Football, Marine Le Pen, droit d'asile : toute l'actualité dans Points de Vue
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, bienvenue dans les studios du Figaro TV. Marine Le Pen est-elle en train de gagner son pari ? On va poser la question à nos invités.
Guillaume Roquet qui revient en partie sur le sujet dans le nouveau et superbe numéro du Figaro Magazine consacré aux forces spéciales et en particulier les forces spéciales de l'armée de l'air. Alors, Erwan Lestrohan, lui, viendra nous commenter les résultats du premier sondage Odoxa Backbone réalisé dans les heures qui ont suivi l'annonce de la candidature de Marine Le Pen. Et puis un chiffre, 2 milliards d'euros, c'est le montant, c'est quasiment le montant du coût du traitement en France du droit d'asile.
Ce chiffre vous a sans doute été échappé, sauf si vous lisez le Figaro puisque c'est une information de notre journal révélée à partir du rapport de la mission d'information du Sénat sur le droit d'asile. Il sera porteur spécial et l'invité de Point de vue. Mais on va aller d'abord à Boston où, d'où nous sont parvenus ces images.
Elles ont été tournées par notre envoyé spécial Vincent Roseron après le décrochage par l'équipe de France 2, son ticket pour les demi-finales du mondial de football, son récit. Ils l'ont fait, les Bleus ont remporté leur quart de finale face au Maroc, 2 buts à 0 grâce à des réalisations de Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé. Match énorme, Mbappé énorme, Désiré était fait pour aller en demi.
On est en demi-finale, un super match, on jouait contre nos cousins marocains, c'était un match intense, content d'être venu au Boston, content de voir ce beau match sur un beau temps. Une super ambiance, une super ambiance. Redescendu, ça allait beaucoup mieux et le deuxième but c'était génial.
Franchement Mbappé et Ndbele ont fait un super match, c'était trop bien. Oh bah c'est Mbappé, il est extraordinaire, il est extraordinaire, c'est sa coupe du monde. Et Didier Deschamps, il est fantastique, il a une pêche merveilleuse.
C'est super à voir, vraiment une grande équipe, c'est extraordinaire. Le début de match avait été très bon, malgré une dizaine d'occasions et une nette domination, les français ont atteint la mi-temps avec un score nul et vierge et Mbappé a raté un pénalty. On était surtout pour le pénalty en fait.
Le pénalty qui a été raté, là on s'est dit oh punaise, le gaulier en face il est trop fort. Et il est trop fort d'ailleurs, le nombre de buts qu'il a arrêtés c'est impressionnant. Donc franchement bravo au Maroc parce qu'ils se sont très bien défendus, c'était vraiment un super jeu.
Un match serré, très tendu. La première mi-temps, franchement c'était insoutenable. On a eu carrément peur au début, surtout quand Kylian a raté le pénalty, on était là, non c'est notre chance et heureusement ça a été mieux après.
On a discuté avec des supporters qui ont trouvé dommage le plan de jeu du Maroc. Les Lyon de l'Atlas ne nous ont quasiment jamais mis en difficulté. Bonne équipe du Maroc, au final c'est nous qui avons eu du mal à concrétiser.
Ils ont joué leur jeu, ils ont bien joué mais on était au-dessus malheureusement. J'étais déçu parce qu'ils ont fait des bien meilleurs matchs avant, ouverts, avec de l'attaque, alors que là il n'y a pas d'attaque, on n'a pas eu peur vraiment nous. Donc non, malheureusement ils n'ont pas eu peur, ils n'ont pas joué.
Mais il ne faut pas avoir peur, ils ont eu peur. C'est normal. Quand vous voyez les fusées qu'on a, évidemment, et puis il n'y en a pas une, il n'y en a pas deux, il y en a trois, il y en a quatre, ça arrive de tous les côtés.
Ils étaient vraiment plutôt défensifs, ils attendaient. Après c'est des matchs d'élimination direct. Je comprends, même nous aussi on voulait faire le jeu, on voulait essayer de marquer, mais pareil on faisait très attention aux transitions offensives pour ne pas se prendre des contres.
Donc après voilà, c'est vrai qu'à eux il leur manquait certains joueurs, notamment en attaque, donc peut-être c'est pour ça qu'ils ont voulu faire ce plan de jeu, je ne sais pas. Allez, prochain rendez-vous à Dallas pour la demi-finale le 14 juillet contre le vainqueur du match, Espagne-Belgique. Alors est-ce que la France peut y croire ?
Est-ce que l'équipe de France peut y croire ? Eh bien vous nous donnez votre avis, vous pouvez discuter justement avec nos envoyés spéciaux, Vincent Roseron, Baptiste Després qui se trouvent en ce moment aux Etats-Unis et ils seront en direct tout au long du week-end. Et vous avez déjà rendez-vous avec eux ce vendredi à partir de 15h, c'est sur le site du Figaro, vous posez vos questions, vous dialoguez avec eux.
Bonjour Guillaume Roquette, il y a quelqu'un d'autre qui peut-être est en train de gagner son pari, c'est Marine Le Pen, plus 4 à 5 points dans les intentions de vote, une image qui s'améliore. A-t-elle fait un pari gagnant ? Un pari, vous aviez dit risqué lundi soir quand vous avez réalisé cette prouesse de commenter en direct sa décision.
Mais est-ce que le pari finalement n'est pas gagnant pour l'instant ? Je pense qu'il est trop tôt pour le dire. Ce qui est certain c'est que, auprès de son électorat naturel, Marine Le Pen n'est pas discréditée par cette nouvelle condamnation.
Et même si je pense que les Français ne comprennent pas très bien la procédure en cours, quelles sont les conséquences du pourvoi en cassation, mais ça ne lui nuit pas. Et je pense que ça montre deux choses. D'abord la force de l'offre politique qui est celle du Rassemblement National, dont les sympathisants considèrent que c'est elle qui peut le mieux l'incarner.
D'abord parce qu'elle a été déjà trois fois candidate, deux fois au second tour, ensuite parce que c'est la fille de son père, et enfin parce qu'elle a une expérience, une densité, une présence qui est supérieure à celle de Jordan Bardella. Et je pense que c'est cette légitimité qui fait qu'elle a progressé. C'est comme si les gens qui sont sympathisants de ce parti étaient en quelque sorte rassurés, soulagés de voir que c'était elle la candidate.
Puis l'autre point intéressant c'est que ça montre qu'une condamnation en justice, même si elle est plus faible qu'en première instance, elle est quand même réelle, avec une condamnation de la prison ferme, même si c'est sous forme d'un bracelet électronique, et bien ça n'altère pas la légitimité de Marine Le Pen. Et je pense qu'il faut en voir une conséquence de toutes les affaires récentes qui ont discrédité la justice française aux yeux d'une grande partie de nos concitoyens. Je pense en particulier au drame de la petite Lyanna.
