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DébatFrance Culture — Le Temps du débat (sur Site radio)· 13 janvier 2025 39 minContradictoireMixteSécuritéInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesJustice

Nouveau Président au Liban : premier pas vers la stabilité politique ?

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Est-ce à dire que la diplomatie au Liban s'est substituée à la démocratie ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal dans les termes ?

  • 5:20OuverteRéponse directe

    Qui a vraiment gagné l'élection ?

  • 7:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce nouveau président parviendra à séduire au-delà de la communauté chrétienne maronite ?

  • 11:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette formule politique et institutionnelle séduit les Libanais ?

  • 14:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce consensus permet de gratifier l'armée libanaise pour son travail autour du cessez-le-feu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:33InvitéFait
    « Joseph Aoun a toujours été le candidat favori des Etats-Unis »
  • 2:37InvitéFait
    « les Etats-Unis sont le principal bailleur de fonds de l'armée libanaise »
  • 4:26InvitéFait
    « La vacance présidentielle était aussi insupportable parce que ça paralysait toutes les institutions étatiques »
  • 5:59InvitéFait
    « les fonctionnaires de première catégorie, comme l'est le général en chef de l'armée libanaise, n'ont normalement pas le droit d'être élus en fonction de la Constitution »
  • 14:13InvitéChiffre
    « seulement 13 députés hors de ces partis qui sont ceux du régime ont pu être élus »
  • 20:02InvitéChiffre
    « il y a eu plus de 500 bombardements considérés par l'armée libanaise comme des violations de ce cessez-le-feu »
  • 30:18PrésentateurChiffre
    « le bilan de la reconstruction il a été établi par la Banque mondiale l'automne dernier il est encore provisoire mais il avait été évalué à 8 milliards d'euros »
  • 31:00InvitéChiffre
    « ce congrès a promis de débloquer des milliards d'euros pour le Liban »
  • 32:23PrésentateurChiffre
    « 40% des villes sont détruites »
  • 32:55InvitéFait
    « un réseau de tunnels sous des résidences civiles »
  • 35:10InvitéFait
    « en matière de logement, en matière d'éducation, d'accès à la santé, par un minimum de reconstruction »
  • 37:51InvitéFait
    « c'est quelqu'un d'intègre qui n'est pas corrompu »

Temps de parole

  • Invité47 %
  • Invité 229 %
  • Présentateur19 %
  • Invité 33 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Plus de deux ans de vacances du pouvoir, plus de deux ans sans président. La semaine dernière, Joseph Aoun a été élu président du Liban. Et aujourd'hui, ce dernier a nommé un premier ministre dans un contexte grave où la paix avec Israël est fragile, où la reconstruction semble vertigineuse, où la confiance dans l'avenir s'est lentement effritée. L'élection de Joseph Aoun est-elle un tournant ? Marque-t-elle une nouvelle l'ère pour le Liban ? Pour en discuter, deux invités ce soir. Maya Khadra, bonsoir.

0:31
Invité

Bonsoir, Quentin.

0:32
Présentateur

Vous êtes enseignante et journaliste franco-libanaise. Vous avez publié en 2023 un livre d'entretien avec Samir Jaja, leader du plus grand bloc parlementaire libanais, ancien détenu politique. Cet ouvrage s'intitule « L'avenir du Liban ». Il a paru aux éditions du Bien commun. Face à vous, Éric Verdeil, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes docteur en géographie, professeur de géographie et d'études urbaines à Sciences Po. Vous êtes chercheur au Centre de Recherches International, le CERI. Et vous avez fait paraître deux atlas du Liban. Les deux ont paru à l'Institut français du Proche-Orient et au CNRS Liban. Merci à tous les deux d'être présents ce soir dans « Questions du soir ».

1:08
Locuteur non identifié

Joseph Aoun, 99 voix, vote blanc, 9 voix, souveraineté et constitution, 13 voix. Chibli Malat, 2, vote nul, 5. La présidence du Parlement proclame Joseph Aoun président de la République. Une nouvelle ère de l'histoire du Liban commence aujourd'hui. Je jure de respecter la Constitution et les lois de la nation libanaise et de préserver l'indépendance et l'intégrité territoriale de la nation libanaise.

1:57
Présentateur

Maïa Kadra, on dit beaucoup de cette élection et de son vainqueur, Joseph Aoun, qu'ils ont été imposés par l'étranger, notamment par les Etats-Unis, par la France, par l'Arabie Saoudite en particulier. Est-ce à dire que la diplomatie au Liban s'est substituée à la démocratie ?

2:16
Invité

On peut le dire, dans ce contexte de crise, après deux mois qui ont affaibli le Liban, deux mois de guerre sanguinaire, cela étant dit, c'est vrai que la démocratie a reculé au profit d'une certaine forme de consensus et de pression internationale. Il faut savoir que Joseph Aoun a toujours été le candidat favori des Etats-Unis parce que, tout simplement, les Etats-Unis sont le principal bailleur de fonds de l'armée libanaise commandée par le général Joseph Aoun depuis la crise économique en 2019 au Liban.

2:49
Présentateur

C'est donc le chef de l'armée...

