Instant Porcher | les prix des carburants explosent : pourquoi Macron a encore échoué
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:20OuverteRéponse directe
Autoriser la vente à perte des carburants était-ce la solution pour sauver le pouvoir d'achat des Français ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est la solution d'autoriser dans un petit temps la vente à perte des carburants ?
- 4:41OuverteRéponse directe
Est-ce que l'État doit réduire la taxe sur les carburants et doit encore mettre la main dans le cambouis ?
- 8:08FerméeRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire que les factures vont augmenter de 10 à 20% l'an prochain ?
- 8:31FerméeÉludée
Quel sera le plafond à ne pas dépasser s'il y a une augmentation ?
- 9:32OuverteRéponse directe
Est-ce que ces mesures qui pallient comme des pansements les effets du marché, c'est le chemin à prendre ou est-ce que ça ne résout rien du tout dans le fond ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30PrésentateurFait
« Isabelle Borne a annoncé l'autorisation à titre exceptionnel de la vente à perte sur le carburant pour une période limitée. »
- 1:45PrésentateurFait
« Total et les distributeurs disent non. »
- 1:53PrésentateurFait
« La mesure permettant aux distributeurs de revendre à perte le carburant figurera bien dans le projet de loi présenté mercredi prochain en Conseil des ministres par Bruno Le Maire. »
- 2:21PrésentateurFait
« L'État n'a pas su établir un rapport de force avec les distributeurs, que ce soit les distributeurs de la grande distribution ou les pétroliers. »
- 3:12PrésentateurFait
« Il y a peu de chances que les acteurs baissent les prix comme dans un marché purement concurrentiel. »
- 3:29PrésentateurFait
« Carrefour peut dire, venez chez moi, je vends à perte, l'essence n'est pas chère. Et puis derrière, revendre d'autres produits chez Carrefour, où là, elle fait des marges supplémentaires pour se compenser. »
- 4:04PrésentateurFait
« Les pétroliers l'ont souvent fait. Et de nombreuses études ont montré qu'ils reportaient plus rapidement les hausses des prix du pétrole sur les carburants qu'ils ne reportaient les baisses. »
- 6:12PrésentateurChiffre
« Le taux d'utilisation des transports en commun en Meurthe-et-Moselle, c'est 2%. En région parisienne, à Paris, c'est 60%. »
- 7:12PrésentateurChiffre
« Macron a baissé les taxes de 10, et puis de 18, et puis d'un peu plus. »
- 9:02InvitéChiffre
« Ça va nous coûter, pour le budget de l'État, l'année prochaine, plus de 10 milliards d'euros. »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Présentateur 221 %
- Invité5 %
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Qu'est-ce qu'on en sait ? On n'en sait rien ? La réalité, c'est que l'État n'a pas voulu faire ce rapport de force. Depuis toujours, ils demandent. C'est la politique qu'on va dire, allez les distributeurs, s'il vous plaît, baissez un peu les prix pendant trois mois. Puis on attend que ça remonte et on dira après, s'il vous plaît, baissez les prix. Puis s'ils baissent les prix une fois, ils vont dire, attendez, on a baissé les prix, donc baissez-nous un peu les impôts ailleurs. Ça fait des années qu'on nous dit que le prix de l'électricité va augmenter et il va continuer à augmenter parce que EDF est face à un mur de dépenses énorme.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel Instant Porcher. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous chaque semaine avec Thomas pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre tout ce qui se passe autour de nous. Et cette année, on fait la rentrée à la télé. Oui, vous avez bien entendu, je vous le répétais sans cesse l'année dernière, nous avons réussi grâce à vous le 20 octobre où vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télé des box internet. Oui, nous allons nous frotter aux grandes chaînes. Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique.
Pour constituer notre grille des programmes, nous sommes en pleine levée de fonds sur KissKissBankBank. Rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas. Bonjour Lisa. Alors avec toi aujourd'hui au programme, le fiasco du gouvernement sur les carburants et Valérie Pécresque qui propose un SMIC régional rehaussé. C'est parti ! Autoriser la vente à perte des carburants, était-ce la solution pour sauver le pouvoir d'achat des Français ? Le gouvernement a essayé et il s'est complètement planté.
