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interviewBFM TV (sur YouTube)· 23 mars 2026 10 min

Municipales: l'interview de Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

pour évoquer le bilan du RN au municipal. Bonsoir, M. Chenu.

Votre parti est d'ailleurs assez étonnamment François Ruffin a rappelé tout à l'heure toutes les listes gagnées par le RN. Il ne les a pas toutes faites, mais il en a fait plusieurs tout à l'heure. Des dizaines de villes gagnées, les plus...

Comment dire les plus grandes, en tout cas Perpignan, Carcassonne, la Seine-sur-Mer. Mais je suis sûr que vous êtes venus vous aussi avec des exemples. Mais pas de victoire.

Là où vous aviez des espoirs à Marseille, à Toulon, à Nîmes également, qui étaient des vrais espoirs du Rassemblement national, que vous espériez remporter. Même question pour François Ruffin. D'abord, quel bilan vous tirez de ces élections pour le Rassemblement national ?

Le moins qu'on puisse dire pour le Rassemblement national, c'est que c'est un sacré succès. Parce que nous avons remporté...

Pour être honnête, tout le monde dit C'est facile de regarder. Nous, nous n'avons jamais eu autant de maires Rassemblement national. Ça n'existe pas.

Plus proche de 70 aujourd'hui. On ne parle pas des villages, évidemment, parce qu'il y a aussi beaucoup de villages. La cinquième ville de France en association avec Éric Ciotti.

Donc, ce n'est pas rien. Il n'y a peut-être pas eu Marseille, mais il y a eu Nice. Une autre forme de beauté.

Mais il n'avait pas votre logo sur ces...

Non, mais il avait nos candidats. Il avait nos candidats et je crois que tout le monde sait qu'Éric Ciotti est notre partenaire. Donc, je pense que voilà, il n'y a jamais eu autant de maires rassemblements nationales.

Et en particulier, moi j'ai entendu un certain nombre de vos confrères dire parfois avec un peu de mépris c'est la France des sous-préfectures. Ils n'ont gagné que des sous-préfectures. D'abord Carcassonne est une préfecture pour ceux qui pensent que nous n'avons gagné que des sous-préfectures.

Mais ça veut dire que nous gérons aujourd'hui je crois 1 ,5 million d'habitants, tout cumulé, un peu plus même je crois. Donc ce n'est pas rien. Et surtout quel mépris, tout ne se passe pas ni à Paris, ni à Lyon, ni à Marseille. – Vous avez raison sur ce point ? – Oui, nous sommes les élus des sous-préfectures, nous sommes les élus des provinces, nous sommes les élus des Français de la vie réelle. – Vous avez raison sur ce point, c'est-à-dire l'implantation du RN dans les villages, dans les petites villes, dans les villes moyennes et c'est évidemment dit sans aucun ton péjoratif, vous l'avez dit les sous-préfectures, mais quand on regarde les plus grandes villes, précisément les 280 plus grandes villes de France, ça en fait quand même un certain nombre, il y en a 12 aujourd'hui, 12 seulement qui sont dirigées soit par le RN, soit par ses alliés.

Vous avez cité Éric Ciotti, comment vous l'expliquez ? 12 sur 280 ? Parce que souvent sociologiquement dans les très grandes villes, prenons Paris, Lyon, Marseille est un petit peu à part, mais on pourra se pencher sur les raisons qui expliquent peut être notre défaite à Marseille, mais par exemple Paris et Lyon pour prendre les plus grandes et peut-être les plus caricaturales.

On a des populations qui sont devenues tellement en sécession des préoccupations des Français, c'est-à-dire vous avez d'un côté des préoccupations qui sont celles de Français, qui sont traités comme des clientèles électorales souvent par la gauche, c'est-à-dire...

Les Marseillais, les Lyonnais font sécession. Oui, et les préoccupations d'autres parties de ce qu'on appelle en réalité les bobos, sont tellement éloignés de la vie réelle. Il suffit de voir hier Emmanuel Grégoire à vélo dans Paris pour se dire que, mon Dieu, mais est-ce qu'à un moment il va atterrir et comprendre que les préoccupations des Français, ce n'est pas les voies sur berge, etc.

Après Thierry Mariani, c'est moins de 2 % des voies dimanche dernier. C'est peut-être des préoccupations de Parisiens et c'est pour ça que je vous dis qu'il y a une coupure excessivement forte, très forte, et d'abord on devrait y réfléchir dans notre société entre les habitants des grandes villes qui n'ont pas les mêmes préoccupations que les habitants des villes moyennes, des petites villes, etc. Mais sont-ils pour autant coupés de la réalité ?

