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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 novembre 2022 26 min

Campagnes électorales, IVG, salaires, Russie... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. Deux informations judiciaires ouvertes par le parquet national financier sur l'intervention des cabinets de conseil dans les campagnes présidentielles en l'occurrence de 2017 et 2022. Aucun nom n'est mentionné. Alors il n'y a que trois candidats qui ont fait les deux campagnes. Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Est-ce que le RN, Jordan Bardella, a fait appel à des cabinets de conseil pour ces campagnes électorales ?

0:28
Jordan Bardella

Non, nous n'avons pas fait appel à des cabinets de conseil pour l'élection présidentielle.

0:33
Invité

Ce que je constate, c'est que nous avons, pendant la campagne présidentielle de 2022, à plusieurs reprises, alerté sur les liens troubles qu'il pouvait y avoir entre des cabinets de conseil privés comme McKinsey. Donc je rappelle qu'ils ont bénéficié durant la crise sanitaire avec le résultat que l'on connaît d'importants marchés publics. Alors même que McKinsey, en tout cas les cadres de McKinsey, avaient, on le sait, aidé bénévolement Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle de 2017. Nous avons posé la question du renvoi d'ascenseur. Et cette affaire s'inscrit, si vous voulez, dans un phénomène un peu plus global. Emmanuel Macron a en réalité confié...

Comme il n'y a pas de nom qui est cité par le Parti national français, pour vous c'est Emmanuel Macron. Le candidat d'En Marche, a priori le candidat d'En Marche, vous m'arrêtez si je me trompe, c'est pas Christophe Castaner. Donc pour vous il n'y a aucun doute, il s'agit bien de la campagne présidentielle de 2017-2022 d'Emmanuel Macron. Enfin attendez, les comptes de campagne d'En Marche, quel candidat a été aidé par McKinsey ? Et il n'y a pas de nom qui est cité par le Parti, ni de candidat.

Non mais d'accord, on sait très bien qu'il y a des liens, si vous voulez, entre Emmanuel Macron et ses cabinets privés américains, et qu'ensuite on a donné les clés des politiques publiques en France, et en vérité ce dossier il n'est pas isolé. Enfin je vous rappelle qu'il y a quand même eu un certain nombre d'affaires autour de la vente d'Alstom aux américains de Général Electric par Emmanuel Macron, que le nom d'Emmanuel Macron est cité dans l'affaire des Uberfiles, où je vous rappelle que Uberfiles a donné clé en main des projets de loi à des députés de la majorité pour faire voter des réglementations qui avantageaient les entreprises de transfert privés comme Uber.

Mais d'accord, mais ça dit une chose, c'est qu'Emmanuel Macron a confié la France à des liquidateurs, à des prédateurs d'en haut et à des prédateurs d'en bas. Prédateurs d'en bas avec la violence quotidienne que subissent les Français, et prédateurs d'en haut avec des gens qui ne travaillent pas dans l'intérêt de la nation française et du peuple français. Et qu'est-ce que vous attendez de ces informations judiciaires ? Vous pensez qu'elles peuvent aboutir à... Je ne sais pas, non mais attendez, je ne suis pas juge, je n'ai pas le contenu du dossier.

Ce que je dis en l'occurrence, c'est qu'il y a eu un rapport du Sénat qui est extrêmement clair sur les liens entre Emmanuel Macron et un certain nombre de cadres, encore une fois, un certain nombre de cadres de McKinsey, à qui, encore une fois, on a remis d'importants marchés publics, après que ces mêmes personnes aient bénéficié, et puis faire bénéficier Emmanuel Macron de leur aide pendant la campagne financière. Donc vous attendez que ces enquêtes fassent la clarté ? Est-ce un renvoi d'incenseur ? Non, moi j'ai ma conviction sur le sujet, mais ensuite c'est à la justice de le décider. Pour vous, oui.

Écoutez, quand on remet, si vous voulez, la gestion de la crise sanitaire, la question n'est pas tant de faire appel ou non à des cabinets de conseil. Il y a une fonction publique en France, il y a parfois des compétences qu'on n'a pas, parce qu'on a tellement abîmé la fonction publique qu'on est obligé d'aller les chercher dans le privé, mais je ne crois pas, si vous voulez, que la France du général de Gaulle aurait remis la crise sanitaire française entre les mains de cabinets privés, non pas seulement français, mais des cabinets privés étrangers, c'est-à-dire qu'ils disposent aussi des données importantes sur les Français.