2:51
Invité

C'est le chef de l'armée libanaise qui n'est pas un homme politique. Et on ne l'a jamais entendu s'exprimer sur les choses politiques, sur les crises politiques aussi au Liban. L'Arabie Saoudite, c'était un des pays arabes notoires qui ont apporté leur soutien. Aussi, après une disparition du paysage diplomatique au Liban et du paysage politique, l'Arabie Saoudite s'est complètement retirée parce qu'elle a historiquement toujours joué un rôle au Liban.

Et la France, je dirais, qu'elle s'est alignée sur cette position saoudo-américaine à la dernière minute parce qu'au début, la France, d'une manière pas déclarée ni assumée, elle a apporté son soutien dans les petits couloirs du Quai d'Orsay aux candidats du Hezbollah parce que la donne le favorisait, parce qu'il n'était pas représentatif d'un point de vue démocratique forcément, mais il était soutenu par une milice qui tenait un peu le pays et ses institutions.

Aujourd'hui, après la guerre et l'affaiblissement du Hezbollah et ce retournement de situation avec la chute du régime de Bachar el-Assad à laquelle on a assisté, tous ces pays, notamment les Etats-Unis, ont pu, pas imposer, mais convaincre, c'est un peu un euphémisme, les députés libanais de voter pour Joseph Aoun et d'ailleurs, je précise, son discours d'investiture était bon, mais il n'est pas issu de la classe politique.

4:12
Présentateur

On va y revenir sur ce discours d'investiture, mais est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal dans les termes, ce que vous nous expliquez là, Maya Kadra, dire que la démocratie a reculé d'un côté et reconnaître dans le même temps que le Liban a enfin un président, enfin un Premier ministre ?

4:26
Invité

C'est vrai, parce que la crise était devenue insoutenable. La vacance présidentielle était aussi insupportable parce que ça paralysait toutes les institutions étatiques et donc avoir déjà un président, c'est remplir un vide étatique et remplir aussi ce poste qui est à la tête de la pyramide, de l'hierarchie au Liban. Donc ça, c'est le volet positif. Après, concernant les aspirations démocratiques, c'est vrai que les Libanais auraient peut-être préféré qu'il y ait un président issu du camp qui s'est opposé au Hezbollah, un personnage ou une personnalité politique. Là, on a pour la cinquième fois dans l'histoire du Liban le chef de l'armée, un militaire qui préside le pays.

Ce n'est pas pour critiquer le général Aoun qui, là, promet beaucoup de réformes et qui a tenu un discours étatique qui est à saluer. Cependant, on a toujours cette invisibilisation du politique au profit du militaire qui vient toujours comme une solution providentielle.

5:20
Présentateur

Éric Verdey, qui a vraiment gagné l'élection ? Alors, est-ce que c'est vraiment Joseph Aoun ou c'est, comme l'a dit un député l'autre jour, Joseph Amon Benfaran ? Joseph, c'est Joseph Aoun. Amos, c'est le nom de l'émissaire américain qui a été envoyé au Liban. Et Benfaran, c'est le nom de l'émissaire saoudien qui a été envoyé au Liban. Autrement dit, un néologisme pour expliquer que c'était encore le fruit d'une ingérence étrangère, cette élection.

5:44
Invité

Oui, je pense que ce qui est important, c'est de souligner que Joseph Aoun a été élu alors que, normalement, les fonctionnaires de première catégorie, comme l'est le général en chef de l'armée libanaise, n'ont normalement pas le droit d'être élus en fonction de la Constitution et que cela a nécessité un amendement spécial et exceptionnel de la Constitution. En réalité, c'est la troisième fois ou la quatrième fois que cela arrive dans les 25 dernières années. Mais ça montre déjà que, pour quelqu'un qui promet de respecter la Constitution, il est élu, d'une certaine manière, en contradiction avec ce que dit la Constitution.

Alors, je crois que ce qui a été dit sur l'importance des pressions internationales pour imposer, finalement, Joseph Aoun contre la volonté de toute une partie des acteurs politiques locaux est tout à fait vraie. Et donc, effectivement, on peut s'interroger sur la nature du soutien dont il va bénéficier au sein de la population et au sein des représentants de cette population dans le Parlement. Puisque là, évidemment, même si aujourd'hui, ou il y a quelques jours, il a été élu, dans l'avenir, il n'est pas certain que tout le monde continuera de le suivre. En particulier, certains partis qui ont exprimé très clairement leur opposition.

7:07
Présentateur

Alors, à ce sujet, je voudrais vous faire entendre, Vincent Jolot, il s'exprimait sur RCF le 13 janvier dernier et parlait d'une ferveur relative, notamment dans le camp chrétien et maronite quant à cette nouvelle élection et ce nouveau président.

7:22
Invité

Au moment de l'annonce de l'élection du président, il y a eu des feux d'artifice partout dans Beyrouth. Il y a même eu des tirs en l'air. Il y a eu des klaxons. Donc, il y a eu un mouvement de joie, notamment dans les quartiers chrétiens de Beyrouth et dans les régions chrétiennes, parce que ça fait plus de deux ans qu'il n'y avait pas de président à la tête de l'État, que le pays partait à volo, qu'il y a eu cette guerre terrible entre le Hezbollah et Israël. Et aujourd'hui, en fait, les Libanais aspirent à un retour à la paix, un retour à la prospérité, à la stabilité.

