Bruno Le Maire : "Nous allons pouvoir engager le temps de l'investissement"
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C'est une bonne nouvelle qu'il faut savourer dans une période où le spectre de la pandémie redevient inquiétant. Les chiffres de la consommation, l'INSEE les a publiés il y a moins d'une heure et qui est de mieux placé que vous pour un premier commentaire. Bonjour Bruno Le Maire.
Bonjour Amélie Perrier.
Ministre de l'économie, des finances et de la relance. Alors ces chiffres, les Français consomment de nouveau, plus 0,9% au deuxième trimestre. Et la croissance également repart, plus 0,9%. C'est plus qu'attendu ?
C'est plus qu'attendu puisque l'INSEE avait anticipé plus 0,7%. Donc c'est une performance exceptionnelle de l'économie française. Et je veux saluer cette performance exceptionnelle de l'économie française. C'est un motif de fierté pour les Français. Elle a été accomplie alors même que sur ces trois mois du deuxième trimestre, il y avait un mois de confinement, le mois d'avril. Donc c'est dire à quel point la performance mérite d'être saluée.
C'est la consommation qui repart vraiment beaucoup au mois de mai ?
C'est tout qui repart, c'est la consommation, c'est l'investissement, c'est le moral des entrepreneurs. Donc ça va nous permettre d'atteindre les 6% de croissance que nous nous sommes fixés pour 2021. Et ça doit nous permettre de retrouver le niveau d'activité d'avant-crise au début 2022. Je crois surtout que ça valide les choix économiques qui ont été faits par le gouvernement et par le président de la République depuis le premier jour de la crise.
Protéger les entreprises, protéger les salariés, éviter les vagues de licenciements, éviter les dizaines de milliers de faillites pendant la crise économique, c'est ce qui nous permet aujourd'hui de rebondir fort et anticiper le plan de relance comme nous l'avons fait, en commençant à décaisser le plan de relance très tôt, à la fin de l'année 2020, avant même que la pandémie soit derrière nous. C'est ce qui nous permet d'avoir ces résultats exceptionnels aujourd'hui. Donc je tiens évidemment à en remercier les Français et à dire que nous sommes maintenant sur la bonne voie pour sortir plus fort de cette crise économique.
Donc vous revoyez les prévisions de croissance à la hausse, l'insétable sur 6%, jusqu'à présent le gouvernement était à 5%, assez prudent. Là vous dites maintenant que ce sera 6% cette année en 2021 ?
Confirme que nous pouvons atteindre les 6% en 2021. Nous avons, pour rentrer un tout petit peu dans la technique, 4,8% d'acquis de croissance pour l'année 2021. C'est plus que ce que nous avions anticipé grâce à ce rebond très fort du deuxième trimestre.
Les Américains ont publié leurs chiffres hier, ils ont rattrapé le temps perdu pendant la pandémie. La France, elle, elle a encore quelques points de retard par rapport à avant la pandémie ?
Elle a encore quelques points de retard, mais je le dis, on va plus vite que prévu, nous allons plus vite que prévu. Et ça va nous permettre d'engager maintenant très rapidement le troisième temps de notre stratégie économique, celle que nous avons définie avec le président de la République depuis maintenant plusieurs mois. Le premier temps, je le redis, c'était la protection totale des salariés et des entreprises. Ça a été un succès, ça nous permet de garder nos capacités de production et de rebondir fort aujourd'hui. Le deuxième temps, nous l'avons engagé à la rentrée 2020, ça a été la relance.
Et je rappelle que nous avons déjà engagé 40 milliards d'euros, soit 100 milliards de la relance. Et je pense que d'ici la fin de l'année, nous aurons engagé 70% du plan de relance. C'est-à-dire que ça décaisse vite et que ça permet de profiter aux Français. Les Français en profitent tous les jours, que ce soit sur MaPrimeRénov', sur le changement de leur véhicule. C'est quelque chose qui bénéficie directement aux Français et qui permet de réindustrialiser notre pays.
Et le troisième temps, c'est celui de l'investissement, celui qui doit préparer la France pour 2030 et qui doit permettre de mettre fin à 30 années de délocalisation industrielle, de fermeture d'usines, pour retrouver notre indépendance industrielle.