Pour clore ce chapitre, Emmanuel Macron est couvert pendant l'exercice de son mandat par une immunité présidentielle. Est-ce que vous souhaitez qu'à minima, il s'explique devant les Français, qu'il prenne la parole ? Il peut le faire. J'ai beaucoup de désaccords avec Emmanuel Macron, mais je pense qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause l'immunité présidentielle.

Le président de la République est protégé par la Constitution, pour tout un tas de raisons d'ailleurs, parce qu'il est aussi le garant des intérêts français, mais je rappelle que si cette affaire prend forme avant même qu'Emmanuel Macron ait été élu, parce qu'on parle de sa campagne présidentielle de 2017, alors il devra un jour ou l'autre s'exprimer, si ce n'est pas pendant son mandat, ça sera nécessairement après.

4:16
Présentateur

La réponse, en tout cas pour l'instant, d'exécutif est la bonne, c'est-à-dire de dire « la justice fait son travail, on ne commande pas ».

4:21
Invité

Oui, à chaque fois qu'il y a une affaire, vous dites de toute manière « la justice fait son travail, on ne commande pas », etc.

4:25
Présentateur

Par exemple, les Républicains, Éric Ciotti a des soupçons d'emploi fictif sur son ex-femme, les Républicains ont dénoncé la République des Dux.

4:32
Invité

Oui, mais ça aussi, si vous voulez, encore une fois, je m'interroge toujours sur la concordance du calendrier. Je ne connais pas M. Ciotti personnellement, mais qu'une affaire intervienne s'agissant de soupçons d'emploi fictif dans son entourage à 15 jours de peut-être son élection à la présidence des Républicains, je trouve cela étrange.

4:51
Présentateur

Mais là, il n'y a pas de problème de calendrier dans l'affaire d'Emmanuel Macron, en l'occurrence.

4:54
Invité

Non, pas en l'occurrence, mais vous m'interrogez sur les LR, je pense qu'en raison de l'affaire Fillon, ils sont peut-être un peu polytraumatisés par le PNF. Hier, Jordan Bardella, les députés ont voté l'inscription du droit à l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. 337 voix pour, 32 contre. Marine Le Pen n'a pas participé au scrutin ? Oui, parce que Marine Le Pen, et comme tout le monde, elle a parfois des problèmes médicaux. Et elle a fait savoir qu'hier, elle a eu une petite urgence médicale qui l'a empêchée de participer au vote. Ce n'était pas une question de fond ? Non, non, non, elle était présente le matin pour proposer son amendement.

Et elle a fait savoir que si elle était présente au moment du vote, elle se serait abstenue. En vérité, on a cherché... Je vous pose la question de la gêne parce qu'on n'a pas très bien compris en réalité. On a cherché... Votre position, on vous dit... Écoutez, d'abord... Il y avait un amendement qu'elle a retiré. Oui. Sauf qu'au début, pendant l'été, elle avait dit... Parce que ce qui a été voté est un compromis qui reprend l'esprit de ce que Marine Le Pen avait défendu. C'est-à-dire de constituer... Alors qu'elle n'avait pas de danger sur l'IVG précisément ? Mais pour une raison très simple. C'est que, d'abord, un, il n'y a pas... C'est un débat de diversion.

Il n'y a pas un seul grand mouvement politique en France aujourd'hui qui propose de remettre en cause la loi Veil. Nous, nous sommes les défenseurs de la loi Veil. Et une grande partie, la quasi-totalité, et nos députés d'ailleurs, ont été élus sur le respect de cette loi. Premièrement. Mais il n'y a plus d'une vingtaine de députés RN qui votent contre, et qui sont contre le droit à l'avortement. Non, ils ne sont pas contre le droit à l'avortement. Ce n'est pas le sujet. Caroline Parmentier, par exemple. Non, le sujet, c'était la constitutionnalisation, ou non, du droit à l'avortement.

6:17
Présentateur

Mais il y a un certain nombre, Jordan Bardella, de députés RN qui sont contre le droit à l'avortement.

