Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 9 décembre 2021 22 min

Y. Jadot refuse une primaire à gauche : "Ce n'est pas responsable" pour Stéphane Troussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Et notre invité politique ce matin, c'est donc Stéphane Troussel. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous. Président socialiste du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, vous êtes le porte-parole d'Anne Hidalgo. Et on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale, représentée par Julien Lécuillet, qui dirige le bureau parisien de la Voix du Nord. Bonjour Julien.

0:17
Présentateur

Bonjour Auriane. Bonjour M. Troussel. Bonjour.

0:19
Invité

Stéphane Troussel, on va évidemment revenir sur cette proposition d'Anne Hidalgo. C'était hier soir au journal de 20h. Elle propose donc une primaire de la gauche pour dégager un candidat unique, sauf que pour le moment, les autres participants ne la suivent pas, excepté peut-être Arnaud Montebourg, on va en parler. Est-ce que du coup, c'est une idée qui fait flop ? C'est un naufrage pour cette proposition ?

0:37
Stéphane TROUSSEL

Je ne crois absolument pas. Anne Hidalgo a fait preuve de grande responsabilité. Elle prend acte de la situation, de la situation dans le pays. Enfin, personne ne peut rester insensible à ce qui se passe actuellement avec cette extrême droitisation des débats. Enfin, écoutez, je suis ici sur l'antenne de Public Sénat. Quand le deuxième personnage de l'État, M. Larcher, président du Sénat, le lendemain de ce qui s'est passé à Villepinte, évoque une provocation des militants antiracistes et met d'une certaine manière sur un même plan cette mobilisation et les coups donnés par les militants de Zemmour. Et donc, on voit bien à quel point il y a une brutalité, une extrême droitisation des débats.

C'est l'appel de la dernière chance pour la gauche. Et une gauche qui, il faut le reconnaître, est dans une situation particulièrement difficile. Et donc, il faut bouger les lignes. Il faut faire en sorte que la gauche, si on ne veut pas qu'elle soit dans le témoignage, prenne ses responsabilités et organise le débat.

1:43
Présentateur

– Visiblement, en tout cas, l'idée d'une primaire n'était pas inscrite dans les gènes dès le départ de la gauche, y compris chez Anne Hidalgo qui, il y a encore quelques semaines, sur ce même plateau, lors d'une émission d'Extra Locale, disait « la primaire populaire, c'est artificiel » et elle jugeait que, de toute façon, il fallait aller jusqu'au bout du débat. Visiblement, elle a changé d'avis. Qu'est-ce qui a…

2:08
Stéphane TROUSSEL

– D'abord, la politique, c'est de la dynamique. L'élection présidentielle, c'est une élection de mouvement. Et donc, il faut tenir compte des situations. Il faut savoir s'adapter. Et le débat va continuer. Mais enfin, écoutez, s'il y avait un ou une candidate de gauche qui surpasse tous les autres et enclenche une dynamique. Ce n'est pas le cas. Ça désespère les électeurs et les électrices de gauche. Ça désespère nos concitoyens. Alors même que la situation du pays, ce sont ses fractures, ce sont un certain nombre de défis, c'est des défis qui font…

2:45
Invité

– Mais on va y revenir, mais juste puisque vous parlez de ce mot « dynamique ». David Cormand, pour Europe Écologie Les Verts, qui pour le moment refuse à Europe Écologie Les Verts cette primaire, il dit « mais cette idée, elle est plutôt inspirée d'une forme de désespoir que d'une forme de dynamique, justement ». Est-ce qu'il n'a pas raison ?

2:57
Stéphane TROUSSEL

– Mais il entend les électeurs de gauche ? Il entend les électeurs de gauche nous interpeller toutes et tous, semaine après semaine, sur la situation à gauche ? Enfin, s'il y avait un candidat ou une candidate de gauche qui était encore une fois loin devant, si l'un d'entre eux surpassait tous les autres et qu'une dynamique se soit créée en faveur de l'un ou de l'autre…

3:18
Invité

– Alors Jean-Luc Mélenchon, il est devant pour le moment, par exemple.