On verra justement avec Erwann Lestron, quel est le rapport d'ailleurs des Français à la justice à travers cet arrêt de la première chambre de la cour d'appel de Paris. Les résultats sont assez contre-intuitifs, c'est très intéressant. Mais il y a un fait marquant, si on regarde l'autre sondage qui a été fait dans les heures qui ont suivi l'annonce de la candidature de Marine Le Pen, et là je parle du sondage IFOP, c'est que, quelle que soit la configuration, dans les hypothèses testées par l'IFOP, Marine Le Pen, et ça c'est une première, serait gagnante au second tour, quelle que soit la configuration.
Oui, c'est effectivement assez impressionnant. Et on voit qu'en particulier l'électorat âgé, dont on sait qu'il compte beaucoup, parce que c'est lui qui vote le plus, c'est lui qui a le taux de participation le plus élevé, n'a plus peur de Marine Le Pen. Et je pense que ça montre l'ampleur de cette volonté de dégagisme qui a saisi la société française.
C'est-à-dire qui, malgré tout, malgré les interrogations nombreuses sur la nature du programme du Rassemblement National, en particulier en économie, malgré l'absence d'expérience de gestion de la politique nationale par le Rassemblement National, qui n'a jamais été au pouvoir, malgré aussi la condamnation de Marine Le Pen, c'est-à-dire que, malgré tout, elle est là. J'inviterais quand même, même si c'est purement subjectif, à rester prudent. On est encore loin de l'échéance présidentielle.
Il va y avoir, on commence à avoir une idée de ce que sera le calendrier de la Cour de Cassation. Les dernières semaines de la campagne vont être parasitées par la décision de la Cour de Cassation, devant laquelle Marine Le Pen s'est pourvue, qui devrait intervenir février, en tout cas juste avant l'élection présidentielle. Est-ce que, quand ils seront vraiment au pied du mur, c'est-à-dire au moment de choisir véritablement qui sera le prochain président de la République, les Français resteront aussi engagés dans leur volonté de voter Marine Le Pen ?
Je ne sais pas. Je pense que cette ombre judiciaire est quand même un vrai sujet, parce que le président de la République, c'est quelqu'un qui doit représenter la France. Est-ce qu'on imagine une présidente de la République entrer à l'Élysée avec un bracelet électronique ?
Je n'ai pas la réponse à ces questions. De toute façon, je me suis déjà trompé. Moi, je pensais que Marine Le Pen ne se présenterait pas, justement à cause de ce risque judiciaire, et je me suis trompé.
Elle pense qu'elle va le purger, en quelque sorte, par son pourvoi en cassation. Mais il me semble qu'il est trop tôt pour dire « Oh ben, cette décision de justice, ce n'est pas grave, les Français l'ont passée par perte et profit, et que ça n'aura pas d'impact sur leur vote. » Ce qui prouve que la politique n'est pas une science exacte, même s'il y a une science politique, et vous en avez d'ailleurs été diplômé, mon cher Guillaume, mais c'est tout justement le sel.
Et peut-être qu'on se trompe, peut-être que vous êtes-vous trompé, comme vous le dites, mais parce que, dans votre analyse, vous estimiez logique, au regard de ce pour quoi elle avait été condamnée, et de la façon dont elle a été condamnée, qu'elle ne devait pas y aller. Oui, effectivement, c'était l'idée que j'avais. Je pense aussi qu'on a pu sous-estimer l'envie, le désir de Marine Le Pen de se présenter à l'élection.
Il y a un point qui a été, à mon avis, un peu souligné, mais finalement, est-ce qu'il n'y a pas eu un phénomène, le titre a été repris par sa nièce d'ailleurs pour son dernier livre, mais, finalement, un phénomène chez Marine Le Pen, c'est « n'oublie pas que tu es une Le Pen ». Oui, c'est possible. Il y a une forme de ce qu'on appelait, à la génération de nos grands-parents, une forme de devoir d'État.
C'est-à-dire que, vous faisiez allusion au titre de ce livre, c'est Jean-Marie Le Pen qui avait dit à sa petite-fille « n'oublie pas que tu es une Le Pen », ça voulait dire que ça te crée des devoirs particuliers. Je pense que l'avis de Marine Le Pen n'a pas été facile, il n'est pas question de tomber ici dans la déploration, mais enfant, sa famille a été victime d'un attentat qui aurait pu la tuer, elle et ses parents. Elle a raconté comment elle a été ostracisée au cours de ses études.
Aujourd'hui encore, elle est rejetée par une grande partie de ce qu'on appelle le système. Et peut-être qu'elle se dit « tout ça ne devait pas être pour rien, et donc il faut maintenant aller au bout ». En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'elle n'a pas tremblé, elle a vu une fenêtre d'opportunité avec ce pourvoi en cassation, et elle semble-t-il, elle n'a pas hésité à y aller.
Oui, et dans le fait de se dire « être une Le Pen », c'est aussi, il faut de toute façon, il y a le devoir, mais il y a une forme d'orgueil aussi, non ? Oui, sûrement, ne serait-ce qu'avec la volonté d'effacer ce qu'ont été les précédentes campagnes, je pense à des débats de second tour face à Emmanuel Macron, cette idée de dire qu'on ne reste pas sur un échec. Et il y a cette volonté très forte, il y a aussi un entourage dont on sait qu'il a une emprise assez forte sur la direction du Rassemblement national, un entourage familial.
Et donc, en quelque sorte, on revient au RN traditionnel, qui est aussi une histoire de famille. Une histoire dynastique. La Cour de cassation a-t-elle intérêt à accélérer la procédure ?
Je pense que oui, dans la mesure où elle...
Alors, c'est compliqué, je réfléchis à ce que vous dites. Mais ça dépend dans quelle proportion. Je dirais que début d'année prochaine, ça paraît assez logique.
C'est-à-dire que l'idée, c'est de dire la fin de la campagne pourra se faire quand même. Vous savez que la Cour d'appel a accéléré la procédure. L'appel a été jugé très rapidement, plus rapidement que d'habitude, afin de pouvoir, entre guillemets, dégager l'espace.
Donc, une décision en tout début d'année, oui, parce que ça laisse la campagne se continuer. Une décision quelques semaines avant l'élection, là, pour le coup, je pense que la Cour de cassation n'aura pas les mains libres pour décider librement. Je veux dire, il y aura une interprétation politique tellement forte de sa décision qu'elle se met elle-même dans une situation difficile.
Donc, moi, si j'étais à la place des juges de la Cour de cassation qui prévoient le planning des audiences et des décisions, moi, je ferai ça en début d'année prochaine. En janvier ? Oui, en janvier.
