L'invité politique Sud Radio - Avec Michel Barnier, député LR de Paris et ancien Premier ministre
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Vous avez choisi Sud Radio et vous avez bien fait. C'est l'heure du grand rendez-vous politique. Michel Barnier, l'invité de Jean-François Aquili. Messieurs, c'est à vous. Bonjour Michel Barnier.
Bonjour et bonjour aux auditeurs de Sud Radio.
Question simple, serez-vous présent le samedi 20 juin aux côtés de Bruno Retailleau qui tiendra son premier meeting de campagne au parc floral de Paris ?
Monsieur Aquili, vous pensez vraiment que je me suis posé la question d'être présent ou absent à une grande réunion de mon propre parti. J'ai toujours été là. J'ai toujours été présent. Je suis et je serai présent loyal. Et je suis loyal à l'égard de Bruno Retailleau qui est notre candidat dans cette première partie de l'élection présidentielle. Et je serai libre aussi de dire les choses comme je le pense en fonction de ce que je crois être l'intérêt de notre pays. Donc je n'ai pas de problème.
Il faut être là avec la parole libre.
Je serai là avec aussi un sentiment de respect à l'égard de nos militants qui sont sur le terrain. On l'a vu aux élections municipales et qui méritent d'être respectés.
Je vous pose la question parce que Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand seront absents. Ils sèchent un petit peu le meeting. Je ne sais pas si vous trouvez ça patrifique de la repart. Vous en pensez quoi de ça ?
Vis-à-vis des militants, je ne trouve pas ça bien. Maintenant, c'est leur choix et je ne vais pas passer du temps. On a d'autres sujets. Oui, ça vient, ça vient, ça vient. Qui préoccupent les Français davantage que la présence de tel ou tel...
Non, parce que ça parle... Monsieur Barnier, c'est important. On va venir sur les autres sujets, vous rassurez-vous. Mais Laurent Wauquiez, il reproche à Bruno Retailleau de faire cavalier seul parce que lui, Laurent Wauquiez, il voudrait une grande primaire qui irait de Darmanin à Zemmour.
Monsieur Aguilly, si on dit un mot des élections présidentielles telles qu'elles se préparent actuellement, vous avez plusieurs cavaliers seuls. Je ne peux pas le dire. Vous avez un candidat de Renaissance, un candidat d'Horizon, vous avez un candidat... Il est assez légitime que les Républicains, dans cette période où on n'a pas réussi à se mettre d'accord au départ, que chaque famille politique, et d'ailleurs c'est trois présidents de partis qui se présentent, fassent valoir leur diversité, leur sensibilité, chacun derrière son drapeau.
Et donc je suis dans ma famille politique, loyale, libre aussi, de dire, à l'automne, sans doute, j'entendais François Degoy évoquer novembre, novembre-décembre, dans ma famille politique, dire, nous ne devons avoir qu'un seul candidat pour la droite et le centre, un seul candidat. Ce moment n'est pas venu pour le moment. Moi, je préfère parler des problèmes des Français, parce que je crois qu'un homme politique, et j'en suis un, revenu à l'Assemblée nationale grâce aux Parisiens il y a quelques mois, on doit apporter des solutions aux Français.
On va évoquer bâtir ensemble, ce que vous êtes en train de proposer aux Français. Juste quelques mots quand même, vous avez vu le Figaro, c'est assez amusant. Laurent Wauquiez, David Lissnard, Xavier Bertrand et Michel Barnier, ils vous citent comme les quatre outsiders. Ça ressemble un peu au Dalton d'ailleurs, au passage.
Oui, je suis très ému d'être qualifié de outsider, peu importe, au moment où je vous parle, je ne suis pas candidat, et ce qui m'intéresse, c'est de parler des Français, il y a déjà beaucoup de candidats, peut-être trop d'ailleurs, à coup sûr trop, mais ce n'est pas le sujet.
Mais vous seriez capable d'y aller, vous la parlez, parce qu'il y a beaucoup de candidats, ou d'intentions, enfin il y a des vérités.
J'ai déjà été candidat dans une primaire il y a quelques années, donc bien sûr que je suis capable d'y aller, mais la question n'est pas là. La question c'est de savoir à quoi on est utile. À quoi je peux être utile avec l'expérience que j'ai construite, grâce à la confiance des Français, à la fois comme ministre, comme élu territorial, aujourd'hui député de Paris, comme commissaire européen, comme négociateur du Brexit. À quoi ça peut être utile dans un moment où vous le voyez bien, si on relève la ligne d'horizon, M.
