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interviewFrance Culture· 12 avril 2018 16 min

"L'humiliation a fait une entrée en force en relations internationales"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

c'était là sa grande découverte du temps qui est le nôtre c'est à dire que l'humiliation a fait une entrée en force en relations internationales d'un certain point de vue enfin je voudrais éviter les transitions trop facile mais d'un certain point de vue ce que nous vivons aujourd'hui au moyen-orient mais ce que nous vivons dans le sahel également dans le bassin du congo en afghanistan au yémen c'est la facture de 1 siècle deux siècles d'humiliation c'est à dire cette manière que des vieilles puissances ont acquises au fil des années des décennies de traiter les questions des autres de se substituer à l'autre pour décider de tout et pour considérer que tout ce qui se passe dans le monde et sa propriété ou du moins est sous sa garde tout cela ajouté à une culture et art chic qui s'est construite au fil des expériences historiques qui fait qu' il y à des états qui comptent plus que d'autres évidemment et surtout dans un siècle de communication généralisée tout ceci est perçue compris entendus reçu par ceux qui sont l'objet de ces humiliations j'ai été très frappé l'autre jour d'entendre le président macron à propos de cette bataille où s'était illustré les contingents portugais pendant la première guerre mondiale de 10 il ne faut plus de guerre à l'intérieur de l'europe oui mais il ya le monde et pourquoi y aurait-il des guerres ailleurs et pourquoi l'europe devrait se distinguer nous avons beaucoup de mal à comprendre que nous ne sommes plus seuls au monde l'humiliation c'est l'une des conséquences de ce qui fait se mouvoir les différentes forces en présence en syrie notamment on a dit que sur ce lieu il y avait des conséquences de l'humiliation dit sunnite qui aujourd'hui tentent de reprendre le contrôle de leur destin on voit aujourd'hui en tout cas que la situation est devenu extraordinairement compliquée du fait des forces locales en présence et de l'implication évidemment de moscou et de washington sur ce terrain là où parce que tout se passe à deux niveaux est en fait maintenant à trois niveaux vous parliez d'humiliation il ya l'humiliation du c'est rien par un régime autoritaire dictatorial et sanguinaire et qui ne les écoute pas qui les méprise ne pas et puis il ya l'humiliation des syriens en général et de la syrie en tant qu'etat en tant que collectivités par un système international qui considèrent que celle ci n'est pas en mesure de gérer ses propres affaires et que c'est la tutelle des vieilles puissances qui doit décider de son sort alors que les vieilles puissances sont quand même un en partie aussi responsable de cet enchevêtrement incroyable de force de ressentiment et et de mobilisation nous sommes face à une guerre à deux niveaux le niveau national c'était la guerre civile c'était le la révolution syrienne au départ en 2011 et puis cette guerre s'est régionalisé le rôle des acteurs régionaux l'arabie saoudite la turquie israël l'iran est maintenant le risque c'est qu'elle s'internationalise c'est à dire nous sommes dans une guerre à trois états alors c'est effectivement ce risque là qui est soulignée avec une possible intervention américaine on va en reparler avec le fait que moscou protège assad face à des frappes éventuelle mais ya quelques jours il me semble qu il y a eu des frappes sur un aéroport des frappes prêté à israël sur un aéroport syrien hier benjamin netanyahu a parlé à vladimir poutine et ça a été peu commenté dites nous quelles sont les clés de ce qu'ils ont pu se dire et pourquoi finalement vladimir poutine n'a t-il pas réagi contre israël alors vous avez tout à fait raison là l'action la frappe menée par israël sur la syrie a été comme toléré par le tuteur russe comme si justement dans ces guerres à étages dont on parlait tout à l'heure ce qui se passe au premier étage n'intéresse pas ceux qui vivent au troisième étage en fait la russie est en syrie en partie pas totalement mais en partie pour revenir sur la scène internationale et pour contrer les ats-unis donc c'est la réaction des états unis qu'il intéresse au premier chef israël est considéré comme un acteur local donc effectivement l'impact d'action militaire et considérer comme moi de même que l'action militaire de d'israël à gaza où finalement la communauté internationale ou soi-disante elle n'a absolument pas réagi s'ajoute un deuxième élément qu'il faut bien avoir en tête c'est que les relations entre moscou et tel aviv ne sont plus les relations antagoniques d'affrontements qu'elle était du temps de la bipolarité et de la guerre froide du temps des guerres de 67 et 73 ou l'alignement de moscou sur eux les pays arabes étaient et les régimes arabes était totale