Et donc, l'élection d'un président, c'est un signe positif pour les chrétiens parce que c'est quand même le seul pays de la région où un président de la République peut et doit être un chrétien, en l'occurrence maronite. Ce n'est pas le cas dans les autres pays voisins. C'est quand même le pays où les chrétiens ne sont pas une minorité numérique et c'est un pays avec certaines libertés d'expression, une liberté religieuse, une liberté de presse. Tout cela est précieux. C'est un signe positif pour les chrétiens, mais je pense pour tous les Libanais.

8:21
Présentateur

Le 13 janvier dernier, ça tombe bien, c'est aujourd'hui. Donc, nous sommes en plein dans l'actualité. Maya Cadra, est-ce que justement, ce nouveau président, Joseph Aoun, parviendra à séduire, à convaincre également, au-delà de cette communauté chrétienne maronite ?

8:35
Invité

Alors, c'est une tâche très difficile. Pour le moment, le consensus politique auquel on a assisté au Parlement, il s'est transposé sur le plan populaire. Il y a eu déjà des affiches qui ont été disséminées sur tout le territoire libanais. En fait, le sentiment des Libanais, c'est premièrement le soulagement parce qu'on n'a plus de vacances présidentielles et que peut-être, avec l'arrivée du général Aoun, plusieurs enquêtes pourraient être débloquées, comme l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth, s'il tient vraiment sa parole, de réformer la justice au Liban, de réformer le secteur bancaire, de la séparation des pouvoirs, mettre fin au clientélisme.

Tout ça, c'est un discours qu'on ne peut objectivement pas critiquer. Après, c'est vrai que c'est une personnalité chrétienne et qu'au Liban, le président est chrétien. C'est issu d'une certaine forme de consensus, toujours, mais ce n'est pas inscrit dans la Constitution. C'est de la coutume. C'est de la coutume. Cela étant dit, il n'est pas issu d'un parti chrétien. Il y a des partis chrétiens qui sont présents au Parlement. Pour moi, il est plus légitime que les partis les plus représentatifs des chrétiens, selon cette fameuse coutume, en attendant qu'elle change, peut-être un jour, devraient, eux, peut-être présenter des candidats.

Là, on a une préservation d'un poste chrétien, mais avec une invisibilisation des voies politiques chrétiennes. C'est paradoxal. Préserver pour préserver un poste chrétien, ça sert juste à montrer une image qui, aujourd'hui, est un peu surannée. Le Liban, aujourd'hui, est en crise, non seulement étatique, il est en crise de régime. Est-ce que ce régime, aujourd'hui, il satisfait les Libanais ? On a vu que depuis la création du Grand Liban, depuis l'indépendance en 1943, il y a plein de blocages. Ces blocages se sont manifestés sous forme de guerre civile, sous forme d'assassinat politique, contre des présidents de la République, contre des personnalités, contre des journalistes aussi.

Et donc, il y a quelque chose dans cette formule politique, aujourd'hui, qui est bancale. Il y a des voies qui demandent la fin du système confessionnel. D'autres qui disent « Oui, mais ça va favoriser peut-être les musulmans, parce que, d'un point de vue numéraire, ils ne sont plus nombreux. » Il y a d'autres voies qui demandent carrément un système fédéral. Et cette voie commence à être de plus en plus populaire auprès des chrétiens, parce qu'un système fédéral au Liban, il va préserver dans leur logique les spécificités de chaque communauté dans un État qui pourrait être laïque.

Et donc, aujourd'hui, le débat qui devrait être ouvert, c'est le débat sur quel régime politique pour demain au Liban.

11:12
Présentateur

C'est ça, pour vous, le bon débat, Éric Verdeil. D'ailleurs, la question qu'on peut poser au-delà de cette pertinence de la formule, est-ce que cette formule politique et institutionnelle, est-ce qu'elle séduit effectivement les Libanais ? Est-ce qu'une autre formule est possible pour tenter de maintenir les équilibres confessionnels qui traversent le pays ?

11:28
Invité

Alors, d'abord, en matière d'équilibre confessionnel, il faut préciser qu'aujourd'hui, les chrétiens représentent une minorité de la population, contrairement à ce qui vient d'être dit, entre, bon, on ne sait pas très bien, entre 25 et 35 %, ça dépend beaucoup des chiffres qui sont hasardeux et souvent un petit peu cachés. Il n'y a pas de recensement effectif, justement, du point de vue confessionnel. On a beaucoup de moyens quand même d'évaluer la population et en raison des départs qui sont très nombreux, en raison des différentiels de taux de natalité, on sait qu'aujourd'hui, les chrétiens sont une minorité et le sont de plus en plus.

Donc, dans ce contexte, effectivement, maintenir une présidence marronnite, c'est quelque chose de très fort, qui distingue le Liban dans la région et ça constitue sa spécificité, mais il n'empêche que cette communauté chrétienne est minoritaire et elle est en plus divisée. Dans l'élection qui vient d'avoir lieu, en fait, justement, les leaders chrétiens des partis politiques auxquels vous faisiez allusion n'étaient pas, surtout l'un d'entre eux, particulièrement enthousiastes. Gébran Bacile, le gendre de Michel Aoun, le précédent président de la République... Qui n'a aucun lien, il faut le préciser, avec l'exemple président. a voté contre leur parti, c'est celui qui a voté contre.