Je vous pose la question parce que, dans votre éditorial, vous soutenez la thèse que, finalement, les juges disent parfois le droit, mais ils ne font vraiment pas que dire le droit. Oui, et d'ailleurs, c'est intéressant parce que j'ai écrit ce éditorial avant de connaître la décision de la Cour d'appel. Personne ne pouvait l'anticiper.
Ce qui montre bien que, s'il n'y avait qu'un raisonnement juridique, il y a suffisamment de bons juristes dans ce pays pour pouvoir dire, bon, voilà, compte tenu de la situation, compte tenu de ce que dit la loi, voilà ce que sera la décision. Donc, il y a une part de subjectivité, il y a une part d'interprétation personnelle des magistrats qui est très importante et qui leur laisse cette marge de manœuvre. Et je dirais, c'est assez normal parce que sinon, on n'aurait pas besoin de juges.
Il suffirait de lire les textes et demander à une IA, bon, ben voilà, dites-nous quelle doit être la sanction compte tenu de ce que dit le droit. Donc, oui, bien sûr, les magistrats ne font pas que dire le droit, ils ne font pas qu'appliquer la loi. Ils l'interprètent à leur façon.
Pourquoi ? Parce qu'ils prennent en compte un certain nombre de critères et ils disent, ben, celui-là est plus important que d'autres. En première instance, les juges avaient dit, ce qu'a fait Mme Le Pen est très grave et donc, elle n'est pas digne, ce n'étaient pas ça les mots, mais c'était ça le sens, de se présenter, donc, à l'élection présidentielle.
Donc, nous la condamnons à une inéligibilité. En appel, qu'est-ce que disent les juges ? Ils disent, c'est un moment très important et donc, ça n'est pas à nous de décider, à la place des Français, si elle doit être éligible ou non.
Donc, on baisse la peine d'inéligibilité et qui a été purgée. Donc, on voit bien que d'un juge à l'autre, d'une instance à l'autre, les décisions peuvent être différentes. Et parfois, les magistrats abusent de ce pouvoir.
Je donne l'exemple d'une décision récente de la Cour de cassation concernant trois enfants nés par une GPA. Les deux hommes qui avaient eu recours à cette GPA au Canada demandaient aux droits français de reconnaître la filiation, c'est-à-dire de dire qu'ils étaient les parents, pas seulement les parents adoptifs, mais la filiation...
Les parents biologiques. Voilà, les parents biologiques entre eux de ces trois enfants. Et la Cour de cassation l'a acceptée, alors même que la gestation pour autrui est formellement interdite en France.
La Cour de cassation a considéré que l'intérêt supérieur des enfants voulait que les deux pères soient considérés comme parents biologiques et pas seulement comme parents adoptifs. Bon, est-ce que ça, c'est du droit ? Ou est-ce que c'est de la politique avec un très grand P, c'est-à-dire une façon de remodeler la société selon leurs convictions ?
Je pense que c'est là toute la limite de la justice. C'est quand elle ne se contente pas de faire appliquer la loi le plus strictement possible, mais qu'en quelque sorte, elle crée le droit. La Cour européenne des droits de l'homme également cette semaine a reconnu légitime le recours de Nicolas Sarkozy devant cette Cour après sa condamnation des définitives dans l'affaire Bismuth.
Ce qui est intéressant, c'est que, fait valoir son avocat, c'est l'argument selon lequel des personnes parlant à leur avocat, une déclaration faite à son avocat ou une discussion avec son avocat relève du secret professionnel. C'était l'argument de Nicolas Sarkozy dans cette affaire. Et cet argument avait été balayé par toutes les juridictions devant lesquelles cette affaire avait été jugée jusqu'à présent.
Et la Cour européenne des droits de l'homme a déclaré recevable cet argument. Est-ce que Marine Le Pen pourrait bénéficier de cette possibilité ? Je ne parle pas justement sur cette question du droit, mais précisément que certains arguments qu'elle a portés, parce que c'est quand même le fond du litige avec la Cour d'appel, et ce qu'il porte en cassation, c'est de savoir si le droit français, en clair, et un article du Code pénal, peut s'appliquer à la situation des parlementaires européens du Rassemblement national, et si, effectivement, cette question, jusqu'à présent, ni le tribunal n'a rien à l'instance, ni le tribunal, ni la Cour d'appel, n'ont jugé recevable et n'ont étudié cet argument.
Effectivement, c'est la base juridique du pourvoi qui est de dire vous dites qu'il y a des détonnements de fonds publics parce qu'on a utilisé l'argent du Parlement européen pour payer les gens du parti et non pas uniquement pour avoir des assistants parlementaires. Or, le droit français ne s'applique pas au Parlement européen parce que ce n'est pas la France, c'est l'Europe. Je ne sais pas ce que vaut cet argument.
Je me réjouis pour Nicolas Sarkozy qu'il puisse avoir peut-être une nouvelle procédure parce que je considère aussi que la violation par les magistrats français du secret professionnel qui prévalait jusque-là dans les relations entre un client et son avocat, je me réjouis que...
Qui est une fois un fondement en plus du droit et on peut dire encore plus en démocratie, dans nos démocraties libérales. Absolument. Maintenant, sur la procédure elle-même, j'essaye d'être cohérent.
J'ai toujours dit, modestement et écrit, que ça n'était pas, à mon avis, à des magistrats étrangers, à des juridictions étrangères comme la Cour européenne des droits de l'homme, comme la Cour de justice de l'Union européenne, de décider à la place du tribunal français, c'est un enjeu de souveraineté. Donc, je me réjouis de ce cas d'espèce pour Nicolas Sarkozy mais sur le fond, je considère toujours que ça n'est pas à la CEDH de décider à notre place de ce que doit être la justice. Jean-Luc Mélenchon peut-il accéder au deuxième tour de l'élection présidentielle ?
C'est la question du jour sur le site du Figaro. Est-ce qu'aujourd'hui, c'est le seul qui peut faire échec à cette ascension ? Est-ce que la droite et en particulier la droite rotailliste encore un espace ?
Elle peut l'avoir si elle arrive à susciter un élan. Je parlais au début de l'émission de l'ampleur du dégagisme, c'est-à-dire de la volonté des Français d'essayer d'autres gens malgré sa radicalité et son côté inquiétant. Jean-Luc Mélenchon incarne ça parfaitement, cette idée de dire qu'il faut même une nouvelle France tant qu'il va très loin.
Aujourd'hui, le parti de Bruno Retailleau, d'abord, il est divisé. Donc, au sein même de ce parti, il y a un certain nombre de gens qui considèrent qu'il n'a pas de chance et qu'il faudrait mieux aller tout de suite chez Édouard Philippe. Je pense évidemment à Laurent Wauquiez, à Jean-François Copé, à d'autres.
