Viktor Orbàn invité de LCI : "les Russes sont incapables de vraiment attaquer l'OTAN"|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le Premier ministre, bonjour. Bonjour. Vous êtes Victor Orban, le dirigeant de la Hongrie et plus que ça, une figure européenne pour vos adversaires.
Vous êtes un cheval de 3 de Trump et de Poutine en Europe. Pour vos partisans, vous êtes l'espoir d'une autre Europe. Commençons d'abord par les événements guerriers, si vous le voulez bien.
Les bombardements en Russie, en Ukraine. Y voyez-vous le risque d'une guerre générale en Europe ? Non.
Pourquoi ? Parce que les Russes sont trop faibles pour cela. Ils ne sont même pas capables de vaincre l'Ukraine.
Donc ils sont incapable de vraiment attaquer l'OTAN. Alors alors pourquoi refuser que l'Ukraine se défende ? L'Ukraine est un pays souverain tout autant que vous.
Vous semblez vouloir lui refuser le droit de se défendre. L'Ukraine a tout son droit de se défendre. D'ailleurs, elle le fait de manière héroïque.
Alors, pourquoi par exemple demandez-vous la fin des sanctions contre la Russie ? Parce que les sanctions russes détruisent la Hongrie. Je pense que ça détruit également toute l'Europe.
Mais ça c'est le souci des Européens. Pendant les trois dernières années, nous avons perdu 20 milliards d'euros à cause des sanctions. Pour la Hongrie, c'est un chiffre très important.
Les sanctions nous détruisent. Quelle est l'alternative ? Poutine a mangé la Crimée.
Il a mangé une partie de la geéorgie. Il est toujours plus menaçant. Que doit faire l'Europe ?
Simplement le laisser avancer. Non, il faut tout d'abord incesser le feu et ensuite la paix. Puis il faut qu'il y ait un accord stratégique de paix à long terme.
Comment le garantir ? Le président Macron est plutôt prudent. Il parle de troupes au sol, pas pour combattre.
Des troupes au sol pour garantir un cesser le feu. Est-ce que vous le suivez ? Je pense en fait que ni les Européens ni les Ukrainiens ne pourront se mettre d'accord avec les Russes, les Ukrainiens parce qu'ils sont en train de perdre cette guerre et les Européens parce qu'ils sont trop impliqués pour y arriver.
Il faudrait en fait qu'il y ait un accord entre Russes et Américain. Vous vous avez dit vous-même, l'Ukraine est souveraine. Un peuple souverain peut adhérer, s'il le veut, à l'OTAN, à l'Union européenne.
Est-ce que vous lui accordez ses droits ? L'Ukraine n'est pas apte à devenir un membre de l'OTAN ou de l'Union européenne. C'est ce qu'on disait.
C'est ce qu'on disait. la guerre de de la Hongrie aussi. Non non non non.
Même avant la guerre, l'Ukraine était déjà en banquroute. Au début des années 90, les Ukrainiens n'ont pas vraiment réussi à créer un état fonctionnel économiquement. Cela signifie que si l'Ukraine devenait un membre de l'Union européenne, ce serait une faillite économique.
Ce qui est important de comprendre, c'est ce qui s'est passé avec l'élargissement de l'Union européenne vers l'est. Dans un premier temps, tout le monde était accepté dans l'OTAN. Cela garantissait une sécurité militaire.
Seulement ensuite ces pays ont pu entrer dans l'Union européenne mais actuellement c'est impossible. Si l'Ukraine entre dans l'OTAN tout de suite ce serait la guerre entre l'OTAN et la Russie. Donc actuellement c'est une impossibilité c'est une réalité géopolitique [Musique] mais pardon en disant ça est-ce que vous ne faites pas un cadeau à Poutine ?
Vous dites peut pas entrer dans l'OTAN mais encore une fois l'Ukraine est souveraine. Votre pays est entré dans l'OTAN. Personne n'a dit non la Hongrie ne peut pas entrer dans l'OTAN.
Oui mais je ne pense pas comme un Ukrainien. En revanche, je pense comme un hongrois et comme un européen. Pour nous les Hongrois et pour toute l'Union européenne, ce n'est pas dans notre intérêt qu'il y ait une menace de guerre et un conflit direct avec la Russie.
