Mayotte : Yaël Braun-Pivet favorable à "un durcissement très conséquent" du droit du sol
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France Inter. Bonjour, ravie de vous retrouver dans Question politique, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée également sur France Info, la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. C'est un dimanche chargé pour le Premier ministre François Bayrou qui est en train de peaufiner sa DPG, sa déclaration de politique générale. Ce sera mardi dans deux jours à l'Assemblée et il doit continuer à négocier, négocier un gel, une suspension, une abrogation de la réforme des retraites pour trouver un accord de non-censure avec les députés socialistes pour espérer en échange un peu plus de stabilité politique. Journée importante donc, semaine déterminante.
François Bayrou réussira-t-il à stopper la dynamique des censeurs de l'extrême gauche à l'extrême droite ? Redonnera-t-il un espace politique à la gauche et à la droite classique ? On en parle avec notre invitée, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivet. Elle est ce dimanche dans Question politique, en direct et jusqu'à 13h.
Question politique, Karine Bécard sur France Inter.
Bonjour Yael Broun-Pivet. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés pour vous interviewer. L'équipe de choc, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour. Bonjour à toutes. Et bonjour à Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour à toutes et tous. On démarre avec les images de la semaine. Quelles sont les photos qui vous ont marquées dans l'actualité ? Yael Broun-Pivet, qu'est-ce qui vous a frappé, vous en particulier ?
Moi, j'ai choisi une photo de Mark Zuckerberg qui a annoncé qu'il mettait fin à une certaine modération et au fast-checking sur Facebook et à la modération. Je trouve ça extrêmement inquiétant quand on sait l'importance que prennent aujourd'hui les réseaux sociaux, quels qu'ils soient dans le débat public, l'influence qu'ils peuvent avoir sur la fabrique des opinions publiques, qu'il y ait cette libéralisation complètement folle sur ces réseaux, et particulièrement inquiétante, inquiétante pour nos démocraties en elles-mêmes.
Et donc, on sait que l'Europe est extrêmement vigilante, que nous avons adopté un certain nombre de législations et que ces décisions, pour le moment, ne s'appliqueront pas sur le territoire européen, mais aux Etats-Unis. Mais en même temps, c'est une vraie alerte. Nous avons, nous, musclé notre législation, mais je pense qu'il faut vraiment qu'on accentue et qu'on accélère sur les questions de souveraineté. Nous ne pouvons pas dépendre de ce type de réseau avec ces décisions qui sont très inquiétantes.
Alors, Mark Zuckerberg, pardonnez-moi, le patron de Meta, qui a fait ça pour séduire, à la fois Donald Trump, le nouveau président, et puis, à ses côtés, Elon Musk. Elon Musk, patron de X, beaucoup de personnalités, beaucoup d'institutions, décident de quitter en ce moment, anciennement Twitter, désormais X. C'est votre cas, vous, ou pas ?
Alors, moi, je suis toujours sur Twitter. J'essaye d'être sur le maximum de réseaux sociaux, mais la problématique aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas d'alternative convaincante européenne en réseau social comme cela d'actualité. Donc, basculer de Twitter à un autre réseau qui reste sous la domination américaine ne me semble pas être la panacée. Et donc, il faut absolument que l'Europe développe des réseaux sociaux souverains qui seraient régis avec nos règles et dont on aurait la maîtrise pour nos débats publics. C'est vraiment un enjeu démocratique.
Allez, autre image de la semaine, celle de Françoise. La disparition du fondateur du parti d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, vous a particulièrement intéressé. Dites-nous pourquoi ?
Alors, j'ai retenu surtout l'image d'hier, c'est-à-dire les obsèques privés qui ont eu lieu en Bretagne à la Trinité-sur-Mer et qui font, au fond, apparaître l'héritage Le Pen. Ce qu'a réussi, sans doute, le fondateur du Fonds National, c'est d'avoir transformé un nom en un clan, un clan en une marque, et une marque qui est quand même assez difficile à porter. Il est impopulaire. 7 Français sur 10 le rejette, selon un sondage au Doxal Figaro. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment les différents héritiers essayent de faire vivre la marque. La plus fidèle, curieusement, c'est celle qui a enlevé le nom de Le Pen, c'est Marion Maréchal. Qui est derrière sur la photo. Énormément.
On la voit sur la photo.
Derrière, devant, on a les trois filles.
C'est la petite fille, et elle, elle a repris l'héritage identitaire, la défense des racines chrétiennes, la grande peur du musulman, du grand remplacement. Celle qui a le plus essayé d'être en rupture avec Le Père, c'est celle qui garde son nom. C'est évidemment Marine Le Pen. Et elle, ce qu'elle a essayé de faire, c'est de gommer l'antigolisme, de gommer l'antisémitisme, de gommer le racisme. Mais il y a quand même une structure commune entre toute cette famille, c'est au fond la préférence nationale. C'est-à-dire l'idéologie du rejet de l'autre, de la peur de l'étranger, de la peur de l'immigré.
Et je trouve que c'est une idéologie très dangereuse, qui reste quand même fondamentalement d'extrême droite, parce qu'elle permet d'avoir un bouc émissaire au mot français. C'est-à-dire que si vous êtes en souffrance, c'est à cause de l'autre. Et ça, je trouve que c'est extrêmement dangereux. Et ça reste donc une marque très difficile à porter.
Votre réaction, Yael Brunpivet, à la disparition ? Je suis entièrement d'accord avec tout ce qui vient d'être dit. Le Rassemblement national, quel que soit son nom, quel que soit son leader, reste en partie xénophobe, reste en partie de l'exclusion et qui vise à dresser les Français les uns contre les autres. Et donc, il faut, quel que soit à nouveau son nom et son leader, toujours, toujours le combattre.
Le Premier ministre François Bayrou a parlé d'un combattant pour saluer sa mémoire. Erreur politique ou pas, en utilisant ce mot-là ? Vous en avez pensé quoi, vous, la présidente de l'Assemblée nationale ?
D'une façon générale, c'est très difficile de saluer la mémoire d'un homme qui a été condamné à de multiples reprises, notamment pour antisémitisme. Et c'est une des raisons pour lesquelles, moi, je n'ai pas communiqué sur les réseaux sociaux après le décès de Marie-Le Pen.
Dernière question, il a été 9 ans député à l'Assemblée nationale. Il y aura un hommage, il y aura quelque chose ?
Il n'y a pas d'hommage particulier. Il peut y en avoir lorsque la personnalité qui disparaît a occupé une fonction imminente, ancien président de la République, ancien Premier ministre, ou alors un parlementaire dans l'exercice de ses fonctions, dans le cours de son mandat. Mais il n'est pas d'usage à l'Assemblée nationale qu'on honore la mémoire des députés disparus. En revanche, il est d'usage. Et je le ferai, je l'ai fait pour Jean-Marie Le Pen, comme pour tous les autres députés, que l'Assemblée nationale fasse livrer une gerbe pour le décès des parlementaires. Il y en a, malheureusement, de façon très fréquente. Et donc, là, pour le coup, je n'ai pas dérogé à cet usage-là.