Interrogé dans Le Parisien le week-end dernier, Isabelle Borne a annoncé l'autorisation à titre exceptionnel de la vente à perte sur le carburant pour une période limitée. Le but, que les distributeurs puissent baisser davantage les prix. A partir de là, l'exécutif parle de baisse de plusieurs dizaines de centimes d'euros. Chou blanc, Total et les distributeurs disent non. De l'aveu d'un conseiller de gouvernement, l'affaire est mal embarquée, mais pas question de faire marche arrière. La mesure permettant aux distributeurs de revendre à perte le carburant figurera bien dans le projet de loi présenté mercredi prochain en Conseil des ministres par Bruno Le Maire.
Ce texte permettra aussi d'avancer les négociations commerciales entre la grande distribution et les industriels rapports politico. Thomas, est-ce que c'est la solution d'autoriser dans un petit temps la vente à perte des carburants ? En fait, l'État n'a pas su établir un rapport de force avec les distributeurs, que ce soit les distributeurs de la grande distribution ou les pétroliers. Comme il est parti du principe que l'inflation allait durer peu de temps, au début il a fait des chèques, il a baissé la partie des taxes de l'État sur les carburants. Et puis aujourd'hui, il ne peut plus faire ça. Et on ne peut pas de toute façon subventionner des prix sur le long terme au bout d'un moment.
Donc là, il lui reste l'outil législatif. Il fait l'outil législatif, c'était de dire, voilà, on autorise les gens à faire de la vente à perte avec cette idée qu'un des distributeurs allait accepter de vendre à perte et qu'il allait avoir une concurrence qui ferait baisser les prix. Alors, il y a deux erreurs. La première, c'est que le marché de la distribution de carburant, il n'est pas concurrentiel. Il y a des gros acteurs de poids. Il y en a un qui est très connu qui s'appelle Total, qui a plus de 30% des stations-services. Puis après, vous avez des carrefours, etc., qui ont quand même des 10% des stations-services, donc qui ont quand même des poids sur le marché.
Donc, on n'est pas sur un marché concurrentiel, on est sur un marché plutôt oligopolistique. Donc, il y a peu de chances que les acteurs baissent les prix comme dans un marché purement concurrentiel. Et puis, la deuxième des choses, c'est qu'en réalité, l'État ne sait pas quelle est la marge nette des pétroliers. Personne ne le sait. Il n'y a qu'eux qui le savent. Donc, même s'ils disaient qu'ils vendaient à perte, c'est possible qu'ils ne vendent pas à perte réellement. Et puis après, ils peuvent se rattraper ailleurs. Ils peuvent donner d'un côté et puis reprendre de l'autre. Par exemple, Carrefour peut dire, venez chez moi, je vends à perte, l'essence n'est pas chère.
Et puis derrière, revendre d'autres produits chez Carrefour, où là, elle fait des marges supplémentaires pour se compenser. Et même, allons plus loin, les pétroliers peuvent dire, par exemple, pour donner l'impression qu'ils sont coopératifs, pour ne pas que l'État mette en place, ce n'est pas son souhait, mais on ne sait jamais une taxe sur les super profits. Les pétroliers peuvent dire, écoutez, voilà, là, on vend à perte, regardez, on est très gentil. On fait des ristournes, regardez, on est très gentil. Mais après, quand les prix du pétrole baissent un petit peu, qu'il y a moins les caméras sur la hausse des prix, là, se rattraper en faisant des marges supplémentaires.
Les pétroliers l'ont souvent fait. Et de nombreuses études ont montré qu'ils reportaient plus rapidement les hausses des prix du pétrole sur les carburants qu'ils ne reportaient les baisses. Donc, c'est très simple de dire, voilà, on va vendre à perte. Mais si derrière, on n'a pas tous les leviers pour vérifier et même pour imposer, ça ne sert à rien. Et moi, je pense que le gouvernement, son but, c'est de dire, regardez, j'ai fait mon boulot, j'ai levé le verrou législatif, donc les gens peuvent vendre à perte. Et les gros méchants, ce sont les pétroliers qui ne jouent pas le jeu. Non, non, ça ne va rien donner.
Et ça montre, en fait, une forme d'impuissance de l'État à établir un rapport de force concret avec les distributeurs. Est-ce que l'État doit réduire la taxe sur les carburants et doit encore mettre la main dans le cambouis, sans mauvais jeu de mots ? Je pense que non, mais il doit changer la fiscalité des carburants. Parce qu'il y a quand même cette idée, depuis longtemps, dans la tête d'un certain nombre d'économistes, de mes confrères que je ne partage pas, qu'il faut augmenter les prix du carburant pour que les gens consomment moins de carburant. C'est une réalité sur le long terme.