3:20
Stéphane TROUSSEL

– Il n'y a pas un candidat qui est au-dessus de 10%. Il n'y a pas un candidat de gauche qui, pour l'instant, se qualifie pour le deuxième tour. Et on va, les bras ballants, observer ça jusqu'à quand ? Donc oui, il fallait faire mouvement. Oui, il fallait prendre acte de cette situation. Et elle, en responsabilité, elle dit à l'ensemble de celles et ceux qui veulent participer, la gauche a encore quelque chose à dire dans ce pays, enfin quand même, face à l'explosion des inégalités, face à cette question climatique, face au défi du grand âge, face à la situation de l'hôpital public, au lendemain de cette crise sanitaire.

3:57
Invité

– Mais pourquoi Nidalgo n'arrive pas à aller porter ces questions ?

3:59
Stéphane TROUSSEL

– Mais quel est le candidat de gauche aujourd'hui qui arrive à mettre ces questions-là dans le débat ? C'est bien parce qu'il y a cette extrême dispersion et miettement de la gauche qu'aucun des candidats de gauche aujourd'hui ne porte cette dynamique.

4:14
Présentateur

– M. Troussel, est-ce que vous pouvez nous expliquer, nous éclairer sur la manière dont la décision s'est prise ? À quel moment elle a changé d'avis ? Ça s'est passé hier avant-hier ?

4:25
Stéphane TROUSSEL

– Mais vous savez bien que ce type de situation, c'est aussi une réflexion qui mûrit, c'est aussi des événements qui s'accélèrent. – C'est quoi les événements-là ? – Mais c'est aussi ce que je vous dis sur ce qui s'est passé le week-end dernier. Enfin quand même, ces images… – Donc c'est Valérie Pécresse, c'est l'image de Valérie Pécresse ? – Ces images d'une extrême violence, c'est un débat politique qui ne cesse, une droite qui est de moins en moins républicaine et qui est de plus en plus extrême.

4:49
Invité

– Est-ce que l'union de Valérie Pécresse avec ses autres candidats, est-ce que la percée de Valérie Pécresse dans les sondages, ça a été un déclencheur ?

4:55
Stéphane TROUSSEL

– Mais franchement, on se reparlera des sondages, y compris des sondages de la droite dans quelques jours. et dans quelques semaines. Mais à l'évidence, encore une fois, l'extrême éparpillement, l'extrême dispersion de la gauche et cette accélération effectivement du débat politique et ce débat qui semble de plus en plus être cannibalisé par une droite de plus en plus extrême et une extrême droite, impose à la gauche une forme d'électrochoc.

5:25
Présentateur

– Est-ce que vous n'avez pas l'impression quand même d'avoir manqué totalement jusqu'à présent cette élection ? Je me souviens qu'en septembre, Stéphane Le Foll cherchait à créer une dynamique autour d'une primaire, on cherchait justement à faire naître un débat au sein de la gauche. Je me souviens encore qu'il y a même encore plus longtemps, au printemps, on parlait, Yannick Jadot parlait aussi d'une primaire. Est-ce qu'on n'a vraiment pas manqué le coche et manqué de clairvoyance autour d'une dynamique de la campagne ? – Écoutez, la campagne, elle ne fait que commencer. – Non, M. Troussel, vous ne pouvez pas dire ça.

Elle commence quand même depuis des mois et vous ne pouvez pas dire qu'à l'heure actuelle, la primaire ne devait pas arriver avant pour être organisée et pour créer cette dynamique.

6:09
Stéphane TROUSSEL

– Je vous invite à m'accompagner sur les marchés et vous verrez l'intérêt ou non de nos concitoyens justement pour cette élection présidentielle. Et notamment, la question pour les électeurs de gauche, c'est de créer cette dynamique, c'est de se désespérer face à cet éparpillement. Et donc, si on ne veut pas être dans le témoignage, eh bien oui, il faut prendre acte de cette situation. Oui, il faut faire preuve de courage et de responsabilité.

