Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 juin 2026 23 min

Manquements dans l'affaire Lyhanna, présidentielle 2027... L'interview d'Othman Nasrou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

L'info avec Jean-Christophe Martin. Après la découverte dans le gers du corps de Liana, la collégienne de 11 ans disparue depuis une semaine, le ministre de la Justice présente ses excuses à la famille et promet des sanctions s'il y a eu des fautes. Gérald Darmanin reconnaît un immense échec dans le traitement pénal du suspect, échec dans le suivi des plaintes antérieures pour agression sexuelle contre cet homme de 41 ans en détention provisoire depuis lundi. Et le ministère de la Justice veut aller vite. Les premiers résultats de l'enquête administrative seront dévoilés dans deux semaines. Yannick Falt.

0:37
Locuteur non identifié

C'est une enquête administrative en deux temps. Première étape le 19 juin donc. Les conclusions des inspections générales de la justice et de la gendarmerie sur les dysfonctionnements constatés et notamment cette plainte déposée par la mère d'une mineure de 10 ans l'été dernier. Plainte pour des viols qui ont été constatés médicalement, des faits qui auraient eu lieu au domicile de Jérôme Barrella. Pourquoi le principal suspect n'a pas été placé en garde à vue ? Tous les voyants étaient pourtant rouges selon le ministère de la Justice.

Et puis, deuxième temps de l'enquête administrative, celui des éventuelles fautes individuelles, avec à la clé sans doute des sanctions de magistrats qui seront proposées au CSM. Et si le conseil supérieur de la magistrature ne nous suit pas, on pourra quand même sanctionner, prévient la chancellerie, même si ça n'est pas arrivé depuis longtemps. Preuve de la sensibilité du sujet, un poids lourd du ministère souffle. Si on ne dit pas la réalité, il n'y a plus qu'à laisser les clés au Rassemblement national.

1:29
Présentateur

Yannick Falt, une mobilisation historique aujourd'hui chez Decathlon, leader des articles de sport pour la première fois l'ensemble des syndicats, appelle les salariés à débrayer dans tous les magasins en France pour demander une meilleure répartition des bénéfices de l'entreprise. L'enseigne a vu son chiffre d'affaires et ses bénéfices augmenter l'an dernier. En Russie, plus de 80 drones interceptés près de Saint-Pétersbourg. Le gouverneur de la ville parle d'attaques de grande ampleur et demandait ce matin aux habitants de rester chez eux avec cette attaque.

L'Ukraine défie Vladimir Poutine en visant sa ville natale, là où se tient en ce moment le forum économique, qu'on appelle aussi le Davos russe. Une petite frayeur hier à bord de la Station spatiale internationale. Une partie de l'équipage, dont la Française, Sophie Adnaud, a dû se préparer à évacuer à cause de fuite d'air. Avant, un retour rapide à la normale. Les explications du responsable de l'actualité spatiale à la Cité de l'Espace à Toulouse, Olivier Sanguie.

2:23
Locuteur non identifié

Ça vient probablement de fissures dans l'arrière de ce module, le tunnel de jonction qui permet d'accéder au cargo russe automatique Progress qui s'amarre à ce module, et qui est très ancien d'ailleurs. Donc c'est des petites pertes d'air qui sont compensées par le système de la Station.

Mais là, il y a eu à nouveau une fuite, et les Russes ont voulu faire une réparation, et donc par abondance de précautions, c'est l'expression même de la NASA, l'autre équipage, l'autre partie de la Station, c'est-à-dire cinq personnes, il y avait deux Russes qui faisaient les réparations, qui ont examiné ça, cinq personnes se sont mises dans une capsule Crew Dragon, au cas où il y aurait un problème plus grave. Mais c'est vraiment une abondance de précautions. Ça fait partie des procédures d'urgence prévues. En fait, il n'y avait pas de problème, mais c'est au cas où il y aurait eu un souci lors de la tentative de réparation, qui en fait a été abandonnée en cours.

Les Russes ont finalement recueilli des données, ils ont regardé ce qui se passait, et ils ne sont pas allés jusqu'au bout de la réparation. Et donc, cette procédure de sécurité, plus que d'évacuation en l'occurrence, a été arrêtée.

