Lucie Castets désignée par le NFP pour Matignon, interview d'Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" de Marine Tondelier
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Bonjour Marine Tondelier, vous avez fait un bond hier soir en entendant Emmanuel Macron évacuer l'option, l'idée émise, votre proposition, Lucie Casté comme première ministre.
Je pense que c'est lui qui a fait un bond à 19h, quand une fois de plus il s'est rendu compte qu'il nous avait sous-estimés, sous-estimés parce qu'il ne pensait pas qu'il y aurait de nouveaux fronts populaires après la dissolution, sous-estimés parce qu'il ne penserait pas, comme plein d'entre vous, d'entre nous, comme plein d'observateurs, qu'on se mettrait d'accord sur une alliance, sur un programme, sur un accord électoral, fait un bond parce qu'il ne pensait pas qu'on ferait cette campagne, fait un bond parce qu'il ne pensait pas qu'on gagnerait.
Et puis là, la dernière rumeur en ville, c'était qu'on ne se mettrait jamais d'accord sur un nom de première ou de premier ministre, et nous l'avons fait. Je pense qu'à 19h, une heure avant son interview, quand il a appris ça, il n'a pas trop su comment gérer la nouvelle, et donc, comme un enfant paniqué, la seule chose qu'il a su annoncer à 20h, c'est qu'il disait non, mais on n'a pas compris ce qu'il proposait.
Ce nom et ce nom de Lucie Casté, il ne l'a d'ailleurs pas prononcé.
Il ne l'a pas prononcé, c'est assez méprisant parce que, vous savez, il y a peu de femmes en politique. Lucie Casté, nous avons le même âge, c'est quelqu'un qui est très solide, qui est très crédible, qui a réussi à mettre d'accord les quatre forces du nouveau Front populaire autour de son nom, c'est dire. Et donc, oui, je trouve que c'est assez méprisant qu'il n'ait pas prononcé son nom, et il va falloir qu'il retienne son nom parce qu'il n'a pas fini de l'entendre.
Et pour vous, c'est une fin de non-recevoir ?
Non, ça ne fait que commencer. Ça ne fait que commencer, il faut quand même se remettre dans le contexte. Emmanuel Macron, le 9 juin au soir, décide tout seul, sans concertation, mais c'est comme ça qu'il avait gouverné pendant sept ans, une dissolution. Il pose une question très très claire aux Français. Françaises, Français, voulez-vous une cohabitation ? Voulez-vous une alternance ? Les Français lui répondent très clairement. Et lui, le soir des résultats, il dit bon alors, j'ai un peu perdu, mais vous n'avez pas tout à fait gagné. C'est-à-dire qu'en même temps, se prolongeait même dans son analyse des résultats. Il n'a pas entendu ce qu'ont dit les Français, et donc on va dire plus fort.
Ça veut dire que vous espérez qu'à la mi-août, puisqu'il renvoie en tout cas après, au milieu du mois d'août, la nomination d'un chef de gouvernement, que ce nom pourrait être adopté par Emmanuel Macron. Vous y croyez encore ?
Mais je pense qu'il ne peut pas faire comme si de rien n'était jusqu'à mi-août, en réalité. C'est assez inconcevable. Et quand je dis ça, ce n'est pas une menace. Ce n'est pas que je viens sur le plateau en disant qu'on va tout casser s'il nomme pas Lucie Casté, Premier ministre. C'est juste qu'il y a une logique institutionnelle dans ce pays. La logique institutionnelle, où alors on s'assoit sur la Constitution, sur les usages, et on part dans un no man's land total, mais il doit décrocher son téléphone et demander au chef de parti du Nouveau Front Populaire un nom. Il ne l'a pas fait, alors on lui a donné publiquement, comme ça il l'a, et tout le monde sait qu'il l'a.
