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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 novembre 2023 25 min

Assurance chômage, erreurs sur la taxe d'habitation, livrets d'épargne, Black Friday... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Bruno Le Maire, c'est le parti de Gerd Wilders, leader de l'extrême droite aux Pays-Bas, qui est arrivé en tête aux législatives. Comment vous accueillez cette nouvelle ?

0:14
Bruno Le Maire

Je pense que c'est la conséquence de toutes ces inquiétudes, de toutes ces craintes qui se manifestent en Europe depuis plusieurs années. Crainte face à la guerre en Ukraine, crainte face au risque de déclassement économique européen par rapport à la Chine et par rapport aux Etats-Unis, et crainte face au flux migratoire. Ça se traduit par des poussées extrémistes partout en Europe, c'est Vox en Espagne, c'est l'AFD en Allemagne et c'est le parti de Gerd Wilders aux Pays-Bas. Après les Pays-Bas ne sont pas la France.

0:42
Présentateur

C'est la deuxième question que j'allais vous poser.

0:43
Bruno Le Maire

Mais est-ce qu'il y a des leçons à en tirer pour ici ? La seule leçon c'est qu'il faut continuer à obtenir des résultats pour les Français. Je vous parle du sentiment de déclassement de beaucoup d'Européens et beaucoup de Français. Tout ce que nous faisons en matière de stratégie économique pour avoir plus d'emplois, des emplois mieux rémunérés, réouvrir des usines, on a annoncé cet investissement que va inaugurer aujourd'hui le Président de la République, c'est une réponse concrète et efficace. Mais pardon, mais les Pays-Bas c'est un des pays les plus prospères d'Europe ? C'est aussi un pays qui a des flux migratoires qui sont importants.

C'est un pays aussi où le communautarisme a beaucoup progressé. Je pense que ça prouve de manière assez claire que la nation est une meilleure réponse que les communautés. Et que pour la France, son avenir doit être écrit par la nation et dans la nation, et certainement pas aux ses dents poussées de communautarisme.

1:32
Présentateur

Bruno Le Maire, réveillez-vous ! C'est par ces mots qu'Emmanuel Macron s'est adressé à des chefs d'entreprise cette semaine. On est à 7% de chômage, leur a-t-il dit. C'est-à-dire que 4% pour être tout à fait précise au troisième trimestre. Ça s'appelle quoi ? C'est quoi ? C'est un coup de pression ?

1:46
Bruno Le Maire

Non, c'est un rappel de la situation. Nous avons fait beaucoup depuis 6 ans. Nous avons obtenu des très bons résultats, 2 millions d'emplois créés, 300 usines qui ont été ouvertes. Mais il y a un objectif qui a été fixé. L'objectif, c'est 5% de taux de chômage. Et ce qu'a dit avec beaucoup de force le président de la République, c'est que si on ne se secoue pas les puces, il n'y aura pas 5% de taux de chômage. Ça fait 50 ans qu'on n'y est pas arrivé. Ça veut dire quoi se secouer les puces ?

Ça veut dire qu'il y a quelque chose qui cloche dans le modèle social français, qui fait que contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne, comme les Etats-Unis, depuis un demi-siècle, nous n'avons jamais offert aux Français le plein emploi, c'est-à-dire de l'activité pour tous et toutes partout sur le territoire. Mais précisément, qu'est-ce qui cloche dans le modèle social français ? Je pense qu'il y a trois choses qui doivent être corrigées pour qu'on arrive à ces 5% de taux de chômage. Et on a trois ans devant nous pour les corriger. La première chose, c'est le logement. Avoir du logement partout où c'est nécessaire, dans les zones tendues, là où il y a de l'emploi qui est disponible.

La deuxième chose, c'est la formation et la qualification. C'est toute la réforme qui est engagée du lycée professionnel, qui est une réforme absolument stratégique pour créer des formations qui correspondent aux besoins des entreprises. Vous avez encore 500 000 emplois non pourvus dans notre pays. Vous cherchez des couvreurs parce qu'il y a eu de la tempête en Bretagne, vous n'en trouvez pas. Vous cherchez des soudeurs parce qu'on construit des centrales nucléaires en Normandie, vous n'arrivez pas à en trouver. Certains vous diront qu'il faut recourir à l'immigration et ça nous ramène au sujet précédent. Oui, je crois que c'est une mauvaise idée.

