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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 26 mai 2022 8 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesSécuritéSolidarités & famille

Maud Bregeon : "Il est normal, démocratique, d'attendre que la nouvelle Assemblée nationale soit élue"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Avant d'aborder le fond, une question de calendrier.

  • 0:27RelanceRéponse directe

    Le projet de loi sera présenté avant ou après les législatives ?

  • 1:02OuverteRéponse partielle

    Aura-t-on le détail des mesures avant le vote ?

  • 1:42OuverteRéponse partielle

    Les entreprises seront-elles d'accord avec ces mesures ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'argument des entreprises sur leurs marges est recevable ?

  • 2:16RelanceRéponse partielle

    Quelles entreprises visez-vous précisément ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueFait
    « Il sera présenté en conseil des ministres avant les législatives et naturellement on attendra que la représentation nationale soit élue pour le présenter à l'Assemblée nationale après le 19 juin. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « Parce que c'est un projet de loi rectificatif avec des notions de finances derrière et que ça doit passer par l'Assemblée nationale. »
  • 0:54Invité politiqueFait
    « Il est normal d'attendre, je crois démocratique, d'attendre que la nouvelle Assemblée nationale soit élue par les Français dans trois semaines maintenant. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « Et donc il y aura d'abord des aides qui vont perdurer, ce qui se fait sur le gaz, sur l'électricité, ce qui se fait sur l'essence. »
  • 1:25Invité politiqueFait
    « La mise en place du chèque alimentaire, on en a beaucoup parlé pendant la campagne. »
  • 1:29Invité politiquePromesse
    « Et puis une vraie action sur les salaires. L'indexation des retraites, on l'avait promis dès juillet sur l'inflation, ça y sera. »
  • 1:35Invité politiquePromesse
    « La revalorisation du point d'indice des fonctionnaires, ça y sera aussi. »
  • 1:39Invité politiquePromesse
    « Le triplement de la prime Macron, la baisse des charges pour les indépendants. »
  • 3:30Invité politiqueFait
    « Vous vous rappelez, pendant la campagne, on parlait d'une nouvelle méthode, une volonté de concerter plus, de dialoguer plus, de dialoguer mieux. »
  • 4:15Invité politiqueFait
    « Ce qu'a dit le président de la République, c'était 65 ans. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « on peut imaginer une solution intermédiaire sur 64 ans avec une clause de revoyeur en 2027. »
  • 4:36Invité politiqueFait
    « 1100 euros par exemple de retraite minimum pour une carrière à taux plein, ça doit permettre d'avoir des petites retraites qui soient un peu plus importantes. »
  • 5:15Invité politiqueChiffre
    « 7 millions de contraventions quand même. »
  • 6:35Invité politiqueFait
    « Damien Abad ne fait l'objet d'aucune enquête, d'aucune poursuite et d'aucune condamnation. »
  • 7:38Invité politiquePromesse
    « L'objectif, c'est évidemment de donner une majorité au président de la République. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon71 %
  • Présentateur29 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bonjour Maude Bréjon, vous êtes candidate LREM aux législatives dans la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine. Mais c'est en tant que porte-parole de LREM qu'on vous reçoit ce matin, la priorité numéro 1 du gouvernement, on le sait, les ministres, la première ministre, le président ne cessent de le répéter, c'est le pouvoir d'achat. Avant d'aborder le fond, une question de calendrier. Lundi, la porte-parole du gouvernement disait qu'il fallait aller vite et que le projet de loi serait présenté avant les législatives. Et puis le lendemain, la même porte-parole, Olivia Grégoire, disait que le projet de loi serait présenté après les législatives.

0:33
Maud Bregeon

Qu'est-ce qui s'est passé ? Il sera présenté en conseil des ministres avant les législatives et naturellement on attendra que la représentation nationale soit élue pour le présenter à l'Assemblée nationale après le 19 juin. Et pourquoi ? Parce que c'est un projet de loi rectificatif avec des notions de finances derrière et que ça doit passer par l'Assemblée nationale. Il est normal d'attendre, je crois démocratique, d'attendre que la nouvelle Assemblée nationale soit élue par les Français dans trois semaines maintenant.

1:02
Présentateur

Mais on aura quand même le détail de toutes les mesures avant, afin que les électeurs soient un peu au courant de ce que vous préparez avant de voter ? Oui, et Olivia Grégoire d'ailleurs a commencé à le décliner.

