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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 18 janvier 2024 34 minContradictoireFond programmatiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheTravail & emploi

Politique : à la recherche des classes moyennes

Au micro : Guillaume ErnerSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 34 %Attaque 45 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Cette manière d'utiliser l'expression classe moyenne dans le discours politique, qu'est-ce qu'elle vous inspire ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Cette classe moyenne ou cette France empêchée, quelle est-elle selon vous ?

  • 4:01RelanceRéponse directe

    Si pour vous c'est une sorte de facilité de langage, le terme de classe moyenne, qui ne correspond pas à une réalité sociale véritable, ces classes empêchées ou cette France empêchée, quelle est-elle selon vous ?

  • 5:19FerméeRéponse directe

    Pour vous, 90% de la société française est empêchée ?

  • 7:05OuverteRéponse directe

    Vous voulez dire que l'empêchement des déplacements géographiques est une métaphore de l'empêchement des déplacements sociaux ?

  • 9:06RelanceRéponse directe

    Vous êtes sûre de ne pas noircir le tableau ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:54InvitéFait
    « c'est une facilité mais c'est vraiment quelque chose d'anachronique »
  • 1:01InvitéFait
    « quand Emmanuel Macron et quand Gabriel Attal parlent de la France des classes moyennes ils parlent d'une réalité qui n'existe plus »
  • 1:11InvitéFait
    « Valéry Giscard d'Estaing rêvait de la France des classes moyennes »
  • 1:36InvitéFait
    « aujourd'hui en parlant de la France des classes moyennes Emmanuel Macron et le Premier Ministre appliquent une grille de lecture fausse sur la réalité française »
  • 1:53InvitéFait
    « ensuite c'est une forme de facilité électorale »
  • 3:11InvitéFait
    « il se met à parler d'une France des gilets jaunes pour désigner peut-être une France périurbaine par rapport à une France urbaine »
  • 4:12InvitéFait
    « Pour moi la véritable opposition qui structure la société française c'est la problématique de la capacité à répondre aux crises sociales, économiques et écologiques »
  • 4:50InvitéFait
    « il y a une forme de déterminisme très fort qui s'abat sur la quasi-totalité de la société française et c'est ce que j'appelle la France empêchée »
  • 5:23InvitéChiffre
    « 90% de la société française est empêchée »
  • 7:42InvitéChiffre
    « en France le poids du déterminisme scolaire est extrêmement élevé bien plus élevé que dans quasiment tous les autres pays du monde on est quasi champion du monde du déterminisme scolaire »
  • 8:28InvitéChiffre
    « pour qu'un ouvrier atteigne le salaire d'un cadre c'est 100 ans »
  • 8:56InvitéChiffre
    « vous avez aujourd'hui quand vous les interrogez 9 français sur 10 qui se sentent personnellement concernés par la pauvreté »
  • 9:53InvitéChiffre
    « l'évolution moyenne ces dernières années des salaires en France c'est 0,5% »
  • 11:07InvitéChiffre
    « la part des dépenses contraintes dans le budget des français aujourd'hui c'est 30% »
  • 11:10InvitéChiffre
    « il y a 40 ans la part des dépenses contraintes elle était inférieure à 15% »
  • 17:50InvitéChiffre
    « la même personne ne peut acheter que 3 mètres carrés »
  • 20:43InvitéChiffre
    « quand vous regardez à 15 ans les résultats PISA un enfant sur 5 qui a des bons résultats scolaires mais qui est issu de milieux défavorisés ne se projette pas dans les études supérieures »
  • 21:05InvitéChiffre
    « vous avez 700 000 étudiants boursiers »
  • 21:08InvitéChiffre
    « vous avez 230 000 logements sociaux pour les étudiants »
  • 30:22InvitéFait
    « l'ensemble de ces mesures a été totalement enterré ensuite »
  • 30:30InvitéFait
    « les citoyens ont dit il y a une demande des français d'agir extrêmement rapidement »
  • 31:45InvitéFait
    « en Espagne les votes blancs sont pris en compte dans le calcul des seuils »
  • 32:08InvitéChiffre
    « vous avez 3 millions de français qui ont voté blanc »
  • 32:50InvitéFait
    « on peut citer l'Espagne »
  • 32:52InvitéFait
    « on peut citer le Portugal »
  • 32:55InvitéFait
    « je citerai aussi le Luxembourg »
  • 33:20InvitéFait
    « le président Macron a des capacités extraordinaires qui ont des limites »
  • 33:26InvitéFait
    « le projet émancipateur c'est avant tout recréer une écoute à l'égard des syndicats »

Temps de parole

  • Invité47 %
  • Invité 232 %
  • Présentateur20 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Les matins de France Culture Guillaume Erner La place des classes moyennes dans le discours politique c'est pratiquement devenu un passage obligé et par conséquent Gabriel Attal et Emmanuel Macron ont sacrifié à ce rite avec par exemple ce qu'a dit le Premier ministre Gabriel Attal le 13 janvier dernier, tous ces Français qui travaillent qui sont juste au-dessus des aides mais n'ont pas un patrimoine qui leur permettent de s'en sortir bonjour, Agathe Cagé bonjour vous êtes politiste, co-fondatrice et présidente du cabinet de conseil Compass Label, ancienne conseillère de Vincent Péillon et de Benoît Hamon on vous doit classe figée aux éditions Flammarion c'est un livre à paraître le 24 janvier prochain cette manière d'utiliser l'expression classe moyenne dans le discours politique, qu'est-ce qu'elle vous inspire ?