Parce que si les prix du carburant deviennent très très chers, vous vous retournez vers des moteurs qui consomment moins, donc des petits moteurs, des petites citadines, ou peut-être la voiture électrique quand vous en avez les moyens. Donc, sur le long terme, c'est positif. Mais sur le court terme, vous emprisonnez les gens dans une dépense contrainte qui va grappiller 20, 30 euros, 40 euros par mois en plus sur des budgets qui sont déjà greffés par l'ensemble de l'inflation sur les autres produits. Et donc, ça amène à quoi ? Ça amène à un sentiment d'injustice qui a amené, on se souvient à l'époque, au mouvement des gilets jaunes.
Donc, on ne peut pas considérer qu'il faille seulement augmenter la fiscalité comme ça, comme ça a été le cas et défendu même par des économistes de gauche et par des journaux de gauche pendant très longtemps avec cette idée, oui, c'est plus cher, donc les gens vont moins consommer. C'est plus compliqué que ça. Il y a des inégalités territoriales énormes dans l'utilisation des carburants et l'utilisation des véhicules, notamment de la voiture. On l'a souvent rappelé, mais il est important de rappeler ce chiffre. À Paris, on est dans les derniers chiffres à 13% d'utilisation de la voiture pour aller travailler. En Grande Couronne, dans l'Ile-de-France, on est à 50% déjà.
Dans le reste de la France, quasiment partout, sauf quelques petits îlots, on est entre 75 et 85%. C'est-à-dire que les gens sont très dépendants de la voiture. Le taux d'utilisation des transports en commun en Meurthe-et-Moselle, c'est 2%. En région parisienne, à Paris, c'est 60%. Donc, il y a des gens qui ont le choix et qui ont une fiscalité qui peut changer leur comportement, qui vont de la voiture au transport, quand d'autres n'ont pas le choix. Et donc, quand vous mettez plus de fiscalité, vous les enfermez finalement dans une dépense contrainte supplémentaire.
Donc, la vraie question était de refonder cette fiscalité, de faire en sorte peut-être qu'elle soit moins chère sur les produits, et puis après, d'ajouter une fiscalité supplémentaire, type vignette de l'époque, qui prenne en compte la puissance de la voiture, mais aussi le département d'où l'on vient. Et au final, quelqu'un qui aurait un 4x4 Porsche à Paris paierait une fiscalité beaucoup plus élevée, ou aurait une pression fiscale beaucoup plus élevée sur les carburants, quelqu'un qui roule en Twingo, en Meurthe-et-Moselle. Mais jamais il n'y a eu de réflexion sur ce type de sujet, jamais.
Et le gouvernement, chaque fois, se retrouve face à une augmentation des prix des carburants et ne sait pas quoi faire. Hollande voulait bloquer les prix, Moscovici a baissé les taxes de 6 centimes, Macron a baissé les taxes de 10, et puis de 18, et puis d'un peu plus, puis il a fait des chèques, puis aujourd'hui il dit qu'il ne peut plus rien faire. Donc le débat va revenir constamment dans l'actualité, s'il n'y a pas une réflexion sur cette refonte de la fiscalité. J'ajouterai une dernière chose, c'est que quand il s'agit de faire de l'évasion fiscale, ou de l'optimisation fiscale, là il y a des mécanismes fiscaux extrêmement compliqués qui sont mis en place.
Il y a des prix comptables, des prix de transfert qui permettent à des compagnies, parfois pétrolières comme Total, de ne pas payer d'impôts là où il y a une forte fiscalité, et d'en payer là où il n'y en a pas. Il y a même un impôt qui a été inventé, comme le bénéfice mondial consolidé, qui a été inventé par des hauts fonctionnaires français, qui visent pour des grandes multinationales à rapatrier leurs pertes pour baisser leurs impôts en France, vous vous rendez compte ? Donc on peut parfois aussi avoir une ingénierie un petit peu fiscale, mais aussi qui s'adresse aux consommateurs pour une fois. Et sur ce point, il n'y a jamais de débat.
Comme pour l'électricité, il y a Bruno Le Maire qui assure travailler pour le pouvoir d'achat des Français, on écoute.
