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InterviewFrance 2 — Les 4 Vérités (sur Podcast)· 14 novembre 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & international

5 ans de prison et 5 ans d’inéligibilité requis contre Marine Le Pen - Jean-Philippe Tanguy est l’invité des 4 vérités du 14 novembre 2024

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Dans quel état d'esprit elle était ? Est-ce que vous lui avez parlé après ces réquisitoires ou pas ?

  • 1:39RelanceRéponse partielle

    Pourquoi vous mettez en doute à ce point sa probité ?

  • 4:33OuverteRéponse directe

    Est-ce que de votre point de vue aussi, c'est joué d'avance et il y aura condamnation ?

  • 6:15OuverteRéponse directe

    Un mot sur les réactions, vous en avez parlé, c'est vrai qu'il y a des réactions plutôt de soutien

  • 7:05OuverteRéponse partielle

    il serait le candidat naturel pour vous, d'ores et déjà ?

  • 8:51OuverteRéponse directe

    Est-ce que d'un mot ce procès, il empêche aujourd'hui le RN d'être audible sur les grands sujets du moment

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27PrésentateurChiffre
    « 5 ans d'inéligibilité immédiate demandée par les procureurs et 5 ans de prison, dont 2 fermes aménageables. »
  • 0:45InvitéFait
    « Je ne lui ai pas semblé particulièrement affecté malgré, il faut bien dire, des réquisitions complètement irrationnelles »
  • 0:56InvitéFait
    « Un dossier totalement vide qui est couvert par des réquisitions quasi fanatiques »
  • 2:17InvitéFait
    « elle n'avait rien à lui reprocher, mais qu'elle ne pouvait demander à la justice la relaxe, car, je cite, ça lui faisait trop mal. »
  • 3:39InvitéFait
    « initié, faut-il le rappeler, par Martin Schultz, président des socialistes au Parlement européen »
  • 3:47InvitéFait
    « dont le groupe a été pris en flagrant délit avec des valises de billets qataris »
  • 5:17InvitéFait
    « le Parlement européen avait été contraint de reconnaître des faux documents dans cette procédure »
  • 5:41InvitéFait
    « qui à la fois mène les investigations et partie plaignante, ce qui ne respecte absolument pas les conventions de la justice »
  • 9:00InvitéFait
    « Nous sommes auprès des gens, nous sommes auprès des Français, et nous avons seulement les solutions pour rétablir la France »
  • 9:11InvitéFait
    « Nous avions dit que le fait que la Macronie perde le contrôle sur notre électricité, ce serait une nouvelle vague de désindustrialisation »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur21 %
  • Présentateur 23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est l'heure du rendez-vous politique, les 4 V, avec une ambiance électrique. C'est Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National de la Somme, qui est l'invité de Julien. Bonjour et bienvenue. Jean-Philippe Tanguy qui est avec nous ce matin, au lendemain d'une journée difficile. Vous étiez présent au tribunal correctionnel de Paris pour écouter les réquisitions des procureurs aux côtés de Marine Le Pen. Et le parquet a eu donc la main à Lourdes, on le rappelle. 5 ans d'inéligibilité immédiate demandée par les procureurs et 5 ans de prison, dont 2 fermes aménageables. On a vu Marine Le Pen à la sortie, qui était un peu livide, elle a eu l'air très affectée.

Dans quel état d'esprit elle était ? Est-ce que vous lui avez parlé après ces réquisitoires ou pas ?

0:42
Invité

Moi j'ai trouvé Marine Le Pen une fois plus courageuse et stoïque. Je ne lui ai pas semblé particulièrement affecté malgré, il faut bien dire, des réquisitions complètement irrationnelles qui sont inversement d'ailleurs proportionnelles au dossier.

Un dossier totalement vide qui est couvert par des réquisitions quasi fanatiques qui ne vivent en fait qu'à priver les Français d'expression en voulant, en prétendant salir Marine Le Pen et la Rassemblement National, en prétendant avec cette décision, il faut bien dire, cette revendication exécutoire d'éliminer Marine Le Pen de la vie politique, la principale force d'opposition dans notre pays et la principale aussi force d'espoir de notre pays pour une rupture. Donc c'était un moment très difficile pour la démocratie.

1:30
Présentateur

Réquisition quasi fanatique, nous dites-vous, ce matin, c'est une façon de jeter l'opprobre sur la justice. On a quand même besoin d'une foi en la justice, d'une justice solide. Pourquoi vous mettez en doute à ce point sa probité ? Les procureurs, eux, disent qu'ils se sont basés sur un dossier qui n'est pas du tout vide, contrairement à ce que vous dites. Il y a eu plein de témoignages, plein de moments quand même très embarrassants pour certains des accusés lors de ces auditions.