Et jusqu'à quelques jours avant l'élection, Samir Jaja, on lui prêtait aussi l'intention de concourir, de peut-être tenter sa chance dans le nouveau contexte que le Liban connaît aujourd'hui. Donc, sans doute y a-t-il, c'est toujours le cas, une forme d'enthousiasme de voir effectivement cette fonction aujourd'hui remplie par un homme dont les succès militaires ou en tout cas le fait de ne pas avoir trop déçu sur le plan militaire satisfait beaucoup de gens. Mais la réalité du soutien populaire à son égard devra être prouvée dans l'avenir. Alors maintenant, je réponds à votre question. Effectivement, le régime a été extrêmement critiqué, notamment depuis 2019.

Et l'intifada d'octobre, telle qu'elle a été présentée, avec la volonté de mettre fin à un régime marqué par la corruption, marqué depuis par une immense faillite économique, cette horrible explosion du port de Beyrouth et ainsi de suite. Le problème, c'est comment, par quels moyens ce régime pourrait-il être transformé, notamment par quels moyens légaux, sachant qu'aujourd'hui, le Parlement est rempli de députés qui, pour la très grande majorité d'entre eux, soutiennent ce régime. Aux dernières élections législatives, seulement 13 députés hors de ces partis qui sont ceux du régime ont pu être élus.

Donc, on a un petit peu une interrogation aujourd'hui sur la force politique d'aspiration au changement et surtout de la manière dont elle est représentée dans le jeu politique et dont elle pourrait faire évoluer la situation.

14:30
Présentateur

Je voudrais revenir, Maya Cadra, sur ce que vous nous expliquiez un peu plus tôt. Joseph Haoune ne connaît pas de parti. Il n'appartient plutôt à aucun parti aujourd'hui. C'est un militaire et c'est sans doute pour cette raison-là qu'il est aujourd'hui président. Est-ce que ce consensus qui l'entoure, ce consensus au sein des institutions libanaises, au sein aussi des diplomates, est-ce que c'est ce qui permet aujourd'hui de gratifier l'armée libanaise pour son travail effectué autour du cessez-le-feu arraché par Israël ? Est-ce que c'est un moyen de le récompenser pour cela ?

15:05
Invité

Non seulement pour cela, je reviendrai à l'accord de cessez-le-feu, mais l'armée libanaise s'est illustrée dans son combat du terrorisme à la frontière libano-syrienne. Dans la fameuse bataille El Fajr el-Juroud, l'aube des montagnes, c'est comme ça qu'on l'appelle en libanais, quand des djihadistes de Daesh ont essayé de s'infiltrer dans le territoire libanais, l'armée, elle s'est battue avec beaucoup d'héroïsme. Et donc, Joseph Haoun a mené cette bataille jusqu'au bout. Joseph Haoun, et ça, c'est un premier signal qu'on peut qualifier de politique, mais en fait, c'est la fonction de l'armée.

Quand le Hezbollah, pour bloquer le travail du juge d'instruction chargé d'enquêter sur l'explosion du port, ont essayé de porter les armes et d'entrer dans un quartier résidentiel à Beyrouth, soi-disant en marge d'une mobilisation contre le juge Bittar, chargé de l'enquête, le chef de l'armée, Joseph Haoun, a donné l'ordre à l'armée libanaise de tirer sur les miliciens du Hezbollah.

Donc, c'est à ce moment-là qu'il a quand même gagné une certaine forme de confiance au niveau et au sein de l'opposition au Liban, de l'opposition au Hezbollah et auprès des Américains aussi, parce que les Américains se sont dit, bon, c'est une armée qu'on finance et c'est une armée quand même qui prend des mesures concrètes dans la lutte du Hezbollah, même si elles sont timides. Là, concernant le front du Sud, parce que je reviens à cette question sur le cessez-le-feu, c'est vrai que l'armée libanaise, c'est elle qui est chargée de veiller sur le cessez-le-feu. Il y a un général

16:39
Présentateur

avec les casques bleus de l'Organisation des Nations Unies

16:42
Invité

et tout est surveillé et supervisé par les Américains. Il y a un général américain qui est possé à Beyrouth et dont la mission aujourd'hui est de veiller à l'application de l'accord de cessez-le-feu. Or, hier, on a assisté à deux bombardements israéliens à Balbek, le premier depuis l'accord du cessez-le-feu à un autre dans le Sud. À quoi riment ces bombardements ? Est-ce que c'est une rupture du cessez-le-feu de la part d'Israël ou ça illustre quelque chose de plus profond ?

En fait, il y a eu des informations israéliennes qui ont été communiquées au fameux comité de surveillance de la bonne application du cessez-le-feu comme quoi il y avait des mobilisations un peu suspectes de la part du Hezbollah. C'est arrivé au général américain. Le général américain a donné un délai de 48 heures à l'armée libanaise pour agir. Or, ça n'a pas été fait, ce qui a entraîné les bombardements israéliens. Donc, cet accord de cessez-le-feu a donné le droit à Israël de bombarder quand l'armée libanaise n'est pas en mesure de l'appliquer. Et donc, on parle d'un cessez-le-feu fragile, on parle d'une armée qui peut appliquer parfois le cessez-le-feu.

