Les feux en Gironde atteindront-ils Bordeaux ?
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30N.BerrodChiffre
« On a 1500 militaires qui vont arriver ce soir. »
- 3:30D.AnnotelChiffre
« On a 80 % de pompiers volontaires. »
- 6:30N.BerrodChiffre
« 140 maisons ont brûlé. »
- 8:30N.BerrodChiffre
« 3600 appels au Samu de Bordeaux hier contre 2500 habituellement l'été. »
- 9:30N.BerrodChiffre
« 1,5 million de masques FFP2 ont été envoyés sur place. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Déjà 200 000 personnes ont dû être exfiltrées de Gironde, dans les Landes et dans le Var. Récit des dernières 24 heures. - Toute la nuit, ils ont lutté dans l'enfer du brasier.
Les sapeurs-pompiers face à un feu qui ne cesse de progresser et qui se rapproche dangereusement de Bordeaux. Alors, en pleine nuit, ordre d'évacuer a été donné pour cette commune limitrophe, et pour 6 autres, soit 65 000 personnes priées de prendre la route. Comme ici, où les plus vulnérables doivent quitter leur établissement de santé.
Au volant, la fatigue tire les visages. - On est tous très angoissés par la situation. On a quitté la maison en vitesse.
On est avec nos parents dans 2 voitures et on va remonter parce qu'il y a a priori trop de monde sur les routes là-bas. - On manque de canadairs. On a perdu 2 hommes sur la commune de Saint-Médard-en-Jalles, deux pompiers.
Ce sont des situations inadmissibles. - De Lège-Cap-Ferret à Biscarrosse, ce sont 32 000 ha qui ont déjà brûlé en Gironde. Des feux encore loin d'être fixés. - L.Nunez: Avec l'augmentation de l'humidité, le feu a été moins virulent cette nuit que ce que nous craignions.
Pour autant, on reste très attentifs à cette situation. A partir de 16h, on aurait de nouveau un vent qui va se lever. - Des incendies qui s'étendent et des pompiers débordés par les départs de feu. - On n'est pas assez nombreux, mais on fait comme on peut, car c'est la guerre. - La nuit va être longue. - Il n'y a pas de nuit.
On ne dort pas. - Les organismes commencent à faiblir après plusieurs jours de lutte. - Même si on est fatigués, on se donne pour les gens, pour nos copains qui sont tombés mardi. - Pour les appuyer, 500 militaires supplémentaires vont être envoyés en Gironde.
Dans les airs, l'A400M, dont les capacités sont 3 fois supérieures à un canadair, est déployé depuis cet après-midi. Autre défi, l'accueil des habitants et touristes évacués. Au Parc des expositions de Bordeaux, le nombre de personnes accueillies augmente de jour en jour. - Nous avons créé ici les conditions de l'accueil de toutes les personnes qui sont dans une situation difficile et qui doivent quitter leur domicile.
Ce dispositif accueille entre 5000 et 6000 personnes avec des situations très différentes que nous devons gérer. - Depuis le début de l'année, 98 000 ha ont brûlé en France. Record historique.
Des feux dont certains s'installent dans la durée. Dans le Var, le feu brûle depuis 5 jours et toujours pas de répit. 3500 ha engloutis.
Les flammes ont menacé plusieurs communes dont Cautignac. - On a eu très peur. Quand on a eu ces alertes hier, tous les téléphones sonnaient.
On a commencé à avoir très peur. Tout le monde nous disait de partir parce que ça commençait à prendre au-dessus de chez nous. - En France, 32 incendies sont toujours actifs.
Le Premier ministre a convoqué une nouvelle cellule interministérielle de crise en fin d'après-midi. - S.Brakhlia: Hier, L.Nunez a assuré que les autorités allaient articuler le dispositif pour combattre le feu de manière terrestre.
Ca veut dire que le largage d'eau n'est pas suffisant, pas assez efficace? - D.Annotel: Non.
Quand on veut éteindre un feu de cette ampleur, il faut utiliser l'ensemble des moyens. Il y a les moyens aériens pour limiter les flammes. Ca va faire baisser l'intensité du foyer.
Vous ne pourrez jamais échapper à la lutte terrestre, à l'extinction terrestre. Il y a des souches à travailler, le terrain à noyer. C'est pour ça qu'on arrive sur des dispositifs dimensionnés avec énormément d'effectifs présents.
L'autre problématique, c'est la défense des points sensibles, des habitations, notamment. C'est pour ça que de nombreux renforts sont descendus avec des véhicules, des engins de lutte contre l'incendie urbain. - S.Brakhlia: On en est à combien d'hommes sur place?
On avait 1000 hommes en Gironde. Il y a des feux aussi dans le Var. Est-ce qu'on a assez de soldats du feu pour faire face? - D.Annotel: On en a assez à l'instant T, mais l'important, ce sera au moment des relèves.
On a 80 % de pompiers volontaires. On aura une problématique par rapport aux employeurs. C'est dans le temps que ça va se complexifier.
On a une 4e vague de canicule qui arrive. Les pompiers qui sont dans les camions sont les mêmes qui montent dans les ambulances. - S.Brakhlia: E.Macron a demandé de l'aide à l'armée pour cette raison? - N.Berrod: Oui, à l'armée et à nos amis européens.