Allez, dernière image. La vôtre, Nathalie, nouvelle passe d'armes entre la France et l'Algérie.
Nouvelle passe d'armes et vraie crise, puisqu'il y a deux choses qui ont pu affleurer ou effleurer. C'est Bruno Retailleau qui a choisi de renvoyer, sur ses terres natales, un influenceur. Alors, un influenceur, c'est des gens qui disent des horreurs, en appelant à tuer les opposants au régime algérien, qui prend des positions et qui incitent parfois à la violence. Bon, ce monsieur Doualem a fait un aller-retour, puisque l'Algérie a ostensiblement refusé de le récupérer. Il est pour l'instant dans un centre de rétention administrative.
Il y a eu également les prises de position de Gabriel Attal pour la révision des accords de 68, qui, en gros, donnent un statut particulier à l'Algérie, eu égard l'histoire. Mais, indépendamment de tout ça, qui peut être un peu d'instrumentalisation, une façon de montrer qu'on est plus capable que celui d'avant, je trouve ça absolument étonnant qu'on ne soit pas capable, sachant quand même que les accords déviants et la fin de la guerre d'Algérie étaient en 62, de remettre les choses à plat. C'est-à-dire, oui, on a le droit de considérer que le Sahara occidental est une zone d'influence marocaine. Oui, on a le droit d'avoir des rapports sains avec l'Algérie.
On a ouvert une partie de nos archives. Ils n'ont toujours pas accepté d'ouvrir les leurs. On a reconnu la torture en Algérie. On a reconnu des crimes, peut-être pas contre l'humanité, comme l'avait dit Emmanuel Macron, mais des crimes qui étaient des choses importantes. Donc, par pitié, oui, on peut réviser les accords de 68, quitte à les laisser intactes. On peut se demander. Ça a déjà été fait trois fois.
Et il serait sain quand même que, sans dire riposter, comme dit Jean-Noël Barrault, ou dire que c'est un camouflet, dire simplement que c'est un régime dictatorial, qui n'est pas démocratique, qui n'est pas un régime super pauvre, puisqu'ils ont du gaz et du pétrole et qui pourraient très bien se développer. Oui, on peut les aider. Oui, on peut faire des choses particulières, parce que c'est la première source d'immigration du Maghreb. Mais par pitié, il n'y a pas de raison que la fameuse rente mémorielle, comme disait Emmanuel Macron, ou la culpabilité de l'ex-colon, fassent en sorte qu'on ne puisse plus discuter des choses qu'on ferait avec n'importe quel état du monde.
Et si Voltaire était vivant, ça fait un petit moment qu'il n'est plus là, je pense que l'incarcération de Boilem Sansal serait un problème en disant que c'est inqualifiable et qu'on se foute complètement qu'il ait donné une interview quelque part ou ailleurs et que la seule solution pour râler contre ça, c'est de considérer qu'il est d'extrême droite, il ne l'est pas, et encore le serait-il. Est-ce qu'on a le droit d'aller en prison parce qu'on a dit des choses qu'on pensait ?
Vous êtes d'accord ? Pas grand-chose à ajouter, moi je suis entièrement d'accord. Il faut calmer le jeu là ou pas quand même ? En tout cas, il ne faut pas que les relations avec l'Algérie, avec le peuple algérien, elles sont plus grandes que ce qui se passe en ce moment. et donc je pense qu'il faut être aussi conscient de cette histoire, des liens qui nous unissent, faire en sorte qu'effectivement nous puissions revisiter les choses, il n'y a pas de raison qu'il y ait un tabou particulier et donc les accords, vous l'avez rappelé, ont déjà été révisés trois fois, donc rien n'empêche de les réviser une quatrième fois. Vous vous êtes à faveur ? Il faudrait les dénoncer, ces accords de 68 ?
Non, dénoncer et réviser, ça n'est pas pareil, ça n'est pas du tout la même chose. Moi je pense en tout cas que nous devons avoir des relations adultes. Comme vous l'avez dit aussi, nous avons avancé sur le plan mémoriel, le président de la République s'est rendu en Algérie, nous avons avancé sous l'égide de Benjamin Stora aussi sur un certain nombre de points et donc il faut que ça soit évidemment dans les deux sens. Après sur le refus d'accueillir sur leur sol un ressortissant, là ça n'est pas une question de relations franco-algériennes, c'est simplement l'application du droit international pur et simple, un État ne peut pas refuser d'accueillir sur son sol son ressortissant.
Ça c'est le B.A.B. des relations internationales, quel que soit le pays en cause et donc ils doivent accueillir leur ressortissant quand il fait l'objet d'une expulsion sur le territoire national. En France en tout cas, cet individu est indisérable et c'est notre choix et c'est notre droit à appliquer et donc l'Algérie doit reprendre son ressortissant. Ça pour moi, c'est une évidence.
Est-ce que malgré tout, les propos de Bruno Retailleau, Nathalie en a parlé d'un mot, extrêmement inflexible, extrêmement sévère, est-ce que ça a mis de l'huile sur le feu ou pas ? Est-ce que c'était la bonne tonalité à avoir ?
Écoutez, moi je ne suis pas commentatrice des propos des uns et des autres. Ce que je sais, c'est qu'il faut avoir un dialogue très exigeant avec l'Algérie et qu'il faut, j'ai entendu aussi que Jean-Noël Barrault, le ministre des Affaires étrangères, était tout à fait prêt à rencontrer son homologue pour mettre les choses sur la table. Moi également, je suis prête à rencontrer mon homologue. Je viens de rentrer il y a quelques semaines de cela du Maroc où j'ai eu des échanges extrêmement fructueux avec mon homologue, avec le ministre des Affaires étrangères. C'était plus facile. Mais vous savez que je ne recule pas devant la difficulté.
Moi je crois au dialogue quoi qu'il arrive et donc il faut qu'on renoue le fil. il y a bien trop de nos compatriotes qui ont un lien très attaché avec l'Algérie. Nous ne pouvons pas faire comme si cela n'existait pas non plus.
On est tous inquiets quoi. Et maintenant si on attaille juste un petit truc et il y a un petit vent ou un truc comme ça, tout le monde n'est pas tranquille.
On ne sait pas, même si on nous dit
100 km à l'heure, mais là on ne sait pas. On a peur. Du coup, on achète pour qu'on soit sûr qu'il y a quelque chose à la maison.
Les témoignages de Mahoré, Mayotte, 101ème département français qui n'est toujours pas remis du passage de l'ouragan Chido il y a presque un mois maintenant et qui affronte ce week-end une nouvelle tempête avec des pluies torrentielles. Vous vous êtes rendu sur place cette semaine Yael Brun-Pivet après Emmanuel Macron qui est allé le premier après François Bayrou également et juste après Marine Le Pen. C'était donc à votre tour de constater les dégâts d'observer la lenteur de la réorganisation la lenteur de la reconstruction de cette île. Qu'est-ce qui vous a le plus choqué Yael Brun-Pivet quand vous vous êtes retrouvée sur place quand vous êtes arrivée ?
