Face à Face : Gérald Darmanin - 24/07
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face. Il est 8h35, tout pile sur RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Vous êtes ministre des missionnaires, mais toujours ministre de l'Intérieur des Outre-mer. Jusqu'à quand ? Ça, vous nous le direz dans un instant. Mais avant cela, nous sommes à 48h de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Franchement, est-ce que vous arrivez à dormir en ce moment ?
Depuis 4 ans que je suis ministre de l'Intérieur, on dort peu pour que les Français dorment mieux. Nous avons beaucoup préparé ces Jeux Olympiques. Ça fait 4 ans avec les policiers, les gendarmes, les services de renseignement, les pompiers. Je pense que nous sommes prêts. Aujourd'hui, ils commencent les premières épreuves de rugby et de football avec des matchs importants. Et cette cérémonie d'ouverture, il faut bien comprendre que c'est la chose la plus extraordinaire qu'un pays peut faire. On n'a jamais organisé une cérémonie d'ouverture en dehors d'un stade. Et sur la scène, dans le contexte géopolitique et terroriste qu'on connaît, c'est effectivement un très grand défi.
Je rappelle les chiffres qui donnent le tournis, c'est colossal. 300 000 spectateurs, 39 sites olympiques, 35 000 forces de l'ordre et même 45 000 pour la cérémonie d'ouverture. 1 800 renforts de policiers venant de plus de 40 pays. Depuis 4 ans que vous êtes à Beauvau, est-ce que vous avez déjà eu autant de sueur froide, franchement ?
Alors, je pense que le plus dur... C'est le plus gros dossier. Oui, très certainement. Mais le plus dur, quand on est au ministère de l'Intérieur, c'est l'imprévu. C'est l'attentat qui surgit, c'est la catastrophe naturelle avec des milliers de personnes qu'il faut sauver, loger. Quand vous préparez un grand événement, vous avez du temps pour le faire. Et c'est ce que nous avons eu pour les Jeux Olympiques. On a pu, l'année dernière, je vous le rappelle, organiser le troisième plus grand événement au monde, la Coupe du Monde de Rugby, en même temps que la venue du Roi et de la Reine d'Angleterre, en même temps que la venue du Saint-Père à Marseille, dans le contexte du 7 octobre.
Donc nous avons su déjà avoir un multifront sécuritaire d'organisation, et tout s'est très bien passé. Donc là, nous sommes très bien préparés, et je pense que les Français seront fiers de leurs policiers et de leurs gendarmes.
Alors justement, les Français, pas de sueur froide chez vous, mais chez les Français un petit peu dans les sondages. Un Français sur deux plaide encore aujourd'hui pour une autre cérémonie d'ouverture moins risquée. Et depuis quelques jours, on entend tous les jours, dans l'actualité des faits d'ingérence, on va y revenir notamment d'un Russe hier. Vous avez parlé de deux projets d'attentats déjoués en France. Les Français qui disent que les Jeux n'en valent pas la chandelle, est-ce qu'ils ont raison ?
Moi, je comprends leur inquiétude, mais je ne pense pas qu'ils aient raison. Je pense que nous avons raison de voir la France en grand. C'est un magnifique moment, ceux des Jeux Olympiques d'été, un moment sportif, festif évidemment. C'est la carte postale de la France, c'est le symbole d'une France qui sait organiser ce que personne au monde ne sait organiser. Et Paris et toutes les villes, jusqu'en Polynésie française, vous savez que ces Jeux d'été sont partout sur le territoire national. C'est pour montrer qu'une fois par siècle, la France sait être le moment de la fraternité, du sport, mais aussi montrer que notre pays est le plus beau du monde.
Donc nous avons raison, semble-t-il, d'être ambitieux pour notre pays. Il faut avoir confiance dans nos services de renseignement qui sont parmi les meilleurs du monde, nos policiers, nos gendarmes qui ont sans doute les meilleures formations du monde. Et je pense que les Français seront très fiers après ce moment d'inquiétude, évidemment, de vendredi prochain.
Alors on parlait notamment du contexte géopolitique, il s'est fait d'ingérence. On a parlé hier d'un russe, on en sait peu encore. Est-ce que vous avez plus d'informations sur ce qui s'est passé ?