0:54
Invité

c'est une facilité mais c'est vraiment quelque chose d'anachronique c'est-à-dire que quand Emmanuel Macron et quand Gabriel Attal parlent de la France des classes moyennes ils parlent d'une réalité qui n'existe plus alors je sais qu'Emmanuel Macron a pu vouloir à une époque s'inscrire dans les pas de Valéry Giscard d'Estaing et qui peut donc se référer à une France magnifiée des Trente Glorieuses il faut rappeler, non pas qui était Valéry Giscard d'Estaing mais Valéry Giscard d'Estaing rêvait de la France des classes moyennes la France des Trente Glorieuses a été une France des classes moyennes jusqu'à la crise financière de 2008 on a pu parler de la France des classes moyennes

1:25
Présentateur

il en rêvait notamment pour des raisons politiques parce que pour lui c'était selon le titre de son ouvrage deux français sur trois

1:31
Invité

exactement et à l'époque ça correspondait à une réalité le problème c'est qu'aujourd'hui en parlant de la France des classes moyennes Emmanuel Macron et le Premier Ministre appliquent une grille de lecture fausse sur la réalité française alors pourquoi ils font ?

Pour deux raisons d'abord une facilité statistique d'un point de vue statistique on pourra toujours dire qu'il y a des classes moyennes comme on pourra toujours dire qu'il y a 10% de français les plus pauvres et 10% de français les plus riches ensuite c'est une forme de facilité électorale on se dit classe moyenne c'est au milieu ça regroupe à peu près toujours dans une perspective giscardienne deux tiers des français donc si je dis que je m'adresse aux classes moyennes finalement je vais peut-être avoir la chance de m'adresser à une forme de majorité dans le pays le problème c'est que si vous appliquez une grille de lecture fausse sur la réalité vous allez apporter des réponses politiques fausses et c'est à ce sens pourquoi en partie les réponses proposées par le Président de la République lors de sa conférence de presse lundi ne répondent absolument pas à la réalité au vécu des français

2:29
Présentateur

alors on va revenir sur cette définition des classes moyennes mais là en tout cas Gabriel Attal donnait une définition et on a l'impression au travers donc de ce thème qu'il visait notamment ces classes moyennes inférieures peut-être celles mais là aussi on rentre dans le débat sur le terme évidemment polysémique Agathe Cagé par exemple ceux qui ont milité avec les gilets jaunes

2:56
Invité

C'est extrêmement compliqué le discours de Gabriel Attal parce que quand il parle des classes moyennes il se met directement à parler d'opposition c'est à dire les classes moyennes qui travailleraient par rapport à des classes populaires qui ne travailleraient pas c'est sous-jacent dans son discours alors qu'on sait bien que les classes populaires travaillent autant que les autres dans le pays il se met à parler d'une France des gilets jaunes pour désigner peut-être une France périurbaine par rapport à une France urbaine à laquelle il faudra apporter d'autres types de réponses donc il restructure un certain nombre d'oppositions pour essayer de solliciter une nouvelle dynamique dans son électorat mais c'est des oppositions qui sont en partie fictives qui ne fonctionnent plus très bien il y a une forme de démagogie en allant voir les personnes sur le terrain en disant moi je sais que vous êtes la France qui travaille vous êtes la France qui ne gagne pas assez qui ne demande pas d'aide mais qui devrait en recevoir mais s'il se déplaçait sur un autre terrain le lendemain je ne pense pas qu'il dirait vous êtes la France qui ne travaille pas et vous êtes la France à qui on va retirer toutes les aides

3:59
Présentateur

Bon mais alors si pour vous c'est une sorte de facilité de langage le terme de classe moyenne qui ne correspond pas à une réalité sociale véritable Agathe Cagé ces classes empêchées ou cette France empêchée quelle est-elle selon vous ?