Et à certains moments, dans certains territoires un peu perdus dans le sud, on n'arrive pas vraiment à désarmer le Hezbollah ou bien à mettre la main sur certaines caches d'armes. Et donc, là, on est devant un véritable défi. Que ça soit pour l'armée libanaise et surtout aussi pour cet accord de cessez-le-feu qui prend fin bientôt.

18:13
Présentateur

Hezbollah, dont on précise par ailleurs qu'il a voté du bout des doigts au second tour de cette élection pour Joseph Aoun. Mais Joseph Aoun n'était pas du tout du tout le candidat initial de ce parti et de ce mouvement. Éric Verdey, est-ce que vous partagez cette analyse justement sur le cessez-le-feu et plus largement sur l'importance, le poids de l'armée libanaise aujourd'hui dont on a beaucoup critiqué la faiblesse ces derniers mois dans le schéma institutionnel libanais ? Je pense que le point fondamental à souligner

18:41
Invité

dans la situation actuelle, c'est l'extraordinaire déséquilibre des pouvoirs qui existent sur le terrain entre une armée israélienne qui a fait la preuve de son immense supériorité en termes d'armement, en termes de renseignement, qui a infligé une défaite effectivement qui a surpris beaucoup d'observateurs concernant le Hezbollah.

Mais ce qu'il faut aussi souligner, c'est à quel point l'armée israélienne a pu mener ses actions notamment au site Liban après avoir mené les actions qu'on connaît à Gaza avec l'accord des Américains, l'accord implicite des Européens et dans la question de l'application du cessez-le-feu qui a finalement été décidée à la fin du mois de novembre, au fond, disons que l'avis ou les interprétations qui sont faites par des Israéliens et qui sont communiquées aux Israéliens ne sont pas réellement mises en cause, il n'y a pas d'enquête indépendante pour prouver les allégations des Israéliens.

Donc moi, je pense effectivement que le Hezbollah est toujours en train d'essayer à certains endroits de sauver peut-être des caches d'armes, etc. Mais on sait que les Israéliens ont, et il n'y a pas simplement eu deux bombardements, ça fait pratiquement tous les jours, il y a eu plus de 500 bombardements considérés par l'armée libanaise comme des violations de ce cessez-le-feu depuis...

20:09
Présentateur

Vous êtes en train de nous dire qu'il n'y a pas de cessez-le-feu concrètement au quotidien entre Israël et Liban ?

20:13
Invité

Il n'y a pas vraiment de cessez-le-feu, en particulier dans la zone qui se trouve sous la ligne qui est proche de la frontière et même, donc une partie des bombardements qui ont eu lieu cette nuit, mais aussi dans les jours passés, ce sont sur des postes frontières entre la Syrie et le Liban, dans la région proche de Saïda, etc.

Donc non, aujourd'hui, les Israéliens font en gros ce qu'ils veulent et quand ils décident qu'ils doivent tirer, ils tirent et peu importe l'avis de l'armée libanaise et alors, on peut aussi signaler que les Français qui sont théoriquement partie prenante de ce comité n'ont absolument pas leur mot à dire dans cette affaire et les Américains couvrent complètement les actions israéliennes.

20:57
Présentateur

Mais on a du mal à comprendre, par conséquent, il y a le double jeu des Etats-Unis de l'Arabie Saoudite de certains pays occidentaux qui choisissent mettre, entre guillemets, à la tête du Liban un militaire, peut-être le personnage, le profil le plus à même de restaurer cette forme de souveraineté territoriale libanaise.

21:14
Invité

Exactement, en fait, surtout là, parce qu'on a un cessez-le-feu fragile, le chef de l'armée aurait pu rester à la tête de l'armée pour veiller à la bonne application de ce cessez-le-feu parce que là, l'armée, je ne dirais pas qu'elle est sans tête mais il y a une certaine forme de nébuleuse autour du statut du général Aoun. Il est président aujourd'hui mais il est toujours nommé et appelé dans les médias le général Aoun, est-ce qu'il est général au président ? Donc, il y a un mélange des genres qu'on connaît. Il a changé le tri pour le costume quand même. Exactement, mais on l'appelle toujours en général donc communément.

Là, aujourd'hui, après la formation d'un gouvernement, il y a quand même une priorité et c'est celle du recrutement de soldats pour l'armée libanaise parce qu'elle est en sous-effectif et il faut recruter des milliers de soldats pour veiller à la bonne implication du cessez-le-feu au sud du Litanie, du fleuve Litanie qui est à 40 km de la frontière entre le Liban et le nord d'Israël et outre le recrutement, il faut nommer un nouveau chef de l'armée, un nouveau commandant de l'armée. Aujourd'hui, dans cette urgence de veiller à la bonne application du cessez-le-feu, on a un mélange des genres qui fait que le chef de l'armée est au palais présidentiel.

Bon, on ne va pas fustiger cette chose-là mais au moins, avoir des directives claires pour l'armée aujourd'hui qui se trouve parfois désemparée en raison du fait qu'elle est en sous-effectif.