6:37
Invité

– Mais ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Fabien Roussel, ils ne font pas preuve de courage et de responsabilité ?

6:41
Stéphane TROUSSEL

– Écoutez, je pense que les électeurs de gauche vont les interpeller de la même manière dans les jours et dans les semaines qui viennent.

6:47
Invité

– Donc c'est un moyen pour vous de leur faire porter le chapeau de la division ?

6:50
Stéphane TROUSSEL

– Les électeurs de gauche vont les interpeller de la même manière. Et donc, il y a un mouvement qui a été lancé depuis un certain nombre de semaines. Il y a une situation qui est celle que l'on connaît. Et donc, il va y avoir des discussions, y compris il va y avoir des discussions.

7:04
Présentateur

– Quelles discussions ? – À l'évidence… – Parce que sur les modalités de la primaire, qu'est-ce que vous imaginez très concrètement ?

7:11
Stéphane TROUSSEL

– Écoutez, dans les prochaines heures, dans les prochains jours, il y aura des discussions à la fois entre les représentants des partis politiques, entre les différents candidats et les promoteurs de cette primaire populaire.

7:21
Présentateur

– Donc c'est le cadre de la primaire populaire ?

7:24
Stéphane TROUSSEL

– Mais il faut discuter… – Mais il faut pouvoir élargir, il faut discuter des modalités. Est-ce qu'il y a au-delà des votes électroniques ? Est-ce qu'il y a des votes physiques ? C'est l'ensemble de ces questions.

7:34
Invité

– Et qui participe ? On n'a pas bien compris. Qui peut participer à cette primaire voulue par Anne Hidalgo ?

7:39
Stéphane TROUSSEL

– Je vous propose que vous laissiez le débat s'organiser et que cette discussion, elle puisse se poursuivre dans les prochains jours, dans les prochains jours.

7:46
Invité

– Mais est-ce que par exemple, Christian Le Foll, il pourrait y participer ?

7:49
Stéphane TROUSSEL

– Il y a eu un débat interne au Parti Socialiste. – Ah donc il n'a pas le droit. – Mais ce n'est pas une histoire de droit ou pas. Mais enfin écoutez, encore une fois, il faut maintenant faire en sorte qu'on sorte de cette situation et qu'il y ait une dynamique qui s'enclenche à gauche face à la situation actuelle.

8:05
Présentateur

– Est-ce que Christiane Taubiral pourrait y participer ? On parle beaucoup d'elle, elle est à Paris, elle consulte, on a l'impression qu'elle s'interroge. Est-ce que ce n'est pas une manière aussi de lui permettre de rentrer dans le jeu ?

8:14
Stéphane TROUSSEL

– Écoutez, elle aura, moi je n'ai pas eu de contact avec elle et donc j'imagine qu'elle a une voix, elle dira ce qu'elle a à dire, elle aussi, dans les prochaines heures ou dans les prochains jours.

8:24
Présentateur

– Ça vous intéresse cette voix pour la gauche ?

8:26
Stéphane TROUSSEL

– Mais encore une fois, ce que j'espère surtout, ce que nous espérons tous, c'est qu'après l'acte de responsabilité, l'acte courageux posé par Anne Hidalgo, eh bien il y ait des bougies à gauche et que chacun s'empare de cette situation pour donner un nouvel espoir, pour permettre aux électeurs de gauche de se dire nous ne sommes pas là pour témoigner.

Enfin encore une fois, il y a une situation dans le pays, les inégalités explosent, il y a le défi climatique, il y a le défi du grand âge, il y a la situation des services publics, il y a l'hôpital, l'éducation, la justice qui est dans un État et la seule réponse, ce serait d'écouter les droites et l'extrême droite rivalisées pour savoir s'il faut supprimer 200 000 postes de fonctionnaires comme le propose Valérie Pécresse, de savoir s'il y a 25%, 25% des plus pauvres qui sont morts à l'âge de 62 ans. Et il faut attendre 80 ans pour atteindre la même proportion chez les plus riches de notre pays. Et la seule réponse, ce serait de repousser l'âge de la retraite à 65 ans ou 67 ans.