Alors moi c'était mon troisième déplacement à Mayotte j'y étais il y a tout pile un an pour le début de l'année 2024 et j'avais fait mes premiers voeux de l'année 2024 à Mamoudzou avec le maire de Mamoudzou et c'est aussi une des raisons pour lesquelles je voulais retourner sur ce territoire de la République martyrisé par ce qui s'est passé par le cyclone Shido.
La première chose qui m'a frappée c'est que c'est très visuel c'est que vous avez tous les arbres toutes les forêts sont par terre sont décimées ça révèle également l'ampleur des bidonvilles qui étaient parfois masquées par la végétation et qui là sont à nu et donc sur les collines vous pouvez voir cette pauvreté aussi et cet habitat illégal qui vous saute au visage ce qui m'a frappée ensuite ce sont les échanges que j'ai pu avoir avec les très nombreux habitants que j'ai rencontrés moi j'ai sillonné l'île du nord au sud de l'est à l'ouest je me suis beaucoup arrêtée j'ai fait des réunions improvisées avec les habitants dans les rues sur les places devant les mairies ils sont très résilients ils sont très courageux ils se sont en colère aussi retroussés les manches parce qu'ils ont participé avec les secours avec nos militaires mobilisés avec notre sécurité civile au redressement de Mayotte et ils ont nettoyé les écoles les rues etc.
pour pouvoir retrouver de la libre circulation pour permettre je l'espère une rentrée scolaire bientôt et ils sont parfois en colère parce que eh bien il y a des réseaux qui n'ont pas tenu l'électricité était par terre mais ça veut dire que très concrètement c'est des poteaux électriques qui sont au sol c'est des câbles électriques qui sont coupés l'état a dépêché plus de 200 agents d'électricité de France pour pouvoir remettre les réseaux en circulation et il y a évidemment encore des zones où il n'y a pas d'électricité pourquoi il manque encore de l'eau pourquoi il manque encore de l'électricité qu'est-ce qui est compliqué en fait pourquoi ça ne l'avance pas techniquement c'est compliqué parce que par exemple sur des villes du nord les agents d'électricité ont voulu et je crois qu'ils ont raison compte tenu des nouveaux événements climatiques qui arrivent procéder à l'enfouissement d'un certain nombre de réseaux qu'ils ont rétablis et bien moi je les ai vus au bord des routes en train de creuser les tranchées pour enterrer les câbles pour faire en sorte qu'au prochain cyclone ou au prochain événement climatique l'électricité tienne après vous savez comme moi chaque maison est différente et ce qui est difficile c'est même pas ce qu'on se disait c'est pas le dernier kilomètre c'est même pas les derniers 100 mètres c'est les derniers 10 mètres c'est les derniers mètres et donc évidemment que partout sur l'île vous avez encore des citoyens qui n'ont pas l'électricité rétablie mais la grande majorité de l'électricité rétablie je peux vous dire qu'ils ne ménagent pas leur peine sur l'eau on est revenu à la situation d'avant et donc en fait oui elle n'est pas satisfaisante parce qu'on a ce qu'on appelle des tours d'eau et donc vous n'avez pas de l'eau au quotidien au robinet mais vous n'en aviez pas avant non plus avant le cyclone Chido donc là on est revenu exactement au niveau d'avant ça n'est pas satisfaisant non plus mais maintenant ce qui est devant nous c'est la reconstruction de Mayotte et ce que tout le monde dit c'est qu'il ne faut pas reconstruire Mayotte comme avant puisque avant ça n'était pas satisfaisant
Françoise le gros sujet c'est au fond est-ce qu'on reconstruit avant d'avoir conclu un accord sur l'immigration est-ce que ça sert à quelque chose ou est-ce qu'il faut remettre en cause un certain nombre de données notamment le droit du sol
alors d'une part il faut évidemment reconstruire tout de suite parce que reconstruire c'est mettre un toit sur la tête de familles qui n'en ont pas aujourd'hui c'est leur redonner l'accès à l'électricité l'électricité c'est pas seulement la lumière c'est le frigo c'est le moyen d'entretenir de cuisiner etc donc il faut pallier aux besoins essentiels de la population immédiatement et c'est d'ailleurs l'objet du projet de loi d'urgence pour Mayotte qui va être examiné dès demain en commission et la semaine prochaine dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale permettre la reconstruction rapide raccourcir les délais s'affranchir d'un certain nombre de procédures pour reconstruire immédiatement après il y a quand on dit il ne faut pas faire comme avant il y a évidemment cette question migratoire qu'il faut regarder en face et donc il y a la question de la régularisation principalement des Comoriens et c'est pour cette raison que certains préconisent de supprimer à 100% le droit du sol moi je ne suis je n'ai jamais été favorable à cela moi je considère qu'il faut c'est un département français et sur un département français le droit de la nationalité en ce qu'il est vraiment consubstantiel de ce qu'est une nation doit s'appliquer de la même façon en revanche je pense qu'il faut aller plus loin sur l'accession à la nationalité vous savez que nous avions adopté un amendement qui émanait du sénateur Tani dans la loi asile et immigration qui avait été portée en son temps par Gérard Collomb cet amendement prévoyait que pour accéder à la nationalité il fallait qu'un enfant né sur le sol de Mayotte ait un de ses parents en situation régulière depuis trois mois il y a des propositions qui permettraient d'allonger ce délai de passer de trois mois à un an et de surtout et c'est ça qui me paraît très important de passer d'un à deux parents parce que ce qu'on a vu c'est qu'en fait le critère d'un parent a permis le développement d'une fraude documentaire à la reconnaissance de paternité et on a des hommes qui reconnaissent 30, 40, 50 enfants à Mayotte ça n'est pas possible donc moi je suis favorable à un durcissement très conséquent unique sur le territoire de la République mais pas à la suppression intérale du droit du sol mais pas suffisamment après ce que j'allais dire c'est que vous savez sur ce type de sujet il ne suffit pas de modifier la loi c'est important mais ça ne suffira pas donc il faudra de la surveillance des contrôles il faut qu'on augmente les contrôles il faut augmenter la présence des radars de la puissance des radars des capacités d'interception des fameux quoi ça quoi ça des contrôles sur le territoire et là moi j'ai beaucoup échangé avec les militaires avec la gendarmerie la gendarmerie maritime on a un moyen de lutter de façon beaucoup beaucoup plus efficace contre les migrations illégales il faut y aller tout de suite ça aussi c'est une grande urgence parce que si on veut reconstruire Mayotte de façon beaucoup plus pérenne et durable et prospère parce qu'il s'agit de donner un avenir à Mayotte il faut pouvoir lutter vraiment efficacement contre l'immigration illégale ce qu'on ne dit pas
est-ce qu'il ne faut pas faire pression aussi sur les comores qui jouent vraiment j'allais dire une grossièreté mais qui jouent vraiment avec le feu en laissant partir en poussant à partir alors on sait que le PIB des comores
c'est de 1 à 6
je crois
voilà c'est 9000 euros 9000 euros et 700 aux comores
donc plus que 1 à 6 mais que les autorités comoriennes en gros ne font rien pour empêcher les déferlantes
et il faut évidemment continuer ce dialogue diplomatique exigeant mais c'est pour ça qu'en fait il y a vraiment cette action diplomatique à mener une action résolue des services de sécurité pour tenir la frontière de Mayotte et une action législative pour rendre beaucoup moins attractive l'accouchement à Mayotte et la présence à Mayotte et c'est en luttant sur tous ces aspects qu'on réussira à donner un avenir à ce territoire de la République sur lequel je voudrais quand même dire qu'il y a un sous-investissement massif de l'État français depuis des dizaines d'années à Mayotte et ça ça suffit il y a une égalité républicaine que nous devons en tant qu'hommes et femmes politiques faire respecter partout sur le territoire
on n'a pas échappé qu'on est en situation de gros déficit budgétaire ça va coûter cher la reconstruction à Mayotte est-ce qu'on est sûr d'avoir les fonds nécessaires et comment on peut faire ça en deux ans de façon efficace
mais vous savez la politique c'est faire des choix construire un budget c'est faire des choix budgétaires et Mayotte ne doit pas être la victime de ces choix budgétaires c'est un département français à part entière et je ne vois pas pourquoi on se poserait la question pour Mayotte alors qu'on ne se la poserait pas pour la Corrèze pour la Lozère ou pour la Meurthe-et-Moselle
juste une question très précise on parlait donc on vous a entendu vraiment très clairement sur le durcissement sur le droit du sol on doit l'inclure dans la loi spéciale qui va concerner Mayotte ou pas ?