C'est pourquoi l'Ukraine ne peut pas devenir un membre de l'OTAN. Il y a une incompréhension sur vos positions. La les Russes la Russie soviétique est entrée en Hongrie en 1956 avec ses char et a écrasé la Hongrie.
Vous avez été un combattant anticommuniste. Pourquoi n'être pas solidaire de l'histoire des Ukrainiens qui ressemble Je comprends et nous comprenons l'histoire de l'Ukraine. Je pense que nous comprenons même un peu mieux que les Français.
Vous habitez à plusieurs milliers de kilomètres de l'Ukraine. Au cours des 150 dernières années, on a occupé quatre fois mon pays et c'était un désastre. Une fois, l'occupation a duré 45 ans.
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c'était un désastre. C'était horrible. Les dégâts étaient considérables.
Donc je comprends les Ukrainiens, ce que nous pensons, c'est que les Russes, il ne faut pas les aimer, mais il faut avoir des accords avec eux. La Russie est une réalité géopolitique, même si on ne l'aime pas. Il y a un Maxime en français qui dit "Baise la main que tu n'oses pas mordre." Est-ce qu'au fond, c'est votre attitude ?
Est-ce que vous êtes en train de baiser la main des Russes ? parce que vous avez peur d'eux. Non non non pas du tout, c'est juste le contraire.
Je pense que c'est seulement le langage de la force que les Russes comprennent et l'Europe doit être forte. Il faut que l'on négocie à partir d'une position de force. Malheureusement là nous sommes faibles.
C'est pourquoi nous avons besoin des Américains. Mais il faut que l'Europe se renforce à long terme. Il faut qu'il y ait un accord stratégique avec la Russie.
Mais seul une Europe forte pourra y arriver. Il y a deux attitudes à l'égard de Vladimir Poutine, celle du président Macron, du chancelier Mertz et aussi d'ailleurs de Kirstarmer. et la vôtre.
Vous êtes proche de Poutine. Jusqu'où peut aller cette proximité ? Que voulez-vous ?
Voulez-vous par exemple que Poutine puisse revenir en Europe ? Est-ce que vous l'accueilleriez en Hongrie ? Il ne faut pas que l'on réfléchisse à Poutine, mais à nous-même.
Nous ne mesurons pas l'Europe à Poutine. Nous avons nos propres intérêts. Il faut que l'on soit fort et il faut que l'on soit fort avec et contre la Russie.
Le président de la Russie est le président des Russes. S'il veut venir en Hongrie, il sera accueilli avec tout ce qu'il faut. Vous avez accueilli déjà Netaniaahu qui lui aussi est sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
De la même façon, vous enverrez euh pêtre euh l'Union européenne, la Cour pénale internationale, vous êtes prêt à accueillir Poutine comme Netaniaahou. Netahuou est le premier ministre israélien. Bien sûr, nous le respectons.
Nous l'accueillons avec du respect comme quand nous accueillons un dirigeant d'un pays. Nous avons du respect pour les pays. C'est aussi ce que l'on veut pour nous-même ce respect.
Je pense que cette organisation est devenue très politique et ne m'intéresse pas. Vous, quel est pour vous le rôle aujourd'hui d'Emmanuel Macron, le président français et vous, vous êtes au deux extrême. Comment est-ce que vous regardez son rôle ?
Tout d'abord, Emmanuel Macron, c'est le président de la France et je respecte la France. Je respecte le président de ce pays. Depuis que les Britanniques ont quitté l'Union européenne, la situation a radicalement changé.
Auparavant, les Britanniques et les habitants de l'Europe de l'Est formaient un grand bloc souverainiste fort. Nous n'avons pas permis que Bruxelles s'accapare nos compétences, mais Bruxelles sait ce qu'elle fait. Elle s'accapare nos compétences.
Donc la solidarité, c'est du passé. Ce qui se passe maintenant en Europe est validé par les Français et les Allemands. Et nous ne pouvons pas nous opposer à cette volonté.
