Le Grand Jury de Marine Tondelier
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Présenté par Olivier Bost. Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury en direct sur RTL et sur Public Sénat, Canal 8 de la TNT et sur vos box. Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Vous êtes secrétaire nationale des écologistes. Voulez-vous négocier avec le Premier ministre Sébastien Cornu, le Cornu comme vont le faire les socialistes, ou voulez-vous le faire tomber et renverser Emmanuel Macron comme veut le faire la France insoumise ? Vous revendiquez d'être entre les deux, quelque part entre le PS et LFI, une force agglomérante, dites-vous, de la gauche. Mais là, les écologistes doivent choisir.
Il faudra aussi choisir de partir seul à l'élection présidentielle ou de se ranger derrière une hypothétique candidature commune de la gauche. C'est l'heure des choix dans ce Grand Jury. Bienvenue Marine Tondelier.
Bienvenue, je ne suis déjà pas d'accord avec votre résumé, ça commence bien. On va en débattre.
Exactement. À mes côtés, pour vous interroger, Perrine Tarnot de Public Sénat. Bonjour. Claire Convite du Fidiaro. Bonjour. Dans ce Grand Jury, Marine Tondelier, nous aurons donc une séquence 2027, c'est demain. Nous parlerons aussi du backlash, du retour de bâton pour l'écologie dans notre séquence « Tout est politique ». Et puis, vous répondrez aussi à nos questions express. Le Grand Jury, l'actualité de la semaine. Alors, tout d'abord, Marine Tondelier, avez-vous déjà pris un rendez-vous avec le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, et que lui demanderez-vous ?
Alors, je l'ai eu au téléphone dès sa nomination, quasiment. On a longuement discuté. Il a dit qu'il nous recevrait, mais qu'il voulait, avant de recevoir les oppositions, recevoir les syndicats de ce pays. Et vu le mépris traditionnel des macronistes pour les corps intermédiaires, je me suis dit que j'étais très contente de passer après les syndicats.
Vous dites longuement, ça veut dire que vous vous êtes dit quoi ?
Ce n'était pas deux minutes. Enfin, je pense qu'on s'est parlé à peu près 20 minutes, parce que j'avais aussi beaucoup de choses à lui dire sur l'environnement, qui est très menacé dans ce pays et dans le monde, et ça me préoccupe énormément. Et puis sur la fracture sociale, on voit vraiment que le pacte social de ce pays est au bord de l'explosion. Donc on a beaucoup discuté aussi pour faire connaissance, mais pour répondre à votre question, il nous a dit qu'il nous recevrait après les syndicats, et il ne savait pas encore trop quand il recevrait les syndicats.
J'ai cru comprendre des coups de téléphone entre nos équipes qu'il essaierait de nous recevoir avant le 18, peut-être le 17, mais ce n'est pas encore formellement fixé. Et oui, nous irons le rencontrer parce qu'il a été nommé Premier ministre, et que comme tous ses prédécesseurs, même celles et ceux avec qui on n'était pas du tout d'accord, nous irons les rencontrer. Après, de là à engager des négociations, nous n'en sommes pas là. Pour nous, les choses sont claires. M. Lecornu n'a rien à faire là. On est dans un pays où le camp présidentiel a perdu les élections législatives.
Il n'a rien à faire là et vous allez le rencontrer. C'est un peu paradoxal.
Il est Premier ministre, je respecte, beaucoup plus que les macronistes, cette tradition républicaine, voyez-vous. Et donc oui, le camp macroniste a perdu les élections législatives. Et donc normalement, aurait dû intervenir une cohabitation.
Ce qui, pour ceux qui ne savent pas ce que ça veut dire, dit qu'il a la force politique la plus importante à l'Assemblée nationale, que le socle commun représente 210 députés. Vous reprenez la gauche ou le Rassemblement National.
Vous reprenez leurs arguments, c'est votre droit. C'est ce que je dis. Si vous permettez, je vais garder les miens. Le camp présidentiel a perdu les élections législatives et devrait donc plonger la France dans la cohabitation. Et la cohabitation, pour ceux qui n'ont pas compris, comme Emmanuel Macron, ça veut dire que le Premier ministre est d'un bord différent que le président de la République. Avec M. Barnier, ils avaient au moins fait l'effort de mettre quelqu'un d'un autre parti politique, des Républicains. Et vous savez, à l'époque, attendez, juste, il nous avait dit, c'est pour la stabilité du pays, j'ai pas le choix. C'est le seul qui pourra durer.
Et le résultat, c'est celui qui a tenu à Matignon le moins longtemps de toute la Ve République.
Ensuite, on a eu François Bayrou, qui était un proche.
Et maintenant, on a M. Lecornu, qui est de son propre parti. Ça veut dire que si M. Lecornu tombe, je ne sais même pas comment M. Macron m'est fait pour mettre quelqu'un de plus proche que lui encore, à part peut-être Brigitte Macron, mais je ne pense pas qu'elle soit prétendante au poste. Et donc, ça veut dire qu'on a une forme de trahison du résultat des urnes que les Français ressentent très violemment.
Là, c'était le débat d'il y a un an. Pardonnez-moi. Là, on a un nouveau Premier ministre.
Comme il n'a pas été tranché, ça va le rester. Vous ne pouvez pas dire, il vous a roulé dans la farine, et donc maintenant, il faut passer à autre chose. On ne passe pas à autre chose, voyez-vous, parce que les premiers ministres qu'ils nomment tombent les uns après les autres, et que même les agences de notation, ce qui devrait affoler des Mozart de la finance qu'ils sont censés être, les pénalisent en disant qu'il y a une instabilité.
Vous dites, on ne va pas négocier avec Sébastien Lecornu, mais on va aller le rencontrer.
Je dis qu'on va aller le rencontrer, mais que pour nous, il n'a rien à faire là. Ce n'est pas un Premier ministre que nous allons soutenir.
Vous allez le voir pour redire, vous n'avez rien à faire.
S'il reste Premier ministre, alors nous jouerons notre travail parlementaire. Et oui, les groupes parlementaires, et vous savez que le groupe écologiste est réputé pour travailler énormément en termes d'amendements, de présence en séance, fera son travail du mieux possible. Ce groupe parlementaire qui, je le rappelle, a réussi il y a quelques mois à faire adopter la fameuse taxe Zuckman à l'Assemblée nationale par un travail acharné de Clémentine Autain et Dévassas, qui sont membres du groupe écologiste, qui ont été convaincres largement sur les bancs de l'Assemblée.
Donc oui, si votre question est ce qu'il reste là, est-ce qu'on va travailler avec le gouvernement comme on l'a toujours fait ? Mais est-ce qu'on va soutenir le fait qu'il reste en place ? La réponse est nous.
On va essayer d'éclaircir tout ça.
Qu'est-ce que vous pouvez, à part lui dire qu'il n'a pas de légitimité, qu'est-ce que vous pouvez ou vous voulez lui demander ? Il a déjà renoncé à la suppression de deux jours fériés. C'est une première concession donnée à la gauche. Ça pourrait être vu par vous comme une bonne première décision.
C'est formidable ce pays, c'est que les jours fériés aujourd'hui, on les a. On nous dit que peut-être on ne pourrait plus les avoir. Et quand on abandonne le retrait d'un recul qui n'était pas encore intervenu, on nous présente ça comme une avancée. Non, c'est un statu quo et c'est quelque chose de légitime qu'on garde. Ce n'est pas une avancée. Donc qu'est-ce que vous pouvez demander de plus ? Nous, on va lui parler de quatre choses. La première, c'est la démocratie parce que le lien de confiance qui est censé lier les Français à leur gouvernant est abîmé comme jamais, est au bord de la rupture. Donc ça, on doit pouvoir en parler. Il y a des mesures qui existent.
Un nouvel acte de la décentralisation que Macron promet depuis 2017, sauf qu'il a fait tout l'inverse, la proportionnelle, etc.
Sébastien Lecournier en a parlé, oui.