alors non la loi spéciale c'est vraiment une loi d'urgence qui facilite la reconstruction mais il y a une proposition de loi qui vient début février à l'initiative du groupe droite républicaine qui prévoit ce durcissement et qui va être la première inscrite à l'ordre du jour le 6 février prochain dans leur journée réservée donc c'est un sujet qui pourra être examiné à part et puis il y a une loi Mayotte qui doit intervenir ça fait plusieurs mois voire années qu'on parle d'une loi Mayotte parce qu'il y a d'autres sujets à régler que ces sujets d'urgence et donc le ministre des Outre-mer devrait présenter prochainement aussi en conseil des ministres et au parlement une loi Mayotte donc normalement nous devrions avoir au moins trois textes qui viennent sur Mayotte pour aider les Mahorais ils ont besoin de la solidarité nationale
Allez la présidente de l'Assemblée nationale Yelmaul Pivet est notre invitée ce dimanche dans Questions politiques la semaine qui vient est une semaine importante pour François Bayrou un mois après sa nomination le Premier ministre va enfin tenir son discours de politique générale c'est-à-dire esquisser les grandes lignes de son projet politique dans la situation de crise institutionnelle financière budgétaire qu'on connaît évidemment aujourd'hui les députés insoumis ont déjà annoncé qu'ils déposeraient une motion de censure à l'issue de ce discours mardi reste à savoir qui la votera pour l'instant les socialistes les écologistes et les communistes ont négocié toute la semaine avec Bercy avec Matignon au centre des discussions la réforme des retraites faut-il l'abroger faut-il la suspendre faut-il la geler je voudrais vous faire écouter le président des sénateurs socialistes Patrick Cannaire il était vendredi matin dans la matinale de France Info
aujourd'hui nous disons oui à monsieur Bayrou sur sa proposition de revenir dans une négociation globale avec les formations politiques les syndicats le patronat et aboutir il a ramené le délai à 6 mois une négociation de 6 mois qui pourrait commencer très vite s'il n'y a pas de censure après la déclaration de politique générale
et donc pour une suspension un gel
et donc pendant ce temps-là nous demandons une suspension ou l'équivalent d'une suspension en tout cas un signe fort qui montre qu'on peut rentrer dans une négociation avec le symbole de cette suspension qui permettrait de dire mais le statu quo ne pourra pas rester le même
voilà et à l'instant donc Patrick Cannaire je le disais sénateur et à l'instant Olivier Faure premier secrétaire du PS vient de s'exprimer il considère que le compte n'y est pas que en l'état il voterait la censure votre réaction Yael Broun-Pivet est-ce qu'il faut accepter de suspendre tout simplement cette réforme des retraites en 2023
je voudrais d'abord saluer la méthode qui est la reprise du dialogue avec les différentes forces politiques et je voudrais saluer l'esprit de responsabilité de la plupart d'entre elles qui ont accepté d'une part de venir dialoguer et qui accepte de rentrer dans une discussion constructive pour doter la France d'un budget c'est quand même la priorité au-delà des retraites nous avons besoin d'un budget nous avons besoin d'avoir des grandes orientations financières nous ne pouvons plus attendre la censure du gouvernement Barnier a fait que nous avons aujourd'hui nous sommes en janvier nous n'en avons pas donc ça c'est la priorité des priorités doter la France d'un budget et vraiment je salue l'esprit de responsabilité de chacun pour y parvenir après la question des retraites fondamentalement les retraites le sujet des retraites ne figure pas dans le budget donc il faut quand même rappeler que les discussions autour du budget doivent s'inscrire dans le cadre budgétaire pour parvenir à un accord mais dans le cadre
d'impact de non-censure sur un pacte plus large
de non-censure moi je considère que cette réforme des retraites il fallait la faire nous en avons besoin n'arrêtons pas de parler du budget de la France et l'on sait que le plus grand poste de dépense publique c'est le paiement des retraites et donc nous ne pouvons pas mettre ce sujet de côté en revanche comme d'autres je vois bien que cette réforme est injuste qu'un certain nombre de public continue à avoir des effets très délétères moi j'ai regardé à nouveau ce matin j'ai été frappé par le fait qu'aujourd'hui vous avez plus de 50% des femmes qui touchent moins de 1000 euros de retraite moins de 1000 euros de retraite 50% des femmes alors que cela concerne 20% des hommes donc il y a un vrai sujet autour des carrières longues il y a de la pénibilité mais surtout des carrières des femmes et donc il faut s'attaquer à tout cela il faut en rediscuter avec les partenaires sociaux avec les forces politiques si nous parvenons à avoir un système qui permet de beaucoup mieux corriger ces inégalités là mais attendez moi je signe tout de suite et donc si tout le monde retourne à la table je sais que c'est un peu compliqué
mais vous comprenez bien
le sens de mon propos
je comprends parfaitement c'est bien parce que tout le monde est d'accord sur les carrières longues tout le monde est d'accord sur la pénibilité et tout le monde est d'accord sur les femmes il n'y a personne qui viendrait dire quelque chose deux points le premier sur la forme ce matin Gérard Larcher aidé hier soir a commencé à dire a commencé à continuer à dire ni suspension ni abrogation c'est à dire en gros dans la symbolique et dans les faits il faudrait dire il ne faut pas que le mot suspension arrive même si c'est une suspension de 6 mois de 1 an même si ça ne s'applique qu'à ceux qui vont rentrer dans un mois dans le système à quoi il joue vous le connaissez très bien c'est pour ça que je vous demande à quoi il joue et que je ne passe pas directement par lui est-ce que c'est la bonne méthode ou est-ce qu'il risque de servir d'épouvantail si j'ose dire aux socialistes est-ce que tout ça c'est un cirque un jeu organisé entre la gauche et la droite pour s'organiser pour se mettre d'accord à la fin on peut se demander
je suis d'accord avec vous
il est fort qui dit si on ne négocie pas encore on vote la censure l'autre qui dit est-ce que sur le fond et est-ce que finalement il faut s'attacher au mot ou qu'il peut y avoir un petit geste quelque chose de fait même temporairement sur les 64 ans j'ai envie de vous dire