1:11
Maud Bregeon

C'est effectivement la première priorité du gouvernement, mais pourquoi ? Parce que c'est la première priorité des Français. Moi-même candidate aux législatives, j'en entends parler tous les jours. Et donc il y aura d'abord des aides qui vont perdurer, ce qui se fait sur le gaz, sur l'électricité, ce qui se fait sur l'essence. La mise en place du chèque alimentaire, on en a beaucoup parlé pendant la campagne. Et puis une vraie action sur les salaires. L'indexation des retraites, on l'avait promis dès juillet sur l'inflation, ça y sera. La revalorisation du point d'indice des fonctionnaires, ça y sera aussi. Le triplement de la prime Macron, la baisse des charges pour les indépendants.

1:42
Présentateur

Il faut encore que les entreprises soient d'accord. Tout ça, ça faisait partie du programme du président de la République qui a été choisi par les Français. Et d'ailleurs le gouvernement dit aux entreprises de faire également un effort. Il y a l'argent public, mais il y a aussi ce que pourraient faire les entreprises. Mais le patronat explique que les entreprises, elles n'ont pas beaucoup de latitude car leurs marges se sont dégradées. Est-ce que c'est un argument recevable selon vous ?

2:02
Maud Bregeon

Ça dépend évidemment de quelle entreprise on parle. Il ne s'agit pas de mettre tout le monde dans le même sac. Nous, on a vocation à faire en sorte que le travail paie mieux. Donc quand on triple la prime Macron, on permet d'aller dans ce sens-là. Maintenant, ça se fait par des accords, ça se fait par des accords de branche, par des négociations. Donc vous visez quelles entreprises ? Notamment les négociations syndicales. Et puis par le fait, et Emmanuel Macron l'a aussi proposé lors de l'élection présidentielle, d'encourager davantage l'actionnariat salarié. Et donc je pense que ça, ça doit permettre un meilleur partage de la richesse.

Et c'est ce que nous, on prône en tout cas en tant que candidats de la majorité présidentielle. Et vous visez quelles entreprises alors ? L'ensemble des entreprises, il y a des entreprises qui sont des grosses entreprises et qui pour autant ne font pas des chiffres mirobolants parce que du fait de la conjoncture et d'autres entreprises qui sont beaucoup plus modestes et qui pour autant ont des chiffres d'affaires très importants.

2:48
Présentateur

Mais si au final, la majorité des entreprises refuse de faire quoi que ce soit, vous faites quoi ? Quel moyen de pression a le gouvernement ? Vous ne pouvez pas leur tordre le bras ?

2:55
Maud Bregeon

Non mais aujourd'hui, il y a quand même un dialogue permanent entre l'État et les entreprises. On l'a vu par exemple pendant la crise sanitaire. On a largement aidé les entreprises à tenir et il fallait le faire parce que derrière c'était des emplois, parce que c'était de la création de richesses. Je pense qu'on est tout à fait en droit ensuite, pour encore une fois celles qui peuvent se permettre de le faire, de demander un geste envers les salariés et envers notamment les plus bas salaires.

3:20
Présentateur

Alors autre dossier très important, la réforme des retraites. Alors ce n'est pas très clair, Emmanuel Macron a dit qu'il voulait aller agir rapidement et puis finalement on apprend que ce ne sera pas avant la rentrée de septembre. Pourquoi ?

3:30
Maud Bregeon

Vous vous rappelez, pendant la campagne, on parlait d'une nouvelle méthode, une volonté de concerter plus, de dialoguer plus, de dialoguer mieux. Et on a dit en parallèle de ça que la réforme des retraites, elle n'était pas bouclée de A à Z précisément parce qu'on laissait cette place au dialogue. Donc chacun comprendra que pour dialoguer, il faut un peu de temps et que c'est normal qu'on ne se précipite pas à faire voter une réforme des retraites sans concertation. Non, parce qu'on assume pleinement de l'affaire. Et sur le terrain, je crois que les candidats que nous sommes, on le revendique et on explique pourquoi on le fait.

Il y a bien sûr le prolongement de l'âge de départ de façon progressif.

4:04
Présentateur

Mais il y a aussi... Quel âge alors ? Parce que là aussi, il y a un flou entre les 65 ans. La première ministre dit que ce n'est plus un totem. Donc on est un peu perdu et on a l'impression quand même que vous noyez le poisson.

4:13
Maud Bregeon

Encore une fois, il faut être capable de dialoguer. Ce qu'a dit le président de la République, c'était 65 ans. Maintenant, et il l'avait redit à l'entre-deux-tours, on peut imaginer une solution intermédiaire sur 64 ans avec une clause de revoyeur en 2027. Rappelons que la réforme des retraites, ce n'est pas que ça. Ce n'est pas uniquement prolonger l'âge de départ, reculer l'âge de départ. C'est aussi une réforme pour avoir un système qui doit être plus juste. 1100 euros par exemple de retraite minimum pour une carrière à taux plein, ça doit permettre d'avoir des petites retraites qui soient un peu plus importantes.

