"On ne choisit pas d'être malade", explique Anne-Sophie Joly, présidente du collectif des associations d'obèses
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse directe
Et ça marche ?
- 1:14OuverteRéponse directe
Vous diriez que c'est le début d'une révolution, ce traitement ?
- 1:43OuverteRéponse directe
C'est admettre qu'on ne soigne pas l'obésité simplement en disant aux gens de manger moins et bouger plus ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Vous disiez qu'il y avait 10 000 personnes qui avaient bénéficié du traitement. Dans les personnes qui peuvent en bénéficier, on est à plus de 1,3 million. On est bien loin du compte ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Vous dites que beaucoup de professionnels de santé ne sont pas suffisamment formés au traitement contre l'obésité ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Les médecins qui disent que ce médicament-là ne fait pas tout, ils ont raison ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21PrésentateurFait
« Le Wegovi et le Mounjaro. »
- 0:26PrésentateurFait
« Le coût est pris en charge désormais par la sécurité sociale et par les mutuelles. »
- 0:26PrésentateurChiffre
« Plus de 10 500 boîtes ont été délivrées dans la région. »
- 1:29Anne-Sophie JolyFait
« L'obésité est reconnue comme étant une maladie par l'Organisation mondiale de l'OMS depuis 1997. »
- 2:35PrésentateurChiffre
« Dans les personnes qui peuvent bénéficier de l'accès à ce soin remboursé, on est à plus de 1,3 million. »
- 3:22Anne-Sophie JolyFait
« Il y a besoin absolument d'acculturation de tous les professionnels de santé. »
- 5:47PrésentateurFait
« L'obligation d'afficher le Nutri-Score, les scientifiques, les médecins le réclament. »
- 7:02Anne-Sophie JolyFait
« Il n'y a aucune réglementation internationale, ni européenne, qui vous dise ça, on peut le mettre dans l'alimentation, ça n'a pas d'effet secondaire. »
Temps de parole
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- ?2 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
D
'ici Provence, ici Matin. 7h46, David Dussiou, l'invité d'ici Matin et l'espoir autour des médicaments contre l'obésité. En France, depuis le 15 juillet dernier, il
y a
deux mots qui peuvent changer la vie de celles et ceux qui vivent avec des kilos en beaucoup trop. Le Wegovi et le Mounjaro. Le premier vient du Danemark, le second des Etats-Unis. Deux médicaments dont le coût est pris en charge désormais par la sécurité sociale et par les mutuelles. Et en quelques semaines, plus de 10 500 boîtes ont été délivrées dans la région. Et ça marche ? Alors, ces traitements permettent de perdre, c'est vrai, rapidement du poids, mais parfois même plusieurs dizaines de kilos. Ils peuvent, cela dit, provoquer aussi des effets secondaires.
Les médecins le rappellent, le médicament ne fait pas tout, le traitement doit s'accompagner d'activités physiques et de nouvelles habitudes alimentaires. Vous avez d'ailleurs entendu ce que racontait tout à l'heure Julien. Ma femme en prend, en fait, depuis
un
an. C'est efficace, presque 30 kilos. Donc oui, c'est quand même assez efficace. Déjà, elle peut refaire plein de choses qu'elle ne faisait plus avant. Elle peut marcher. Voilà, c'est une nouvelle vie. Témoignage recueilli par Laurent Groelet de ICI Provence. Anne-Sophie Jolie, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur ICI Provence. Vous êtes présidente et fondatrice du collectif national des associations d'obèses. Vous diriez que c'est le début d'une révolution, ce traitement
?
Alors, je vous dirais, alors bonjour aux auditeurs déjà, je vous dirais que c'est enfin une chance d'égalité thérapeutique face à d'autres pathologies. Je rappelle que l'obésité est reconnue comme étant une maladie par l'Organisation mondiale de l'OMS depuis 1997. Et en fait, on n'avait pas d'égalité aux chances de traitement. Ça veut dire, pardon Anne-Sophie,
je
dis que rembourser ces médicaments, c'est enfin admettre qu'on ne soigne pas l'obésité simplement en disant aux gens, mais mangez moins et bougez plus. C'est ça, hein
?
Mais c'est exactement ça.
C
'est qu'en fait, moi, ça fait 26 ans que je travaille et que je milite sur l'obésité. Je suis moi-même une patiente.
Alors,
on va soigner les pathologies associées à
l
'obésité qui sont au nombre de 18. Le Covid a été la 19e pathologie. Mais jamais on soignait la source de l'obésité. Or, ça va au-delà de manger moins, bouger plus. C'est beaucoup plus complexe que ça. Et c'est pour ça qu'en plus, on a une progression constante de l'obésité dans le monde et en France. Là, vous disiez qu'il y avait 10 000 personnes qui avaient bénéficié du traitement. Dans les personnes qui peuvent bénéficier de l'accès à ce soin remboursé, on est à plus de 1,3
million. On
est bien loin du compte, en fait.