3:18
Présentateur

Olivier Sanguille de la Cité de l'Espace à Toulouse et ce résultat de basket aux Etats-Unis dans le deuxième match de la finale NBA. Les Knicks de New York battent à l'arraché les San Antonio Spurs de Wambanyama au Texas. Victoire 105 à 104. Les Knicks se détachent 2-0 dans cette finale au meilleur des sept matchs. Il est 8h34. Tout de suite, c'est le 8h30 France Info. L'invité, le secrétaire général du parti Les Républicains, Othmane Nassrou, vice-président de la région Île-de-France avec Majid Kiat et Benjamin Fontaine.

4:01
Othman Nasrou

Bonjour Othmane Nassrou. Bonjour. Vous êtes avec nous ce matin pour largement revenir sur l'affaire Liana et ses conséquences politiques. On va évoquer aussi avec vous la course à la présidentielle et les divergences au sein de votre parti Les Républicains. Mais d'abord donc, ce corps retrouvé dans le Gers, il a été authentifié hier. Il s'agit bien de celui de Liana. C'est ce qu'a annoncé hier soir la procureure de la République. On rappelle que le principal suspect, Jérôme Barrella, faisait déjà l'objet de procédures, notamment une plainte pour des viols sur une enfant de 10 ans déposée en août dernier. Est-ce que c'est un fiasco judiciaire ?

4:37
Invité

D'abord, je crois qu'il y a une énorme émotion dans tout le pays. Cette émotion, elle est légitime. Je veux dire que je la partage et qu'on pense tous évidemment à la famille, aux proches, à tous ceux, aux habitants, à ceux qui étaient dans la même école, à tous ceux qui ont connu cette petite fille. Je pense que leur souffrance doit être insoutenable. Donc, il faut beaucoup de dignité et beaucoup de prudence dans ces moments-là. Mais vous me posez une question claire. Est-ce qu'il y a eu des défaillances ? À l'évidence, oui. Il n'y a pas de doute à avoir. Une enquête administrative établira s'il s'agit de défaillances individuelles dans un certain nombre de décisions.

Mais est-ce qu'il y a aujourd'hui un fonctionnement de notre justice qui garantit que le maximum est fait pour que des individus soupçonnés d'être dangereux ne puissent pas passer à l'acte ? Je crois que démonstration est faite, qu'il y a en tout cas beaucoup de choses à corriger, à changer.

5:29
Othman Nasrou

Gérald Darmanin s'est dit furieux hier. Il a présenté ses excuses. Il était l'invité du journal de 20h de TF1. On l'écoute.

5:36
Locuteur non identifié

A priori, oui, il y a eu des défaillances dans l'organisation du service public de la justice. Il y en a sans doute eu aussi chez les forces de l'ordre. Il y en a eu sans doute aussi dans d'autres services publics. Mais je ne veux pas rejeter la faute à quelqu'un. Nous avons failli, dans l'organisation concrète, de suivi de plainte.

5:52
Invité

Autman Nassrou, vous êtes d'accord avec Gérald Darmanin ? Vous êtes sur la même ligne ? Il dit lui-même, il est gardé sous le ministre de la justice, qu'il y a eu incontestablement des défaillances. Personne ne peut accepter qu'un individu qui a été mis en cause dans un certain nombre de plaintes, et une notamment très circonstanciée, avec un faisceau d'éléments concordants, ne soit même pas auditionné plus de dix mois après des faits graves qui ont été signalés à la justice. Et s'il avait été auditionné, on peut se demander s'il serait passé à l'acte.

Et ça, évidemment, c'est toujours compliqué de le dire, mais néanmoins, il n'y a pas eu la réponse que nous sommes légitimement en droit d'attendre de la part de la justice. Et ça, c'est une réalité. Mais il y a deux enquêtes administratives qui ont été lancées, notamment l'une par l'Inspection Générale de la Justice. On devrait avoir les premiers résultats le 19 juin. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, il est aussi chef de l'administration. Est-ce qu'il doit démissionner, selon vous ? Écoutez, moi je ne veux pas en faire une affaire personnelle. Est-ce que la démission aujourd'hui du ministre de la Justice réglerait le problème ?