Mais ce n'est pas une question de quelle attitude, moi, ou Fabien Roussel, Emmanuel Bompard, Olivier Faure, on va avoir. C'est que, voilà, j'ai vu hier, il décritait une trêve électorale. Enfin, une trêve électorale, de quoi c'est ? Une trêve politique. Trêve olympique en politique. Parce qu'on a plutôt l'habitude d'être trêve électorale. Et donc là, il demande une trêve olympique, comme s'il hissait le drapeau blanc en disant, voilà, bon, tout le monde est fatigué, on va se reposer un petit peu. Mais un, nous, on n'est pas fatigué du tout. Deux, on est capable de faire deux choses en même temps, c'est-à-dire de regarder la finale du 400 mètres et de composer un gouvernement.
Et puis trois, les Français l'attendent. Les Français, ils ont voté le 7 juillet. Ils ont demandé quelque chose de clair.
Mais concrètement, Marine Tondelier, à l'instant, comme vous, Lucie Casté demande effectivement à Emmanuel Macron, je cite, de prendre ses responsabilités, de la nommer Première Ministre.
Et elle a raison.
Comment on fait ? Comment vous faites ? Comment allez-vous vous y prendre pour qu'il le fasse ?
Ce n'est pas à nous de répondre, c'est à lui, en fait. Il est président de la République. Il a demandé une dissolution. Les gens ont voté. Ils ont voté aussi nombreux qu'ils n'avaient jamais voté depuis vraiment très longtemps, depuis 1981. C'est-à-dire que les gens se sont dit, cette fois-ci, ce bulletin de vote-là, il a plus de poids que les autres. Parce qu'il peut changer ma vie. Il peut changer ma vie parce que si Jordan Bardella est Premier Ministre, ma vie ne sera pas pareille. Il peut changer ma vie parce que le nouveau Front Populaire nous promet de la justice sociale et environnementale.
Il peut changer la vie parce que dans ce pays, depuis 7 ans, c'est toujours plus pour les plus riches et toujours moins pour les plus pauvres. C'est 9 millions de pauvres. Et donc, quand autant de Français s'intéressent à la politique, ils n'ont pas juste été votés. Il y a eu une passion politique dans ce pays. Pendant 6 semaines, les gens en ont parlé. Moi, j'en entendais parler dans la rue, dans les transports en commun, au travail, partout. Partout. Et lui, il leur dit, bon, non, en fait, ça n'a jamais existé. On attend, mais ce n'est pas possible.
Mais s'il ne le fait pas ?
On dirait mon fils de 5 ans quand il triche au Monopoly Junior. C'est-à-dire qu'il joue au jeu. Et puis, c'est normal chez les enfants de 5 ans, c'est-à-dire qu'au fur et à mesure de la partie, il dit, oui, mais ça, en fait, je ne t'avais pas expliqué, maman, en fait, c'est parce qu'il y a une nouvelle règle. Puis ça, en fait, tu n'as pas bien compris. Puis ça, quand je joue avec papa, on fait comme ça. Les enfants font ça. On le sait, ça nous fait rire. Donc Emmanuel Macron triche aujourd'hui. Et on leur apprend à ne plus le faire et à ne pas tricher. Il triche aujourd'hui. Emmanuel Macron, il est président de la République. Il faut être sérieux.
En plus, je vais vous dire, on se prend des leçons de morale sur c'est les Jeux Olympiques. Il faut être sage. Ils doivent être une fête populaire, une fête sportive. Et tout le monde va parler du fait qu'on a Emmanuel Macron, président de la République. On dirait Éric Ciotti, bientôt, il va être réfugié dans l'Elysée en disant, je demande une trêve, je demande une trêve, laissez-moi tranquille. On n'en est pas encore à qu'il vienne me chercher, mais sans plaisanter.
L'argument d'Emmanuel Macron, c'est de dire que vous n'avez pas de majorité et qu'il faut, il appelle les différents blocs à travailler ensemble. Ce matin, Lucie Castex, qui est chez nos confrères, dit que ce sera impossible de faire des coalitions, notamment avec le camp présidentiel, tant nos désaccords sont profonds. Ça veut dire que vous allez attendre la nomination, une nomination qui, a priori, ne va pas venir et qui ne correspond pas aux attentes d'Emmanuel Macron ?
