillé pour eux, que je me battais pour eux. Voilà ce qui est important à mes yeux.
Et puis vous savez, je vais aussi dénoncer, moi peut-être que je suis l'un des seuls à le faire, la duplicité du Front National. – C'est-à-dire ? – Vous avez vu aujourd'hui ce qu'a dit M. Bardella, sur le plateau d'un de vos confrères ? C'était ce midi. Il a dit, le RSA, faire 15 heures par semaine, c'est une bonne idée. – C'est-à-dire le projet du gouvernement. – Oui. – Ils ont voté contre à l'Assemblée Nationale. Le Front National a voté contre à l'Assemblée Nationale. Et M. Bardella se permet de venir faire le malin sur un plateau de télévision en disant que c'est une bonne idée. Comment pouvez-vous faire confiance à ceux qui tiennent ce double discours ? C'est impossible.
– Une dernière question que vous avez, Bertrand, sur votre candidature. Quelque chose qui m'échappe, je croyais que Laurent Wauquiez était le candidat naturel de votre famille politique, du moins c'est ce que répète sans arrêt Éric Ciotti. Il se trompe ?
– Eh bien c'est le candidat naturel d'Éric Ciotti. Mais ce n'est pas le candidat naturel de LR.
– Donc ça veut dire que vous ne vous sentez pas tenu par le fait que votre famille politique soutient Laurent Wauquiez.
– Et la question qui se posera à un moment donné, c'est est-ce que notre famille politique veut l'emporter ou pas ?
– Et vous êtes prêt à affronter éventuellement Laurent Wauquiez dans une primaire ?
– Écoutez, moi le vrai sujet aujourd'hui, je vous l'ai dit, celle dont on nous annonce la victoire, c'est Mme Le Pen, ça ne se passera pas comme ça.
– Xavier Bertrand, après les annonces du Président et du Premier ministre, les tracteurs sont rentrés dans les fermes, les points de blocage ont été levés, le gouvernement a réussi à calmer la colère ?
– Je pense que les agriculteurs, aujourd'hui, attendent encore davantage. Il y a des mesures, et ces mesures, elles ont été présentées en deux temps, elles sont là, elles existent, mais le vrai sujet, c'est un changement de logiciel de logique vis-à-vis de nos agriculteurs. La semaine dernière, au Conseil régional, j'ai montré deux dossiers. Un dossier pour le financement des bâtiments agricoles et un dossier pour les jeunes agriculteurs. Ce sont des dossiers qui sont épais comme ça. Tant qu'on aura cela, tant qu'on les contrôlera plus que toute autre profession, ça ne peut pas marcher.
– Le gouvernement a annoncé toute une série de mesures de simplification, est-ce que vous considérez que ça va dans le bon sens de ce point de vue-là ? – Il faut qu'on aille vraiment sur une simplification totale. Moi, par exemple, à la région, j'instruis des dossiers pour l'Europe, par exemple. J'ai besoin aujourd'hui que sur les contrôles, on me les allège comme on l'a fait au moment du Covid. Quand il y a une crise exceptionnelle, on est capable de simplifier tout de suite. Et dès que le cours normal reprend, tout devient compliqué. C'est ça aussi ce bon sens que je demande.
Et puis il y a un autre aspect, c'est que c'est grosso modo la seule profession où il n'y a pas de droit à l'erreur. La présomption de bonne foi, elle n'existe pas pour eux, comme pour les pêcheurs. – Et donc si je vous suis, vous dites qu'il faut aller plus loin, mais globalement ce qui est annoncé va plutôt dans le bon sens. – Oui, mais ça ne suffit pas, c'est ça que je veux dire. Et je ne parle pas en mon nom, je parle au nom des agriculteurs avec qui j'ai encore échangé ce week-end. Et puis il y a aussi autre chose sur laquelle il faut être très précis. Très précis. Le ministre Béchut a annoncé une pause. Non, non. – Alors pour ceux qui nous regardent, il a annoncé une pause
sur ce qu'on appelle le plan éco-phyto, qui est la trajectoire de diminution d'usage des pesticides. Et il a dit que ça sera réglé dans les trois semaines, ce qui aboutit à ce que les ONG, les écologistes, considèrent que l'environnement est la victime des annonces du gouvernement en faveur des agriculteurs.