Akili, on regarde autour de nous ce qui se passe entre le Liban et Israël, ce qui se passe chez nous en Europe, avec cette guerre épouvantable que les Russes conduisent contre le peuple ukrainien. Il y a tellement de sujets. L'agressivité russe, l'agressivité chinoise, l'agressivité américaine, la raison d'être européen en plus d'être patriote, j'y dis bien, en plus d'être patriote, tout ça ce sont des sujets qui sont les vrais sujets du moment. Comment on défend l'intérêt national dans tout ça ?
Ce sont des sujets que vous développez régulièrement, vous faites des déplacements réguliers, que ce soit au niveau hexagonal, mais aussi hors frontières. Michel Barnier, il y a Bâtir Ensemble. C'est une sorte de projet que vous proposez aux Français. Ça ressemble quand même, pardonnez-moi, à quelqu'un qui a envie d'être candidat, qui a envie de s'impliquer.
Non, ça ne ressemble pas à quelqu'un, M. Akili. Ça ressemble à un projet que je crois nécessaire, que je bâtis de manière pragmatique avec tous ceux qui le veulent. On a reçu 15 000 vues sur le site de Bâtir Ensemble 2027, que chacun des auditeurs sur la radio... Avec des contributions. Des contributions, des critiques, des amendements. Nous allons publier le 15 juin une deuxième version de Bâtir Ensemble, et puis j'en publierai une troisième à l'automne. Et nous augmentons. Et pourquoi nous faisons ça ? Pour préparer l'unité. Alors, puisqu'on n'a pas capable de faire l'unité des personnes, des candidats, j'ai décidé de travailler sur l'unité du projet.
Et c'est un projet qui sera utile non seulement pour notre candidat commun, je l'espère, de la droite et du centre, au début de l'année prochaine, mais aussi pour les élections législatives qui vont suivre et qui sont très importantes. D'expérience, je sais qu'un président de la République doit être soutenu et accompagné par une majorité à l'Assemblée nationale. Et si ce n'est pas le cas, la France est bloquée.
Ça veut dire qu'en fait, vous fournissez cette base de données, si je peux dire, il y a tous les sujets qui sont abordés dans Bâtir Ensemble. Vous les offrez à M. Bruno Retailleau pour qu'il puisse bâtir son projet ?
Il retrouve certaines de ses idées, je retrouve certaines des miennes dans son projet, et à d'autres candidats. Je ne sais pas de... Je suis très content de l'essai mage. J'entends le garde des Sceaux, il y a quelques jours, reprendre des idées que j'ai défendues il y a trois ou quatre ans sur le moratoire en matière d'immigration pendant trois ans, sur un référendum qui permettrait aux Français de se prononcer sur certains points très précis, comme les quotas d'immigration choisis, ou la suspension ou la maîtrise du regroupement familial en matière d'immigration. Voilà des sujets que j'ai mis dans le débat, que je continue à mettre dans le débat.
Ce qui m'intéresse, c'est de répondre aux problèmes, à la colère, aux inquiétudes de ceux qui nous écoutent et qui attendent des hommes politiques des réponses, des réponses.
Je sens un peu un agacement derrière tout ça, parce que vous êtes un homme de loyauté, de devoir là-dessus. Michel Barnier, c'est indéniable. Est-ce que vous appelleriez là, ce matin, votre famille de la droite républicaine à se rassembler derrière la candidature de Bruno Retailleau,
très officiellement ? Bien sûr, puisque ma famille politique a choisi. Les militants ont choisi. C'est pour ça que je parlais du respect des militants et qu'ils sont rassemblés pour beaucoup d'entre eux dans quelques jours, le 20 juin, avec Bruno Retailleau. Nous avons besoin de respecter les militants et nous avons choisi. Donc j'appelle ma famille à se rassembler. Et puis le moment viendra où nous verrons qui de tous ces candidats qui ont travaillé ensemble dans mon gouvernement lorsque j'étais Premier ministre, les élus des Républicains ont choisi non pas de se rallier, mais de soutenir un projet que j'ai conduit comme Premier ministre. Ils étaient avec vous.
Ils étaient avec moi tous, dans le gouvernement, dans la majorité, au Sénat et à l'Assemblée nationale. Et puis, si vous regardez les récentes élections municipales, on n'a pas gagné partout lorsqu'on était unis, mais on a perdu partout lorsqu'on était désunis. Et on a gagné des dizaines et des dizaines de communes auxquelles je veux d'ailleurs rendre hommage, avec des élus locaux qui travaillent ensemble, de la droite et du centre, et parfois au-delà. Donc, la vérité, c'est que nous travaillons ensemble, sérieusement et sereinement ensemble. Ça a été le cas quand j'étais Premier ministre. Et on va devoir travailler ensemble si les Français nous font confiance.