Eh bien non, il y a autre chose que la gauche doit dire dans cette campagne. On imagine que vous avez regardé les débats,

9:39
Invité

Stéphane Tossette, vous avez regardé les débats de la primaire des Républicains, vous les avez vus, vous avez vu ce qui se passe depuis samedi, est-ce que du coup vous ne regrettez pas votre mode de désignation ? Est-ce que vous ne vous êtes pas trompé en désignant un Hidalgo de cette manière ?

9:50
Stéphane TROUSSEL

Moi, je ne suis ni dans le regret, ni dans le remord.

9:55
Invité

Mais est-ce que ce n'est pas ça aussi qui vous empêche d'avoir un élan et une dynamique, ce mode de désignation fermée ?

9:59
Stéphane TROUSSEL

Écoutez, nous nous prenons acte, encore une fois, de la situation. Anne Hidalgo, elle prend acte de la situation, elle pose cet acte de responsabilité en disant à l'ensemble de la gauche, il faut se rassembler. On ne peut pas désespérer les électeurs et les électrices de gauche de ce pays. Moi, je ne crois pas à cette faribole que notre pays se serait droitisé. Quand on interroge les Français sur la solidarité, sur le besoin de justice, sur la volonté de lutter contre les inégalités, eh bien, ça, c'est toujours des proportions très majoritaires.

Les inégalités ne cessent d'exploser, les Français ne peuvent plus vivre dignement de leur travail, et la seule réponse, ce serait de diminuer encore la fiscalité sur les successions et l'héritage des plus riches dans ce pays. Non, ça ne peut pas être ça, la réponse, aujourd'hui, pour notre pays.

10:57
Présentateur

Est-ce que vous pouvez nous dire, en tout cas, après l'émission du 20h, vous vous êtes retrouvé, vous êtes en visio, je crois, avec les autres parlementaires, quel a été son message, comment ça s'est déroulé ? Est-ce que tout le monde était d'accord, ne serait-ce que ça ?

11:12
Stéphane TROUSSEL

En tout cas, elle a expliqué sa démarche, elle a effectivement dit à quel point elle souhaitait créer une forme d'électrochoc au sein de la gauche.

11:23
Invité

Mais est-ce que vous aviez connaissance avant le 20h de sa démarche, de sa proposition ?

11:28
Stéphane TROUSSEL

En tout cas, nous avons eu des échanges dans l'après-midi, y compris même le mardi matin, lors des réunions de travail, l'ensemble de ces questions ont pu être échangées et débattues.

11:39
Invité

Est-ce qu'Olive Zéfort était au courant ?

11:41
Stéphane TROUSSEL

Mais dès l'après-midi, il y a eu des échanges entre les dirigeants, les dirigeants du Parti Socialiste.

11:46
Invité

Et il était d'accord avec cette idée ?

11:48
Stéphane TROUSSEL

Et par ailleurs, vous le disiez, un bureau national extraordinaire a été convoqué hier soir. Et très majoritairement, la démarche d'Anne Hidalgo a été soutenue par les membres du bureau national du Parti Socialiste pour dire... Mais Olivier Zéfort, il est d'accord ? Il était contre une primaire ouverte ? Mais écoutez, il était ce matin même chez un de vos concurrents pour dire à quel point il fallait s'engager dans cette démarche.

12:12
Invité

Oui, mais on imagine que maintenant, il ne va pas dédire à Hidalgo,

12:14
Stéphane TROUSSEL

mais est-ce qu'il était d'accord ? Mais encore une fois, chacun voit bien la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, et dans laquelle surtout la gauche est. Et donc, nous ne voulons pas en rester là. Il faut créer de la dynamique. L'élection présidentielle, encore une fois, c'est de la dynamique, c'est du mouvement, il faut prendre acte des situations, faire preuve de responsabilité, de courage, pour proposer de l'espoir à gauche, pour proposer de l'espoir.