Je pense que quand on a 500 000 emplois qui sont non pourvus, qu'il y a tant de formations qui ne sont pas disponibles aujourd'hui alors que les entreprises en demandent, il faut former les jeunes à ces métiers qui existent. Et puis la troisième chose, c'est l'indemnisation du chômage. Prenez l'indemnisation des seniors. Qu'est-ce qui justifie qu'on ait encore des durées d'indemnisation différentes suivant qu'on a plus de 55 ans ou moins de 55 ans ? Vous avez plus de 55 ans, la durée d'indemnisation c'est 27 mois. Aujourd'hui, le lot commun c'est 18 mois. Pourquoi 27 mois d'indemnisation du chômage pour les plus de 55 ans ? Parce qu'il vaudrait moins les plus de 55 ans ?

Alors que c'est de l'expérience, c'est du savoir-faire, que nous avons besoin d'eux. Je ne vois aucune raison pour qu'il y ait une durée d'indemnisation plus longue de ceux qui ont plus de 55 ans par rapport aux autres parce que dans le fond, c'est une hypocrisie totale. C'est une façon de mettre à la retraite, de manière anticipée, les plus de 55 ans. Et moi, je crois exactement le contraire. Je pense qu'on a besoin de leur talent, de leur savoir-faire et de leur expérience.

4:05
Présentateur

Il faut raboter sur la durée d'indemnisation des seniors, c'est ce que vous dites pourtant dans l'accord sur la chômage.

4:09
Bruno Le Maire

Je dis que je ne veux raboter, ce n'est pas un bon terme. Raboter, c'est brutal. Ce n'est pas du tout ce que je veux. Mais vous dites que c'est trop long, donc ça veut dire qu'il faut raccourcir. Je dis simplement qu'il faut aligner la durée d'indemnisation des plus de 55 ans sur les moins de 55 ans parce qu'ils valent autant que les moins de 55 ans. Ils ont autant de qualité, autant de savoir-faire et autant d'expérience. Je ne veux pas raboter quoi que ce soit.

4:32
Présentateur

On est sur le choix des nos enfants. On dit la même chose, Bruno Le Maire, sauf que ce n'est pas le choix qui a été fait par les partenaires sociaux.

4:37
Bruno Le Maire

Les mots comptent. Et je regarde aussi les chiffres de taux d'emploi. Le taux d'emploi en France, c'est 68%. Le taux d'emploi des seniors, c'est 10 points de moins. C'est 57%.

4:48
Invité

Et ça, c'est à cause de la durée d'indemnisation.

4:50
Bruno Le Maire

Évidemment, c'est un gigantesque gâchis et c'est une hypocrisie collective complète.

4:53
Invité

Ce que vous dites, c'est qu'en fait, cette durée d'indemnisation, elle incite à rester en dehors de l'emploi.

4:57
Bruno Le Maire

Quand vous avez 28 mois d'indemnisation du chômage, dans le fond, qu'est-ce qu'on vous dit ? On vous dit, écoutez, partez à la retraite tranquillement. On n'a plus besoin de vous. Moi, ça me révolte. C'est peut-être parce que j'approche les 55 ans. Mais je considère qu'aujourd'hui, une personne qui a plus de 55 ans, si elle n'a pas de difficultés physiques, si elle n'a pas de troubles musculosquelétiques ou qu'elle n'a pas un métier pénible, on a besoin d'elle. Et ce que je veux dire aux plus de 55 ans, c'est qu'on a besoin de vous.

Et ce que je veux dire, c'est que si nous voulons aller vers ces 5% de taux de chômage, il faut, par exemple, sur la durée d'indemnisation, se dire que pour les plus de 55 ans, il faut qu'il y ait une durée d'indemnisation qui soit similaire à celle des moins de 55 ans.

