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speechyoutube.com· 11 juillet 2026

Rachida Dati - Discours : Arielle Dombasle Officier de l’ordre des Arts et Lettres (08/12/2025)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Vous mettez en scène. Si vous êtes venu aux Etats-Unis, votre enfance se déroule au sein d'une famille de voyageurs qui ont des caractères bien trompés. Mais aussi qui savent faire le bon choix.

Votre grand-père, Maurice Garoudonbal, sera le premier diplomate aux Etats-Unis à rejoindre le général de Gaulle. Et à Mexico, New York, mais aussi la France, votre enfance est déjà voyageuse. Mais il y a surtout le Mexique.

Dans votre enfance, sur ce continent à la fois plus si proche et si lointain de nous, il y a une figure qui comptera beaucoup pour vous, votre grand-mère, Manna. D'une certaine façon, c'est elle qui vous ouvre au monde. Une femme d'une extraordinaire modernité qui, je crois, n'a cessé de vous inspirer.

Alors, cher Ariel, comme je l'ai dit, vous êtes la femme de tous les arts. Vous vous êtes excellée dans presque tous. Il y a d'abord eu la danse, le glace cinéma.

Au début, sur la scène du théâtre des Amandiers, marque les esprits. Un en particulier, et quel esprit ? Celui de François Truffaut, qui vous trouve, je cite, bien « fond ».

Il ne s'était pas trompé. Il y a bien sûr Eric Romer, c'est-à-dire un cinéma d'auteur très exigeant. Et depuis, dès le début au cinéma, il vous permettra d'habiter d'une manière très originale et unique l'écran.

Vous êtes une silhouette qui a une façon particulière, très précieuse de se tenir. Donc, il télestage, vous avez une grâce qui ne s'improvise pas. Avec Eric Romer, vous vous réveillez dans Pauline à la plage, fascinant de légèreté, d'aussi de profondeur.

Elle est là votre signature. Puis viennent des auteurs, des réalisateurs, qui sont autant d'auteurs qui ne font pas de la facilité. Alain Rott-Grillier, Bernard Schroeder, Raoul Ruiz.

Mais c'est un cinéaste très exigeant. Le cinéma est devenu chez vous un prolongement de cette enfance marquée par des œuvres romanesques ou légendaires que vous avez dîneriez tant et qui, je dois le dire, vous vont si bien. Mais cela me demande aussi du travail.

La facilité que l'on perçoit chez les êtres talentueux cache souvent de l'exigence qu'ils s'appliquent à eux-mêmes. Alors moi, je ne me resquerrai pas à retracer votre carrière de la façon la plus exhaustive. En revanche, il me tient à cœur de ne vous dire ce que vous inspirez.

Depuis les années 80, votre parcours a marqué l'imaginaire de générations, mais aussi de spectateurs. Chacun se souvient d'un rôle, d'un film, d'un éclat de voix, d'une apparition télévisuelle qui devenait instantanément un moment de grâce ou d'étrangeté, toujours singulier, toujours reconnaissable entre nous et là. Vous avez su créer un univers esthétique qui n'appartient qu'à vous, baroque moderne, sensuelle, drôle, grave, tout à la fois.

Vous l'avez imposé avec une liberté désarmante, vous pourrez donner une marque. Car oui, je voudrais dire, vous l'arrière, vous êtes une femme d'engagement tant artistique que personnelle. Vous portez en vous cette irrésistible liberté de créer, vous réinventer.

D'oser là où d'autres auraient renoncé, vous avez tenu votre cas sans vous soucier des modes ni des conventions. Votre immense carrière n'aura jamais été le fruit d'un calcul facile. Vous avez fait du cinéma alors que vous attendez dans la chanson.

Vous avez réalisé des films, comme vous croyez quand vous venez au jeu. Vous avez chanté sur scène, tourné des clips, exploré mille registres. Au fond, vous avez toujours fait ce que vous vouliez.

Et pour cela, il faut beaucoup de talent, mais aussi beaucoup d'énergie vitale. Vous nous émerveillez. C'est là aussi un autre trait de votre personnalité.

Vous nous en livrez de bonheur, d'un bonheur d'être qui n'est jamais fin, F-I-L-D. Toujours sincère et comme le disait votre UFO, terriblement contagieux. Tout pour vous est objet de création.

Votre vie est création. Et vous font en permanence finir et réaliser. C'est un besoin vital.

En cela, vous ressemblez à Cocteau, ce poète que vous aimez tant et lequel vous avez rendu un hommage avec Cocteau, le cher François. Je veux dire que d'une certaine façon, vous le ressemblez en vous moquant du candiraton. Et c'est pour ça qu'on vous aime.

Vous partagez avec lui cette capacité géniale à refuser les frontières entre les arts, entre les univers, avec cette même conviction qu'il ne faut pas se laisser enfermé dans aucun cadre. Pour qualifier Sarah Bernard-Jean Cocteau d'inventer l'expression « monstre sacré ». On pourrait dire du coup la même chose.

Alors, cher Ariel, vous êtes tous là et bien plus encore. Et parmi vos traits de personnalité, il y a cette gentillesse indescriptible. Vous aimez les gens et vous portez en vous cette forme d'empathie très universelle.

Elle est aussi contagieuse et elle touche tous ceux qui vous entourent, qui ont la chance de travailler avec vous, de vous côtoyer. Alors parmi eux, évidemment, je ne peux pas ne pas citer Bernard-Henri, la mot fusionnelle qui vous unit depuis tant d'années. Je sais à quel point ils comptent dans ce que vous êtes, dans ce que vous faites aussi.

Vos projets accueillent en sont d'ailleurs un nouveau témoignage éclatant. Alors dans un instant, vous serez fait officier de l'Ordre des Arts et des Lèvres devant vous. Ce par terre, qui par leur diversité raconte tous quelque chose de vous.

Chacun d'entre vous, vous êtes très différent de l'un des autres. La récité de votre vie. Vous êtes l'une des rares figures capables de réunir des imaginaires, de toucher tout le public.

Être à la fois une école populaire, une classe triste, comme disons, et une amie si bien des ventes. Vous appartenez à cette famille d'artistes qui ne s'imposent pas seulement par leurs talents, mais par une manière d'être au monde toujours sincère. Toujours capable de brouiller finalement les lignes entre la réalité et l'affection.

À la question star, actrice ou comédienne, vous répondez toujours aux doigts filantes. Chère Adèle, Ariel, il y a des étoiles filantes. On aimerait nos jeunes les voir s'éteindre.

Alors pour continuer de prier, je sais que l'on peut compter sur vous. Et pour conclure, je sais que ce qui m'attache à vous, votre solidité, votre gentilesse, votre réveillance, et avec tout le monde et dans tous les instants et dans toutes circonstances, je ne dirai pas votre attention particulière, vos mots, votre gentillesse, quand j'ai eu ma petite fille, avec des petites caisses de dorées que nous avons encore, qui nous permettent d'avoir encore cette lumière sur elle et sur nos vies. Pour tout ça, merci, plus largement, et pour tout cela aussi, que l'arrivée nous honneur ce soir.

Je vous remercie. Bravo !