6:21
Invité

Non, je ne le crois pas. Et d'ailleurs, c'est d'autant plus vrai qu'ils ont été élus sur un projet, le projet qui a été porté par Marine Le Pen durant l'élection présidentielle. Caroline Parmentier n'est pas une militante anti-avortement. Et qui ne vise pas à ma connaissance. Alors, vous allez, je sais très bien là où vous voulez en venir, donc je vais devancer. Vous allez me parler des cris que Caroline Parmentier a pu avoir il y a dix ans, etc. Je connais bien Caroline Parmentier. Elle a peut-être évolué sur cette question. Elle n'est pas opposée à l'avortement. Nos députés ont été élus sur une ligne claire, qui est la ligne qui est fixée par le Rassemblement national et par Marine Le Pen.

Personne aujourd'hui dans la classe politique française ne propose de remettre en cause le droit à l'avortement. Au contraire, il y a même des efforts à faire pour développer les structures, et notamment les structures de gynécologie, parce que je vous rappelle qu'il y a des départements entiers en France où il n'y a pas de gynécologue. Deuxièmement, le problème de constituer le droit à l'avortement, c'est qu'on nommait deux choses. On nommait d'abord, un, la clause de conscience des médecins. Et deuxièmement, il n'y a pas de délai. Or, la loi Veil aujourd'hui, c'est 14 semaines de délai pour recourir au droit à l'avortement.

Or, c'est la loi Veil que nous avons proposé éventuellement de mettre dans la Constitution. Mais encore une fois, si vous voulez, moi, je trouve qu'on a cherché un peu à américaniser le débat français, parce qu'en vérité, personne ne remet en cause cette loi aujourd'hui. Donc, la mettre dans la Constitution... C'est une protection supplémentaire. C'est une protection supplémentaire, mais ça peut être une protection supplémentaire si vous êtes aux Etats-Unis et qu'il y a une volonté, peut-être, de remettre en cause ce droit-là. Ça n'est pas le cas aujourd'hui.

Et aucun mouvement politique, que ce soit de Mâche-Chapelle ou de l'autre côté de l'hémicycle, ne propose de remettre en cause ce droit. Jean-Andre Bardella, vous voulez que ça aille au référendum ou pas, actuellement ? Parce que cette proposition de loi, donc, elle arrive à l'Assemblée, il faut qu'elle aille après jusqu'au Sénat. Et puis ensuite, à un moment ou à un autre, il va falloir soit que le gouvernement s'en saisisse, soit que les Français votent via référendum pour dire est-ce qu'on souhaite l'inscrire ou pas ? Est-ce que vous voulez un référendum sur cette question ?

8:08
Jordan Bardella

Non, je pense que ça n'est pas utile. Donc, à l'ordre du Congrès ? Je pense que ça n'est pas utile.

8:14
Invité

Moi, si vous voulez, on a passé une semaine à parler de la constitutionnalisation du droit à l'IVG, qui existe déjà dans le droit depuis des années, à parler de la corrida. Et je me dis juste, en fait, les Français qui ont un peu suivi l'actualité cette semaine se disent, mais est-ce qu'à un moment donné, on va parler de mon pouvoir d'achat ? Est-ce qu'à un moment donné, on va parler de les conditions de sécurité ?

Et je trouve, si vous voulez, que ces débats, et qu'en tout cas, la journée parlementaire de la France insoumise est consacrée à des débats qui sont des débats de société, qui pourraient être traités par référendum, comme c'est le cas, par exemple, de la corrida, qui concerne un certain nombre de communes. Et uniquement deux régions en France. On peut demander l'avis du peuple français sur ces questions. Mais sur l'IVG, si vous voulez, on peut la constituer, mais je vous rappelle ce que disait Debré, on ne modifie la constitution qu'avec la main qui tremble. La constitution, elle doit être préservée.

Et je ne crois pas qu'elle soit le lieu d'inscription de textes, qu'ils soient des textes politiques ou de fonctionnement de réglement de la société.

9:10
Présentateur

Le retour au travail des infirmiers non vaccinés

9:18
Locuteur non identifié

provoque des tensions à l'Assemblée nationale. L'opposition accuse la majorité d'avoir joué la montre pour que le texte ne soit pas adopté. Les députés qui ont en revanche voté à une très large majorité en faveur de l'inscription du droit à l'IVG dans la constitution, la proposition de loi part à présent au Sénat. Nouvelle grève en vue dans les laboratoires de biologie médicale. Ce sera le 1er décembre, une grève annoncée comme reconductible face aux économies prévues dans le budget de la sécurité sociale. Deux informations judiciaires ouvertes par le parquet national financier. Elles visent les campagnes présidentielles d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022.