Est-ce que sa démission corrigera ce qui ne fonctionne pas dans notre pays ? Il y a bien des choses qui ne fonctionnent pas. La réalité, c'est que nous sommes tous très attachés à l'état de droit, mais il faut que cet état de droit soit un état efficace. Et que l'état de droit n'oublie pas que sa première mission est de protéger les Français. Donc les réformes que nous devrons porter sont beaucoup plus profondes qu'une simple affaire de personne. Moi, je vous le dis très clairement, je pense qu'il faut qu'on en tire les enseignements, il faut des délais beaucoup plus rapides, il faut décloisonner les fichiers, les signalements.

Il faut que quand un certain nombre de faisceaux sont là, il faut absolument passer à l'acte. Il faut que rien ne passe dans les mailles du filet.

7:31
Othman Nasrou

Aujourd'hui, on voit bien qu'il peut y avoir des défaillances structurelles. Est-ce qu'il faut aussi une ligne plus claire ? Gérald Darmanin a dit, j'envoie des circulaires aux procureurs. Les procureurs disent, on a déjà reçu plus d'une cinquantaine de circulaires là en six mois. On a du mal à prioriser.

7:44
Invité

Mais la réalité, c'est que le système est totalement embolisé. Gérald Darmanin lui dit lui-même, 3 millions de plaintes. Un stock de 3 millions de plaintes en cours de traitement où on attend. Certaines d'ailleurs qui sont simplement, et c'est la réalité, et je comprends la colère de nos concitoyens qui pour un certain nombre le découvrent, restent simplement en bas de la pile. Parce que le système est totalement gorgé. Donc, il faut des réformes pour prioriser davantage. Il faut désengorger la justice. La justice manque de moyens, c'est ce que vous dites ce matin ? Moi, je vais vous le dire très clairement. On réduit toujours dans notre pays les problèmes à des questions de moyens.

Il se trouve que le budget de la justice, et il faut le reconnaître, a beaucoup augmenté ces dernières années. Nous ne sommes pas sur une question de moyens. Et quand on fait, quand on raisonne uniquement sur les moyens, jamais sur les fonctionnements, jamais sur la procédure, jamais sur la simplification, jamais sur la gestion, eh bien, on ne règle jamais rien. Donc, il faut qu'on arrête de penser uniquement aux moyens. Ce n'est pas ici une question de moyens. C'est une question d'organisation, d'efficacité, de procédure.

8:37
Othman Nasrou

On a quand même 11 magistrats pour 100 000 habitants, selon les derniers chiffres. La moyenne européenne est à 21. On est très largement en dessous.

8:43
Invité

Oui, mais ce que je vous dis, c'est que si nous ne faisons que régler, que raisonner en termes d'effectifs, nous n'allons rien régler. Nous l'avons vu dans d'autres services publics. La question des effectifs ne règle pas tout si vous n'avez pas une réforme structurelle en profondeur. Je vous l'ai dit. La question, par exemple, de la dématérialisation des procédures. Et dans ce cas précis, vous avez des délais qui sont extrêmement longs, simplement entre la transmission, à deux juridictions différentes. C'est ça qu'il faut corriger et ce n'est pas simplement une question d'effectifs.

9:09
Othman Nasrou

Donc on peut faire mieux avec autant d'argent, même si les gendarmes, les policiers, les procureurs vous le disent, les dossiers s'empilent.

9:15
Invité

On n'arrive pas à les traiter, on n'a pas le temps. Ils nous disent aussi que les procédures sont extrêmement compliquées. Je pense à la procédure pénale. En tout cas, les enquêteurs le disent beaucoup, s'en plaignent beaucoup, passent énormément de temps sur les aspects administratifs de la procédure. Et cela, nous le retrouvons dans bien d'autres services publics. Je pense à l'hôpital, je pense à l'école. Donc nous avons un sujet dans notre pays de complexité administrative. C'est une réalité. Ça n'explique pas tout. Et nous verrons s'il y a aussi des responsabilités individuelles dans cette affaire.

Mais en tout cas, il faut qu'on sorte de la naïveté et qu'on se donne les moyens de protéger mieux les Français. Il y a ces enquêtes administratives. Au-delà de ça, pour avancer, comme vous le dites, est-ce qu'il faut une commission d'enquête ? Selon vous, commission d'enquête parlementaire ? Moi, je ne suis pas parlementaire. C'est au parlementaire de s'en saisir. Et ce serait une bonne chose, selon vous ? Oui, tout ce qui permet de faire la lumière sur ce qui a dysfonctionné, tout ce qui permet de corriger, de s'assurer que ça ne se reproduira pas, que des défaillances de ce type-là ne se reproduiront pas, est évidemment bienvenue.