12:37
Présentateur

Pour vous, cette primaire, elle doit se dérouler quand ?

12:40
Stéphane TROUSSEL

Bien évidemment, il faut maintenant que les choses s'organisent le plus vite possible pour que, dès les premières semaines de l'année 2022, le dispositif soit calé et rentrer pleinement, tous ensemble, le plus largement possible dans cette élection présidentielle, pour proposer une offre de gauche alternative au débat des droits de l'Etat.

13:02
Présentateur

– Je me permets de reposer la question, parce qu'elle me semble importante. Jean-Luc Mélenchon a dit non, Fabien Roussel a dit non, Yannick Jadot, on attend la fumée blanche ou noire, peut-être dans les prochaines minutes. Mais très sincèrement, si aucun de ces trois candidats ne dit oui, comment votre idée ne peut pas être autre chose qu'une idée mornée ?

13:32
Stéphane TROUSSEL

– Écoutez, la politique, c'est de la dynamique. Et donc, moi, je vous invite, on verra bien dans les prochains jours, comment cette situation fait bouger la gauche, fait bouger les jeunes.

13:42
Présentateur

– Vous pensez que Jean-Luc Mélenchon va virer de bord dans sa décision,

13:47
Stéphane TROUSSEL

si je puis dire ? – Écoutez, je pense que la demande des électeurs de gauche, du rassemblement, de ne pas être dans le témoignage, de ne pas simplement observer qu'il y a un candidat qui est à 5 ou 6, un autre qui est à 7 ou 8, et puis le troisième à 8 ou 9, ça, ça ne suffit pas. La belle affaire, que l'un d'entre eux soit à 8 quand l'autre est à 7, quel est l'intérêt ? Quel est l'intérêt ? Moi, quand je me suis engagé, c'est pour changer concrètement la vie des gens, ce n'est pas pour témoigner. Quand dans nos collectivités, en Seine-Saint-Denis, à Paris, à Nancy, à Montpellier, dans le Sud-Ouest ou ailleurs, eh bien, c'est le rassemblement qui est un moment qui permet de l'emporter.

14:28
Présentateur

– Est-ce que vous avez entendu François Hollande hier, qui parlait justement de la primaire et qui disait deux écueils ? L'un, c'est qu'une primaire, ça se prépare quand même, ça s'anticipe d'une part, et deuxièmement, il rappelait quand même qu'il fallait quand même qu'il y ait une sorte de socle commun à minima et il semble quand même assez difficilement conciliable les positions entre un Jean-Luc Mélenchon, déjà, et une Anne Hidalgo.

14:51
Stéphane TROUSSEL

– Écoutez, moi ce que je constate, c'est que nos électeurs de gauche, eux, ils ne veulent pas entendre cette thèse de « ce n'est pas conciliable ». Dans les deuxièmes tours, dès le premier tour ou dans le deuxième tour des élections, ces électorats, ils se rassemblent. Qu'est-ce qu'ils disent ? Il faut une réponse aux inégalités qui explosent. Il faut en finir avec cette conception de l'hôpital comme une entreprise et guidée simplement par des objectifs comptables et financiers. Il faut développer le service public. Il faut lutter contre les inégalités sociales et territoriales. Et j'entends beaucoup de différences entre les candidats de gauche ? Enfin, écoutez, ce n'est pas sérieux.

Ce n'est pas sérieux. On ne va pas continuer d'observer, encore une fois, ce débat politique dans notre pays s'organiser autour d'une droite de moins en moins républicaine, de plus en plus extrême, et des extrêmes droites. Ça suffit. La République dans notre pays, sans la gauche, ce n'est pas tout à fait la République. Donc oui, il est temps.