Est-ce que ça veut dire que les factures vont augmenter de 10 à 20% l'an prochain ? Non. De combien ? Non, il en est hors de question. Et je suis incapable de vous dire, s'il y aura même une augmentation en janvier, ça dépendra totalement des prix d'électricité. Mais nous continuons à payer 37%. Donc c'est une possibilité qu'il y ait une augmentation en janvier ? C'est une possibilité, mais certainement pas de cet ordre-là. Et c'est une possibilité aussi qu'il n'y ait pas d'augmentation. Quel sera le plafond à ne pas dépasser s'il y a une augmentation ? Il est hors de question d'avoir une augmentation de 10 à 20%. Quel est le plafond ?
Je ne veux pas vous donner, vous voyez que 10, ça peut être le plafond, mais il peut se trouver que le prix de l'électricité nous permet de ne pas avoir d'augmentation en janvier. Je ne peux pas vous le dire aujourd'hui. Il faut que vous remettrez un bouclier tarifaire sur l'électricité, si nécessaire. On ne va pas remettre un bouclier tarifaire, Thomas Soto. Il existe. Il n'a pas été. Il a été supprimé sur le gaz. Il existe encore. Nous payons aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, 37% de la facture d'électricité des ménages. Ça va nous coûter, pour le budget de l'État, l'année prochaine, plus de 10 milliards d'euros. Nous continuons à protéger.
Nous continuons à accompagner les ménages les plus modestes. Petite hausse d'électricité, mais ça ne sera pas 10% quoi qu'il arrive. Mais ce ne sera pas 10% et quoi qu'il arrive, nous maintiendrons une protection sur l'électricité en 2024.
Donc, on ne saura pas de combien sera la hausse de l'électricité en janvier. On voyait Bruno Le Maire un peu perdre du cheveux et rire pendant l'extrait. Et on l'a entendu, Bruno Le Maire, par contre, assure mettre la main au portefeuille pour les ménages. Est-ce que ces mesures qui pallient comme des pansements les effets du marché, c'est le chemin à prendre ou est-ce que ça ne résout rien du tout dans le fond ? Ça peut soulager les ménages, effectivement. Là, il y a une inflation, les ménages sont attaqués de partout.
Et c'est vrai que l'État, plutôt que de vouloir indexer les salaires sur les prix, parce qu'il a refusé toujours cette solution, parce qu'ils nous ont dit que ça allait alimenter et ça allait créer de l'inflation, donc ça allait faire augmenter l'inflation. Or, on se rend compte qu'aujourd'hui, il faut le rappeler, c'est que les pays qui ont des mécanismes d'indexation, le Luxembourg, la Belgique et Malte, ont une inflation pour la plupart de ces pays en dessous de la moyenne de la zone euro. Ce qui veut dire que ça n'alimente pas l'inflation comme ça a été dit. Il n'y a pas cette boucle salaire-prix qui se met en place.
Mais comme le gouvernement a refusé de prendre cette piste, ce qui lui aurait évité de faire cette série de boucliers, il se retrouve à faire des boucliers à droite et à gauche. Alors, il ne fait plus sur le gaz, il ne va pas le faire sur le carburant. Là, il le fait encore sur l'électricité. Mais il faut être honnête, c'est-à-dire que ça fait des années qu'on nous dit que le prix de l'électricité va augmenter, et il va continuer à augmenter parce que EDF est face à un mur de dépenses énorme. Le grand carénage, c'est-à-dire l'allongement de la durée des réacteurs de 40 à 50 ans, parce qu'ils étaient prévus pour 40 ans, il faut les remettre à niveau pour 50 ans, c'est 50 milliards.
Qui c'est qui va le payer ? Ça va être sur la facture du consommateur. Les EPR avec Flamanville et les surcoûts qu'il y a eu, ça va être sur la facture du consommateur. Donc, on n'aura pas le même prix de l'électricité d'antan. Donc là, il va falloir aussi préparer les gens et leur dire que l'électricité va augmenter. Alors, comment on fait maintenant pour que les gens aient une meilleure facture ? Il faut qu'ils consomment moins d'énergie. S'ils en consomment moins, il faut la rénovation des bâtiments. Mais il faut aussi comprendre que le nucléaire, le nucléaire est une énergie qui produit plein pot en quasi illimité.
