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interviewC à vous· 21 novembre 2025 52 min

Narcotrafic : Gérald Darmanin s’exprime - C à Vous l’intégrale - 21/11/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - M.Bouhafsi: Bonsoir.

Bienvenue. On est en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité. On est avec toute l'équipe.

A la une, demain, des milliers de personnes s'apprêtent à descendre dans les rues pour soutenir le militant anti-narcotrafic, A.Kessaci, après l'assassinat de son petit frère. La peur s'installe à Marseille. - On a des trucs de ce genre quasiment tous les jours, des innocents qui meurent parce qu'il y a des trafiquants. - Je peux pas parler.

J'ai des ados. - C'est bien triste pour la ville dans laquelle je suis née et que j'aime. Je suppose que tous les Marseillais pensent comme moi, mais on est terrorisés. - M.Bouhafsi: Au menu de votre édito... - Y.Goosz: L'hommage et l'unité politique face au narcotrafic, mais comment mener cette guerre? - M.Bouhafsi: Paul, vous serez en immersion avec les maires de France confrontés au fléau de la drogue. - On avait un café associatif qui était une couverture pour le deal.

Ils n'ont pas aimé qu'on ferme ce lieu. Il y a "c'est chez nous". - P.Larrouturou: Je vous emmène en immersion au Congrès des maires. - M.Bouhafsi: G.Darmanin, le garde des Sceaux, revient de Marseille.

Il est notre invité. Amandine, les images les plus marquantes de la semaine...

Le secrétariat du père Noël est ouvert. - Un bracelet avec des diamants. - Un bureau et des stylos avec des drôles de têtes et des livres. - Des chocolats. - A.Bégot: Les listes sont prêtes.

C'est un explorateur qui prête main-forte au père Noël. - M.Bouhafsi: Eglantine, vos recommandations culturelles? - E.Eméyé: Un film avec C.de France, "Louise". - M.Bouhafsi: Diane, vous êtes aux côtés du chef O.Dhiab. - D.Segard: On se lance dans quoi? - O.Dhiab: On va pimper tout ça avec des algues. - M.Bouhafsi: Merci.

On se retrouve après 20h. C'est un point de bascule jamais vu en France. Le jeudi 13 novembre, le frère du militant A.Kessaci était assassiné en plein centre de Marseille.

Depuis, c'est tout un pays qui est bouleversé et des institutions fragilisées. Des associations s'inquiètent et ce frère est désemparé. - A.Kessaci: Le premier sentiment que j'ai, c'est la culpabilité de me dire que mon frère est coupable d'une chose: être mon petit frère.

Ce qu'on peut reprocher à M.Kessaci, c'est d'être le frère d'A.Kessaci.

Mon frère est dans ce cercueil à ma place. J'arrive pas à supporter ça. - M.Bouhafsi: Le ministre de la Justice G.Darmanin est notre invité.

Bonsoir, monsieur le ministre. Tout de suite, l'édito de Y.Goosz.

Marseille, capitale de la lutte contre le narcotrafic. A 14h, demain, hommage à M.Kessaci, mort pour rien.

Une trentaine de rassemblements sont prévus de Soissons à Nice. Passé l'émotion, saura-t-on parler et agir d'une seule voix? - Y.Goosz: Dans ce moment terrible, il y a cette lueur d'espoir, l'appel d'A.Kessaci à ne pas céder à la peur.

Il a été relayé. Demain, c'est la classe politique au grand complet qui a rendez-vous à Marseille, pas pour défiler, car le rassemblement va rester statique. La France debout.

Pas un parti ne manque à l'appel, du RN à LFI. Il y aura tous les candidats aux municipales à côté de B.Payan. 2 ministres présents, dont M.Bregeon...

En tout, une cinquantaine de personnalités nationales sont attendues. Une émotion collective a traversé l'hémicycle de l'Assemblée. - Je tiens à rendre hommage à Mehdi et à dire tout mon soutien à sa famille, à son grand frère Amine, que nous connaissons bien, à ses parents, à ses frères, à ses soeurs, à ses nièces et à tous ceux qui pleurent la vie d'un jeune homme qui manquera tant à Marseille. - Y.Goosz: La représentation nationale était debout.

Image rare. - M.Bouhafsi: Au-delà de l'image, qui a la solution pour venir à bout des narcotrafiquants? - Y.Goosz: C'est toute la difficulté.

L'exécutif se mobilise. E.Macron attendu à Marseille mi-décembre.

G.Darmanin et L.Nunez en réunion hier à la préfecture de police de Marseille.

Le ministre de l'Intérieur reviendra tous les mois pour voir si ça bouge, au risque de nourrir un procès en impuissance du politique si rien ne change. Est-ce qu'il ne manquait pas au moins 2 ministres sur la photo à Marseille? Je pense au ministre de la Santé et au ministre de l'Education nationale.

Dans "Le Monde", l'addictologue A.Benyamina explique qu'il faut marcher sur 2 jambes: ordre public et santé publique. Il regrette la stigmatisation des salles de shoot, la dispersion des forces de l'ordre sur le cannabis au détriment des gros trafics de drogues dures.

Derrière l'unité derrière A.Kessaci, un débat très clivé sur la façon de mener la guerre au narcotrafic. - Nos voisins portugais, face au problème de l'héroïne, il y a plusieurs années... - Ils ont dépénalisé en 2001 l'ensemble de l'usage des drogues. - Ca permis de faire diminuer la consommation de drogues.

C'est l'objectif, au fond. C'est pour des questions de santé publique et d'ordre public. - M.Bouhafsi: Et quand le président fustige le rôle des consommateurs, ça produit des effets? - Y.Goosz: C'était le message de la campagne choc de B.Retailleau quand il était ministre de l'Intérieur.

C'était conçu comme une campagne de culpabilisation. "Chaque jour, des personnes payent le prix de la drogue". Pédagogie implacable de l'engrenage mortifère du narcotrafic en France.