Alors la police a interpellé en effet, avec le travail que fait la DGSI, notre service de renseignement, un individu citoyen russe, dont nous pensons très fortement qu'il allait organiser des opérations de déstabilisation, d'ingérence, d'espionnage. C'est ce que ça veut dire. Dans d'autres pays qui peuvent prendre plusieurs formes, ça peut être des cyberattaques dont on a besoin de complicité, ça peut être la manipulation de l'information. Aujourd'hui, il est dans les mains de la justice, qui va pouvoir concrétiser les soupçons de la police. Mais ces mouvements d'ingérence, nous en connaissons beaucoup.
Sur le français, pardon, depuis combien de temps ?
Il est récemment sur le sol français, mais encore très récemment, d'autres individus, nationalité russe également, ont été arrêtés à la préfecture de police à Paris. Et puis on constate que sur Internet, des vidéos fleurissent. On a vu notamment cette vidéo qui se fait passer pour quelqu'un du Hamas, qui appelle à un attentat ou qui annonce un attentat dans les jours qui viennent parce que la France accueillerait les athlètes israéliens, selon toute vraisemblance. Je n'en ai pas la certitude absolue. Mais nous pensons que c'est une fausse vidéo qui a été relayée par des comptes dont nous constatons qu'ils sont pro-Kremlin, pro-russe.
Donc ces multiplicités de mauvaises informations, de fake news, d'ingérence, peuvent porter préjudice à notre pays, créer de l'inquiétude. Et c'est fait pour ça. Et c'est nos ennemis qui le font.
Alors on a appris hier aussi qu'un homme de 18 ans a été arrêté en Gironde car soupçonné de préparer une attaque terroriste. Est-ce qu'on sait aujourd'hui si ça avait un lien avec les JO ?
Alors nous sommes encore sur cette affaire à éviter les détails au moment où nous parlons. Mais oui, nous pensons que c'est un lien de projet d'action violente contre les Jeux Olympiques et c'est symbole. C'est le quatrième. Il y a eu deux attentats qualifiés comme tels déjoués par le service de renseignement par le ministère de l'Intérieur. J'en félicite les agents. Il y en a deux autres qui aujourd'hui ne sont pas qualifiés comme tels stricto sensus par le parquet antiterroriste. Mais nous pensons que ce sont des projets d'action violente. Deux autres, vous dites, le jeune homme de 18 ans et le quatrième, c'est lequel ?
Celui que nous avions interpellé au Mans et qui n'a pas été qualifié comme tel pour l'instant par le parquet antiterroriste parce que nous regardons les supports informatiques et on essaie de savoir si ce projet était constitué.
Et ce jeune homme voulait venir à Paris ?
Il voulait toucher. Vous savez, les JO, ce n'est pas qu'à Paris. Il y a des épreuves à Saint-Etienne, à Bordeaux, à Nice. Donc c'était en région, plutôt ? Voilà, donc on verra. C'est normalement constitué que cette personne voulait s'en prendre à la France
pendant des épreuves olympiques. Alors, Gérard Amandand, vous en parlez à l'instant. Autre source d'inquiétude, la protection des 89 athlètes israéliens. Et selon ton contexte, je le rappelle, de guerre à Gaza, ils sont protégés 24 heures sur 24 par des militaires du GIGN. Déjà, est-ce que ce sont les seuls, les Israéliens, à être protégés 24 heures sur 24 ? Ou est-ce qu'il y a d'autres nationalités ? Non, il y a des équipes très sensibles.
Les Américains, les Iraniens, l'équipe palestinienne. On oublie de dire qu'il y a l'équipe palestinienne qui est évidemment la bienvenue aussi, bien sûr, sur le territoire national, qui peut aussi être l'objet d'attaques. L'équipe ukrainienne. Et puis évidemment, ici ou là, selon les matchs, selon les moments, il y aura davantage de protection. L'équipe israélienne est particulièrement protégée. J'ai pris cette décision, voilà, 15 jours. Parce que nous connaissons, depuis Munich, depuis les Jeunes Munich, où certains athlètes ont été assassinés, nous connaissons la grande sensibilité, parce que la vie géopolitique fait qu'ils sont particulièrement menacés.
Et donc, du début jusqu'à la fin de leur présence sur le territoire national, ils sont protégés par des hommes et des femmes du GIGN, du RAID, 24 heures sur 24.
Est-ce que c'est les propos de certains insoumis qui considèrent que les Israéliens n'ont pas leur place au JO vous ont poussé à renforcer leur sécurité ces derniers jours ?
Non, nous ne faisons pas de la politique de sécurité en fonction de ce que disent les parlementaires de la France insoumise, heureusement pour la sécurité des Français, d'ailleurs.
