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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 8 juin 2015 5 minComplaisantFond programmatiqueSolidarités & familleTravail & emploiÉconomie & entreprises

Brigitte Bourguignon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Pourquoi dit-on qu'ils ont l'un des statuts les plus précaires du pays ?

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Quand le secrétaire d'État au sport parle de scandale, ça veut dire qu'il y a des cas dramatiques aujourd'hui ?

  • 1:58ComplaisanteRéponse directe

    C'est justement ce que propose votre future loi.

  • 2:36OuverteRéponse directe

    La future loi envisage aussi de salariés au maximum les athlètes de haut niveau. Ça passe par un nouveau contrat de travail ?

  • 2:53RelanceRéponse directe

    Mais les salariés auprès des clubs ou des collectivités locales ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Ce qu'on apprend, effectivement, avec vous, c'est que 4 sportifs de haut niveau sur 10 gagnent moins de 500 euros par mois.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25PrésentateurChiffre
    « Il y a d'ailleurs en France 6500 athlètes de haut niveau, dont seulement 1500 professionnels. »
  • 3:00PrésentateurChiffre
    « 4 sportifs de haut niveau sur 10 gagnent moins de 500 euros par mois. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « le sportif est très peu informé, finalement, sur ses droits. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « j'ai apporté aussi le congé maternité, qui n'apparaissait pas, finalement, pour les sportifs de haut niveau. »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « Il faut admettre que c'est un métier, quand même très jeune, on y consacre sa vie. »
  • 4:53Invité politiqueFait
    « le risque d'accident de travail, par exemple, qui est quand même beaucoup plus fort dans ces disciplines »
  • 5:02Invité politiqueFait
    « Et la maladie professionnelle aussi, engendrée par la pratique, parfois. »

Temps de parole

  • Brigitte Bourguignon65 %
  • Présentateur25 %
  • Présentateur 210 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Catherine Boulet, Eric Delvaux, le 5-7. Votre invitée ce matin, Eric Delvaux, c'est Brigitte Bourguignon, députée PS du Pas-de-Calais, rapporteuse de la proposition de loi pour mieux protéger les sportifs de haut niveau, amateurs et professionnels, contre la précarité. Oui, le texte sera débattu aujourd'hui à l'Assemblée, car il n'y a pas que de richissimes footballeurs dans le sport français, loin de là. Bonjour, Brigitte Bourguignon. Bonjour. Il y a d'ailleurs en France 6500 athlètes de haut niveau, dont seulement 1500 professionnels. Les 5000 autres sont des amateurs. Pourquoi dit-on qu'ils ont l'un des statuts les plus précaires du pays ?

0:38
Brigitte Bourguignon

Parce que très souvent, justement, l'arbre cache la forêt, c'est-à-dire qu'on parlera de la poignée qui est plus médiatisée que l'autre, dans des disciplines plus riches, des fédérations plus armées. Mais on parle très peu souvent des autres disciplines, beaucoup moins médiatisées, qui font moins la une de l'actualité certainement, mais qui préparent tout aussi bien ces sportifs de haut niveau, qui vivent de fait des situations plus précaires. Parce qu'on a tendance, depuis quelques années, à légiférer finalement toujours contre les dérives liées à la pratique du sport, au développement du sport, à la médiatisation et à toutes les dérives que ça entraîne.

Mais on n'a jamais, finalement, on s'attarde très peu à la personne en elle-même. Et moi, je souhaitais qu'on protège davantage le sportif en lui-même, qui bien souvent est très jeune.

1:26
Présentateur

On va en parler justement, mais quand le secrétaire d'État au sport, Thierry Braillard, parle de scandale, le mot est fort, ça veut dire qu'il y a des cas dramatiques aujourd'hui parmi les athlètes de haut niveau en France ?

1:35
Brigitte Bourguignon

Il y a des cas dramatiques pendant et il y a des cas dramatiques après. Pourquoi ? Parce que pendant, l'État n'assure pas suffisamment, finalement, la couverture sociale de ses sportifs, ne prépare pas suffisamment le suivi socio-professionnel de ses sportifs, et ne prépare surtout pas leur reconversion, finalement.

