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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 15 octobre 2019 23 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉducation & rechercheSolidarités & famille

Commission européenne : "Le candidat qui s'imposerait serait Michel Barnier" estime Jean-Louis Bourlanges

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Comment voyez-vous l'offensive turque au nord de la Syrie ?

  • 0:47RelanceRéponse partielle

    Est-ce de l'ordre de la guerre d'Espagne selon vous ?

  • 3:05RelanceRéponse directe

    Nous jouons notre existence, dites-vous. Ce n'est pas très optimiste...

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça dit de notre faiblesse, de notre impuissance ?

  • 5:35RelanceRéponse directe

    Et puis après quoi ? Vous dites, vous, à vous lire dans le Figaro, et puis après, plus rien.

  • 7:03OuverteRéponse directe

    Le misfit, c'est le rejet par le Parlement européen de la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire, est-ce que vous l'avez comprise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53Invité politiqueFait
    « Staline libérant, disant, allez-y à Hitler, vous pouvez envahir la Pologne. Et Trump disant à Erdogan, vous pouvez envahir le Kurdistan, le Kurdistan syrien, nous ne ferons rien. »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « Ce que montre quand même cette affaire, qui est très grave, c'est la cassure fondamentale du bloc atlantique. »
  • 2:09Invité politiqueFait
    « C'est pourquoi l'Europe n'a jamais été aussi nécessaire. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « Ça dit d'abord que nous ne pouvons pas continuer à bouder l'enjeu institutionnel. »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « Nous avons besoin d'institutions communes, de moyens communs. »
  • 5:43Invité politiqueFait
    « Le discours de la Sorbonne était formidable parce qu'il posait le véritable enjeu, à savoir que notre avenir passait par la construction d'un projet européen commun. »
  • 7:37Invité politiqueFait
    « C'est moi qui ai inventé cette procédure. Elle n'existait pas. »
  • 10:31Invité politiqueChiffre
    « Elle a reçu 330 000 euros en étant parlementaire. Elle a été payée 8 500 euros par le Parlement, 13 000 euros par la fondation Bergohen. »
  • 14:42Invité politiquePromesse
    « Celui qui s'imposerait ça serait Michel Barnier. »
  • 19:11Invité politiqueFait
    « J'ai été très impressionné par le suicide de cette directrice d'école. »

Temps de parole

  • Jean-Louis Bourlanges77 %
  • Présentateur10 %
  • Invité6 %
  • Présentateur 25 %
  • Invité 23 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le député Modem des Hauts-de-Seine, longtemps professeur à Sciences Po Paris. Question réaction 01-45-24-7000, les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Jean-Louis Bourlange. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter. Vous avez siégé près de 20 ans au Parlement européen, institution que vous connaissez comme votre poche. Vous aimez les livres, l'histoire, le débat d'idées. Alors vous, Jean-Louis Bourlange, l'européen convaincu, dites-nous comment vous voyez l'offensive turque au nord de la Syrie.

L'ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, Gérard Harrault, dit sur Twitter que ce qui se passe en ce moment en Syrie est pour l'Europe, pour la communauté internationale, notre guerre d'Espagne. Est-ce de cet ordre selon vous ?

0:49
Jean-Louis Bourlanges

Oui, la guerre d'Espagne, la guerre de Pologne, il y a aussi un côté guerre de Pologne. Staline libérant, disant, allez-y à Hitler, vous pouvez envahir la Pologne. Et Trump disant à Erdogan, vous pouvez envahir le Kurdistan, le Kurdistan syrien, nous ne ferons rien. La guerre d'Espagne, c'était différent quand même, parce que c'était... Enfin, il y a raison, Harrault, je comprends très bien ce qu'il veut dire. Mais les démocraties étaient faibles, étaient directement confrontées à Hitler et à Mussolini, et donc à Franco. Il y avait un rapport de force, on n'était pas très fameux. Là... Elles ne sont pas faibles, aujourd'hui, les démocraties, Jean-Louis Bourlan ? Non.