C'était en février. Est-ce que la consommation s'est réduite pour autant? - Ce qu'on risque lorsqu'on fait peser la totalité de la responsabilité sur les consommateurs, c'est de déresponsabiliser la politique...

Il faut que l'économie et tout le système financier commencent à se doter de nouvelles règles. - Y.Goosz: On est tous d'accord.

Puisque la drogue, c'est de la merde, il faut essayer tout l'arsenal et ne pas oublier, dans la hiérarchie morbide des dépendances, que le tabac tue 70 fois plus, l'alcool 40 fois plus que les drogues interdites. Tout cumulé, c'est plus de 260 milliards d'euros de perdus pour la société française. - M.Bouhafsi: G.Darmanin, on va revenir sur les moyens engagés par l'Etat pour lutter contre le narcotrafic.

Hier, vous étiez à Marseille avec L.Nunez. Vous y avez rencontré les proches de M.Kessaci.

Que vous a dit cette famille endeuillée? - G.Darmanin: Je l'ai eue Longuement au téléphone le lendemain de cet assassinat pour lui assurer mes condoléances et le soutien de l'Etat et des moyens importants que nous mettrons pour retrouver les auteurs de cet assassinat.

Je suis très confiant dans le fait que la justice et la police retrouveront les commanditaires de cet assassinat. Dans la réunion qu'on a eue avec cette maman, qui était profondément meurtrie d'avoir perdu 2 enfants, ses 2 fils en quelques années, et de voir ses autres enfants protégés par la police et d'avoir une vie réduite à une vie de peur...

Il est très courageux. Ce visage est celui du courage. Ils sont aussi très conscients que c'est des gamins de quartier qui s'opposent à la contre-société du narcotrafic.

C'est ce qu'il y a de plus gênant dans cette histoire. C'est de voir que quand ce sont des hommes et des femmes politiques, des prises de position publiques contre le narcotrafic, c'est dur, on reçoit peut-être des menaces...

Mais lorsque c'est quelqu'un qui vient des quartiers, d'une jeunesse populaire, qui s'oppose au narcotrafic, c'est insupportable pour les narcotrafiquants. C'est ce contre-discours très courageux de la famille Kessaci qu'il faut protéger. - M.Bouhafsi: La famille d'A.Kessaci est protégée.

Peut-elle rester à Marseille? - G.Darmanin: Je ne suis plus ministre de l'Intérieur, mais il y a des policiers courageux qui permettent de continuer à vivre malgré la peur.

On l'a vu dans les attentats terroristes. Je voudrais souligner que c'est pas simplement une question de légalisation de la consommation de drogues. Nous avons une menace intérieure au moins du niveau, peut-être même supérieure parfois, à la menace terroriste qu'est le narcotrafic.

Des pays se sont effondrés du fait du narcotrafic. La Belgique et les Pays-Bas n'ont plus les moyens de lutter contre les narcotrafiquants. Des journalistes, des avocats et des magistrats se font assassiner.

Le ministre de la Justice belge est resté 6 mois enfermé. Il ne pouvait plus sortir parce qu'il est menacé par la Mocro Maffia. C'est cette mafia qui tient une partie des ports d'Anvers et Rotterdam.

L'Italie a vécu avec la mafia qui a assassiné beaucoup de monde. Je suis absolument contre la légalisation, mais imaginons...

Vous ne réglez en aucun cas le problème de l'importation du trafic de drogue...

C'est 5 à 6 milliards d'euros d'argent liquide. Le problème, c'est que c'est une mafia très puissante qui corrompt des agents publics, des greffiers, des policiers, des gendarmes, peut-être des avocats et des magistrats...

Je suis tenu à un certain secret, mais oui, il y a des corruptions très actives dans toutes les couches de la société, peut-être même dans la classe politique. - P.Larrouturou: Peut-être ou... - M.Bouhafsi: Ce sont des propos très forts. - G.Darmanin: Je l'ai dit hier dans "La Provence".

La société marseillaise doit se réveiller. - M.Bouhafsi: Il y aurait, en France, des politiques potentiellement contactés par des narcotrafiquants? - G.Darmanin: C'est le principe de la mafia.

Comme ça se passe en Italie et comme ça s'est passé en Corse pour le grand banditisme... - Y.Goosz: A Marseille, pour les municipales? - G.Darmanin: C'est pas mon rôle de donner des bons ou des mauvais points.

Pendant longtemps, le terrorisme islamiste a été mis de côté et on disait qu'on pouvait discuter avec une mosquée salafiste ou une association border. Après les attentats de 2015, on a changé notre façon de traiter avec l'islamisme radical. Il faut désormais avoir ce même réflexe.

On ne peut plus faire semblant de voir que l'argent qui permet à certains commerces de fonctionner est sale. On ne peut plus voir que quand on dit qu'on ne va plus mettre de caméras de surveillance là parce que ça gêne certaines personnes, c'est aussi une façon de montrer qu'on est très naïfs, au mieux. - M.Bouhafsi: Depuis quelques jours, on entend que Marseille, c'est Palerme en pire dans les années 80.

C'est la faillite de l'Etat de droit, des politiques? - G.Darmanin: Tout ça est très dramatique, mais quand je suis arrivé au ministère de l'Intérieur, il y avait plus de 60 homicides à Marseille du fait des trafics de drogue et des règlements de compte.

Cette année, c'est une quinzaine. C'est toujours 15 de trop. Mais le Palerme des années 80 et 90, c'était 70 morts par an, des préfets, des magistrats et des policiers assassinés.

Ca n'est pas comparable. Ce qui est sûr, c'est que nous pouvons devenir le Palerme des années 80 si nous ne comprenons pas que ce qui corrompt, c'est l'argent. "L'argent corrompt jusqu'au coeur des hommes", comme disait Mitterrand.

Le problème dans notre action publique, c'est que nous faisons beaucoup de travail sur les saisies de drogue et peu de travail sur les saisies d'argent. C'est ça, le changement qu'on doit opérer et qu'on opère avec la loi narcotrafic adoptée il y a 3 mois. Quand j'ai fait les prisons de haute sécurité, où une trentaine de dirigeants de la DZ Mafia sont aujourd'hui...