Michel Barnier, il y a eu l'après-match, l'après-PSG. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a dit à l'Assemblée nationale, je rappelle que vous êtes de nouveau député et député de Paris, qui plus est, celui qui détruit doit payer. Vous êtes d'accord avec ça ? Bien sûr.
Et comment ça marche, ça ? Ça marche avec des modifications de la loi sur les prélèvements concernant certaines allocations que les familles de ces casseurs, parfois de ces racailles, touchent. Ça paye par l'application. Pour vous,
ce sont des racailles.
Certains d'entre eux n'aiment pas la France, détestent la France. Et c'est ça le problème de cette faillite de l'assimilation, de l'intégration que l'on constate actuellement. Mais je ne veux pas faire de procès d'intention. Je dis simplement que la première réponse doit être pénale. Des peines courtes, des peines immédiates et des peines réelles. Et puis ensuite, l'application du principe casseur-payeur qu'a évoqué le Premier ministre. Il ne s'agit pas d'évoquer seulement, il s'agit de faire des dispositions de la loi et d'application par la justice.
Et puis après, il y a un problème plus grave qui est de savoir comment on répond au fait que ces jeunes qui sont des Français, pour la plupart d'entre eux, soient amenés à aimer leur pays, à le respecter,
à respecter les lois de la République. Vous savez ce que disent les Français, Michel Barnier. On les entend souvent, les auditeurs de Sud Radio. Ils ont déjà entendu ça. Pas ce que vous dites vous, mais quand Sébastien Lecornu parle, celui qui doit détruire doit payer, ils ont déjà entendu le récemment où il y en a eu d'autres, le tu-caste-tu-répare de Gabriel Attal quand il était votre prédécesseur.
Moi, je ne vais pas m'amuser à commenter les déclarations des uns et des autres. Je sais que quand on est Premier ministre, et je l'ai été très brièvement, mais on a le temps d'agir, on doit décider, faire des lois. Après, il faut le temps du processus parlementaire. Je le vois bien. J'ai présenté avec un jeune député des Yvelines, M. Rotwell, une proposition sur la rétention. Vous savez, l'affaire Philippine, on parle actuellement de cette très grave affaire de cette jeune femme, Liana, je me souviens aussi d'une jeune femme qui a été assassinée et violée philippine et en avait tiré les leçons. La preuve, c'est qu'on peut tirer des leçons. Il faut croire dans l'action politique.
Il ne faut pas désespérer de l'utilité des hommes et des femmes politiques. Et nous avons voté un texte qui est bientôt au bout de la route parlementaire qui va devenir une loi pour augmenter la rétention de 90 jours à 210 jours. Et ça, c'est l'affaire philippine dont nous tirons les leçons pour que ça ne se reproduise pas.
Michel Barnier, puisque vous l'évoquez sur le drame du Gers, avec les recherches toujours en cours, les battues toujours en cours, le temps est long autour de Liana, il y a ce suspect dont nous découvrons, c'est la procureure d'Auge qui le dit, qu'il y avait d'autres affaires en cours ou des plaintes sans suite. Est-ce qu'il n'y a pas une forme de dysfonctionnement de la justice dans ces histoires-là ? Ou de lenteur de la justice ? À coup sûr,
il y a un problème de dysfonctionnement de la justice, d'interopérabilité entre les parquets. Et d'ailleurs, le garde des Sceaux, c'est tellement vrai que le garde des Sceaux vient de décider une enquête administrative pour voir où s'est produit le dysfonctionnement. Il faut être impitoyable dans ces cas-là.
Oui, et là, en l'occurrence, on ne va pas commenter une enquête en cours, une affaire en cours parce qu'il y a des familles, parce qu'il y a des drames, effectivement, mais si on prend un peu de hauteur, Michel Barnier, là aussi, on a l'impression que le constat est fait à répétition par les uns, par les autres et que rien n'avance. Vous évoquiez cette loi qui arrive, certes, mais là, c'est de l'ordre de quoi ? C'est le dysfonctionnement. Ce sont des moyens dont la justice ne dispose pas. Des moyens, parfois une coordination,
des prises de conscience. J'ai parlé d'interopérabilité et puis des sanctions et permettez-moi sans prendre de la hauteur, je suis député de Paris et je vis aussi le drame de centaines de familles de Paris dont les enfants ont été violés, abusés, violentés par des éducateurs ou de soi-disant des éducateurs et là, on n'a pas encore vu de condamnation. Les associations ont dit à ce sujet qu'elles se sont heurtées une forme de mur de la part de l'administration et des politiques. Il n'y en a pas le droit. C'est ce mur qu'il faut casser et donc je pense à ces familles.