4:12
Invité

Pour moi la véritable opposition qui structure la société française c'est la problématique de la capacité à répondre aux crises sociales, économiques et écologiques qui frappent la France de manière récurrente et la problématique que rencontre l'immense majorité des français c'est de se retrouver dans une forme d'empêchement dans son rapport au déplacement dans son rapport au travail et dans la possibilité de se projeter dans l'avenir et de se projeter dans l'avenir de ses enfants il y a une forme de déterminisme très fort qui s'abat sur la quasi-totalité de la société française et c'est ce que j'appelle la France empêchée et ce problème-là appelle des réponses politiques qui sont des réponses politiques qui ne peuvent pas se structurer autour de fausses oppositions entre classe populaire, classe moyenne entre France urbaine et France rurale entre ceux qui circulent à vélo et ceux qui circulent en train ou ceux qui circulent en voiture parce que tous rencontrent les mêmes formes de problèmes et la forme de problème qui rencontre 90% de la société française

5:19
Présentateur

Pour vous, 90% de la société française est empêchée ?

5:23
Invité

90% de la société française est empêchée à la fois dans ses déplacements dans son rapport au travail et empêchée également dans la possibilité de développer une forme de projection positive dans l'avenir et de développer ses propres ambitions Si vous regardez le sujet des déplacements qui est souvent un sujet disons un peu polémique par rapport à ceux qui se déplacent en transport en commun ou en voiture individuelle si vous regardez la réalité de ce qui se passe vous voyez des problématiques qui sont des problématiques communes Si vous regardez par exemple dans les Hauts-de-France le problème des TER qui sont des TER qui circulent de moins en moins avec de plus en plus de retards de plus en plus d'attentes on dit que les transports en commun sont la solution d'avenir et c'est relativement facile de se déplacer avec le réseau français En moyenne aujourd'hui dans les Hauts-de-France si vous vous déplacez en TER vous perdez par semaine 2h30 à attendre soit des trains annulés soit des trains en retard soit des trains qui sont tout simplement supprimés 2h30 par semaine ça peut paraître pas grand chose sur une vie de travail si vous faites le cumul

6:31
Présentateur

ça semble effectivement tout à fait pénible

6:35
Invité

si vous faites le cumul sur une vie de travail ça correspond à 6 mois d'attente sur les quais c'est la même problématique que rencontrent les personnes qui vivent dans le Grand Paris avec l'annulation récurrente des RER et c'est la même problématique que rencontrent un grand nombre d'automobilistes quand ils n'ont plus accès aux zones à faible émission parce que leur voiture date un peu donc vous avez des problèmes similaires pour des personnes qui sont dans des situations a priori différentes mais qui se retrouvent dans une forme d'empêchement

7:05
Présentateur

Mais vous voulez dire Agathe Cagé que l'empêchement des déplacements géographiques est une métaphore la cause de l'empêchement des déplacements sociaux parce que lorsqu'on parle de société figée on parle de société figée dans la reproduction des classes sociales l'incapacité de sortir de sa condition

7:23
Invité

Vous avez aussi dans la réalité une forme de déterminisme social qui est tellement fort qu'on pourrait dire d'une certaine façon qu'en France aujourd'hui les Français n'ont pas d'avenir qui peuvent se construire ils sont soumis à une forme de destin au sens des tragédies grecques du terme Vous avez un déterminisme social qui est extrêmement fort aujourd'hui dans la société française qui se joue déjà à l'école on le sait en France le poids du déterminisme scolaire est extrêmement élevé bien plus élevé que dans quasiment tous les autres pays du monde on est quasi champion du monde du déterminisme scolaire ça veut dire qu'en France le destin scolaire des enfants se joue avant même qu'ils soient entrés en maternelle Le déterminisme social

8:02
Présentateur

est moins important qu'aux Etats-Unis par exemple ?

8:07
Invité

Le déterminisme social en France n'est pas véritablement moins important qu'aux Etats-Unis dans la réalité d'aujourd'hui c'est-à-dire qu'on est une France dans laquelle la possibilité de mobilité à la fois sur une vie et entre des générations c'est véritablement accru de manière considérable aujourd'hui pour qu'un ouvrier atteigne le salaire d'un cadre c'est 100 ans c'était pas le cas dans la France des classes moyennes et c'était pas le cas dans la France des 30 glorieuses si vous considérez aujourd'hui que la France est la même que celle d'il y a 50 ans vous allez dire j'apporte le même type de réponse et je vais apporter des solutions sauf que les choses ont véritablement changé et que le déterminisme le poids du déterminisme s'est véritablement renforcé il y a un chiffre qui est véritablement intéressant par rapport à la situation française vous avez aujourd'hui quand vous les interrogez 9 français sur 10 qui se sentent personnellement concernés par la pauvreté si vous regardez nos voisins c'est 6 allemands sur 10 c'est 5 italiens sur 10

9:04
Présentateur

c'est une spécificité française mais comme vous le savez par exemple les inégalités c'est-à-dire le qui de un certain nombre d'indices statistiques montrent que la société française est largement moins inégalitaire que d'autres sociétés j'ai évoqué la société américaine mais il y aurait d'autres exemples Agathe Cagé vous êtes sûre de ne pas noircir le tableau ?