5:33
Présentateur

Mais les syndicats peuvent vous répondre au lieu d'agir sur la durée d'indemnisation des seniors. Pourquoi vous ne faites pas quelque chose au niveau des entreprises ? Leur réduire, par exemple, les aides en fonction de s'ils embauchent ou pas des seniors, de leur donner une prime ou pas ?

5:47
Bruno Le Maire

On peut toujours pénaliser plus les entreprises, mais il me semble que si on veut développer l'activité, il me paraît bon de soutenir aussi nos entreprises, leur permettre d'embaucher, leur permettre de créer des emplois, de créer de l'activité partout sur le territoire. Je pose juste ce débat avec une détermination totale qui est de parvenir à ces 5% de taux de chômage que nous n'avons pas atteints depuis un demi-siècle en France. C'est un sujet parmi d'autres, l'emploi des seniors dans le modèle social. C'est un sujet qui n'est pas abordé d'ailleurs dans l'accord qui vient d'être signé par les partenaires sociaux sur l'assurance chômage. C'est pour ça que je trouve cet accord perfectible.

L'accord on est dit qu'il est perfectible, au moins sur deux points. Le premier, c'est sur le financement. Vous avez des dépenses qui sont certaines, avec des réductions de cotisations. Alors ça, cette dépense-là, elle est sûre et certaine. Et comme toujours en France, les dépenses sont certaines, mais les économies, elles, elles sont improbables. Parce que l'accord unédique propose de faire des économies sur la création d'entreprises. Déjà, je trouve l'idée un peu baroque, parce que je pense qu'on a besoin de créer des entreprises. Et ensuite, l'économie qui est chiffrée à près de 900 millions d'euros, elle me paraît très improbable.

6:52
Présentateur

Mais le patronat a donné son accord, le MEDEF est d'accord avec ça.

6:55
Bruno Le Maire

J'ai eu l'occasion d'en expliquer avec le président du MEDEF. Moi, je considère que sur le volet financier, on peut émettre légitimement des doutes. Juste, perfectible, ça veut dire qu'en l'État, vous ne validez pas le gouvernement ? Ce n'est pas moi qui prends la décision de validation. Je dis juste que quand c'est perfectible, il vaut mieux ne pas endosser. Parce que les comptes publics, ça compte. Et que si les économies ne sont pas certaines, on pourrait avoir une difficulté de finances publiques supplémentaires. Et il est perfectible en deuxième lieu sur cette question de l'emploi des seniors.

J'y attache beaucoup d'importance, parce que c'est une question de représentation de la société française. Qu'est-ce que l'on fait des plus de 55 ans ? Quel message est-ce qu'on leur envoie ? Moi, le message que j'ai envie de leur envoyer, c'est qu'on a besoin de vous, on a besoin de votre expérience.

7:36
Invité

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, avec nous jusqu'à 9h. On vous retrouve juste après le fil. Info 8h40, Maureen Suignard. L'attente est interminable pour les familles des otages. L'accord conclu hier entre le Hamas et Israël n'entrera pas en vigueur avant demain. Deux sujets font encore objet de discussion. La liste précise des otages à libérer et les modalités de la libération. L'armée israélienne poursuit en tout cas ce matin ses opérations dans la bande de Gaza. Et un médecin de l'hôpital Al-Shifa a été arrêté. C'est le directeur de l'établissement qui a été arrêté par l'armée israélienne. Ce directeur qui avait refusé l'évacuation du site.

C'est la conséquence de toutes ces craintes qui se manifestent en Europe depuis des années. Le ministre de l'économie réagit sur France Info à la victoire de l'extrême droite aux législatives néerlandaises. Mais les Pays-Bas ne sont pas la France, assure Bruno Le Maire. Nous ne serons pas prêts concernant les transports. L'achet Anne Hidalgo a un moins des JO de Paris 2024. La maire de la capitale évoque des trains en nombre insuffisant. Notamment, le ministre des Transports lui répond en lui conseillant de venir aux réunions stratégiques sur le sujet.

8:47
Présentateur

Bruno Le Maire, l'agence de notation Standard & Poor's publie la semaine prochaine, vendredi 1er décembre, la notation financière de la France qu'elle pourrait dégrader, comme a pu le faire une autre agence, Fitch, en avril dernier. Vous êtes en train de retenir votre souffle, là ?