Nous n'avons plus ce pouvoir de blocage. La responsabilité et la position de votre président est plus forte. Mais mais de quoi le soupçonnez-vous exactement ?
L'Union européenne, ce sont des membres à égalité. De quoi soupçonnez-vous Emmanuel Macron ? Vous avez un bon rapport personnel avec lui.
Tout à l'heure, on préparait l'interview, vous m'avez dit "Vous êtes tous les deux des bêtes politiques, vous aimez bien batailler mais sur le contenu, vous êtes en désaccord surtout." En ce qui concerne l'avenir de l'Europe, nous sommes en désaccord. On a besoin de l'Europe, mais votre président aimerait partir vers une voie progressiste et libérale.
Pour moi, ce serait une tragédie pour l'Europe. Je pense que tous nos mots proviennent du fait que nous avons délaissé nos traditions, la souveraineté nationale et nos traditions chrétiennes. Il faudrait retourner à nos racines et là, c'est diamétralement opposé à ce que représente monsieur Macron.
Qu'est-ce que ça signifierait concrètement ? Vous dites retourner aux racines chrétiennes de l'ordre. Bon, vous n'êtes pas le seul hein.
Les Italiens disent ça par exemple aujourd'hui. Ça ça voudrait dire quoi ? Ça voudrait dire quel changement concret en Europe ?
Prenons un exemple concret. Alors, la Hongrie ne permet pas l'entrée des migrants sur son territoire. Nous avons construit une clôture sur notre frontière sud et quand il le fallait, nous avons protégé militairement cette frontière.
Personne ne peut entrer sur le sol hongrois sans l'autorisation de l'État hongrois. Nous avons le droit de le faire. Mais que dit Bruxelles ?
Bruxelles dit "Ah non, vous n'avez pas le droit. Vous ne pouvez pas décider avec qui vous voulez vivre. Et quand je désobéis, quand nous désobéissons, chaque jour, nous devons payer 1 million de dollars.
Là, je suis dans cette chaise et je paye un million de dollars à Bruxelles parce que je ne veux pas de migrants chez moi. Voilà. Bon, premier ministre, mais l'Europe vous donne aussi beaucoup d'argent, vous le savez bien.
Souvent, elle achète même elle achète un certain nombre de vos accords. Ça vous pouvez pas le nier. Pourquoi si vous êtes tellement en désaccord avec l'Union européenne, pourquoi vous ne la quittez pas ?
Oh ! Non, je suis absolument d'accord avec l'Europe comme idée, mais on ne peut pas quitter l'Europe car nous sommes l'Europe. On n'est pas d'accord avec l'Union européenne telle qu'elle est.
Ah oui, je ne suis pas d'accord avec la politique européenne parce que notre leadership est trop faible et il y a des erreurs et en plus des erreurs, il y a de mauvaises réponses à nos problèmes. Par exemple, il y a une crise migratoire qui est très mal gérée, une crise de Covid mal gérée, transition verte mal gérée, guerre mal gérée, sanctions mal géré. Dans chaque cas, les crises sont le prétexte pour s'accaparer encore plus de compétences.
Moi je suis un goiste de ce point de vue. On reparlera de de Gaul après. Mais si vous voulez changer l'Europe, on comprend que vous voulez garder l'Union européenne mais là changer avec qui aujourd'hui il y a le phénomène de Madame Méloni qui a des réussites notamment économiques.
Est-ce qu'elle est pour vous devenue la principale force de votre camp ? Il y a les souverainistes et il y a les fédéralistes. Mélonie est souverainiste et moi je le suis aussi.
On aime coopérer ensemble. Il faut freiner la bureaucratie bruxelloise. Bruxelles ne peut pas dicter la politique européenne.
Il faut que l'on retrouve nos droits nationaux. Mais l'idée européenne est une idée fantastique. Il y a même deux grandes promesses, la paix et le bien-être.
C'est pourquoi nous l'avons créé cette Europe. C'est pourquoi nous avons rejoint l'Europe. Mais aujourd'hui, nous n'avons ni bien-être ni paix.
Ce n'est pas ce que nous avons choisi. En France, qui incarne le mieux vos idées ? On comprend.