Ce que montre quand même cette affaire, qui est très grave, c'est la cassure fondamentale du bloc atlantique. Donc, nous savons, nous en avions là le sentiment croissant, mais maintenant c'est absolument évident, que nos alliés ne sont pas nos amis. Et que nos alliés américains ont décidé de considérer leurs alliés, que ce soit effectivement, aujourd'hui, les cures dans l'occurrence, comme rien. Je crois que ça prouve que nous sommes dans une situation de très grande solitude, de très grand abandon. C'est pourquoi l'Europe n'a jamais été aussi nécessaire. On a dit que l'Europe était nécessaire au moment de la guerre froide, parce qu'il y avait les Russes.

Mais il y avait quand même les Américains pour nous protéger. Ensuite, on a dit, après l'effondrement de l'Empire soviétique, l'Europe, ça ne sert plus à rien, puisque la fin de l'histoire est arrivée. En fait, la fin de l'histoire n'est pas arrivée. Et aujourd'hui, nous voyons bien que l'Europe n'a jamais été aussi nécessaire. Mais nous voyons aussi que nous sommes globalement, et à part la France, qui fait des efforts sérieux, mais solitaires, nous sommes globalement incapables de relever le défi. Donc là, nous jouons notre existence en tant que foyer de civilisation.

Parce qu'il y a cette affaire-là, il y a les affaires commerciales, il y a la course technologique, qu'il y a tout un ensemble de choses dans lesquelles les Européens sont aux abonnés absents.

3:03
Invité

Nous jouons notre existence, dites-vous. Ce n'est pas très optimiste quand on voit... Pardon, la France et l'Allemagne ont suspendu leurs exportations d'armes à la Turquie, mais l'Union Européenne n'arrive pas à se mettre d'accord sur un embargo, parce qu'il y a le veto des Britanniques pour l'instant. Qu'est-ce que ça dit de notre faiblesse, de notre impuissance, si même faire des sanctions commerciales contre Erdogan, on n'arrive pas à le faire ?

3:25
Jean-Louis Bourlanges

Ça dit deux choses. Ça dit d'abord que nous ne pouvons pas continuer à bouder l'enjeu institutionnel. On considère que le fédéralisme, c'est horrible, c'est le monstre du Loch Ness, on n'en parle pas. Mais quand vous mettez ensemble 27 États indépendants, souverains, n'ayant aucune organisation commune, vous avez un résultat pitoyable. Imaginez que les États-Unis, au lieu d'être conduits par la Maison Blanche et par le Congrès, seraient conduits par la libre association de 50 États américains. Donc on a ce problème. Quel est le pacte institutionnel ? Ce n'est pas forcément un pacte très contraignant, mais nous avons besoin d'institutions communes, de moyens communs.

Et deuxièmement, nous avons un problème idéologique, c'est que nous estimons, nous sommes l'Europe, c'est la paix, mais la paix, ça ne doit pas être l'abandon de la force. La puissance, ça n'est pas nécessairement la violence. La politique, ce n'est pas nécessairement l'arbitraire. Le droit, ça ne suffit pas. Il faut que l'Europe se réconcilie avec la politique. Elle en est sortie, en réalité, au moment de la Seconde Guerre mondiale. Elle ne l'a jamais réintégrée. Le général de Gaulle a fait des efforts un peu unilatéraux pour donner une présence politique à l'Europe. Il a été très seul. Et on est dans cet entre-deux, dans cet apesanteur historique depuis 1945.

Et malgré toutes les sollicitations extérieures, nous semblons incapables d'en sortir. Moi, je dis que vraiment, nous préparons un XXIe siècle dans lequel nous ne saurons rien. Il y a vraiment péril en la demeure. Et je ne sens pas en Europe les forces intellectuelles, morales, ce que j'écris dans le Figaro ce matin, les forces intellectuelles, morales et politiques pour organiser ce redressement solidaire.

5:24
Invité

Vous dites aussi dans le Figaro ce matin qu'il y a un président de la République français, Emmanuel Macron, que vous avez soutenu, qui avait eu à la Sorbonne, que vous soutenez toujours, qu'il y avait eu à la Sorbonne un grand discours sur l'Europe. Et puis après quoi ? Vous dites, vous, à vous lire dans le Figaro, et puis après, plus rien.