9:25
Invité

Je ne noircis pas le tableau parce qu'il y a des solutions qui sont possibles ce que je dis c'est deux choses la première chose c'est que si on applique des grilles de lecture anachroniques sur la société française on n'apportera pas les bonnes réponses aux besoins de la société française et la deuxième chose que je dis c'est que la France est frappée aujourd'hui par une forme de léthargie y compris si vous regardez le rythme de l'évolution des revenus en France par rapport au rythme de l'évolution des revenus dans d'autres pays l'évolution moyenne ces dernières années des salaires en France c'est 0,5% ça veut dire que si aujourd'hui en 2024 je gagne 1500 euros par mois en 2034 je gagnerais 1577 euros par mois mon gain mensuel en rythme moyen en France aujourd'hui ça sera moins parce que le SMIC a beaucoup augmenté du fait de l'inflation

10:12
Présentateur

le SMIC a beaucoup augmenté du fait de l'inflation récemment donc vous parlez en quoi en euro constant

10:17
Invité

je parle du rythme moyen en euro constant ces dernières années pas sur les derniers mois du fait de uniquement l'augmentation du SMIC pour compenser l'inflation je vous parle de la léthargie qui frappe la France au niveau des revenus et qui est une spécificité si c'est en euro constant par rapport aux autres pays

10:37
Présentateur

dans ce cas là c'est en parité pouvoir d'achat ça veut dire que il n'y a pas de vous mettez de côté l'inflation précisément et donc il y a une augmentation du salaire dans ces conditions

10:48
Invité

en capacité de capacité de gain de pouvoir d'achat la France est frappée par une forme de léthargie et il y a un deuxième phénomène qui est extrêmement fort en matière de en matière de pouvoir d'achat c'est que la part des dépenses contraintes dans le budget des français a totalement explosé la part des dépenses contraintes dans le budget des français aujourd'hui c'est 30% il y a 40 ans la part des dépenses contraintes elle était inférieure à 15% ça veut dire que les français sont extrêmement contraints dans l'utilisation de leurs revenus aujourd'hui et ils ont un pouvoir d'achat qui est tellement contraint que vous avez un économiste qui s'appelle Igor Martinach qui dit pour la France aujourd'hui il ne faut pas qu'on parle de pouvoir d'achat il faut qu'on parle d'un pouvoir d'achat

11:27
Présentateur

on va essayer de revoir ces différentes catégories et ces différents jugements que vous venez de faire Agathe Cagé sur la situation donc des différentes classes sociales en France dans quelques instants puisque vous serez rejointe par le sociologue Louis Chauvel 7h56 sur France Culture 6h39 les matins de France Culture Guillaume Erner 8h21 on évoque les classes moyennes en politique dans sa conférence de presse avant-hier Emmanuel Macron a affirmé sa volonté de vouloir soutenir la France de l'angle mort ces classes moyennes menacées de paupérisation coincées entre les plus précaires qui bénéficient d'aides et d'allocations et les classes supérieures aisées ces populations font l'objet donc d'une attention renouvelée dans le discours politique à l'aube des prochaines échéances électorales nous sommes en compagnie d'Agathe Cagé politiste cofondatrice et présidente du cabinet de conseil Compasse Label ancienne conseillère de Vincent Péion et de Benoît Hamon vous allez publier le 24 janvier prochain Classe figée aux éditions Flammarion et nous sommes en duplex avec Louis Chauvel bonjour

12:39
Invité

bonjour

12:40
Présentateur

Louis Chauvel vous êtes sociologue chercheur à Sciences Po on vous doit les classes moyennes à la dérive aux éditions du Seuil un mot tout d'abord pour définir ces classes moyennes pour tenter d'essayer de clarifier cette expression évidemment polysémique

12:55
Invité

c'est à moi que vous confiez

12:59
Présentateur

cette mission écoutez oui puisque vous avez écrit les classes moyennes à la dérive je me suis dit