Mais même, indépendamment de ces problèmes de parti, il faut que Bruno Retailleau arrive à susciter l'espoir des Français. Pour l'instant, il fait une campagne qui est rigoureuse avec des propositions courageuses. Cet élan, on ne le sent pas encore.
Merci beaucoup, Guillaume Roquet. Votre édito est à retrouver dans le nouveau et magnifique numéro du Figaro Magazine consacré aux forces spéciales et au CPA10. On signale au passage d'ailleurs l'émission spéciale du Figaro TV.
C'est ce mardi 14 juillet de 9h à 13h avec, animé par Thibaut Gauthier. Que pensent les Français de cette décision ? On y revient maintenant avec Erwan Lestrond d'Odoxa.
Voici certaines réactions déjà recueillies par nos confrères de l'AFP. Moi, je trouve honteux que quelqu'un qui est condamné pour une peine assez importante puisse se présenter à la candidature de la présidence de la République. Mais ce n'est pas encore joué puisqu'elle a fait un pourvoi en cassation.
Moi, je trouve que c'est très bien. Je veux dire, qu'elle soit condamnée, effectivement, c'est une chose. Après, il y a plein de gens qui sont condamnés et qui continuent à faire leur vie, à faire ce qu'ils sont...
Enfin, pourquoi ils sont...
Ils doivent travailler, etc. Donc, je ne vois pas pourquoi elle, elle le ferait différemment. Je pense que c'est un peu de l'escroquerie, quoi.
Parce qu'en vrai, il y a des gens qui vont aussi faire des trucs d'État ou qu'on l'empêche parce qu'ils ont fait des conneries. On ne veut pas qu'on fasse. Je ne vois pas pourquoi elle, parce que c'est une personne politique connue qui doit passer outre les étapes.
Les Français comme tout le monde, elle doit être condamnée comme tout le monde. tu as fait un truc, tu ne fais pas la fin. Bonjour Erwann Lestorand.
Bonjour. Pour l'instant, Marine Le Pen gagne son pari, en particulier, en matière d'image. Oui, tout à fait.
C'est vrai que la première information de notre sondage, c'est que l'image de Marine Le Pen progresse dans l'opinion. Aujourd'hui, 44% des Français ont une bonne opinion de Marine Le Pen. C'est deux points de plus qu'il y a un an au moment de l'annonce du jugement de première instance et surtout, son image progresse dans des électorats périphériques, dans ces électorats dont elle aura peut-être besoin au second tour de l'élection présidentielle pour rassembler plus largement, plus cinq points de bonnes opinions chez les sympathisants Les Républicains, plus huit points de bonnes opinions chez les sympathisants Reconquête.
En d'autres termes, elle bénéficie d'un regain positif dans l'opinion suite à cette décision qui la rend éligible et qui la fait revenir dans le jeu démocratique et surtout en réendossant l'habit de candidate à l'élection présidentielle. Est-ce qu'on sait si l'augmentation, on arrive à savoir si l'augmentation justement de ces points est due à le fait qu'elle ait annoncé sa candidature ou bien par rapport à tout l'épisode judiciaire qu'elle a vécu ? Il y a vraisemblablement un double mouvement.
Il y a tout d'abord un mouvement de mensuétude et de bienveillance chez les sympathisants du RN qui se disent qu'elle sort d'un feuilleton judiciaire dans lequel elle a été...
Oui, parce que ces sympathisants approuvent son choix. Oui, tout à fait, ils approuvent son choix mais surtout, ils ont l'impression qu'elle a été quand même malmenée dans cette procédure judiciaire et eux valident le complot judiciaire qu'elle a évoqué. Donc, nécessairement, le fait qu'il y ait une sortie par le haut de ce feuilleton judiciaire ou un jugement un peu plus favorable, ça la crédite auprès des sympathisants du RN et auprès des sympathisants des autres forces politiques.
Il y a aussi une part de l'électorat qui est légitimiste, qui dit maintenant qu'elle est éligible, finalement, c'est logique qu'elle soit candidate à l'élection présidentielle. Les Français, effectivement, dans leur majorité, c'est ça qui est intéressant, on le voit d'ailleurs à l'antenne à l'instant, approuvent son choix. Oui, quand on demande aux Français si elle a eu tort ou elle a eu raison de se présenter, il y a une courte majorité de Français, 51%, qui nous disent qu'elle a eu raison de se présenter parce qu'elle est la candidate naturelle du RN.
Mais il y a une proportion quasi équivalente, 46% des Français qui nous disent qu'elle a eu tort parce qu'elle va être handicapée pour faire campagne et parce que Jordan Bardella était un meilleur candidat. Alors, justement, c'est ça qui est intéressant, c'est-à-dire que dans les perceptions qu'il y a par rapport à ces décisions, il y a quelque chose qui est de l'ordre de la conviction, on a l'impression, et de l'autre, de l'analyse stratégique dans l'électorat. Oui, c'est vrai qu'il y a une partie de l'opinion qui est convaincue que Marine Le Pen est une bonne candidate pour le Rassemblement national, mais s'ils sont réservés, et même les sympathisants les reignent, ils sont aujourd'hui que 63% nous disent qu'elle a eu raison de se présenter, c'est parce qu'ils ont conscience qu'il y avait un plan B fonctionnel en la personne de Jordan Bardella, et ils ont conscience aussi qu'il y a une épée de Damoclès qui reste quand même en vigueur, probablement même jusqu'au début avril 2027, avec cette possibilité que le jugement de la Cour d'appel de Paris soit confirmé par la Cour de cassation.
Alors, ce qui est intéressant aussi dans votre sondage, c'est qu'on voit que la décision de Marine Le Pen, et en tous les cas, la question effectivement de l'épée de Damoclès judiciaire, encore qu'on va savoir dans les jours qui viennent, ou peut-être dans les semaines, voire dans les mois, si la Cour de cassation fera comme l'a dit cette semaine, Rémi-Haites rendra sa décision au plus tard d'ici le mois d'avril, c'est-à-dire avant le premier tour de l'élection, ou bien après. Mais si c'était effectivement rendu avant, sa décision, la décision de Marine Le Pen et cette épée de Damoclès judiciaire est vue comme un handicap, majoritairement par l'opinion. En tout cas, ça n'est pas vu comme un atout.
Quand on demande aux Français est-ce que c'est un atout ou un handicap, il y a seulement 25% des Français et 27% des sympathisants du Rassemblement national, ils sont d'accord avec ça, qui nous disent c'est un atout pour le Front national qui va pouvoir présenter sa candidate naturelle. A l'inverse, il y a 4 personnes sur 10 chez les Français et chez les sympathisants du RN qui disent c'est un handicap parce que la campagne va être empêchée par cette épée de Damoclès judiciaire. Autrement dit, il y avait un trou de souris dans lequel s'est engouffrée Marine Le Pen, mais c'est tout sauf un atout parce qu'on n'est pas sur une route sinueuse mais sur une route où il y a un obstacle majeur qui arrive quand même parce que faire une campagne avec un bracelet électronique ça jette quand même l'opprobre sur le candidat.
