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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 25 octobre 2022 20 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Instant Porcher | 49.3, casse sociale... : Macron se dresse contre la démocratie

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu peux nous dire en quelques mots la tournure du budget 2023 ?

  • 6:19OuverteRéponse directe

    Pourquoi le gouvernement utilise le 49.3 ?

  • 9:16OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce discours dominant sur la baisse de la dépense publique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24PrésentateurChiffre
    « On gagnerait 4 milliards. »
  • 0:26PrésentateurChiffre
    « On crée 100 000 postes de fonctionnaires. »
  • 1:30PrésentateurFait
    « Les députés ont voté contre le projet du gouvernement et son article liminaire qui prévoyait de limiter le déficit public à 5% du PIB en 2023. »
  • 1:45PrésentateurFait
    « Elisabeth Borne a annoncé recourir au 49-3 permettant de faire adopter le budget sans vote parlementaire. »
  • 2:18PrésentateurFait
    « « Nous avons besoin de cette troisième partie du PLFSS. Sans elle, nous ne pourrions garantir les ressources de la sécurité sociale. » »
  • 2:39PrésentateurChiffre
    « On a en fait une augmentation des dépenses publiques qui doit être maîtrisée sur ce quinquennat, qui n'augmentera que de 0,6% hors inflation. »
  • 2:52PrésentateurChiffre
    « Avec un objectif de réduire les déficits pour arriver à 3% à la fin du quinquennat. »
  • 3:25PrésentateurFait
    « France Stratégie l'a montré pour l'ISF, tout comme le CICE. »
  • 3:39PrésentateurFait
    « Il faut faire des compensations, notamment avec la réforme des retraites, avec la réforme de l'assurance chômage et avec d'autres coupes. »
  • 9:21PrésentateurChiffre
    « L'INSEE écrit par exemple qu'en 2021, le déficit public s'établit à 163,3 milliards d'euros, soit 6,5% du PIB, après 9% en 2020, et 3,1% en 2019. »
  • 9:51PrésentateurFait
    « Je rappelle une chose, et il ne faut jamais cesser de le rappeler, c'est qu'au sorti de la crise de 2009, les États-Unis ont creusé massivement leur déficit pour soutenir l'activité, et ils sont revenus à leur niveau d'avant-crise en trois ans. »
  • 10:54PrésentateurChiffre
    « Oui, la dépense publique, c'est 59% de notre PIB. »
  • 15:35PrésentateurFait
    « Qu'avait dit Emmanuel Macron ? Il avait dit, écoutez, moi, si ça ne fonctionne pas, je reviendrai dessus. »
  • 16:03PrésentateurChiffre
    « 4 milliards sur les 1% les plus riches qui détiennent 2500 milliards d'euros de patrimoine, ça les tuer. »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Présentateur 223 %
  • Invité6 %
  • Invité 23 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Chers auditeurs du Média, vous aimez nous écouter ? Vous êtes la garantie de notre liberté et de notre indépendance et nous avons besoin de vous pour continuer. Devenez sociaux et abonnez-vous sur lemédiatv.fr slash soutien. Maintenant on a quatre rapports qu'il prouve, quatre rapports. Qu'avait dit Emmanuel Macron ? Écoutez, moi si ça ne fonctionne pas, je reviendrai dessus. Donc pourquoi on ne revient pas là-dessus ? On gagnerait 4 milliards.

0:25
Locuteur non identifié

On ne revient pas dessus ?

0:26
Présentateur

4 milliards, on crée 100 000 postes de fonctionnaires. 100 000 postes de fonctionnaires qu'on peut ventiler dans la petite enfance, dans l'hôpital, où vous voulez. Ce quinquennat va peut-être être gouverné à coup de 49-3. Ce budget, c'est un budget de classe, ça va être un budget autoritaire. On va rentrer dans cinq années difficiles. C'est peut-être d'ailleurs pour ça que Bruno Le Maire veut se casser à l'EFMI parce qu'il sait que là, s'il reste à l'économie, ça va être très difficile s'il a une ambition présidentielle. Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet. Je suis ravie de vous retrouver.