Il s'agit d'établir le rôle des cabinets de conseil. Il appartient à la justice de conduire ses investigations en toute indépendance. Réagit l'Elysée. 100 générateurs électriques envoyés par la France à l'Ukraine. Ils arriveront dans les prochains jours alors que plusieurs millions d'Ukrainiens sont privés de lumière et de chauffage. Une quinzaine de régions connaissent aussi des problèmes d'approvisionnement en eau face aux frappes russes. Elles visent les installations énergétiques du pays. France Info Et puis il y a tous ces sujets économiques qui arrivent aussi sur la table pour les Français.

10:30
Invité

Le pouvoir d'achat, la réforme de l'assurance chômage, les retraites. D'ailleurs, le RN défend toujours les 40 annuités de cotisation mais Marine Le Pen semble s'être convertie au passage inéluctable de 60 à 62 ans. Au final, de conserver la loi actuelle, c'est quoi ? C'est du pragmatisme. Vous vous dites finalement, c'est vrai, il y a un principe de réalité. Non, nous disons qu'il y a beaucoup de Français dans notre pays qui font des métiers très difficiles, qui font des métiers de force et qui n'ont pas la chance, comme nous, de travailler dans des bureaux où c'est chauffé pendant l'hiver et c'est climatisé l'été. Et que cette France-là qui travaille difficile...

De moins en moins avec la sobriété. Elle a le droit... Oui, vous avez raison. Elle a le droit de partir à la retraite en bonne santé sans être épuisée de fatigue, sans être épuisée physiquement. Et nous, nous disons que quand on commence à travailler entre 17 et 20 ans, on doit pouvoir partir à la retraite... Ça, c'est les 40 annuités de retraite. Exactement. À 60 ans, avec un départ à l'âge égal à 60 ans et avec un nombre d'annuités, vous avez raison, de 40 années. Pourquoi ? Parce que c'est un choix de société et qu'on n'a pas une vision comptable de la retraite.

On sait que les rapports du corps indiquent qu'à l'horizon 2040-2050, le déficit des retraites devrait globalement se stabiliser. Et au-delà de 20 ans, c'est-à-dire que si vous avez commencé à travailler après 20 ans, il y a une progressivité qui se met en place, qui avait été chiffrée, détaillée pendant la campagne présidentielle et qui nous amène à 62 ans. Oui, mais avant, c'était avant qu'Emmanuel Macron nous lègue un pays qui avait 600 milliards d'euros de dettes. D'accord. Donc, je vous rappelle que quasiment deux tiers de cette dette n'est pas liée à la crise sanitaire. C'était un rapport de la Cour des comptes, me semble-t-il, qui l'avait souligné.

Donc, si vous voulez, on a un projet qui s'est aussi adapté à la réalité économique du pays. On n'est pas comptable de la situation d'Emmanuel Macron. Mais notre projet est chiffré, c'est 9 milliards d'euros. Et ça permet, en l'occurrence, de présenter une mesure qui est juste et qui est surtout efficace pour les Français. Un truc, travail, productivité, natalité, les trois leviers qu'identifie Marine Le Pen pour faire rentrer le régime des retraites, le faire repartir sur de bons rails. Bon, la natalité, ce n'est pas tout de suite. Il faut le temps de faire des enfants et qu'ils arrivent sur le marché du travail.

Sur le travail et la productivité, vous venez précisément de voter contre la réforme de l'assurance chômage qui vise précisément, si on écoute le gouvernement, à remettre plus de Français sur le marché du travail. Non, l'objectif de cette... Il n'y a pas un point d'autre. C'est-à-dire quoi ? Travail, productivité ? La réforme de l'assurance chômage n'a pas pour objectif de faire baisser le chômage, pardon. Elle a pour objectif... C'est pour objectif d'aller faire 4 milliards d'euros d'économie qui nous manque dans le budget de l'État sur le dos des Français les plus modestes.

La moitié des Français qui sont aujourd'hui au chômage sont des chômeurs de longue durée, c'est-à-dire qui sont inscrits dans un chômage qui va au-delà de un an. Et on sait qu'une très grande partie des chômeurs aujourd'hui en France a plus de 50 ans. Donc, je ne crois pas que cette mesure soit nature, si vous voulez, à permettre une baisse massive du chômage. Il y a un problème de formation aujourd'hui. Il y a entre 300 et 400 000 emplois qui ne sont pas pourvus en France parce qu'on ne trouve pas, et les chefs d'entreprise le disent, on ne trouve pas des gens qui sont formés. Donc, il faut mettre le paquet premièrement sur la formation. Et deuxièmement, il faut augmenter les salaires.