9:05
Bruno Le Maire

Non, je ne suis pas là pour retenir mon souffle. Je suis là pour prendre les décisions nécessaires pour que ça ne se produise pas. Ça veut dire avoir des comptes publics bien tenus et ça veut dire respecter nos engagements vis-à-vis d'abord des Français, de nos partenaires européens et des marchés.

9:19
Présentateur

Mais il se passe quoi concrètement si on est dégradé ?

9:21
Bruno Le Maire

Concrètement, ça veut dire que quand on dit qu'on fait 4,9% de déficit en 2023, on fera 4,9% de déficit. Quand je dis qu'on fera 1% de croissance, tout le monde s'est moqué de ce pourcent de croissance. Vous serez en récession, trop optimiste, parce que les gens ne croient pas assez dans la France. Moi, j'ai une foi inébranlable. Avec capacité de l'économie française et des Français tout court. On fait 1% de taux de croissance. Et donc quand je dis que nous ferons 4,4% de déficit public en 2024 et 1,4% de croissance en 2024, nous les ferons. Et quand vous dites qu'on va faire 3% en 2027... La parole du ministre des Finances est crédible.

9:56
Invité

C'est ce qui, je l'espère, emportera la conviction de l'agence de notation. Mais quand on écoute Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes, il considère que 3% en 2027, ce n'est pas assez ambitieux.

10:04
Bruno Le Maire

Peu après discuter de l'ambition, bien entendu. Et s'il y a des barges de manœuvre pour aller plus loin, bien entendu que nous pourrons les exploiter. Mais ce qu'on ne peut pas discuter, c'est de la crédibilité de la parole du ministre des Finances et du gouvernement français dans son ensemble sur le rétablissement des finances publiques et sur les engagements qui ont été tenus. Après, pour répondre très concrètement à vos questions, bien sûr que le risque existe. J'en suis parfaitement conscient. C'est pour cela que je suis aussi intraitable sur la baisse de la dette publique et sur la baisse des déficits.

Parce que si demain notre note devait être dégradée, ça veut dire que les taux d'intérêt à nouveau seraient plus élevés, qu'on emprunterait plus cher et qu'on jette des milliards d'euros par la fenêtre pour les intérêts de la dette. C'est quand même dommage, alors qu'on a tellement besoin d'argent pour les hôpitaux, pour les services publics, de le faire disparaître dans le service de la dette.

10:52
Présentateur

Alors justement, pour apparaître crédible auprès des agences de notation, mais aussi auprès de la Commission européenne qui vous a mis en garde cette semaine en expliquant que la France risquait en 2024, je cite, de ne pas être en ligne avec les recommandations budgétaires de l'Union européenne. Vous cherchez des économies, donc, ce que vous préparez, Bruno Le Maire, pour le pays dans les mois à venir, c'est quoi ? C'est de la rigueur ou carrément de l'austérité ?

11:15
Bruno Le Maire

Non, c'est de la responsabilité. Ce n'est pas de la rigueur, ce n'est pas de l'austérité. L'avertissement d'ailleurs de la Commission européenne, je tiens à le signaler, ce n'est pas une lettre formelle, c'est simplement des remarques, donc il faut le prendre aussi avec toute la distance nécessaire. Mais c'est juste tenir notre stratégie. Il y a eu la crise du Covid. Nous avons protégé, c'était nécessaire et juste. Il y a eu ensuite la crise inflationniste, la plus grave depuis les années 70. Nous avons protégé, bouclier tarifaire, c'était nécessaire, c'était juste. Je rappelle juste pour vous donner un exemple.

Si on n'avait pas mis en place ce bouclier sur l'électricité, votre facture moyenne à 1300 euros, elle doublait. Elle passait à 2600 euros. Ça aurait été insupportable pour nos compatriotes, en particulier les plus modestes. Ça c'était hier, mais aujourd'hui, maintenant ? Nous revenons à la normale. Dans une situation normale, on retire les dispositifs exceptionnels. Nous retirerons le bouclier tarifaire sur le gaz, nous retirerons le bouclier tarifaire sur l'électricité. Aujourd'hui, je le rappelle, nous prenons encore à notre charge 34% de la facture d'électricité des ménages. Il faut progressivement sortir de ce bouclier. Donc c'est la fin du quoi qu'il en coûte.