L'Instant Porchet, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas Porchet, chaque semaine pour décrypter l'actualité car on le sait, le discours est politique et les comprendre est un véritable enjeu démocratique. Je vous rappelle pour qu'on n'arrête pas tout, Le Média dépend de votre soutien, vos abonnements et vos dons. Rendez-vous sur lemediatv.fr slash soutien pour nous soutenir. Ce projet de télé libre et indépendante ne peut se faire sans vous. Au programme aujourd'hui, le budget et ses 49-3 et toute l'obsession autour de la dette publique. La première partie du budget 2023 a été adoptée, si je puis dire, sans vote, mercredi dernier, après 16 jours de discussion.

Les députés ont voté contre le projet du gouvernement et son article liminaire qui prévoyait de limiter le déficit public à 5% du PIB en 2023. Les députés ont adopté une taxe sur les dividendes avec des députés macronistes. Et 3300 abonnements ont été déposés. Eh bien, Elisabeth Borne a annoncé recourir au 49-3 permettant de faire adopter le budget sans vote parlementaire. Retour à la case départ. Pas de taxe sur les superdividendes, pas de vote sur les amendements, suppression de la CVE, cet impôt que les entreprises doivent payer aux collectivités locales, et l'article liminaire est donc sauvegardé.

Puis le lendemain, le jeudi, débute l'examen du PLFSS, ce projet de loi de financement sur la sécurité sociale. Alors que les deux premières parties ont été rejetées, Elisabeth Borne actionne de nouveau le 49-3 pour faire adopter la troisième partie, car la première ministre affirme que « Nous avons besoin de cette troisième partie du PLFSS. Sans elle, nous ne pourrions garantir les ressources de la sécurité sociale. » Thomas, avant de parler de comment ces budgets ont été adoptés, est-ce que tu peux nous dire en quelques mots la tournure du budget 2023 ? La première chose qu'il faut savoir, c'est le cadre. Le cadre, c'est la feuille de route qui a été envoyée par la France à Bruxelles.

Et là, dans le cadre, qu'est-ce qu'on a ? On a en fait une augmentation des dépenses publiques qui doit être maîtrisée sur ce quinquennat, qui n'augmentera que de 0,6% hors inflation. Voilà, donc ça augmente moins vite, beaucoup moins vite que l'inflation, avec un objectif de réduire les déficits pour arriver à 3% à la fin du quinquennat. Donc on est sur un objectif de réduction de déficit avec contrôle des dépenses publiques. Alors, on pourrait réduire ce déficit autrement. On pourrait le réduire en ayant des rentrées budgétaires supplémentaires. Or là, le gouvernement ne veut pas toucher à ça. Il ne veut pas de rentrée, il ne veut pas de taxes sur les super profits, etc.

Bien au contraire, il continuait à baisser la fiscalité avec ce que tu as dit et avec les impôts de production, etc. Donc on continue à baisser les rentrées budgétaires. Alors qu'on sait très bien qu'un certain nombre de mesures qui ont été prises n'ont pas eu les effets escomptés. France Stratégie l'a montré pour l'ISF, tout comme le CICE. Mais on continue dans la même logique de baisser la fiscalité. Et de l'autre côté, vous avez les dépenses publiques. Comme vous baissez les rentrées, vous devez baisser les dépenses publiques. Alors les dépenses publiques, il y a un certain nombre déjà de cadeaux avec le bouclier fiscal, vous voyez.

Et donc il faut faire des compensations, notamment avec la réforme des retraites, avec la réforme de l'assurance chômage et avec d'autres coupes. Donc en réalité, on n'est que sûr, finalement, comment maîtriser cette dépense publique de manière globale. Donc quelles coupes réaliser et où les réaliser. Donc il faut faire attention parce que parfois, vous allez avoir des budgets qui augmentent, des ministres qui vont dire, tiens, il y a plus de budget dans mon ministère, mais peut-être que ce budget n'augmente pas suffisamment par rapport à la tendance à laquelle il devrait augmenter.