Je ne peux pas vous laisser dire que cette nomination ne va pas venir. Parce que si vous saviez le nombre de choses dont on m'a dit qu'on n'y arriverait pas depuis six semaines et qu'on a faites, avec le sourire, avec beaucoup de détermination, moi, je sais que quand on veut, on peut. Je sais que parce que tout le monde pensait que c'était impossible, nous l'avons fait. Et de la même manière que nous l'avons fait à chaque étape, que nous avons surmonté tous les obstacles, nous allons surprendre encore une fois.
Mais pour que les Français comprennent bien, ça veut dire que si demain, Lucie Castex est à Matignon, vous allez travailler avec qui ? Quelles vont être les forces d'appoint, j'ai envie de dire, avec lesquelles vous allez pouvoir composer sur un certain nombre de sujets ?
Alors, vous avez raison de poser cette question, parce que je pense que vos auditeurs ont besoin de clarté, de transparence et de comprendre. Il y a deux choses. Il y a le gouvernement et il y a l'Assemblée nationale. Le gouvernement, on ne veut plus d'eux en même temps. On ne veut pas faire semblant qu'on va faire une majorité de Marine Tondelier à Xavier Bertrand, peut-être jusqu'à Laurent Wauquiez. De toute façon, ils ne veulent pas. Et c'est logique. Un gouvernement, ça indique un cap. On doit faire un gouvernement dans la période qui est intense, un gouvernement de combat. compact, resserré, solide, solidaire. Un gouvernement dont tout le monde est bien compris. Pourquoi il est là ?
Grâce à qui ? Moi, je le sais, grâce à qui ? Et pourquoi faire ? Grâce à qui ? Vous avez suivi les élections comme moi. Il y a des personnes qui ont voté pour nous. Il y a des personnes qui n'ont pas voté pour nous et d'autres qui n'ont pas voté du tout. Et 73% des Français veulent une rupture politique avec le macronisme. Et une rupture politique avec le macronisme, ça ne se fait pas dans un gouvernement avec des macronistes. C'est tout. Par contre, à l'Assemblée nationale, il faut être dans la modestie. Nous n'avons pas la majorité absolue. Moi, je dis qu'Emmanuel Macron doit sortir du déni. Mais que nous aussi, il faut qu'on fasse preuve de modestie.
Ça ne veut pas dire qu'on va poser nos fesses sur le toboggan du renoncement qui, comme chacun sait, glisse très vite et nous emmène loin. On est déterminé. Notre programme, notre feuille de route, elle est publique. Contrairement au macronisme, contrairement au Rassemblement national, on n'a pas changé d'avis toutes les semaines. On l'a écrit, on l'a chiffré par les plus grands économistes de ce pays. Maintenant, on va le mettre en œuvre. Mais ce n'est pas nous qui allons décider ce qui va passer à l'Assemblée nationale ou pas. On va aller chercher des majorités par texte, peut-être même parfois par amendement. Parce que c'est comme ça que ça se passe depuis des années.
Emmanuel Macron, vous voyez bien que sur chaque texte, il n'est pas la même majorité.
Et Lucie Casté, elle est qualifiée pour ça.
Mais Lucie Casté, évidemment...
Pour ces négociations qui durent pour aller chercher, pour aller arracher des majorités.
Lucie Casté, si elle a eu la confiance des quatre partis politiques, vous imaginez bien que ça ne vient pas de nulle part. Lucie Casté, elle a plein de qualités propres, des qualités de elle. Ce qu'elle fait sur la criminalité financière. Tous ces combats pour les services publics. J'imagine qu'hier, il y a plein de fonctionnaires de ce pays qui sont maltraités depuis des années. Qui ont été soulagés de dire, c'est quelqu'un qui se bat pour nous. Je parle des fonctionnaires, mais je parle aussi des usagers des services publics. Celles et ceux qui n'en ont pas assez. Celles et ceux qui sont inquiets. Celles et ceux qui en ont besoin sur certains territoires qui en ont de moins en moins.