5:39
Jean-Louis Bourlanges

Écoutez, le discours de la Sorbonne était formidable parce qu'il posait le véritable enjeu, à savoir que notre avenir passait par la construction d'un projet européen commun, qu'on ne s'en tirerait pas tout seul. Tout seul, on pouvait faire un peu les marioles, les entremetteurs, mettre Trump à la même table que Poutine ou qu'Erdogan, ou que les Iraniens, etc. Ce qu'il a fait, ce qu'il a fait au G7. Oui, c'est très bien, mais ce sont des apparences en réalité. Si nous voulons exister dans le concert mondial actuel, il fallait qu'on soit unis, et ça, le discours de la Sorbonne le posait. En revanche, il ne posait pas la question institutionnelle.

C'est-à-dire qu'il ne disait pas qu'elle est exactement, non pas l'abandon des États, parce que l'Europe est celle des États, mais comment les États doivent s'organiser pour fonctionner à la fois démocratiquement et efficacement. C'est très possible. Et du coup, il n'a tenu aucun discours institutionnel, et il s'est retrouvé en porte-à-faux avec la seule institution qui irait dans son sens, celle d'aller plus loin, qui est le Parlement européen.

D'où le misfit de la semaine dernière, qui est quand même extrêmement regrettable, car en réalité, on a une guerre intestine entre deux forces, le Parlement européen et la présidence de la République française, qui devraient converger, ce ne serait pas suffisant, mais ce serait nécessaire, si on voulait relancer l'Europe.

7:03
Présentateur

Le misfit, c'est le rejet par le Parlement européen, Jean-Louis Bourlange, de la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire, qui est un rejet inédit pour une candidature française. Emmanuel Macron, ça a été sa première réaction, a dit qu'il ne comprenait pas la décision du Parlement, et vous, est-ce que vous l'avez comprise ?

7:24
Jean-Louis Bourlanges

Oui, je crois, je n'ai pas compris qu'Emmanuel Macron ne la comprenait pas. Vous avez tout à fait raison de signaler que c'est le premier rejet d'un commissaire français, ce n'est pas le premier rejet d'un commissaire d'un État important. C'est moi qui ai inventé cette procédure. Elle n'existait pas. Quand j'étais président de la Commission des Libertés, en 2004, on avait l'habitude de faire des auditions, mais on ne les faisait pas suivre d'un vote. On envoyait une bafouille, une lettre au président, on disait, on a entendu monsieur, madame Attel, bon, etc., ça n'avait pas beaucoup de portée.

Et sur le commissaire italien qui posait des problèmes, qui était un type bien, mais qui posait de vrais problèmes d'orientation politique, j'ai pris l'initiative de faire voter ma commission, et ensuite, le Parlement a codifié ça, on a fait le règlement. Donc je me sens un peu... Oui, c'est de votre faute. C'est tout à fait de ma faute, mais je crois que c'est essentiel. Il faut sortir de l'idée que la commission n'est pas contrôlée par le Parlement. Ça, c'est quand même quelque chose qui est important. La présidente de la commission est approuvée par le Parlement ou rejetée. Les commissaires sont soumis à ces procédures d'audition, sélection, dont madame Goulard a été la victime.

Ensuite, la commission, en tant que collège, est à nouveau globalement approuvée par le Parlement. Et enfin, le Parlement a la possibilité de censurer la commission. Alors, quand on nous dit que c'est un arrêt au page de technocraties responsables et contrôlées par personne, je rigole, surtout quand je vois ce qui se passe en France où le gouvernement est plus à l'aise. Donc voilà, je crois qu'il faut d'abord dire ça. Alors, je n'ai pas du tout été surpris pour répondre.