là il ya de bonnes relations il ya de bonnes relations entre la russie et israël et effectivement il ya une sorte de gentleman agreement mais alors c'est quand même pas évident parce qu'avec votre métaphore des étages donc on sait que dans cette région région compliqué l'idée qui consiste à dire que les amis de nos amis sont nos amis est une idée fausse le jeu d'alliances ne fonctionne pas de cette manière là et donc il ya et c'est officiel depuis la semaine dernière un axe entre riyad l'arabie saoudite et israël est cependant moscou qui l'a a conclu une alliance de manière officielle avec l'iran considère qu israël n'est pas est un pays potentiellement hostile oui tout à fait alors d'abord l'alignement des planètes auquel vous faisiez allusion il ya un instant et est un paramètre très forts de ce qui se passe actuellement c'est à dire que cet axe ryad tel aviv washington qui prend de la chaire enfin qui n'est plus une supposition qui maintenant entre dans le concret et dans l'explicité il ya eu encore des déclarations du prince héritier saoudien qui vont dans ce sens cet axe l'âme est quelque chose qui d'abord révolutionne la région qu'il ya quelques années aurait pensé une chose pareille et qui donne le sentiment à ceux qui sont les nostalgiques d'une politique de puissance que cette coalition et des serments gagnante israël seule puissance nucléaire de la région supériorité militaire déjà démontré l'arabie saoudite la grande puissance économique et financière de la région et aussi religieuse quand même les lieux saints qui se trouvent sur son sol et les états unis super puissance hyperpuissance ça ne peut être qu'une coalition gagnante alors il ne faudrait pas que cette coalition gagnante donne à ceux qui en font partie le sentiment de l'impunité de la visibilité des conduisent à l'imprudence mais il ne faudrait pas non plus ce que c'est là l'autre dimension du sujet que cette coalition se dote d'objectifs qui pourraient eux complètement bouleversé la donne notamment en considérant que le véritable ennemi dans la région ce n'est plus monsieur assad dont d'ailleurs effectivement on ne parle plus beaucoup dans les chancelleries mais l'iran et qu'il n'y ait pas derrière la crise qui se profile actuellement autour de l'idée de frappes en syrie la volonté de mettre en place ce qui serait la première étape d'un remue ménage de l'ensemble de la région visant à exclure ou à marginaliser par la force l'iran c'est le rêve saoudien c'est le rêve israélien et puis c'est aussi le rêve tu retiens donc effectivement peut-être est-ce plus important en arrière-plan que ne l'est le bombardements chimiques dont il ne faut pas oublier que c'est probablement d'après ce que nous disent les ong le 85e pourquoi le 85e enclenche tel tellement mme nervosité par rapport aux 81 capes précédent c'est donc une hypothèse à ne pas écarter on reviendra là dessus mais auparavant le nu déclare que la situation pourrait devenir hors de contrôle elle pourrait devenir hors de contrôle si donald trump met à exécution sa menace donc de lancer des missiles beau et intelligent je citais le terme de donald trump sur la syrie l'ambassadeur russe au liban menacent quant à lui d'abattre les missiles que trump promet de lancer rhétorique quand on est le chef de la principale puissance au monde tous qui dit vous est compté et si ce chef de la première puissance mondiale ne fait pas ce qu'il dit il perd de sa crédibilité alors avec tout l'accumulation rhétorique que nous lui connaissons notamment à propos de la syrie mais c'est un peu la même chose à propos de la corée du nord si les choses deviennent à s'aggraver il risque d'être prisonnier de ce qu'il a annoncé ce qu'il a promis à sa première première raison la deuxième raison je reprends ma métaphore de la guerre à étages lorsque vous faites la guerre à un étage vous n'êtes jamais sûr à 100% de ne pas toucher les autres étages et si vous voulez comme le président macron l'a rappelé récemment ne toucher que des objectifs syrien c'est à dire agir au rez-de-chaussée vous voulez qui vous dit que l'un des éclats n'atteindra pas le premier ou le deuxième étage là où réside l'ours russe donc le danger est réel alors il ya toute une toute une codification des relations internationales qui permet quand même de se prémunir de ce danger mais ce qui me fait peur c'est monsieur trump n'est pas véritablement situation de maîtriser cette codification internationale monsieur truc ce n'est évidemment pas barack obama hélas mais ce n'est même pas george w bush le george w bush était un néo conservateur mais qui connaissait les codes internationaux là on a l'impression alors se détend pressent ce n'est peut-être qu'un effet de langage que ce monsieur ne connaît pas les codes des relations attachement au sein du toujours considéré qu'il est dangereux mais lorsqu'on essaye de voir dans le