Parce que les chefs d'entreprise aujourd'hui nous disent quoi ? On aimerait augmenter les salaires, mais ça n'est pas possible. Et la hausse du SMIC que je conteste sur la forme parce qu'en vérité, ça ne touche que 10% des Français est une hausse de charge pour les chefs d'entreprise. Nous, ce qu'on propose, c'est d'augmenter tous les salaires jusqu'à trois fois le SMIC de 10%. On dit aux chefs d'entreprise, vous augmentez de 10% tous les salaires et cette hausse de salaire est exonérée de cotisations patronales. Vous dites d'abord aux chefs d'entreprise,

13:57
Présentateur

on exonère les charges de 10% et s'il vous plaît, vous augmentez les salaires d'autant ou alors c'est l'inverse, c'est une condition ?

14:02
Invité

C'est un deal gagnant-gagnant. Vous passez un deal avec les chefs d'entreprise. Les salaires ne sont pas décidés par l'État en France.

14:09
Présentateur

Donc, vous dites aux chefs d'entreprise, on baisse les cotisations patronales de 10% ?

14:13
Invité

Non. Vous augmentez de 10% vos salaires et sur cette hausse de 10%, il n'y a pas de cotisations patronales. Et c'est une solution parce qu'une grande partie d'entre eux voient la hausse du SMIC. D'abord, elle ne concerne, je rappelle que la hausse du SMIC, ça ne concerne que 10%. Sauf que patronisation, ça ne règle pas le problème de l'assurance chômage et des retraites puisque c'est exonéré. Alors, on a un peu dévié sur les salaires. Les retraites, on est dans un système où, c'est vrai, ceux qui travaillent paient la retraite de ceux qui ne travaillent pas. Donc, si on veut résoudre un éventuel déficit du système des retraites, il faut relancer l'emploi.

Et là, nous avons présenté tout un tas de mesures dans le cadre du projet présidentiel, notamment le patriotisme économique qui sera un avantage donné en France aux entreprises qui, évidemment, produisent en France. Sur les salaires, écoutez ce que disait hier sur ce même plateau Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT sur France Info.

14:59
Locuteur non identifié

Moi, je suis fasciné aujourd'hui de l'attitude du patronat. C'est, on a un problème énergétique, il nous faut des aides. On a un problème d'embauche, il nous faut des aides. On a un problème de... Il faut des aides, il faut des aides. Et vous redistribuez quand les cocos ? Quand est-ce que vous reversez un peu au bien commun ce que vous recevez ? Et donc, le gouvernement, il ne pourra pas être dans l'incantation, on le dit depuis le début. Il a un mécanisme pour le faire. Le mécanisme, c'est le versement des aides publiques aux entreprises. Il faut les conditionner à ce qu'il y ait un partage de la richesse. Il faut les conditionner à ce qu'il y ait des avancées sur la qualité des emplois.

15:35
Invité

Conditionner les filets énergétiques aux hausses de salaire,

15:37
Locuteur non identifié

est-ce que vous dites ?

15:38
Jordan Bardella

Je pense que ce qu'oublie M. Berger, c'est que 95% des patrons en France

15:46
Invité

sont des patrons de TPE, PME, c'est-à-dire de très petites et moyennes entreprises. Qui sont couverts par les boucliers énergétiques qui viennent d'être déployés par les gouvernements. Oui, ça, tout est relatif. Parce que moi, j'ai vu beaucoup de boîtes fermées ou se mettre à l'arrêt. Je pense par exemple à la verrerie Duralex, entre autres, puisqu'elle avait été médiatisée, parce que les prix de l'énergie étaient absolument intenables et qu'ils sont très nombreux.

16:05
Présentateur

La verrerie Duralex, je précise

16:06
Invité

qu'elle est en suspens pour 4 mois. Très nombreux à avoir.

16:10
Présentateur

Elle n'a pas fermé.

16:11
Invité

D'accord, mais tous les chefs d'entreprise avec qui vous parlez vous disent qu'on a vu en un an des hausses de prix d'énergie de 20 à 30%. Et le gouvernement a mis 10 milliards d'euros sur la table. Oui, mais ça n'est pas pérenne. Ce que nous proposons, nous, c'est un système qui vise à plafonner les prix, c'est de sortir en réalité du marché européen de l'électricité parce que les prix de l'électricité en France sont adossés au prix du gaz à cause de la réglementation européenne.