Parce que de manière structurelle, pour des raisons démographiques et d'inflation, la dépense publique doit suivre. Si la dépense publique ne suit pas la démographie ou l'inflation, ça veut dire que vous avez moins de moyens pour une population plus grande ou par rapport à une augmentation des prix. Donc là, on est dans ce contexte-là. Donc le contexte, c'est vraiment la promesse que l'on a dans les cinq prochaines années. C'est vraiment une politique d'économie sur la dépense publique, donc une politique austéritaire. Je disais avant, le 49-3 a été utilisé à deux reprises par le gouvernement et ça n'a pas manqué de faire réagir.

4:39
Invité

Chacun de nos sièges ici est muni d'un petit boîtier avec un bouton pour, un bouton contre, un bouton abstention. Et à plusieurs occasions, nous avons activé ces petits boutons pour choisir de façon majoritaire d'amender le budget dans le sens de davantage de justice fiscale. La décision de rajouter une taxe sur les super-dividendes a été prise à la majorité. Y compris avec des députés de En Marche et de tous les groupes de cet hémicycle. La décision de rétablir l'exit taxe, cette taxe sur les plus-values latentes des chefs d'entreprise qui décident de changer leur domicile fiscal a été adoptée à la majorité, monsieur le ministre.

Ainsi, je me permets, à l'instar de ce qu'a dit ma présidente Mathilde Panot, de vous rappeler ce que vous-même avez dit ce matin à la télévision en France et auquel je souscris pleinement, monsieur le ministre. En démocratie, la minorité ne peut pas dicter la loi à la majorité. C'est une espèce de jeu de cirque. Vous nous obligez à débattre pour juste après faire un 49-3 et nous empêcher absolument de voter un texte qui est absolument essentiel à notre système social à obliger juste cette motion de rejet.

6:19
Présentateur

Pourquoi le gouvernement, Thomas, il utilise le 49-3 ? Parce que les arguments officiels, c'est la responsabilité, l'équilibre financier, le gain de temps. Pour le PLF, donc le projet de loi de financement, Elisabeth Borne avance à avoir corrigé le texte par rapport au débat de ces derniers jours où une centaine d'amendements principalement de la majorité ont été ajoutés avec quelques amendements LR et socialistes. Aucun de l'ANUPS, aucun du RN. Alors pourquoi utiliser ce 49-3 ?

Et parce que le gouvernement, qui est en réalité en minorité, mais qui comptait beaucoup sur la droite pour faire passer très rapidement son budget, mais qui voit même que la droite, aujourd'hui, elle parle de l'exit tax, que dans la majorité, on parle de taxer les dividendes et que plus on parle, finalement, plus les gens se rendent compte de manière normale que la situation dans laquelle on est c'est une situation qui est quand même catastrophique, où il y a moins de rentrées et où on coupe sur des choses importantes. La santé, l'assurance chômage, les retraites.

Et je pense qu'il y en a beaucoup qui ont été élus dans les partis traditionnels et qui ont des remontées de terrain, beaucoup plus que peuvent l'avoir parfois des députés qui ont été placés comme ça juste après l'élection et qui ont eu une circonscription. Donc là, elles se rendent compte que ça va être plus compliqué que prévu. Et quand c'est plus compliqué que prévu, et qu'on sait que plus les gens vont en parler, plus on va découvrir que ce budget est un budget de classe, et que les réformes sont douloureuses, dans ces cas-là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut casser cette spirale et sortir le 49-3. C'est ce qu'avait fait Valls avec la loi travail.

Quand il y a eu la loi travail, on a commencé à discuter, etc. Les gens se sont dit, mais même au sein du PS, quand même, c'est quoi ce truc ? Sarkozy n'avait pas osé la faire, quoi, quand même. De Villepin, il a perdu les élections, etc. pour le CPE, qui était la mini loi travail. Là, il sortait la loi El Khomri. Et plus on en parlait, plus les gens étaient dans la rue, plus les gens savaient qu'ils s'opposaient à ça, et plus c'était compliqué. Donc là, il fallait sortir le 49-3. Là, c'est sur un budget global. C'est différent de la petite loi ? Oui, mais c'est un peu le même état d'esprit. C'est-à-dire que ce budget, c'est un budget de classe, ça va être un budget autoritaire.