On veut aussi, évidemment, lui parler environnement. Parce que, j'ai commencé à lui dire, il y a eu 43 reculs environnementaux depuis le début de l'année par ce gouvernement. Et même M. Lecornu était mal à l'aise avec cela. Je vais vous dire, de toute façon, il voit bien que ce qui s'est passé cet été, deux millions de Français qui signent une pétition contre la loi Duplomb, c'est qu'ils sont allés trop loin et qu'il y a peut-être un backlash, je vous le dis en introduction, mais il y a aussi un backlash au backlash. C'est-à-dire que les Français ont compris que quand il y avait un recul environnemental, ce n'est pas Marine Tondelier ou le parti écologiste qui perd.
C'est notre santé, c'est la qualité de l'eau que vous buvez, de l'air que vous respirez, de ce que vous mangez. C'est tout le monde qui perd. Et puis, évidemment, je vais lui parler de justice sociale. Parce que ce n'est pas acceptable, et il le sait, il vient de l'heure, il vient d'un territoire modeste. Quand les 500 plus grosses fortunes de ce pays ont vu leur patrimoine multiplié par 3 depuis 2017, pendant que chaque jour dans ce pays, il y avait plus de pauvres et de plus en plus pauvres, qu'on arrive aujourd'hui à 9,8 millions de pauvres. C'est un record depuis 30 ans. Il sait que ça n'est pas acceptable.
Et j'ai bien senti dans le coup de téléphone qu'il n'avait pas grand-chose à me dire pour me contredire sur l'argumentaire. Après, la question, ce n'est pas le constat, c'est ce qu'il va en faire.
Ces demandes des écologistes n'auraient-elles pas plus de poids si vous étiez au gouvernement ? Si vous ne l'êtes pas, mais si vous étiez au gouvernement ? Nous, nous avons fait ce document qui est le plan de sortie de crise.
Vous avez bien compris la question, c'est est-ce qu'un ministre, des ministres, écologistes...
Nous, on a fait un plan de sortie de crise des écolos, les socialistes ont fait des propositions, tout le monde en a fait. M. Macron fait le choix de ne pas nous nommer. Un gouvernement, ce n'est pas une assemblée délibérative, où on va tous les matins au Conseil des ministres dire, alors personne n'est d'accord, comment on fait ? Non, mais on peut se mettre avant d'accord sur un projet de gouvernement. Un gouvernement, ça doit être compact et cohérent. Je l'ai toujours dit, ça aurait été le cas si nous avions été nommés. C'est le cas quand M. De Cornu est nommé. Si M. Macron voulait que ça change, il n'aurait pas nommé son plus proche au sein du gouvernement.
Il faut arrêter un peu d'expliquer que c'est nous le problème.
Si on prend un pays où les écologistes sont forts, l'Allemagne, c'est exactement ce qu'ils font. Ils font des accords de gouvernement pour gouverner avec des libéraux.
Mais il ne faut pas comparer le système allemand et le système français. Ces cultures, elles découlent aussi d'institutions qui ne sont pas du tout les mêmes.
Nous sommes en France dans la 5ème République. Elles découlent d'une proportionnelle.
Nous sommes dans un pays totalement prédidentialiste, dont les habitants ont demandé à ce que le Premier ministre ne soit pas du bord du Président de la République. Il l'est quand même. J'imagine d'ailleurs qu'après la nomination de M. Lecornu, d'autres surprises pas du tout surprenantes nous attendent, telles le maintien de M. Retailleau à l'intérieur, le maintien de Mme Dattier à la culture, le maintien de M. Darmanin à la justice, et ainsi de suite.
Ça veut dire que dans vos demandes...
Vous ne faites pas croire que parce que nous aurions mis un demi-écologiste dans un gouvernement avec Bruno Retailleau, qui signe des tribunes pour faire des moratoires sur les énergies renouvelables, tout d'un coup on aurait gagné quelque chose. Donc un demi-écologiste... Vous le savez, je le sais, tout le monde le sait, faisons pas semblant.
Un demi-écologiste, ça peut être Yannick Jadot ?
C'est sympa pour lui de qualifier de demi-écologiste.
Non, c'est vous qui dites demi-écologiste.
M. Jadot est parfaitement écologiste, et c'est pour ça qu'il ne sera pas membre de ce gouvernement. Ça vous en êtes sûr. Il n'y a aucun suspense là-dessus. Et je vais vous dire, même M. Lecornu au téléphone m'a tout de suite dit « Je ne ferai pas le jeu des débauchages, je suis profondément respectueux du parlementarisme, et je discute avec un groupe parlementaire où je ne discute pas, mais si je fais rentrer, c'est pas par des débauchages. » Je lui ai répondu d'ailleurs, c'est très gentil et très respectueux M.
Lecornu, mais si vous me dites ça, c'est aussi parce que vous savez, un, que vous ne débaucherez pas grand monde, en tout cas personne chez nous, et que pour ce qui est du parti socialiste, si vous en débauchiez un ou deux, je vois les noms qui circulent, ça serait risible, enfin ça serait ridicule, ça fâcherait énormément les socialistes, ça fâcherait aussi la droite et les socialistes, enfin on serait arrivé nulle part en fait au bout du coup.
Donc attendez, juste pour être clair, Sébastien Lecornu vous a donc dit « Je ne prendrai pas dans vos rangs d'écologistes pour rentrer au gouvernement. » Il a été aussi clair que ça.
Il ne me l'a pas dit que pour les écologistes, il me l'a dit pour l'entièreté des partis de l'opposition, il le rappelle dans son interview d'ailleurs aujourd'hui. Il n'y aura pas ni de socialiste ni d'écologiste au gouvernement de Sébastien Lecornu. Mais non, mais ça m'étonne beaucoup que ça a l'air de vous surprendre, ou alors de vous décevoir, auquel cas je vous en remercie. Mais non, on ne va pas aller dans un gouvernement avec Bruno Retailleau. Et d'ailleurs, si nous le faisions, vous seriez les premiers à dire que ça n'a aucun sens et qu'on ne sait pas où ça va aller. Et vous auriez raison.
Bruno Retailleau que vous citez, c'est une ligne rouge, c'est-à-dire que s'il reste au gouvernement, pour vous, il n'y a pas à discuter avec Sébastien Lecornu ?
Je vous avais dit il y a un peu plus d'un an sur ce plateau même que pour moi, M. Retailleau, ministre de l'Intérieur, c'était un motif de censure à lui tout seul et je n'ai pas changé d'avis. Le problème, c'est que ça n'est même pas le seul motif de censure.
Ah donc, attendez, ça veut dire que si Bruno Retailleau reste au gouvernement, vous censurez Sébastien Lecornu ?
Moi, je ne vote pas à la censure, je ne suis pas parlementaire, mais j'ai toujours dit qu'à titre personnel, la présence de M. Retailleau au ministre de l'Intérieur était un motif de censure à lui tout seul. Quel que soit le projet de gouvernement. Mais, écoutez, ne soyez pas naïfs, ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Si M. Retailleau, dont j'ai d'ailleurs bien lu les interviews dans la presse ce matin, accepter d'aller au gouvernement, ce n'est pas juste en ayant négocié son poste, c'est en ayant négocié une ligne politique. Il dit d'ailleurs, je peux négocier sur tout, sauf sur deux choses.
Un, l'intérêt supérieur des Français, comme tout politique, sauf qu'on n'a pas exactement le même en vue. Et deuxièmement, mes convictions. Ce qui paraît aussi logique. D'ailleurs, c'est ce que je vous explique depuis tout à l'heure, ça vous surprend, mais quand Bruno Retailleau le dit, ça vous paraît normal. En même temps, il a parlé de rupture. S'il finit au ministère de l'Intérieur, c'est qu'il aura négocié sur la ligne politique des garanties de M. Lecornu qui puissent mener la même politique. Et je vous parle de M. Retailleau, c'est un sujet. Mais quand je vous ai dit ça il y a un an, je vous ai dit ça, c'est premier sujet, première ligne rouge.
Mais tous les jours, après la nomination de M. Retailleau, ce gouvernement Bayrou nous a donné des motifs supplémentaires de le censurer. Donc, c'est même pas que M. Retailleau... Marie-Mondelier,
est-ce qu'il n'y a pas une urgence budgétaire ? On a vu que vendredi soir, l'agence American Fitch avait abaissé la notation de la France. Est-ce que la priorité, ce n'est pas justement de travailler au prochain budget de la France avec Sébastien Lecornuch ?