il ne faut pas soyez clairs je suis toujours très claire je ne veux pas justement qu'on s'attache au mot parce que franchement ce qui est important c'est si on arrive un, à remettre tout le monde autour de la table sur la réforme des retraites deux, qu'on arrive à une réforme qui nous permette le rétablissement de l'équilibre du système et de corriger les inégalités alors ça et bien oui c'est le graal et donc nous ne pouvons pas quand on fait de la politique refuser de se remettre à la table des discussions pour essayer d'atteindre le fin du graal vous savez que les mots sont importants au politique alors moi je ne pense pas qu'il faille abroger la réforme des retraites avant de se retourner ça c'est complètement absurde c'est complètement absurde parce que aussi ça nuit à la crédibilité de la parole de la France regardez nos voisins européens regardez les âges de retraite des pays avoisinants et on ne va pas revenir en arrière pas d'abrogation pas d'abrogation suspension il faut regarder ce que ça signifie parce que en fait il faut regarder très concrètement mais suspension ça veut dire qu'on arrête et qu'on rediscute est-ce que ça vous convient ou pas moi ce qui me convient c'est qu'on rediscute après s'il faut arrêter pour rediscuter avec un cycle très court de discussion moi je n'y suis pas opposée par principe mais ce que je veux dans ces cas là c'est que vraiment on soit d'accord pour mettre vraiment les choses sur la table pendant ces 6 mois de discussion et qu'on s'engage tous à discuter réellement et qu'on sorte des postures sur ces sujets là est-ce que trouver que les socialistes justement
jouent un petit peu un peu de chantage est-ce que vous les trouvez mûres par rapport aux syndicats je m'explique la lettre du 17 décembre écrite par tous les syndicats hormis la CGT disait s'il vous plaît stabilité sérénité visibilité est-ce que là quand on entend encore Olivier Faure menacer à tout moment de quitter la table alors qu'Éric Lombard fait des avancées manifestement est-ce que vous trouvez que la classe politique est en dessous de ce qu'elle devrait être
mais c'est bien pour ça que j'ai commencé ma réponse sur le sujet en distinguant les deux sujets le budget et la réforme des retraites il ne faut pas mêler les deux la priorité c'est le budget et là effectivement il y a une nouvelle méthode un esprit de responsabilité de chacun et nous devons nous pouvons trouver un accord sur le budget la question des retraites c'est à part ça n'est pas le même sujet et il ne faut pas effectivement mêler les deux et se servir de la réforme des retraites comme levier de négociation sur le budget la France a besoin d'un budget vite
mais on va en parler du budget la question malgré tout de la réforme des retraites est centrale puisque c'est grâce à cet accord qu'on retrouvera peut-être de la stabilité politique en tout cas moins de censure pourquoi est-ce qu'il vous est à vous Yelbrun Pivet président de l'Assemblée nationale aussi difficile de prononcer le mot de suspension pourquoi ce n'est pas possible
alors je pense que vous ne m'avez pas écouté puisque j'ai dit au contraire très rapidement très vite très rapidement très vite mais je sens que suspension c'est compliqué vous ne voulez pas vous aventurer sur ce chemin là pourquoi d'une part parce que cette réforme des retraites moi je l'ai portée et je l'ai votée et je considère qu'il fallait la faire en responsabilité et j'ai fait partie des personnes qui ont conseillé au président de la république de passer par un 49-3 pour faire que ce texte soit adopté parce que je pense que nous en avions besoin et donc je ne voudrais pas que l'on revienne en arrière parce que je suis convaincue qu'il fallait s'attaquer à cette difficulté maintenant je suis tout autant convaincue qu'il ne s'agit pas d'une réforme parfaite ça aurait été une réforme parfaite et bien j'aurais dit à coup sûr ni abrogation ni suspension mais on voit bien on en parle souvent pénibilité retraite des femmes etc elle n'est pas parfaite et nous ne pouvons pas faire peser sur les générations futures ce système par répartition dont on voit qu'il est structurellement déficitaire et donc je considère en responsabilité en tant que femme politique et aussi en tant que mère de famille et aussi en tant que femme tout simplement que nous n'avons pas tout réglé qu'il y a beaucoup de sujets à discuter encore et donc si nous pouvons aujourd'hui nous mettre autour d'une table tous les acteurs concernés pour discuter de ces sujets et bien c'est d'utilité publique elle peut valer ça Elisabeth Borne
excusez-moi la dernière session c'est à quoi elle a porté une réforme elle s'est défendue elle nous a vendu c'était mieux pour les femmes mieux pour tout le monde alors en fait qu'on est en train de dire le contraire qu'il y a un truc que ça soit resté au gouvernement
ou pas si jamais mais écoutez vous lui poserez la question moi en tout cas je regarde les choses de façon lucide et pragmatique qu'est-ce que j'essaye toujours de faire quand je fais de la politique
et sur cette question de la réforme des retraites où vous êtes là effectivement très très clair sur la mesure d'âge dans la presse ce matin on comprend que François Bayrou le Premier ministre hésite à éventuellement bouger ce curseur est-ce qu'on peut revenir
sur l'âge de 64 ans ? moi je n'y suis pas favorable parce que à nouveau je considère qu'il fallait que l'on fasse cette réforme et qu'on prenne cette mesure d'âge après cette mesure d'âge pose un énorme problème c'est que nous avons un problème d'emploi des seniors et que à partir de 55 ans nous avons un taux d'emploi des seniors qui est absolument catastrophique par rapport à nos voisins et que nous aurons beau reculer l'âge de la retraite si nous n'arrivons pas à augmenter la durée réelle de travail des français ça n'ira pas et ça ne réglera pas la question donc vous voyez il faut vraiment que tous on se réattaque à ces sujets là allez on passe au budget et je passe la main
à Françoise Fresseuse
alors sur le budget il y a quelques postes en discussion notamment les suppressions de postes dans l'éducation nationale 4000 postes supprimés est-ce qu'on peut renégocier ça est-ce que vous y êtes favorable de toute façon