– Alors il y a la question européenne. En France, on est en République, et pourtant on n'est plus royaliste que le roi. C'est-à-dire que nous, on surtranspose. C'est-à-dire qu'il y a les normes européennes à ce niveau-là, et nous, la France, on remet une couche. Vous ne pouvez pas, notamment sur la betterave, avoir l'interdiction d'utiliser des produits qui sont autorisés dans cinq pays en Europe. Donc ça veut dire que les surtranspositions, c'est terminé, mais aussi on revient sur celles qui ont été engagées depuis cinq ans ou dix ans, M. Duhamel. Ça, c'est un changement profond. Troisième aspect, l'Europe. Le Mercosur, il ne faut pas une pause dans les discussions. Il faut dire non.
C'est ce que dit le gouvernement. Oui, mais il faut aussi se battre au niveau européen, ne pas jouer sur les mots, pour entraîner avec nous d'autres pays européens pour qu'il n'y ait pas cette application du Mercosur. Et vous savez pourquoi ? Quand c'est produit en France, tout le monde a une loupe sur le dos des agriculteurs. Tout le monde. Pour voir comment c'est produit. Quand c'est produit en Europe, on est moins exigeant. Et quand c'est produit à l'autre bout de la planète, plus personne ne regarde rien. Les voies en Argentine, la viande, ils sont piqués au bout de huit semaines aux hormones, alors que c'est interdit en France. Et on autoriserait ces produits.
Et le tout dernier point, les jachères. Le gouvernement a dit qu'il y aurait des...
Là-dessus, le gouvernement a dit qu'on prolonge la dérogation. On a réussi à obtenir à l'échelle européenne la prolongation de la dérogation.
Pas de dérogation. On arrête avec les jachères. Il y a de plus en plus d'humains sur la planète. Plus en plus d'humains. Il faut donc produire davantage. Donc vous ne pouvez pas dire, vous aurez 4% de jachères en moins. Et tenez-vous bien. 10% de... C'est comme si vous, vous avez une émission. Eh bien, on vous dit, c'est 4% en moins. Et puis, il faut aller jouer contre la concurrence. Vous ne pouvez pas faire. Ça, ça dépend si les politiques répondent ou non aux questions.
Et ça, c'est... Je mets ça de... Et c'est même 10% 2030. Une mesure de votre famille politique a pu surprendre. Éric Ciotti, le président des Républicains, propose que chaque agriculteur gagne au moins 1500 euros net par mois. Il y a une double adhésion, les Républicains, la France Insoumise ?
Non, mais ce n'est pas ça la réponse. La vraie réponse pour les agriculteurs, c'est qu'ils vivent de leurs revenus. Ils ne veulent pas une aide, ils ne veulent pas une allocation. Vous l'avez dit, Éric Ciotti ? Écoutez, Julien Dive, qui porte ces questions, notamment avec Collectif des Lururaux, Julien Dive, avec Pascal Gosse, avec d'autres, justement, a dit aussi très clairement les choses. Ce n'est pas ça la bonne réponse. Donc, mauvaise idée. Ce n'est pas la bonne réponse, bien évidemment.
Un mot encore sur l'écologie, Xavier Bertrand, et ce qui se joue à Paris aujourd'hui. Les Parisiens sont appelés à voter sur le triplement du prix de stationnement pour les SUV à Paris, les voitures de plus de 1,6 tonnes. C'est comme ça qu'elles sont définies par la mairie de Paris. Ils paieraient trois fois le prix du stationnement normal. Est-ce que c'est du bon sens, pour reprendre l'expression que vous utilisez tout à l'heure ?
C'est du racket, déjà. Et puis, je ne sais pas comment ils ont... Pourquoi c'est du racket ? Parce qu'ils ont... Vous avez vu le prix que ça va représenter. Une famille qui viendrait, tiens, avec un Renault Espace. Le dernier, il est hybride. C'est bien hybride, on est d'accord ? Eh bien, il sera touché. Il sera concerné. Ne croyez pas qu'ils auraient pu regarder aussi en détail. C'est du vrai racket, parce que je crois que pour eux, ça peut représenter jusqu'à 220 euros la journée. Ça veut dire très clairement que la vie économique à Paris, il faut dire que Mme Hidalgo n'en veut plus. Il faut dire les choses très clairement.