Évidemment qu'il faut travailler au budget de la France. Mais c'est pour ça que toutes les solutions que je vois, quand on parle de dissolution, ça ne nous donnera pas plus un budget. La destitution d'ailleurs non plus. Et donc, c'est à ça qu'on doit travailler. Mais je le dis, ne tombons pas dans l'excès, d'ailleurs dans lequel était tombé complètement M. Bayrou, de dire, tous ceux qui disent qu'il n'y a pas avec moi sont des irresponsables. Enfin, ce bilan, c'est le leur. Quand M. Bayrou dit « La France est un paquebot dont la coque serait percée, il y aurait une voie d'autre. »
Mais là, Sébastien Lecornuch
veut afficher en tout cas une méthode différente. Le bateau à la coque percée de M. Bayrou que tout le monde a en tête. Il n'a jamais insisté sur le fait que le capitaine de ce bateau était Emmanuel Macron et que tout l'équipage était macroniste. Et l'équipage reste macroniste. Et donc, quand vous avez une voiture qui est lancée à pleine vitesse contre un mur, si vous décidez de changer de chauffeur mais que vous ne changez pas de trajectoire, vous continuez d'aller dans le mur budgétaire,
même quand le nouveau Premier ministre dit qu'il veut une discussion parlementaire pour le citer « moderne, franche, de très bon niveau avec le Parti Socialiste, notamment les écologistes et le Parti Communiste. Est-ce que « moderne, franche, de très bon niveau, est-ce que ça, ça vous... » Ce n'est pas déjà une première prise de travail et de discussion ? « Moderne, franche et de très bon niveau,
je ne vais pas vous dire non, moi je préfère que ce soit nul, hypocrite et réactionnaire. » Tout ça, c'est de l'accord. Évidemment que non, mais ce sont des mots. Nous, ce qu'on veut, c'est des actes. Et je vous dis, le fait même que ce soit lui intention de changer de cap. Vous parlez des agences de notation. En dire quand même un petit mot, les agences de notation, c'est quoi ? Ce sont des agences qui visent en fait à discipliner les politiques économiques pour qu'elles aillent dans le sens du marché. Et on a l'impression
qu'il y a en France certains observateurs... C'est pour donner une indication à ceux qui nous prêtent de l'argent aussi.
Évidemment. Mais donc je vois certains qui d'ailleurs, qu'on appelle les Mozart de la finance, mais qui se révèlent plutôt être des Castafiore vu la note que les agences de notation leur donnent. Mais ce que je sais aussi, c'est que moi, quand je me réveille le matin, il y a d'autres indicateurs que je regarde. Je regarde le taux de pauvreté qui n'a jamais été aussi élevé dans ce pays depuis 30 ans alors que les riches sont trois fois plus riches qu'ils l'étaient au début du mandat d'Emmanuel Macron. Je regarde le nombre de Français qui n'arrivent pas à se nourrir. 42% des Français qui sont au SMIC ou moins se privent d'au moins un repas par jour pour des raisons financières.
64% des Français se privent de loisirs en famille.
Ce que vous êtes en train de dire, c'est que le niveau d'endettement est moins important que ces sujets-là ?
Je dis que c'est un indicateur comme peut l'être le PIB qui sont d'ailleurs des indicateurs contestables et contestés, vous le savez. Mais je dis que si on ne gouverne qu'en regardant les sujets financiers et budgétaires, alors on se coupe du pays et on finit par ne plus le comprendre. Et c'est ça qui est en train de se passer. En ce moment, de l'autre côté du poste ou de la télévision, nous regardent des gens dont 39% ne savent pas comment ils vont payer les factures de chauffage cet hiver ou dont 49% n'ont pas eu de vacances du tout pour des raisons financières. 57% des Français aujourd'hui connaissent dans leur entourage proche au moins une personne pauvre.
Et donc, quand ils m'écoutent, évidemment qu'ils voient bien que l'agent de notation, il voit que c'est un sujet, vous n'arrêtez pas d'en parler. Mais eux, ils ont d'autres sujets, le contenu de leur assiette par exemple. Et on ne peut pas naviguer un sujet, un pays, juste avec des indicateurs financiers. C'est ça que je dis et j'aimerais qu'on soit tous très clairs là-dessus aussi.
À propos de mots, Sébastien Lecornu a promis lors de son discours express de passation de pouvoir des ruptures. Vous l'avez interprété comment ce mot « rupture » ?
Alors, la rupture sur la forme, on le voit avec M. Bayrou. Je félicite M. Lecornu de ne pas avoir encore pris son jet privé pour aller à Vernon comme M. Bayrou l'avait fait tout de suite à Pau, ce qui était hallucinant. M. Bayrou, quand vous faisiez un rendez-vous avec lui dans son bureau, c'était préoccupant.
Il vous a appelé aussi au téléphone,
d'accord ? Non, mais je m'avais aussi appelé au téléphone, M. Bayrou, mais il y avait un côté préoccupant dans le ton. On ne le voyait pas trop dans l'exercice, c'était un peu lunaire et tout le monde le trouvait. Il y avait un côté inquiétude, pas juste sur la ligne. Donc, on voit que, pour le dire avec mes mots, M. Lecornu, politiquement, c'est un professionnel, un professionnel de l'exercice politique. Il a compris qu'il fallait respecter les élus, que le parlementarisme était important, il ne dit pas « c'est moi » ou « le chaos ». Enfin, il est plus adroit, on va dire, plus habile. Est-ce que ça veut dire qu'on va être d'accord ?
Je ne le pense pas, mais au moins, je me dis, bon, s'il reste, parce que je ne souhaite pas qu'il reste, je vous rappelle, ce sera quelqu'un avec qui on peut travailler normalement. Bon, est-ce que ça suffit à faire une rupture ? Non, pour l'instant, je vous dis, les choses que je vois annoncées, là, il prend un sujet très fédérateur qui est la santé. Exactement. Il a fait une annonce de proximité. Il y a 87% de ce territoire qui est un désert médical. Je ne vais pas vous dire le contraire, j'habite dans le Pas-de-Calais comme la Seine-Saint-Denis dans un désert médical en plus peuplé, très dense, où il n'a quand même pas du temps.
Vous saluez l'initiative de Sébastien Lecornu d'annoncer, en fait, j'ai toujours pas compris
s'il ouvrait 5 000 maisons de santé, quel médecin il allait mettre dedans puisqu'il y a une pénurie de médecins. Mais je me dis, il a compris, par exemple, que ça, c'était un sujet fédérateur. Il n'a pas commencé par un sujet qui fait exploser toute la classe politique. Est-ce que ça veut dire qu'il fera une vraie rupture politique ? Je reviens sur ce que je vous ai dit et je vous le dirai autant de fois qu'il le faut. Si M. Lecornu a été nommé par M. Macron, c'est-à-dire si M. Macron a choisi quelqu'un qui est proche de lui depuis 2017, sa première campagne présidentielle, c'est sûrement pas pour faire une rupture.
Et je le dis, ça va être plutôt à la fin une rupture avec les Français qu'une rupture dans le style politique. Donc, Marine Tondelier,
vous ne croyez pas à une rupture sur certaines politiques d'Emmanuel Macron ? Je crois qu'il essaye de nous montrer
une rupture sur la forme et qu'il fera, à mon avis, de manière à droite mais qu'il n'y aura pas de rupture sur le fond ou alors quelques petits arrangements cosmétiques pour montrer qu'il a tout fait pour changer mais que c'est tellement compliqué. En tout cas,
ça inquiète déjà parce que le MEDEF met en garde Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre. Si les impôts augmentent, il y aura une grande manifestation patronale. Vous comprenez les inquiétudes des entreprises ? Que le MEDEF
rejoigne sur les barricades, ça fera beaucoup de monde.
Non, mais vous comprenez les inquiétudes des entreprises ?
Déjà, je me rends compte que le MEDEF qui critique chaque mouvement social en disant que ça va ralentir l'activité, bloquer le pays, adopte lui-même nos modes d'action. Donc, c'est une forme de reconnaissance. Ils n'ont pas dit qu'ils descendaient dans la rue. Et l'intérêt de manifester dans ce pays, ce qui doit encourager tous les salariés à nous rejoindre le 18. Même le MEDEF trouve que c'est un bon mode d'action efficace. Et donc, voilà, il y aura une manifestation de 18. Il y aura la manifestation du MEDEF et on verra qui fait le plus de bruit.