13:05
Invité

voilà mission impossible pour la raison qu'en comparaison internationale vous voyez que tous les pays ont des définitions extrêmement différentes des classes moyennes au fur et à mesure du temps en France l'expression a changé considérablement le point commun important partout sur la planète c'est qu'il y a quelque chose entre l'aristocratie les élites supérieures la classe dirigeante tout en haut et le capitalisme et tout en bas le pro-volétariat les esclaves les personnes qui qui obéissent et que cet entre-deux a connu des modifications considérables entre l'époque de Balzac où on commençait à parler des classes moyennes jusqu'à jusqu'à nos jours il y a eu d'immenses fluctuations des fluctuations extrêmement dangereuses politiquement comme on le verra tout à l'heure certainement le point important c'est que non j'aimerais que vous clarifiez à quoi pensez-vous qu'on a reconnu un monde de classes moyennes salariées qui a culminé dans les années 80 au début de la période mitterrandienne si vous voulez ces classes moyennes salariées qui n'étaient pas grand chose au lendemain de la deuxième guerre mondiale sont devenus le centre le centre exact le baricentre du monde social économique et politique français et le centre du progrès et du projet social de grandes sociétés de classes moyennes salariées avec états providences dansent et avec une école qui fonctionne et qui tire vers le haut l'ensemble de la société et typiquement ce centre des classes moyennes ce centre de sociétés de classes moyennes ce sont avant tout les salariés intermédiaires ce qu'on appelle aujourd'hui les professions intermédiaires aujourd'hui on voit les professions intermédiaires comme plutôt en bas si vous voulez à l'époque ces professions intermédiaires étaient le fer de lance du projet et du progrès culturel technologique technocratique organisationnel d'une société française qui se redressait je rappelle qu'à l'époque avec 5% de croissance en termes réels par an pendant 30 ans c'est tout l'écart entre le français moyen qui marche à pied ou en transport en commun dans des corons jusqu'à la France des maisons individuels avec jardins de 500 mètres carrés et deux voitures par foyer qui est l'idéal de vie en dehors des vacances au sport d'hiver de ces classes moyennes dont on parle ces classes moyennes qui représentent un gros tiers du salariat encore aujourd'hui ont connu une expansion extraordinaire de la deuxième guerre mondiale à nos jours mais aujourd'hui et c'est un petit peu l'objet du livre de madame Cagé c'est une classe moyenne qui est de plus en plus figée elle ne tenait que par la dynamique maintenant le ralentissement produit ce que l'on connait de la bicyclette du président Mao c'est comme la révolution quand elle s'arrête elle tombe c'est pas le président Mao peu importe mais on voit l'idée le point le plus important c'est que d'un point de vue numérique c'était un groupe social en expansion extrêmement rapide de rien ils sont devenus presque tout ou peu s'en faut et ils étaient surtout en croissance économique extrêmement rapide dans un contexte extrêmement optimiste notamment de celui de l'école et ça n'est plus ça n'est plus le cas Louis Chauvel mais vous êtes en duplex

16:51
Présentateur

mais ça ne peut pas être quand même un monologue Louis Chauvel Lorsqu'on évoque ces classes moyennes est-ce que vous avez la sensation que leur situation en France est plus bloquée qu'ailleurs ?

17:08
Invité

En fait tout dépend des indicateurs et donc dès lors le débat va être extrêmement difficile en France il y a un problème immense qui est celui de la repatrimonialisation cette repatrimonialisation c'est le fait que les classes moyennes des années 1970 pouvaient faire toute leur vie sans accès au patrimoine je rappelle qu'au début des années 80 un prof certifié du secondaire à Paris pouvait acheter avec une année de salaire 9 mètres carrés 9 mètres carrés à Paris le salaire permettait de se loger et de se loger décemment et d'épargner pour la génération suivante aujourd'hui la même personne ne peut acheter que 3 mètres carrés et ce ne sera pas dans le même quartier et en fait vous avez une réduction extrêmement forte en France de la taille du salariat en termes de pouvoir d'achat comparé aux plus-values longues du logement et de la crise du logement l'un des nœuds centraux des difficultés françaises c'est le logement c'est le patrimoine et tout ce que ça engage aussi tout autour c'est-à-dire que les gens qui n'ont que leur salaire pour pleurer sont obligés d'habiter de plus en plus loin dans des zones de plus en plus désertifiées du point de vue des services donc alors ça c'est la situation

18:32
Présentateur

effectivement sur le plan du logement mais si on compare ça avec d'autres classes moyennes dans d'autres pays Louis Chauvel