Vous voyez, ça parle à plein de gens. Donc ça, c'est les qualités propres de Lucie Casté. Et elle en a plein d'autres. Elle est compétente, etc. Et puis après, évidemment que c'est un travail d'équipe. Que le rôle, par exemple, du ministre en charge ou de la ministre en charge des relations avec le Parlement sera fondamental, on le sait bien. Mais à l'Assemblée nationale, pour finir sur ce que je vous disais, chacun va prendre ses responsabilités. Par exemple, sur les super profits. C'est une mesure dont on a beaucoup débattu depuis des années. Moi, je ne comprends pas que ce ne soit pas encore mis en place. On va la mettre sur la table. 80% des Français sont pour.
Et on va demander, chers amis députés, 80% des Français sont pour. Ça rapporte 15 milliards par an. En ne prenant rien à des gens qui en ont besoin. C'est des profits qui tombent du ciel parce qu'il y a une crise énergétique ou une guerre en Ukraine. Et tout d'un coup, des gens qui ont déjà beaucoup d'argent, une manne leur tombe du ciel sans talons supplémentaires, sans mérites supplémentaires et sans travail supplémentaires. Qui veut les taxer, oui ou non ? Et puis les gens répondront.
Vous allez nous dire comment vous allez faire justement, précisément et en détail pour aller chercher ces majorités au cas par cas dans une minute. Parce que c'est l'heure du fil. L'info, il est 8h40. Mathilde Romagnon. Aux Etats-Unis, Joe Biden s'adresse ce soir aux Américains pour s'expliquer sur les raisons de son retrait de la course à la Maison Blanche. Dans son discours, le président américain, âgé de 81 ans, doit aussi donner des réponses sur son état de santé. Il est accusé d'avoir frappé des manifestants à Paris en 2020 avec sa matraque, le chef de la BRAVEM. La brigade de police motorisée a été mise en examen pour violences volontaires.
Mise en examen en janvier dernier, mais on l'a appris seulement hier. Une grève des danseurs va-t-elle avoir lieu pour la cérémonie d'ouverture des JO ? Le syndicat représentatif des artistes interprètes maintient en tout cas son préavis et accuse les organisateurs d'inégalité de traitement entre les danseurs recrutés pour le spectacle de vendredi. Deux jours avant cette cérémonie, les premières épreuves des JO commencent aujourd'hui. Le rugby à 7, par exemple. La France joue à 16h30 à Paris contre les Etats-Unis. France-Etats-Unis, c'est aussi l'affiche du premier match de l'équipe olympique de football. C'est ce soir à 21h à Marseille.
France Info Le 8.30 France Info Fanny Guignochet, Marie Bernardo
Et nous sommes avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes. Vous parlez des majorités à construire, des voies à aller chercher du côté de l'Assemblée. Vous avez déposé hier une proposition concernant l'abrogation de la réforme des retraites d'Emmanuel Macron. Ça veut dire que vous allez, par exemple, aller chercher des voies de quel côté pour avoir la majorité sur ce texte ?
On ne va pas aller les chercher, elles vont venir. Parce que je vous rappelle que dans la précédente Assemblée nationale, où il y avait beaucoup plus de macronistes, il n'y avait déjà pas de majorité pour cette réforme des retraites. Ils l'ont passé au forceps, ils l'ont passé par un 49.3. C'est une réforme qui est légale, mais qui est illégitime, contre laquelle on est des millions à voir marcher.
Ça veut dire que vous comptez sur les voies, par exemple, d'un groupe comme Liotte, mais ça ne va pas suffire ? Est-ce qu'il faut prendre en compte les voies du Rassemblement national ?
Moi, je compte sur la sagesse des députés. Je ne vais pas faire comme ont fait les macronistes, d'ailleurs pendant tout le mandat précédent, aller faire des tractations pour des voies Rassemblement national dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
Mais le Rassemblement national, hier, a dit qu'il voterait avec vous.