L'Espagne et le Portugal sont sortis de ce marché en négociant des clauses dérogatoires auprès des institutions européennes et font qu'aujourd'hui, pour les particuliers comme pour les entreprises, en Espagne et au Portugal, ils arrivent à avoir une énergie, un tarif de l'électricité qui est trois fois moins cher que nous ne le payons en France à cause d'être pièces et points liés avec la réglementation de l'Union européenne. Mais donc, pour bien comprendre la conditionnalité, c'est non pour vous. Conditionner les aides publiques au fait d'augmenter les salaires, vous dites, ce n'est pas la bonne piste, Laurent Berger se trompe. Mais, non, mais, mais ils vivent dans un...

Non, mais le problème, qui détermine le niveau de salaire en France. Et juste, j'en termine, parce que je n'ai pas terminé ma phrase, mais la quasi-totalité des patrons en France sont des patrons qui se lèvent très tôt, qui parfois se lèvent plus tôt que leurs salariés et qui, parfois, gagnent même moins souvent dans beaucoup de cas que leurs salariés.

17:19
Présentateur

C'est exactement le même mécanisme que vous venez de décrire. Vous vous dites, au patron, vous augmentez les salaires, nous, on baisserez vos charges. Là, Laurent Berger dit, vous augmentez les salaires et vous allez avoir des protections pour payer la facture.

17:30
Invité

C'est la même chose. Non, mais quelles aides publiques ? On va continuer à distribuer des chèques, là, ou est-ce qu'on va se décider à un moment donné à baisser la TVA et à baisser les taxes ? Parce que, pardon, mais les Français qui nous écoutent, que ce soit des chefs d'entreprise ou des particuliers, ne comprennent pas pourquoi est-ce que l'État continue à multiplier les distributions de chèques qui n'est pas une logique pérenne, alors même qu'on a, par exemple, sur l'essence ou sur l'électricité, d'ailleurs, mais parlons de l'essence, 60% de taxes.

Donc, notre logique, notre logique, c'est un, la paix fiscale, c'est-à-dire, on baisse la TVA, c'est-à-dire, pour les Français les plus modestes, on supprime la TVA d'un panier de 100 produits de première nécessité quand ils vont faire leurs courses. Donc, un, paix fiscale et deux, on augmente les salaires. Et il faut retrouver la maîtrise des prix en sortant du marché européen électricisé comme sont en train de le faire, d'ailleurs, un certain nombre de pays. La baisse de la TVA, l'Allemagne l'a fait, la Pologne l'a fait et Emmanuel Macron se refuse de le faire.

18:21
Présentateur

8h51, une Jordane Bardella. C'est le fil d'info avec Diane Ferschit.

18:25
Locuteur non identifié

Un élève de sixième sur cinq est en difficulté scolaire, voire même en grande difficulté. Les chiffres ne sont pas bons à reconnuer devant les sénateurs le ministre Papendiaï. Le résultat des évaluations des élèves seront publiés dans la journée. Pour abandonner sans formalité une arme détenue illégalement, l'État organise une grande opération. Elle débute dès aujourd'hui. 300 points de collecte déployés au total jusqu'à vendredi prochain. Quel rôle ont joué les cabinets de conseil lors des deux campagnes présidentielles d'Emmanuel Macron ?

Le parquet national financier ouvre deux enquêtes, l'une pour tenue non conforme des comptes de campagne, l'autre pour favoritisme concernant notamment le cabinet McKinsey. Les rescapés de l'Ocean Viking arrivés il y a deux semaines en France sont à présent tous quittés la presqu'île de Gien. Une partie d'entre eux a obtenu l'asile, l'autre a été relâchée par décision de justice. Les tensions autour de l'accueil de ces migrants qui seront au cœur d'un sommet à Bruxelles. Aujourd'hui, réunion des 27 ministres de l'Intérieur. France Info Le 8.30 France Info Néhile à la trousse Laura Sénéchal

19:31
Présentateur

Jordan Bardella président du Rassemblement National vous le disiez vous-même il y a plus de 300 000 postes non pourvus en France. Le gouvernement propose des titres de séjour pour les métiers en tension ce serait en quelque sorte pour régulariser les travailleurs sans papier dans des secteurs particuliers. C'est une bonne idée ou pas ?