Est-ce que effectivement ça jette l'opprobre sur le candidat ? Est-ce que effectivement d'avoir pris cette décision au cas où effectivement la Cour de Cassation rejetterait le pourvoi de Marine Le Pen est-ce que dans ce cas-là le fait que l'opinion pense qu'elle a pris une décision qui peut être vue comme un handicap ça peut se traduire politiquement ? Alors pas nécessairement sur la base électorale de premier tour d'ailleurs les sondages qui ont été réalisés depuis l'annonce de candidature de Marine Le Pen montrent que sa base de premier tour est très importante comparable à celle de Jordan Bardella autrement dit le RN est au plus haut au premier tour mais ça peut dégrader sa base de deuxième tour sa capacité à rassembler au-delà des frontières du RN ça peut poser des problèmes auprès de cet électorat parce qu'une personnalité impliquée dans une affaire judiciaire elle perd des points nécessairement en probité et en honnêteté perçue On notera que seuls les électeurs RN quand même ont une bonne image en majorité ailleurs c'est moins d'un s'appétisant sur deux Oui mais 49% des sympathisants LR ont une bonne opinion de Marine Le Pen on est très proche de la barre des 50% ça s'améliore de 5 points alors c'est 8 points en dessous Jordan Bardella lui a quasiment 6 sympathisants LR sur 10 qu'une bonne opinion de lui et c'est supérieur à 80% aussi chez les sympathisants reconquête mais c'est vrai que c'est le problème du RN ce fameux plafond de verre c'est qu'au-delà des frontières du Front National du Rassemblement National ses principales personnalités politiques sont impopulaires Effectivement ces chiffres montrent quand même l'ampleur encore du plafond de verre pour le RN parce qu'effectivement il y a une hausse pour l'image vous le disiez à l'instant parmi les sympathisants LR mais on voit bien qu'on est loin de l'image dont elle jouit parmi ses propres sympathisants et on peut mesurer en tout cas tout l'enjeu qui va être pour elle entre l'éventuel premier tour et le second tour même si quand même c'est la surprise alors c'est pas Odoxa qui a fait ce sondage là mais dans l'hypothèse d'un second tour elle est présentée aujourd'hui comme vainqueur dans tous les cas de figure oui mais la question qu'on peut se poser c'est est-ce qu'elle est vainqueur parce que les autres ne sont pas plébiscités parce que Edouard Philippe par exemple ou Gabriel Attal qui pourrait être ses rivaux n'ont pas une si bonne image que ça ou si c'est parce que c'est un recours solide pour les sympathisants des électorats périphériques qui peuvent être des forces d'appoint c'est tout l'enjeu aussi de Marine Le Pen c'est de crédibiliser sa capacité à rassembler pour ouvrir le plus possible son vivier électoral alors même que son vivier électoral va mordre sur celui d'Edouard Philippe si on pense aux sympathisants les républicains ça va être un enjeu majeur d'obtenir leur soutien au deuxième tour aujourd'hui elle rassemble largement mais la campagne n'a pas encore eu lieu et elle a toujours cette épée de Damoclès judiciaire qui peut jouer en sa défaveur sur la décision de justice précisément justement sur cette épée de Damoclès le sentiment qui domine je parle de la décision à l'arrêt de la cour d'appel de Paris sans être majoritaire le sentiment qui domine c'est l'indifférence oui c'est l'indifférence 35% des français nous disent qu'ils sont indifférents par rapport à cette décision qu'est-ce que révèle cette indifférence ? il y a peut-être une forme de lassitude aussi à l'égard de ce feuilleton judiciaire qui est très souvent évoqué il y a 30% des français qui sont satisfaits 34% qui disent qu'ils sont choqués ceux qui sont satisfaits le plus fortement 30% en moyenne dans la population mais chez les sympathisants RN c'est 50% alors que 85% étaient choqués à l'issue de la première instance ceux qui sont les plus choqués 34% dans la moyenne c'est chez les sympathisants de la gauche et les sympathisants renaissance plus de 50% de choqués c'est à rebours du jugement de première instance qui avait été plutôt mal vécu par les sympathisants RN bien vécu par ceux de la gauche et de renaissance ceux qui sont choqués finalement le sont en raison de la moindre sévérité à leurs yeux du jugement oui tout à fait c'est un jugement qui leur semble un peu trop clément compte tenu des faits reprochés alors que le premier jugement était beaucoup plus en ligne avec leurs attentes il y a un autre point qui est intéressant c'est la comparaison avec l'image de Jordan Bardella et en particulier chez les sympathisants LR en revanche ce que l'on voit quand même depuis ces dernières heures c'est que cet écart entre Jordan Bardella et Marine Le Pen lui a quand même tendance à s'estomper elle revient en force alors elle revient en force dans les intentions de vote en revanche ce qu'on voyait depuis un an c'est quand même une progression de Jordan Bardella dans les segments électoraux les plus réticents à sauter le pas du vote RN chez les cadres chez les salariés du public chez les habitants de métropole c'est les populations dans lesquelles Jordan Bardella a une un peu meilleure image que Marine Le Pen tout l'enjeu pour elle ça va être du coup de retrouver du crédit auprès de ces populations mais les premiers indicateurs ne montrent-ils pas que justement elle est en train d'augmenter dans ces segments aussi ça fonctionne très bien dans les intentions de vote qui sont sortis d'hier elle est même en première position chez les 65 ans et plus qui est un électorat plutôt réfractaire au RN et qui explique aussi pourquoi le RN a du mal à rassembler largement au second tour cette réticence des personnes âgées à voter pour le RN qu'ils considèrent comme une menace pour la démocratie alors il y a un autre indicateur effectivement qu'on mesure avec ces études hebdomadaires c'est celui qui est mesuré par vos collègues de Backbone les partenaires de Backbone sur les réseaux les avis eux sont polarisés extrêmement polarisés alors la décision était très attendue tout au long de la journée la décision de la cour d'appel de Paris la décision annoncée par Marine Le Pen aux 20h de TF1 mais sur les réseaux sociaux plus que chez les français c'est parfaitement polarisé entre des soutiens qui saluent le retour dans le jeu politique d'une personnalité politique qui sait les défendre et qui les comprend et des opposants qui de l'autre côté critiquent la probité de Marine Le Pen et son reniement par rapport à ses positions passées sur le fait que des personnalités politiques impliquées dans les affaires judiciaires ne soient pas candidates il n'y a pas de sentiment qu'elle a été moins bien traitée qu'un autre justiciable non justement et c'était déjà le cas avant ce jugement plus clément déjà avant ce jugement plus clément 6 personnes sur 10 nous disaient Marine Le Pen est traitée comme n'importe quel justiciable aujourd'hui il y a non seulement le sentiment qu'elle est traitée comme n'importe quel justiciable mais on a même 38% des français qui nous disent elle est traitée de façon plus clémente qu'un autre justiciable c'est très très frappant parce qu'effectivement à votre place ici même en début de semaine Hubert Coudurier qui a consacré une biographie à Marine Le Pen après en avoir consacré une à Valérie Pécresse et qui a observé énormément de campagnes présidentielles dit que la justice d'habitude est lente sauf quand il s'agit des affaires politiques à droite et là en tous les cas cette idée n'a pas imprimé dans l'opinion c'est même l'inverse non le sentiment d'un complot judiciaire n'existe pas dans la population seulement 48% même des sympathisants RN jugent qu'elle a été jugée plus durement pour des raisons politiques ils étaient plus de 80% à le penser à l'issue du jugement de première instance donc cette théorie d'un complot judiciaire non seulement elle n'existe pas elle n'a pas de solidité dans l'opinion mais en plus ce qui domine c'est plutôt qu'elle a été mieux traitée voire aussi bien traitée que n'importe quelle justice à l'eau Est-ce que cette opinion justement peut évoluer ?