Vous espérez un axe par exemple avec madame Méloni en France qui incarne le mieux vos idées ? Est-ce que monsieur Bardella et madame Le Pen sont vos espoirs ? J'ai eu des collègues fantastiques en France.
J'ai commencé avec le président Chirak. Il était formidable. Salut.
J'ai aussi très bien coopéré avec le président Sarkozi. Quelle passion. Il est hongrois.
Il est un peu hongrois. Et puis quel amour pour la patrie Vous ne citez pas François Hollande hein ? Vous avez oublié François Hollande ?
Non. Et il y a une raison à cela. Ouais.
Barnier. Barnier. Le commissaire Barnier.
Nous avons coopéré. Je l'ai servi Fillon, le premier ministre Fillon. Je l'ai beaucoup respecté.
Donc, j'ai beaucoup de bonnes expériences. Mais la réalité, c'est quoi ? Il y a des souverainistes et des antifédéralistes et il ne me reste qu'un seul compagnon de lutte, madame Le Pen.
Il y a 20 ans, j'aurais jamais pensé cela, mais en réalité, la politique européenne s'est décalée vers la gauche. Ça veut dire quoi ? Soyons précis, vous espérez la victoire de Madame Le Pen en 2027.
Pour vous, c'est un événement. Oui, je boirai des magnums de champagne. H qu'est-ce que vous feriez ensemble ?
Et bien, tout d'abord, historiquement, madame Le Pen a toujours soutenu la Hongrie qui était contre l'injustice. Mais on ne se connaissait même pas encore personnellement. Elle a toujours soutenu la position des États souverains et si elle est élu présidente en 2027, je l'aiderai à créer un budget pour un cycle d'avenir qui ne veut pas dépenser de l'argent pour la guerre, qui ne veut pas qu'il y ait encore plus de bureaucratie et qui redonnerait droits et compétences aux nations face à Bruxelles.
Victor Orban, votre projet vous de de de vous-même, vous y êtes venu au cœur de votre projet, il y a la question migratoire. Plusieurs pays européens ont cigné une demande pour durcir des règles migratoires. Je va pas tous les citer, mais il y a aussi des gouvernements socio-démocrates, le Danemark par exemple, en fait, est-ce que l'Europe est déjà en train de changer ?
Est-ce que vous lui admettez ça ? C'est trop peu. Il faut que l'on se révolte contre les règles actuelles.
Ce que l'on fait d'ailleurs, on ne peut pas permettre que des migrants tout simplement fassent le désordre dans nos rues, qu'ils entrent dans notre pays sans permis, qu'il soi violent envers nos femmes. Qu'il y a de l'homophobie, de l'antisémitisme, c'est inacceptable. inacceptable.
On ne peut pas on ne peut pas rester les bras ballants et rester juridico-juridique. Non, il y a une solution. Il ne faut pas les laisser entrer.
Mais Victor Orban, là-dessus, d'autres vous suivent, y compris des socio-démocrates. En revanche, vous vous allez beaucoup plus loin quand vous affirmez. Je vous cite, c'était en 2022 déjà, vous dites "Nous ne voulons pas être une race mixte avec des nonuropéens.
Est-ce que c'est une conception ethnique ? pour dire les choses racistes. Non, j'ai un concept culturel de l'Europe.
Elle doit garder ses propres valeurs, ses racines chrétiennes et rien ne doit mettre cela en danger. Pardon ? Quand vous dites quand vous dites race, quand vous dites race mixte, race évidemment quand on entend ça en 2025 ça raisonne.
Il faut lire la constitution américaine et vous ne serez plus surpris parce qu'en fait cela peut signifier des choses très différentes, très différentes selon les contextes et c'est un contexte très différent. Mais sur le fond, ça veut dire quoi ? Alors ça veut dire quoi sur le fond ?
Cela veut dire que l'Europe a des peuples autochtones et on ne peut pas permettre que les nouveaux venus soient majoritaire. Nous avons nos cultures, nos traditions, nos histoires et c'est ce qui doit définir l'avenir de l'Europe. Alors qu'est-ce que vous faites ?