15:47
Invité

– Un dernier mot là-dessus, puisque Arnaud Montebourg, pour le coup, hier, il s'est dit prêt à offrir sa candidature à un projet de rassemblement.

15:53
Stéphane TROUSSEL

– Vous voyez que les choses sont en train déjà de bouger.

15:55
Invité

– Sauf qu'hier soir sur France Info, après, Anne Hidalgo, il disait « moi, je ne vais pas faire une primaire si ça se résume à un tête-à-tête entre elle et moi, je propose plutôt qu'on se parle sur le projet et qu'on mette en commun les cinq projets ». Est-ce que cette union, elle doit se faire uniquement via la primaire ou est-ce que vous êtes prêt à la faire via un autre processus ?

16:11
Stéphane TROUSSEL

– Moi, je suis pour qu'à partir du moment où Anne Hidalgo, mais également, quand j'entends Arnaud Montebourg pose des actes tout à fait courageux, la discussion la plus large s'engage. Et donc maintenant, oui, il faut qu'à la fois les partis politiques de gauche, mais également les candidats eux-mêmes, les candidats, leurs représentants, puissent engager la discussion pour une primaire la plus large possible qui permette à nos concitoyens, encore une fois, de s'engager, de se mobiliser. C'est ce qu'ils nous disent, c'est ce qu'Anne Hidalgo elle-même a entendu dans l'ensemble de ses déplacements, avec cette interpellation. C'est le cas aussi pour l'ensemble des élus que nous sommes.

Nos électeurs nous disent « mais il est temps de vous rassembler, il est temps de vous unir, nous ne voulons pas seulement témoigner et avoir un choix par défaut à faire au second tour de l'élection présidentielle ».

17:04
Invité

– Un dernier mot, puisque Yannick Jadot annonce à l'instant sur Europe 1 qu'il ne participera pas à cette primaire de la gauche.

17:09
Stéphane TROUSSEL

– Il prend ses responsabilités devant les électeurs de gauche et je crois que ce n'est pas responsable. Il veut continuer de désespérer un peu plus les électeurs de gauche et les écologistes. Moi je les entends les électeurs de gauche et écologistes en Seine-Saint-Denis, dans mon département. Qu'est-ce qui a fait nos victoires dans les élections locales, qu'elles soient municipales, départementales et régionales ? C'est le rassemblement.

17:30
Invité

– Deux questions encore, Jérôme.

17:31
Présentateur

– Une autre actualité aujourd'hui qui domine, c'est l'Europe au travers de la conférence de presse d'Emmanuel Macron. Alors l'Europe n'est pas forcément le sujet le plus présent au sein de la campagne présidentielle. C'est peut-être d'ailleurs dommage, parce qu'il y a peut-être des choses à expliquer. Qu'est-ce que vous attendez du président de la République sur les orientations données à la présidence française de l'Union européenne ?

17:54
Stéphane TROUSSEL

– Je ne suis pas sûr que nous partagions avec le président de la République les mêmes orientations sur ce que doit être cette présidence française et l'Union européenne. Parce que si le projet d'Emmanuel Macron pour l'Union européenne, finalement, c'est d'adapter toujours plus la France et l'Union européenne à des standards de plus en plus libéraux, sur la question des services publics, sur la question des retraites, sur la question des fonctionnaires…

18:20
Présentateur

– Un salaire minimum européen, ça ne vous parle pas ? – C'est un des sujets qu'il doit aborder lors de cette présidence française de l'Union européenne.

18:28
Stéphane TROUSSEL

– Très bien, mais alors il faudrait déjà commencer par la question des salaires d'un autre pays. Quand je vois le futur chancelier allemand qui décide de relever le salaire minimum, qui engage, quand je vois ce qui se passe dans d'autres pays, notamment au sud de l'Europe, des négociations sur la question des salaires, c'est a priori pas la ligne politique qui est celle du gouvernement. français. Et donc c'est ça les contradictions.