Pas forcément. Ils sont dans un monde un peu parallèle, on va dire. Ils sont dans un monde un peu parallèle.

Et donc par conséquent, ils ont des votes qui sont un peu en décalage avec les votes de la société. Mais je me dis que c'est dans ces villes qui vous entendent ce soir dire qu'ils font sécession, qu'ils sont des bobos. Ils n'auront peut-être pas envie de voter plus.

Peut-être pas envie de voter plus pour l'ERN. Plus. Moins ce serait difficile.

C'est pas possible parce qu'on a fait des mauvais score, donc ils ne peuvent que voter davantage pour nous. Mais est-ce qu'on peut quand on se revendique le Premier Parti de France, qu'on est en tête des sondages se dire on gagnera la présidentielle dans un an sans le vote de ces grandes villes qui représentent tout de même des millions et des millions d'électeurs. Deux millions à Paris, Marseille, Lyon.

Monsieur Fauvel, il suffit de regarder deux choses. La dernière fois, dernière municipale, Anne Hidalgo est réélue. Elle va aux présidentielles, elle fait 1 ,7.

À l'inverse, Jean-Luc Mélenchon fait de très mauvais score aux municipales, y compris dans les grandes villes. Je vous rappellerai que le score de la France insoumise à Paris était assez mauvais, en tout cas moins de 10%, il fait 22 % à l'élection présidentielle. Donc vous voyez, il n'y a pas de logique, ce n'est pas corrélé, ça ne se passe pas de la même façon, ce n'est pas les mêmes scrutins, ce n'est pas les mêmes enjeux, ce n'est pas les mêmes candidats.

Rien n'est vraiment pareil. Il y a eu des dimensions personnelles dans les élections municipales, il y a des dimensions politiques locales, il y a du national qui entre en jeu, mais on voit bien que ce n'est pas les mêmes, ce n'est pas les mêmes dynamiques. Sur le cas précis de Nice, cinquième ville de France, vous considérez aujourd'hui que Nice est tombée dans l'escarcelle du RN ?

C'est une ville rassemblement national ? Elle est dirigée par Eric Ciotti, partenaire du Rassemblement national, dans une majorité dans laquelle il y a des élus au Rassemblement national. Jamais le logo RN n'a été affiché sur ces affiches.

Marine Le Pen et Jordan Bardella ne se sont jamais rendus sur place durant la campagne. Jordan Bardella était allé à Menton. Et ils se sont affichés ensemble.

Mais on croit savoir, de bonnes sources, que ce n'était pas le souhait d'Éric Ciotti de voir sur place le soutien de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Comme si peut-être c'était un moins dans cette campagne. Vous l'entendez aussi ainsi ?

Non, je vais vous dire d'abord les logos RN par exemple, puisque vous parlez du sud, Laure Lavalette ou Louis Alliot n'ont pas fait figurer le logo du Rennes parce qu'ils ont des personnalités qui sont tellement fortes comme Éric Ciotti qu'elles dépassent l'éclinage. Ça ne vit pas C'est autre chose ? Ça ne dit pas aussi le fait que peut-être le logo héroïne puisse être un repoussoir ?

Si tout le monde ne sait pas qu'Éric Ciotti est notre partenaire, personne ne le sait. Alors évidemment que nos électeurs Rassemblement National ont voté des deux mains pour Éric Cioti, et évidemment qu'Éric Cioti en est fier puisqu'il a des élus, il avait des candidats qui sont désormais des élus du RN dans sa majorité. Il l'a, Éric Cioti reçu un petit coup de pouce dans la dernière ligne droite puisque Bruno Retailleau, le président des Républicains, a annoncé qu'ils ne soutenaient plus son propre candidat Christian Estrosi.

Est-ce que vous voulez profiter de votre présence ce soir sur ce plateau pour remercier chaleureusement Bruno Retailleau ? Non, pas du tout. Moi, je considère que les LR ne savent plus où ils habitent.

Le problème, c'est que d'un côté, Bruno Retailleau donnerait peut-être un petit coup de pouce à Éric Ciotti. De l'autre côté, il fait maintenir Martine Vassal à Marseille qui amène la ville sur un plateau, j'en parlais tout à l'heure, à la gauche. À Nîmes, il maintient ses candidats fusionnés avec Horizon au second tour, livrant la ville aux communistes.

Les mêmes LR, ce sont les mêmes, dans la même famille politique. Et donc finalement, on ne comprend rien de ce que veut faire LR. Nous, on leur a proposé, on leur a tendu la main dans certaines villes, là où il n'y avait pas, où il n'était pas forcément Macron-compatible.

Elle n'a pas vraiment été prise cette fois. Exactement. Donc ils ont préféré faire élire des communistes, ils ont préféré faire élire des socialistes dans ces villes-là.