On va rentrer dans cinq années difficiles. C'est peut-être d'ailleurs pour ça que Bruno Le Maire veut se casser et aller au FMI, parce qu'il sait que là, s'il reste à l'économie, ça va être très difficile s'il a une ambition présidentielle. Il vaut mieux être loin de tout ça, parce que les années vont être dures. Et comme il y a ça, et que les gens discutent, c'est que même dans la majorité, il faut sortir le 49-3. Donc il faut supprimer les débats démocratiques, qui sont essentiels, et qui représentent finalement ce qui a été élu par les citoyens, et passer en force. Alors qu'il y en ait un, tu peux dire, bon, deux d'affilée comme ça à deux jours, c'est quand même assez particulier.

Donc ce quinquennat va peut-être être gouverné à coup de 49-3. Mais d'un point de vue démocratique, tout ça, enfin, je pense que la majorité des gens sortiront abîmés. Le débat démocratique français sortira abîmé, et la classe politique, ce qu'elle représente, sortira abîmée de tout ça. La dépense publique, cette expression qui nous fait peur, il faut la baisser, on est endetté, on doit faire des économies, des efforts, surtout avec la crise Covid. C'est ce qu'on entend depuis des années.

C'est ce qu'on entend aussi pour défendre le budget, ou réduire les coûts dans les services publics, ou encore réformer le chômage, ou les retraites, ne pas augmenter le SMIC, baisser les budgets des collectivités locales. Bref, des exemples, on en aurait des tas. Thomas, pourquoi ce discours dominant sur il faut baisser la dépense publique ? Est-ce qu'on est en déficit ? L'INSEE écrit par exemple qu'en 2021, le déficit public s'établit à 163,3 milliards d'euros, soit 6,5% du PIB, après 9% en 2020, et 3,1% en 2019. La première des choses qu'il faut dire dans le cadre, c'est que ce n'est pas très grave d'avoir un déficit en période de crise, c'est plutôt bien.

Heureusement qu'il y a le déficit. C'est ce qu'on appelle en économie de la politique contracyclique. C'est-à-dire que, quand l'économie ne repart pas complètement, quand elle est en crise comme aujourd'hui, il faut la soutenir grâce au déficit. C'est ce qu'on fait là. On a très peur, mais c'est ce que fait encore plus les États-Unis, parce qu'ils vont à 10% de déficit. Je rappelle une chose, et il ne faut jamais cesser de le rappeler, c'est qu'au sorti de la crise de 2009, les États-Unis ont creusé massivement leur déficit pour soutenir l'activité, et ils sont revenus à leur niveau d'avant-crise en trois ans.

Nous, nous avons commencé à faire la même chose, nous avions la même trajectoire, et il y a eu les mêmes questionnements qu'aujourd'hui, où aïe, aïe, aïe, le déficit, c'est très grave, ouh là là, il faut couper dans la dépense publique. Qu'est-ce qui s'est passé ? On a mis 8 ans à revenir à notre niveau d'avant-crise. Vous vous rendez compte, on a perdu une décennie quand les États-Unis l'ont fait en trois ans. Donc soutenir l'activité par les déficits en période de crise, c'est normal. Réduire les déficits trop rapidement en période de crise, vous allez créer en fait une autre récession sur la récession. D'accord ?

Ça, tout le monde le dit, Bruno Le Maire le dit constamment, je ne comprends pas pourquoi on fait la même chose, parce qu'on s'est rendu compte que ça ne marchait pas, on le dit, alors ça ne marche pas, mais on veut faire la même chose. Et là, c'est ce qu'on est en train de faire avec ce qu'on a vu avant, ce budget de contrôle des dépenses publiques. Oui, l'article liminaire qui... Voilà, tout à fait. Donc là, en fait, ça c'est la première chose qu'il faut dire.