12:16
Présentateur

Vous annoncez 16 milliards d'économies pour l'année prochaine. La droite vous dit arrêtez de bluffer. Il n'y a aucune réforme structurelle là-dedans.

12:23
Bruno Le Maire

Mais elles n'avaient qu'à la voter. Vous avez passé au 43. Non, mais elles n'avaient qu'à voter la réforme structurelle, toutes les droites qui nous reprochent.

12:32
Présentateur

Non, ils considèrent que vous n'allez pas assez loin. 16 milliards, c'est rien du tout.

12:35
Bruno Le Maire

C'est très sympathique de considérer que les réformes structurelles ne sont pas suffisantes, qu'elles ne sont pas là. Mais dans ce cas-là, qu'est-ce qui a empêché les républicains de voter unanimement la réforme des retraites ? Qu'est-ce qui rapporte le plus d'argent au compte public d'ici la fin 27 ? Qu'est-ce qui les empêcherait de nous proposer d'autres réformes de structure ? Et pourquoi dans ce cas-là nous propose-t-il au Parlement 100 milliards d'euros sans de dépenses supplémentaires ? Et à un moment donné, il y a deux fils qui se touchent. D'un côté, on vous dit des réformes structurelles, on ne les vote pas. Des économies supplémentaires et on propose des dépenses.

Quand on a deux fils qui se touchent, on disjoncte.

13:09
Invité

En attendant, on est sur le point de vendre une partie du patrimoine immobilier de l'État réduire de 25%, c'est ça ? La surface occupée par les administrations, ça veut dire quoi ? C'est juste un symbole ? Ou ça peut vraiment rapporter de l'argent ?

13:21
Bruno Le Maire

Tout ce qui nous permettra d'être plus efficace en dépensant moins d'argent qui, je rappelle, l'argent des contribuables, sera fait. C'est une proposition qu'a faite Thomas Cazenave, le ministre délégué au compte public. C'est une très bonne proposition. Nous ferons cela sur 10 ans. Nous ferons cela en créant une foncière pour cet immobilier de l'État. Vous avez un listing

13:41
Présentateur

de monuments de bâtiments à vendre, de bâtiments de l'État ?

13:44
Bruno Le Maire

C'est Thomas Cazenave qui est responsable de cela. Je trouve que l'idée est très bonne, qu'elle doit permettre de mieux employer l'argent du contribuable, éviter qu'il y ait des surfaces perdues, faire en sorte qu'il y ait des rentrées nécessaires pour le budget de l'État.

13:57
Invité

Bruno Le Maire, on a un certain nombre de questions précises sur l'actualité économique. Il y a une mesure, par exemple, qui surprend surtout à gauche. C'est votre volonté de fonctionner le livret A, en tout cas d'orienter le livret A, le livret développement durable pour financer des entreprises de l'industrie de défense française. Est-ce que vous comprenez que ce choix se surprenne ? Mais ce n'est pas mon choix.

14:16
Bruno Le Maire

C'est le choix de qui, alors ? Ce n'est pas mon choix. C'est une proposition qui est faite, qui va être débattue par les députés. Mais vous savez, moi, je suis un garçon simple. Le livret A, il sert... Non, je pense qu'on peut trouver d'autres façons de financer l'effort de défense qui est indispensable. Je soutiens totalement cet effort de défense. Je pense que ce qu'a proposé Sébastien Lecornu dans la loi de programmation militaire est indispensable. Il faut redonner les moyens à nos armées de fonctionner bien, d'avoir les meilleurs matériels. Et la loi de programmation militaire voulue par le Président de la République permet de mettre nos armées au niveau.

Mais donc, ce n'est pas le rôle du livret A, pas le rôle du livret A. Surtout face à la menace qui est celle de la guerre en Ukraine et du besoin qu'ont aujourd'hui les Ukrainiens que nous les soutenions. Mais prenons d'autres instruments pour réfléchir à un produit d'épargne dédié. Le livret A, pour moi, c'est le logement social. Ça doit rester le logement social. Je me suis battu pour que le livret de développement durable serve exclusivement les investissements verts. Je souhaite qu'il continue à financer exclusivement les investissements verts. On verra ce que les parlementaires décideront.