8:55
Invité

Vous n'avez pas été surpris, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est joué ? Est-ce que c'était une erreur de maintenir Sylvie Goulard ? Bien sûr. Est-ce que c'est un règlement de compte du Parlement ? Est-ce que c'est un règlement de compte contre Emmanuel Macron du PPE, de la droite européenne,

9:06
Jean-Louis Bourlanges

c'est quoi ? Alors, d'abord, Sylvie Goulard est une personne qui avait... C'est ça qui a un peu obscurcé le jugement du président. C'est une personne de grande qualité. Elle a de la compétence, des convictions et de l'énergie. Donc, il a dit qu'elle a de la compétence, des convictions, de l'énergie. Ça va. Mais ce n'est pas la politique, ce n'est pas tout à fait ça. Mais surtout,

9:23
Invité

elle était la seule à le vouloir, le poste. Parce que manifestement, il avait essayé avec d'autres et ils n'étaient pas très...

9:28
Jean-Louis Bourlanges

Il a essayé. S'il demande à Mme Parly qui est ministre, elle préfère rester ministre des armées, on comprend. Enfin, ne dites pas qu'il n'y a pas quand même une femme dans ce pays compétente et capable de pouvoir être commissaire européen. Mais la question n'est pas là. La question, c'est qu'on a eu tout un ensemble de choses qui ne collaient pas. D'abord, elle avait dû quitter le gouvernement français. La sensibilité des parlementaires européens était très vive. Ils ont simplement dit pourquoi voulez-vous qu'elle soit digne d'être en Europe alors que vous la jugez-vous indigne d'être en France ? C'est injuste, mais c'était évident que ça serait comme ça.

Deuxièmement, on a vraiment cherché le conflit avec Manfred Weber, le président du PPE. On a cherché le conflit. On l'a écarté de la présidence, c'était tout à fait légitime. Mais par exemple, Nathalie Loiseau a dit que c'était un hasbin. Le hasbin, c'est rappelé à notre souvenir. Ce n'était pas la déclaration la plus fantastiquement heureuse des responsables français. Ensuite, il y a eu l'affaire Bergohen. Moi, je suis désolé, depuis le début. La fameuse fondation

10:28
Présentateur

qui a employé Cidic Moulaire.

10:30
Jean-Louis Bourlanges

Elle a reçu 330 000 euros en étant parlementaire. Elle a été payée 8 500 euros par le Parlement, 13 000 euros par la fondation Bergohen. Et on n'a pas eu, c'est ça qui m'a paru fondamental, on n'a pas eu, c'est tout à fait légitime qu'elle reçoive quelque chose si elle fait un travail. Mais on n'a rien dit sur ce qu'elle faisait. Donc, on avait l'impression d'un financement d'une activité politique par une fondation internationale. Donc, tout cela a construit un système, ajouté un tempérament quand même un petit peu fort, pour ne pas dire arrogant, et vous aviez tous les ingrédients de cela. C'était absolument pas surprenant.

Et nous l'avions dit, Bayrou l'avait dit, je pense que quand Bayrou le disait, comme il n'aime pas Mme Goulart, le président de la République allait dire, c'est Bayrou, il nous embête, il n'aime pas cette femme, etc. Donc, je ne vais pas l'écouter. En réalité, nous l'avions solennellement dit. Nous avions dit, ça ne passerait pas et ça serait l'occasion d'une crise importante. Donc, je ne sais pas pourquoi le président ne comprend pas, mais nous, nous avons quelques raisons de ne pas comprendre pourquoi il n'a pas compris.

11:34
Présentateur

Mais, Jean-Louis Bourlange, quand Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, dit à ce micro vendredi qu'un Parlement n'est pas un tribunal, je la cite, où se jugent les affaires qui ne sont pas jugées par les tribunaux de la justice, n'a-t-elle pas un point institutionnel ?

11:53
Jean-Louis Bourlanges

Je ne vois absolument pas, je crois que c'est une erreur de raisonnement total. Quand on juge de l'équité, de l'attitude d'un ministre, on ne le juge pas comme un juge. Quand un homme politique sanctionne un homme ou une femme politique, il ne la sanctionne pas comme un juge. C'est pour ça que la notion, par exemple, de présomption d'innocence est complètement idiote. Elle s'applique à une filière judiciaire. La présomption d'innocence, ça veut dire qu'on ne peut pas vous mettre en tôle ou vous mettre à l'amende sans avoir prouvé votre culpabilité. Là, on n'est pas du tout cela. Là, simplement, les problèmes posés étaient des problèmes strictement politiques.