Il y a des soldats et une dizaine d'avions au total qui sont en train d'arriver depuis différents pays européens comme la Suisse ou la Croatie. On a 1500 militaires qui vont arriver ce soir. Ils vont plutôt être là pour aider la partie évacuation et la partie gestion, la surveillance du bâti, des résidences et la partie logistique.
C'est impressionnant, 200 000 évacués. On peut aussi saluer toute l'organisation sur place et tout le travail fait par les pompiers, les secouristes, les bénévoles, les élus, la sécurité civile, qui ont permis de n'avoir aucune victime, aucun décès. 140 maisons ont brûlé.
C'est dramatique. Ca peut avoir des effets traumatisants pour les personnes évacuées, mais il n'y a aucune victime. Le renfort de l'armée... - D.Annotel: Hors sapeurs-pompiers. - N.Berrod: J'ai dit aucun décès.
Mais il y a beaucoup de blessés et une cinquantaine de pompiers blessés. Beaucoup d'impact sur les habitants mais aucune victime mortelle. - S.Brakhlia: 170 000 évacuations en Gironde.
Comment on fait pour éviter la panique? - A.Goutard: Il y a l'importance d'avoir le recours de l'armée.
L'armée, ça va être son boulot, de participer aux évacuations. Plusieurs centaines de gendarmes y participent. Et les militaires hors gendarmes vont continuer à participer à ça.
On discutait avec des gendarmes sur place. Ils disaient qu'une évacuation, ça ne se fait pas comme ça. Il faut beaucoup discuter, convaincre, aider les enfants à monter dans les camions.
Ca prend du temps. Vous vous retrouvez dans des situations terribles où il n'y a pas que des pavillons. Il y a aussi des fermes à évacuer, des Ehpad.
Le plan blanc a été lancé. Vous avez des gens très fragiles qu'il faut évacuer, d'où l'intérêt d'avoir l'armée. On a l'équivalent de 3 fois Paris qui a brûlé.
Le ministre de l'Intérieur disait qu'une opération d'évacuation comme celle menée grâce aux pompiers et à l'armée aujourd'hui, c'est une opération totalement inédite. - D.Annotel: La personne qui dit dans le reportage: "On était apeurés par le déclenchement des FR alerts", il y a des gens qui ne comprennent pas et qui sont en panique quand le téléphone sonne.
Il faut préparer ses affaires, anticiper les choses pour pouvoir, le moment venu, quand les gendarmes tapent à la porte,...
Il faut préparer des vêtements, des jeux pour les enfants, une radio avec des piles, une lampe torche, une couverture de survie...
Ca va vous permettre de tenir durant les 1res heures. Vous serez en petite autonomie durant les 1res heures de l'évacuation. - D.Annotel: Quand on est à proximité de l'incendie, on va sur le site des pompiers, on regarde ce qu'il y a dans le kit et on le compose par soi-même.
On a la plupart des éléments. - S.Brakhlia: Il faut parler du traumatisme que ça représente de quitter son domicile dans l'urgence, parfois en pleine nuit parce que le feu est à vos portes. - N.Berrod: Ca génère beaucoup d'angoisse, de stress, de peur, de panique à l'instant T.
Dans le dispositif sanitaire mis en place depuis jeudi, il y a les cellules d'urgence médicopsychologique, avec une cellule d'écoute et du personnel sur le terrain. Dans la salle qu'on a vue, il y a sans doute des responsables qui sont là pour aider les gens. C'est l'impact psy à l'instant T.
Surtout, il y aura, dans les mois qui viennent, un traumatisme après coup, un syndrome de stress post-traumatique. Les feux de forêt ont un véritable impact sur la santé mentale. Il y a 4 ans, il y a eu des feux en Gironde. 1/4 des habitants de Gironde interrogés, qui ont été plus ou moins exposés à ces feux, ont eu des signes de stress post-traumatique plusieurs années après.
Ca peut être de l'irritabilité, le sentiment de revivre les mêmes scènes, des troubles du sommeil...
L'impact sur la santé mentale est majeur, mais pas tout de suite. Il va aussi être majeur à long terme. Un mot sur les effets sur la santé physique.
Il y a l'effet des fumées. Il y a le monoxyde de carbone, les particules fines. - S.Brakhlia: Il y a la fumée au-dessus de l'incendie, mais le nuage de fumée est si énorme qu'une odeur de brûlé est ressentie dans la Creuse, dans l'Aude et en Corrèze. - N.Berrod: Ce matin, en région Occitanie, le seuil d'alerte était en voie d'être dépassé.
Le panache irrite les yeux, la gorge, les poumons. Les personnes qui ont des maladies chroniques comme de l'asthme, c'est compliqué pour elles. Ca peut entraîner des hospitalisations, des décès dans les jours qui viennent.
L'impact est très important. Les pompiers sont les plus exposés. Mais l'impact est aussi important pour les habitants de Bordeaux. - S.Brakhlia: Ils sont juste à côté. - N.Berrod: Il y a eu 3600 appels au Samu de Bordeaux hier contre 2500 habituellement l'été. - S.Brakhlia: 1,5 million de masques FFP2 ont été envoyés sur place.
Est-ce suffisant? Est-ce qu'on va manquer de masques? - N.Berrod: Suffisant, je ne sais pas, mais c'est déjà
Laurent Nuñez