19:45
Jordan Bardella

Oui, c'est-à-dire que plutôt que de donner du boulot et de réfléchir à comment donner du boulot aux Français, on va faire venir des étrangers, des clandestins qu'on va pouvoir moins payer.

19:55
Invité

Oui, mais qu'on va pouvoir moins payer. Moi, je conteste la possibilité de régulariser des clandestins parce que je pense qu'on n'a pas en France à donner des droits alors même qu'on a violé une loi. Et je n'en mets pas en cause le travail de gens qui sont là depuis plusieurs années dans notre pays qui... Ils occupent des emplois manifestement qui occupent des emplois Très bien, très belle vision de l'immigration que de dire on fait venir des étrangers pour faire faire entre guillemets le sale boulot que les Français ne voudraient pas faire. Ça, c'est la doxa qui est au pouvoir depuis maintenant 30 ans. Mais vous faites quoi ? Vous obligez les Français à accepter ces emplois ?

Je pense que d'abord les salaires sont trop bas et qu'il faut encore une fois poétique, c'est l'art de la répétition on en a parlé mais il faut d'abord augmenter les salaires et surtout il y a un problème de formation. Mais si vous voulez...

On dit si demain on arrive au pouvoir on dit aux patrons qui embauchent des sans-papiers et qui veulent les régulariser Non mais je vais leur dire Non non, nous on les expulse Non mais je vais leur dire on va recréer les conditions d'un cercle vertueux pour l'emploi en France qu'on va faire le patriotisme économique mais qu'on va arrêter ce principe de concurrence déloyale qui permet et on se bat contre cela au Parlement européen contre la directive du travail détaché qui permet notamment de faire venir des travailleurs d'Europe de l'Est c'était la fameuse théorie du plombier polonais qui serait payé avec les charges dans les pays de départ Parce que c'est le même système C'est d'utiliser l'immigration C'est le même système On utilise l'immigration pour faire peser à la baisse sur les salaires et le patronat nous dit on a besoin Je reprends même les mots M.

Berger en parlant de patronat mais en nous disant on ne trouve pas de main d'oeuvre en France donc on va recourir à des étrangers Si vous dites ils ne trouvent pas vous vous dites non Oui je dis que bien sûr je dis que par les grands patrons en tout cas l'immigration est utilisée pour faire peser à la baisse sur les salaires parce qu'on sait que les conditions de temps de travail de salaire etc.

sont beaucoup moindres mais on ne peut pas accepter en France en 2022 de donner des droits à des gens qui viennent en France en violant les lois de la République française sinon c'est la porte ouverte à tout Jordan Bardella la Russie a été qualifiée d'état promoteur du terrorisme et d'état qui utilise des moyens terroristes dans un texte voté avant-hier au Parlement européen vous n'avez pas voté pour ce texte ?

21:45
Jordan Bardella

Non je m'y suis opposé

21:47
Invité

Je m'y suis opposé Pourquoi ? Parce que je pense que les députés de M. Macron au Parlement européen qui manifestement ne sont pas tenus par l'Elysée parce que je vous rappelle qu'Emmanuel Macron avait dit exactement le contraire il y a quelques jours jettent de lui sur le feu se comportent comme des irresponsables et contredisent même la diplomatie française je vous rappelle qu'Emmanuel Macron avait refusé de qualifier la Russie d'état terroriste il l'avait fait dans un entretien avec vos confrères sur France 2 il l'avait déjà dit au mois d'août et je vous rappelle même que le porte-parole de la Maison-Blanche au mois de septembre donc la position de M.

Biden a dit la chose suivante cette désignation de la Russie comme état terroriste pourrait avoir des conséquences non souhaitées pour l'Ukraine et pour le monde donc on ne peut pas en même temps appeler à une conférence pour la paix comme nous le faisons appeler à un cessez-le-feu et qualifier un belligérant ou un autre d'état terroriste je pense que c'est profondément la position officielle de la France c'est le crime de guerre ça vous va oui parce que les images vous dites la Russie se livre à des crimes de guerre bien sûr qu'il y a eu des crimes de guerre et la Russie devra être condamnée comme telle par les instances internationales est-ce que le groupe Wagner