Et je trouve qu'effectivement, on devrait arrêter les responsables français, je fais cette prière, devrait arrêter d'en remettre. Le président de la République a un peu perdu ses nerfs jeudi dernier. Ce n'est pas la peine de considérer qu'une crise de nerfs est un mot d'ordre politique et que tous les éléments de langage de Rheim vont dans le sens de cette justification. Moi, je dis halte au feu, halte au feu vis-à-vis du PPE, halte au feu vis-à-vis de la commission. Il ne faut pas mettre en cause Mme Van der Leyen, il ne faut pas contester le droit qu'elle a de répartir le portefeuille, les portefeuilles entre les commissaires.

Il ne faut pas dire aux parlementaires qu'ils ont eu le temps d'obéir. Un parlementaire n'est pas fait pour obéir, il est fait pour voter.

13:10
Invité

Vous leur demandez de revoir leurs éléments de langage, c'est ça ?

13:13
Jean-Louis Bourlanges

Je pense que l'anti-parlementarisme est un sport national en France depuis 60 ans que l'idée que des parlementaires puissent librement se prononcer à tort ou à raison, ça c'est un autre problème, puissent librement se prononcer sur le choix d'une personne, c'est quelque chose que l'establishment politique et administratif français n'encaisse pas, n'admet pas depuis 60 ans. Et je pense que c'est une grande différence entre nous et les autres et pas à notre avantage.

13:40
Invité

Alors maintenant, il faut trouver une autre candidate ou un autre candidat mais ça devrait être plutôt une femme. Vous avez un candidat ou une personne qui a... Parce que vous dites que c'est facile de trouver une femme manifestement pas.

13:50
Jean-Louis Bourlanges

Écoutez, ça c'est vraiment... Non mais vous qui connaissez ces questions-là, est-ce que vous avez une idée par exemple ? La décision appartient à deux personnes, plus le Parlement. La première personne c'est le président de la République et la deuxième personne c'est Mme van der Leyen puisque nous savons maintenant enfin depuis... Vous n'avez pas d'idées vous ? Depuis... Mais si, j'ai des idées mais j'ai pas assez... Ça n'a aucun point. Moi je suis très choqué par le fait qu'on impose une parité totalement 50-50. Je trouve ça idiot. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que ce qu'il faut c'est une égalité entre les hommes et les femmes. Regardez, la représentation parlementaire du Modem. Nous avons...

Je crois que nous avons quatre élus. Nous avons trois femmes et un homme. Mais c'est très bien. On n'est pas obligé d'avoir... Ce qu'il faudrait c'est évidemment avoir au minimum 40% de chaque côté. Mais l'idée qu'au cordon à chaque fois il fallait avoir 50-50 c'est absurde. Moi personnellement il y a des tas de candidats très bien mais je trouve que celui qui s'imposerait ça serait Michel Barnier parce qu'il a l'avantage notamment... Il est très respecté indiscutable pour le Parlement il est très proche du Président de la République et en plus il reste membre du PPE.

Or je pense qu'il n'est pas inutile moi qui ne suis pas au PPE je pense qu'il n'est pas inutile si on veut bien fonctionner avec le Parlement de trouver un accord d'enterrer l'âge de guerre avec le PPE.

15:09
Présentateur

Allez on ouvre le débat avec les auditeurs de France Inter. Bonjour Nicolas. Bonjour Madame Salamé bonjour Monsieur Demorand et bonjour Monsieur Bourlange. Bonjour. Je me demandais si vous aviez encore un espace politique au sein de cette majorité en France. Est-ce que vous n'êtes plus qu'un faire valoir de Monsieur Macron loin des 20% que Monsieur Bayrou faisait à des élections passées et sa présence n'est-elle plus que symbolique ? Et j'en voudrais pour exemple de savoir si vous aviez toujours une influence sur les actions de cette majorité par rapport à la priorité qui avait été donnée au début de ce quinquennat à la maternelle et à l'école dans le primaire.

