"Arianespace a l'ambition de faire jusqu'à huit lancements en 2025", affiche son président exécutif
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« lancement commercial réussi donc pour Ariane 6 début mars avec à son bord un satellite militaire »
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« Vous vous dites ouf enfin ? »
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« Effectivement, c'était extrêmement important qu'on réussisse ces deux premiers lancements. »
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« Cette année c'est l'année du rebond, c'est l'année de l'accélération puisqu'on a l'ambition de faire jusqu'à huit lancements, ce qui est considérable. »
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« Ses lancements réussis, c'est un carnet de commandes qui est rempli pour la suite. »
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« Le lanceur Ariane 6, il commence son exploitation, il commence sa vie. C'est un lanceur qui est jeune. »
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« On a plus de 30 lancements en carnet de commandes. Ça veut dire qu'on a des années d'activité déjà assurées devant nous. »
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« Le fameux télescope James Webb, le télescope le plus cher de l'histoire, l'un des plus utiles aussi, j'espère, a été lancé avec succès par Arianespace. »
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« Effectivement, plus récemment, on a signé ce contrat absolument majeur avec Amazon. »
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France Info
Bonsoir à toutes et à tous, l'Europe est de nouveau dans la course spatiale grâce aux deux lancements réussis en quelques semaines seulement des deux lanceurs d'Ariane Espace dont je reçois le président exécutif ce soir. Bonsoir, David Cavaillolès.
Bonsoir.
Invité éco de France Info ce soir, lancement commercial réussi donc pour Ariane 6 début mars avec à son bord un satellite militaire et puis pas plus tard que la semaine dernière autre réussite avec le lancement d'une plus petite fusée Vega C après des retards, après des déboires, qu'est-ce que vous vous dites aujourd'hui ? Vous vous dites ouf enfin ?
Effectivement, c'était extrêmement important qu'on réussisse ces deux premiers lancements. On peut dire que l'an dernier ça a été une année de transition après des retards, après des difficultés comme vous l'évoquez. On avait fait des lancements peu nombreux mais très importants. On avait eu le premier vol d'Ariane 6 en 2024, le retour en vol du lanceur Vega. Cette année c'est l'année du rebond, c'est l'année de l'accélération puisqu'on a l'ambition de faire jusqu'à huit lancements, ce qui est considérable. Donc les deux premiers ont été des grands succès. Évidemment, maintenant on veut accélérer.
Ariane Espace est un acteur européen, filiale d'Ariane Group. Quelques 8300 salariés en France, en Allemagne. Entreprise détenue à 50-50 par Safran et Airbus. Ses lancements réussis, c'est un carnet de commandes qui est rempli pour la suite.
Alors en fait, le lanceur Ariane 6, il commence son exploitation, il commence sa vie. C'est un lanceur qui est jeune. On a fait deux lancements mais évidemment on va faire beaucoup plus. Aujourd'hui, on a plus de 30 lancements en carnet de commandes. Ça veut dire qu'on a des années d'activité déjà assurées devant nous. Évidemment, l'enjeu premier maintenant, c'est de réussir les lancements. C'est que nos clients soient contents, qu'ils aient envie de revoler avec nous. Mais le second enjeu, c'est de continuer de remplir ce carnet de commandes avec à la fois des clients publics. L'Union européenne, les États membres ont des fortes ambitions en matière spatiale.
Mais également avec des clients commerciaux à l'export partout dans le monde.
Et qu'on se rende bien compte, ça représente des retombées pour l'économie française, pour l'industrie française ?
Je crois que ce qui est fabuleux dans le spatial, c'est que c'est une technologie qui est phénoménale. C'est extrêmement compliqué. C'est impressionnant de voir un lancement. Mais en fait, notre activité, elle va bien au-delà des lancements. Parce que les satellites qu'on met en orbite, ils ont des retombées directes pour les citoyens. Typiquement, vous évoquiez le premier lancement qu'on a fait cette année. C'était un lancement pour l'armée française, pour un satellite de reconnaissance, un satellite d'observation. Et donc, d'ores et déjà, grâce à ce lancement, on permet à nos forces armées partout dans le monde d'avoir accès à des informations extrêmement précieuses.
Plus récemment, la semaine dernière, on a lancé un satellite qui s'appelle Biomasse, qui vise à surveiller les forêts, à les analyser, à les étudier partout dans le monde. Ça va nous aider à lutter contre le changement climatique. Ça va nous aider à préserver la biodiversité. Et tout cela, évidemment, au bénéfice des citoyens.
Alors, comment est-ce qu'on se positionne quand on y est Ariane Espace face à la domination américaine ? On pense évidemment à Elon Musk et SpaceX, la forte présence des Chinois, les nouveaux acteurs que sont les Indiens. Quelle est la valeur ajoutée, la spécificité d'Ariane Espace ?
Moi, j'ai pris mon poste il y a un peu plus de trois mois. Et j'ai déjà rencontré des clients aux quatre coins du monde. Et ce qui est frappant, c'est quasiment à l'unisson, tous les clients me disent « On ne peut pas accepter de dépendre d'un seul fournisseur ». C'est insupportable, c'est un risque qui est bien trop grand. Et donc, on a besoin d'Ariane Espace, on a besoin d'Ariane 6. Donc, ça explique la dynamique commerciale. Et je pense que plus que jamais, aujourd'hui, dans un monde qui est quand même complexe, avec une dynamique géopolitique qui est incertaine, les acteurs en Europe, mais au-delà, ont besoin d'un lanceur européen au rendez-vous, fiable. Et c'est ce qu'on fait.