Et c'est ça aussi qui amène souvent à ne pas faire des économies d'énergie parce que nous avons de l'énergie plein pot. Donc, si nous faisons du nucléaire et qu'il y a de l'énergie plein pot, il faut que le prix de l'électricité soit peu cher. C'est le pari. Mais si ce n'est pas le cas et que le nucléaire devient beaucoup plus cher, ce qui va être le cas, c'est quasiment sûr, il va falloir trouver des moyens pour moins consommer et pour que la facture diminue. Donc, la solution, ça va être de moins consommer. Mais comment faire pour les ménages les plus pauvres qui déjà sont au plus bas de la consommation, qui ne peuvent pas moins consommer ? En fait, ce n'est pas un adaptement individuel.
Ce n'est pas une demande d'adaptation de l'individu, comme ça a été dit l'année dernière. L'année dernière, en fait, on a eu tellement peur d'avoir des blackouts qu'on a dit aux gens, c'est la fin de l'abondance, il faut faire attention, mettez le chauffage à 19 degrés. Ce n'est pas ça, parce qu'il y a déjà un tiers des Français qui le font, même 50% des Français qui le font, qui s'adaptent naturellement. La question, c'est d'adapter les infrastructures globales, les ministères, les entreprises, les lycées, les collèges, de faire en sorte que tout ce qui peut consommer moins, consomme moins.
Donc, c'est plutôt dans l'adaptation de l'infrastructure, dans les dépenses qui doivent être faites en rénovation de bâtiments, en économie d'énergie, que sur une demande d'adaptation individuelle. Mais encore une fois, la politique à courte vue, c'est la politique, on va dire, allez les distributeurs, s'il vous plaît, baisser un peu les prix pendant trois mois. Et puis, on attend que ça remonte, et on dira après, s'il vous plaît, baissez les prix. Puis, s'ils baissent les prix une fois, ils vont dire, attendez, on a baissé les prix, donc baissez-nous un peu les impôts ailleurs. Ça, c'est de la politique à courte vue.
Et c'est pareil quand on dit, les amis, serrez-vous la ceinture, mettez le chauffage à 19 degrés, parce qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait comme rénovation pour les bâtiments. C'est de la politique à courte vue.
La politique à long terme, c'est la politique qui vise à faire en sorte d'avoir des plans, une planification, un certain nombre de rénovations tous les ans, rénovation des bâtiments publics, des entreprises, etc., pour que l'on consomme moins d'énergie et qu'à partir du moment où l'on consomme moins d'énergie, la consommation d'électricité soit complètement fournie par notre production et qu'on n'ait pas besoin d'aller chercher l'électricité qui est produite avec du gaz à un prix qui serait beaucoup plus élevé. Et pour la planification, justement, Emmanuel Macron va l'annoncer. Et donc, ce sera notre sujet de la semaine prochaine, on le dit déjà en avance.
Tu parlais des distributeurs pour lutter contre l'envolée des prix. Elisabeth Borne a également dit avoir demandé aux plus gros industriels et à la grande distribution d'accélérer les négociations annuelles. Je cite la Première ministre, toujours dans le Parisien. Un projet de loi va être présenté en Conseil des ministres à la fin du mois par Bruno Le Maire. Le texte doit être adopté à la mi-novembre, mais les négociations pourront commencer avant son adoption pour qu'elles aboutissent et à la fin de l'année ou plus tard, début 2024. Est-ce que c'est suffisant ou est-ce que c'est la même chose que tu racontes ? Mais non, ce n'est pas du tout suffisant.
Non, mais déjà, il faut comprendre une chose, c'est qu'il y a une vraie asymétrie d'informations entre l'État et ses distributeurs. Quand les distributeurs disent à prix coûtant, mais qu'est-ce qu'on en sait ? On n'en sait rien. Ils te disent à prix coûtant, mais on n'en sait rien. Peut-être que ce n'est pas à prix coûtant, mais eux, ils te disent à prix coûtant. Quand ils te disent, chez les pétroliers, les représentants de l'industrie pétrolière, l'UFIB te disent, non, non, vous savez, on fait un centime de marge sur la distribution d'essence. Il y a même l'ancien patron total qui disait on fait moins d'un centime. On n'en sait rien.