On m'a pris pour un quasi fasciste. Désormais, on me demande pourquoi ces personnes ne sont pas toutes dans les prisons. Marseille est une magnifique ville.

Elle pleure ses enfants. Il faut que ça reste et que tout le monde...

Les politiques doivent prendre leurs responsabilités, mais toute la société doit comprendre qu'il faut refuser l'argent sale. - Y.Goosz: Un des chefs de la DZ Mafia est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de M.Kessaci.

Il était incarcéré à Bourg-en-Bresse. Il a été transféré mardi à Condé-sur-Sarthe. Est-ce que ça aurait dû se faire plus tôt? - G.Darmanin: Oui.

On aurait dû faire des prisons de haute sécurité depuis des années. Il y a 700 personnes qui relèvent de la dangerosité potentielle comme ce monsieur, en dehors des personnes qui sont là pour terrorisme. Les services de renseignement pénitentiaire ont désigné de 1 à 700 les 700 personnes les plus dangereuses dans leur capacité corruptible, à gérer leurs points de deal...

Il fallait arrêter la naïveté dans les prisons, le téléphone portable, le shit...

Il fallait siffler la fin De cette récréation et faire ces prisons de haute sécurité. - M.Bouhafsi: Vos prédécesseurs ont été laxistes? - G.Darmanin: Non.

Il y a eu un point de bascule dans l'Etat, le drame d'Incarville, quand M.Amra, je mets du conditionnel parce qu'il n'a pas été condamné, s'est évadé en faisant tirer à la kalachnikov 2 agents pénitentiaires. Quand il s'est fait arrêter, il a proposé 2 millions d'argent liquide aux policiers roumains qui venaient l'arrêter.

A partir de là, dans l'Etat, on a compris, comme en 2015 pour le terrorisme, qu'il fallait changer radicalement de position. - A.Bégot: S'il y avait eu ces prisons plus tôt, il n'y aurait pas eu l'attaque du péage et l'assassinat de M.Kessaci? - G.Darmanin: L'attaque du péage, j'en suis certain.

Il n'aurait pas pu communiquer avec l'extérieur. Je ne connais pas l'instruction qui évoque...

On peut penser, de manière générale que, des prisons françaises, on commande des assassinats, des points de deal. Je suis allé aux Emirats arabes unis il y a 3 jours. J'ai vu les ministres émiratis.

J'ai dit: "Vous savez qu'il y a des gens aux Baumettes qui gèrent des appartements à Dubaï?" On a obtenu la première saisie et confiscation d'un appartement à Dubaï d'un trafiquant de drogue. Nous aussi, il faut qu'on fasse le ménage dans nos prisons.

Il est hors de question qu'on puisse garder des portables et gérer comme un agent immobilier l'argent de la drogue. Il est certain que notre naïveté carcérale nous a amenés à laisser faire des choses ignobles sur le territoire national. - M.Bouhafsi: Vous êtes à l'origine de la construction de 4 nouveaux quartiers de haute sécurité dans les prisons françaises, qui accueilleront des hommes et des femmes dangereux... - G.Darmanin: Des hommes. - M.Bouhafsi: Est-ce que ça suffira?

Vous pensez en ouvrir d'autres bientôt? - G.Darmanin: Je pense qu'on a réussi, grâce au ministère de la Justice et aux agents pénitentiaires courageux, à faire quelque chose, un avant et un après en 5 mois.

Faire des prisons de haute sécurité en 5 mois validées par le Conseil constitutionnel...

J'ai subi beaucoup de pressions et de menaces. Des avocats ont porté plainte contre moi à la Cour de justice de la République. Les Européens viennent désormais visiter ces prisons.

Il faut entre 400 et 500 places de prison de haute sécurité. Je pense que d'ici la fin de l'année prochaine, on aura fait 350 places. Il y a Condé-sur-Sarthe et Vendin-le-Vieil.

Il y aura Réau en Ile-de-France, Aix-en-Provence, Valence et Saint-Laurent-du-Maroni. Sur la drogue, il faut comprendre que c'est un phénomène planétaire. C'est pas pour dédouaner les politiques.

Le président Trump fait tirer par l'armée sur des trafiquants. Pour autant, aux Etats-Unis, La première cause de mortalité, c'est le fentanyl. C'est une drogue de synthèse Qui est à 5 ou 10 dollars la dose et qui vous rend dépendant et vous fait mourir, la jeunesse mais toutes les catégories sociales.

Quand la plus grande démocratie du monde, qui a une certaine puissance, n'arrive pas à venir à bout de la drogue...

La moitié des Etats américains ont légalisé des drogues. C'est un phénomène international très compliqué qui va nous amener, pendant des dizaines d'années, à mener une guerre extrêmement difficile, comme le terrorisme. - Y.Goosz: Vous subissez des menaces de mort de la part des narcotrafiquants? - G.Darmanin: Je ne répondrai pas, mais ma famille et moi-même sommes protégés. - M.Bouhafsi: Vous avez conscience des risques que certains prennent?

Vous parliez des magistrats et des journalistes. Des journalistes ont refusé de s'exprimer sur ce plateau car ils estimaient qu'ils étaient menacés. - G.Darmanin: Il y a un ancien chef d'établissement des Baumettes de Marseille qui a été changé d'établissement et qui est désormais protégé 24h/24 avec sa famille.

Il subit des menaces de mort étayées. Il y a une juge d'instruction qui est protégée. Un procureur de la République va l'être.

C'est le même parallèle que le terrorisme. Il y a 30 ans, on ne protégeait pas les magistrats antiterroristes. Maintenant, oui.

On peut penser que les prochains ministre de la Justice et ministre de l'Intérieur vont les protéger. A partir du 5 janvier, une femme Courageuse va mener ce combat. Les menaces vont être fortes pour elle et pour son parquet.