Pardon, vous avez une natalité qui a encore baissé. Vous vouliez faire monter la fécondité, vous avez échoué. Je crois que vous êtes tombé à 1,38 et cetera.
Est-ce que ça veut dire que vous êtes prêt à décroître que l'Europe devienne toujours plus petite parce que il y a pas 1000 solutions. Si si c'est pas la natalité, c'est la migration. Moi, je ne peux parler qu'au nom des Hongrois, mais pour avoir une solution à ce problème démographique, ce n'est pas l'immigration la solution.
Nous espérons qu'en soutenant nos familles, nous allons renforcer nos racines et qu'on aura davantage de naissance. Le président, le vice-président Jens a tenu un discours très proche du vôtre sur les valeurs chrétiennes, sur le changement intellectuel culturel en Europe. Est-ce que vous espérez une sorte de grande révolution conservatrice en Europe ?
Je l'espère. J'aimerais bien que ça se fasse. Je suis très heureux pour les États-Unis.
Nous sommes au début de cela, mais malheureusement nous devons également voir que le président Trump n'est pas le Messi. Il n'est un compagnon de guerre que si nous voulons vraiment avoir quelque chose pour nous. C'est nous qui devons travailler.
C'est pour ça que j'œuvre et qu'en Europe, il y a de nouveau une majorité conservatrice chrétienne et ça c'est une opportunité. Quel effet Quel effet bénéfique vous espérez de Trump en Europe sur ce planl sur le plan culturel ? Qu'est-ce que vous espérez ?
Tout d'abord, il y a eu des difficultés au départ à cause des droits de douan. Il faut que l'on trouve un terrain d'entente et puis je pense que le président américain est dur. C'est un partenaire dur.
Et puis on va voir que lui est un poids lourd et que les leaders de nos institutions européennes sont des poids plumes. Mais je pense qu'il est possible d'avoir un accord, même si c'est difficile. C'est possible.
Ce dont je me réjouis, c'est que les États-Unis ont déjà cessé leur soutien à des ONG et des médias de mon pays. C'était vraiment un élément contre notre souveraineté et c'est un bonheur pour moi. En 2022, énormément d'argent arrivé chez mes opposants à partir de l'étranger pour qu'ils soient plus fort contre moi.
Bien sûr, je n'étais pas content. Monsieur Premier ministre, ça c'est le grand jeu international. Les Russes payent, les Chinois payent, les Américains payent.
Entrons dans les dans les droits de la question des libertés dans votre pays. Vous savez combien les Européens sont inquiets à ce sujet-là. Je ne veux pas que les gens payent.
Il faut que personne ne paye. Si quelqu'un veut faire de la politique, il ne peut pas accepter de l'argent de l'Ouest, ni de l'argent de l'Est, ni même de Bruxelles. Il ne faut pas qu'il y ait de l'argent de l'étranger qui arrive.
Les institutions européennes sont inquiètes de façon très concrète. Elles ont engagé des actions juridiques contre vous. Par exemple, dans la répression des homosexuels que vous êtes en train de mener.
Le fait que en ce mois de juin, le simple fait de participer à la gay Pride pourra être puni. Est-ce que vous êtes en train de trahir des libertés fondamentales en Europe ? Non, non, il y a de la liberté en Hongrie.
Venez voir. Venez. Pas celle-là.
Pas celle-là. C'est des libertés fondamentales de manifester. Non, parce que la Constitution est claire.
Ce que dit la Constitution hongroise, c'est que pour défendre les droits des enfants, il y a primé surtout. Il est interdit d'avoir une manifestation qui irait à l'encontre des droits des enfants. Ça c'est interdit.
Le concept est différent. On peut manifester. Il est possible de manifester.
Mais pardon, pardon monsieur premistre. Non, non, non. Il s'agit pas ici du droit des enfants, c'est autre chose.
On ne parle pas de ça. On parle du droit de manifester dans une démocratie libérale. Pardon.
On peut manifester pour le mariage homosexuel, contre le mariage homosexuel pour l'extrême droite, pour l'extrême gauche, pour la peine de mort contre la peine de mort. Ça s'appelle la liberté. Pourquoi est-ce qu'en Hongrie, on ne peut pas manifester simplement parce qu'on est homosexuel ?