Vous disiez qu'ils avaient une cible dans le dos.
Mais oui, il est certain que les propos qui sont tenus excitent. Et vous savez, le plus compliqué à comprendre, c'est que quand la parole, le verbe peut tuer, quand la parole est sur les médias, donné ainsi en désignant quelqu'un à la vindicte, on peut avoir des loups solitaires qui passent à l'acte. C'est ça le grand danger de nos Jeux Olympiques et de manière générale du terrorisme en France. Il y a la menace organisée, exogène d'un État ou d'une organisation comme ça a été le cas au Bataclan ou comme l'attentat de Moscou, voilà, quelques semaines. Ça, évidemment, c'est le travail de lutter contre ces organisations.
Et puis, il y a des personnes individuelles, des loups solitaires, ce qu'on appelle en renseignement la menace endogène, qui peut passer à l'acte, qui prend un couteau et qui passe à l'acte parce qu'il entend sur Internet à la télévision des gens qui appellent au meurtre, plus ou moins directement.
Vous trouvez que Thomas Porte ou Amri Caron, pour ne pas les citer, ils appellent au meurtre ?
Je pense qu'ils ont une grande responsabilité dans la violence qui est commise contre notamment nos compatriotes de confession juive, c'est certain, depuis plusieurs mois, c'est sûr. Appellent au meurtre, le terme est fort.
Si ça appelle au meurtre et au antisémitisme, ça veut dire que c'est un peu difficile par la justice.
Quand on est un homme politique, quand on est une personne qui a la chance d'être invitée à vos micros et qu'on parle à des millions de Français qui nous écoutent, on a une responsabilité. Et de dire que la police tue, de dire que les Juifs sont responsables d'une partie des mots de la terre, de désigner à la vindique, de dire que des athlètes ne sont pas des bienvenus, sous prétexte, il faut s'en débarrasser. C'est ce que ça veut dire. Je pense que ce sont des propos extrêmement violents contre les policiers, contre les Juifs. Il y aura des poursuites judiciaires, justement ? Je sais que madame la procureure de la République de Paris a été saisie, je vais la laisser faire ce travail.
Alors, la cérémonie, c'est vendredi, mais avant, il y a, dès ce soir, des premiers matchs, notamment de foot. Mali-Israël, ça se passe au Parc des Princes, et Irak-Ukraine également. Est-ce que ces deux matchs font l'objet d'un dispositif de sécurité particulier ?
Oui, alors toutes les compétitions font l'objet de dispositifs de sécurité, mais il est vrai que ces deux matchs, et singulièrement le match au Parc des Princes, fait l'objet d'une sécurité, un périmètre antiterroriste, ce soir au Parc des Princes, sur un millier de policiers qui vont permettre de faire que nous sommes là pour le sport. Au bout d'un moment, et je pense qu'on verra ça après la cérémonie d'ouverture, le sport va prendre le pas sur les questions de sécurité, c'est normal, et nous allons nous effacer discrètement pour que le sport puisse être une fête, pour que les Jeux Olympiques puissent peut-être pas le rendez-vous de la sécurité, mais le rendez-vous du sport.
Mais oui, ce soir est un match important pour le dispositif de sécurité.
Et pourtant, les Parisiens et beaucoup de Français voient cet aspect sécuritaire et le constatent au quotidien. Vous avez misé dans la capitale, notamment Gérald Darmanin, sur deux choses. Les grillages, il y en a beaucoup, beaucoup vous le reprochent, et les QR codes pour accéder aux zones les plus protégées. Résultat, sur RMC et FM TV, on a reçu beaucoup, beaucoup de témoignages de restaurateurs en colère, vous les avez entendus, mais aussi de soignants ou de malades qui disent qu'on n'a même pas pu accéder à certains hôpitaux. C'est du zèle, Gérald Darmanin ?
Non, nous organisons une fois par siècle les Jeux Olympiques. Ça fait plusieurs années, plusieurs mois que j'évoque les contraintes de faire une cérémonie d'ouverture sur la Seine. Comme vous l'avez dit, quasiment 400 000 personnes, 100 chefs d'État, toutes les équipes du monde entier. Nous savions qu'on ne peut pas organiser une cérémonie d'ouverture sur la Seine sans des contraintes de sécurité. J'ai la plus grande compassion et le plus grand accompagnement pour les restaurateurs et les commerçants. Je suis fils de restaurateur, je sais ce qu'ils vivent. Et d'ailleurs, ils seront indemnisés. Il faut le répéter, nous avons prévu des indemnisations.