Les agents pénitentiaires qui gèrent tous les jours des personnes très dangereuses, ils sont très courageux. Ils ne sont pas ministres. Moi, j'ai une équipe de sécurité.

J'ai pas à me plaindre. Mais le type qui rentre chez lui dans sa voiture alors qu'il a gardé des patrons de la DZ Mafia dans sa prison...

Je vais parler des agents. Ils me touchent beaucoup. Je vais voir un type dans une prison avec des gens très dangereux.

Il me dit: "Vous parlez de corruption des agents, mais moi, un matin, j'ai ouvert la porte d'un prisonnier et il a souhaité un bon anniversaire à ma fille de 4 ans." Il savait que sa fille s'appelait Cécile. Voilà la pression que peuvent vivre les agents pénitentiaires.

Quand on voit ça...

On les met nous-mêmes en danger. - M.Bouhafsi: La Story de P.Larrouturou. - Il y a une volonté de prise de pouvoir.

Marseille est la plaque tournante. Il n'y a pas une petite ou une grande ville qui ne soit pas impactée par cela. - Le fléau, c'est la cocaïne.

Quand on voit que des agriculteurs en prennent, ça fait peur. - "C'est chez nous". Non, ce quartier, c'est pas le leur. - P.Larrouturou: Grâce à ce bracelet rose, je vous amène en immersion au 107e Congrès des maires.

Une question s'impose à 4 mois des municipales. Le phénomène s'embrase, pas seulement à Marseille. - Ce phénomène fait tache d'huile.

Ce qui était avant un effet marseillais est un effet d'une petite ville en Bretagne ou dans les Vosges. Il faut nous armer. - P.Larrouturou: Selon un sondage Ifop, la sécurité arrive largement en tête de toutes les préoccupations des Français pour les prochaines municipales.

Cette étude de la Cour des comptes...

L'emprise du narcotrafic touche 8 communes sur 10. - J'avais un maire d'une petite commune qui m'a dit: "J'ai un point de deal à côté de chez moi." Il y a 500 habitants.

J'avais l'impression que ça ne nous concernait pas. On est dans la campagne. Ca arrive. - On a découvert chez un voisin qu'il était producteur.

Indirectement, les producteurs venaient chez moi. Il y a quelques producteurs parce qu'il y a des consommateurs. - Le fléau, chez nous, c'est la cocaïne.

Quand on voit des agriculteurs qui en prennent pour tenir sur un tracteur parce qu'il faut travailler toute la nuit, ça fait peur. - P.Larrouturou: J'aurais pu mettre 50 extraits.

Face à cette menace, plusieurs réponses. Les maires s'équipent en caméras, arment leur police municipale, mais beaucoup s'avouent démunis. J'ai senti une forme de peur.

Le maire de Charleville avait un point de deal. Il a mis des blocs de béton. - On avait un café associatif qui était une couverture pour le deal.

La veille du 14-Juillet, ils ont brûlé la caméra qui surveille ce lieu. C'était une déclaration de guerre. Ils n'ont pas aimé qu'on le ferme.

Il y a eu des tags. "C'est chez nous." Non, ce quartier, c'est pas le leur.

Les plaques d'immatriculation...

Ils montrent qu'ils ont reconnu le numéro du véhicule de la BAC. C'est les numéros des parents des agents de la police municipale. J'ai peur pour mes agents. - P.Larrouturou: Là, sur les tags, il y avait les immatriculations de la famille des policiers censés arrêter les narcotrafiquants.

Le maire demande au gouvernement une meilleure articulation entre la police nationale et la police municipale. La France compte 2 fois plus de policiers municipaux qu'en 2002, avec 28 000 agents, dont 80 % sont armés. Ca a doublé.

Je suis tombé sur un ancien ministre de l'Intérieur. - F.Baroin: A Troyes, on est un carrefour autoroutier entre le nord de la Hollande et le sud de l'Italie.

Ce sont des lieux de passage. Quand vous avez une paire de baskets sur un fil électrique, il ne faut pas croire que ça ne veut rien dire. C'est la définition d'une zone d'un clan par rapport à un autre, un tag. - P.Larrouturou: Nord, sud, est, ouest, la drogue est partout. - M.Bouhafsi: Avec des nouvelles drogues.

La consommation de cannabis baisse, mais on parle de cocaïne dans les petits villages français. - G.Darmanin: Pour 50 ou 60 euros, vous avez votre dose de cocaïne.

Ca s'est démocratisé par le prix, notamment à cause de la surproduction en Amérique du Sud. Ca paraît compliqué de soutenir politiquement le Venezuela et de pleurer les morts qu'il y a en France. Il y a malheureusement un lien. - M.Bouhafsi: Vous parlez de LFI, là. - G.Darmanin: Ca n'est pas le moment de polémiquer, mais il faut être cohérent.

LFI est le seul parti qui n'a pas voté la loi narcotrafic, et je le regrette. C'était une façon de nous protéger. Ils ont été très courageux dans une loi sécuritaire.

Ils ont fait leur travail de soutien pour lutter contre un phénomène qui touche tout le monde. La consommation s'est démocratisée. Ce qui est plus grave que la cocaïne, c'est les drogues de synthèse, qui explosent.

Pour l'instant, c'est en petit nombre, mais ça va exploser. Si le fentanyl nous touche comme aux Etats-Unis, ça sera un désastre absolu. Nous n'avons pas encore démonté de laboratoires de transformation...

C'est des boîtes internationales avec beaucoup d'argent. On en a beaucoup en Italie, en Pologne, en Belgique et en Allemagne. Le jour où on trouvera des laboratoires qui transforment de la drogue de synthèse, on sera touchés par les métastases. - A.Bégot: Ce narcotrafic se pilote parfois à l'intérieur des prisons avec les téléphones portables.

Vous avez annoncé un plan zéro téléphone portable. C'est le cas dès aujourd'hui dans 6 établissements pénitentiaires. Ces prisons vont devenir étanches à 100 %? - G.Darmanin: Exactement.