Et puis, d'autre part, ça veut dire que des véhicules hybrides ou électriques qui pèsent plus lourd vont être pénalisés. C'est du grand impressionnant. Mais sur les SUV thermiques, là, pour le coup,
est-ce qu'il n'y a pas une forme de logique à dire pour essayer de faire changer les comportements ?
Mais ça existe déjà au niveau national. Vous avez en fonction du poids. Et puis après, il y a aussi un sujet. On le fait en France. Et pendant ce temps-là, notamment, les Allemands ne le font pas. Oui, alors avec ce genre de réflexion,
Xavier Bertrand, on ne fait pas grand-chose.
Parce qu'il y a toujours plus pollueur que soi-même. Attendez. Je suis le président d'une région où on a décidé de fabriquer les batteries électriques pour les voitures. Les quatre grandes usines de batteries, 2500 emplois à chaque fois, sont dans la région. Je crois à cette transformation. Ce que je veux vous dire, c'est qu'on ne peut pas vouloir l'Europe et puis derrière, vouloir en faire plus que l'Europe. Et puis encore une fois, ce génie français de certains responsables publics qui sont incapables d'améliorer la vie quotidienne, qui sont incapables de décider l'avenir, c'est comme le disait Georges Pompidou, d'emmerder les gens. C'est insupportable.
Et c'est ça qui, d'une certaine façon, fait monter la colère.
C'est pour l'écologie et c'est pour faire en sorte que les villes soient plus vivables. En tout cas, je comprends les arguments
qui sont utilisés par la municipalité. Avec les voitures électriques ? Mais non, les voitures électriques, on sait bien clairement qu'il y a moins d'émissions carbone. Donc il ne s'agit pas justement de les toucher.
Un mot encore d'actualité, Xavier Bertrand. Mercredi aura lieu un hommage aux victimes des attentats terroristes du 7 octobre. Des familles de victimes ont écrit à Emmanuel Macron pour lui demander que la France insoumise ne soit pas invitée. L'Élysée explique que c'est au parti, eux-mêmes, de décider. Emmanuel Bompard, ce midi, invité de BFM politique, a confirmé la volonté des députés insoumis de s'y rendre. Est-ce que ça vous choque ? Est-ce que vous leur demandez de ne pas aller à cet hommage ?
Quelle honte de leur part. Quelle honte. Je pense qu'ils nous ont habitués à cette indignité. Ils n'ont pas condamné les attaques terroristes du Hamas.
Alors ils les ont condamnés, mais ils n'ont pas qualifié le Hamas de mouvement terroriste.
Ils n'ont pas. Ils n'ont pas demandé la libération immédiate de tous les otages du Hamas. Ils ne sont pas rendus en Israël. Et ils ont toujours aussi, par leurs actes, favorisé la montée de l'antisémitisme en France. Et ils seraient présents aux Invalides, le 7, mais quelle honte. Alors c'est vrai, protocolairement, ils sont invités. Mais moralement, il ferait bien de ne pas venir par respect pour les victimes et par respect pour les familles. Donc vous leur demandez de ne pas se rendre à cet hommage. Le protocole est une chose, la morale en est une autre. Que pour la première fois depuis le 7 octobre, ils fassent preuve de dignité.
Xavier Bertrand, la semaine a été marquée par le discours de politique générale de Gabriel Attal avec beaucoup de marqueurs de droite. Aude au travail, travaux d'intérêt éducatif pour les mineurs. Après vous avoir piqué Rachida Dati, le gouvernement continue de vous asphyxier. C'est un gouvernement de droite avec des propositions de droite ?
Alors où sont les réponses en matière pénale ? Vous le savez qu'aujourd'hui, l'une des premières attentes avec le pouvoir d'achat et la vie quotidienne pour les Français, c'est la question de la sécurité. Elle est où la réponse en matière pénale ? Vous avez vu des vraies réponses en matière pénale ? Là, les travaux d'intérêt éducatif, c'est un début de réponse pénale. Vous l'avez dit. Vous l'avez dit. C'est un début de réponse, notamment pour les mineurs. Très bien. Et les centres éducatifs fermés pour les mineurs qui sont effectivement plus dangereux. Est-ce qu'ils sont au rendez-vous ? Oui ou non ? Vous savez, la politique, on le voit bien.