Sont-elles toujours d'actualité ? Quand et comment ? Et la suppression des aides administratives aux directeurs d'école aura été un très très mauvais signal envoyé par ce président sous prétexte de supprimer les emplois aidés. C'est vraiment une catastrophe. J'invite chacun d'entre vous à vivre en direct une journée de directeur d'école qui est au four au moulin ou un directeur d'école élémentaire qui est totalement déchargé mais qui a 450 élèves comme dans un collège mais qui est tout seul pour tout assumer. Voilà, je vous remercie. Merci Nicolas pour cette question. Je vais donner tout de suite la parole aussi à Mylène de Montpellier. Vous êtes là Mylène ?

16:27
Invité

Oui, oui, bonjour.

16:28
Présentateur

Et bienvenue, on vous écoute.

16:30
Invité

Oui, bonjour. Voilà, donc merci beaucoup pour cette émission encore une fois pour ce que vous faites à France Inter. Rapidement, je voulais poser la question à M. Bourlange. Bonjour. Bonjour. En ce qui concerne la question du voile, tout à l'heure nous avons entendu Léa Salamé expliquer qu'effectivement il y a sur le territoire européen des disparités en termes de législation ou pas d'ailleurs. Est-ce que là ce n'est pas une question qui pourrait être traitée de manière européenne justement quand on parle d'un Parlement absent ? Est-ce que la question du voile ne pourrait pas être prise en compte au sein du Parlement ? Et qu'est-ce que vous vous en pensez précisément

17:08
Présentateur

de cette situation ? Merci Mylène pour cette question. Jean-Louis Bourlange pour commencer la place, l'action, l'influence du Modem dans la majorité c'était la question de Nicolas.

17:17
Jean-Louis Bourlanges

Oui, l'influence, d'abord le choix que nous avons fait les uns et les autres en 2017 n'a pas lieu d'être remis en cause. Nous sommes absolument fondamentalement d'accord avec les orientations du Président de la République et plus encore nous ne voyons pas à qui on pourrait se fier si nous n'étions pas derrière le Président Macron. La seule force d'opposition maintenant réellement organisée c'est le Rassemblement national dont tout nous sépare. La gauche est éclatée, elle ne sait pas où elle habite et la droite je souhaite bon vent à M.

Jacob que j'ai bien connu comme parlementaire européen et que je côtoie à l'Assemblée nationale mais le moins qu'on puisse dire est qu'il a un travail extrêmement difficile de clarification entre des orientations contradictoires pour sa formation.

Je crois que nous sommes très clairs dans nos orientations on les aurait qualifiées du temps de Giscard et de l'UDF de libérales, sociales et européennes je pense que nous sommes très clairs sur ces orientations elles sont portées par Emmanuel Macron et alors ensuite l'influence l'influence c'est vrai mais ça revient ce que je dis tout à l'heure c'est que nous sommes dans un système où les parlementaires moi je le vis au quotidien et je partage votre inquiétude je trouve que les parlementaires ne sont pas véritablement influents il y a des gens très bien j'écoutais tout à l'heure même si je ne suis pas forcément d'accord avec lui le député de la Creuse qui proposait des initiatives en matière de cannabis qui était très intéressante même si on peut ne pas être d'accord mais globalement on voit bien que dans le système de la France quand on est dans l'opposition on n'est pas dans la majorité et quand on est dans la majorité on n'est pas au gouvernement donc on est effectivement dans une position qui est un petit peu frustrante sur la question que vous posez je suis entièrement sur la sensibilité que vous exprimez j'ai été très impressionné par le suicide de cette directrice d'école par la lettre qu'elle a envoyée par le reflet que cette lettre exprimait d'une situation humaine professionnelle vraiment intolérable je fais totalement confiance à monsieur Blanquer qui je crois a vraiment une conscience très aiguë des nécessités en revanche c'est vrai que nous butons très profondément sur l'obstacle budgétaire et c'est vrai aussi pour madame Buzyn avec les urgences c'est vrai dans tous les domaines nous sommes confrontés à des revendications catégorielles qui sont en général très légitimes parfois très angoissées et légitimement angoissées et la France n'est pas si riche qu'on le pense donc vous comprenez