On a voté il y a quelques jours à l'Assemblée nationale une proposition de loi qui apporte certaines réponses mais il faut être impitoyable et extrêmement dur pour protéger nos enfants.
Michel Barnier, vous avez été brièvement Premier ministre, je ne dis pas ça cruellement. Non, je n'ai pas d'état d'âme, vous savez,
je n'ai pas de nostalgie, j'ai de la mémoire et notamment la mémoire de l'irresponsabilité de certains partis politiques d'extrême droite, d'extrême gauche et du parti socialiste qui n'ont pas été à la hauteur de la situation très grave dans laquelle se trouve notre pays notamment en raison de sa dette de la dette que nous faisons porter sur la tête de nos enfants et je ne trouve pas ça responsable.
Vous aviez notamment parmi d'autres érigé la santé mentale en grande cause nationale. Est-ce que vous piafez aujourd'hui à vous dire tous ces chantiers qu'on devrait lancer ouvrir mener à leur terme ?
Même quand on est promis pendant trois mois on peut lancer des chantiers à condition de les suivre d'ailleurs je les suis puisque cette semaine même j'ai participé à une réunion de tous les acteurs de la santé mentale. C'est un sujet qui touche une famille sur cinq d'entre pays celui des troubles psychiques de la souffrance de ces familles de la stigmatisation et je veux lutter pour l'engagement personnel et familial sur cette question depuis très longtemps et je veux dire à tous ceux qui nous écoutent que je ne lâcherai pas sur cette question.
J'ai dit au Premier ministre qui a bien voulu prolonger d'une année cette grande cause nationale et je ne lâcherai pas parce que c'est une question de prévention une question de recherche une question d'offre de soins et il y a des sujets sur lesquels on peut compter sur moi.
En conclusion Michel Barnier on peut compter sur vous aussi pour l'élection présidentielle qui arrive vous pourriez être candidat vous pourriez être candidat franchement parce que là on nous parle de la finale RN-LFI inéluctable un an avant il n'y a pas de fatalité
sauf si vous êtes fataliste et M. Aquili un journaliste sans doute mais un homme politique à peu sûr n'a pas le droit d'être fataliste donc je ne suis pas fataliste et je participerai au débat présidentiel pour qu'on ait un seul candidat de la droite et du centre un projet sérieux qui respecte les français et aujourd'hui chacun se présente et je soutiens le candidat de mon parti
Michel Barnier on sait que l'agriculture est un sujet qui vous préoccupe énormément je vois qu'Edouard Philippe veut modifier la constitution dit-il pour protéger l'agriculture en complétant la charte de l'environnement et en indiquant que l'agriculture serait un objectif légitime à prendre en compte c'est un sujet sur lequel vous pourriez être aux côtés d'Edouard Philippe
mais moi je serai aux côtés de tous ceux qui ont de bonnes idées et l'idée de réaffirmer comme Edouard Philippe l'a fait hier devant le congrès des jeunes agriculteurs que la production agricole et ceux qui sont derrière cette production ou devant qui travaillent beaucoup et qui tiennent très mal leur vie la production agricole les pêcheurs comme d'ailleurs la production industrielle est un grand enjeu national notre pays doit se réarmer notre pays doit redevenir une terre de production et c'est vrai d'abord des agriculteurs et des industriels
et des ouvriers vous allez me trouver anecdotique il était au congrès en question à Bourg-en-Bresse avec un Laurent Wauquiez tout sourire tout content d'être avec lui
qui n'y en aura pas au meeting de Parc Floral je préfère que Laurent Wauquiez soit aux côtés d'Edouard Philippe plutôt qu'aux côtés de M. Zemmour
merci infiniment Michel Barnier Jean-François on vous retrouve tout à l'heure dans un instant on reviendra avec nos débatteurs bien entendu sur cette situation qui il faut bien le dire est en tous les cas pour les français aussi confus à droite qu'à gauche au moins de ce point de vue là on voit dos à dos mais les choses devraient s'éclaircir évidemment au fur et à mesure des mois qui viennent et puis on évoquera les quelques chiffres des émeutes urbaines de samedi dernier un tiers des personnes interpellées sont des mineurs 85 pourtant 5% sont de nationalité française et les récidivistes nous dit-on sont ultra minoritaires voilà qui est extrêmement intéressant à tout de suite
Michel Barnier