Vous allez m'expliquer des propos que vous avez laïqués, comme on dit sur les réseaux sociaux, ceux de David Cormand qui a occupé votre fonction.
Vous suivez les comptes de la France Insoumise, monsieur, parce que c'est eux qui étaient très excités par ce laïc.
Bien sûr. David Cormand a écrit « Seule une entente entre le bloc central et la gauche pourrait espérer réunir une majorité. »
J'ai l'impression que vous faites semblant de ne pas comprendre des choses qui sont très simples en réalité. Donc, je les réexplique une dernière fois. Dans ce pays, il y a aujourd'hui à l'Assemblée nationale trois blocs. Le bloc de gauche, le bloc central et le bloc de l'extrême droite.
Et une partie de la gauche accepte de parler avec le bloc central.
Quand M. Cormand dit ça, il dit très clairement que l'on souhaite un Premier ministre de gauche et écologiste sans macronisme dans le gouvernement. Ce qu'il dit par contre, c'est que ce gouvernement compact de gauche va oui pour devoir faire passer ses textes à l'Assemblée nationale, discuter avec d'autres que lui, puisque mathématiquement il n'a pas les voix, et que plutôt qu'aller discuter avec le Rassemblement national, c'est avec le bloc central que nous devrons discuter. Pas pour trouver un compromis et le plus petit dénominateur commun, c'est-à-dire pour que rien ne change. Moi, je pense que nous aurions dû le faire de manière très offensive si on avait été nommés.
Est-ce qu'aujourd'hui vous êtes dans la même démarche que celle du Parti Socialiste qui dit on va discuter avec le gouvernement ? Quelles sont les différences ?
Je ne pense pas parce que je pense que le Parti Socialiste est un peu emprisonné dans ce truc où il faut qu'on ait l'air crédible à tout prix. Et ils sont tétanisés par le fait que des macronistes ou des milieux autorisés disent ah ben voilà les socialistes ils sont trop proches des insoumis, ils ne sont pas crédibles. Mais le Parti Socialiste voit aussi bien, j'en ai encore discuté avec M. Faure hier à la fête de l'Humanité, voit aussi bien qu'il n'y a pas grand-chose à attendre de ce gouvernement. Donc le Parti Socialiste est aussi traumatisé d'il y a un an quand M.
Barnier était allé construire son budget et comme ils avaient dit par avance qu'ils allaient censurer et bien en fait on a entendu pendant des semaines et des semaines que le Rassemblement National et on a l'impression que c'était le Rassemblement National qui allait défendre les Français ou s'interposer. Donc vous les mettez en garde aujourd'hui ? Attention, ce que je dis c'est que quand moi je mets en garde M.
Lecornu c'est que quand ses prédécesseurs se retrouvaient à discuter juste avec le Rassemblement National en fait ils ont sauté à la corde sauté à la corde et puis à la fin on leur a rappelé de quel côté de la corde ils étaient si vous me permettez cette expression et c'est ça qui s'est passé Mme Le Pen a joué joué joué puis à la fin elle les a lâché
et les mêmes causes doivent aller quand vous rencontrez Sébastien Lecornu mais ne rien négocier avec lui notamment autour d'un projet Mais vous voyez
il y a les socialistes et les écologistes on est dans des styles différents je pense qu'on a beaucoup de points communs mais voilà on n'a pas la même manière de faire la politique moi je ne me suis pas remise du fait qu'ils ne censurent pas le gouvernement en début d'année alors que M.
Retailleau il était à l'intérieur et que j'ai bien vu les efforts qu'ils ont déployés pour dire qu'ils avaient gagné X argent là et X argent là mais c'était rien ils ont essayé de dire grande victoire sur l'environnement on a gagné autant on avait perdu 10 fois plus donc je trouvais qu'à la fin c'était un peu artificiel comme exercice je ne leur en veux pas de le mener mais ce n'est pas nous notre direction si on vous suit bien aujourd'hui toutes les portes sont fermées il n'y a aucune discussion possible nous ne souhaitons pas nous écologistes que M.
Lecornu reste Premier ministre nous trouvons qu'il n'a rien à faire là s'il reste Premier ministre on fera un travail parlementaire normal je vous dis des choses très simples ça a l'air de vous buguer un petit peu donc je reste très détendue mais je fais ce que tout parti politique devrait faire en réalité
vous disiez le parti socialiste est obsédé par la crédibilité vous ce n'est pas votre souci ?
moi je pense que en fait on est crédible devant les français je ne recherche pas l'approbation de quelques milieux autorisés qui de toute manière ne veulent pas que nous gouvernions et donc ne nous donneront jamais le brevet de crédibilité et que quitte à se dénaturer à faire des choses qu'on n'a pas envie de faire à dire des choses qu'on n'a pas envie de dire et qu'on ne pense pas juste pour rechercher l'approbation de gens qui ne vous la donneront jamais je ne vois pas l'intérêt je préfère rester fidèle à moi-même à mes convictions c'est ce qu'ont toujours fait les écologistes et c'est ce dont les français nous remercient au quotidien je suis encore à la fête de l'humanité hier mais c'est le cas quand je suis dans la rue dans le métro on me dit Madame Tondelier merci quand vous parlez on a l'impression que vous portez nos problèmes à nous dont personne ne parle je vous ai parlé tout à l'heure de chiffres de précarité qui sont sortis c'est l'observatoire du secours populaire qui sort hier personne n'en parle tout le monde est sur les agences de notation et bien moi vous voyez je revendique que ces sujets-là m'intéressent plus et que je m'intéresse par exemple à des sujets dont on ne parle jamais en politique comme la solitude un français sur quatre souffre de solitude dans ce pays un français sur quatre ça a des conséquences sur la santé aussi fortes 15 cigarettes par jour on ne s'en occupe jamais et bien moi j'ai envie de m'occuper de ça
Madame Tondelier
juste vous parliez des socialistes qui cherchent une crédibilité est-ce que vous reprenez l'argumentaire notamment qui vient de la droite qui reconnaît que le parti socialiste est essentiel dans l'équation parlementaire mais qu'il y a un petit décalage avec l'attention que leur porte le premier ministre sachant que le PS ça fait moins de 2% à la dernière présidentielle et tout ça
ça ne m'intéresse pas parce que qu'est-ce que c'est ce sont des argusies de chefs de parti j'ai vu un monsieur Retailleau dire dans la presse ce matin oui attention s'il parle plus longtemps avec Olivier Faure qu'avec moi alors que moi je représente autant alors que le score de l'UMP à la présidentielle excusez-moi ou des républicains il n'y a pas de quoi pavoiser non plus et donc j'ai l'impression qu'on est dans une course de petits chevaux dans un bocal d'escargots à dire je vais chronométrer le temps que monsieur Lecornu parle avec lui plutôt qu'avec moi enfin tout ça est ridicule monsieur Lecornu de toute façon il était où le premier jour où il était nommé il a passé l'après-midi chez monsieur Sarkozy donc enfin arrêtons les signaux sont clairs je pense pas que monsieur Lecornu discute plus avec les socialistes mais qu'avec la droite c'est d'ailleurs un problème
si Sébastien Lecornu échoue il y aura sans doute une dissolution est-ce que vous n'avez pas beaucoup à perdre vous les écologistes
vous savez ce que ça veut dire s'il y a une dissolution c'est que vraiment Emmanuel Macron fait de l'obstruction jusqu'au bout et préfère dissoudre plonzer le pays un peu plus dans la crise plutôt que de mettre un gouvernement de gauche et écologiste parce que aujourd'hui le problème c'est pas l'Assemblée Nationale l'Assemblée Nationale elle est peut-être compliquée dans les études politiques mais cette Assemblée Nationale elle est légitime elle a été élue il y a un tout petit peu plus qu'un an c'est pas beaucoup et elle a été élue par un taux de participation record en France depuis 1981 cette Assemblée Nationale est extrêmement légitime même si elle est compliquée à manier pour les différents gouvernements ce qui est illégitime aujourd'hui c'est ce gouvernement et c'est un président de la République qui veut à tout prix maintenir son camp au gouvernement alors qu'il a perdu les élections s'il y a des solutions
est-ce que vous pensez que le nouveau Front Populaire peut se reconstituer instantanément en cas d'élection législative ? je le souhaite et je l'espère
pour une raison très très simple malgré les difficultés que je ne nie pas et que je vis au quotidien parce qu'il y a une rupture entre le Parti Socialiste et les FI j'ai été la première à dire il y a un an que quand on avait Jordan Bardella sur le point d'arriver à Matignon ce que nous disaient 27 sondages sur 27 à l'époque nous avions un devoir un réflexe un instinct à avoir de nous unir pour empêcher ça et pas juste pour bloquer l'extrême droite mais pour provoquer de l'espoir c'est comme ça que nous avons gagné si quelqu'un aujourd'hui sur ce plateau dans vos auditeurs vos téléspectateurs ou dans tout le camp politique si une seule personne a un seul argument pour me dire qu'aujourd'hui le risque d'arriver de l'extrême droite à Matignon ou à l'Elysée de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen celui des deux qui ne sera pas en prison à ce moment-là s'il y a une seule chance qu'il n'arrive pas au pouvoir et un seul argument pour me dire que ce risque est moins fort aujourd'hui alors je l'attends en attendant on n'a qu'une chose à faire se mobiliser pour que ça n'arrive pas se mobiliser pour l'espoir et ça se passe ensemble ou ça n'arrivera pas c'est aussi simple que ça
Avant la pause quelques questions avec des réponses par oui ou par non pour ou contre je sais que ça va être difficile mais
quand c'est binaire comme ça c'est un génial c'est très dur
cela dit ça peut être assez simple faut-il instaurer des peines minimales contre les auteurs de violences contre les représentants de l'Etat Gérald Darmanin a relancé l'idée cette semaine après une agression ultra violente on l'a vu contre un policier à Tourcoing
je ne pense pas qu'on prenne des bonnes décisions en sortant des mesures comme ça après des faits divers c'est pas une bonne manière de gouverner
donc c'est non
les salariés tombés malades pendant leurs vacances vont pouvoir reporter leur congé selon la cour de cassation est-ce que c'est un boulet de plus pour les entreprises ?