19:59
Invité

la décision sur les emplois aidés pour revenir à la question de l'auditeur

20:02
Jean-Louis Bourlanges

la décision sur les emplois aidés c'est ça qu'il vous dit

20:05
Invité

il vous dit on a supprimé les emplois aidés voilà où on se retrouve

20:07
Jean-Louis Bourlanges

non mais les emplois aidés je ne suis pas je pense qu'il faut poser le problème autrement mais je pense qu'il faut vraiment faire un effort budgétaire particulier sur l'enseignement primaire et je pense qu'il faut repenser la fonction de directeur d'école le directeur d'école est actuellement une vache à lait un homme ou une femme à qui on demande tout et le contraire de tout et c'est dans une société extrêmement tendue c'est extrêmement insupportable donc il faut vraiment repenser ça je crois que Jean-Michel Blanquer en est parfaitement conscient mais c'est un problème de choix budgétaire et je comprends votre votre votre votre inquiétude et même votre colère je pense qu'il faut devenir plus riche collectivement pour avoir pour dégager les moyens

20:57
Présentateur

sur la question sur la question de Mylène régler le problème le sujet du voile à l'échelle européenne nous avons

21:04
Jean-Louis Bourlanges

nous avons une charte des droits fondamentaux c'est d'ailleurs sur la base une charte des droits fondamentaux qu'en 2004 nous avions retoqué le commissaire proposé par M.

Barroso qui nous semblait pas prêt à les défendre comme nous le souhaitions simplement depuis toujours le problème du vêtement le problème de la nature du voile est posé si on en croit Locke le grand philosophe libéral le droit au vêtement fait partie des droits fondamentaux de l'être humain on peut également considérer que le voile est un instrument non pas simplement de mise en cause de la laïcité ce qui n'est pas le problème en réalité parce qu'on a des petites croix des trucs comme ça ce qui est en cause c'est la mise en cause de l'égalité de la dignité des femmes moi je me rappelle mon premier livre premier article que j'ai écrit il y a très longtemps c'était sur un livre de Germaine Tillon qui s'appelait le harem et les cousins et où elle expliquait que le port du voile n'était pas du tout une création islamique mais était une création de l'ancien monde à partir du moment où on est passé à l'exogamie c'est à dire à l'échange des femmes et que c'était un moyen clair de contrôler les femmes donc il y avait une réalité anthropologique sociale qui était de domination de la femme donc on en est là alors qu'est-ce qu'on fait pardon où doit passer le point d'équilibre c'est très difficile moi j'ai une attitude très centriste sur ce plan là je ne suis pas gêné par le voile dès lors qu'il ne cache pas le visage et je suis en revanche horrifié par la dissimulation d'identité impliquée par certaines tenues vestimentaires

22:38
Invité

et sur les sorties scolaires puisque c'est l'actualité qu'est-ce que vous en dites la droite veut une loi pour interdire les mamans voilées lors des sorties scolaires

22:48
Jean-Louis Bourlanges

écoutez les lois c'est bien mais il faudrait peut-être les appliquer on a une loi contre la burqa est-ce qu'elle est appliquée est-ce que quelqu'un se promène dans les quartiers de Mante-la-Jolie en disant on va l'appliquer non parce qu'on sait que c'est une émeute alors c'est grave il faut pourtant l'appliquer celle-là ça je le crois mais arrêtons de dire qu'on résout les problèmes avec des lois on doit résoudre les problèmes avec des moyens pratiques et conduire les gens à ne pas enfreindre la loi ce qu'on fait actuellement systématiquement

23:14
Présentateur

Jean-Louis Bourlange merci député Modem des Hauts-de-Seine et on l'a entendu grand connaisseur de l'Union Européenne et du Parlement merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin à l'Union Européenne