Mais je vous le dis encore une fois, tous ceux qui vous expliquent qu'on pourra changer les choses sans rien changer de fondamental, se trompent. Nous avons besoin de réformes extrêmement puissantes dans notre pays parce qu'aujourd'hui, il y a une forme d'impuissance publique et malheureusement, nous savons régulièrement des affaires extrêmement graves, atroces, qui se produisent et dont on a le sentiment que le maximum n'a pas été fait pour les éviter. En novembre dernier, une proposition de loi transpartisane a été déposée.

Près de 114 parlementaires la soutiennent, une loi pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, sauf qu'elle n'est toujours pas inscrite à l'ordre du jour. On nous dit d'un côté, c'est une priorité, il faut avancer sur ce sujet, mais de l'autre, cette proposition de loi, elle n'est toujours pas à l'agenda, elle n'est pas à l'ordre du jour. Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui ? Il faut la mettre à l'ordre du jour ? Il y a là aussi un calendrier parlementaire qui est extrêmement compliqué dans un contexte politique depuis la dissolution qui est épouvantable, disons-le clairement, et qui ne permet pas d'avancer sur beaucoup, beaucoup de lois qui sont attendues.

On pourrait multiplier les exemples. Moi, j'étais très marqué aussi par la censure, par exemple, de la première tentative pour allonger la période de rétention administrative, là aussi pour des individus dangereux, en situation irrégulière, et dont nous n'avions pas la capacité de les garder plus de trois mois, contrairement à bien d'autres pays européens, dans nos centres de rétention administrative. Et suite, là aussi,

11:27
Othman Nasrou

Mais si on veut prioriser sur ce dossier-là ?

11:29
Invité

Pardon ? Si on veut prioriser sur ce dossier-là, il faut aller plus vite ? Il faut aller plus vite, mais là aussi, il faut des réformes plus profondes. Et moi, j'interroge là aussi notre capacité à régler un certain nombre de jurisprudences qui empêchent parfois l'action publique. Est-ce qu'il faut donc prioriser cette loi ? Écoutez, moi, je n'ai pas en tête le contenu exact de ces dispositions. Est-ce qu'il faut qu'on aille beaucoup plus loin sur notre capacité à protéger les enfants aujourd'hui dans notre pays ? La réponse est évidemment oui. Et pour cela, un débat parlementaire est de toute façon utile. Justement, vous parlez de la protection de l'enfance.

Sur nos antennes, depuis plusieurs jours, on entend des avocats dire que la justice a failli à cette protection de l'enfance et c'est quelque chose que l'on voit régulièrement. Qu'est-ce que vous proposez pour travailler sur cette protection de l'enfance avancée ? Nous savons qu'il y a aujourd'hui un sujet absolument majeur sur l'aide sociale à l'enfance. Nous le voyons avec aujourd'hui un phénomène qui est devenu extrêmement préoccupant qui est évidemment la prostitution forcée d'un certain nombre de mineurs. Tout cela sous couvert d'un service public.

Et donc, vous dire aujourd'hui que nous sommes à la hauteur de ce que nous devons faire pour protéger nos enfants, y compris quand ils sont sous la garde de l'État, si j'ose dire, sous la surveillance des services publics, évidemment que ce n'est absolument pas le cas. Et nous devons aller beaucoup plus loin là-dessus. Je pense qu'il faut qu'on ose remettre à plat tout ce qui ne fonctionne pas dans notre pays. ça va supposer des réformes là aussi de structure et pas simplement des mesures supplémentaires.

12:49
Othman Nasrou

Et ce sera aussi un des sujets de la présidentielle. Ça veut dire quoi une réforme de structure ? C'est très vague.

12:54
Invité

Ça veut dire que nous devons sortir de l'impuissance publique. Ça veut dire que dans notre pays, nous nous sommes habitués à une complexité, je l'ai dit, avec une multiplicité d'acteurs où il n'y a plus de responsabilité. On ne sait plus très bien qui fait quoi. Cela veut dire concrètement que nous aurons besoin d'une révision constitutionnelle. J'ai pris l'exemple tout à l'heure de la période de rétention administrative. Il n'est pas possible que le cadre juridique aujourd'hui nous empêche d'agir. L'état de droit, ce n'est pas ça. L'état de droit, ce n'est pas l'état d'impuissance.