c'est une décision de justice donc c'est une décision juste c'est pas le sujet si les entreprises sont contentes ou pas est-ce que c'est une règle difficile à mettre en place ? c'est la loi c'est la loi et son application par le conseil constitutionnel vous êtes contre le conseil constitutionnel ? non ?
je vous pose une question oui ou non ?
la convite
Marine Tonnelier est-ce qu'il faut interdire TikTok ? il y a un rapport parlementaire qui estime que ce réseau social est nuisible à la santé mentale d'une immense partie des jeunes ?
il y a un problème de santé mentale il y a aussi un gros problème de souveraineté parce qu'on sait que c'est un réseau social qui utilise les données pour faire de l'ingérence dans la vie démocratique de notre pays par ses algorithmes c'est pas le seul d'ailleurs mais vous savez quand vous êtes au Parlement européen par exemple les téléphones portables du Parlement européen vous ne pouvez pas télécharger TikTok dessus parce qu'ils considèrent que c'est un logiciel espion qui va après aller chercher les informations donc il y a le problème que vous citez mais aussi un problème de sécurité nationale et oui je pense qu'on doit s'attaquer très très vite à ces sujets-là
mais s'attaquer ça veut dire interdire ?
c'est pas moi qui décide toute seule sur un plateau en une seconde mais ça se regarde et ça discute au niveau parlementaire par exemple
toute dernière question on reparlera de 2027 mais Patrick Sébastien candidat à la présidentielle bah oui ou non ?
non
très bien on va se retrouver dans un instant pour la seconde partie de ce Grand Jury et on parlera notamment de 2027 à tout de suite Marine Tondelier secrétaire nationale des écologistes et notre invitée Perrine Tarnot de Public Sénat et Claire Conruite du Figaro sont à mes côtés pour vous interroger Le Grand Jury 2027 c'est demain alors 2027 c'est demain ou après-demain avec le lancement d'une procédure de destitution d'Emmanuel Macron cette semaine par la France Insoumise alors une procédure qui a recueilli 104 signatures de parlementaires dont une vingtaine du groupe écologiste au-delà du fait que cette procédure Marine Tondelier n'a aujourd'hui aucune chance d'aboutir vous dites aussi Emmanuel Macron démission
alors je veux attirer votre attention sur une chose qui vous explique ce nombre de signatures moi j'étais allée à la réunion de groupe à l'Assemblée Nationale les sénateurs étaient aussi invités voilà le mardi matin à l'époque on ne savait pas qu'ils seraient nommés Premier Ministre et on discute de cette motion de destitution dont moi j'ai toujours dit j'y pense pas tous les matins en réveillance c'est pas mon obsession mais je dis que si Emmanuel Macron continue à faire de l'obstruction alors la question finira par se poser et il y a des expressions différentes dans le groupe vous savez que dans le groupe il y a aussi François Ruffin il y a Clémentine Autain il y a différentes traditions qui se côtoient et in fine ce soir-là il y a très peu de signatures il y a quelques signatures écologistes et c'est ok chez nous on est démocratiques ceux qui pensent qu'ils doivent faire ça le font le lendemain M.
Lecornu est nommé Premier Ministre dans la foulée une quinzaine de députés écologistes disent alors là on n'a pas d'autre choix excédé excédé parce que la veille il disait nous on attend de voir qui il nomme parce que peut-être là il va bien se rendre compte qu'il faut nommer quelqu'un de gauche ou écologiste c'était ça l'ambiance le mardi je veux juste vous dire que vous pouvez estimer que le problème c'est la France insoumise c'est Marine Tondelier c'est les écolos le fait est
que ces signatures
sont provoquées par un geste simple la nomination de M. Lecornu par M. Macron qui pour la troisième fois nomme quelqu'un qui empêche une cohabitation
d'accord Marine Tondelier mais quelles sont les conditions d'une destitution du président de la république qui sont aujourd'hui remplies la constitution est simple claire manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l'exercice de son mandat ils sont où les manquements aux devoirs du président de la république
il a décrété une dissolution seule même Gabriel Attal a été au courant après Pascal Pau normalement par exemple il aurait dû informer la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat avant il ne l'a pas fait ensuite donc tout le pays s'est mobilisé un mois sur cette affaire qui a fait dévisser les taux d'intérêt par exemple entre la France et l'Allemagne qui a inquiété les marchés financiers vous le disiez tout à l'heure et puis on se mobilise tous un mois et finalement ils ne suivent pas le résultat d'élection ils ne nomment pas de premier ministre mais vous ne craignez pas tout ça est un problème moi je ne vous dis pas que cette destitution elle va aboutir demain je vous dis que c'est une possibilité qu'ont les parlementaires de signer une motion de destitution des écologistes si vous étiez député vous la signerez je comprends parfaitement d'autres ont décidé de ne pas encore le faire
pour des raisons je comprends aussi et ça va suivre son cours Marine Tondelier si vous étiez député vous la signeriez en votre nom personnel je pense que je l'aurais signé
je l'aurais signé parce qu'on ne peut pas se laisser comme ça marcher dessus par un président de la République qui a décidé de n'en faire qu'à sa tête de ne plus écouter
ni les parlementaires ni les français mais est-ce que c'est pas un affaiblissement non seulement de la fonction présidentielle mais aussi de notre pays et de notre système mais est-ce que vous considérez que c'est moi
Marine Tondelier et ma prise opposition aujourd'hui qui a faiblit la position présidentielle alors que M.
Macron est le président français le plus impopulaire de l'histoire des présidents de la Ve République qui nous a emmenés là lui-même par ses décisions itératives et donc je vois bien qu'à la fin que ce soit de notre faute mais c'est un peu inverser la charge de la preuve voyez-vous il va y avoir vous l'avez dit des manifestations dans tout le pays le 18 à l'appel de l'intersyndical tous les syndicats ensemble ça n'était pas arrivé depuis la réforme des retraites il y aura aussi une manifestation du MEDEF une manifestation de la FNSEA en fait il serait plus simple de faire la liste de ceux qui ne manifesteront pas justement pour revenir sur la manifestation
de la semaine qu'avez-vous pensé du 10 septembre ça devait être bloquant tout finalement ça n'a pas bloqué grand chose
de toute façon si ça avait été bloquant tout vous auriez trouvé ça scandaleux et puis là ça ne bloque pas tout vous trouvez ça décevant donc on ne trouvera jamais grâce à vos yeux et ce n'est pas grave
moi ce que je retiens du 10 j'ai manifesté le matin
à Calais l'après-midi à Dunkerque avec beaucoup de syndicalistes notamment d'ArcelorMittal de grandes entreprises et puis des plus petites que je respecte énormément et ce que j'ai vu parce que j'en fais beaucoup de manifs dans des petites villes où en général on se dit entre nous ça arrive on connaît tout le monde bon et on est content de faire la manifestation quand même là on se disait il y a plein de gens qu'on ne connaît pas pourquoi ? parce que la veille la nomination de M.