Vous
dites que beaucoup de professionnels de santé ne sont pas suffisamment formés au traitement contre l'obésité. Oui, encore. Ça veut dire que les médecins, parfois, ont des propos qui sont assez surprenants ?
Alors, il
y a deux choses dans ce que vous dites. Il y a la connaissance de la pathologie en elle-même. Donc là, ça a été marqué par la feuille de route obésité qui a été annoncée par Stéphanie Ries, ministre de la Santé, mi-janvier. Et qui est coordonnée par Judith Aron, qui est professeure et qui est en charge de copiloter cette feuille de route. Donc, il y a besoin absolument d'acculturation de tous les professionnels de santé. C'est-à
-dire
les médicaux et les paramédicaux. Parce qu'effectivement, on ne va pas anesthésier une personne en situation d'obésité comme une personne de stature normale. Les conséquences et les risques ne sont absolument pas les mêmes. Et de l'autre côté, il y a un problème de grossophobie. Et là, effectivement, on en est toujours attaché à ça. C'est-à-dire qu'on est une des pathologies qui se voit. Elle se voit. On ne peut pas dire non, je ne suis pas touché d'obésité. Vous voyez des gens dans la rue, ils ont une hypercholestérolémie qui est au plafond ou une hypertension artérielle. Ça ne se voit pas. Nous, c'est visible. Et en fait, on est très rattaché en corps.
Et c'est ça, on a besoin de la visite du pape, de bienveillance. Et on ne choisit pas d'être malade, qu'importe sa pathologie. Mais on n'a pas besoin de discrimination. En plus, en disant, je ne veux pas soigner une personne en situation d'obésité. Ce n
'est
pas possible. Anne-Sophie
Jolie,
je
rappelle
que vous êtes la fondatrice du collectif national des associations obèses. Vous parlez des médecins. Les médecins qui disent que ce médicament-là, les médicaments dont on parle depuis quelques mois, ça ne fait pas tout. Ils ont raison, là. Ce n
'est
pas le miracle non plus.
Alors, comme
tout médicament, j'ai envie de vous dire, si vous avez une hypertension artérielle et que vous continuez à prendre du café ou à prendre des excitants pour aller dans vos palpitants, ça va être contre-productif. Là, effectivement, ce médicament-là va augmenter la satiété et va réduire la vidange gastrique.
Donc,
il va déjà faire une énorme partie du travail. Maintenant, comme tout médicament, je dis bien tout médicament, ce ne sont pas des solutions miracles. Et là, je renvoie à ce qu
'on
disait tout à l'heure. C'est sur la perception qu'on a elle-même de la maladie, elle-même. Et il est là, l'enjeu. C'est qu'effectivement, on revient au fait que si vous êtes gros, c'est de votre faute que vous mangez de façon disproportionnée et que vous êtes effectivement un feignant qui ne bougez pas. C'est beaucoup plus compliqué que
ça.
Je sais également que vous menez un
combat. L
'obésité, c'est une maladie du tissu adipeux. Le
tissu adipeux
qui se fibrose. Votre combat, vous le menez aussi contre l'industrie agroalimentaire. Pourquoi, à votre avis, le Nutri-Score n'est toujours pas obligatoire en France ? Alors que l'obligation d'afficher le Nutri-Score, les scientifiques, les médecins le réclament. Les médecins et les associations de patients. Il y
a
une pétition aussi qui est en cours, d'ailleurs. Exactement. D'ailleurs, j'invite tous ceux qui le veulent et qui le peuvent de signer cette pétition. Parce qu'on est encore loin du nombre des signataires qu'on doit avoir. Ça doit passer par la Commission européenne. La Commission européenne, effectivement, il y a des lobbies. Les lobbies sont très, très forts. Et effectivement, ils disent non, non, mais nous, ce n
'est
pas de notre faute. On ne force personne à manger. Ceci étant, moi, je dis quand même que lorsque vous créez un médicament, pour revenir à l'exemple des médicaments, il y a des obligations, il y a des contrôles systématiques avant, pendant, après. Sur la composition du médicament, les aliments ne sont pas des médicaments. Mais la première chose à faire,
c
'est, est-ce que l'on sait exactement ce que l'on mange ? Est-ce que l'on sait exactement les conséquences que ça va avoir sur un court, moyen terme sur l'organisme humain ? Il y a 70 ans,
il
n
'y
avait pas autant d'obésité dans le monde. Il faut se poser la question, pourquoi il y a autant d'obésité qui galope ? Ça ne court pas, ça galope. Et en fait, il n'y a aucune réglementation internationale, ni européenne, qui vous dise ça, on peut le mettre dans l'alimentation, ça n'a pas d'effet secondaire. Et ça, effectivement, on n'en met pas ou on en met moins, parce que c'est dangereux pour l'organisme humain. Il n'y a aucune réglementation. Merci Anne-Sophie Jolie. Je rappelle donc que vous êtes la présidente du collectif national des associations d'obèses. Et pour en savoir plus également sur ces nouveaux médicaments, on vous met les articles en ligne sur ici.fr, 7h53.
Et tout de suite, Dracula, tube de l'été en musique.