moi par principe je suis favorable à la négociation déjà donc il n'y a pas de tabou quand on se met à la table des négociations il fallait fixer une trajectoire de baisse des dépenses publiques c'est ce qu'avait fait Michel Barnier c'est ce que fait François Béraud et Eric Lombard après il faut regarder comment cela s'équilibre moi j'ai toujours dit qu'il fallait qu'on ait une hausse de la fiscalité de façon à rendre l'effort plus juste au niveau des français et une baisse de dépenses importantes moi ce qui m'importe c'est cette négociation aujourd'hui au niveau du budget mais c'est surtout et c'est ce que j'attends aussi du discours de politique générale du premier ministre c'est qu'elle ait la trajectoire future c'est que si l'on veut baisser structurellement les dépenses publiques dans notre pays il faut faire des réformes de fonds et donc quelles sont les réformes de fonds envisagées par le premier ministre pour arriver à une baisse durable des dépenses sur les 4000 postes supprimés moi je suis j'ai toujours été pour dire que la priorité des priorités dans notre pays c'était notre jeunesse et donc c'est leur éducation et leur formation et il ne me semble pas lorsque je me déplace sur tout le territoire national et le territoire d'outre-mer notamment à Mayotte qu'on soit en surplus de nombre de professeurs donc moi je considère que l'on peut regarder ça de très près il faut regarder après moi je ne suis pas ministre de l'éducation nationale donc je ne connais pas finement ce qui a conduit à faire réaliser cette baisse là mais en tout cas ce que je sais c'est qu'il ne faut pas sacrifier nos enfants et donc il faut préserver notre capacité à leur fournir un enseignement de qualité
est-ce que vous êtes favorable ou vous partagez le diagnostic d'Eric Lombard ministre de l'économie et des finances de François Bayrou qui est qu'il faudrait peut-être un peu plus prendre son temps c'est-à-dire qu'on est passé d'un retour à un déficit de 5% du PIB à 5,4 on nous a dit en dessous de 5,5 et donc en gros au lieu de se prendre tout d'un seul coup parce qu'on n'a pas fait avant pour faire vulgaire et rapide est-ce qu'on doit un peu plus s'étaler quitte à être pas dans les clous européens tout de suite parce qu'on ne peut pas faire autrement son risque d'avoir le pays qui explose
de toute façon d'une part la situation a un petit peu changé par rapport à celle qu'a connue Michel Barnier puisque nous n'avons pas voté de budget et donc un certain nombre de dispositifs qui étaient là soit pour augmenter les recettes soit pour baisser les dépenses n'ont pas été adoptés et en plus les perspectives de croissance ont baissé et donc il est fondamental de ne pas casser le peu de croissance que nous avons et donc la réduction effectivement de la trajectoire me semble être une bonne chose parce que il est très important que cette petite croissance que nous avons puisse perdurer nous avons nos voisins qui sont en récession et donc on voit bien à quel point tout cela est fragile donc faisons très attention et donc mais c'est ce que effectivement ce que fait le ministre de l'économie et des finances
vous avez dit une petite chose très intéressante vous avez dit seulement une petite chose ce n'est pas très sympathique surtout pas mais dans le cadre de la discussion qu'on a sur le budget vous avez dit voilà il va falloir qu'il soit adopté très rapidement ça veut dire quoi
j'ai toujours plaidé également pour qu'on reprenne le budget tel que ce qui va être le cas ce qui va être le cas donc les discussions vont reprendre au Sénat dès la semaine qui s'ouvre et j'espère que sur ce point nous aurons ce qu'on appelle cette commission mixte paritaire conclusive cette députée cette sénateur qui se réunissent pour s'en mettre d'accord vous pensez qu'on peut faire l'économie d'une discussion en séance publique et que ça pourrait se faire en commission mixte paritaire en fait il y a déjà eu une discussion en séance publique à l'Assemblée nationale la discussion en séance publique va se poursuivre sur les dépenses sur les dépenses les députés n'ont pas débattu n'ont pas débattu parce qu'ils ont rejeté ce qu'on appelle la partie 1 la partie 1 c'est les recettes notre législation
on a un nouveau gouvernement
oui mais dans ce cas là si nous voulions faire que les députés rediscutent il faudrait déjà qu'ils rediscutent de l'ensemble du budget la partie recettes et la partie dépenses il faudrait que ce soit soit dans le cadre d'un nouveau budget déposé ce qui nous ferait perdre des semaines et des semaines et je ne pense pas que ce soit une bonne piste ou alors considérer que la commission mixte paritaire doit échouer pour revenir de façon un peu artificielle en nouvelle lecture moi je pense que ça n'est pas de bonne méthode en tout cas comme d'habitude il faut rechercher l'accord à tout prix si nous parvenons à un accord en commission mixte paritaire je m'en satisferais c'est pas important
de refaire les choses calmement de perdre peut-être un peu de temps mais de vraiment faire en sorte qu'il y ait un consensus sur ce budget qu'on réussisse à avancer
mais c'est ce qu'on peut avoir ce consensus avec la commission mixte paritaire dans les discussions qui ont lieu en ce moment dans les débats au Sénat dans la commission mixte paritaire mais en tout cas ce qui est urgent c'est d'avoir un budget moi je ne suis pas pour partir pendant des mois sur des discussions budgétaires Adoption en février ?
Potentiellement si il y a une commission mixte paritaire qui se réunit fin janvier c'est ce qui serait le cas d'excussions au Sénat puis commission mixte paritaire fin janvier si députés et sénateurs se mettent d'accord il pourrait y avoir une adoption de ce budget dès la fin janvier ou début février c'est ce qu'on doit tous souhaiter c'est ultra rapide oui et non parce que ce budget aurait dû être adopté en décembre donc en fait chaque jour qui passe c'est un jour de trop
il y a des sujets importants en discussion notamment sur la fiscalité du patrimoine où visiblement il y a une réflexion qui avait été exclue chez les Macronis jusqu'à présent qui est essayé de taxer un peu les riches mais au niveau de leur patrimoine plutôt que leur revenu est-ce que vous seriez philosophiquement pour ou vous dites non c'est trop dangereux ça remet en cause la politique de l'offre
qu'est-ce que vous pensez ? alors il faut deux choses il ne faut évidemment pas remettre en cause la politique de l'offre qui a produit ses effets positifs qui a rendu la France pays le plus attractif d'Europe et qui nous a permis de créer 2 millions d'emplois donc même s'il y a des points noirs dans le bilan que nous pouvons avoir nous avons aussi des points qui sont extrêmement favorables et donc cela il ne faut pas s'y attaquer donc pas de remise en cause de la politique de l'offre en revanche une fiscalité qui soit plus juste plus équitable l'effort mieux réparti y compris sur les patrimoines moi ça ne me choque pas la flat tax on y touche ou pas ?