22:33
Présentateur

Je voudrais vous faire entendre les réactions de certains Libanais interrogés dans la rue par France 24. Ils réagissent à l'élection de Joseph Aoun.

22:45
Locuteur non identifié

Je vois en lui un grand avenir mais le plus important est de nous entraider tous pour qu'un nouveau gouvernement soit formé et travailler à la reconstruction de ce qui a été détruit. J'espère que le nouveau président

23:00
Invité

se penchera sur les demandes du peuple. Les gens ici sont fatigués.

23:05
Présentateur

Ils n'en peuvent plus. Éric Verdeille, on a dit qu'on ne connaissait pas cet homme-là, Joseph Aoun, comme un homme politique qu'on ne sait pas ce qu'il pense, on ne connaît pas sa doctrine, on ne connaît pas non plus sa vision. Qu'est-ce qui l'a permis quand même lors de son discours de politique générale d'éclaircir sur le plan politique ? Qu'est-ce qu'il a annoncé concrètement ?

23:27
Invité

Il a eu un discours qui a été effectivement très largement salué d'abord au Parlement par un certain nombre d'hommes politiques dans la rue libanaise également. Un discours dans lequel il insiste sur la nécessaire reconstruction de l'État, sur la libération du Liban de l'emprise israélienne, sur la reconstruction des destructions causées par cette récente guerre et comme le disait tout à l'heure Maya aussi sur la nécessaire réforme d'un certain nombre de problèmes économiques et financiers notamment sur la question des banques et puis bien entendu aussi pour mener cette enquête qui a été suspendue concernant

24:14
Présentateur

l'explosion du port

24:15
Invité

de Beyrouth en 2020. Tout à fait.

Donc de ce point de vue-là il a annoncé d'une certaine manière la reconstruction de l'État libanaise qui est une promesse forte ce qui est une promesse que l'on peut mettre aussi en ligne avec ou en perspective avec ce qu'avait dit le président Fouad Chehab qui avait été nommé en 1958 après un épisode effectivement de guerre civile au Liban en disant qu'il fallait reconstruire un État un État civil un État équilibré entre les confessions pour promouvoir le développement donc je pense que l'armée libanaise dans le pays bénéficie de cette image positive liée aux actions du général Chehab qui a vraiment une aura très importante et certainement que Joseph Aoun joue sur ce sujet-là.

La question qui va se poser c'est de savoir quels seront ces moyens et comment pourra-t-il malgré tout agir en partenariat avec la classe politique libanaise pour faire voter ces réformes et aussi avec la communauté internationale pour bénéficier de financements pour mener cette reconstruction.

25:28
Présentateur

Avant de parler des moyens je reste un instant avec vous Maya Cadra sur les ambitions en quoi sont-elles novatrices et fortes comme vient de le dire Éric Verdeil parce que moi lorsque j'entends parler de reconstruction de l'État de réforme du système financier de transparence faite au sujet de l'enquête menée de la double explosion du port de Beyrouth tout cela me semble vu de loin extrêmement consensuel pourquoi est-ce tort ?

25:51
Invité

Alors il n'a pas du tout parlé de l'explosion du port de Beyrouth il a promis de réformer la justice au Liban et le secteur judiciaire cela étant dit pour la première fois au Liban on n'a pas le mot mukawama c'est-à-dire résistance pour faire allusion au Hezbollah dans le discours pour une première fois ce n'est pas prononcé il y a un rappel de l'importance que l'État détienne le monopole des armes et qu'il prenne aussi les décisions stratégiques de guerre et de paix

26:22
Présentateur

je vous coupe pardonnez-moi le monopole des armes cela veut dire désarmer le Hezbollah concrètement

26:26
Invité

exactement c'est désarmer le Hezbollah et il l'a rappelé il a dit je rappelle c'est-à-dire l'État doit détenir les armes aucune autre milice n'a le droit de tenir des armes donc ça c'était un tacle très clair à l'égard du Hezbollah même s'ils ont voté au second tour pour sauver la face pour le général Awun et donc cette absence des anciens éléments de langage dans les anciens discours d'investiture est quand même un nouveau cap et c'est une page qui est tournée après sur la réalisation de ce projet très ambitieux très ambitieux en effet c'est pas que j'ai des doutes en fait il y a beaucoup de travail à faire premièrement quelles sont les réformes qui seront mises en place d'ici l'année prochaine avec l'actuel parlement issu d'anciennes élections législatives où on voit qu'il y a toujours des députés du Hezbollah en nombre considérable des députés de Nabi Herberi qui est le chef du parlement depuis X années indéboulonnables on peut pas vraiment avancer sur les sujets de réformes cela étant dit ce qui serait vraiment un défi c'est l'organisation d'élections législatives dans un an parce que le rendez-vous démocratique arrive en toute transparence est loin de la fraude électorale parce qu'à chaque fois qu'il y a des élections tenues au Liban il y a fraude électorale il y a falsification de dossiers il y a vraiment une certaine forme d'entrisme de la logique mafieuse dans la logique démocratique préélectorale et donc ça c'est le premier défi c'est l'organisation des élections législatives c'est la formation aujourd'hui d'un gouvernement on a un premier ministre qui sera bientôt investi c'est le juge international Nawaf Salam qui est président de la cour internationale de justice et donc aussi la nomination ou bien la désignation de ministre est-ce que ce gouvernement sera un gouvernement de spécialistes ou ce qu'on appelle plus communément un gouvernement de technocrates ou un gouvernement issu des différents blocs parlementaires à l'Assemblée ?