C'est compliqué. On a saisi 80 000 téléphones l'an dernier, pour 90 000 détenus. Ca vous donne une idée. - P.Larrouturou: Ils en ont quasiment tous un. - G.Darmanin: Il y a des projections.

On n'avait pas imaginé que lors des parloirs, des personnes donnaient des téléphones qui font 5 cm. C'est pas des iPhone classiques. Ce sont de petits téléphones que les détenus avalent parfois et récupèrent...

Je ne vais pas vous faire un dessin. C'est compliqué d'empêcher les gens de téléphoner. Il faut geler toutes les G.

A Paris, il y a plein de bâtiments autour. - A.Bégot: L'idée, c'est de généraliser ça? - G.Darmanin: On va couvrir toutes les cours, transformer tous les parloirs.

On a une technologie qui permet de trouver les portables, même quand ils sont éteints. On va la généraliser. C'est 30 millions pour 6 prisons. - M.Bouhafsi: Vous comptez le faire pour toutes les prisons françaises? - G.Darmanin: Oui.

Il faut 500 millions d'euros pour la moitié d'entre elles. J'espère pouvoir le faire dans les mois qui viennent. - M.Bouhafsi: Le directeur de la prison de Rennes a été démis de ses fonctions après l'évasion d'un détenu le 14 novembre lors d'une sortie dans un planétarium.

Ce détenu s'était déjà évadé. Lui permettre de faire d'autres sorties...

Vous comprenez la colère des Français qui nous regardent? C'est de la naïveté ou de l'incompétence? - G.Darmanin: Les choses sont assez simples.

Le chef d'établissement de Rennes est responsable. On n'a pas à aller visiter le planétarium quand on est détenu. Ca ne fait pas partie de la réinsertion des détenus.

Il faut respecter les victimes et la société, apprendre à lire et à écrire, apprendre un métier. Faire des activités à ce point provocantes, où aucun agent pénitentiaire ne les accompagnait, c'est se moquer de la France et des Français. C'était déjà un détenu qui s'était évadé.

La coupe est pleine. Il n'a pas respecté les consignes, le directeur de prison, donc il ne l'est plus. Quand on est chef, on a de l'honneur.

Il faut respecter les consignes. Je ne dirais pas qu'on siffle la fin de la récréation, parce que c'est dur d'être dans les prisons françaises. Mais personne ne peut comprendre que des détenus qui se sont déjà évadés aillent visiter un planétarium sans agent qui les encadre.

Le bon sens doit l'emporter. Je suis là pour mettre du bon sens au ministère de la Justice. - M.Bouhafsi: Depuis plusieurs semaines, plusieurs jours, on entend une petite musique qui veut interdire les visites et sorties extérieures aux détenus les plus dangereux.

Vous êtes pour? - G.Darmanin: Si les gens sont considérés comme dangereux, il ne faut pas qu'ils sortent.

En France, nous avons un problème de lutte contre la récidive. 70 % des gens récidivent dans les 5 ans quand ils sortent de prison. On n'est pas bon.

On enferme les fous en France. C'est une indignité. On fait ça avec beaucoup...

Je pense que ça touche tout le monde de voir que les gens qui ont des maladies psychiatriques, on préfère les enfermer. - A.Bégot: Il n'y a pas de place dans les hôpitaux psychiatriques. - G.Darmanin: Dans les prisons non plus.

Nous ne sommes pas dignes de ce point de vue. C'est mauvais pour les détenus et les agents pénitentiaires, dont le métier n'est pas d'être infirmier psychiatrique. Troisièmement, on a une difficulté d'étrangers dans nos prisons, 25 %.

Le travail est que ces personnes puissent purger leur peine ailleurs qu'en France. Si 25 % des personnes qui purgent leur peine en France le faisaient dans leur pays, nous n'aurions pas de surpopulation carcérale. - E.Eméyé: Vous disiez qu'un détenu devait lire, apprendre à lire et écrire.

On a appris que N.Sarkozy allait publier son journal de prisonnier. Est-ce que vous allez le lire ou il vous a déjà tout dit quand vous êtes allé le voir? - G.Darmanin: Je ne savais pas qu'il allait sortir un livre.

Je le lirai si j'ai la possibilité. Mais j'ai beaucoup de livres en retard et peu de temps pour lire. En ce moment, je relis Kessel. - E.Eméyé: Vous savez déjà ce qu'il a vécu sur place? - M.Bouhafsi: Il vous l'a raconté? - G.Darmanin: Non.

C'est très difficile pour tout homme ou toute femme d'aller en prison, quelque soit son méfait. Même 3 semaines, c'est pas facile, privé de votre famille. Pour tous les détenus, pas seulement Sarkozy.

Ce n'est pas à moi de juger si c'est légitime ou pas. - M.Bouhafsi: Vous ne regrettez pas votre visite? - G.Darmanin: Non.

J'en visite 3 par semaine, des établissements pénitentiaires. Si monsieur Sarkozy avait été agressé...

Il a reçu des menaces à la prison de la Santé. S'il avait été assassiné ou violenté, vous seriez les premiers à me poser des questions. Dans "ministre", il y a chef d'administration.

Le Parlement m'aurait interrogé. La Cour de justice aurait pu m'interroger. - E.Eméyé: Depuis, vous n'avez plus le droit de le voir. - G.Darmanin: C'est monsieur Sarkozy qui a interdiction de rentrer en contact avec le ministre de la Justice, pas moi-même.

Mais il se trouve que je suis ministre en ce moment. On va respecter les mesures. - Y.Goosz: Ce n'était pas par amitié politique que vous êtes allé le voir? - G.Darmanin: Je n'ai pas d'amitié pour un ancien chef de l'Etat.

Je le respecte profondément. Je distingue. Je suis un homme d'Etat.

J'exerce dans un ministère d'Etat. Je distingue mes sentiments personnels de ma vie politique. C'est tout à fait normal.