On va en reparler de l'investissement, mais je voudrais quand même revenir sur ces chiffres de la consommation. Ils sont un peu contre-intuitifs, puisqu'on a dit à la fin des soldes, cette semaine, que les commerçants étaient déçus, qu'ils n'avaient pas fait les chiffres d'affaires qu'ils espéraient.
Donc nous verrons, je n'ai pas encore les chiffres définitifs des soldes. Ce que je constate, c'est que la consommation est repartie très fort. Alors il peut y avoir effectivement des différences d'un secteur à un autre, des difficultés particulières dans un secteur. Nous regarderons ça attentivement.
Et nous avons d'ailleurs prévu de maintenir des dispositifs d'aide jusqu'à la fin du mois d'août pour les secteurs qui ont été les plus touchés par cette crise sanitaire, c'est-à-dire les secteurs de l'hôtellerie, des cafés, de la restauration, parce que nous sommes à la fois très volontaristes, mais en même temps nous gardons cette prudence qui fait que nous soutenons les secteurs qui en ont le plus besoin.
Autre frein à l'activité, disent certains professionnels, le pass sanitaire qui est en vigueur depuis un peu plus d'une semaine dans les lieux de culture et de loisirs. Par exemple, les cinémas se plaignent de la baisse de fréquentation. Vous avez reçu les professionnels avec Roselyne Bachelot cette semaine. Vous n'avez rien annoncé en plus pour les aider, les cinémas par exemple, ou les parcs d'attraction ?
Le CNC, le Centre National du Cinéma, a déjà annoncé des aides supplémentaires. Je rappelle que nous avons apporté beaucoup de moyens supplémentaires au ministère de la Culture. Ça va permettre aussi de soutenir le cinéma dans les semaines qui viennent. Oui, le cinéma souffre beaucoup actuellement. Il y a beaucoup de sorties, il y a moins d'entrées que ce qui a été prévu.
Encore plus avec le pass sanitaire quand même.
Le pass sanitaire a eu un impact, je le reconnais très volontiers, sur le secteur spécifique du cinéma. Je les ai reçus avec Roselyne Bachelot. Nous avons reçu beaucoup d'acteurs de la culture, les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle, les salles de concert. Nous sommes là puisque nous maintenons les aides pendant l'été. Et nous nous reverrons le lundi 30 août, très précisément, pour faire le point sur la situation de ces secteurs. Et voir quelles seraient les mesures complémentaires nécessaires. Nous, nous avons toujours eu le même principe.
Mais certains disent que c'est trop tard le 30 août.
Il y a, une fois encore, des mesures qui ont été annoncées par le CNC hier. Le 30 août me paraît la bonne date, puisque ça nous permet de savoir exactement quelle a été la perte de chiffre d'affaires. Moi, j'espère bien que les choses vont remonter. En tout cas, ce dont je suis certain, c'est que le pass sanitaire est une protection. Enfin, on voit bien que là où il n'y a pas suffisamment de vaccination, là où le pass sanitaire n'est pas encore en vigueur, on voit bien l'impact que ça a sur la situation sanitaire et les obligations qui en découlent. Le pass sanitaire est une protection.
Ce qui, aujourd'hui, la seule chose qui, aujourd'hui, freine légèrement la reprise économique, c'est les goulets d'étranglement sur les matières premières, parce que beaucoup d'artisans du bâtiment, des travaux publics, ont du mal à trouver des matières premières, du bois, de l'acier, du bois de charpente. Et l'autre goulet d'étranglement, c'est le recrutement. On ne trouve plus suffisamment de main-d'oeuvre dans certains secteurs, je pense notamment aux restaurants, je pense aux hôtels, qui ont beaucoup de mal à trouver de la main-d'oeuvre aujourd'hui. Donc, c'est vraiment le signe que la reprise est forte et qu'elle se fait sur une base solide.
Justement, dans les restaurants et les cafés, le pass sanitaire s'appliquera dans quelques jours. Là aussi, pas d'aide supplémentaire pour l'instant ? Vous attendez de voir ?