28:33
Présentateur

Eric Verdeil qui aujourd'hui pour aider le Liban pour aider à sa reconstruction on s'en souvient après la guerre de 2006 les pays arabes avaient largement contribué à la reconstruction du Liban aujourd'hui ces pays sont bien bien bien plus réticents qui alors aujourd'hui pour investir au Liban pour financer sa reconstruction ?

28:54
Invité

Alors effectivement le contexte n'est pas aussi favorable au Liban qu'il a pu l'être dans les précédentes années et notamment après cette guerre de 2006 aujourd'hui les pays arabes d'abord pour beaucoup d'entre eux notamment ceux du Golfe c'est-à-dire ceux qui généralement amènent de l'argent ont été échaudés par la capacité de la classe politique libanaise dont on parlait tout à l'heure à éviter les réformes et donc ils attendent d'abord d'avoir des alliés sûrs au pouvoir deuxièmement on peut penser que le contexte géopolitique n'est pas non plus favorable au Liban au sens où la Syrie va probablement aussi avoir besoin de beaucoup de financements peut-être aussi dans quelques temps espérons un cessez-le-feu à Gaza et de l'aide internationale pour Gaza donc le Liban aura certainement beaucoup moins d'argent de la part des Arabes et de la part des Européens et donc la manière de mener cette reconstruction de faire de la relance économique risque d'être effectivement obligée à des priorités ainsi qu'une gestion beaucoup plus rigoureuse que ce n'a été le cas par le passé

30:09
Présentateur

j'ai juste rappelé un quelques chiffres le bilan de la reconstruction il a été établi par la Banque mondiale l'automne dernier il est encore provisoire mais il avait été évalué à 8 milliards d'euros aucun financement ne devrait parvenir ne devait en tout cas parvenir à l'état libanais avant cette élection d'un nouveau président Maya Kadra est-ce que vous êtes d'accord avec cette idée-là selon laquelle dans la région au Proche-Orient il y aura bientôt une compétition justement pour tenter d'attirer les investissements internationaux entre le Liban la Syrie et espérons-le Gaza dans les mois qui viennent

30:44
Invité

bien sûr il y aura une concurrence mais concernant le Liban il y a déjà des prêts qui sont prêts depuis 2018 il y a eu le congrès cèdre pour le Liban organisé par le président Macron quand Tsa Dariri était encore premier ministre et ce congrès a promis de débloquer des milliards d'euros pour le Liban pour l'accompagner dans les réformes pour donner un coup de neuf aux infrastructures aussi et pour réformer tout ce qui est à réformer au Liban sur le plan institutionnel éducatif mais sur le plan aussi de l'infrastructure ces milliards d'euros qui ont été promis au Liban ont été gelés justement parce que les différents gouvernements libanais depuis 2018 n'ont pas appliqué les réformes donc aujourd'hui c'est très facile de débloquer des fonds pour le Liban parce que c'est des fonds qui sont déjà en suspens je sais je sais que en France non de la tête mais je suis aussi d'accord avec lui parce que c'est extrêmement difficile la France en 2018 économiquement c'est pas la même que la France aujourd'hui en 2025 économiquement tous nos indicateurs sont en rouge mais cela étant dit c'est juste pour rappeler qu'il y a une ancienneté de ces promesses de financer la reconstruction au Liban d'accompagner le Liban aussi dans le processus des réformes donc ça pourrait être peut-être plus rapide que pour d'autres pays justement parce qu'il y a donc cette ancienneté-là au niveau des congrès qui ont été organisés

32:13
Présentateur

Un mot quand même Maya Kadra un mot spécifique sur le sud Liban qui est la région singulièrement détruite à cause de la guerre à cause des bombardements israéliens 40% des villes sont détruites aujourd'hui je parle du bâti comment reconstruire spécifiquement cette région-là ?

32:31
Invité

Alors déjà pour reconstruire il faut reconstruire sur des bases neuves malheureusement cette guerre a été dévastatrice et pour l'humain et pour les pierres au sud du Liban mais ce côté dévastateur montre aussi à quel point l'ampleur de l'emprise du Hezbollah était là on a bien vu dans l'explosion mais impressionnante et triste à voir de plusieurs villages et localités dans le sud qui avaient tout un réseau de tunnels sous des résidences civiles ces tunnels les gens du sud ils en étaient au courant mais ils ne pouvaient pas parler parce que c'est le Hezbollah qui était présent au sud et pas l'état libanais et donc aujourd'hui ils payent surtout cet aveuglement ou cette politique aveugle vis-à-vis du Hezbollah menée longtemps par l'état libanais donc ils étaient entre pris entre l'enclume et le marteau l'enclume des bombardements israéliens et l'ancien marteau du Hezbollah qui a transformé leur région en bastion de la résistance résister et résister et il a nourri une partie de la communauté chiite aussi à cette logique-là à cette logique du martyr de l'importance du martyr et de l'importance d'être inféodé aussi aux ordres de guide suprême c'est ça la vilayat al-fakir du régime iranien c'est que quelle que soit la décision prise par Khamenei pardonnez-moi c'est une décision qui ne peut pas être remise en question et que les chiites au Liban qui sont affiliés au Hezbollah doivent à tout prix concrétiser et obéir donc c'est ça le danger c'est les bombardements israéliens d'une part oui mais c'était l'aveuglement de l'état libanais et le recul de la souveraineté au sud du Liban aussi