Les études de la DGCRF montraient qu'ils faisaient trois, quatre centimes, ce qui est quand même quatre fois plus élevé. C'est un centime, c'est plusieurs centaines de milliers d'euros en plus dans les poches par jour des gros pétroliers, pas des petits, des gros pétroliers. Donc, on n'en sait rien. La réalité, c'est que l'État n'a pas voulu faire ce rapport de force. Depuis toujours, il demande, et là, il demande encore, il fait des conférences, il discute. Pour établir un rapport de force, il faut déjà utiliser les outils qu'on a. Moi, ce que j'aurais fait dès le début, c'est que j'aurais bloqué les prix. C'était possible. Ça a été fait sous Rocard en 90, pendant la guerre du Golfe.
Là, on avait la guerre en Ukraine qui allait faire augmenter les prix du pétrole et du gaz et même du blé parce que ce sont des gros producteurs de gaz, pétrole et blé. Donc, on bloquait les prix. Quand on bloque les prix, on a six mois. On a le droit de le faire, c'est dans le code du commerce. Une fois qu'on a bloqué les prix, là, on a créé un rapport de force parce que là, tout le monde perd de l'argent. L'État peut en perdre, mais le distributeur en perd beaucoup et le pétrolier en perd beaucoup.
Donc, à partir de ce moment-là, on met en place un rapport de force et à partir de là, on essaie d'analyser les marges, de comprendre combien de marges ils font, de négocier avec eux sur des prix bloqués, sur des prix qui ne doivent pas augmenter. On crée ce rapport de force. Or, le gouvernement n'a pas fait ça. Depuis le début, il a demandé, il a fait confiance. Parfois, il a eu des retours comme les ristournes, mais on ne sait pas si ces ristournes ne sont pas compensées à d'autres moments parce que le prix du pétrole n'était pas aussi élevé en vacances et beaucoup de conducteurs se sont plaint quand même de la hausse des prix des carburants.
Donc, on ne sait pas trop comment sont faits ces marges-là. Et donc, c'est cette asymétrie d'informations qui crée un flou et qui montre qu'en l'absence de volonté de taper un peu du poing sur la table de l'État, ils font en fait ce qu'ils veulent. Quand ils veulent, ils font des ristournes. Quand ils ne veulent pas, ils le disent très clairement, on n'en veut pas. Le SMIC en Ile-de-France devrait être à 9% de plus. C'est ce que revendique Valérie Pécresse, la présidente de la région, dans 20 minutes lundi dernier. Valérie Pécresse va demander un choc de décentralisation à l'État, soit un droit à la décision des thématiques qui concernent particulièrement l'Ile-de-France.
La tête de la région LR déplore la France, pays le plus centralisé d'Europe. Dans ses propositions, figure donc le SMIC, on l'a dit, en avançant le coût des logements franciliens plus élevé qu'ailleurs. D'autres propositions sont également avancées, régionaliser la gouvernance de l'assurance chômage, pôle emploi, pouvoir créer des écoles primaires autonomes sous contrat, etc. Thomas, qu'est-ce que tu penses de ces propositions, surtout par rapport au SMIC qui a fait beaucoup parler ? En fait, elles pointent du doigt quand même une réalité, Valérie Pécresse. La réalité, c'est qu'effectivement, on vit beaucoup moins bien avec le SMIC en Ile-de-France que dans d'autres régions.
Tout simplement parce que les prix de l'immobilier, les prix des locations coûtent beaucoup plus cher. Après, à l'intérieur de la région, il y a des grosses disparités entre quelqu'un qui vit au SMIC dans la proche banlieue, quelqu'un qui vit dans la banlieue lointaine. Il y a des grosses disparités. Le problème, c'est quoi si on met en place ce SMIC régional ? La première des choses, c'est que Paris, déjà, en termes d'offres d'emploi, est extrêmement centralisée. Beaucoup de gens quittent la province pour aller sur Paris. chez les cadres, c'est quasiment 90% des diplômés d'école de commerce. C'est énorme.
Mais même chez les autres, comme ils sont dans des endroits où il y a très peu d'emplois, ils vont chercher des emplois qu'ils vont trouver beaucoup plus facilement en région parisienne. D'ailleurs, la proche banlieue, où il y a des taux de chômage assez élevés, souvent trouvent des emplois assez précaires dans les Deliveroo, les Uber, etc., pour servir les centres-villes. Donc, ça va, en fait, créer, comment vous dire, une distorsion supplémentaire qui va faire encore plus augmenter les prix de l'immobilier, etc. Donc, en voulant combattre ce qu'elle dénonce, elle risque finalement de le servir. Ça, c'est la première des choses.