Alors ça dépend de la procédure ça dépend de la célérité avec laquelle la cour de cassation infirmera ou confirmera le jugement de la cour d'appel mais en tout cas ce qui est sûr c'est que le feuilleton judiciaire n'est pas clos par le rassemblement national ça c'est un choix qui a été fait par Marine Le Pen elle aurait pu faire le choix de clore ce feuilleton judiciaire pour démarrer la campagne ça supposait de retirer sa candidature et de laisser la voie libre à Jordan Bardella aujourd'hui le choix qu'elle a fait c'est de poursuivre le feuilleton judiciaire mais nécessairement ça va mailler la campagne jusqu'à avril 2027 Vous disiez qu'il y avait une forme de lassitude et dans l'indifférence qui se manifestait dans le fait que la décision de justice a été accueillie avec majoritairement en tous les cas la réaction la plus nombreuse a été celle de l'indifférence est-ce que justement le fait que ce feuilleton judiciaire continue et émaille a priori la campagne jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle de 2027 ne risque pas de lasser les français et finalement de jouer contre Marine Le Pen ça peut tout à fait être un poison lent c'est que ce parfum judiciaire autour de la candidature et de la campagne de Marine Le Pen on a vu la casserole à la flèche hier ce parfum judiciaire autour de sa campagne ça peut être un poison lent et finir de convaincre une partie de l'électorat qu'elle n'est pas une candidate fiable ou du moins que sa probité n'est pas parfaite Un des invités notamment au club Le Figaro Politique lundi disait elle n'a peur de rien est-ce que justement ce fait de ne pas avoir peur est perçu dans l'opinion et bien perçu dans l'opinion C'est très bien perçu dans l'opinion par ses soutiens Nos confrères Doug Backbone relèvent que la plupart des soutiens de Marine Le Pen sur les réseaux sociaux ont mis en avant son courage le courage de cette femme malmenée par la justice mais à l'inverse chez les sympathisants de la gauche chez les sympathisants Renaissance une partie des sympathisants LR le sentiment c'est que elle se soustrait à la justice ou du moins elle contourne une condamnation et on ne la voit pas comme une femme courageuse Merci beaucoup Erwan Lestoran d'avoir commenté ce tout premier sondage qui a été sorti cette semaine après la déclaration de candidature de Marine Le Pen sondage Odoxa Backbone tout court qui n'est plus Backbone Consulting à retrouver sur le site du Figaro bien sûr sur le site d'Odoxa et sur le site de Backbone 2 milliards d'euros derrière ce chiffre astronomique le montant de la gestion du droit d'asile on va revoir la facture en détail avec Marie-Carole Sientu rapporteur spécial de la mission d'information du Sénat sur le sujet question préalable y a-t-il une dérive aujourd'hui en France du droit d'asile voici en tous les cas ce que l'on pense ce syndicaliste policier qui était interrogé sur le plateau de nos confrères de CNews je peux vous citer ce qui se passe à Calais par exemple quand on démantèle des camps fix pour éviter les points de fixation qui créent des conditions inhumaines après les passeurs toxicomania prostitution c'est pour ça qu'il n'y a pas de camp fix et qu'on les démantèle quotidiennement quand on fait ça il est toujours proposé aux migrants de monter dans des cars pour rejoindre des centres d'accueil et d'orientation où les situations sont étudiées là normalement c'est une sorte de sas entre soit le droit d'asile soit l'expulsion sauf que s'il n'y a pas de droit d'asile qu'est-ce qui se passe dans 90% des cas vous retrouvez les mêmes personnes de nouveau à Calais parce qu'on n'est pas capable d'expulser et que tout ce qu'ils veulent c'est passé en Angleterre donc on a un énorme souci effectivement de coercition dans l'expulsion Bonjour Marie-Carole Sientu Bonjour On apprend que surtout c'est pas forcément l'Angleterre qui est visée et en tous les cas convoitée par les demandeurs d'asile mais la France elle arrive même en troisième position en Europe et dans l'Union Européenne dont ne fait pas partie effectivement dont ne fait plus partie le Royaume-Uni Oui clairement et à la suite de ce qu'on vient d'entendre on peut attester on est arrivé aujourd'hui alors on est effectivement dans le trio de tête des pays qui accueillent les demandeurs d'asile après l'Italie et l'Espagne on a aujourd'hui en 10 ans un doublement de la demande d'asile et c'est 150 000 demandes d'asile par an et puis on peut tout de suite aller jusqu'à la fin de ce chiffre 150 000 75 000 vont être reconnus comme réfugiés et 75 000 ne repartiront vraisemblablement jamais alors justement tout ça cela a un coût question quand même préalable c'est celle qu'on posait juste avant qu'on commence cet entretien est-ce que de votre point de vue il y a aujourd'hui une dérive du droit d'asile en France je précise que vous êtes quelqu'un qui défend le droit d'asile c'est d'ailleurs pour ne pas le remettre en cause qu'il faut se poser la question de ce que c'est devenu parce qu'en ce moment on est clairement en train de saper les fondements du droit d'asile on voit bien on n'est plus dans l'idée de protéger et d'accueillir ceux qui sont persécutés on est tout à fait aujourd'hui sur autre chose et les 2 milliards l'attestent et en plus notre rapport dit qu'on est arrivé à 2 milliards de dépenses mais sans qu'on ait pu comptabiliser tout ce que nous dépensons réellement pour le droit d'asile puisqu'on n'a pas calculé ni les soins médicaux ni les aides sociales alors justement on va regarder un petit peu cette facture la cour des comptes s'est déjà penchée sur cette question elle le fait régulièrement mais sur jamais dans son entièreté comme nous nous l'avons fait moi je me souviens que la cour des comptes avait remis en question le poste principal de dépenses du droit d'asile c'est à dire en 2024 1 milliard 100 pour l'hébergement et elle avait remarqué que l'état ne contrôlait pas les associations qui s'occupaient de ces questions et elle avait souligné aussi la façon dont l'organisation s'était mise en place en toute improvisation par des associations qui sont de plus en plus sollicitées par l'état et souvent sans marché public et donc j'insiste bien sans contrôle alors on a mis justement une infographie où il y a quelques postes du coup du droit d'asile ce qui est intéressant c'est que vous