Nous devons corriger ce qui, dans nos jurisprudences, dans notre constitution aujourd'hui, nous empêche de mieux protéger les Français. Je pourrais là aussi prendre d'autres exemples.

13:30
Othman Nasrou

Quel rapport avec la violence sexuelle dont on parle en ce moment ?

13:32
Invité

Je vous donne... On parlait largement de ce qui ne fonctionne pas et notamment sur les mineurs. Sur les mineurs, nous avons aussi un sujet de violence des mineurs, des violences des mineurs entre eux, avec évidemment là aussi, malheureusement, des agressions sexuelles entre mineurs. Mais aujourd'hui, nous avons une justice des mineurs que nous ne pouvons pas réformer. Le Conseil constitutionnel considère que la sanction ne peut pas avoir sa place sur la justice des mineurs.

Et donc, si nous voulons lutter contre les agressions sexuelles faites aux enfants, nous devons aussi mieux sanctionner les mineurs dès le premier acte de délinquance et a fortiori dès la première agression sexuelle sans qu'on en arrive à des atrocités. Donc, tout cela est à remettre à plat et je crois que c'est un débat important pour l'élection présidentielle.

14:08
Othman Nasrou

Alors, justement, vous parlez des mineurs, on va parler des majeurs aussi en termes de solutions. Bruno Retailleau, candidat à l'élection présidentielle pour votre parti, est favorable à une castration chimique obligatoire pour les auteurs de violences sexuelles sur mineurs. Est-ce que vous aussi ?

14:22
Invité

Oui, je pense que certains pays ont fait ce choix et je ne vois pas pourquoi dans la boîte à outils. Alors, encore une fois, précisons qu'il s'agit là dans le cadre d'une décision de justice, que ce serait une décision que le juge peut prendre dans le cadre d'une condamnation. Ce qui n'aurait pas fonctionné dans le cas de l'affaire Liana, par exemple. Mais cette proposition avait été formulée avant le dramatroce que nous venons de vivre. Et évidemment, moi, je pense que tout ce qui peut aider à mieux protéger les Français est le bienvenu.

Mais, Othmane Nasroud et spécialistes disent aussi, pour le cas où il n'y a pas de taux de production de testostérone anormal, ça réduit l'énergie sexuelle. Mais si la perversion et les pensées sont déjà là, ce traitement, il ne suffira pas. Mais je ne vous dis pas que cette mesure, à elle seule, peut tout régler. Mais dans un certain nombre de cas, vous le dites vous-même en creux dans votre question, eh bien, cela peut être utile, cela peut prévenir les récidives dans un certain nombre de cas.

Et donc, je ne vois pas pourquoi le juge ne pourrait pas, eh bien, pour des individus dangereux qui risquent de récidiver dans les cas auxquels je pense, où, effectivement, il y a un sujet de mesures biologiques, en l'occurrence, où il y a des traces biologiques qui laissent penser que la castration chimique peut être efficace, eh bien, de ne pas décider qu'elle est obligatoire sous contrôle judiciaire. Et évidemment, si l'individu ne la suit pas, il retourne en prison, tout simplement. Nous devons faire le maximum pour que les récidivistes ne repassent pas à l'acte. Je crois que c'est ça le plus important.

15:38
Othman Nasrou

Ce qui fonctionne aussi, d'après les spécialistes, c'est surtout le suivi psychologique, psychiatrique. Là aussi, on manque de moyens pour le faire.

15:44
Invité

Nous avons un énorme sujet dans notre pays de santé mentale, de suivi psychiatrique. Oui, vous avez entièrement raison de le mentionner. C'est le parent pauvre aujourd'hui dans notre pays sur ces sujets-là. Et nous devons faire un effort significatif en matière psychiatrique. Nous n'avons absolument pas aujourd'hui ni les effectifs, pour le coup, de médecins, ni les procédures aussi, pour avoir un bien meilleur suivi psychiatrique des individus dangereux. Vous avez raison. Et le manque de moyens, on fait comment, justement, face à cela ? Eh bien, je vous ai parlé tout à l'heure de réforme en profondeur. La réalité, c'est qu'il faut qu'on dise la vérité aux Français.