18:41
Invité

pour le dire très vite nos jeunes compatriotes qui partent au Québec découvrent une société difficile souvent plus avec des risques de pauvreté peut-être plus élevés mais surtout avec une plus forte fluidité c'est-à-dire que le problème de la société française en plus de cette repatrimonialisation c'est le fait que comme le dit A4 c'est un peu le titre de son livre la société française est extrêmement figée par rapport au point de départ patrimonial et un petit peu des diplômes dans des sociétés telles que le Québec telles que même la Suisse ou bien d'autres encore il existe une seconde et une troisième chance qui donne de la fluidité encore à des sociétés qui ont connu aussi un temps une dynamique de repatrimonialisation et les petits français qui sont aujourd'hui sur le plateau de Montréal du Mont-Royal à Montréal connaissent effectivement une fluidité dans les deux sens Agathe Cagé sur la base de ce constat qu'on partage avec Louis Chauvel ce dont on a besoin aujourd'hui c'est de retrouver une forme d'émancipation collective la promesse d'Emmanuel Macron des premiers de cordée c'était la promesse d'une forme d'émancipation individuelle qui allait ruisseler sur le reste de la société ça n'a absolument pas fonctionné et en plus ça ne correspondait pas aux besoins ni aux attentes de ce que j'appelle les classes figées on a besoin d'une émancipation collective qui passe par l'école qui passe par le travail qui passe également par une forme démocratique dans laquelle on ne cesse d'assommer les français d'injonction à la résilience mais à travers laquelle on construit démocratiquement avec eux les transitions qu'on devra conduire le rôle émancipateur de l'école c'est quelque chose qu'on a perdu et c'est quelque chose qui est fondamental le rôle de l'école en France et le rôle de l'école républicaine c'est pas de faire un tri entre les élèves le rôle de l'école républicaine c'est de faire réussir au plus haut niveau tous les élèves or qu'est-ce qui se passe aujourd'hui du fait du poids du déterminisme scolaire c'est que quand vous regardez à 15 ans les résultats PISA un enfant sur 5 qui a des bons résultats scolaires mais qui est issu de milieux défavorisés ne se projette pas dans les études supérieures pourquoi il ne se projette pas dans les études supérieures pour des raisons géographiques parce qu'il ne va pas avoir accès du fait d'une mobilité empêchée à ses études il ne se projette pas dans ses études supérieures parce que politiquement on n'a pas trouvé des solutions aujourd'hui en France vous avez 700 000 étudiants boursiers vous avez 230 000 logements sociaux pour les étudiants on a refermé la possibilité d'émancipation et l'école doit permettre de retrouver ça et le débat actuel sur comment on recrée et est-ce qu'on veut est-ce qu'on veut la mixité sociale est-ce qu'on veut la mixité scolaire c'est essentiel les premiers de cordée ne souhaitent absolument pas de mixité sociale et de mixité scolaire et pourtant c'est ce dont la France a besoin Jean-Lemarie la promesse d'Emmanuel Macron en 2017 ne concernait pas seulement les fameux premiers de cordée c'était aussi lutter il l'a répété d'ailleurs lors de sa conférence de presse cette semaine contre la fameuse assignation à résidence le candidat Macron en 2017 disait lutter pour plus de mobilité pour plus de fluidité notamment en faveur de ses classes moyennes le candidat Macron faisait à la fois une promesse de lutte contre l'assignation à résidence mais en même temps dans les politiques qu'il a mis en place il a demandé aux français par exemple de renoncer à 5 euros d'aide pour le logement en échange de la possibilité de réduire les impôts sur les plus fortunés dans le pays c'est à dire qu'il a contribué d'une certaine manière à renforcer le déterminisme social l'exemple vous évoquez en fait

22:19
Présentateur

la diminution des APL pour certaines catégories de 5 euros et vous la mettez en regard par exemple de la transformation de l'ISF

22:28
Invité

Prenons un autre exemple le président Macron lors de sa conférence de presse lundi qu'est-ce qu'il a demandé à la majorité des français il a dit à la majorité des français on va continuer à faire comme ce qu'on a fait depuis le début de mon quinquennat c'est à dire que je vais continuer à vous demander de vivre sous contrainte et d'accepter une forme de dégradation continue de votre situation tout en vous promettant de vous protéger par des petits boucliers c'est typique sur l'augmentation du prix d'électricité où Emmanuel Macron est interrogé en disant attention l'impact sur le pouvoir d'achat des français d'une augmentation de 10% des prix d'électricité ne va-t-il pas être trop fort et Emmanuel Macron répond les français doivent s'en satisfaire parce que si vous regardez l'Espagne ou si vous regardez l'Allemagne le prix de l'électricité est plus fort ailleurs qu'est-ce que vous en pensez

23:15
Présentateur

de cette comparaison Agathe Cagé

23:17
Invité

le besoin aujourd'hui véritable c'est de redonner une possible

23:23
Présentateur

il faut faire des comparaisons internationales parce que

23:27
Invité

évoquez la France

23:29
Présentateur

comme si c'était un pays suspendu dans les nuages c'est-à-dire que les tarifs de l'électricité et de l'énergie ont augmenté dans un contexte particulier donc par rapport à ça ces boucliers vous consacrez le dernier chapitre de classe figée à ces boucliers que vous qualifiez de petits mais d'autres pays ne les ont pas fait

23:45
Invité

le bouclier tarifaire a réussi à protéger les français et c'était nécessaire la difficulté aujourd'hui c'est qu'on retire le bouclier et qu'on dit ces boucliers

23:58
Présentateur

ne sont pas petits c'est le fait qu'ils soient supprimés c'est-à-dire qu'au lieu

24:02
Invité

de proposer des solutions de long terme on protège à très court terme et tout d'un coup on met les français face à des murs qui fragilisent autre exemple

24:12
Présentateur

sur les classes moyennes Agathe Cagé pendant la période du Covid il y a eu un certain nombre d'aides en France qui n'ont pas été mises en place dans d'autres pays le but