Je préfère qu'il y ait un produit d'épargne dédié à la défense nationale plutôt qu'on fasse dévier le livret A de son objectif. Le logement social, chacun voit à quel point il est important aujourd'hui d'avoir le financement du logement social. Même chose pour le LDDS.

15:31
Présentateur

Bruno Le Maire, le nouvel accord avec EDF doit permettre d'offrir des prix plus stables aux Français. Stable, mais est-ce que plus haut ?

15:39
Bruno Le Maire

Il y a deux choses qu'il faut bien comprendre. Stable ne veut pas dire nécessairement plus haut en tout cas, ça permettra à cet accord d'éviter la flambée des prix que nous avons connue au cours des années passées. Je le dis pour tous ceux qui disent la reine. Vous savez, ce fameux dispositif, c'était formidable. Ça n'a jamais empêché la flambée des prix que nous avons connue pour les entreprises comme pour les ménages qui nous a obligés à mettre en place des mesures comme le bouclier tarifaire. Vous avez deux choses. Vous avez la période avant la réforme, 2024-2026. Là, ça ne change rien pour les ménages.

Simplement, je le dis très honnêtement, comme nous allons sortir du bouclier tarifaire sur l'électricité, il y aura entre maintenant et la fin de l'année 25 au début de l'année 26 des augmentations progressives et limitées des tarifs de l'électricité. Ça veut dire que l'engagement que je prends, c'est qu'à la rentrée prochaine début 2024, février 2024, l'augmentation ne pourra pas dépasser les 10% sur les tarifs de l'électricité. J'espère que ce sera moins, ça dépendra des prix de l'électricité à ce moment-là, mais ça ne dépassera pas les 10%. Ce sera une sortie progressive des boucliers tarifaires sur l'électricité.

Après, à partir de 2026, on rentre dans le nouveau système et l'accord que nous avons trouvé avec EDF permet de garantir stabilité des prix pour les ménages. Ils ne connaîtront plus ces explosions que nous avons connues dans les années passées. Compétitivité pour les entreprises avec un prix de 70 euros le mégawatt-heure sur l'intégralité de la production nucléaire d'EDF. Pas sur un tiers. Quand on dit, mais attendez, avant c'était 42 et demain ça va être 70. Là, je comprends que les gens s'inquiètent. Sauf que 42, c'est sur 100 TWh et 100 euros, ce sera 70 euros par exemple. 70 euros, oui. Ce sera sur l'intégralité de la production d'EDF, c'est-à-dire trois fois plus, 300 TWh.

17:23
Présentateur

Oui, mais du coup, est-ce que ce sera pour le particulier qui nous écoute, est-ce que ce sera plus cher l'électricité en 2026 avec ce nouveau accord ?

17:30
Bruno Le Maire

Vous aurez forcément une augmentation des prix comme tous les prix augmentent, ceux de l'alimentaire, ceux de vos habits, ceux des équipements électroménagers. Elle sera mesurée, ce sera la sortie du bouquet tarifaire et une fois que nous serons sortis du bouquet tarifaire, les prix seront stables pour les ménages. Ils ne connaîtront plus cette explosion de tarifs que nous avons connus pendant la crise inflationniste. Stabilité pour les ménages, compétitivité pour les entreprises, car je le redis, ces 70 euros portent sur toute la production, ce qui protégera aussi les entreprises contre les risques d'explosion des prix et compétitivité pour EDF.

Parce qu'enfin, il ne faut pas oublier EDF, qui est une grande entreprise nationale, qui a besoin de dégager des bénéfices pour réinvestir dans le nouveau nucléaire, réinvestir dans les énergies renouvelables et ne pas se retrouver en situation économique difficile.