Nous ne pourrons pas tout faire. Il va falloir faire des choix. Choisir, c'est renoncer. Ça veut dire que nous devons faire des choix extrêmement importants entre la protection des Français, entre la dépense publique, la dépense sociale que nous devons repenser, réformer, parce qu'effectivement, il faut qu'on se dégage des moyens pour des sujets qui sont aujourd'hui des attentes légitimes de nos concitoyens. Et en tout cas, protéger nos enfants de prédateurs, ça doit être une priorité absolue. Il ne peut pas y avoir de débat de moyens sur cet objectif-là.

16:40
Othman Nasrou

Autmane Nassrou, secrétaire général du Parti Les Républicains, vous restez avec nous pour la suite de ce 8.30. On va parler, justement, de la prochaine présidentielle et de la façon dont ça crée quelques remous au sein de votre parti. Ce sera après le rappel de l'info à 8h46 avec Diane Ferschit.

16:54
Locuteur non identifié

Gérald Darmanin reconnaît un immense échec de la justice et présente ses excuses à la famille de Liana. Le garde des Sceaux estime que l'on a failli dans le suivi des plaintes déposées contre le principal suspect. Hier, l'autopsie a permis de déterminer que le corps retrouvé dans le Gers est bien celui de l'enfant disparu. Une marche blanche pour lui rendre hommage aura lieu demain après-midi à Florence, dans le Gers. Ils auront passé trois semaines à l'hôpital sans être malades. Les 22 Français considérés comme cas contact après l'apparition de l'antavirus sur un bateau de croisière sont de retour chez eux.

La seule Française qui a déclaré la maladie une passagère d'une avie réelle toujours hospitalisée en réanimation allée dans un état stable. Le rachat de SFR par Bouygues Télécom, Free et Orange et les opérateurs se donnent jusqu'à demain pour finaliser un accord. Le délai devait expirer hier après une offre à 20 milliards 35 millions d'euros. De nombreux détails du contrat restent encore à finaliser. De nouveaux échanges de frappes dans le Golfe. l'armée américaine a bombardé en légitime défense dit-elle des sites de radar en Iran. Les gardiens de la révolution iranien ont eux attaqué ce matin des bases qualifiées d'ennemis dans la région.

Sept missiles iraniens tirés au total contre le Koweït et Bahreïn. 6 ont pu être interceptés. Le dernier n'a pas atteint sa cible. France Info Le 8.30 France Info Benjamin Fontaine Mathilde Piat

18:19
Invité

Haute-Mann Nassrou secrétaire général des Républicains. L'autre sujet c'est cette course à l'élection présidentielle. Alors il y a beaucoup de candidats à gauche dans le bloc central et à droite aussi puisque Gabriel Attal Edouard Philippe Bruno Retailleau sont candidats. Est-ce qu'ils sont tous les trois sur la ligne de départ lors du premier tour de cette élection présidentielle ?

Moi je ne peux pas me prononcer pour Gabriel Attal ou pour Edouard Philippe mais je pense que Bruno Retailleau qui est notre candidat porte un projet singulier un projet de rupture et je souhaite que ce projet figure effectivement bien sûr sur la ligne de départ pour l'élection présidentielle parce qu'au-delà de la course des petits chevaux et je crois que tout le monde regarde cela avec à la fois une forme d'amusement et puis une forme de fatigue ce n'est pas simplement une question de personne c'est qu'est-ce qu'on fait dans les prochaines années pour sortir le pays de l'impuissance publique dont on parle depuis tout à l'heure et je crois que le bon projet c'est Bruno Retailleau qui le porte Mais dans les faits quand on regarde les sondages il y a un risque qu'aucun candidat du bloc central et de droite se retrouve au second tour ça ne pose pas de problème selon vous Bruno Retailleau quoi qu'il en soit sera au premier tour de l'élection présidentielle ?

Oui parce qu'on s'est habitué là aussi à voter uniquement par élimination vous voyez avant on éliminait au second tour le candidat dont on ne voulait pas puis après on nous a expliqué qu'il fallait éliminer dès le premier tour en votant utile dès le premier tour et maintenant vous êtes en train de m'expliquer qu'il faut éliminer des candidatures avant même le premier tour

19:39
Othman Nasrou

On peut vous poser la question parce que Michel Barnier au sein même de votre parti a dit cette semaine que Bruno Retailleau était un beau candidat pour la première partie de l'élection Mais parce que

19:48
Invité

Dans six mois c'est fini Mais non Quand est-ce qu'on parle du projet ?