Il y a un filet de sécurité, je le redis, qu'il n'y ait pas d'inquiétude. Nous avons maintenu le fonds de solidarité. Le fonds de solidarité pour le mois de juillet sera ouvert le 16 août. Je le dis à tous ceux qui nous écoutent, dès le 16 août, vous pouvez vous inscrire pour bénéficier du fonds de solidarité. Je rappelle que nous avons élargi l'ouverture de ce fonds de solidarité, parce qu'avant, pour avoir accès au fonds de solidarité, il fallait perdre la moitié de son chiffre d'affaires.
Aujourd'hui, dès que vous perdez 10% de votre chiffre d'affaires, je le dis à tous les restaurateurs, les hôteliers, les patrons de café, de salles de restaurant, de salles de sport qui nous écoutent, dès que vous perdez 10% de votre chiffre d'affaires, vous pouvez bénéficier du fonds de solidarité. Donc nous avons gardé ce filet de sécurité, et moi, ma conviction très profonde, c'est que le pass sanitaire, c'est simple, et c'est protecteur de l'activité des restaurateurs.
Vous l'évoquiez, ce problème de recrutement, dans la restauration notamment, qui va peut-être être encore plus compliqué, avec le pass sanitaire, puisqu'on sait que la main-d'oeuvre, elle est jeune, dans la restauration, dans les cafés, les serveurs, c'est une main-d'oeuvre jeune, donc pas forcément vaccinée. Comment ça va se passer ?
J'ai vraiment confiance dans le sens des responsabilités des Français, c'est aussi simple que ça. Je vois aujourd'hui que plus de la moitié des Français sont vaccinés, que vous avez une adhésion au vaccin qui va croissant. Et je pense qu'il ne faut jamais cesser de convaincre chacun de nos compatriotes que le vaccin est une protection, que le pass sanitaire est une protection, et que ce que nous voulons éviter, par-dessus tout d'abord, c'est d'avoir à nouveau des hôpitaux engorgés, à nouveau des salles de réanimation qui sont saturées. Je voudrais avoir un mot pour les personnels soignants, eux aussi ont droit à des vacances.
Eux aussi sont au cœur du mois de juillet, ils aimeraient bien pouvoir se reposer après une année qui est épuisante. Donc que chacun fasse preuve de sens des responsabilités, d'abord pour lui-même, pour sa santé, puisqu'on voit bien que ceux qui aujourd'hui sont dans les salles de réanimation sont dans leur immense majorité des personnes relativement jeunes et des personnes qui ne sont pas vaccinées. Et faites-le aussi pour les autres.
Faites-le pour vos proches, faites-le pour votre famille, faites-le pour ces personnels soignants qui ont eux aussi besoin de repos après une année difficile, et dont je comprends parfois soit la colère, soit la fatigue, soit l'exaspération de se dire mais ça va à nouveau revenir comme avant, parce que certains n'ont pas su faire preuve de sens des responsabilités et d'attention collective.
On parle désormais de quatrième vague, la Réunion et la Martinique reconfinent. Vous déclenchez de nouvelles aides pour ces départements d'outre-mer ?
Les départements d'outre-mer qui font l'objet de mesures de confinement ou de couvre-feu auront évidemment des aides renforcées. Il y a des aides dégressives pour les autres territoires français, mais dès lors qu'on prend des mesures plus strictes du point de vue sanitaire, il y aura une meilleure protection économique. Je veux vraiment rassurer tous nos compatriotes des départements des territoires d'outre-mer. Je sais que quand on est restaurateur, qu'on tient un bar à la Martinique en Guadeloupe ou ailleurs ou à la Réunion et qu'il y a des fermetures, il y a un confinement ou il y a un couvre-feu, c'est très pénalisant.
Les aides seront donc renforcées par rapport à ce qui est le cas dans d'autres territoires qui ne font pas l'objet des mêmes mesures.
Le quoi qu'il en coûte, c'est jusqu'à quand ? Jusqu'à quand on peut creuser la dette ?
Vous voyez que ce n'est plus du quoi qu'il en coûte, c'est de l'aide ciblée. Et c'est bien pour ça que je donne rendez-vous le 30 août, c'est que je veux d'abord savoir exactement quelle est la perte de chiffre d'affaires des secteurs qui sont concernés. C'est l'argent des Français que nous engageons, c'est l'argent du contribuable qui a été gagné par le travail des Français. Donc je veux m'assurer que chaque euro va bien à des secteurs qui ont effectivement perdu du chiffre d'affaires. Le chiffre d'affaires, c'est le point de référence qui nous permet de dire, effectivement, vous avez perdu de l'activité à cause de la crise sanitaire, eh bien on vous compense cette activité.