D'ailleurs, regardez les enquêtes qui ont été faites. BFM a publié une enquête. Les Français sont tous d'accord avec ces mesures. Et pourtant, ils sentent que ça ne va pas dans la bonne direction. Pourquoi ?
Parce que c'était... Mais ce ne sont pas des mesures de droite, tout ce que je viens de citer, la suppression de l'allocation de solidarité pour les chômeurs en fin de droit, ces mesures sur les travaux d'intérêt éducatif, même si vous considérez que ça ne va pas suffisamment dans le bon sens. Vous voyez bien que la coloration de ces mesures est de droite. D'ailleurs, il suffisait d'écouter les réactions des uns et des autres après le discours pour voir qu'il y avait une forme de gêne
de la part de vos collègues des Républicains. Vous voulez que ce soit une vraie politique de droite ? Alors, il faut que le président de la République reconnaisse qu'il n'a pas de majorité absolue sans le groupe Liott et sans la droite. Et ça, il ne le veut pas. Mais vous n'en voulez pas ? Attendez, attendez. Emmanuel Macron a gagné l'élection présidentielle. Il a perdu les élections législatives. Il avait la majorité absolue avant 2022. Il ne l'a plus. Il les a gagnés. Xavier Bertrand, vous êtes prêt à former une coalition
avec le président de la République ? Parce que pour faire une coalition, il faut être deux. Vous avez raison de dire qu'Emmanuel Macron ne tente sans doute pas suffisamment la main. Mais vous-même, quand on interroge les leaders de droite sur les plateaux télé, ils disent « Ah non, non, non, nous, on est dans l'opposition. Pas question d'aller parler ou tendre la main
avec le président de la République. » Mais pourquoi ? Parce que le sujet, vous voulez une véritable politique de droite ? Alors, sur l'immigration, vous déposez tout de suite deux textes qui reprend les mesures qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel et le texte sur l'AME parce que je crains que la circulaire soit très en retrait par rapport à ce qu'il faut faire.
Vous considérez que ça c'est une forme de trahison pour reprendre les mots d'Éric Ciotti de dire « On va passer par la voie réglementaire et on ne va pas faire une loi sur l'aide médicale d'État ? »
Mais on s'est fait balader du début jusqu'à la fin dans ce dossier sur l'immigration. Le ministre de l'Intérieur avait dit que le texte qui sortait du Sénat était un très bon texte avant qu'ensuite le président de la République saisisse le Conseil constitutionnel. Même si pour ma part vous le savez moi je ne fais pas le procès du Conseil constitutionnel.
Oui contrairement à Laurent Wauquiez qui a parlé
d'un coup d'État de droit. Quand on sait ce que représente le gaullisme c'est-à-dire pour les institutions la place des institutions quand on est dans l'opposition on ne raconte pas n'importe quoi. Et encore une fois attendez il y a aussi autre chose qu'il faut bien voir. On le voit bien le climat politique est de plus en plus ouvert à la radicalité celui qui sort les plus grosses énormités les extravagances très bien. Si on continue comme ça à force de pousser certains français on va réussir à avoir quoi ? La fin de mandat de Donald Trump aux Etats-Unis où un jour quelqu'un va dire de marcher sur le Conseil constitutionnel ou sur le Sénat ou sur l'Assemblée nationale Vous considérez
qu'on en est là ?
Je pense qu'à force d'avoir des comportements irresponsables c'est le risque. Dans responsable politique il y a responsable. Je suis frappé de quelque chose
vous êtes très critique à l'égard du gouvernement considérant que c'est des mesurettes considérant qu'il n'y a rien fait de sérieux sur la réponse pénale ou sur la sécurité Dans ce cas-là pourquoi ne pas déposer une motion de censure ou éventuellement voter celle de la gauche demain matin en disant on est dans l'opposition donc très clairement notre objectif c'est de renverser le gouvernement ?