Ma responsabilité, c'est que le président Sarkozy ait pu passer le temps que les magistrats ont décidé qu'il passe en prison sans qu'il ne soit touché dans son intégrité physique. Tout le monde peut comprendre ce bon sens. - M.Bouhafsi: Merci d'avoir accepté notre invitation.

On vous libère. Merci d'avoir accepté notre invitation. C'est souvent dans le Nord qu'il fait plus froid.

Là, ça va concerner tout le pays. - G.Darmanin: Il fait chaud à Tourcoing.

Venez à Tourcoing. En ce moment, il fait très chaud et très beau. - M.Bouhafsi: La France traverse son premier épisode de froid de la saison.

Des températures jusqu'à 6 degrés en dessous des normales et du gel sur 90 % du territoire. Parfois un réveil tout en blanc. A Grenoble, un petit manteau de neige.

Jusqu'à 5 cm relevés en Normandie et des paysages totalement recouverts en basse montagne. De quoi surprendre de nombreux Français. - On a été un peu surpris.

On vient de prendre 10 cm en à peu près une heure. - Ici, jusqu'à 18 cm de neige ont été relevés. - De base, on avait une grosse rando.

Mais il y a un peu trop de neige. On va se balader. - Ils annoncent un week-end beau mais très froid, avec des moins 10 ou 13 degrés. - Il fait un peu froid.

On a sorti le bonnet. - Bottes fourrées, gants... - Veste en laine très épaisse.

Une écharpe. Mon manteau très épais. - Une prévention essentielle car demain devrait être la journée la plus froide de la semaine. - M.Bouhafsi: Bonsoir, E.Dhéliat. - E.Dhéliat: Bonsoir. - M.Bouhafsi: Vous êtes présentatrice météo chez TF1.

A vos côtés, N.Berrod, rédacteur en chef adjoint chargé des sujets de santé au "Parisien-Aujourd'hui en France". Comment vous qualifiez ce qu'on vit depuis hier?

Il fait froid partout. - E.Dhéliat: C'est de la météo.

On est passés dans un flux de nord. C'est de l'air polaire qui nous arrive. Ce qui est impressionnant, c'est par rapport à ce qu'on a vécu quelques jours avant.

On avait des températures excessivement élevées. A Biarritz, mercredi, il faisait 27 degrés. Hier après-midi, il n'en faisait que 8.

C'est pas exceptionnel...

C'est pas une vague de froid. C'est un épisode de froid. Ca s'explique car on a de l'air extrêmement froid qui arrive du pôle.

Mais ce sont des températures que l'on n'a pas connues pour un mois de novembre depuis 12 ans. C'est un peu exceptionnel. - M.Bouhafsi: A quoi on doit s'attendre tout le week-end? - N.Berrod: Demain va être la journée la plus froide de la semaine à l'échelle nationale.

Il y aura sans doute de la neige en soirée sur une bonne partie du pays, notamment en Ile-de-France. Il y a eu quelques flocons dans le Val-d'Oise, mais pas à Paris. Demain soir, il devrait neiger 1 ou 2 cm à Paris.

Il y aura un risque de verglas sur les routes. Ca va tomber très tard le soir, voire dans la nuit. Il y aura Moins de pagaille que si ça avait été en semaine.

C'est un épisode Notable, mais on n'a pas de record de froid mensuel dans les stations qui ont plusieurs décennies d'existence alors qu'on a eu des records mensuels de douceur la semaine dernière. Il y a vraiment ce contraste entre les records de chaleur ou de douceur en hiver et les records de froid. Il y en a de temps en temps, mais beaucoup moins que les records de chaud. - M.Bouhafsi: Désormais, on peut avoir la météo pour 7 ou 15 jours.

Ca veut dire quoi? - E.Dhéliat: 15 jours, non. - M.Bouhafsi: On va avoir un hiver très froid? - E.Dhéliat: On ne peut pas le dire.

On ne sait pas. - Y.Goosz: On peut parler de tendance saisonnière. - E.Dhéliat: La tendance saisonnière, ça ne veut pas dire grand-chose.

Sur une saison, on vous dit qu'on sera peut-être au-dessus des normales de saison ou en dessous, mais on ne vous dira pas si le 2 mars, nous aurons telle température. - A.Bégot: Quand on dit que l'hiver va être rude, il ne faut pas y croire?

On n'en sait rien? - E.Dhéliat: Exactement.

On fait des prévisions...

Quand j'ai commencé, les prévisions étaient à 2 ou 3 jours. - M.Bouhafsi: C'était hier! - E.Dhéliat: Avant-hier, mais tout va bien!

Météo-France a fait des progrès extraordinaires. Ce sont souvent des tendances. Pour le lendemain, c'est une prévision.

A 6 jours, c'est une tendance. On sait très bien que la semaine prochaine, ça va se radoucir. On va repasser dans un flux d'ouest, avec de l'air beaucoup plus doux.

Les perturbations vont se succéder. Le problème, c'est qu'on ne peut pas vous dire si jeudi prochain, la perturbation sera vraiment sur la Bretagne ou un peu plus loin. Mais c'est vrai qu'on ne peut sûrement pas dire ce que sera vraiment tout l'hiver. - M.Bouhafsi: Puisqu'on parle de froid, rappelons-le.

Le froid à lui seul ne rend pas malade. C'est la mise au point que J.Mohamed a faite et qui a déclenché une polémique. - J.Mohamed: Le froid ne rend pas malades les enfants, mais les enfants régulent moins bien la température.

Ils risquent l'hypothermie. Ce n'est pas parce qu'il fait froid que les enfants tombent malades, mais il ne faut pas sortir en t-shirt. - T.Sotto: Ce n'est pas ce que vous avez dit.

Vous n'avez pas dit de mettre vos enfants à poil dehors. Jamais! - M.Bouhafsi: J.Mohamed a dit que le froid ne rendait pas malade.

Plein de jeunes sont sortis en t-shirt dehors et ont posté des vidéos sur les réseaux sociaux. - N.Berrod: Il y a même eu des vidéos amusantes où des jeunes sortaient.