Et donc voilà, la réforme des retraites sera abrogée. Sera abrogée de la même manière qu'elle n'aurait jamais dû être votée. Et d'ailleurs, elle n'a pas été votée. Elle a été imposée par un 49.3. Donc on va revenir au juste ordre des choses. Quand les textes n'ont pas de majorité, ils ne seront pas votés. On revient en négociation que vous dénonciez. Ce n'est pas des négociations. Est-ce que vous avez l'impression que, depuis trois jours, on a négocié avec le Rassemblement national ? Moi, je suis élue d'opposition au Rassemblement national depuis dix ans à Hénin-Beaumont.
Je me suis battue, même pas juste entre les deux tours, mais pendant le premier tour, pour faire valoir le front républicain, qu'on a d'ailleurs dû expliquer à la moitié de ce gouvernement qui avait plus bien compris la différence entre l'extrême droite et la gauche. Qu'on a dû réexpliquer à des gens qui avaient été élus en 2017 et en 2022, grâce à nous, grâce à nos voix. Et parce que nous, on fait bien la différence, et qu'on sait où on habite, et on sait quand il faut se mobiliser pour la République. Je ne vais pas prendre des sons sur le Rassemblement national. Premier parti de l'Assemblée aujourd'hui. Et sans ne rien faire. Parce qu'évidemment, qu'on n'a pas de contact avec eux.
Je pense que tout le monde a bien compris ça, et a bien compris qui en avait. Sans ne rien faire. Le Rassemblement national va sur les plateaux télé pour dire la réforme des retraites, s'il y a cette proposition de loi pour l'abrogation, on la votera. Ben voilà. Mais ce n'est pas par des tractations, ce n'est pas en faisant la courte échelle, ce n'est pas en courbant les chines ou en baissant les yeux. C'est parce que ces mesures, elles sont évidentes pour toutes celles et ceux qui ne sont pas macronistes, excusez-moi.
Parmi les priorités de Lucie Castel, il y a le pouvoir d'achat, la justice fiscale, la défense des services publics, l'abrogation de la retraite. Il n'y a pas l'écologie. Ça veut dire que vous le regrettez ? On vous a oublié ?
Non mais attendez. Hier, elle était candidate à être première ministre depuis cinq minutes, que tout le monde lui demandait ses priorités et qu'elle a dit des sujets que j'estime prioritaires. Parce qu'il y a une urgence sociale dans ce pays et que ça a mobilisé énormément de personnes pour venir voter et pour venir voter pour nous. Mais l'urgence écologique, elle revient après. Mais ce qu'elle a dit aussi, c'est que sa boussole était le programme du Nouveau Front Populaire. Et le programme du Nouveau Front Populaire est le programme le plus ambitieux sur le plan écologique qu'une coalition de gouvernement n'ait jamais connue dans ce pays.
Il y a l'abrogation, le moratoire sur les grands projets autoroutiers inutiles, le moratoire sur les méga-bassines, mais il n'y a pas des interdictions. Il y a des choses qui vont changer la vie des gens parce qu'on va faire plus de transports en commun, qu'on va mettre l'argent dans le train, dans les petites lignes du quotidien, dans ces petites gares qui ferment partout en France plutôt que dans les autoroutes inutiles, qu'on va offrir les premiers mètres cubes d'eau gratuits pour les Français, que l'on va faire une loi juste et ambitieuse pour le climat, qu'on va déployer des énergies renouvelables qui sont moins chères à l'utilisation. Et en même temps, elle n'en parle pas.
Attendez, elle a eu 3 minutes 30. C'est sa première interview, c'est ce matin. Là, vous parlez d'un communiqué de presse d'hier soir.
C'est essentiel quand même dans un communiqué quand on donne ses grandes priorités, et je la cite.