18:16
Invité

Donc une hausse à attendre sur les tarifs de l'électricité d'ici 2026. Bruno Le Maire, ministre de l'économie Mesuré, on entend bien. Mesuré, limité, pour sortir du bouclier. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances avec nous jusqu'à 9h. On vous retrouve juste après le fil info 8h51. Maureen Suignard. L'Elysée se félicite du retour de l'attractivité française dans le domaine de la santé. Le danois Novo Nordisk, le géant mondial de l'industrie pharmaceutique, va investir plus de 2 milliards d'euros dans son site de Chartres. Ce site produit des cartouches et des flacons d'insuline. L'Elysée affirme que 500 emplois vont être créés.

La guerre continue jusqu'à ce que nous atteignions tous nos objectifs. Le Premier ministre israélien maintient son ton martial et cela malgré l'accord conclu avec le Hamas hier. Il n'y aura pas de trêve ou de libération d'otages. Aujourd'hui, des discussions sont encore en cours pour savoir qui sera libéré. Les autorités israéliennes affirment que 250 personnes sont retenues par le groupe terroriste. Alors que les Européens n'ont jamais généré autant de déchets d'emballages, le Parlement européen vote un texte sur la question. Il prévoit de faire baisser de 10% ces emballages d'ici 2035. Mais les députés ont aussi voté de nombreuses expressions.

Exception, les ONG environnementales dénoncent la pression des lobbies. Deuxième journée de Ligue des champions de football et les deuxièmes victoires pour les Lyonnaises. 2-0 contre les Autrichiennes de Polton. La suite ce soir avec deux clubs parisiens. Le Paris FC qui affronte Chelsea et le PSG qui reçoit le Bayern Munich. France Info

19:45
Présentateur

Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia

19:50
Invité

Bruno Le Maire la presse régionale en parle depuis plusieurs jours maintenant partout en France des milliers de mineurs ont reçu un courrier du fisc qui les enjoint à payer la taxe d'habitation. C'est bien un bug de vos services ?

20:02
Bruno Le Maire

Alors c'est pas un bug de la plateforme mais c'est effectivement un bug parce que les déclarations sont arrivées par erreur. Les contribuables en général ont mis le nom de leurs enfants dans la déclaration. Il y a eu sans doute un excès de bonne volonté de leur part. C'est le formulaire qui n'était pas clair ? Certainement des erreurs qui ont été commises mais en tout cas c'est pas celle de la plateforme je veux simplement rassurer les contribuables c'est quelques milliers sur plusieurs millions de déclarations.

La correction sera automatique c'est la direction générale des finances publiques qui va s'en charger donc les contribuables n'ont rien à faire quand il y a une erreur c'est l'administration qui doit la corriger ce sera le cas.

20:38
Présentateur

Demain c'est le Black Friday jour pendant lequel les promos sont en forte hausse dans les magasins et sur internet aussi et à cette occasion une campagne de communication du ministère de l'écologie suscite la colère du secteur du commerce car elle incite à ne pas acheter pendant le Black Friday justement. Dans les différents clips on voit un dévendeur qui vous conseille d'acheter un téléphone

20:57
Bruno Le Maire

C'est pas très sympa pour les vendeurs

20:58
Présentateur

Lui il dit justement acheter un téléphone reconditionné plutôt qu'un neuf louer une ponceuse car vous ne l'utiliserez pas souvent au lieu de l'acheter ou de faire réparer votre lave-linge vous qui êtes ministre de l'économie vous dites c'est une bonne campagne ça ?

21:15
Bruno Le Maire

Je dis que c'est une campagne maladroite je l'ai regardée je la trouve maladroite je vais vous dire pourquoi d'abord parce que vendeur c'est un métier je ne trouve pas ça très sympa pour les vendeurs de se moquer même indirectement de leur métier en deuxième lieu c'est maladroit vous avez du commerce surtout le commerce physique qui aujourd'hui vous regardez les boutiques de centre-ville les boutiques de vêtements toutes les grandes marques comme Cabayeux qui ont connu ces difficultés très franchement je ne trouve pas ça très habile vis-à-vis du commerce physique et qui se bat que nous soutenons en particulier en centre-ville c'est une façon de faire une promotion indirecte du commerce dématérialisé sur les plateformes donc je trouve ça regrettable