dites en fait il y a finalement dans ce que compte la cour des comptes quelque chose qui est le droit d'asile j'allais dire direct et puis vous vous êtes intéressé à des coûts finalement afférents vous mettez donc le total d'une facture à un peu plus d'un milliard 8 un peu moins de 2 milliards mais vous dites que c'est plus important donc peut-être traduction déjà de ce qu'on voit ici donc près de 395 millions d'euros pour le CADA de quoi s'agit-il ? c'est le centre d'hébergement le plus classique pour les demandeurs d'asile avec un accompagnement social aussi de ces demandeurs et pour vous prendre un petit exemple dans les CADA aujourd'hui on a relevé que simplement je crois 17% de l'hébergement est encore un hébergement collectif alors je ne sais pas si on comprend bien mais ça veut dire que pour le reste pour 80% on a affaire à du diffus alors le diffus ce sont des appartements dans des copropriétés même pas des copropriétés donc pas à caractère social dans toute l'île de France des hôtels qu'on réquisitionne alors dans ces hôtels dans ces appartements ou dans ces CADA qui y a-t-il ce sont des demandeurs ou bien ce sont des gens qui ont déjà obtenu un droit pour résider en France sous le régime du droit d'asile c'est lorsqu'on est demandeur qu'on doit avoir qu'on a à la fois hébergement et allocation donc la France présume et que ces personnes-là pourraient bénéficier de l'asile et donc leur offre un régime exceptionnel pour une filière qui devrait être exceptionnelle et qui devrait rester ce que c'était après-guerre et donc ce droit qui a valeur constitutionnelle et qui a été porté par la convention de Genève voilà mais sauf que aujourd'hui ce n'est pas ça ça veut dire aussi que l'accompagnement social se fait mal quand on est dans le diffus ça veut dire qu'on a été obligé de répartir sur tout le territoire français les demandes d'asile parce que l'île de France recevait quasiment la moitié des demandeurs d'asile 42% vous précisez et surtout ce qu'on a mis à jour dans notre rapport et c'est la première fois parce que ces chiffres n'étaient pas connus mais parce qu'ils n'étaient pas donnés parce que peut-être il n'y avait pas de suivi ou pas la volonté non plus de faire toute la transparence dessus c'est que malgré ces 111 000 places dédiées à l'hébergement pour les demandeurs d'asile ça ne suffit pas annuellement et donc ça déborde dans l'hébergement d'urgence 20% des places dans l'hébergement d'urgence sont occupées par ces demandeurs d'asile et ces réfugiés et ça nous coûte 250 millions encore supplémentaires qui s'ajoutent aux milliards pour l'hébergement et vous me demandiez aussi est-ce qu'on a...
On va le revoir d'ailleurs ce qu'on appelle le UDA l'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile 308 millions un peu plus de 308 millions mais là on est encore dans l'hébergement dédié et ça c'est de l'hébergement dédié et effectivement vous rajoutez 242 millions d'euros pour le coût dans les autres structures d'hébergement on le rappelle qui n'est même pas répertorié au titre du droit d'asile mais nous on l'agrège puisque en fait ce sont des demandeurs d'asile et des réfugiés qui l'occupent donc ça c'est vraiment le coût du droit d'asile avec tout ce que ça veut dire aussi pour l'absence de logements d'urgence pour les publics qui en auraient besoin et puis si vous me demandez aussi si le droit d'asile ça veut dire qu'on a l'hébergement jusqu'à temps qu'on ait le statut de réfugié ou jusqu'à temps qu'on soit débouté et bien là aussi il y a encore des logements qui ne sont pas immédiatement mobilisés lorsque les décisions tombent 110 000 places normalement dédiées pour les demandeurs d'asile il y a 150 000 demandeurs d'asile donc il y a 40 000 places effectivement qu'il faut trouver ailleurs et c'est un surcoût c'est ce que vous venez de dire simplement Marie-Carole Chiantu ces personnes là qui demandent l'asile il faut bien leur donner une place à des demandeurs d'asile oui alors il faut se poser la question de savoir pourquoi on est aussi attractif dans la demande d'asile ça décroît plutôt la demande d'asile en Europe mais chez nous c'est en différé que ça a décru et puis j'ai l'impression que pour 2026 c'est pas sûr que cela décroît et surtout il faut se poser la question de regarder comment font les pays européens voisins et on peut se comparer par exemple à l'Allemagne et l'Allemagne dans ses décisions en première instance ne protège que avec 20% d'écart par rapport à nous c'est à dire nous on va protéger un demandeur d'asile sur deux qui va venir faire sa demande et ce n'est pas le cas de l'Allemagne l'Allemagne en première instance a 20 points d'écart avec ce que l'office français qui protège les réfugiés l'OFPRA va décider donc ça veut dire qu'on a culturellement nous une façon de prendre les choses qui est tellement mieux disante que les pays européens voisins que c'est aussi pour ça qu'on est aussi très attractif d'autant plus alors ça c'est intéressant parce que vous dites en fait il est dit et Nicolas Pouvromonti qui dirige l'observatoire de l'immigration et de la démographie dit dans son dernier livre la France accueille beaucoup mais elle accueille mal est-ce que c'est le cas avec le droit d'asile ? c'est scandaleusement vrai pour le droit d'asile plus que partout déjà sur l'intégration moi je peux vous le dire sur le budget d'intégration en général même pas sur seulement la demande d'asile on ne dépense vraiment rien au regard de ceux que l'on accueille mais là pour l'intégration c'est peau de chagrin on est en dessous de 100 millions d'euros sur ce budget d'un milliard huit pour faire l'effort d'aider et d'accompagner les demandeurs d'asile qui il est vrai pour un certain nombre sont en très grande difficulté et il faudrait bien sûr leur offrir ces moyens d'être vraiment bien accueillis dans notre pays et en Allemagne là par contre c'est 3 milliards de plus c'est à dire qu'en Allemagne on en accepte moins mais on les accueille mais on les accueille vraiment et on les loge de manière aussi à pouvoir les suivre et on ne les éparpille pas sur toute l'île de France sur tout le territoire national où y a-t-il des abus selon vous Marie-Carole Sintu ? il y a une acceptation beaucoup trop large du statut de réfugié ou de la protection sub-divière pourquoi ? c'est dans la définition ce sont dans