C'est la ville de Paris et Bercy qui s'en occupent, ce n'est pas le ministre de l'Intérieur. Et ces grillages, c'est la concrétisation du périmètre antiterroriste. Et les QR codes ? Les QR codes sont gratuits. Chacun peut tout à fait dès maintenant, sur passejeu.fr, avoir ce QR code gratuit. Et personne n'a été empêché de rentrer dans le périmètre s'il avait son QR code. Qu'on soit résident, qu'on est loin à Airbnb, qu'on soit soignant, qu'on soit quelqu'un qui va voir sa grand-mère sur l'île de Saint-Louis. Il y a 20 000 résidents dans cette partie de la Seine. C'est vrai que des contraintes sont extrêmement fortes.
Mais qu'est-ce que vous diriez si je laissais passer avec le préfet de police dans ce périmètre des personnes qui seraient radicalisées, des personnes qui porteraient une arme ou des bombes ? Vous diriez, le ministre de l'Intérieur, ce n'est pas sérieux, il n'a pas pris les mesures. Donc une fois par siècle, nous organisons cela, c'est vrai. Je n'ai pas été celui qui a demandé des Jeux Olympiques à Paris. Je suis le ministre qui a concrétisé ce que d'autres avaient proposé et annoncé. Je suis très fier de le faire, mais effectivement, il y a des contraintes.
Vous êtes pleinement mobilisé, je le vois, je l'entends, sur ces Jeux Olympiques et pourtant, vous êtes un ministre des missionnaires. Pouvez-vous bien expliquer aux Français, s'il y a un incident durant ces Jeux, est-ce que vous avez exactement les mêmes pouvoirs qu'un ministre qui serait de plein exercice ? Tout à fait. Donc par exemple, si vous avez besoin de décréter un état d'urgence, vous pouvez le faire. Tout à fait. Combien de jours maximum ? C'est 12 jours maximum,
comme la loi classique.
Et le Parlement pourrait prendre le relais
si vous devez... C'est quelque chose que vous pouvez envisager. Il faudrait que le président de la République convoque le Parlement, bien sûr, en session extraordinaire si cela arrivait après 1er août. Mais c'est tout à fait le cas. Ce que regardera la jurisprudence, ce que regardera le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, c'est est-ce que c'est très urgent de prendre ce genre de décision législative ou réglementaire ? Ce le sera sans doute.
Gérald Armanin, vous disiez ce week-end, simplement des Jeux. Point et fin de citation. Des Jeux olympiques et paralympiques ?
Ce n'est pas moi qui décide de la fin de ce gouvernement. Qu'est-ce qu'il vous a dit
le président ? Il vous a dit olympique
et paralympique ? Il m'a dit des Jeux olympiques.
Donc ça veut dire que le 11 août, vous pourriez quitter le gouvernement ?
Je serai là autant qu'il le faudra pour garantir la sécurité de nos concitoyens. Le jour où le président de la République nommera un nouveau gouvernement, s'il choisit un nouveau gouvernement où il me remplace, je laisserai ma place au ministère de l'Intérieur. Mais jusqu'à la dernière heure, dernière minute, je serai en responsabilité pour la sécurité des Français. Personne ne comprendra que le ministre de l'Intérieur aille bain-baucher, aille en vacances pendant qu'il a la sécurité des Français, notamment pendant
les Jeux olympiques. Et d'autres, tu dirais aussi, c'est étonnant que Gérald Armanin qui suit ce dossier depuis des années maintenant, s'occupe des Jeux olympiques et pas des Jeux paralympiques.
Parce que la menace, c'est là aussi. Je suis à disposition du président de la République. S'il faut rester jusqu'au début septembre, je resterai jusqu'au début septembre.
Lui, il a dit jusqu'à mi-août, on ne change rien, il ne changerait pas de gouvernement. Après, selon vous, il y aura quand même une urgence politique à nommer un nouveau gouvernement ?
Je pense que pour la rentrée, voilà, c'est normal. C'est normal pour vous ? La rentrée, c'est la rentrée des classes. D'accord. Non, ça ne vous rappelle pas des souvenirs. Si, si. C'est plus longtemps, vous savez, mais... Pour la rentrée, je pense qu'il est normal que nous ayons un gouvernement de plein exercice qui puisse, et c'est normal, tirer les conclusions des élections législatives.
Et vous exclut d'en faire partie de ce prochain gouvernement ou pas ?