24:24
Invité

la véritable question c'est quel est le but du politique est-ce que le but du politique c'est de proposer aux français une forme d'horizon

24:32
Présentateur

de protéger

24:33
Invité

de proposer de proposer aux français une forme d'horizon émancipateur en leur disant on va vous proposer un projet qui va vous permettre demain de retrouver de la marge de manœuvre en termes de consommation en termes d'accès à la propriété en termes d'un travail qui n'est pas seulement le mot qu'emploie sur Emmanuel Macron un job mais un véritable métier ou est-ce que je vais vous dire écoutez soyez contents en France la situation est quand même un tout petit peu meilleure que les quelques exemples que je prends chez mes voisins parce que sur d'autres exemples la situation est beaucoup plus compliquée en France et comme je trouve des comparaisons où la situation française est mieux qu'ailleurs alors s'il vous plaît ne mettez pas en avant les difficultés le véritable rôle du politique à mon sens au regard de la situation d'empêchement dans laquelle se trouve la majorité des français c'est de retrouver un horizon émancipateur et de ne pas leur demander de considérer que la dégradation de leur situation c'est peut-être difficile mais comme ça peut être pire ailleurs ils devraient s'en contenter Qu'est-ce que vous en pensez Louis Chauvel ?

Oui en fait cette question de comparaison internationale souligne avant tout le fait que ce qui est spécifique à la société française c'est que les classes moyennes et les classes moyennes inférieures sont extrêmement demandeuses on peut appeler ça de projet d'émancipation on peut appeler ça de projet de démocratie qui puisse inclure économiquement et socialement la majorité de la population la dernière fois que le président a convoqué tous les intellectuels de France et de Navarre c'était juste au moment du mouvement des gilets jaunes on se rappelle le mouvement des gilets jaunes une extrême frustration beaucoup plus forte en France que n'importe où ailleurs qui était à l'époque reliée par les petites classes moyennes en particulier d'indépendants je ne vous fais pas un rappel intégral sur ce qu'était le mouvement des gilets jaunes la situation était quand même très difficile Paris avait été quasiment mis à sac si vous voulez sur les Champs-Elysées et bien évidemment au palais de l'Elysée on commençait à s'inquiéter fort de la situation la situation aujourd'hui en France est à la limite encore pire simplement parce que le Covid est passé le quoi qu'il en coûte qui a coûté beaucoup est passé lui aussi par là la boîte à cash c'est à dire la capacité à prélever de l'argent sur la population et sur les entreprises la capacité fiscale est devenue extrêmement faible les frustrations par conséquent vont augmenter considérablement en 2024 simplement parce qu'on n'en a pas on n'en a plus les moyens la boîte à cash a bien fonctionné et les boucliers ont bien fonctionné sauf que c'est pas ils font que ce qu'ils font c'est à dire de protéger pas de produire et la grande différence avec les autres pays européens c'est qu'il y a une demande ici de démocratie qui est considérable qui est peut-être même excessive on pourrait le dire ainsi je vous laisse je vous laisse

27:35
Présentateur

juge Louis Chauvel de savoir si une demande de démocratie est excessive mais si on prend par exemple l'Allemagne il y a aujourd'hui des mouvements sociaux comparables les agriculteurs les camionneurs la situation est identique en Italie le résultat des urnes a montré également le degré de colère j'ai l'impression que sur cette sur en tout cas en Europe aujourd'hui vis-à-vis de cette question du pouvoir d'achat et des frustrations sociales il y a un certain nombre de pays où celle-ci est également très vive qu'est-ce que vous en pensez Louis Chauvel

28:15
Invité

Louis Chauvel oui comme je le disais l'extrême droite à 30% c'est quelque chose d'extrêmement peu commun à l'échelle européenne ou ailleurs ça signale effectivement des frustrations extrêmement fortes liées à un écart croissant entre le discours politique et les réalités économiques connues par les vrais gens si vous voulez et que cette situation-là beaucoup plus en France qu'ailleurs donne lieu à on va dire des effondrements successifs de strates sociales c'est-à-dire que les catégories populaires maintenant mais pourquoi plus en France

28:55
Présentateur

pourquoi plus en France parce qu'en Italie par exemple cette sensation est très présente et c'est elle qui a amené au pouvoir Georgia Melloni oui

29:04
Invité

sauf qu'on ne parle pas exactement du même type de tension c'est-à-dire qu'en France on a quand même un peu pris l'habitude de raccourcir les élites à la guillotine ou de faire différentes choses il y a une demande de radicalité en France qui n'a absolument pas son équivalent lorsqu'on met des post-fascistes

29:25
Présentateur

au pouvoir en Italie je pense que la demande de radicalité elle est là un gars de cagé