les critères alors il faut dire pour être parfaitement régulier que sans doute les demandes d'asile ça c'est l'histoire de notre pays proviennent de pays où il est normal d'avoir une protection importante comme en Afghanistan comme la République démocratique du Congo mais je vais vous donner un exemple qu'on met en valeur dans notre rapport par exemple aujourd'hui les premiers demandeurs d'asile ce sont les Ukrainiens ailleurs ça c'est pas oui mais on avait pour les Ukrainiens et c'était tout à fait normal au niveau européen une protection dite temporaire partout ailleurs les Ukrainiens restent majoritairement dans cette protection temporaire pas chez nous où ils basculent dans le statut de réfugié pourquoi ? parce que pour nous on leur a offert une protection temporaire qu'il faut renouveler de 6 mois en 6 mois c'est compliqué et surtout qu'ils ne les mettaient pas à égalité sur les prestations sociales alors qu'ailleurs dans les autres pays ils ont dit on vous donne des protections temporaires bien plus longues vous n'avez pas à les renouveler et on vous aligne sur le bénéfice du statut de réfugié résultat on a même un problème maintenant avec l'Ukraine et avec le président Zelensky qui nous fait remarquer que ses compatriotes ont qualité à revenir et qu'effectivement quelque part quand on devient un réfugié c'est qu'on renie son pays ce n'est pas le cas chez les Ukrainiens moi j'ai vu à l'OFPRA une audition d'une jeune femme ukrainienne qui disait clairement qu'elle avait un lien avec son pays qu'elle allait voir son père régulièrement et pour autant j'ai bien compris qu'elle aurait la protection de toute façon les Ukrainiens l'obtiennent à plus de 90% alors que donc elle n'aurait pas dû l'avoir et qu'elle aurait dû rester dans la protection on ne comprend pas trop ce qui relève de la protection ce qui relève de la droit d'asile est-ce que vous pouvez là nous éclairer il y avait un statut exceptionnel pour les Ukrainiens c'était cette protection temporaire mais c'était pas le statut ni de réfugié ni et donc dans les autres pays ils sont restés dans cette protection qui leur est toujours offerte et nous en France on n'a pas su faire évoluer cette protection temporaire parce qu'on a une loi qui a été votée très largement au Sénat et qui ne trouve pas à finir son parcours à l'Assemblée nationale voilà parce qu'on réagit trop tard parce que finalement peut-être on ne se pose pas la question de savoir si c'est bien que les Ukrainiens viennent être les premiers maintenant reconnus au titre de réfugiés alors que c'est pas la logique ça veut dire que notre protection qui peut être donc les protections offertes quand on parle du droit d'asile c'est ou réfugiés ou protection subsidiaire les réfugiés c'est un titre de séjour de 10 ans la protection subsidiaire c'est 4 ans chez nous au fond on nous demande l'asile on l'accepte très largement on l'accepte pour très longtemps nulle part ailleurs vous avez mais est-ce que les gens qui bénéficient du droit d'asile parce que ça c'est une question notamment qui est soulevée par Nicolas Pouvre-Monti est-ce que les gens qui bénéficient du droit d'asile sont en fait éligibles aujourd'hui à ce droit d'asile est-ce que c'est des vrais réfugiés est-ce que c'est des vrais persécutés parce qu'on peut être persécuté on peut crier vite à la persécution et deuxième question scandaleuse peut-être aux yeux de certains aux oreilles de certains mais des pays en guerre il y en a partout et il y en a de plus en plus alors que ce soit ceux qui demandent l'asile des personnes qui soient en très grande difficulté certainement mais que ce soit des personnes persécutées qui mériteraient toutes dans leur ensemble de rentrer dans le statut de l'asile bien sûr que non et les chiffres donnent la réponse directement voilà ça on peut vraiment le dire et il faut évidemment se reposer la question des protections qu'on offre et il faut aussi se dire que si c'est tellement attractif c'est aussi parce que quand on est débouté finalement on reste sur le territoire donc qu'est-ce qu'on risque pendant un an on a une prise en charge allocation hébergement ensuite on reste et ce qui est très intéressant c'est qu'on reste c'est qu'il n'y a quasiment pas d'obligation de quitter le territoire contre des déboutés qui seront exécutés encore moins que ces fameux 10% d'exécution des OQTF là les chiffres sont très intéressants de ce que vous donnez il y a 10% d'OQTF déjà qui sont exécutés en France donc et pour les déboutés du droit d'asile on descend à 5,5% donc des déboutés des droits d'asile des bonnes années c'est plutôt 3% voilà et surtout ce que je voulais dire un chiffre qui est difficile à lire dans la pomme mais qui est peut-être le plus important c'est que sur les 150 000 demandeurs d'asile il y en a 25% qui dans les 2 à 5 ans bénéficieront d'un autre titre donc ça veut dire pour faire plus simple peut-être que cette formulation que dans ceux qui sont déboutés du droit d'asile plus de la moitié dans un délai très rapide iront grossir les rangs de l'immigration familiale ou économique et il faut bien savoir qu'aujourd'hui c'est une filière parallèle d'immigration qui supplante l'immigration économique elle est un point au-dessus avec 23% de titres de séjour donnés l'année dernière au titre de la protection internationale voilà juste rapidement une piste pour ressortir de ce phénomène alors moi déjà je voudrais quand même dire sur le plan financier parce que c'est quand même un rapport sur les coûts réduire les délais un mois de réduction d'instruction ça s'améliore mais pas suffisamment c'est 94 millions d'euros donc ça veut dire qu'on pourrait financer une autre politique au niveau de l'OFPRA leur donner encore plus de moyens alors qu'ils en ont déjà beaucoup et qu'on a renforcé leurs effectifs pour juger vite pour juger bien puisque l'OFPRA coûte 100 millions et il y a 94 millions réduction des délais allez je vous laisse réduction des titres de séjour également évidemment sur les OQTF on applique et on s'inspire de nos voisins européens dont on se démarque totalement merci beaucoup Marie-Carole Sientu et le rapport de la mission d'information du Sénat sur le droit d'asile est à retrouver sur le site du Sénat merci beaucoup d'être venu nous en parler et on se retrouve lundi même heure même endroit merci
Marine Le Pen