Alors, je pense que moi, d'abord, je suis très concentré sur les Jeux Olympiques. Mais vous dites que c'est ce que c'est moi ? J'ai eu le bonheur d'être réélu comme député à Tourcoing. Je compte bien exercer ce mandat de parlementaire. J'ai eu l'occasion de dire que pour moi, ces questions de femmes et d'hommes étaient intéressantes, mais étaient beaucoup moins intéressantes que ce que nous allons faire. D'abord, un, j'ai vu que le président de la République hier a évoqué le fait que nous avions perdu ces élections. est une très bonne chose. Parce que dans mon camp, il y a encore des gens qui pensent que nous avons gagné. Nous n'avons pas... Vous pensez à qui ?
Je pense que la bataille des égaux, la bataille des places démontre... À l'Assemblée ? Démontre qu'il y a un petit problème peut-être de compréhension de ce qu'ont dit les Français. Ils ne nous ont pas reconduit pour faire la même politique et pas avec les mêmes personnes. Donc ça, c'est bien que le président de la République, moi, j'en suis très heureux, ait dit avec beaucoup d'humilité que nous avions perdu. Alors certes, personne n'a gagné mais nous n'avons pas gagné non plus. Deux, je comprends du président de la République qui l'a dit qu'il fallait faire une introspection. Pourquoi le Rassemblement National fait 11 millions de votes dans notre pays ?
D'abord, ce n'est pas normal qu'il n'ait pas de place au bureau de l'Assemblée Nationale. Il a eu raison.
Je m'arrête sur ça deux secondes. J'étais quand même étonné en écoutant ça hier soir. Il dit qu'ils n'ont pas de poste à l'Assemblée. Je suis étonné. Mais attendez, il y a quand même un groupe à l'Assemblée que vous n'avez pas voté pour ces députés Rennes ?
Vous ne savez pas pour qui j'ai voté. D'abord, le vote est secret et moi, j'aime bien que les votes soient secrets de manière générale. J'ai eu l'occasion de ne pas voter pour des députés Rennes. J'ai eu l'occasion de dire oui, mais regardons la conclusion de tout ça. Ce n'est pas très positif. Et je peux dire que les Français, même ceux qui n'ont pas voté pour l'Assemblée Nationale, ne comprennent pas que les élus du Rassemblement National ne soient pas représentés dans les instances de l'Assemblée Nationale.
Donc une majorité dit pendant des jours on ne vote pas pour l'ARN pour ces postes-là précieux à l'Assemblée et le Président dit deux semaines après ah moi je ne trouve pas ça normal.
Le Président s'est manifestement détaché d'une partie de sa majorité. Je constate qu'une partie de la majorité s'était détachée du Président de la République. Donc moi, en tant que citoyen élu qui représente mes concitoyens, j'ai toujours combattu le Front National dans ma vie. J'ai soutenu Xavier Bertrand quand il a pris la région de Haute-France. Je l'ai battu dans ma ville, je l'ai battu dans mon canton, je l'ai battu dans ma circonscription, je n'ai rien à voir avec le Front National. Cependant, je peux constater qu'il n'est pas normal qu'en démocratie on puisse trier les élus. Il n'y a pas de sous-députés en effet. C'est un deuxième point très important.
Et troisièmement, enfin, il faudrait que nous parlions des idées. Moi, j'ai évoqué un certain nombre de choses. J'ai dit, voilà, quelques jours, que je trouvais que l'augmentation du SMIC qui était l'augmentation des gens qui travaillaient, ce n'est pas de la Cistanat, c'est des gens qui bossent pour 1 300, 1 400 euros par mois. Vous êtes favorable ? Je suis favorable.
Mais pas aux 1 600 euros net
proposés par le Nouveau Front Populaire. Je pense que les 1 600 euros décidés par le Nouveau Front Populaire tuent une grande partie de nos entreprises et de notre industrie. Mais entre 1 400 euros et 1 600 euros, il y a peut-être une négociation. C'est ça la politique. C'est de trouver le meilleur compromis. Pourquoi personne ne met des idées sur la table ? L'intérêt, ce n'est pas que Mme Duchemol ou que M. Duchemol devienne Premier ministre ou président de groupe ou président de l'Assemblée nationale. L'intérêt, c'est qu'est-ce qu'on fait pour les Français ? Vous savez, les Français nous regardent
des propositions, vous par exemple ? J'en ai fait une
la semaine dernière. J'en referai. J'en referai le 15 septembre puisque je ferai un grand rassemblement comme l'année dernière à son coin sur les questions sociales. Mais ça, c'est quand même très intéressant. Les Français, ils nous regardent bizarrement. Vous savez, qu'est-ce que c'est que ces gens ? On a tous été votés très nombreux. On a voté pour les extrêmes, majoritairement. Ils ont perdu et ils continuent à faire comme avant. Donc moi, je pense, indépendamment, et ça vaut pour l'NFP comme pour nous de donner un concours pour savoir qui allait pas être Premier ministre. Justement,
je pense que le plus important ce sont les idées. Le Front Populaire, le nouveau Front Populaire a mis des idées sur la table durant cette campagne. Ils ont enfin donné un nom, celui de Lucie Casté pour Matignon. Emmanuel Macron a balayé cette idée mais justement en deux secondes. Si je résume, vous faites barrage à la gauche alors qu'elle est arrivée en tête pour les législatives, c'est ça ?
