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interviewEurope 1· 23 juin 2025 4 min

Guerre Israël/Iran : "La France est devenue spectatrice de l'histoire" (François-Xavier Bellamy)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Donald Trump s'est félicité cette nuit des opérations américaines contre les sites nucléaires iraniens. C'est une réussite militaire spectaculaire, a-t-il dit. Il y a eu des dégâts monumentaux, a précisé le président américain.

Est-ce que ce matin, profçoe Xavier Belami, vous vous félicitez sans ambiguïté de l'action américaine et de son résultat ou est-ce que comme le président français vous craignez un engrenage ? La destruction du programme nucléaire militaire iranien ne peut être qu'une excellente nouvelle pour le monde entier, pour Israël bien sûr, qui était menacé tous les jours dans son existence même par les dirigeants iraniens, mais aussi pour nos pays. Parce qu'en réalité ce qui est visé à travers Israël, c'est aussi le monde occidental.

Nos pays ont été directement déjà la cible du terrorisme organisé par l'Iran. Et donc la fin de ce programme nucléaire est une bonne nouvelle pour la sécurité du monde, pour la sécurité du monde occidental en particulier. Pourtant la France ni informé et encore moins partie prenante.

Comment vous expliquez ou vous comprenez la position d'Emmanuel Macron qui parlait il y a encore quelques heures François vous avez Bami de négociation de paix alors que et bien les les bombardiers américains allaient déjà été en vol et aller sur place. Vous savez, je crois que nous sommes en train de vivre un basculement du monde et que les Européens en général ont du mal à le à le comprendre. Pendant longtemps, nous avons cru à un ordre international fondé sur des règles.

C'est l'expression que j'entends aussi souvent à Bruxelles. Nous avons cru que le droit international serait le seul cadre dans lequel se déroulerait toute discussion future. Nous avons cru à ce que Francisque Fukuyama appelé dans les années 90 la fin de l'histoire et aujourd'hui nous vivons la fin de la fin de l'histoire.

Ça ne veut pas dire qu'il faille renoncer au droit, ça ne veut pas dire qu'il faille renoncer à la justice. Mais je crois que nous devons comprendre à nouveau que la justice sans la force est impuissante. C'est la grande leçon de l'histoire de l'Europe.

Et le drame, c'est que les Européens les oublient. Pascal disait, blesse Pascal, pardon de revenir à la philosophie, mais Pascal disait "Ne pouvant faire que ce qui est juste fut fort, on doit faire que ce qui est fort soit juste." Il faut il faut absolument qu'on fasse en sorte que la force soit canalisée par l'exigence de la justice.

Mais le fait est que nous avons renoncé au langage de la force, nous les Européens depuis depuis des décennies maintenant. Quel résultat ? Quelle est notre place, notre influence européenne mais plus singulièrement française dans cette région si stratégique du proche et du Moyen-Orient ?

Mais mais le fait est on est obligé de le constater aujourd'hui, la France, l'Europe sont devenus les spectateurs d'une histoire qui s'écrit sans eux. Et ce n'est pas une fatalité. Pour ma part, ça fait des années que je le dis.

Et je crois que le grand défi pour les pays européens aujourd'hui, pour la France en particulier, c'est de retrouver les moyens de maîtriser leur destin. Je le dis, je le répète, il faut que ça devienne maintenant une réalité concrète. Il faut qu'on investisse dans ce qui nous permettra de retrouver la capacité d'agir.

Et je me permets de dire que ce que nous voyons aujourd'hui sous nos yeux, c'est que la situation dans laquelle nous sommes n'a rien d'une fatalité. On nous a expliqué pendant très longtemps qu'on était maintenant trop petit pour peser que notre PIB dans l'économie internationale était devenu trop léger, que nous n'avions plus le poids lourd qui permettait d'agir en première ligne. Mais c'est faux.

Regardez, un pays comme Israël euh ça n'est pas par son PIB dans le monde qu'Israël aujourd'hui existe. Ça n'est pas par la surface de son pays qu'Israël pèse. Mais Israël est un pays qui s'est donné les moyens de décider de son avec des alliances stratégiques avec un allié euh et bien euh avec euh une alliance de granit hein avec les États-Unis avec des avec des alliances qui ne sont pas non plus des dépendances parce que on voit bien que Israël est aussi en train d'imposer son tempo y compris à son allié américain parfois.

Donc le fait est que la grande question qui est posée pour nos pays et je dis pas par là qu'il faille suivre le modèle d'Israël ou que ce soit un modèle pour nous, je dis simplement que le grand sujet pour nous, le grand sujet du réveil européen, c'est est-ce que nous avons la capacité de retrouver cette volonté d'exister, cette volonté de peser Yeah.