Ensuite, sur la dépense publique, il y a cette phrase qui est répétée constamment, en disant, oui, la dépense publique, c'est 59% de notre PIB, avec cette idée que, voilà, comme c'est 59% de notre PIB, et bien, grosso modo, il y a plus de public que de privé. C'est parfaitement faux. 59% de dépense publique, c'est-à-dire qu'on compare en réalité une valeur que nous connaissons, le PIB, à tout ce qu'il y a dans la dépense publique. Qu'est-ce qu'il y a dans la dépense publique ? Il y a la fonction publique, les fonctionnaires, les consommations intermédiaires des administrations et les prestations sociales. On les additionne, on arrive à 59%.

Si on fait la même chose avec le secteur privé, c'est-à-dire qu'on prend les salariés du privé, on met les consommations intermédiaires du privé, les mutuelles, etc., on arrive à 200% du PIB. Donc, il faut bien que les gens aient ça en tête, c'est qu'aujourd'hui, dans l'économie française, la part du privé est beaucoup plus élevée que la part du public, contrairement à ce qu'on essaie de nous faire croire. Elle est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus élevée. D'accord ? C'est important d'avoir ça en tête. Et la deuxième chose qu'il faut se dire, c'est quelle économie nous voulons ? Moi, je crois à une économie mixte.

Une économie mixte, c'est une économie où il y a un secteur privé, mais aussi où il y a un secteur public. Et l'un va avec l'autre. Aujourd'hui, ce qui fait que notre pays est attractif, ce n'est pas que des questions de fiscalité. Sinon, aller dans les pays pauvres en Afrique, ils ont des fiscalités très, très faibles. Ce n'est pas pour ça qu'ils attirent beaucoup d'investissements. Quand on regarde les premières choses qui font qu'on vient chez nous, c'est quoi ? C'est les infrastructures. C'est ça, les infrastructures médicales, de transport, etc., qu'on est en train de dégrader. C'était la première chose. C'était le capital humain, la productivité française.

Vous voyez, ce n'était pas que la fiscalité. Donc, c'est important de comprendre qu'il n'y a pas d'investissement direct étranger, il n'y a pas d'activité privée sans qu'il y ait un service public fort. Et donc, il faut vraiment avoir dans la tête que l'économie du futur est une économie mixte. Ce n'est pas une économie où tout est privé. Ce n'est pas une économie où tout est public. C'est une économie où les deux se respectent. Et ces dernières années, on voit très bien qu'il y a une volonté de faire en sorte que l'on abaisse de plus en plus le public pour nourrir le privé. Ça se fait par les privatisations. Vous voulez privatiser la DP, etc.

Et ça se passe aussi par la case du service public comme l'assurance, chômage ou les retraites bientôt. Est-ce que l'aide aux entreprises rentre dans cette... Les aides aux entreprises rentrent dans la dépense publique. Le CICE, à l'époque, était comptabilisé dans la dépense publique. Le crédit d'impôt recherche qui fait que dans les critères d'attractivité de notre pays, il y a la recherche, parce qu'on est un paradis fiscal pour la recherche, c'est financé par la dépense publique. Et ça profite à plein d'entreprises privées. Donc, beaucoup d'entreprises privées sont bien sûr subventionnées par des aides publiques qui rentrent dans la dépense publique.

Il y a eu ce rapport qui montrait que c'était le premier budget de l'État, en fait, le soutien aux entreprises privées. Tout à fait. Et quand on regarde ce qui s'est passé pendant la crise du Covid, on a vu qu'il y a eu des subventions énormes qui ont été transmises du public au privé. Et ça a été tout le temps le cas. Ça a été le cas en 2009. Et ça a été le cas à la crise du Covid. Voilà, il ne faut pas, à un moment, stigmatiser l'un ou l'autre. Là, on tombe dans la même erreur d'après 2009. Quand il y a eu la crise financière en 2008, il y a eu de l'argent public qui a été massivement aider les banques et aider les secteurs qui allaient être le plus touchés.