Mais ça demande d'avoir un bilan très clair, d'avoir des chiffres précis, de pouvoir les confronter les uns avec les autres. C'est le 30 août que nous ferons cela.
Vous dites que c'est l'argent des Français, il y a de l'argent européen aussi qu'on attend. Le plan de relance européen, 750 milliards d'euros, c'est un plan qui a été conclu il y a un an déjà, à l'été 2020. La France a touché combien, ou va toucher combien ? Quand est-ce qu'on touche cet argent ?
J'ai signé l'accord financier avec la Commission européenne pour pouvoir bénéficier de ces fonds. C'est 40 milliards d'euros qui sont en jeu, donc c'est une somme très importante. Et à partir du moment où cet accord financier a été signé, nous aurons les 5 premiers milliards que nous devons toucher dans les prochaines semaines, je l'espère, d'ici la fin du mois d'août, début du mois de septembre.
Vous l'évoquiez, la troisième phase, c'est le plan d'investissement. Vous rendez aujourd'hui vos propositions à Emmanuel Macron, c'est ça pour ce plan d'investissement ? En quoi ça consiste ? Quelle est la philosophie de ce plan ?
La philosophie de ce plan, c'est redonner à la France sa pleine indépendance industrielle et recréer des chaînes de valeurs. Qu'est-ce que ça veut dire ? Depuis 30 ans, vous avez des délocalisations industrielles massives et la France vit sur ses acquis, pour faire simple. Vous avez quelques grandes filières industrielles qui font notre fierté. Je pense au luxe, je pense à l'agroalimentaire, je pense à l'aéronautique, je pense au secteur du médicament. Et puis vous avez des filières qui ont disparu, qui se sont délocalisées, et nous n'avons pas su créer de nouvelles chaînes de valeurs industrielles.
L'objectif, c'est de créer ces nouvelles chaînes de valeurs industrielles qui vont représenter des emplois, des usines dans les territoires, de la relocalisation industrielle. Prenez les batteries électriques. Il y a quelques mois, on ne faisait pas une batterie électrique en France. Nous allons ouvrir une usine à Douvrain, dans le Nord. Le président de la République a inauguré une usine à Douvrain pour Renault. Nous allons fabriquer nos batteries électriques en France. Prenez les semi-conducteurs. Tout le monde a compris, à la faveur de cette crise, que les semi-conducteurs, ils étaient absolument partout.
Ils sont dans ces micros, ils sont dans vos iPhones, ils sont dans nos voitures, ils sont dans les avions. On en a impérativement besoin. Ils sont produits, soit par les Américains, soit par Taïwan, soit par une partie de l'Asie. Nous voulons augmenter nos capacités de production de semi-conducteurs. Nous avons un champion industriel, ST Micro, Accrol, qui est une entreprise remarquable franco-italienne. Nous allons investir dans les semi-conducteurs. Même chose pour l'hydrogène. C'est évidemment, l'hydrogène, une perspective formidable pour la décarbonation de notre industrie, pour le transport collectif. Nous allons à nouveau investir là-dessus.
Donc je ferai des propositions au président de la République, avec, je le redis, cet objectif, de garantir la pleine indépendance industrielle française, garantir des relocalisations industrielles et des nouvelles chaînes de valeur.
C'est en dizaines de milliards ?
C'est le président de la République qui rendra ses arbitrages là-dessus, parce que c'est des montants qui sont très importants. Je lui ai présenté des options et c'est le président de la République qui tranchera.
Et c'est un plan politique aussi ? Vous aimez dire, je crois, une usine qui ferme, c'est une permanence FN ou RN qui ouvre ?
Mais l'économie est et doit être politique. L'économie, ce n'est pas uniquement de l'argent qui circule. C'est aussi des objectifs politiques. Et là, l'objectif politique, il est très simple, relocaliser des chaînes de valeur industrielles en France. La France, c'est une grande nation industrielle, une grande nation agricole, une grande nation de services également. Il n'est pas question qu'il y ait un dépend de notre économie qui disparaisse, qui fait la force de l'économie française et qui nous permet, une fois encore, d'avoir ces résultats exceptionnels en termes de croissance.