on peut regarder moi ça ne me choque pas à nouveau vraiment pas de tabou sur ces sujets autrement on n'y arrivera pas si vous arrivez dans une discussion et que tout est fermé la discussion s'arrête très rapidement
classe moyenne alors je parle là aussi de ce qui peut être d'autres formes d'impôts sur le revenu pas simplement au SF classe moyenne on ne touche pas c'est quoi classe moyenne à peu près pour vous mais les autres on peut foncer un peu plus que ce qui a été prévu par Michel Barnier
on peut forcer un peu évidemment ils nous le disent beaucoup qu'ils sont capables de participer à l'effort national et l'effort collectif classe moyenne évidemment il faut les préserver il faut préserver ce sont des gens qui sont extrêmement méritants qui sont et on l'a vu avec les difficultés de pouvoir d'achat de hausse des prix de l'énergie etc parfois dans la difficulté la crise du logement etc donc faisons attention à ce qui constitue le coeur des citoyens de notre pays
un petit mot pour finir sur la déclaration de politique générale que va présenter François Bayrou le premier ministre là mardi on parlait du budget donc je reviens sur la déclaration de politique générale on imagine qu'il va avancer sur un certain nombre de sujets institutionnels notamment je pense à la proportionnelle je pense au cumul des mandats je pense aussi au référendum sur le cumul des mandats vous avez changé votre point vous savez moi
j'essaye d'être cohérente dans les positions que je défends et j'ai toujours défendu le non-cumul des mandats donc là je suis extrêmement défavorable au retour du cumul des mandats je suis pour l'introduction d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés je suis pour les référendums parce que je considère qu'on doit davantage consulter les français le 31
sans employer le mot madame Macron laisse s'entendre
moi ce que j'aimerais dans l'idéal c'est qu'on puisse un conduire une réforme d'abord de l'article 11 de notre constitution qui restreint trop le champ du référendum il faudrait permettre le référendum sur des questions plus larges des questions sociétales notamment moi je serais extrêmement favorable à un une ouverture une révision constitutionnelle ciblée comme on a fait pour l'IVG article 11 pour permettre au président de la république de davantage consulter les français sur un plus grand nombre de sujets et faciliter le recours au référendum d'initiatives partagées ça c'est les deux choses et après je souhaiterais des référendums sur des questions sociétales la fin de vie on n'en parle plus elle devait venir le 3 février à l'Assemblée nationale non ça n'est pas trop compliqué ça n'est pas trop compliqué les français sont capables de décider et c'est quelque chose qui les concerne on peut on peut leur présenter mais vous savez quand on pose la question et qu'on a moi je me rappelle quand j'étais jeune j'ai reçu dans ma boîte aux lettres le traité de Maastricht je ne sais pas si vous vous en souvenez c'était pas simple à lire alors la question de la fin de vie ne me dites pas que c'est trop compliqué pour les français fin de vie service national est-ce qu'on doit recommencer un service national militaire civil le SNU etc je pense que c'est des questions qui intéressent les français en tout cas moi je souhaiterais qu'on les consulte sur des sujets qui les concernent
ça ne serait pas un anti-plébiscite
pas sur ces sujets-là justement pas sur ces sujets-là mais malheureusement c'est difficile on tutoie la limite de l'article 11 c'est pour ça que moi je procéderais en deux temps révision constitutionnelle ciblée puis référendum sociétal par la suite c'est très clair
il y a le bon privé vous avez décidé cette semaine de rendre public un combat personnel intime que vous avez mené contre un cancer du sein qui vous a été diagnostiqué il y a trois ans désormais vous êtes guérie on voudrait comprendre pourquoi vous avez décidé de le révéler maintenant
dites-nous alors parce que justement j'en suis guérie et c'était il y a trois ans donc je ne suis plus dans le combat immédiat contre la maladie et parce que j'ai besoin d'être en sincérité et en vérité comme je fais de la politique et je veux parler vrai à mes concitoyens et je trouve que c'était important de leur livrer cela et puis surtout je voulais adresser aux femmes un message de prévention moi j'ai parfois été négligente j'ai laissé trop traîner mais comme beaucoup d'entre nous ce n'est la faute de personne c'est la vie qui veut ça on est pris dans nos vies on se dit je ferai ça plus tard et bien non ne faites pas ça plus tard lorsque l'on fait son dépistage au moment où on doit le faire et bien on a 90% de chances de guérir parce que c'est pris très tôt et plus on attend plus c'est pris tard plus on aubert les chances de guérison et ce dépistage nous avons la chance dans notre pays on parle souvent voilà de ce qui ne va pas bien dans notre pays nous avons la chance dans notre pays d'avoir organisé un dépistage national accessible à tous gratuit et donc moi je dis aux femmes en ce début d'année au moment où on prend des résolutions on fait de rails januari on se dit qu'on va faire un peu plus de sport on se dit et bien dites-vous cette année en ce début d'année 2025 je vais faire mon dépistage cette enveloppe qui traîne sur mon bureau ou sur la table du salon je m'en empare je prends rendez-vous j'y vais et je me fais dépister
et puis c'est pas plus désagréable que de faire du sport enfin c'est pas agréable mais même moi je m'y suis remise donc Françoise aussi Karine aussi au sport voilà c'est vital
allez-y et vraiment
ça peut vous sauver la vie merci Yael Brunpivet évidemment vous restez avec nous il est temps simplement d'accueillir notre second invité pour le livre de la semaine
France Inter questions politiques Karine Bécard
bonjour question Lebar
bonjour
soyez le bienvenu sur le plateau très féminin de questions politiques vous êtes politologue professeur à Sciences Po Rennes auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont le tout dernier qui est sorti cette semaine jeudi intitulé présidentiable avec un point d'interrogation et c'est sorti aux presses universitaires de Rennes dans la collection Épure et vous tentez donc dans ce livre de nous expliquer quelles sont les règles qui définissent la présidentialité d'une personne est-ce qu'il y a des gens qui sont plus aptes que d'autres à devenir président de la république en somme est-ce qu'il faut avoir certains traits de caractère particulier pour accéder à l'Elysée alors vu publier ce livre même si on est encore très très loin de la prochaine présidentielle enfin normalement mais en tout cas ceux qui pensent déjà à la présidentielle on peut dire qu'ils sont nombreux les potentiels candidats est-ce que ça veut dire ça Christian Lebar que aujourd'hui tout le monde se croit potentiellement présidentiable est-ce que les règles de la présidentialité ont baissé dans notre pays
alors il y a les règles juridiques que tout le monde connaît il faut avoir 18 ans il faut être citoyen français il y a la procédure des 500 signatures qui est quand même très sélective mais c'est vrai qu'une des lignes d'évolution on parle de présidentiabilité depuis la réforme de 62 depuis qu'il y a une élection au suffrage universel direct du chef d'état les règles ont quand même un peu la définition du mot présidentiable a un peu évolué pendant très longtemps on a enfermé le rôle d'un certain nombre de stéréotypes les présidentiables c'était surtout des hommes il faut bien le dire au début de la 5ème république les présidentiables c'était les leaders partisans les grands noms de la vie politique ceux qui animaient la vie politique et puis voilà c'était souvent des gens très diplômés qui avaient toute une série qui étaient des professionnels de la politique depuis longtemps c'était des gens qui avaient un parcours prestigieux qui avaient franchi toute une série d'étapes les anciens premiers ministres etc et on voit aujourd'hui que la catégorie s'ouvre un peu se féminise potentiellement on peut avoir des gens un peu extérieurs au champ politique dont on va tester la présidentiabilité par des sondages d'opinion donc voilà on passe d'une société très fermée très solide à quelque chose d'un peu plus ouvert que par le passé
est-ce qu'il y a un effet Macron j'ai envie de dire derrière tout ça est-ce que le fait que Emmanuel Macron dont on pensait pas qu'il avait des qualités présidentiables et qu'il l'ait remporté est-ce que ça a bouleversé effectivement ça ?