Et puis, les banques ont remboursé et elles ont dit après, écoutez, maintenant qu'on a remboursé, il y a trop de dettes, il faut faire des efforts. C'est comme si, je vais dire, le pyromane a accusé le pompier d'avoir provoqué une inondation. C'était à peu près ça ce qui se passait. Et là, on est dans le même contexte. C'est-à-dire que l'État a aidé massivement pendant le Covid les entreprises. Et maintenant, les mêmes entreprises, elles disent, pour survivre, on a besoin de baisse d'impôts. Et tu as le gouvernement qui dit, oui, on doit faire des réformes parce que tout va mal.

Oui, l'assurance chômage ne va pas très bien parce qu'on a tellement sorti d'argent ces derniers temps pour le chômage partiel, etc., que c'est normal qu'elle ait été affaiblie. Mais c'est plutôt, normalement, ça devrait être une raison de se dire, bon, on a un système qui fonctionne bien. Quand il y a des crises, l'État est là, c'est une bonne chose. Et quand l'économie repart, c'est normal que ces entreprises financent ou que l'activité privée financent aussi le public. En plus, ces 156 milliards qui ont été étudiés, c'était avant le Covid. Ces chiffres, c'était avant le Covid.

Surtout qu'il y a eu le quatrième rapport du comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital qui montre qu'en fait, malgré la suppression de l'ISF, la flat tax, etc., il n'y a aucun, suppression de l'ISF et de la flat tax, il n'y a aucun ruissellement comme le montrait, le mettait en avant le gouvernement. Oui, quelle surprise. Quelle surprise. Tu baisses tes impôts, je veux dire, tu baisses les impôts aux plus riches, ça ne profite pas aux plus pauvres. Non, mais on le savait depuis le début.

Parce que, vous savez, si tu fais une offre, une baisse de 4 milliards aux 1% les plus riches, soit tu l'investis dans des entreprises privées avec une croissance à 1%, donc il y a des chances que ça ne rapporte pas beaucoup, soit tu achètes des actions en bourse et 98% des actions que tu achètes, elles sont sur le marché secondaire, elles ne profitent pas à l'entreprise. Donc on savait que ça allait alimenter plus la spéculation que l'investissement. D'accord ? Donc maintenant, on a quatre rapports qu'il prouve, quatre rapports. Qu'avait dit Emmanuel Macron ? Il avait dit, écoutez, moi, si ça ne fonctionne pas, je reviendrai dessus. C'était un pari.

Là, le pari, après quatre rapports, je pense qu'on connaît le résultat. Donc pourquoi on ne revient pas là-dessus ? On gagnerait 4 milliards.

15:46
Locuteur non identifié

On ne revient pas dessus ?

15:47
Présentateur

4 milliards ont créé 100 000 postes de fonctionnaires. 100 000 postes de fonctionnaires qu'on peut ventiler dans la petite enfance, dans l'hôpital, où vous voulez. Donc moi, je pense que là, on a besoin de ressources puisqu'il paraît que la dette et les déficits sont importants. Allons chercher des ressources. 4 milliards sur les 1% les plus riches qui détiennent 2500 milliards d'euros de patrimoine, ça les tuer. Les plus riches qui n'ont jamais été aussi riches, les études l'ont montré. Et justement, ils ne reviennent pas dessus puisque ce qui avait été proposé, super dividendes, flat tax, etc., n'a pas été retenu dans le 49.3 d'Elisabeth Borne. C'est ça.

On va passer à la question suivante. Est-ce que tu peux nous expliquer qu'est-ce que recouvre aujourd'hui la dépense publique, justement ? En fait, la dépense publique, beaucoup de gens disent qu'il faut la diminuer, il faut la diminuer, il faut la diminuer. Tu dis mais où ? Ils ne savent pas parce que personne ne sait ce qu'il y a dans la dépense publique. Il y a quoi dans la dépense publique ? Vous avez à peu près la moitié qui sont, grosso modo, ce qui revient aux administrations publiques, c'est-à-dire les fonctionnaires, les consommations intermédiaires des administrations, les paiements, tout ce qui est lié aux fonctionnaires. C'est 50%.