Un adulte leur dit qu'ils sont fous et qu'il faut mettre une écharpe. Les jeunes montrent la vidéo de J.Mohamed en mode "arrêtez de m'embêter, il n'y en a pas besoin".

J.Mohamed était amusé du buzz de cette vidéo. Scientifiquement, il a raison.

Le froid à lui seul ne rend pas malade. Pour être malade, avoir une infection grippale, il faut être infecté par un virus ou une bactérie. En revanche, il y a plusieurs limites.

Plusieurs études ont montré que le froid peut affaiblir nos muqueuses, notamment au niveau du nez. Ca affaiblit nos défenses immunitaires. On peut être plus susceptible d'être infecté par un virus.

Ca peut faciliter une infection. Par ailleurs, il y a d'autres risques quand il fait froid. Si on ne sort pas couvert, on peut faire une hypothermie, notamment les jeunes, qui se rendent moins compte du fait qu'ils ont froid.

L'autre chose à prendre en compte, c'est que quand il fait froid, l'organisme a besoin de brûler beaucoup plus de calories pour réguler sa température. Si on ne mange pas davantage pour compenser, il peut y avoir des malaises ou des conséquences. Ce qu'a voulu dire J.Mohamed, c'est que ça ne rend pas malade au sens où on ne finit pas grippé parce qu'on sort sans écharpe mais il y a d'autres conséquences.

Il le disait aussi. Ca a été moins relevé. Il y a d'autres conséquences possibles sur la santé. - M.Bouhafsi: Aujourd'hui, il y a de plus en plus de critiques et de menaces qui planent sur les météorologistes.

Vous en subissez? Des gens vous disent: "Regardez, il fait très beau dehors. Arrêtez de nous parler du réchauffement climatique." - E.Dhéliat: Il y a toujours des climatosceptiques, évidemment.

Ils vont sûrement dire qu'il fait froid actuellement et qu'il n'y a pas de réchauffement climatique. Ca veut rien dire. Les températures qu'on avait étaient excessivement douces.

C'est un phénomène météo, un flux de sud. En revanche, on s'aperçoit que les masses d'air sont de plus en plus chaudes. Le réchauffement climatique, le changement climatique est là, tout de même. - M.Bouhafsi: On a bien compris que ce n'était pas le froid qui rendait malade, même si ça peut aider, mais que ce sont les bactéries.

La grippe a été particulièrement meurtrière l'an dernier. Il y a eu plus de 17 000 décès. C'est plus que les 10 000 enregistrés en moyenne.

Gestes barrières oubliés, non-rappel de vaccin...

On doit s'attendre à une saison compliquée, alors qu'on nous parle d'un variant qui vient de Grande-Bretagne? - N.Berrod: Impossible de prévenir, comme pour la météo.

L'an dernier, l'épidémie a été très forte. La couverture vaccinale était moins élevée. Pour l'instant, la grippe frétille un peu.

Ca commence à monter chez les enfants et les ados. Des souches virales différentes de l'an passé, parce que chaque année, il y a de nouveaux variants...

On n'a pas de chiffres sur le nombre de gens qui sont vaccinés. On a juste le nombre de doses délivrées par des pharmaciens à des patients. C'est un peu plus élevé que l'an dernier à la même période.

Ca ne dit pas si tous ces gens ont fait leur vaccin ou s'ils ont juste acheté et stocké au frigo pour le faire plus tard. On n'a pas de chiffres précis. La bronchiolite a déjà débuté.

Elle débute toujours très tôt. On a eu aussi du covid. - M.Bouhafsi: Est-ce que vous pouvez regarder cette caméra pour dire aux Français qu'il va faire très froid et qu'on leur donne rendez-vous à 19h puisqu'on sera également dans "C à vous"? - E.Dhéliat: Il faut surtout faire attention.

Ca va être la nuit la plus froide, avec du moins 10. Météo-France parlait même de -20 dans le Jura. - E.Eméyé: C'est donc une bonne raison pour rester devant sa télé? - E.Dhéliat: Exactement.

C'est ce que vous voulez dire? - M.Bouhafsi: Oui. - E.Dhéliat: Il ne faut pas oublier qu'il y a aussi TF1! - M.Bouhafsi: Demain, à 19h, on sera là.

Avant ça, le 5/5 d'A.Bégot. Direction le Nord, où les 3 antennes de SOS Médecins sont fermées depuis hier soir. - A.Bégot: On va continuer à parler de santé.

Depuis hier matin et jusqu'à demain matin, décision prise après l'agression d'un praticien à Roubaix mardi. Une femme est venue avec ses 2 jeunes enfants, dont l'un est très bruyant. Il dérange à la fois les patients dans la salle d'attente et les médecins.

L'un d'eux lui fait savoir, à cette maman, à plusieurs reprises. Elle finit par être reçue par un autre médecin puis repart pour un problème. Quelques heures plus tard, elle revient avec un homme qui s'en prend au médecin qui lui avait demandé d'essayer de calmer son enfant.

Il le propulse violemment au sol et lui donne un coup de poing dans les côtes. - S'il n'y a pas d'action derrière ce genre de comportement, ça va continuer. Il faut agir et marquer le coup. - Je suis de tout coeur avec eux.

Tout à fait. Ils sont là pour nous soigner et ils se font taper. C'est honteux. - A.Bégot: SOS Médecins dénonce une expédition punitive, alors que ce type d'agressions se multiplie.

Le Nord détient le triste record en la matière. Plus de 400 agressions contre des personnels soignants l'an dernier. Déjà 300 depuis le début de l'année 2025. - On essaye de calmer le jeu.

On essaie de discuter, de dialoguer. Des fois, ce n'est pas possible. On est obligés de faire intervenir un médecin directement. - Vous avez peur, des fois? - Oui. - On est toujours sur le qui-vive.