34:10
Présentateur

Eric Verdeil vous faites le même constat ce double diagnostic la responsabilité israélienne d'un côté la responsabilité du Hezbollah de l'autre je pense qu'aujourd'hui ce qu'il va falloir voir

34:22
Invité

c'est comment on répond aux attentes de cette population chiite qui a été victime de ces bombardements et il y a certainement une forme de responsabilité du Hezbollah c'est évident alors aujourd'hui le Hezbollah n'a pas disparu politiquement il doit réduire ses actions militaires mais il reste et il restera certainement une force importante dans le sud et dans la banlieue sud de Beyrouth on verra ce que les prochaines élections donneront et ce sera un test intéressant de la popularité maintenue ou pas du Hezbollah de l'émergence d'une contestation mais je pense que en tout cas si l'état libanais ne parvient pas rapidement à commencer à répondre aux besoins essentiels de cette population en matière de logement en matière d'éducation d'accès à la santé par un minimum de reconstruction la colère va monter au sein de cette communauté chiite elle pourrait être instrumentalisée de nouveau à ce moment là par le Hezbollah et donc je pense que ça c'est un danger aussi auquel le général Aoun et le nouveau gouvernement qui vont être nommés vont devoir prendre en compte et essayer de trouver des solutions parce qu'il y a là une urgence auquel

35:37
Présentateur

il faut répondre Et puis Maya Kadra le Hezbollah agit, opère là où l'état libanais faillit ça a toujours été le cas depuis les années 80 est-ce que le général Aoun est effectivement dans l'urgence dans ce rapport de force qu'il a commencé à initier avec le Hezbollah

35:54
Invité

Oui mais d'abord laissez-moi juste rebondir sur une idée en effet il y a une colère dans la communauté chiite mais cette colère elle est plus orientée contre le Hezbollah aujourd'hui les langues se délient il y a de plus de plus en plus des opposants chiites qui ont été pendant la guerre accueillies dans des régions chrétiennes druzes ou même sunnites à Tripoli au nord du Liban qui se disent le Hezbollah ne nous a pas protégés et ce sont nos concitoyens qui ont fustigé il y a encore quelques mois qui nous ont accueillis les bras ouverts et qui nous ont logés gratuitement dans leur maison et qui nous ont ouvert même les portes de leurs hôpitaux et donc cet ennemi diabolisé de l'altérité l'autre Libanais qui est contre le projet du Hezbollah a complètement disparu et ces gens-là leurs yeux se sont décillés en fait ils ont vu cette vérité-là et la colère aujourd'hui est orientée contre le Hezbollah et un Hezbollah à la figure ternie n'est plus un Hezbollah qui pourrait gagner des élections il pourrait toujours avoir évidemment des sièges au Parlement mais je trouve que son aura a reculé et que peut-être on va assister à une nouvelle alternative politique au sein de la communauté chiite parce qu'on l'a déjà vu aux précédentes élections législatives il y a eu des listes de l'opposition chiites dans le sud dans les différents départements et ça c'était quelque chose de nouveau il y a même des élus chiites issus de l'opposition au Parlement

37:13
Présentateur

Dites-nous Maïa Kadra en quelques secondes car on arrive déjà au terme de cette émission un mot à propos de Nawaf Salam il a été choisi cet après-midi comme Premier ministre du Liban qui est-il et que peut-il permettre ?

37:26
Invité

Monsieur Verdeil l'a très bien rappelé quand il a dit que c'est les 13 députés du changement qui demandent le changement au Liban mais que le régime est toujours maintenu par les autres blocs c'est un candidat qui a été surtout soutenu par les députés du changement et le reste de l'opposition s'est un peu aligné pour ne pas contribuer au blocage institutionnel sur ce choix-là même si ce n'était pas le premier choix Nawaf Salam c'est un juge international président de la Cour internationale de justice critiqué pour certaines de ses positions au sein des Nations Unies comme par exemple refusé de condamner la lapidation des femmes en Iran ça c'était en 2007 et refusant aussi de condamner le régime syrien en 2011 pour ses violences en 2011 cela étant dit c'est quelqu'un d'intègre qui n'est pas corrompu qui n'a pas participé au pillage de l'état libanais et ça c'est le volet qui rassure en plus du fait qu'il soit le candidat qui s'est opposé à l'autre premier ministre que l'Ohezbollah avait proposé à savoir Najib Mikati

38:26
Présentateur

bravo pour cette synthèse de fin de démission et de fin de discussion et merci à tous les deux de ces éclairages Maya Cadra et Eric Verdeil merci d'être venu à la question du soir ce soir c'est parti