22:52
Présentateur

est un groupe qui doit être inscrit sur la liste des organisations terroristes

22:57
Invité

là c'est pas pareil non je ne sais pas si le groupe Wagner doit être inscrit comme appartenance à des groupes terroristes mais il est vrai que c'est une milice privée qui vient perturber et entraver le travail des armées officielles et notamment de l'armée française en Afrique mais là vous avez l'air d'être moins opposé qu'on ne devrait pas accepter non parce qu'il faudrait voir les reproches qui sont faits concrètement les crimes de guerre assez bien sûr si c'est des crimes de guerre ils doivent être condamnés mais je pense que Wagner n'agit pas seul et si Wagner agit c'est uniquement par l'intermédiaire de la Russie et avec le feu vert du Kremlin donc s'il y a condamnation c'est à l'état russe d'être condamné parce que je pense que des crimes de guerre ont été commis sont absolument inadmissibles mais si vous voulez on a décidé au niveau européen de neuf volets de sanctions contre la Russie le moins qu'on peut dire c'est qu'en tout cas les sanctions énergétiques ont contribué à enrichir le régime russe je vous rappelle ce qu'avait dit monsieur Langlais qui est un économiste incontesté du PAF qui avait dit que la Russie était noyée sous le cash

23:50
Présentateur

parlait de François Langlais parfaitement que la Russie était noyée

23:54
Invité

sous le cash non non c'est pas contesté

23:56
Présentateur

la Russie est en récession moins 4% du PIB

23:58
Invité

elle a vu ses revenus d'hydrocarbures croître de 40% en un an vous diriez que la Russie est en bonne santé économique je ne dis pas qu'elle est en bonne santé je dis que les sanctions économiques ont contribué à enrichir le régime de Moscou je dis qu'il y a des sanctions qui marchent sur les semi-conducteurs les sanctions bancaires les sanctions sur les oligarques russes mais que en l'espèce les sanctions énergétiques ont contribué à renforcer le régime et tout ça dans une hypocrisie totale parce qu'en vérité on ne veut plus acheter de pétrole à la Russie mais on achète du pétrole russe qui transite par l'Inde ou par l'Iran énergétique et là encore il faut mettre en cause la politique d'Emmanuel Macron qui a effondré la politique nucléaire en France D'un mot Jordan Bardella je sais que votre parti ne fait pas partie des partis politiques les plus fans de football mais demain la France ou contre le Danemark deuxième match des bleus vous êtes plus rugby en règle générale ce que vous répondez quand on vous demande si vous regardez les matchs ni foot j'ai été très foot pendant un moment mais je ne suis pas plus rugby mais je soutiens l'équipe de France et j'espère que la France ira le plus loin possible Et est-ce qu'il doit faire un geste les bleus pour les droits humains au Qatar c'est le débat qui a agité ces dernières heures avec la ministre des sports qui a souhaité qu'il puisse s'exprimer est-ce qu'ils doivent dire un mot de la situation au Qatar je pense qu'on ne doit pas politiser le sport premièrement deuxièmement je pense qu'il ne faut pas politiser le sport je pense que les sportifs font ce qu'ils veulent s'ils veulent s'exprimer et prendre part au débat public ils le font sinon ils ne le font pas je dis juste que

25:22
Présentateur

mais là ils ne sont pas poussés

25:23
Invité

par la fédération je dis juste que ce sujet ce sujet dissimule une gêne il dissimule une gêne parce que on fait mine aujourd'hui de tout le monde parce qu'on fait mine on a décidé d'organiser la coupe du monde au sein d'un état qui est une dictature islamiste c'était ça l'erreur aucun des droits des droits de l'homme des droits humains etc.

ne sont respectés je vous rappelle qu'il y a 6500 ouvriers qui sont morts sur les chantiers de la coupe du monde et on fait mine de découvrir aujourd'hui c'est le chiffre donné par la presse et que nie pour le coup le Qatar je précise tout de même pour donner la parole évidemment et on fait mine aujourd'hui de s'étonner que le Qatar refuse que les joueurs portent des brassards LGBT d'accord il ne fallait pas organiser la coupe du monde là-bas excusez-moi

26:04
Présentateur

Jordan Bardella oui ou non c'est vous qui serait le premier ministre en cas de dissolution de l'Assemblée et de victoire du RN aux législatives ça ne sera pas Marine Le Pen elle l'a déjà dit

26:12
Invité

je ne sais pas je ne sais pas et ce n'est pas moi qui prendra la décision

26:16
Présentateur

merci Jordan Bardella président du Rassemblement National merci à vous bonne journée