Lecornu avait provoqué chez beaucoup de français un sursaut de non mais là c'est pas possible et donc ce que j'ai vu dans ces manifestations c'est de la colère mais c'est aussi et surtout beaucoup de dignité c'est des françaises des français qui décident de se lever pour leurs droits et moi ça me fait toujours beaucoup de bien parce que ce qui me déprimerait le plus c'est une sorte de démobilisation générale genre tout le monde aurait les bras comme ça qui tombent et n'aurait plus la force de se battre donc j'ai trouvé ça beau je note aussi qu'on nous avait vendu pendant des mois et des mois une manifestation d'extrême droite ultra violente c'était des manifestations plutôt de gauche mais beaucoup plus larges que la gauche dans le calme d'ailleurs Bruno Renaud non pas ultra gauche vous considérez que je suis d'ultra gauche ?
vous considérez que la CGT est ultra gauche ? Bruno Renaud a dit que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon
s'est approprié cette protestation à la base citoyenne et qu'il veut créer un climat insurrectionnel en France
j'avais dit que je voulais que ce soit fait de manière respectueuse et que les français ne pouvaient pas avoir l'impression que s'ils allaient à cette manifestation il marchait j'en ai pas d'un candidat à la présidentielle et ça n'était pas le cas c'était moi-même la condition que j'avais mise et ça n'était pas le cas après j'ai bien vu le jeu des médias et c'est logique ça marche comme ça moi j'étais sur une chaîne concurrente et je faisais un duplex de Calais derrière et donc j'étais dans un tout petit encart en bas et sur tout l'écran on voyait des dizaines de policiers prêts à charger à Gare du Nord où vous savez qu'il y a eu quelques échauffourés et j'étais attendez même là on a un duplex on a 10 minutes pour parler dans un moment où ça se passe bien mais ma voix parle du fait que ça se passe bien et à l'image on imprime dans la rétine des français qu'il y a plein de policiers que c'est hyper violent on a toute l'après-midi ça s'appelle le riot porn vous savez c'est comme du porno mais à base d'émeutes et de poubelles qui crament les gens quand ils zappent ils voient une image avec un truc ils s'arrêtent pour regarder et donc les chaînes d'actualité ont un intérêt objectif en termes de recettes publicitaires et donc d'audience à maintenir ces images toute l'après-midi on a été sur des images d'une façade de restaurant qui brûlait en disant c'est l'ultra-gauche comme vous venez de le faire et puis la procureure de Paris annonce à la fin de l'après-midi qu'en fait c'était des policiers évidemment par inadvertance qui ont mis le feu à ce restaurant donc je dis non ça n'était pas des manifestations d'ultra-gauche c'était des manifestations de travailleurs et des équipades pour leurs droits dans cette analyse du Figaro et l'analyse d'écologie c'était des manifestations et à votre différence j'étais dans ces manifestations et donc le 18 ce sera des manifestations syndicales belles et larges et j'espère qu'enfin elles pourront faire changer les choses
Marine Tondelier pour parler de 2027 et se projeter un tout petit peu vous serez candidate ?
j'ai dit que je donnerais ma réponse à la mi-octobre parce que ce n'est pas des décisions qui se prennent à la légère être candidate à la présidentielle ou à une désignation pour la présidentielle pourquoi mi-octobre ? parce que c'est le temps que je me suis laissé entre les journées d'été et la fin d'année pour consulter pour écouter beaucoup des gens dans mon parti en dehors qui voulaient en parler mais ce qui est sûr je vous le dis en tant que secrétaire nationale du parti c'est que nous souhaitons de tous nos voeux et elle existera une primaire de la gauche et des écologistes est-ce que tout le monde y participera ? on verra je me battrai pour mais elle existera et dans cette primaire
nous souhaitons
qu'il y ait une candidature écologiste forte qui n'y aille pas pour faire de la figuration c'est ça le mandat que j'ai de secrétaire nationale le reste c'est aussi aux adhérents de votre décision
on va revenir sur la primaire de la gauche mais est-ce que le fait de renoncer à vous présenter au municipal tête de liste à Hénin-Beaumont on doit y voir un signe pour la présidentielle ?
absolument pas c'est une décision que j'ai prise il y a très longtemps en réalité au début du mandat 2020 vous le savez peut-être ou pas mais je vous le dis c'est des mandats qui sont très durs les mandats d'opposition partout et je salue tous les élus d'opposition de ce pays dans l'opposition au rassemblement national également je ne regrette rien ça a été une école de la vie et de la formation politique sans nul autre pareil
vous êtes lassée de votre combat ?
non c'est pas que je suis lassée parce que je suis conseillère régionale des Hauts-de-France j'habite cette ville j'y suis élue et donc je vais continuer à porter des combats du bassin minier et des Nimbomont en particulier mais vous voyez moi je ne prends pas les mandats à la légère quand vous vous investissez au municipal c'est pour 6 ans et voilà j'ai été 12 ans élue d'opposition à Hénin-Beaumont on a réussi qui est prête derrière qu'on a contribué aussi à former je ne fais pas partie des gens qui s'accrochent au pouvoir jusqu'à en plus pouvoir et qui quittent la scène en laissant tout le monde dans le désarroi donc voilà il y a une annonce d'ailleurs ce matin même à la braderie des Nimbomont que je rejoins en partant de votre studio pour aller aider l'équipe ils auront tout mon soutien dans cette campagne et moi je continue de là où je suis à Hénin et de partout où je serai sur le terrain
Marine Tondulé vous venez d'évoquer une méthode de désignation en l'idée d'une primaire est-ce que franchement c'est concevable compatible avec un Jean-Luc Mélenchon
c'est Jean-Luc Mélenchon qui va devoir se compatibiliser parce que nous allons le faire et moi je le dis je l'ai dit hier à la fête de l'Huma et vous savez des fois on me dit est-ce que vous ne vous sentez pas un petit peu seul quand vous dites ça non jamais et d'ailleurs repassez-vous la vidéo de la fête de l'Huma vous verrez à l'applaudimètre que le peuple de la gauche et de l'écologie est très très unanime sur cette question y compris des gens qui sont militants dans d'autres parties
sauf qu'il y a un duel qui est en train de s'installer entre probablement Jean-Luc Mélenchon un duel qui est mortifère Raphaël Glucksmann
un duel qui est mortifère
il est sur deux positions je comprends que et Jean-Luc Mélenchon
et Raphaël Glucksmann qui aiment s'échanger des amabilités ils ont par ailleurs aussi eux-mêmes un intérêt à faire monter l'un et l'autre puisqu'ils veulent installer ce duel et qu'il n'y a rien au milieu mais il y a beaucoup de monde au milieu et il y a aussi beaucoup de gens à gauche et chez les écolos qui disent que pour battre l'extrême droite en 2027 et pour être au deuxième tour et pouvoir le gagner alors il faut une candidature unique et donc on va se battre pour ça et moi je le dis à Jean-Luc Mélenchon et à Raphaël Glucksmann dont je connais je ne suis pas d'accord avec aucun des deux ce n'est pas ma cam ce n'est pas ma famille politique et ce n'est pas grave ce sont des partenaires dont je pense que je pense avec qui je travaille sur plein de choses
donc ça doit être ni l'un ni l'autre mais je le dis
je connais leur antifascisme dans leur valeur dans leur histoire dans l'emphase de leur discours
je l'entends et je dis que leur discours
doit être en adéquation avec leurs actes
on peut être
les plus brillants des antifascistes dans le discours si on n'est pas capable de se dire que sa propre stratégie personnelle peut mettre la gauche l'écologie ni le pays dans le mur alors on a un problème
Marine Tordelier vous dites candidature unique à gauche ni Jean-Luc Mélenchon ni Raphaël Glucksmann non je leur dis
que leur place est dans la primaire que nous allons organiser et que quand on vous dites ni l'un ni l'autre c'est ma cam donc si vous voulez
quelqu'un d'autre
moi je serai derrière et avec celui qui remportera cette primaire quelle qu'il soit quelle qu'elle soit Mélenchon a clairement dit qu'il ne voulait pas participer à cette primaire on va voir s'il ne change pas d'avis parce qu'il y a une chose simple il y a une bascule fasciste au niveau mondial c'est comme des dominos qui tomberaient les uns après les autres s'entraînant les uns dans la chute des autres et que l'un des prochains dominos possibles c'est la France et donc tout ce qui est en train de se passer dépasse nos intérêts personnels j'ai pleuré sur France Inter il y a un peu plus d'un an en disant que je trouvais lâche et privilégiée de ne pas comprendre que tout ce qui se passait là ce n'était pas juste une élection c'était l'avis de millions de français c'est 3 millions 3 de français binationaux c'est des femmes c'est des défenseurs de l'environnement
c'est des associatifs c'est des fonctionnaires voire plus peur aux français que le rassemblement national si on lit toutes les enquêtes d'opinion oui mais ça c'est votre avis personnel ce que je vous dis c'est qu'il doit y avoir
une seule candidature de gauche écologiste et je dis à Jean-Luc Mélenchon et à Raphaël Glussmann que s'ils prétendent pouvoir gouverner la France et gagner une présidentielle c'est ce qu'ils disent je les entends alors de quoi aurait-il peur dans la participation à une primaire s'ils sont exceptionnels et qu'ils convainquent tout le monde ils le disent avec beaucoup d'assurance alors venez vous confronter à vos propres électeurs ils choisiront et ils prendront la bonne décision moi je l'ai vu à la fête de l'Umaillère dans la salle c'est pour ceux qui ne connaissent pas il y avait des écologistes des insoumis des communistes des socialistes et puis des gens juste de gauche et écolo qui ne sont pas dans des partis c'était unanime les gens veulent une seule candidature et ils choisiront laquelle et ensuite on fera campagne ensemble avec tout le monde c'est ça qu'on doit faire et si on prend notre chemin on envoie tout le monde dans le mur
Marine Le Pen a fait appel de la peine d'inéligibilité à laquelle elle a été condamnée en première instance dans l'affaire des assistants des parlementaires européens est-ce que ça serait une anomalie démocratique si elle ne pouvait pas se présenter en 2027 ?