Et puis après, il va y avoir une espèce de compétitivité aussi pour certains métiers entre régions. Donc, des régions vont s'installer là où ce n'est pas cher, même si après, elles officient à Paris, mais elles vont payer peut-être des gens moins chers en province, dans l'Oise, qui est très proche de Paris, alors que les gens feront une activité dans la région d'Île-de-France. Donc, ça, c'est un deuxième risque. Et la dernière des choses, oui, il faut augmenter le SMIC, mais il faut l'augmenter partout.
Parce que quand on regarde les premiers de corvée, quand il y a eu cette crise du Covid et qu'on a beaucoup mis en avant les premiers de corvée, tout le monde s'est rendu compte que les assistantes de personnes âgées, les infirmières, les puéricultrices, les gens des supermarchés étaient extrêmement mal payés. Eh bien, il faut augmenter leur salaire, mais il faut l'augmenter partout. Puisque finalement, les pénuries d'emplois que l'on a dans certains secteurs, elles concernent toute la France. Donc, le salaire minimum, il faut l'augmenter partout parce que ce n'est plus un salaire minimum aujourd'hui. Il faut être franc. Ce n'est plus un salaire minimum.
Et en augmentant d'ailleurs ce salaire minimum un peu partout, et même, je dirais, en l'inscrivant dans les branches, ça risque de faire augmenter aussi tous les autres salaires qui sont au-dessus. Donc, quand on augmente le SMIC, on augmente par répercussion tous les autres salaires. Quand on met le SMIC dans les accords de branches en référence, dès que le SMIC augmente, tous les autres salaires doivent suivre. doivent suivre. Donc, oui, la question du SMIC, c'est une bonne chose de le mettre sur la table. Oui, il faut l'augmenter. Oui, il y a des différences effectivement entre l'Ile-de-France et les autres régions.
Mais la solution n'est pas de faire de deux SMIC différents parce qu'il y aurait une distorsion. Et d'ailleurs, ce n'est pas ce que voulait les syndicats à l'époque parce que ça existait à une époque, mais ce n'est pas ce que voulait les syndicats. Et donc, l'idée de Pécresse sous un vernis social, c'est une fausse bonne idée. Mais la question du SMIC doit être aujourd'hui débattue. Est-ce que cette proposition aussi d'augmenter les salaires franciliens, c'est aussi un moyen de ne pas s'attaquer au prix des logements en Ile-de-France ? Les prix des logements en Ile-de-France sont à deux choses.
À la très forte demande, comme on l'a dit, d'emploi, de gens qui viennent travailler sur Paris et parfois des gens qui n'ont pas envie, encore une fois, de Bac plus 5 à peu de diplômes. Les gens trouvent plus facilement un emploi sur Paris. Beaucoup n'ont pas envie d'y aller forcément. C'est qu'il y a plus d'emplois à Paris. Il y a une extrême centralisation de Paris. Et puis après, il y a autre chose qui a fait augmenter les prix. C'est plutôt sociétal. C'est qu'aujourd'hui, une grosse majorité des familles parisiennes ne vivent pas dans un appartement. Elles vivent dans deux appartements parce qu'elles divorcent.
Et puis à ça, vous rajoutez des étrangers qui viennent acheter des appartements, le Airbnb, etc. et la ville touristique. Tout ça a fait exploser les prix de Paris et de la première périphérie et à projeter en dehors de Paris et de la première ceinture les catégories populaires les plus pauvres. Donc, sur l'immobilier, c'est plus, moi, je pense sur l'encadrement des loyers, la construction de logements publics qu'il faut agir sur les prix en eux-mêmes. C'est très, très difficile parce que tant qu'il y a de la demande, après, on peut taxer les patrimoines élevés, etc. Ceux qui sont multipropriétaires, c'est une chose à faire pour avoir de l'argent public.
Mais la maîtrise du prix en elle-même comme ça est quelque chose souvent de très difficile. Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet instant pour chez. Pour cette émission et pour le média, la rentrée se fera à la télé, mais surtout avec vous. Le 20 octobre, vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télé des box internet. Oui, nous allons nous frotter aux grandes chaînes. Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique. Pour constituer notre grille des programmes, nous sommes en pleine levée de fonds sur Kiss Kiss Bank Bank.
Rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine. Merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires et pouces en l'air sous la vidéo. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.