1:58
Présentateur

Et bien, c'est justement ce que propose votre future loi. L'idée générale, c'est donc de donner aux sportifs, notamment, une protection sociale en cas de blessure, ce qui équivaut à eux, d'ailleurs, pour un accident du travail.

2:10
Brigitte Bourguignon

Oui, parce qu'actuellement, on s'aperçoit que le sportif est très peu informé, finalement, sur ses droits. Et puis, ma petite touche féminine a fait que j'ai apporté aussi le congé maternité, qui n'apparaissait pas, finalement, pour les sportifs de haut niveau. Et c'est Astrid Guillard, d'ailleurs, qui m'avait un petit peu alertée sur le sujet. Je trouvais ça très intéressant et problématique, quand même, que finalement, ça ne soit pas abordé.

2:31
Présentateur

La future loi envisage aussi de salariés au maximum, les athlètes de haut niveau. Ça passe par un nouveau contrat de travail ?

2:38
Brigitte Bourguignon

Oui, il faut un contrat spécifique, parce que c'est un monde spécifique. Et c'est pareil, ça vise à protéger le droit des salariés, tout simplement, dans sa relation contractuelle avec le professionnel qui l'embauche, le club ou l'association.

2:53
Présentateur

Mais les salariés auprès des clubs ou auprès des collectivités locales ? Quel que soit le statut. C'est justement quel que soit le statut. Ce qu'on apprend, effectivement, avec vous, c'est que 4 sportifs de haut niveau sur 10 gagnent moins de 500 euros par mois. Ça, c'est surprenant.

3:08
Brigitte Bourguignon

C'est surprenant et on en parle très peu souvent. Moi-même, j'ai du mal à faire passer l'idée auprès de mes collègues. Quand on aborde le mot sport, notamment à l'Assemblée, on vous dit « Waouh, ça va, les sportifs, ils ont ce qu'il faut, ils sont nantis. » Or, on aborde très peu souvent, finalement, la majeure partie des sportifs que nous avons listés dans le haut niveau, c'est-à-dire que nous les avons repérés, nous considérons qu'ils vont faire quelque chose, mais pour autant, on ne leur donne pas les moyens d'assumer cette profession. Il faut admettre que c'est un métier, quand même très jeune, on y consacre sa vie.

3:42
Présentateur

Et puis, il y a aussi la retraite qui arrive toujours très tôt pour les sportifs. Que propose la future loi pour mieux les préparer à la reconversion ?

3:51
Brigitte Bourguignon

Alors, justement, les conventions d'insertion professionnelle visent, on les a modernisées dans ce texte, elles visent à être d'abord plus adaptées, finalement, à la réalité des contraintes qu'ils ont, c'est-à-dire les déplacements, le temps de formation qu'ils ont, qui, finalement, leur donnent peu de temps dans l'entreprise. Donc, on essaie de moderniser et de faire en sorte qu'à travers ces contrats et ces conventions, ils préparent la sortie du dispositif. Ça tient du sportif lui-même, il a le nez dans le guidon, si j'ose dire, et lui-même considère que le suivi socio-professionnel, c'est quelque chose d'accessoire qui entrave peut-être sa carrière.

4:26
Présentateur

Je reviens à ce que vous évoquiez tout à l'heure, notamment la couverture sociale des sportifs. On découvre également que les fédérations n'ont pas d'assurance, la plupart du temps, pour couvrir les sportifs.

4:37
Brigitte Bourguignon

Alors, certaines fédérations ont déjà bien travaillé sur le sujet et assurent vraiment leur mission. Pour autant, d'autres ne le font pas suffisamment parce que, faute de moyens, faute de médiatisation, encore une fois, il y a des disciplines beaucoup plus confidentielles. Mais, oui, le risque d'accident de travail, par exemple, qui est quand même beaucoup plus fort dans ces disciplines, et certaines disciplines, notamment, ne sont pas couverts actuellement. Et la maladie professionnelle aussi, engendrée par la pratique, parfois.

5:06
Présentateur

Merci, Brigitte Bourguignon, députée socialiste du Pas-de-Calais. Votre proposition de loi sera débattue ce soir, je crois, c'est un fin d'après-midi.

5:15
Brigitte Bourguignon

Oui, et en fin de soirée, juste après des conventions signées à Matignon, d'ailleurs, à 19h.

5:20
Présentateur

Merci et bonne journée. Il est 6h28.