1:52
Invité

Non, c'est essentiellement du vide, d'ailleurs des réquisitions interminables qui ont tourné autour de ce vide, cherchant une petite bête qui n'existait pas. Vous savez, Victor Hugo disait « la forme, c'est le fond qui refait surface ». Il y a eu un moment de vérité hier dans ces réquisitions, c'est quand la procureure a dit à propos d'un accusé qu'elle n'avait rien à lui reprocher, mais qu'elle ne pouvait demander à la justice la relaxe, car, je cite, ça lui faisait trop mal.

Donc, dans cette journée très longue, il y a eu un moment où le masque de cette procureure a lâché et il y a eu ce moment de vérité terrible disant « ce dossier est vide et pourtant je ne peux vous réclamer la relaxe, car ça me fait trop mal. » Il y a eu un émoi d'ailleurs dans les travées, que ce soit les journalistes ou dans le public, parce que ce moment de vérité était terrible, non pas pour la justice, qui n'a pas encore été rendue, et nous on a confiance dans le fait que les juges soient dans la vérité, soient dans le courage pour rétablir la justice.

2:50
Présentateur

– Vous dites que vous avez confiance, mais vous dites que les juges sont… – Non, non, mais ce n'est pas les juges, M. Arnaud.

2:57
Invité

– Le parquet est quasiment fanatique, c'est quand même une expression très très forte. – Mais c'est réquisition, excusez, on demande contre Marine Le Pen, le parquet demande contre Marine Le Pen, cinq ans de prison, dont deux fermes, deux fermes… – Aménageables, aménageables. Non mais d'accord, mais deux fermes… – Elle ne va pas derrière les barons. – Non mais ça d'accord, ça c'est autre chose, deux fermes contre une femme qui incarne l'opposition principale dans notre pays depuis 30 ans, qui incarne l'espoir de tout un peuple. – Mais s'il y a eu des tournements de fonds, s'il y a eu des tournements de fonds, si la justice dit qu'il y a eu des tournements de fonds.

– Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel, et même hier, c'est pour ça que je dis que ce sont des réquisitions irrationnelles, il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas d'emploi fictif, et on arrive avec ce dossier totalement vide, initié, faut-il le rappeler, par Martin Schultz, président des socialistes au Parlement européen, dont le groupe a été pris en flagrant délit avec des valises de billets qataris, donc c'est ce genre de personnes qui ont lancé cette démarche politique.

Et en fait, le procureur, les procureurs, sont une espèce de piège, faisant qu'après 10 ans de procédures racontant absolument n'importe quoi dans tous les médias, ils sont confrontés au vide d'un dossier, et ne peuvent compenser ce vide que par des réquisitions totalement excessives, qui chopent au-delà de toutes les étiquettes politiques, parce que je vois des réactions de démocrates dans toutes les familles politiques. J'ai vu des membres du Modem centriste dénoncer ce qui s'est passé, j'ai vu des membres de la majorité de M. Macron dénoncer ce qui s'est passé, j'ai vu des membres d'autres forces politiques.

Je vois le silence de la gauche qui en dit long, parce que je peux vous dire que si les personnalités dirigeant la gauche estimaient que ces réquisitions avaient le début de rationalité, ils sortiraient du bois, ils sont dans le silence, un silence qui en dit long.

4:33
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, vous nous dites que vous faites confiance au juge, mais on a l'impression depuis plusieurs jours que Marine Le Pen, elle prépare les esprits à une condamnation, comme si le sort en était jeté, c'est ce qu'elle n'arrête pas de dire, hors micro, mais enfin vous savez très bien, vous l'avez entendu. Est-ce que de votre point de vue aussi, c'est joué d'avance et il y aura condamnation ?

4:49
Invité

Non mais nous sommes dans une démocratie, rien n'est joué d'avance. Ce qui est évident dans la façon dont ce procès est tenu, c'est le ton général, la façon dont les prévenus sont interrogés, excusez-moi. Moi j'ai effectivement entendu une façon de mener les débats qui était systématiquement à charge, ne voulant pas entendre les éléments qui montraient que tout cela était une mascarade. Le journal Le Monde a quand même révélé, a quand même acté, le fait que le Parlement européen avait été contraint de reconnaître des faux documents dans cette procédure.

5:24
Présentateur

Il y a aussi d'autres éléments qui ont été présentés, encore une fois, des témoignages qui ont semblé accablants, on verra ce que dit la justice.

5:32
Invité

J'aimerais que la justice telle qu'elle doit être, soit à charge. Non j'ai entendu beaucoup à charge, et si vous voulez moi, quand même, le fait que le Parlement européen, qui est jugé parti depuis le début dans cette histoire, qui à la fois mène les investigations et partie plaignante, ce qui ne respecte absolument pas les conventions de la justice dans toute l'Europe, y compris la Convention européenne des droits de l'homme, arrive à un procès en devant reconnaître, ce n'est pas eux qui l'ont reconnu, c'est Marine Le Pen et ses avocats qui ont réussi à montrer qu'ils avaient utilisé des faux documents.