29:30
Invité

là où je partage ce que dit Louis Chauvel c'est qu'il y a un besoin d'un nouveau souffle démocratique en France il y a besoin de ramener les français vers les urnes et ça ça passe par le fait tout simplement que les politiques tiennent leurs promesses parce que si les français se sont éloignés des urnes c'est en grande partie parce qu'ils considèrent que les responsables politiques au moment des élections leur font des promesses et ensuite ne les tiennent pas et puis il y a un besoin de lever les verrous qui aujourd'hui sont en train d'enfermer les nouvelles formes de démocratie participative et délibérative on l'a vu avec la convention sur les climats où les citoyens ont porté un projet extrêmement ambitieux avec une promesse de confiance je reprendrai les mesures que vous avez réussi à élaborer de manière délibérative démocratique et collective et l'ensemble de ces mesures ou quasiment l'ensemble de ces mesures a été totalement enterré ensuite et on a vu la demande à nouveau d'une dynamique dans le cadre de la convention collective démocratique sur la fin de vie pourtant convoquée par le gouvernement où les citoyens ont dit il y a une demande des français d'agir extrêmement rapidement et depuis le temps est suspendu avec un discours politique qui nous dit qu'il faut que la conviction unique et individuelle d'une seule personne détermine le tempo et le choix qui sera fait là-dessus c'est-à-dire qu'y compris en termes démocratiques il y a un véritable besoin de recréer une dynamique et une participation des français très fortes pour recréer une forme de dynamique et pourtant le fait de ne pas entendre cela ça crée les taux d'abstention au record qu'on connaît et ça crée une forme de malaise démocratique très fort qui contribue un peu plus à renforcer le sentiment d'empêchement que partagent les français

31:14
Présentateur

une dynamique Agathe Cagé mais juste un mot de conclusion quel pays vous paraît aujourd'hui quel pays occidental pas d'ailleurs peu importe vous paraît aujourd'hui avoir cette dynamique politique

31:26
Invité

le problème c'est que à force je ne remets pas en cause la question mais le problème c'est qu'à force d'aller chercher des exemples internationaux juste une comparaison parce que sinon on fait un pays

31:38
Présentateur

suspendu dans les nuages

31:39
Invité

ce n'est pas un pays suspendu dans les nuages vous avez des pays par exemple en Espagne les votes blancs sont pris en compte dans le calcul des seuils donc quand les gens vont voter et vont vers les urnes et votent blanc c'est pris en compte et ça contribue à des taux de participation aux dernières élections aujourd'hui

31:59
Présentateur

l'extrême droite comme pivot

32:01
Invité

en Espagne en dernières élections législatives en Espagne le taux de participation était beaucoup plus fort qu'aux élections françaises à la dernière élection présidentielle vous avez 3 millions de français qui ont voté blanc 3 millions de français qui ont voté blanc c'est l'ensemble de la population pas du corps électoral c'est l'ensemble de la population de Marseille et de Paris ensemble et quand les français vont voter blanc on leur dit ça ne sera pas pris en compte c'est à dire qu'il y a en France le socle pour une démocratie qui serait revitalisée mais il faut que des dispositions politiques permettent d'écouter cette volonté démocratique partagée par les français

32:32
Présentateur

un mot de conclusion Louis Chauvel

32:33
Invité

oui justement sur ce que vous disiez il y a quand même pas mal de pays qui font face à leurs difficultés les difficultés sont partout en Europe et généralement sur la planète mais des pays où la politique est plus responsable on peut citer l'Espagne on peut citer le Portugal je citerai aussi le Luxembourg comme société de classe moyenne qui encore Luxembourg est dans une situation c'est un endroit que je connais assez bien parce que j'y réside le point le plus important c'est qu'effectivement pour faire de la démocratie il ne suffit pas de le proclamer il faut effectivement il faut faire un peu plus qu'aller au devant des gens et parler aux gens pendant des heures et des heures pour cela le président Macron a des capacités extraordinaires qui ont des limites le projet émancipateur le projet émancipateur c'est avant tout recréer une écoute à l'égard des syndicats des corps intermédiaires recréer de l'associatif recréer du véritable lien social c'est à dire des lieux de rencontre les ronds-points des gilets jaunes voilà 5 ans ont été un début de reprise démocratique au local avec de vrais débats à la base de la société française sans cela nous allons nous n'allons nulle part et malheureusement la France qui avait une très forte tradition de société civile et de débats politiques dans les entreprises dans les usines dans les universités vous paraît effectivement

34:04
Présentateur

être aujourd'hui dans une impasse Louis Chauvel Les classes moyennes à la dérive c'est votre livre publié aux éditions du Seuil Classe figée c'est le livre Agathe Cagé que vous publierez le 24 janvier prochain merci d'avoir été avec nous merci d'avoir regardé cette vidéo

Politique : à la recherche des classes moyennes · Pourquijevote