Fabien Roussel : "Je suis pour remplacer le RSA par un salaire", en échange "d'un emploi ou d'une formation"
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Il est 8h24. France Inter. Léa Salamé. Nicolas Demorand. Le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin, dans le grand entretien, le secrétaire général du Parti communiste français, maire de Saint-Amant-les-Eaux. Il publie le parti pris du travail aux éditions du Cherche-Midi, livre qui sera en librairie demain. Fabien Roussel, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand. Bonjour Léa Salamé. Bonjour, bienvenue. Oui, bienvenue sur Inter. On va revenir sur votre livre, qui ressemble à un livre-programme pour la gauche. Mais d'abord un mot sur le pape François, décédé lundi, que vous citez dans ce livre, notamment pour son message de paix répété inlassablement.
Le pape des pauvres, le pape des migrants, le pape de l'écologie. C'est ce François-là que vous retiendrez ? Oui, je retiens ce pape qui était populaire, proche des gens, qui a dénoncé la pauvreté, dénoncé la guerre, s'est battu pour le respect de la dignité humaine. Je me souviens que la première question d'actualité que j'ai posée au gouvernement en 2017, à mon élection, où on a deux minutes pour poser une question au gouvernement, j'avais fait référence au pape François et à son combat pour le respect de la dignité humaine. C'est lui qui a dénoncé l'argent qu'il appelait le fumier du diable et le capital érigé en idole qui condamne les sociétés.
Et j'ai préféré retenir ça parce que je sais aussi que, par d'autres aspects, il a défendu une ligne plutôt traditionnaliste et rigoureuse. Je pense notamment à l'avortement. Mais gardons en tête ce combat qu'il a mené pour le respect de la dignité humaine et je lui ai rendu d'ailleurs un bel hommage dès sa mort sur les réseaux.
Alexis Corbière, ex-LFC, aujourd'hui député écologiste, déplore au nom du principe de laïcité que la République mette en berne les drapeaux samedi pour les obsèques du pape. Vous y voyez, vous aussi, une atteinte à la laïcité qu'on mette les drapeaux en berne ?
Je comprends qu'il puisse y avoir débat. Parce qu'on apprend à nos enfants la laïcité. On affiche dans nos établissements publics, dans nos mairies, dans les écoles, qu'il faut respecter la laïcité. La laïcité, ce n'est pas l'effacement des religions, c'est la neutralité de l'État. Donc les drapeaux en berne ? Alors, mettre les drapeaux en berne, comment on va expliquer ça à nos enfants ? C'est une circulaire qu'on devrait avoir. Je la respecterai. Les drapeaux seront en berne à Saint-Amand-les-Eaux. Mais je comprends que ça fasse débat. Mais franchement, il y a d'autres sujets sur lesquels on doit s'écharper aujourd'hui. Ce n'est pas le sujet.
Oui. On va venir à votre livre et à votre obsession de la valeur travail, de la remettre au cœur du logiciel de gauche. Mais encore un mot sur le pape. Parce que vous écrivez dans le livre, vous vous placez dans la filiation du pape François sur la guerre et sur la paix. Vous semblez dire que la guerre, c'est mal et la paix, c'est bien. Qu'il faut investir dans la diplomatie plutôt que dans le surarmement. Et que sur l'Ukraine, vous avez cette phrase où vous dites « Je regrette qu'on n'ait pas davantage négocié la paix. » Il y a trois ans, en avril 2022, donc deux mois après l'invasion de l'Ukraine, vous dites « On aurait dû négocier avec Poutine à ce moment-là, c'est ça ?
» J'avoue que je n'ai pas très bien compris cette phrase.
Mais je vais développer. Le pape a dit, ce n'est pas la chanson, mais il l'a dit, « La guerre et folie, c'est la ruine de la société. » Il s'est profondément engagé pour la paix dans ce conflit, mais aussi pour la paix à Gaza. Et c'est pour ça que je retiens ça de lui. Concernant ce conflit, j'ai dit à plusieurs reprises que chaque jour qui passait et que cette guerre se prolongeait, c'était à chaque fois des jours de plus de morts, de massacres, de destructions. Et qu'il fallait tout faire, tout faire par des voies diplomatiques, politiques, pour mettre fin à ce conflit.
Et je regrette que la France n'ait pas pris d'initiative plus tôt, et dès le début de la guerre, pour avoir ce dialogue franc, sincère, ferme, avec le président russe, pour mettre fin à ce conflit et pouvoir ouvrir des négociations.
Et vous pensez qu'en avril 2022, après l'invasion de l'Ukraine, il fallait que la France ouvre des négociations avec Vladimir Poutine et que Vladimir Poutine l'aurait écouté en disant, « Oui, oui, vous avez raison, on rentre à la maison. »
Et vous pensez qu'aujourd'hui, après trois ans de conflit, et le fait que l'armée russe a autant entamé le territoire ukrainien, parce qu'il a violé le territoire ukrainien, il y a quand même un agresseur et un agressé, il n'y a pas la photo là-dessus. Mais aujourd'hui, où il a fait la démonstration de sa supériorité militaire, vous croyez qu'on est plus à l'aise pour négocier avec lui ? C'est justement au moment où il y avait cette offensive qu'il fallait tout de suite pouvoir trouver des voies de négociation pour mettre fin à ce conflit qui a provoqué des dégâts monstrueux.