C'est pour faire simple qu'on n'a pas mis tous nos oeufs dans le même panier, que nous avons une diversité de production et la production industrielle a fait l'objet d'une capitulation depuis des années. Eh bien, nous, nous sommes partis à la reconquête de notre industrie, mais pas sur des industries qui sont dépassées, sur une industrie nouvelle, sur de nouvelles chaînes de valeur qui vont nous permettre de recréer de la valeur et des emplois dans les territoires français.
Bruno Le Maire, les auditeurs veulent vous poser des questions. Loïc, notamment, vous attend au Standard. Bonjour Loïc. Oui, bonjour. Allez-y, posez votre question.
Bonjour à tout le monde. Bonjour M. Le Maire. Je reviens sur le fonds de solidarité. J'en profite pour confirmer à peu près ce qu'a dit M. le ministre, c'est-à-dire que nous avons été bien aidés, il ne faut pas se le cacher. Moi, j'ai un restaurant d'altitude sur une station de ski, sur la station de Cerche-Chevalier, à 2200 mètres d'altitude, donc j'ai été concerné par les fermetures, par la fermeture de la station. Je n'ai absolument pas ouvert de l'hiver. J'ai touché mes aides à peu près convenablement, je dirais, pour le mois de décembre, janvier, février. Et à ce jour, je n'ai pas touché l'aide du mois de mars.
La réponse de Bruno Le Maire. Pourquoi Loïc n'a pas touché l'aide du mois de mars ?
Ça, ce n'est pas normal. Disons les choses très simplement. Loïc, d'abord, merci pour vos remerciements. Je pense qu'effectivement, on a bien protégé les restaurateurs. Mais si vous avez perdu effectivement de l'activité, perdu du chiffre d'affaires, vous êtes éligible au fonds de solidarité. Quand vous étiez fermé, vous êtes éligible. Si vous avez perdu 50% de votre chiffre d'affaires, vous êtes éligible. Et pour les mois de juin, juillet, août, je le dis pour Loïc, je ne sais pas s'il y a du monde à Cerchevalier, je le souhaite, mais si jamais vous avez perdu ne serait-ce que 10% de votre chiffre d'affaires, vous êtes éligible au fonds de solidarité.
Mais il n'y a pas des lenteurs administratives ? C'est parce que ça montre un peu ce que nous dit Loïc.
À partir du moment où nous sommes passés du quoi qu'il en coûte au surmesure, c'est vrai qu'il n'y a plus y avoir des délais supplémentaires parce qu'il fallait regarder chaque cas particulier là où auparavant on ratissait beaucoup plus large pour faire simple. Donc il peut y avoir des lenteurs. Nous les avons corrigées depuis plusieurs semaines mais Loïc peut parfaitement nous transmettre son cas particulier. Nous regarderons pourquoi est-ce qu'il n'y a pas eu de versement à date.
Un autre restaurateur veut vous parler. Stéphane. Bonjour Stéphane.
Oui, bonjour à tous. Voilà, bon moi j'ai eu restaurateur à Ivry-sur-Seine donc c'est pas tout à fait la même situation. Je suis surtout restaurant du midi donc très impacté par le télétravail et je voulais apporter un témoignage sur même si je fais le même satisfait site aux aides en général sur le cas particulier des entreprises qui n'ont pas une année complète avant Covid. Moi c'est mon cas. Du coup, le chiffre d'affaires de référence qui sert à calculer les aides est une moyenne des chiffres d'affaires des six premiers mois.
Moi, il se trouve que j'ai repris une affaire qui tournait avec des salariés et donc dans ces six premiers mois j'ai 90% de mes congés payés et du coup mon chiffre d'affaires de référence correspond au deux tiers de ce qu'il faudrait que je fasse pour équilibrer. Donc alors même que je suis un restaurant particulièrement impacté par le Covid du fait du télétravail, et bien à part pendant les périodes de fermeture je ne bénéficie pas du fonds de solidarité.
La réponse du ministre Bruno Le Maire.