oui tout à fait est-ce qu'on se sent plus
capable aujourd'hui ?
alors Emmanuel Macron tombe pas du ciel il avait un certain nombre de ressources politiques en 2017 et il avait un passé politique mais c'est vrai qu'il n'apparaissait pas comme il n'était pas dans le paysage depuis si longtemps que ça il était jeune il n'avait pas de parti politique donc voilà il y a un certain nombre de ressources classiques qui lui faisaient défaut et malgré ça c'est passé et puis il y a aussi des exemples internationaux qui montrent qu'on peut de Zelensky à Trump on peut conquérir un poste présidentiel voilà en jouant la carte de l'extériorité dans un contexte qui peut être aussi un peu un contexte populiste sur le mode je suis extérieur au champ politique je ne suis pas un professionnel de la politique et là où par le passé c'était plutôt des handicaps ça tend à devenir aujourd'hui quasiment des ressources sur le mode je ne suis pas compromis avec ces gens-là donc votez pour moi
Françoise est-ce que c'est pas le signe d'une déstructuration profonde du champ politique et de l'affaiblissement des partis ?
si tout à fait je le disais tout à l'heure avant pour être présidentiable il fallait être à la tête d'un parti ça a été la stratégie de Nicolas Sarkozy de Jacques Chirac de François Mitterrand il y avait un cursus très classique conquérir un parti et ensuite mais ça reste quand même une affaire de professionnel et ensuite de dire un candidat naturel aujourd'hui on voit qu'on peut sur la base d'une popularité très individualisée d'une sympathie auprès de l'opinion publique on peut tenter l'aventure et souvent la création du parti politique elle est ultérieure Emmanuel Macron a créé un parti pour la campagne Jean-Luc Mélenchon quasiment d'eux-mêmes donc voilà c'est plutôt la personnalité que l'institut
quand vous parlez de popularité là c'est des gens qui ont une petite cote mais vous ne trouvez pas que ça passe par la tête de tout le monde même des gens qui n'ont pas de cote et qui sont genre on a l'impression que tout le monde veut être président de la République qu'on ait fait quoi que ce soit avant on se croit en mesure
des exemples des noms j'en ai un ou deux mais je ne les prononcerai pas
la réforme du quinquennat déjà fait qu'on est à peu près tout le temps en campagne présidentielle enfin le système politique vous le savez mieux que moi il est plus que jamais orienté sur l'élection présidentielle et elle seule donc c'est vrai que voilà et puis il y a aussi le rôle des sondages d'opinion qui va aussi attiser cette obsession de la présidentiabilité en allant interroger voilà les gens pour leur demander si tel ou tel ou qui y pensait ou qui n'y pensait pas et ça peut être y compris des gens extérieurs ou de gens politiques on va s'amuser à aller tester la popularité de gens qui ne font pas de politique
on va poser la question à la personnalité politique qu'on a sur notre plateau est-ce que vous y pensez parfois Yael Brunpivet est-ce que vous est-ce que vous cultivez un caractère un tempérament politique
alors moi je suis tombée dans la politique depuis 7 ans comme vous le savez un peu plus vous avez été militant en 2017 oui pendant quelques mois à Tokyo à l'autre bout du monde dans une section qui devait comporter une vingtaine de personnes donc je ne considère pas que je suis rentrée en politique à ce moment là mais je suis rentrée en politique en exerçant un mandat en 2017 moi j'ai du mal avec le sujet professionnel de la politique on est arrivé justement en 2017 en disant justement en essayant de mettre fin ces professionnels de la politique qui faisaient leur vie dans la politique moi je considère que c'est très sain que des citoyens fassent de la politique ils en font tous les jours dans toutes nos mairies et ça peut être le cas au plus haut niveau donc moi je ne disqualifierais pas des citoyens par principe dans la vie politique sous prétexte qu'ils n'en font pas depuis qu'ils ont 15 ans après moi ce qui m'étonne parfois et je ne citerai pas de nom non plus c'est peut-être les mêmes c'est peut-être les mêmes c'est que s'imaginer président de la république et le devenir et le devenir et c'est quand même avoir charge d'âme de 68 millions de personnes c'est quand même piloter le destin d'une nation ça n'est pas rien et c'est vrai que parfois on peut s'étonner que cette ambition soit dans la tête de certains
alors ce qui est intéressant dans votre ouvrage c'est que vous abordez aussi la question de la primaire qui ne fonctionne pas en France ce qui permettait quand même de sélectionner sans se croire capable de devenir président en tout cas en mettant tout le monde au sein d'un même parti tous les candidats potentiels sur la même ligne de départ pourquoi ça marche aux Etats-Unis pourquoi ça ne marche pas en France les primaires
l'histoire de la primaire en France elle est assez curieuse puisque ça a marché d'une certaine façon ça a marché pour François Hollande ça a marché jusqu'à l'issue que l'on sait pour François Fillon donc il y a une dynamique très favorable à la primaire autour de l'idée que justement pour présidentiabiliser un candidat il lui fallait quelque chose qui était une onction populaire et pas seulement des logiques d'appareil donc il y a eu voilà la mayonnaise a pris dans un certain contexte pour certains et puis on sait bien qu'elle est retombée voilà ni Valérie Pécresse ni Anne Hidalgo n'en ont profité donc je ne sais pas du tout ce que l'avenir nous réserve sur ce terrain là
Nathalie et Françoise veulent poser des questions il nous reste une minute
je crois que les compétences c'est avoir fait éventuellement des études voire éventuellement aussi avoir travaillé dans sa vie pour pouvoir être président de la République ou vous êtes rose
et Françoise Françoise d'autres questions aussi comme ça y répondra aux deux en même temps c'est trop long c'est trop long ok dommage dommage
alors pour vous répondre la France manifestement l'opinion publique française reste attachée quand même à l'idée que n'importe qui ne peut pas devenir président de la République et que voilà il y a des exigences de compétences de capacités discursives voilà un scénario à la Trump encore une fois c'est-à-dire quelqu'un qui est complètement extérieur au champ politique et qui n'a même aux fonctions publiques d'une façon générale complètement extérieur à l'appareil d'Etat on n'imagine pas ça en France
c'est compliqué aussi pour les femmes les femmes elles n'ont pas la place vous l'avez légèrement dit
elles ont des diplômes elles ont des diplômes
elles sont aussi elles ont des longs sur le sujet
ça marche pas le moment Ségolène Royal est un moment important je crois voilà on n'a pas seulement une femme qui devient présidentielle mais qui aussi joue la carte de la féminité donc les choses avancent quand même
bon les choses avancent lentement oui lentement répond Yael Brontivet qui a bien raison
on part de tellement loin
on part de loin merci à tous les deux en tout cas merci Christian Lebar le titre de votre dernier livre donc présidentiable point d'interrogation paru aux presses universitaires de Rennes merci à vous aussi Yael Brontivet d'être venu dans questions politiques ce dimanche merci à Fabienne Lemoyle et à Maury Bauchet pour la rédaction en chef et pour la programmation belle fin de week-end à toutes et à tous je vous dis à la semaine prochaine
Yaël Braun-Pivet