Une meilleure prise en compte des spécificités, la fin des régimes spéciaux, c'est aussi un système qui doit être plus légalitaire.

4:50
Présentateur

Maude Bréjoux, à l'inverse, il y a une mesure dont on n'avait jamais entendu parler et qui sort d'un coup. Le ministère de l'Intérieur envisage de ne plus retirer de points sur le permis des automobilistes qui font de petits excès de vitesse. Alors les défenseurs, vous avez dû les entendre, les défenseurs des victimes d'accidents de la route sont furieux. Ils dénoncent une mesure électoraliste.

5:08
Maud Bregeon

Alors c'est en réflexion déjà, ça concernerait les infractions inférieures à 5 km heure. 7 millions de contraventions quand même. On maintiendrait évidemment l'amende et ça va dans un package un peu plus global où en revanche on durcit certaines sanctions, par exemple l'usurpation d'identité. Quand vous faites flasher et puis que vous dites que c'est votre maman ou votre grand-mère qui était au volant, c'est de l'usurpation d'identité, donc ça, ce serait durci. Encore une fois, tout ça est en réflexion. Mais quel est l'intérêt d'une telle mesure ? Il y aura des échanges, il y aura des concertations pour voir quel est le plus efficace derrière.

5:46
Présentateur

Mais quel est l'intérêt de ne plus retirer de points aux automobilistes qui font des excès de vitesse, de petits excès de vitesse ?

5:53
Maud Bregeon

C'est en réflexion. Est-ce qu'en dessous de 5 km heure, on estime que c'est un dépassement volontaire ou quand vous vous faites flasher à 51 ou 52 au lieu de 50 km heure ? J'imagine que certaines personnes qui nous écoutent et qui c'est peut-être arrivé, est-ce que fondamentalement vous êtes dans une démarche de mise en danger de la vie d'autrui ? C'est en réflexion. Je n'ai pas la réponse absolue là-dessus,

6:12
Présentateur

mais je pense qu'on peut en débattre. Maude Bréjean, le parquet de Paris a annoncé qu'il n'ouvrait pas d'enquête en l'État sur les accusations de violences sexuelles qui visent Damien Abad, le nouveau ministre des Solidarités. Pour vous, l'affaire est close, il reste au gouvernement ?

6:25
Maud Bregeon

Je crois qu'aujourd'hui, en réalité, il n'y a pas d'affaire au sens juridique du terme. C'est-à-dire que la justice, c'est quoi ? C'est des enquêtes, c'est des poursuites ou c'est des condamnations ? Damien Abad ne fait l'objet d'aucune enquête, d'aucune poursuite et d'aucune condamnation. Il y a eu effectivement des plaintes, déposées de plaintes, me semble-t-il, classées sans suite. Savoir que la justice n'a pas trouvé matière à d'éventuelles poursuites pénales. Et donc, de ce fait, Damien Abad reste au gouvernement.

Ce qui ne veut pas dire qu'on ne veut pas encourager la libération de la parole des femmes, mais qu'on a la conviction, en tout cas c'est la mienne, que cette défense doit se faire au sein de l'État de droit.

7:01
Présentateur

Et vous pensez tout de même que cette affaire peut avoir un impact sur les législatives, qu'elle peut plomber votre campagne et vos résultats ?

7:07
Maud Bregeon

Écoutez, je vais être très honnête, je n'en ai pas entendu parler sur le terrain dans ma circonscription. Je pense que chacun est attaché et comprend au fait que le cadre, encore une fois, de l'État de droit, de la justice, doit être respecté, et que ne pas le faire, et céder à ce qui pourrait s'apparenter à un tribunal médiatique, nous amènerait à mettre le doigt dans un engrenage qui, à mon avis, pourrait aller loin et être dangereux.

7:31
Présentateur

À propos des législatives, les projections en nombre de sièges vous sont moins favorables qu'au début ? Quel est votre objectif à La République En Marche ?

7:38
Maud Bregeon

L'objectif, c'est évidemment de donner une majorité au président de la République. Les législatives n'est pas un troisième tour de l'élection présidentielle. Le projet d'Emmanuel Macron, il a été plébiscité par les Français les 10 et 24 avril derniers, et maintenant, on a besoin de donner une majorité pour permettre de déployer ce projet-là. Donc on bat tout ce campagne sur l'ensemble des 577 circonscriptions de France en mettant en avant, encore une fois, le programme avec une grande clarté puisqu'on sait exactement sur quoi on s'engage.

8:05
Présentateur

Maude Bréjean, porte-parole de La République En Marche, vous étiez l'invité du 5-7.