Et qu'un journal comme Le Monde, qui s'est toujours battu contre Marine Le Pen, soit forcé de reconnaître la gravité de ce qu'on a réussi à démontrer contre le Parlement européen. Ah, et hier, ça n'intéressait pas les réquisitions, le fait que le Parlement européen soit en fait en flagrant délit de faux.

6:15
Présentateur

Un mot sur les réactions, vous en avez parlé, c'est vrai qu'il y a des réactions plutôt de soutien, même hors de votre propre parti, notamment celle de Gérald Darmanin, ça a dû vous surprendre de voir Gérald Darmanin s'exprimer, il dit qu'il serait choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible, et donc ne puisse pas se présenter, combattre Mme Le Pen, ce fait dont les yeux n'est pas ailleurs.

6:31
Invité

Mais comme je vous l'ai dit, effectivement, depuis hier, on assiste quand même à des réactions qui sont rationnelles, démocratiques, qui sont à la mesure de ce que tous les gens, de ce que tous les Français peuvent voir, l'incompréhension face à des réquisitions qui n'ont aucun autre sens que la censure politique. Et c'est extrêmement grave. Et moi, vraiment, je pense aussi à Marine Le Pen, femme courageuse qui, depuis son enfance, son adolescence, fait face à l'injustice, à la violence politique au coup bas, qui reste stoïque, digne, dans cette adversité...

7:03
Présentateur

Si elle ne peut pas se présenter, on voit un autre visage, évidemment, qui est en train d'émerger, celui de Jordan Bardella, il serait le candidat naturel pour vous, d'ores et déjà ?

7:11
Invité

Mais cette perspective n'a pas de sens. Elle a complètement du sens. Non, parce que vous savez, le piège aussi de ces réquisitions extrémistes, excessives, c'est de faire passer dans le pays que Marine Le Pen serait empêchée, même psychologiquement, de pouvoir se battre. Marine Le Pen reste entièrement combative, entièrement dévouée à la cause des Français. Et on ne va pas céder à cette tentative de salissure de procureurs... Si elle est condamnée, il faudra bien céder, c'est la loi. ...de salissure de procureurs qui veulent faire croire que le destin de Marine Le Pen est déjà écrit. Mais si elle est condamnée, vous respecterez la décision des juges. Bien sûr qu'on respectera la justice, M.

Arnaud, ce n'est pas le sujet. Mais respecter la justice, ce n'est pas se soumettre à des réquisitions qui ne sont pas une condamnation. C'est ne pas se soumettre à des réquisitions qui veulent même interdire l'espoir d'appel. Nous sommes une grande démocratie, nous sommes une république. Il y aura la sentence des juges qui peuvent encore faire le choix de la vérité et du courage. Il y aura évidemment l'appel, il y aura toutes les dispositions qui permettront à Marine Le Pen et aux autres prévenus, à nos autres amis, à qui je veux penser aussi, parce qu'il y a d'autres victimes collatérales malheureusement dans ce scandale, de se battre pour leur innocence. Un mot sur Jean.

Et vous savez, moi je pense à des gens qui ont subi en permanence cette salissure. Les hommes et les femmes politiques, elles choisissent le combat. On n'est pas en sucre, on sait ce qu'on affronte. Mais il y a aussi un moment où ce n'est pas parce qu'on est des hommes et des femmes politiques qu'on doit tout accepter, qu'on doit subir des choses injustes, qu'on ne doit pas se prévaloir de nos valeurs, de nos combats pour rester dignes. Car vous savez, le combat pour les Français, il mérite beaucoup de sacrifices, mais je pense qu'il ne mérite pas qu'on soit salis quand on est innocents.

8:51
Présentateur

Est-ce que d'un mot ce procès, il empêche aujourd'hui le RN d'être audible sur les grands sujets du moment, notamment les sujets sociaux, les agriculteurs, les plans sociaux, l'industrie, est-ce que ça baïonne votre parole ?

9:00
Invité

Absolument pas. Nous sommes sur le terrain, aux côtés des agriculteurs, nous dénonçons ce qu'ils subissent, nous dénonçons la nouvelle vague très grave de désindustrialisation. Et qui d'autre que Marine Le Pen avait vu ce qui allait se passer à cause du prix complètement fantasque de l'électricité ? Nous avions dit que le fait que la Macronie perde le contrôle sur notre électricité, ce serait une nouvelle vague de désindustrialisation. Nous sommes auprès des gens, nous sommes auprès des Français, et nous avons seulement les solutions pour rétablir la France.

Et c'est pour ça que Marine Le Pen est la cible du système, c'est que c'est à la fois un vote de rupture, mais c'est surtout un vote d'espoir.

9:31
Présentateur

Des réquisitions quasi fanatiques, nous dit ce matin Jean-Philippe Tanguy, qui donne rendez-vous évidemment au début janvier pour le jugement. Merci beaucoup. Merci à tous les deux, et merci à Vivien Fonvieille pour la traduction en langue des signes.