Et effectivement, dans votre carnet de commandes, il y a une multitude d'acteurs, dont des acteurs américains. Amazon, qui fait appel à vous pour développer sa constellation de satellites de télécommunications, Kuiper. Est-ce qu'aujourd'hui, avec la nouvelle donne géopolitique que vous avez mentionnée, est-ce que vous craignez que demain, Amazon ne fasse plus appel à vous ?
Alors, depuis des années, depuis des décennies, on a des coopérations extrêmement fructueuses avec les Américains. Le fameux télescope James Webb, le télescope le plus cher de l'histoire, l'un des plus utiles aussi, j'espère, a été lancé avec succès par Arianespace. Effectivement, plus récemment, on a signé ce contrat absolument majeur avec Amazon. Moi, j'ai rencontré le patron d'Amazon Kuiper récemment. Plus que jamais, ils comptent sur nous, ils comptent sur notre fiabilité, ils comptent sur notre capacité à monter en cadence pour les aider à déployer cette constellation.
Et donc, nous, notre job, c'est d'être au rendez-vous pour que ces clients, encore une fois, soient satisfaits et continuent l'aventure avec nous.
Et donc, ça veut dire que demain, Amazon ne peut plus renoncer à faire appel à vous parce qu'il aura une consigne gouvernementale ou parce que ça coûtera trop cher avec la perspective de la hausse des trois douanes ?
Alors, moi, ce que je veux, c'est qu'Amazon ne puisse plus renoncer à travailler avec nous parce qu'on rend un service de grande qualité. C'est ça l'enjeu. Et donc, d'ici la fin de l'année, on fera le premier lancement pour Amazon. Au passage, pour moi, c'est quand même une preuve de la qualité de ce qu'on fait, qu'une des entreprises les plus innovantes au monde fasse appel à Arianespace. Et donc, on met tout en œuvre. Les équipes sont pleinement mobilisées, aux côtés des équipes d'Amazon d'ailleurs, pour permettre la réussite de ce premier lancement. Et ensuite, on va accélérer.
Et la nouvelle donne géopolitique, est-ce qu'elle vous apporte aussi de nouveaux clients, des clients institutionnels qui se disent que c'est mieux de faire appel à un acteur européen aujourd'hui ?
Alors, en fait, depuis des années, chez Arianespace, on explique que l'autonomie stratégique, la capacité à lancer soi-même ses satellites, où on veut, quand on veut, sans dépendre d'un tiers, c'est capital. Et aujourd'hui, effectivement, on est plus entendu que jamais. Au niveau européen, il y a énormément de projets. Au niveau de la Commission européenne, en France, en Allemagne, en Italie, il y a énormément de projets d'infrastructures spatiales, parce qu'aujourd'hui, les décideurs se rendent compte de l'importance du spatial pour des usages civils, mais aussi pour des usages militaires.
Maintenant, évidemment, il faut que ces projets deviennent concrets, mais on travaille main dans la main avec les pouvoirs publics pour rendre tout cela concret.
Et ça, ça veut dire concrètement, David Cavaiolet, est-ce que ces acteurs institutionnels, ces clients européens, ils ne peuvent pas faire appel à un Américain ou un Chinois demain ?
Alors, en réalité, ils pourraient. Et c'est une spécificité, c'est qu'autant les marchés américains, chinois, russes sont captifs. Les Américains lancent avec SpaceX, ils lancent avec ULA, ils ne lancent pas avec Ariane. Les Chinois et les Russes non plus, exactement. En Europe, c'est différent. Et donc, nous, évidemment, on prône pour un principe de préférence qui nous met simplement à égalité des autres grandes puissances. Et maintenant, qu'Ariane 6 est là, maintenant qu'Ariane 6 fait la preuve de sa fiabilité, je pense qu'il est grand temps de rendre concret ce principe de préférence.
Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour cette année 2025, David Cavaiolet ? Qu'est-ce que vous souhaitez ? Une montée en cadence ? Une fusée réutilisable aussi, j'ai cru comprendre.
Alors, à court terme, la priorité, c'est de réussir les silencements qui sont devant nous. Ça va être extrêmement intense. Il faut avoir en tête que pour Ariane 5, il a fallu 10 ans pour arriver à faire 5 lancements par an. Là, on y sera quasiment en un an. Donc, c'est une révolution. C'est un vrai défi. Je peux vous dire que les équipes travaillent dure et sont mobilisées. Mais on va tout mettre en œuvre pour que ça fonctionne. Évidemment, nous, on est là pour durer. Donc, on a un carnet de commandes. On a plusieurs années de visibilité. C'est bien. Maintenant, on veut aussi se projeter sur l'avenir plus lointain avec notamment la réutilisabilité et ce genre de technologies.
Bien sûr, ce sont des sujets qu'on regarde.
Merci beaucoup, David Cavailloles, tout nouveau patron d'Ariane Espace. Vous étiez l'invité Éco de France Info ce soir.
Merci beaucoup.