ce serait une anomalie démocratique plutôt de changer la loi pour qu'elle puisse se présenter et que son parti
est ce qu'ils annoncent elle a un procès en appel oui
moi je pense que ça n'aurait pas été normal que son appel soit jugé après la présidentielle ils ont fait beaucoup de bruit là-dessus on a vu que de manière très classique ce serait jugé avant donc elle aura le droit à son appel si l'appel dit la même chose peut-être que le problème ce n'est pas la justice mais que c'est Marine Le Pen et ce qu'elle a fait donc en fait il faudra s'y plier moi quand j'entends que le Rassemblement National veut une dissolution pour pouvoir gagner les législatives pour pouvoir être à Matignon pour pouvoir changer la loi pour permettre à Marine Le Pen de se présenter je me dis que leur slogan ancestral les nôtres avant les autres n'a jamais été aussi respecté ces gens veulent arriver au pouvoir pour changer la loi pour eux-mêmes c'est quand même hallucinant hallucinant et ça m'étonne que ça ne fasse plus à plus réagir les gens ils sont complètement égocentrés autocentrés et je pense que ce n'est pas digne des plus hautes fonctions qu'ils prétendent gagner
alors avant la présidentielle il y a les municipales en 2020 les Verts avaient conquis pas mal de grandes villes Lyon Bordeaux Strasbourg Poitiers est-ce qu'aujourd'hui l'éclatement de la gauche menace ces conquêtes et quelle est votre devise nationale au sein des écolos pour partir à l'assaut de ces municipales déjà je ne trouve pas
votre question très ambitieuse parce que vous me posez la question de manière très défensive genre est-ce qu'on va garder les villes qu'on a gagnées non seulement nous devons garder les villes de gauche et écologistes et dans les villes de gauche nous y contribuerons comme les autres forces mais on doit aussi aller gagner des villes
à la droite et c'est sûr mais déjà dans les villes que vous avez gagnées il y a beaucoup de divisions au sein de la gauche pour pouvoir les conserver je ne suis pas spécialement inquiète
parce que je connais le sérieux de nos mères et je connais le sérieux de leur travail et je sais que là on est dans des moments où il y a des grands travaux aussi qui finissent et que sûrement pour la population ce sera plus simple quand ils seront terminés parce que vous savez quand on est écologiste et qu'on dirige une grande ville on ne brasse pas de l'air dans son bureau on engage des choses ambitieuses qui prennent du temps et qui sont courageuses par contre moi je vous le dis mon but n'est pas juste de gagner les villes écologistes et de gauche c'est pas de les garder c'est d'en gagner de nouvelles et je passe beaucoup de temps si vous suivez mes déplacements à aller dans des villes de conquête où l'union doit se faire et elle se fait parfois derrière un écologiste et je remercie celles et ceux qui dans cette ville nous font confiance et parfois derrière d'autres parties de gauche et j'irai soutenir tous les candidats de gauche qui peuvent se faire
un cas concret Marine Tondelier Bordeaux Pierre Hurmik le maire écolo sortant allions-nous faisons une alliance lui il n'a pas envie vous dites quoi ? c'est marrant
ce que vous me posez la question si monsieur Hurmik avait fait alliance avec la France Insoumise vous serez tous en train de durler tous les trois vu les questions que vous me posez sur Jean-Luc Mélenchon et donc moi je reste zen la France Insoumise à Bordeaux aujourd'hui ils sont dans l'opposition et leur opposition a été rude c'est leur droit moi je ne juge pas ça c'est moi-même il est d'opposition ils disent aujourd'hui ah bah finalement on veut travailler avec Pierre Hurmik ça se discute mais chez moi les discussions se font et les décisions se prennent en local pourquoi ?