Avec ce qui s'est passé là, je ne suis pas certain que mon confrère travaillera de la même manière. - Les médecins sont là pour faire de la médecine et pas apprendre de l'autodéfense. - A.Bégot: Autre problème auquel sont confrontés les soignants: la saturation des urgences.

Nouvelle illustration avec l'histoire de cette femme de 99 ans qui a passé 64 heures sur un brancard au CHU de Rouen. C'est plus de 2 jours et demi. - Ma mère m'a rejointe.

Elle avait amené un repas au cas où. Elle a bien fait. Une soignante nous a dit: "Merci d'avoir ramené à manger." Ils n'ont pas assez de repas pour tout le monde.

Si elle n'avait pas d'entourage, pas d'enfants, qu'est-ce qui se serait passé? - A.Bégot: La direction de l'hôpital assure que le week-end du 17 octobre était un week-end particulièrement chargé. - C'est pas une situation exceptionnelle, comme pourrait répondre la direction du CHU.

On voit de la détresse pour les patients, mais aussi pour nos collègues soignants et médecins. Ca ne se passe pas qu'au CHU de Rouen. - A.Bégot: Pour faire face, le CHU de Caen a décidé d'allonger les journées de travail des infirmiers et des aides-soignants des services de chirurgie.

Jusqu'à 12 heures de travail par jour, contre 7 heures 40 aujourd'hui. Le CHU de Caen avait déjà supprimé ses internes aux urgences, faute de personnel encadrant. On a l'impression que c'est de pire en pire chaque hiver. - N.Berrod: Depuis des années, c'est de pire en pire.

L'histoire malheureuse de cette patiente âgée, je sais pas, mais tous les jours, des patients patientent pendant des dizaines d'heures. Il n'y a pas assez de lits dans les services d'hospitalisation classique. Des patients n'ont pas de place ailleurs, comme dans des centres sociaux.

Ils restent à l'hôpital et bloquent des lits. Aux urgences, les patients y restent parce qu'ils n'ont pas de place ailleurs. C'est un problème connu et dramatique.

Maintenant, ça touche les internes, qui ne peuvent plus être formés dans des services hospitaliers parce qu'il n'y a plus assez de personnel. On a même appelé la réserve sanitaire, plus connue pour aller sur des théâtres d'opérations extérieures, comme le cyclone à Mayotte. C'est une illustration de la situation dramatique. - M.Bouhafsi: A l'étranger, peut-être un nouveau tournant dans la guerre en Ukraine. - A.Bégot: V.Zelensky a pris la parole cet après-midi.

Une allocution solennelle aux Ukrainiens dans laquelle il explique être confronté à l'un des moments les plus difficiles de l'histoire du pays. ... - A.Bégot: Les Etats-Unis ont présenté ces dernières heures un nouveau plan de paix en 28 points qu'a évoqué le président ukrainien.

Le plan prévoit de nombreuses concessions ukrainiennes à la Russie après presque 4 ans de guerre. Il y a notamment la cession de plusieurs régions, la réintégration de la Russie au G8 ou l'interdiction aux troupes de l'Otan de se positionner en Ukraine. Ce plan fait perdre espoir à la population ukrainienne. ... - A.Bégot: A l'issue d'un échange en visioconférence avec E.Macron, le Premier ministre britannique et le chancelier allemand, V.Zelensky a expliqué qu'il voulait proposer des alternatives au projet américain.

Dans le même temps, la Russie accroît la pression. ... - A.Bégot: Ces déclarations interviennent alors que l'Ukraine a connu cette semaine d'intenses bombardements et l'une des attaques les plus meurtrières depuis près d'un an. 25 personnes au moins ont été tuées. 70 autres ont été blessées.

V.Poutine a menacé de conquérir plus de territoires si l'Ukraine refusait ce plan américain. D.Trump fixe une date limite pour que Kiev accepte le plan de paix.

C'est le 27 novembre. - M.Bouhafsi: Un cocorico, ce soir.

Une rue française parmi les rues les plus cool du monde. - A.Bégot: On a besoin de sourire parmi cette actualité bien lourde.

La rue Gravilliers, dans le Marais, à Paris, est 13e au classement. Vous ne la connaissez sans doute pas. On vous y amène.

C'est une rue très étroite, l'une des plus vieilles de Paris. Elle existe depuis au moins le XIIIe siècle. - Je la connais depuis longtemps.

C'est un quartier d'horlogers, d'orfèvres, de savoir-faire, d'artisanat. De voir que plein de petites marques se redéveloppent dans le quartier, je trouve ça très cool. ... - Il y a beaucoup de petits cafés, de petits commerces.

C'est très convivial et sympa. - A.Bégot: La rue Gravilliers est 13e du classement.

Savez-vous quelle est la première ville? - E.Eméyé: En France? - A.Bégot: Non.

C'est au Brésil, à Rio de Janeiro. - M.Bouhafsi: Plus que 33 dodos avant Noël.

Ca va faire plaisir à Evelyne. - A.Bégot: Ca approche.

Le secrétariat du père Noël a repris du service. Il est installé à Libourne, en Gironde. Il est prêt à accueillir des dizaines de milliers de lettres des plus jeunes. 1 million de lettres reçues l'an dernier.

Pas simple de répondre à chacune d'elles. Résultat, l'explorateur N.Vanier a décidé de prêter main-forte au père Noël cette année.

Pas d'adresse précise pour écrire au père Noël. "Père Noël", ça suffit. La suite, vous décidez.

Pas besoin de mettre un timbre non plus. C'est gratuit. Pensez tout de même à mettre votre adresse pour avoir une réponse.

Vous savez déjà tous ce que vous voulez? - E.Dhéliat: On est sûrs de recevoir les cadeaux? - A.Bégot: Si on a été sages! - M.Bouhafsi: Vous avez choisi un cadeau? - E.Dhéliat: Pas encore. - M.Bouhafsi: Vous le trouverez. - E.Dhéliat: C'est la surprise, souvent.

Ce sont les plus beaux cadeaux. - M.Bouhafsi: Merci à vous, E.Dhéliat, présentatrice météo