21:56
Présentateur

mais vous savez que cette campagne elle a été validée par votre collègue

21:58
Bruno Le Maire

je suis là pour vous dire avec simplicité franchi ce que je pense

22:03
Invité

ça a l'air anecdotique comme ça mais en fait il y a quelque chose très profond derrière est-ce qu'on a quelques jours de la COP28 est-ce que c'est pas le rôle du gouvernement d'inciter à moins consommer

22:15
Bruno Le Maire

à mieux consommer si mais moi je crois profondément à la sobriété consommer moins consommer mieux oui mais pas en prenant les vendeurs ou les commerces physiques comme cible et en deuxième lieu pas en culpabilisant mais en incitant je crois à l'incitation à la sobriété je ne crois pas à la culpabilisation du consommateur regardez ce qui a été fait par Agnès Pannier-Runacher par le gouvernement sur la campagne d'économie d'énergie l'année dernière ça remarque à loin au marché on n'a pas dit attendez c'est pas bien ce que vous faites c'était dire écoutez si vous voulez économiser de l'énergie voilà les solutions qu'on vous propose voilà les bons gestes à suivre c'était des recommandations ça a très bien marché il y a eu un effort de sobriété remarquable qui a été fait par les consommateurs comme par les entreprises moi je recommande vivement que sur la consommation de vêtements de produits électroménagers on suit cette voie de l'incitation plutôt que celle de la culpabilisation

23:12
Présentateur

ça c'est pour votre collègue Christophe Béchut va vous entendre ce matin

23:15
Bruno Le Maire

non c'est pas pour mon collègue c'est pour cette campagne je suis là pour dire avec franchise et sincérité ce que je pense je trouve cette campagne maladroite

23:21
Invité

d'un mot Bruno Le Maire le débat a agité beaucoup notamment le milieu de la restauration est-ce qu'il faut pérenniser la prolongation donc en 2024 de la dérogation qui permet de faire ses courses avec le ticket restaurant

23:31
Bruno Le Maire

oui je pense que c'est important pour les 5 millions de salariés qui utilisent ces titres restaurant nous sommes là pour leur faciliter la vie les habitudes de consommation on parlait de sobriété tout à l'heure elles ont changé vous avez beaucoup de salariés ils ne vont pas forcément au restaurant ils vont s'acheter de quoi faire leur repas le lendemain chez un distributeur un grand distributeur dans leur commerce de proximité je veux leur laisser la possibilité d'utiliser le titre restaurant pour cela on va le faire sur 2024 nous avons ouvert la réflexion avec les restaurateurs ils sont en colère ils sont en colère je les ai soutenus massivement pendant la crise du Covid nous continuons à les soutenir nous avons continué à retirer toutes charges fiscales et sociales sur les pourbois nous sommes là pour les aider mais je pense que ça vaut le coup d'ouvrir cette réflexion pour faciliter la vie des salariés moi je pense aux 5 millions de salariés qui utilisent ces titres restaurant pour s'acheter des produits alimentaires et faire leur déjeuner du lendemain je trouve que c'est une bonne démarche et je la soutiens

24:30
Présentateur

Bruno Le Maire c'est le Duo Day une journée spéciale pour l'inclusion des personnes handicapées dans le monde du travail et vous ce matin vous êtes venu accompagné d'un jeune homme qui s'appelle Raphaël il va rester avec vous toute la journée pour voir à quoi ressemble véritablement un emploi du temps de ministre

24:44
Bruno Le Maire

exactement donc Raphaël est malvoyant il va m'accompagner toute la journée donc je suis très heureux de l'accueillir et de manière globale vous voyez on parle de modèle social à améliorer tout à l'heure ce n'est pas uniquement toucher à l'indemnisation du chômage c'est aussi se battre pour l'inclusion la plus large possible de tous nos compatriotes dans nos vies quotidiennes et les personnes qui souffrent d'un handicap Raphaël en plus a un parcours qui est exceptionnel il va devenir avocat franchement c'est impressionnant son parcours pouvoir lui faire vivre une vie de ministre une journée de ministre moi ça me fait vraiment plaisir

25:17
Invité

bonne journée à vous bonne journée à Raphaël également Bruno Le Maire ministre de l'économie et des finances c'était l'invité du 830 France Info