Est-ce que vous n'avez pas perdu l'un arbitrage ? Est-ce que vous n'avez pas perdu l'un arbitrage ? Vous n'avez pas perdu l'un arbitrage ? Et que moi, je la retrouve à la sortie de cette émission pour discuter. Et je n'ai aucun doute sur l'engagement de Lucie Casté, que je connais un petit peu depuis longtemps, sur les questions environnementales. D'ailleurs, quand elle est travaillée dans ses fonctions précédentes, elle avait en charge les fiscalités vertes. Parce qu'en fait, vous dites qu'elle est experte fiscale, comme si c'était un truc différent de la justice environnementale. Mais c'est la même chose.
Quand vous prenez l'argent aux plus riches, qui sont celles et ceux qui polluent le plus, pour le rendre aux plus pauvres, qui sont celles et ceux qui sont en première ligne de l'injustice climatique et de l'injustice sociale, vous faites de la justice sociale et de la justice environnementale. Les deux sont liés. Il n'y a pas d'un côté tout ce qui est social, de l'autre côté tout ce qui est environnemental. Chacun a bien compris que ceux qui avaient des supériotes et des jets privés, ce n'étaient pas les plus pauvres. Chacun a bien compris que celles et ceux qui habitaient à ras du périph et dont les enfants avaient les poumons malades, ce n'étaient pas les plus riches.
Tout le monde le sait. C'est à ça qu'on va remédier.
J'en profite, Marine Tandelier, parce qu'on a eu la confirmation hier de l'installation de la première usine française de lithium en Alsace. Métal, indispensable, essentiel aux batteries des voitures électriques. Ça fait partie de la transition énergétique. Ça, c'est la bonne stratégie ? Ou vous avez des réserves là-dessus ?
Évidemment, moi, je viens du bassin minier, du Pas-de-Calais. Et toutes les activités qu'on dit d'extractivisme, je sais quel est leur coût environnemental et quel est leur coût humain. Parce que quand on exploite les sols, en général, on exploite aussi les hommes. Et que c'est l'histoire de ma région. Donc, je le sais peut-être plus que d'autres. Ensuite, on est aujourd'hui dans une demande croissante pour les téléphones, pour les voitures. Bon, là, le lithium, c'est beaucoup pour les batteries de voitures, de ce qu'on appelle les métaux rares. Et donc, je pense qu'il ne faut pas être hypocrite. On ne peut pas dire qu'on veut des voitures électriques.
Et on voit bien que tout le monde en demande. Mais on va continuer à extraire. Aujourd'hui, c'est beaucoup en Australie, en Argentine. Et c'est transformé en Chine. Et après, ça revient en Europe. Et donc, quel que soit le coût environnemental et humain, en fait, on sait qu'il sera moindre en France. Parce qu'il y aura des écologistes français. Et puis, tout simplement, la confiance des Françaises et des Français aussi, des riverains, de tout le monde va se mobiliser pour que ça se fasse dans les meilleures conditions possibles. Mais ça ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur, évidemment, comment on va le faire. Ça, je viens de le dire.
Pour limiter l'empreinte sur l'environnement, pour limiter le coût social. Mais il faut aussi se dire qu'on doit réfléchir à la sobriété des usages. Parce que le lithium, qu'il soit extrait en France, en Argentine, en Australie, ou transformé en Chine ou pas, ce n'est pas neutre pour l'environnement. Et moi, ce que je veux dire aussi, c'est qu'il ne faut pas de tabou sur ces sujets. Il faut pouvoir en parler. Moi, je suis allée en Guyane il n'y a pas longtemps où on nous vendait un projet de sudmine, là aussi, pour des métaux rares. Et les gens ont commencé à poser des questions.
Attendez, moi, j'ai des champs, il y a plein de potagers, il y a des amérindiens qui sont là, il y a des défenseurs de l'environnement. Et on leur a dit, c'est stratégique. C'est un projet stratégique. Comme si le mot stratégique, ça voulait dire vous êtes trop bête pour comprendre.
Donc, concertation, discussion et sobriété. Voilà, exactement. Merci beaucoup, Marine Tandelier, secrétaire nationale des écologistes, d'être passée par France Info ce matin. Bonne journée à vous.
Marine Tondelier