Mais non mais personne tout le monde est là à se dire on est plusieurs sur le même espace etc D'ailleurs moi je ne suis pas certain que tout le monde soit sur le même espace politique je vous l'ai dit nous nous pensons qu'il faut un projet de rupture et pas un projet de continuité et je pense qu'il n'y a aucune chance qu'un héritier du macronisme ne gagne cette élection présidentielle et donc je pense que le pays a envie d'un vrai changement et je pense que nous devons nous la droite républicaine porter ce changement c'est ce que je pense et c'est pour cela que je défends la candidature de Bruno Retailleau qui a la légitimité et qui a la détermination pour aller au bout parce que le pays en a besoin Gabriel Attal l'ancien premier ministre et candidat à l'élection présidentielle il était en déplacement cette semaine dans l'un tout comme Bruno Retailleau auprès d'agriculteurs voilà ce qu'il dit

20:32
Locuteur non identifié

s'il y a un risque de deuxième tour entre la France insoumise et le RN il faudra un rassemblement j'ai toujours laissé tout ouvert sur la table toutes les possibilités y compris avec si on devait en passer par là un calendrier de primaire s'il n'était pas possible d'organiser un rassemblement autrement qu'en passant par une primaire

20:47
Invité

la primaire c'est pas envisageable pour vous ? la primaire personne n'est d'accord ni sur son périmètre ni sur les participants même les participants présumés ne veulent pas y participer une primaire entre Gabriel Attal Edouard Philippe et Bruno Retailleau est-ce que c'est envisageable au début 2027 ? mais encore une fois une primaire pour se réunir autour de quel projet ?

est-ce qu'aujourd'hui nous avons la même offre politique que Gabriel Attal qui dit lui-même que nous n'avons pas le même projet de société sur lequel par exemple il s'est opposé sur la directive retour qui a été portée au Parlement européen notamment par François-Xavier Bellamy ces eurodéputés ont voté contre une mesure que nous portions et que nous avons fait adopter au Parlement européen vous pensez que nous pouvons demain proposer au pays un cap clair en faisant simplement une petite tambour qui consiste à se mettre d'accord sur le même candidat ce dont on nous parle là ce n'est pas le candidat unique c'est le perdant unique parce que ce candidat là qui serait simplement le résultat d'un accord de boutique entre les uns et les autres sera balayé de toute façon à l'élection présidentielle parce que nos concitoyens veulent un projet clair et je rajoute juste un dernier point si vous me le permettez si c'est pour avoir à nouveau une assemblée nationale ingouvernable éclatée à l'issue des prochaines élections législatives et bien nous n'aurons rien gagné nous avons besoin d'un cap clair d'un projet de rupture d'un candidat qui va au bout pour l'incarner et nous verrons si lui peut rassembler derrière lui d'autres candidatures mais moi je pense que c'est Bruno Retailleau aujourd'hui qui doit porter ce projet de rupture mais dans les faits Bruno Retailleau est derrière Edouard Philippe et Gabriel Attal dans ses sondages est-ce qu'en multipliant toutes ces candidatures vous ne favorisez pas un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella ou Marine Le Pen si c'était la candidate écoutez nous verrons encore une fois comment les choses vont évoluer jamais les sondages n'ont donné le résultat de l'élection présidentielle un an auparavant et puis j'ajoute que ce qui favorise aujourd'hui la montée des extrêmes c'est l'impuissance publique c'est ceux-là même d'ailleurs qui ont gouverné jusque-là et qu'aujourd'hui vous explique qu'ils peuvent incarner une solution à l'avenir moi je pense que nous avons besoin d'un vrai changement de beaucoup de courage politique et je pense que c'est Bruno Retailleau qui porte le bon projet pour le pays

22:39
Othman Nasrou

et on verra donc s'il poursuit cette candidature jusqu'au mois d'avril prochain merci beaucoup Otman Nesrou secrétaire général du parti Les Républicains d'avoir été avec nous merci Majid très bonne journée cette interview est à retrouver en intégralité et en vidéo sur la page Youtube de France Info l'info continue