Cette part, elle représente à peu près 18% du PIB et elle est stable depuis 78. Donc, je veux dire, quand on dit qu'il y a trop de fonctionnaires, non, c'est stable depuis 78. D'accord ? Et elle est en dessous de la Finlande, mais aussi du Royaume-Uni. Royaume-Uni, pays libéral. Donc, vous voyez, on manque clairement de fonctionnaires et d'investissements dans les services publics. Ça, c'est la partie. L'autre partie qui a fortement augmenté, il faut le dire, c'est la partie des prestations. C'est-à-dire l'assurance chômage, maladie, etc. Toutes les prestations que l'on donne. Là, elles ont fortement augmenté. Alors, pourquoi elles ont augmenté ? Déjà, ça n'a échappé à personne.

Ça fait 10 ans que nous sommes pratiquement en crise. Je veux dire, entre 2008 et 2015, il y a eu 1,5 million de chômeurs. En plus, c'est 1,5 million de chômeurs. En France, ils ont vécu grâce en partie à l'assurance chômage. Ce qui fait qu'il y a eu des augmentations de prestations. Donc, quand il y a des crises, effectivement, il y a des augmentations de prestations et c'est une bonne chose. Mais surtout, après, interrogeons-nous. Ces prestations, elles finissent où ? Elles finissent où ? Quand tu touches une prestation d'assurance chômage, quand on te rembourse un médicament, quand on te rembourse un médicament, c'est qui qui va toucher l'argent ? C'est l'industrie pharmaceutique.

Quand tu touches une prestation chômage, tu vas faire tes courses au supermarché, c'est qui qui touche l'argent ? C'est le secteur privé. Donc, cet argent qui est reversé, en fait, directement aux plus fragiles, elle est redépensée quasiment à 100%. Je veux dire, à 99,999, il faut croire que des gens mettent un centime par-ci, par-là, mais ils ne les mettent pas sur des comptes en Suisse. Elle est redépensée complètement dans le secteur privé. Donc, elle profite in fine au secteur privé. Vous voyez ?

Et quand vous avez le secteur privé, notamment les PME, qui ne vendent que quasiment en France et qui ne vendent que de manière régionale et qui vous disent qu'en premier lieu, ce qui est important pour eux, c'est le carnet de commandes, si demain, on commence à couper là-dedans, je vous dis, il y aura des revenus en moins. Donc, il ne faut jamais oublier que le premier moteur de l'économie en France, c'est la consommation. Donc, si on commence à faire des économies un peu partout, ça risque d'être compliqué. Donc, n'oublions pas, la dépense publique, c'est une première partie, la fonction publique, les écoles, etc.

Et ça, c'est un montant qui est stable depuis 1978 et qui est plus faible que le Royaume-Uni, c'est important de le dire. Et de l'autre côté, c'est des prestations, mais ces prestations sont reversées directement au secteur privé et donc profitent in fine au secteur privé. Donc, vous voyez, la dépense publique, c'est quand même quelque chose qui a été extrêmement bien élaboré puisque vous faites tourner de l'argent qui va profiter finalement à tout le monde, aux plus pauvres, aux secteurs privés et qui va permettre des revenus de compensation à ceux qui n'arrivent pas les trouver dans le travail.

Donc, c'est une bonne invention et je pense qu'il faudrait la préserver et même l'augmenter sur la partie des services publics. Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions. Et si le Média débarquait à la télé pour assurer la continuité de nos programmes pour défendre une information indépendante et différente, mais aussi grandir et devenir une réelle chaîne de télévision, nous avons absolument besoin de vous et de votre abonnement car nous sommes une coopérative qui ne vivons que de la communauté citoyenne. Rendez-vous sur lemediatv.fr pour en savoir plus sur ce grand projet et le réaliser tous ensemble.

Je vous le répète, mais il nous faut minimum 12 500 abonnés sur notre site pour ne pas tout arrêter. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous, chaque semaine. Merci de toujours nous suivre. Merci pour tous vos commentaires et vos pouces en l'air sous les vidéos. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada

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Locuteur

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