Moi je suis favorable pour que le gouvernement change de trajectoire Si à un moment donné sur un texte il y a besoin aujourd'hui de dire au gouvernement stop mettre un coup d'arrêt alors je suis prêt à le faire et un certain nombre de mes amis à l'Assemblée nationale y sont prêts. Là c'est important ce que vous nous dites
pour que les choses soient très claires vous nous dites ce soir je suis favorable à ce qu'une motion de censure de la droite soit déposée qui aurait sans doute pour conséquence que le gouvernement à tal tombe
Sur un sujet précis Lequel ? Je vous le dis écoutez ça peut être la question de la sécurité il faut voir si au bout d'un moment on continue à avoir des lois qui sont de faibles avancées par rapport à son nom d'un besoin Monsieur Duhamel Aujourd'hui tant qu'il n'y a pas de majorité absolue ce gouvernement ne peut rien faire de sérieux et de solide rien de structurant et qu'est-ce qui se passe pendant ce temps-là ? L'exaspération et la colère montent et qui en profite ?
Les extrêmes le Front National en premier c'est ça que je ne veux pas on est en train aujourd'hui de se diriger vers un mur dans trois ans je vous ai dit pourquoi j'avais l'intention d'être candidat mais avant même ces trois ans je continuerai à faire des propositions à apporter des solutions pour qu'on évite cette issue voilà pourquoi je le dis s'il faut changer la trajectoire de ce gouvernement à un moment donné il faudra être prêt à voter une motion de censure
Et en cela votre voix diffère de celle du patron de votre formation politique Eric Ciotti qui jusque-là dit ne pas vouloir de motion de censure on est d'accord
Vous ne toucherez pas ma liberté de penser
Voilà pour paraphraser un chanteur célèbre Xavier Bertrand une dernière question dans les prochains jours le gouvernement devrait être renforcé d'une dizaine de ministres délégués et de secrétaires d'Etat avec une question le maintien ou non de la ministre de l'éducation nationale Amélie Odea-Castera très fragilisée par des polémiques à répétition est-ce qu'elle peut rester au gouvernement selon vous ?
C'est au président de la République et au premier ministre de le dire il y a juste un point j'étais très étonné au départ année des Jeux Olympiques que la ministre des Sports et des Jeux Olympiques ait aussi des fonctions aussi importantes que l'éducation de nos enfants maintenant on va aussi aller plus loin il serait temps aussi que ce gouvernement soit un peu moins à l'intérieur du périphérique et regarde un peu plus loin que le périphérique C'est un gouvernement trop parisien ? Évidemment à de rares exceptions près c'est un gouvernement très parisien mais ça veut dire quoi ?
Ça veut dire c'est une incapacité à sentir la France à ressentir ce que vivent les Français tiens vous prenez les agriculteurs on dirait que le gouvernement a découvert ce qui se passe c'est depuis l'automne qu'il y a l'opération avec les panneaux des communes qui sont renversés Vous êtes disponible pour rentrer au gouvernement si on vous sollicite ?
Je ne suis pas venu ici pour déposer un CV ce soir Donc très clairement ce gouvernement est incapable aujourd'hui de sentir cela et donc il y a l'incapacité à anticiper ça ça angoisse aussi nombreux de Français et puis il y a aussi un autre aspect qui est très important c'est qu'aujourd'hui les décisions toutes les décisions sont prises à Paris Je le vois dans la gestion des inondations chez moi Si les décisions pouvaient être prises sur place sur le terrain y compris par l'État le préfet Là on est obligé M.Duhamel que ça remonte à Paris et que ça redescende Tout ça prend du temps L'efficacité dans notre pays c'est ce que j'appelle la République des Territoires c'est qu'on fasse confiance au territoire Les élus locaux comme les partenaires sociaux On n'est pas des bons à rien comme le pense bien souvent aujourd'hui le chef de l'État On a la confiance des gens Christophe Béchut Gérald Darmanin Ils sont très peu nombreux D'ailleurs le gouvernement aujourd'hui n'aime pas trop les élus locaux parce qu'il n'a pas d'élus locaux Elle est là aussi la vérité
Merci beaucoup
Merci à vous C'est Bertrand d'avoir été l'invité de BFM TV
et de C'est pas tous les jours dimanche
Xavier Bertrand