Alors d'abord vous faites partie effectivement de ces restaurants qui sont proches d'activités professionnelles donc ils sont très touchés donc je vais le dire pour tous les restaurants qui sont proches de centres d'activité où il y a beaucoup de télétravail proches de bureaux des quartiers d'affaires proches des tours des quartiers d'affaires c'est compliqué et le télétravail a un très gros impact sur ces restaurants. Donc raison de plus pour maintenir le fonds de solidarité comme nous l'avons fait. Ensuite il faut toujours une période de référence il faut comparer le chiffre d'affaires que vous avez perdu à une période de référence.
Donc pour ceux qui étaient ouverts récemment on a pris effectivement comme l'a dit Stéphane les six premiers mois je dis à chacun des restaurateurs qui nous écoutent que lorsqu'il y a une difficulté particulière il peut toujours y avoir un cas singulier. Il faut s'adresser à la direction générale des finances publiques à l'antenne départementale de cette DGFIP pour arriver à trouver une solution. Les agents de la DGFIP ont fait un travail absolument exceptionnel pendant cette crise et lorsqu'il y a un cas particulier qui échappe aux règles telles qu'elles ont été fixées nous les regardons toujours avec la plus grande bienveillance.
Je voudrais qu'on entende maintenant la question de Marc. Bonjour Marc.
Bonjour Monsieur le maire.
Bonjour.
Bonjour. Avec tout le respect que je vous dois il me semble que dans votre discours soit vous faites preuve de beaucoup de naïveté soit vous faites preuve de beaucoup de démagogie à savoir que j'entends votre satisfaction votre euphorie quant à la reprise de l'activité en revanche vous occultez complètement les 2 millions de plus d'allocataires au RSA c'est-à-dire que nous avons des citoyens français comme vous et moi qui plongent dans la précarité et ces citoyens ils sont de plus en plus nombreux puisqu'ils sont aux alentours maintenant de 10 millions. C'est vrai ce que dit Marc
la précarité a augmenté quand même pendant cette période. Qu'est-ce que vous répondez Monsieur le maire ?
Je réponds d'abord que nous avons protégé les français pendant la crise et pardon les chiffres sont têtus c'est pas de la démagogie je suis pas du tout d'accord avec vous Marc c'est de la réalité c'est des chiffres c'est des réalités qui nous sont données nous avons protégé le pouvoir d'achat des français pendant l'année 2020 alors que c'était la crise la plus importante depuis 1929
par exemple il y a beaucoup de jeunes d'étudiants qui sont tombés dans une immense précarité
bien sûr
on peut pas les mettre de côté et eux ne consomment pas aujourd'hui
mais je ne mets personne de côté absolument personne mais il faut regarder aussi ce qui arrive à la nation française aux français dans leur ensemble les français dans leur ensemble ont été protégés pendant cette crise leur pouvoir d'achat a été protégé et face à une crise qui était je le rappelle la plus grave depuis 1929 nous pourrions avoir aujourd'hui un cortège de millions de chômeurs nous pourrions avoir des dizaines de milliers de faillites nous pourrions avoir des millions et des millions de français dans la plus grande difficulté ça n'est pas le cas nous l'avons protégé et je crois que à partir du moment où cette protection mais c'est pas uniquement le choix du gouvernement du président de la république cette protection elle a été assurée par le travail des français par l'argent des français par les contributions des français je pense que collectivement nous devons être fiers de la manière dont la France a su protéger ses citoyens ensuite qu'il y ait eu certaines catégories de personnes qui ont été plus touchées que d'autres mais bien sûr vous croyez qu'on est aveugle vous croyez qu'on ne voit pas qu'il y a des étudiants qui ne trouvent pas de stage qui sont inquiets pour la valeur de leur diplôme que nous n'avons rien fait pour les aider par exemple avec un ticket restaurant dont le prix a été abaissé à 1 euro mais bien sûr que nous voyons cela pensez que je ne suis pas attentif aux chômeurs de longue durée qui continuent à ne pas trouver d'emploi mais absolument pas mais faisons attention dans le débat public à ce que à force de ne pas voir l'élan collectif et le succès collectif finalement c'est la dépression générale oui il faut faire attention aux plus faibles oui nous le faisons et je pense en particulier aux jeunes qui ont traversé des moments extraordinairement difficiles je pense aux chômeurs de longue durée pour lesquels c'est très compliqué je pense aux jeunes qui n'ont ni diplôme ni qualification ni formation et que nous aidons avec Elisabeth Borne avec tous les dispositifs que nous avons mis en place pour favoriser l'emploi des jeunes favoriser l'apprentissage et qui fonctionnent mais je crois que collectivement je ne parle pas du gouvernement je ne parle pas du président de la république je ne parle pas du ministère de l'économie et des finances je dis simplement qu'il y a un succès français et quand il y a un succès français qui est cette capacité à retrouver grâce à votre travail à vous français et bien il faut en être fier
Bruno Le Maire on a appris hier qu'Alain Griset le ministre des PME était renvoyé en correctionnel il comparaîtra devant un tribunal le 22 septembre accusé d'avoir omis de déclarer une partie de son patrimoine c'est une décision rarissime pour un ministre en exercice il dépend de Bercy il dépend de vous est-ce qu'il doit se mettre en retrait et quitter le gouvernement ?