Donc à un moment, il faut que M. Retailleau sorte de l'ambiguïté. Et je vais vous dire, en montrant cette ambiguïté, en faisant preuve de cette ambiguïté, il démontre et elle erre avec qu'ils ne sont pas une force d'alternance demain.

Parce qu'ils ne veulent pas s'allier avec vous ? Pas parce qu'ils ne veulent pas s'allier, parce qu'ils ne sont pas clairs, parce qu'un coup ils sont avec Macron. M.

Retailleau, il a été ministre d'Emmanuel Macron, ce n'est pas nous qui l'avons été. Ils ont voté le budget, ils n'ont pas empêché en tous les cas, ils n'ont pas voté la censure concernant le budget. Donc de temps en temps, ils votent le maire censure. – Vous le saviez quand Jordan Bardella ?

Il y a huit jours exactement, a tendu la main. – Madame Genevar, elle est ministre de l'Agriculture et elle accepte le Mercosur. Donc ils sont d'un côté avec Macron, de l'autre côté sur le terrain, ils sont avec des élus diverses et variés.

Retailleau appelle, ou en tous les cas, ne sous-entend une bienveillance pour Éric Ciotti. Mais est-ce qu'à un moment, ils font faire preuve de responsabilité et savoir où ils habitent ? – Mais là, je me dis que vous avez été un peu vexé, par le fait que la main tendue de Jordan Bardella à la droite n'ait pas été reprise parce que tout ce que vous décrivez là c'était le cas il y a une semaine quand Jordan Bardella a pris la parole pour dire sonanellement je tends la main à la droite sincère et je rajoute, pardonnez-moi juste, est-ce Parce que vous êtes, vous aussi, dans votre parti, tout à fait sur la même ligne.

Jordan Bardella a tendu sept mois et l'a dit à plusieurs reprises, d'ailleurs, durant cette campagne. Marine Le Pen est sur une ligne tout à fait différente. Non, ce n'est pas ça.

Nous, on est pour l'union des patriotes. Je le redis à chaque fois, d d'ailleurs, j'ai l'impression qu'il faut toujours réexpliquer. Et je vais vous montrer que cette union des patriotes, elle a vocation à attirer à nous des gens qui viennent de LR, évidemment.

Mais regardez, dans le bassin minier, Liévin, ville historiquement socialiste, est passée sous les couleurs du Rassemblement national, le jeune Danny Paiva devient un jeune maire rassemblement national de Liévin, mais à part lances toutes les villes du bassin mini autour je pourrais en citer un certain nombre qui sont des les villes moyennes, etc., sont toutes passées au Rassemblement national. Donc ça veut dire que les patriotes du Pas-de-Calais qui dans ce bassin minier ont longtemps voté à gauche, c'est une évidence, se mettent à voter Rassemblement national.

Et dans le sud, les patriotes, eh qui viennent probablement plus de LR, puisque c'était davantage LR, votre Assemblement National. Donc on est vraiment le point de rencontre entre tous les patriotes français. Un dernier mot sur Rachida Dati, qui a reçu la candidate LR à Paris, qui a reçu dans les derniers jours de campagne, le soutien de Sarah Knaffo, la candidate de Reconquête qui s'est retirée, mais aussi de Jordan Bardella qui a dit qu'il voterait pour elle à titre personnel s'il était parisien.

De Marine Le Pen aussi. Est-ce que vous n'êtes pas sûr ? Ce n'est pas vous qui l'avez fait perdre. quand on fait le score qu'on a fait à Paris je pense qu'évidemment il n'y avait pas grand chose on ne pouvait pas la faire perdre le soutien que vous lui avez apporté lui a peut-être fait perdre les voix notamment de Pierre-Yves Bournazel dont on voit que les reports sont absolument purifiés.

Je crois que la réalité c'est qu'effectivement Pierre-Yves Bournazel a été téléguidé par Gabriel Attal encore une fois pour faire perdre ou en tout cas pour faire gagner la gauche parce que Gabriel Attal qui est derrière, qui manipule un peu comme Tataïe, vous savez la marionnette, Édouard Philippe c'est pareil, il manipule la marionnette Bournazel, c'était pour empêcher Rachida Dati, c'est leur règlement de compte et c'est surtout pour faire élire la gauche. Clément Beaune, tous les anciens ministres macronistes ont appelé et ont voté Emmanuel Grégoire, la réalité c'est que Gabriel Attal comme Édouard Philippe sont des gens qui à la fin finissent toujours par faire voter à gauche. Merci beaucoup Sébastien Chenu d'être venu ce soir sur ce plateau,

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