Moi, j'entends bien un certain nombre de déclarations du président de la République pour la question européenne, mais encore faudrait-il qu'en France, dans notre pays, il ne soit pas celui qui veuille en permanence aligner, finalement, notre pays, notre modèle social, sur les standards les plus libéraux, sur la question de la retraite, sur la question de la fonction publique, sur la question des salaires. Enfin, qu'est-ce que va dire aujourd'hui la ministre de la fonction publique, aux organisations syndicales représentatives de la fonction publique, sur la question, par exemple, du point d'indice des fonctionnaires ?

Le salaire des fonctionnaires est bloqué depuis un certain nombre d'années dans notre pays, alors même qu'aujourd'hui, c'est une question centrale que la question des salaires. Donc vous voyez, c'est ces contradictions entre la politique de l'Union européenne, mais c'est... Oui, mais écoutez, c'est justement les contradictions entre ce que le gouvernement fait en France et ce qu'il semble vouloir défendre au sein de l'Union européenne. Une dernière question générale.

19:50
Présentateur

Sur la crise sanitaire, aussi, autre actualité brûlante, le plan blanc déclenché en Ile-de-France, il aurait fallu un tour de vis supplémentaire, selon vous ?

19:59
Stéphane TROUSSEL

La situation dans les hôpitaux de la région Ile-de-France, et dans mon département en particulier, est particulièrement préoccupante. Et donc, toutes les mesures qui permettent de maîtriser la situation... Mais il en aurait fallu plus, puisque Jean Castex n'a pas non-sais-grand-chose l'un d'histoire.

20:15
Invité

Il aurait fallu plus de mesures.

20:16
Stéphane TROUSSEL

Il faut les soutenir. Moi, vous savez, ma préoccupation, c'est toujours la même. Ce que je constate, c'est qu'à l'occasion de cette crise sanitaire, à l'occasion de cette épidémie, c'est les grandes inégalités sociales et territoriales. C'est d'ailleurs pour cela que, pour ma part, plutôt que ce pass sanitaire qui exclut, je suis pour l'obligation de vaccination. Je suis pour l'obligation vaccinale. Parce que l'obligation vaccinale... L'obligation vaccinale, ça va avec une obligation de moyens pour la puissance publique. Ce que je constate...

20:43
Invité

Y compris pour les enfants, juste pour être clair.

20:45
Stéphane TROUSSEL

Mais il faut... Moi, je suis pour qu'on écoute les scientifiques. Et donc, ce que je regarde, c'est l'évolution de la situation et l'évolution de la pensée, des préconisations scientifiques. Ce que je vous dis seulement, c'est qu'en dépit de tous les efforts qui ont été réalisés, notamment dans un département comme le mien, eh bien, il y a toujours des écarts. Et donc, il faut continuer de développer des démarches de proximité, des démarches d'aller vers, des démarches qui permettent d'aller chercher ceux qui sont le plus éloignés, le moins connectés, les moins bien informés. Parce qu'encore une fois, eh bien, les inégalités, elles montrent à quel point notre pays est fracturé.

Et donc, moi, je ne peux pas me résoudre à cette situation. Et donc, oui, il faut absolument que le gouvernement stabilise. Parce que c'est aussi ça, la difficulté. C'est qu'il y a quelques semaines, on nous faisait fermer les centres de vaccination. Il faut les rouvrir en catastrophe. Il faut...

21:37
Présentateur

Y compris le vaccinodrome

21:38
Stéphane TROUSSEL

de Stazofranc. Je pense... Vous allez l'ouvrir ? Je ne pense pas qu'il sera rouvert. Parce que là encore, vous voyez, vous ne pouvez pas en permanence modifier les organisations. Voilà pourquoi l'obligation de vaccination qui va avec une obligation de moyens pour la puissance publique, ça crée de la confiance, ça crée de la responsabilité pour chacune et chacun.

21:55
Invité

Merci beaucoup. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous d'avoir été notre invitée.