C'est grave, c'est une violation de droit. On peut manifester mais dans une forme qui ne touche pas le droit et les intérêts des enfants. Nous avons dit qu'il y a des endroits où c'est possible, mais ils ne peuvent pas faire tout un défilé dans la ville et provoquer des effets qui seraient selon nous pas bons pour les enfants.
Mais ils peuvent se réunir. Il y a des endroits où ils peuvent se réunir. Monsieur, vous vous voyez bien que vous avez franchi là un seuil dans des pays même conservateurs.
Il y a des gay prides, ils sont libres. Ils en veulent pas à vous ni aux enfants. C'est leur liberté absolue.
En Israël, il y a des gay prides. Il y a une partie d'Israéliens qui sont très conservateurs partout dans le monde, enfin une grande partie du monde. Libre, ça existe et pas chez vous.
Liberté de la presse, la même chose. Vous êtes en train de prendre des mesures contre la liberté de la presse au nom des influences étrangères. Vous voyez bien que pour l'Europe, vous avez franchi le seuil qui vous met en dehors.
En ce qui concerne les médias, il y a une très grande partie qui est financée et détenue par l'étranger. La presse est libre. Je pense que la diversité des débats politiques est plus importante que la diversité en France.
Les critiques peuvent être dites en Hongrie. Les critiques sont très fortes d'ailleurs. Victan, pardon, excusez-moi.
C'est vieux comme le monde. Vous avez été anticommuniste. La CIA payait payait les médias pour diffuser de la propagande pro Wouest et ça a servi.
Vous étiez contents à l'époque he tous les toutes les puissances ont le droit d'essayer de leur façon. Ça s'appelle la liberté que ce soit la liberté internationale ou la liberté à l'intérieur d'une nation. Je pense que ce n'est pas ainsi que ça se passe.
En effet, moi je suis très content que cette époque soit révolue. Pendant le régime communiste, pendant l'occupation soviétique en Hongrie, l'ingérence étrangère était différente et actuellement la Hongrie est souveraine. Il n'y a pas de troupe de pays étrangers.
On ne veut pas qu'il y ait une ingérence financière dans la vie politique. L'Europe un jour va perdre patience. On voit à quel point déjà elle est en train de de s'inquiéter.
Vous risquez d'être privé du droit de vote au Conseil européen. On risque d'en arriver là. Pourquoi je perdrai ce droit alors que j'ai raison ?
Ah, vous avez peut-être raison de votre point de vue mais du il se trouve qu'il y a des autres d'autres pays européens. Nous coopérons de manière constructive avec l'Europe. L'Europe est très importante et d'ailleurs elle doit être contente que la Hongrie fasse partie de ses amis.
Nous nous sentons très bien en Europe. Est-ce que c'est une illusion réactionnaire ? Vous vous aimez bien le général de Gaulle.
Vous savez que le général de Gaulle était conservateur sur certains plans, il était même contre la pilule, mais il a évolué. On peut pas retenir les meurs. Les meurs ont changé.
En réalité, est-ce que vous êtes un réactionnaire ? Nous n'utilisons pas ce mot de la même manière en Hongrie. Traduisez-le comme vous voulez.
Ça s'appelle comme ça en Hongrie. J'espère bien que les femmes ont des droits très larges, les plus larges d'Europe. Nous sommes en train de mettre en place, par exemple une loi qui fait que les femmes avec deux enfants ne payeront plus d'impôts sur le revenu.
Alors oui, elles ne peuvent se marier qu'avec un homme. Le mariage n'existe qu'entre un homme et une femme et il y a toujours la primaé des droits des enfants. Mais les femmes ont un statut particulier en Hongrie et je veux que ce soit comme ça.
On a l'impression que vous vous rapprochez de Poutine aussi par là. C'est-à-dire que la loi sur les les influences étrangères ressemble. Tout ce qui concerne l'homosexualité, la répression de l'homosexualité, vous êtes en train de le ressembler.