il y a deux choses il y a la décision de justice je ne les commande jamais je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais
là c'est sa place au gouvernement que je vous demande de commenter
il y a deux sujets il y a le sujet de la justice je ne commande aucune décision de justice en revanche ce que je peux vous dire c'est qu'Alain Griset est un très bon ministre il travaille sous mon autorité au ministère de l'économie et des finances il s'occupe des PME il s'occupe des artisans des commerçants il s'occupe des indépendants et il fait un très bon travail c'est tout ce dont je veux témoigner aujourd'hui
et l'image de votre ministre des PME qui sera devant un tribunal le 22 septembre ça ne va pas entacher la mission du gouvernement ?
je vous parle comme ministre de l'économie et des finances qui a sous son autorité un certain nombre de ministres délégués dont Alain Griset et ce que je veux dire aux français comme ministre de tutelle d'Alain Griset c'est qu'il fait un très bon travail
Bruno Le Maire à propos du scandale Pegasus révélé par le consortium international des journalistes Forbidden Stories dont fait partie la cellule investigation de Radio France nous voulions vous demander si votre portable avait été la cible de ce logiciel espion qui aspire les données et les conversations
tout cela est en cours d'examen mais c'est couvert par un secret qui me paraît précieux en revanche je crois que le président de la république s'est exprimé avec beaucoup de clarté sur cette affaire c'est une affaire grave c'est tout ce que j'ai à dire c'est une affaire grave
votre portable est analysé en ce moment ?
il y a des examens qui sont en cours je ne peux pas vous en dire plus mais c'est une affaire qui est grave globalement le président de la république l'a dit avec beaucoup de clarté il a dit avec beaucoup de clarté également que la France en tirerait toutes les conséquences en fonction des conclusions que nous aurions en tirées mais nous sommes pour le moment dans la phase d'examen y compris pour ce qui est de mon propre portable
une dernière question alors assez rapidement à propos de ce tweet que vous avez publié à propos de la condamnation de Nabila l'ex-vedette de télé-réalité condamnation à 20 000 euros d'amende pour avoir fait la promotion de services boursiers sur les réseaux sociaux il faut réguler un peu ces nouvelles professions là sur les réseaux sociaux
bien sûr et la publicité dévisée c'est ce que nous faisons enfin quand vous êtes influenceur et que vous avez des centaines de milliers voire des millions de followers vous avez une responsabilité enfin c'est trop facile d'avoir des millions de followers et puis ensuite de faire la publicité de produits qui ne correspondent pas à ce qui est annoncé ou à ce qui est valorisé
donc il va y avoir plus de contrôles de la répression des fraudes
il y a des contrôles j'ai déjà demandé un renforcement de la contrôle de la DGCCRF Direction Générale de la Répression des Fraudes et de la Consommation parce que je ne veux pas que les consommateurs soient trompés et j'ai un rôle je l'ai beaucoup dit pendant votre émission j'ai un rôle de protection protection des entreprises qui sont en difficulté protection des salariés face au risque de chômage et protection du consommateur je ne veux pas que le consommateur français soit abusé par qui que ce soit
Merci beaucoup Bruno Le Maire ministre de l'économie des finances et de la relance Merci d'être venu ce matin au micro de France Inter Bonne journée à vous
Bruno Le Maire