passé si l'on à des épisodes qui pourrait éclairer ce que l'on est en train de vivre aujourd'hui il ya eu la crise des missiles de cuba il ya un certain nombre de lieux et de dates dans le monde où la guerre froide à a menacé de devenir guerre chaude est ce qu'aujourd'hui on est véritablement dans cette situation là quels sont les enseignements du passé qui peuvent éclairer aujourd'hui bertrand m'a dit non justement c'est tout à fait différent la crise de cuba mais 962 c'était la mise en oeuvre de la dissuasion nucléaire c'est à dire la démonstration qui maintenant que le recul du temps c'est était presque imparable que la menace réciproque du feu nucléaire allait annuler le risque de guerre donc à l'époque on ne savait pas je vous rappelle j'avais 12 ans à l'époque on avait très peur mais on avait tort d'avoir peur parce que on a vu au fil du temps que les dissuasion nucléaire était parfaitement maîtrisé et d'ailleurs ça s'est reproduit plusieurs fois de -2° notamment au moment de la guerre de 1973 l alerte nucléaire déclenchée par nixon le 23 octobre 1973 le système fonctionnait aujourd'hui nous sommes dans un système international qui a un certain nombre de codes je le disais tout à l'heure mais qui n'a plus de logique de dissuasion de cette même nature alors ce qui est mieux c'est qu'on n'est pas au bord du conflit nucléaire ou alors là il faudrait un enchaînement incroyable de circonstance pour y parvenir mais en revanche on est davantage proche d'une guerre sinon classique du moins je dirais d'une guerre d'accrochage entre deux grandes puissances militaires et ça évidemment c'est extrêmement dangereux et monsieur guti reste tout à fait raison de tirer attention là dessus autres épisodes du passé la crise de suez est-ce que là on était on était précisément dans une guerre à étages peut être rappelé en quelques mots bertrand badie est ce qui se déroulait là bas et voir dans quelle mesure là aussi dans cet orient compliqué et bien la comparaison peut aider à y voir plus clair oui enfin la guerre de suez c'est encore autre chose parce que en fait la guerre de suez c'était une guerre de décolonisation c'est à dire la décision rappelez-vous de nasser de nationaliser le canal de suez la réplique franco britannique à 7 cette action d'émancipation c'était les derniers soubresauts en quelque sorte d'une tutelle coloniale ou néo coloniale il n'y avait pas vraiment de colonisation sens strict du terme en egypte mais en tous les cas une sorte de tutorat qui résistaient qui reste à se défaire et qui a été très sévèrement condamnés par l'urss et les etats-unis qui étaient déjà dans un épisode plus avancé des relations internationales puisque on entrait dans le contexte de l'affrontement est ouest qui n'a pas suivi c'est à dire que dans le cas de suez l'affrontement entre les franco britannique d'un côté l'egypte de l'autre franco britannique appuyé par israël d'autre part n'a pas été transformé en affrontement est ouest et états unis et oss à l'époque c'était tacitement ligue et pour empêcher la coalition franco britannique d'aller plus loin des provocations rue il y en a il ya notamment l'empoisonnement de sergueï skripal et sa fille qui est aujourd'hui considéré de l'avis de tous comme étant une frappe directe du kremlin sur cet espion cet agent double est-ce que ça ça n'est pas aussi une manière que le kremlin a choisi de montrer sa puissance puisque c'est quelque chose de signer qui mériterait peut-être qu'on réplique je travaille presque tendance à revenir encore à notre affaire du mépris c'est à dire que la russie il n'était plus l'urss a été brutalement exclu du jeu international en 1910 en 89 91 et nous avons toute la décennie helsinki était une décennie de marginalisation qui a créé une très forte crispation à l'interdît système politique russe qui s'est reconstitué autour de poutine à partir de cette volonté de revenir comme puissance c'est d'ailleurs là que l'on comprend bien ce qui aurait pu être la kz poutine trump leur idée était là même c'est à dire revenir dans le jeu international passe de se considérant comme étant des parties de son lot de puissance auquel l'un et l'autre aspirer donc effectivement la russie fitou en ce moment pour montrer qu'elle existe sur la scène internationale pour montrer qu'elle est dotée d'une puissance réelle et qu'elle doit être respectée et pour effectivement faire fonctionner et ça marche fibre nationaliste à l'intérieur de la société russe jamais monsieur poutine a atteint de telles courbe de popularité depuis qu'ils le fait le monsieur muscles de l'ethno nationalisme russe tout ceci est d'autant plus dangereux qu'on ait passé un deuxième stade maintenant c'est à dire que les deux moscou et washington veulent montrer leur puissance et veulent que l'autre la montre un peu moins donc c'est pour ça qu'ils aient un risque réel de confrontation