parce que c'est les adhérents de Bordeaux qui se connaissent c'est les insoumis de Bordeaux et les écologistes de Bordeaux avec aussi les autres partenaires des écologistes à Bordeaux qui doivent discuter et ils prendront la bonne décision dans des villes de gauche écologiste parfois stratégiquement il faut mieux partir séparés au premier tour pour avoir aussi des alliances au deuxième et se présenter sur un projet qui est cohérent voilà donc je n'ai pas d'avis a priori sur la question et j'ai totalement confiance dans Pierre Hurmik pour prendre la bonne décision
vous venez quand même de le donner
mais vous je suis sûre vous avez un avis très autorieux sur la question vous voulez que plus personne ne travaille jamais avec la France insoumise comme monsieur Lecornu qui dit d'ailleurs je vais discuter avec le RN c'est normal parce que c'est quand même un tiers des députés de l'Assemblée ils ont des électeurs c'est logique et qui dans la phrase d'après de la même interview dit je vais discuter avec le PS les écolos et les communistes mais la France insoumise alors là non je ne discuterai pas avec eux comme si les députés insoumis n'avaient pas d'électeurs sachant que les électeurs des députés insoumis sont insoumis mais pas que il y a des électeurs écologistes socialistes communistes et même des gens qui ont fait le pont républicain et que je remercie donc je ne trouve pas ça très respectueux voilà
Marine Tondelier la liberté d'expression est-elle menacée dans le monde c'est-elle mot d'ordre d'une manifestation à Londres à l'appel d'un leader d'extrême droite anglais et à laquelle d'ailleurs plusieurs personnalités de droite et d'extrême droite françaises ont répondu est-ce qu'il y a une menace sur la liberté d'expression
la liberté des uns s'arrête là où celle des autres commence vous le savez bien et que la liberté d'expression elle est quand même encadrée par la loi on ne peut pas tenir de propos racistes de propos antisémites il y a toute une série de propos qu'on ne peut pas tenir et quand les gens franchissent la barrière de la loi et après disent c'est au nom de la liberté d'expression ben non ça ne marche pas voilà
Claire convite
Marine Tondelier l'assassinat de Charlie Kirk qui est un influenceur ultra conservateur un important personnage de la galaxie Trumpiste il a donc été assassiné en plein meeting d'une balle dans le cou est-ce que c'est selon vous un crime contre la liberté d'expression c'est ce qu'est expliqué notamment en substance le sénateur Bernie Sanders
moi j'ai retweeté ce tweet de Bernie Sanders immédiatement parce que je trouve extrêmement digne que quand une personnalité politique est assassinée c'est ce qui s'est passé on réagit de manière très unanime quels que soient les désaccords politiques qu'on a on ne doit pas mourir pour ses idées quelles que soient ses idées et quelle que soit la manière dont on meurt et c'est le cas dans tous les pays du monde donc j'ai une jurisprudence constante là-dessus je signale aussi que ce meurtre qui est terrible et moi je pense sincèrement à toute la famille de Charlie Kirk même si j'ai plein de désaccords avec eux ça ne change rien à ça c'est d'humanité dont il est question ici mais je le dis aussi on doit tous faire attention au débat public parce que la réalité c'est qu'il y a un débat public qui est tellement exacerbé et qui devient violent qu'en fait on envoie en tant que politique l'image aux gens dans nos pays respectifs qu'en fait c'est ok d'être violent et si nous on ne met pas les barrières nous-mêmes à certains types de comportements je ne dis pas qu'on se tire dessus en hémicycle mais vous voyez il y a un truc comme ça qui s'infuse que la violence la brutalité c'est normal et moi je ne suis pas d'accord avec ça je vous ai ramené aussi je vais le décrire pour les gens qui sont à la radio un schéma qui montre quand même sur ce qui est des meurtres extrémistes aux Etats-Unis qu'il y a 93% de ces meurtres extrémistes qui viennent de personnes d'extrême droite qui ont tué d'autres personnes il y a ensuite les meurtres islamistes et d'extrême gauche sur les 371 meurtres extrémistes qui sont recensés dans ce document c'était 347 quand même qui venus de l'extrême droite aux Etats-Unis donc il y a un problème de violence en politique je veux quand même qu'on soit très très clair sur d'où elle vient principalement mais elle doit être contaminée d'où qu'elle vienne
est-ce que on va passer à l'Ukraine est-ce que l'Ukraine peut gagner la guerre est-ce que Vladimir Poutine peut vouloir faire la paix un jour ?
Monsieur Poutine vouloir faire la paix j'ai de sérieux doutes je vois en ce moment à quelle provocation il s'adonne à ces drones qui sont envoyés donc en Pologne depuis là j'ai vu ce matin dans votre loge maquillage que c'était le cas en Roumanie c'est effrayant parce qu'on voit que c'est un c'est de la provocation c'est très clair mais deux il teste en fait nos capacités de réponse commune c'est-à-dire qu'il fait ça c'est un drone c'est pas une menace immédiate mais il veut voir quand il fait ça ce que ça provoque comme réaction est-ce qu'au sein de l'OTAN est-ce qu'au sein de l'Europe la réponse sera unanime ou est-ce qu'il y aura des divisions des fractures
Ursula von der Leyen propose ce mur de drones européens au port de l'OTAN à la limite avec la Russie vous êtes pour ?
je pense oui qu'on va devoir faire des choses qu'on n'a jamais faites monsieur Macron nous avait fait savoir par presse interposée juste au début de l'été qu'il était prêt à nous recevoir avant les vacances pour ceux qui en prenaient pour discuter de la situation internationale en format un peu syndoniste c'est-à-dire tous les partis réunis on avait su ça par la presse on avait été interrogé est-ce que vous avez une date est-ce que vous avez pensé moi je n'avais eu aucun signe autre que ces appels du journaliste et on n'a jamais eu de réunion je pense qu'elle devrait se tenir parce qu'il y a ce qui se passe en Roumanie en Pologne en Ukraine mais il y a aussi ce qui se passe sur notre territoire l'info est passée un peu sous les radars
pour vous la position française n'est pas claire sur le sujet ?
non c'est pas cette position est claire mais je pense qu'on a des questions à poser que je ne veux pas poser sur votre antenne parce qu'il y a des questions des fois de secret défense de sécurité nationale et que dans ces réunions on peut se dire des choses il y a la semaine dernière des têtes de cochons qui ont été déposées devant une mosquée je ne sais même plus si j'ai eu le temps de faire le tweet ou pas avant de savoir ce qui se passait mais évidemment on a envie de réagir tout comme quand il y avait des croix gammées faites dans Paris ou des mains rouges sur le mémorial de Joshua il y a des tentatives de déstabilisation donc on voit ça on est très choqué en disant mais qu'est-ce qui se passe c'est un tel c'est un tel on se monte les uns contre les autres et on constate à la fin que ce sont des agents envoyés par les russes qui viennent déstabiliser nos sociétés la menace russe c'est pas juste des drones en Pologne et en Roumanie c'est déjà sur notre territoire on en avait parlé à la dernière réunion en format chef de parti sur l'Ukraine avec les services de renseignement et je veux que tout le monde soit bien conscient que quand on demande des efforts aux français c'est pas quoi qu'ils pensent des Ukrainiens il y a des gens qui disent oui mais moi les Ukrainiens c'est pas mon problème c'est notre problème à tous parce que ce qui se joue en Ukraine aujourd'hui c'est l'avenir de la sécurité de la paix sur notre continent mais aussi l'avenir de la stabilité de nos démocraties est-ce que quand on aura une élection dans ce pays peut-être plus rapidement que prévu c'est vraiment les français qui décideront ou est-ce que notre opinion sera manipulée par les russes à distance par ce genre de déstabilisation de troubles à l'ordre public organisés à distance c'est extrêmement préoccupant
je parlais en début d'émission du backlash pour l'écologie le retour de bâton l'Union Européenne a dit cette semaine qu'elle reverrait rapidement l'interdiction de vente des voitures thermiques en 2035 ça y est c'est encore un retour de bâton ça ou
c'est une brèche qui s'ouvre alors on n'a pas encore la décision finale moi j'ai cru comprendre que la date de 2035 resterait mais qu'il regardait s'il ne pouvait pas permettre des véhicules hybrides enfin voilà on va regarder dans les détails ce qui se passe mais oui je suis extrêmement préoccupée parce qu'on discute de plein de sujets depuis tout à l'heure qui sont très graves également mais l'iceberg climatique qu'on va se prendre on n'arrive pas à en débattre on n'arrive pas à s'en préoccuper et je le dis dans ce pays Madame Borne on parlait des réunions de Saint-Denis la première elle a duré 13 heures on a pu parler d'écologie les 20 dernières minutes parce que je me suis mise à moitié à pleurer j'étais excédée je leur ai dit mais vous vous rendez compte ça fait 13 heures qu'on parle de tout de combien de collaborateurs j'ai d'argent pour mon parti c'est un âgé de copropriétaire et on ne parle pas de l'environnement qui est quand même le sujet qui nous menace toutes et tous de manière assez imminente et Madame Borne était venue me voir à la sortie en me disant Madame Tondelier on est inquiète vous êtes éco-anxieuse oui oui je suis très éco-anxieuse je vous le confirme mais je ne suis pas la seule dans ce pays mais vous êtes rassurez-vous on va mettre en place la planification
mais politiquement aujourd'hui pour l'écologie c'est beaucoup plus difficile
mais c'est surtout qu'à l'époque on nous avait promu une planification et pour moi une planification c'est un plan qu'on suit comment expliquez-vous si nous avons une planification dans ce pays que les émissions de gaz à effet de serre baissent de 5,8% en 2023 elles baissent que de 1,8% en 2024 donc on voit bien les changements de politique elles ont des conséquences il y a d'autres facteurs mais c'est essentiellement ça et là cette année au premier trimestre les émissions de gaz à effet de serre en France sont reparties à la hausse de 0,2% donc ce qu'on voit c'est que pendant qu'on se dispute pendant qu'il y a cette instabilité ça nuit aussi à l'écologie encore une fois quand ça nuit à l'écologie ça nuit à tout le monde je suis extrêmement préoccupée de ça
c'est ce que vous avez dit Marine Tondelier cette semaine au nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu que vous rencontrerez donc prochainement merci beaucoup pour ce grand jury bon dimanche à tous et on se retrouve la semaine prochaine
Marine Tondelier