Alors, si je peux me permettre, qu'est-ce que la gauche là ? Le Front Populaire, la coalition de quatre mouvements. Non mais, moi, je ne soutiendrai aucun gouvernement qui a des députés de la France Insoumise en responsabilité. J'aime trop la police pour prendre des gens qui vont dans les manifestations et disent la police tue. Vous voyez, ça c'est pas possible. Donc si un gouvernement... Lucie Casté ne l'a pas dit, elle n'est pas la plus radicale du groupe. Cette dame que je ne connais pas manifestement est soutenue très largement par la France Insoumise. Par l'EPS aussi, les psychologistes. Je distingue les socialistes de la France Insoumise. Si toute alliance, je la rejette.
Non mais, je serai le premier à la combattre. Ce n'est pas que je la rejette. Je pense que c'est un point très important de se dire qu'on ne peut pas travailler avec la France Insoumise. Les propos antisémites tenus, les propos antipolis tenus font qu'ils ne sont pas pour moi dans cet arc républicain. Voilà. Donc le président de la République pour moi a raison de dire qu'on ne peut pas nommer un gouvernement avec la France Insoumise.
Il nous reste 30 secondes Gérald Darmanin. Une dernière question un petit peu anodine mais importante. Je vous regarde là. Vous n'avez pas de cravate. Vous faites même une stratégie politique. Je vous cite « La cravate est devenue le symbole d'une élite. Ne plus la mettre est une façon de montrer que j'ai compris le message. » Vous êtes sérieux Gérald Darmanin ? Oui. Un peu populiste de dire ça. Je n'ai pas de cravate.
Ça va que vous n'habitez pas tout le coin.
Vous savez, je suis originaire de région donc je connais très bien les régions. On n'est pas originaire de région. Je suis en ligne de garde
de Rome aussi. On n'est pas originaire de région. On n'est pas originaire de région. Moi, je suis de quelque part.
Et ils vous disent « Enlever la cravate, c'est ridicule ? »
Moi, je pense que les Français nous ont dit pas que la cravate. Les voitures avec chauffeur, la façon de se comporter, les mots utilisés. Nous avons une sécession entre les élites politiques, journalistes, magistrats, économistes, chefs d'entreprise et les gens. Vous dites « J'ai changé ? » Vous dites « Charles Darmanin ». Et donc, la cravate, c'est un symbole. En plus, c'est l'été. Donc, permettez-moi, même si c'est climatisé ici. Je vous confirme. Il y a beaucoup de gens, vous savez, qui n'en portent pas. Vous dites « J'ai changé ? » C'est un symbole pour dire, justement, pour parler de cette question de la sécession des élites.
Les gens qui habitent en dehors de Paris, et il y a beaucoup de gens à Paris qui pensent pareil parce que, malheureusement, ils vivent dans des conditions difficiles et précaires. Il y a une misère sociale et surtout une distance avec les gens qui, eux, voient la mondialisation qui a réussi. Si nous ne le voyons pas, si nous, les hommes politiques, on ne se dit pas « On s'est trompés. » Ça sera le dernier mot, Charles Darmanin. Non, mais c'est très important. Allez-y. Parce que c'est pour ça qu'il y a 11 millions de voix pour le Rassemblement National parce qu'ils ont l'impression qu'on n'a pas compris le message. Et donc, ils augmentent le son à chaque élection. Moi, j'ai compris.
Il n'y a pas besoin d'augmenter le son. Et j'ai compris pourquoi les gens votaient Rassemblement National. Merci beaucoup d'avoir été
notre invité. Il est 8h54 sur RMC et BFM TV.
Gérald Darmanin