Pour vous, Poutine est-il un dictateur ? Il faut que vous essayez de comprendre quelles sont mes idées. Pour que la Hongrie soit entendue, nous n'avons pas besoin de nous comparer à qui que ce soit.
Ce que fait Poutine, ça ne m'intéresse pas. Ça ne m'intéresse pas de savoir comment il voit la Hongrie. Ce qui m'intéresse, c'est mon propre peuple.
Et je ne veux pas que qui que ce soit dise quoi que ce soit sur notre vie. Ni Washington, ni Bruxelles. Je suis souverainiste.
Et puis l'affaire des Russes, c'est l'affaire du président des Russes. Une question personnelle, moi je vous avais vu à Budapest il y a peut-être 30 ans. Alors à l'époque vous étiez jeune combattant, vous aviez été jeune combattant courageux contre le communisme.
Aujourd'hui, vous êtes amis des régimes autoritaires. Vous êtes le chouchou du parti communiste chinois. quand même.
Alors à votre défense, les les Européens sont très lâches aussi avec les Chinois, certes, mais enfin vous vous êtes l'ami, vous êtes le préféré des Chinois en Europe. Comment expliquer ça ? Le urban anticommuniste pour la liberté, vous combattu pour la liberté en 89 et aujourd'hui l'ami de la dictature chinoise.
Comment est-ce qu'on va de l'un à l'autre ? C'est pas une provocation. Vraiment au fond, expliquez-nous parce que ça explique une part de l'Europe de l'Est.
Je pense qu'il y a deux questions et j'aimerais les séparer. Le premier ministre de chaque pays doit avoir des amis. Je pense que votre président fait la même chose, obtenir des amis.
La Chine est un pays qui se renforce à vitesse grand V. On veut coopérer le plus possible avec la Chine. La Turquie, le monde turc aussi se renforce.
On veut coopérer. L'Union européenne elle stagne. Les dirigeants stagnent même si on veut coopérer et en faire partie.
La Russie, oui, on veut coopérer avec la Russie. Quand il y avait des démocrates au pouvoir aux États-Unis, on a aussi voulu coopérer avec les États-Unis puisque la politique étrangère, ça consiste à collectionner ou à ainsi dire collecter des amis pour son pays. C'est notre rôle, mais il ne faut pas mélanger cela avec l'idéologie.
Oui, j'étais un guerrier, un guerrier des rues. Je luttais pour la liberté et c'est ce que je suis resté. Pour l'instant, je pense qu'il y a une menace contre la liberté qui vient de Bruxelles.
Il faut lutter contre cela. qui gagne à la fin. Est-ce que vous ne sous-estimez pas les démocraties libérales ?
Les démocraties libérales ont été colonialistes. Elles savent parfois avoir même sortir des règles. Elles ont quand même réussi à casser les reins de Saddam Hussein, de Kaddafi, de Milozevic.
À la fin, est-ce que la démocratie libérale, même celle qui organise les G prides et cetera et cetera justement parce que c'est la liberté, elle est plus forte. Je pense que c'est erroné comme concept dans le monde. Il y a eu des changements à partir de Milozevic jusqu'à Kaddafi.
Ça n'a rien à voir avec les démocraties libérales. Ça a à voir avec la force et la géopolitique. Et après, il y a les libéraux comme s'il y avait une lutte entre les autocrates et les libéraux.
Non non, la vérité est très différente dans le monde. Il existe des pays très différents. Nous avons une diversité incroyable dans le monde.
Et il faut comprendre chaque pays à partir de sa culture et de son idéologie. Les Russes et les Chinois ne peuvent pas être comme nous. Ils sont très différents.
Ils ont une autre culture, un autre régime politique. Il faut qu'on s'occupe du autre. Quelle est la base du nôtre ? chrétienté, la participation, la liberté, la démocratie.
C'est comme ça que nous pouvons vivre. C'est comme ça qu'il faut que l'on se renforce. Et après, il y a la lutte contre les libéraux.
J'espère tout simplement que nos valeurs et notre programme vont être plus forts que le programme libéral. Voilà. Victoran, merci d'avoir été notre invité.
Moi aussi, je vous remercie. M.
Marine Le Pen