Je pense au peuple ukrainien, je pense aussi aux civils, mais aussi aux morts russes, mais aussi aux difficultés économiques pour notre pays et en Europe. Et donc, oui, je regrette que la France et l'Europe n'aient pas pris ce chemin plus tôt de la diplomatie pour trouver les voies de négociation. Fabien Roussel, vous êtes critique à l'égard du nouvel effort de défense européen. Vous écrivez, je fais la différence entre le surarmement et le nécessaire investissement dans l'armée et les moyens militaires. Où placez-vous les limites du surarmement ? Quand Emmanuel Macron dit qu'on doit aller vers 3,5% du PIB pour les dépenses militaires, on est à 2% aujourd'hui.
Est-ce qu'on franchit la ligne, selon vous ? Est-ce que vous êtes contre ? Oui, et il va conduire à la ruine du pays, s'il continue dans cette voie-là. Où il va trouver l'argent ? La proposition du président de la République, c'est de passer le budget des armées de 50 milliards d'euros aujourd'hui par an à 90-100 milliards d'euros. C'est doublement. Où il va trouver cet argent ? Enfin, dans nos poches, dans celles des retraités, en supprimant 10% l'abattement, en supprimant les allocations chômage, sans jamais vouloir toucher à 1 euro des plus riches. Mais c'est folie que de faire ça !
Et nous, parti communiste français, parti de la résistance, nous avons une conception, nous, de l'armée et de la défense de la nation qui est tout à fait différente. Nous, nous sommes pour une armée qui défend les intérêts vitaux de la nation, qui soit en capacité de défendre le pays. Et quand il faut prendre les armes, on a montré qu'on savait le faire. On n'est pas des pacifistes béats. En revanche, construire une armée de projection pour aller faire la guerre à l'extérieur, pour aller envahir des pays, accompagner les Etats-Unis dans leur folie guerrière, il en est hors de question. Et quand j'entends des dirigeants européens, justement...
Mais on en a déjà... Pardon, mais on en a déjà ? Notre armée, elle est capable d'aller faire la guerre ailleurs ?
Mais j'ai jamais défendu cette armée de projection, excusez-moi. Je ne conçois pas, justement, que nous mettions autant d'argent et de moyens militaires pour aller envahir d'autres nations, pour aller nous projeter dans d'autres pays. À l'occurrence, on n'envahit pas à la demande de certains pays.
On a pu intervenir dans la guerre contre le terrorisme,
en Malie, notamment. Quand je vois le bras de fer que mène Trump, l'administration américaine, avec les Etats-Unis et la France, et notamment sur la question militaire, je vois bien ce qu'il nous demande de faire. Trump a déguisé d'engager une guerre avec la Chine, qui dépasse les Etats-Unis. C'est rien d'autre que ça.
Il nous dit, vous êtes seul, on n'est plus là.
Il demande à l'Union Européenne de s'armer et de l'accompagner dans ce conflit. Mais il faut arrêter cette folie guerrière qui met en péril l'humanité. C'est la paix qui doit commander, au contraire, toutes les dépenses publiques.
Vous trouvez que le monde est pacifiste en ce moment ? On ne doit pas se défendre ? On ne doit pas s'armer si on est attaqué demain ou si l'Union Européenne est attaqué ? Justement, c'est bien ce que j'ai dit.
Une armée de défense, une armée qui protège, une armée qui protège les frontières, qui protège la nation. Oui, mais une armée qui, aujourd'hui, devrait faire la guerre à Moscou, comme c'est écrit, comme certains le disent, certains en Europe veulent aller faire la guerre à Moscou ou d'autres qui voudraient faire la guerre à la Chine, c'est mortifère. Et oui, tout cela ruinerait l'humanité, comme le dit le pape.
On en vient à votre livre. On a une petite expérience des hommes politiques, Fabien Roussel. Ah bon ? Quand il publie un livre, on les voit un peu venir. C'est quoi ce livre ? C'est un programme pour 2027 ? C'est une déclaration de candidature littéraire où vous défendez le parti pris du travail contre le parti pris des choses de Francis Ponge ?
C'est tout ça, Madame Salamé. Je suis en campagne.
Pour 2027, vous êtes en campagne, vous êtes candidat.
Et c'est d'ailleurs le troisième livre que je commets, et pourtant, il n'y a eu qu'une présidentielle. Donc vous voyez, je suis en campagne pour le travail. Ce livre, c'est une déclaration d'amour pour les travailleurs, pour le travail, et pour cette France où je considère que nous la reconstruirons, nous reconstruirons la France, nous bâtirons une France par le travail, par l'emploi, par la formation des générations qui vont arriver sur le marché du travail. Nous devons, oui, produire plus, investir dans les services publics, être indépendants en matière énergétique.
Et je salue une partie des propos d'Anne Lauvergeon juste avant, parce que la question énergétique, elle est centrale pour reconstruire notre industrie, redevenir indépendant, reconstruire notre base industrielle, soutenir notre agriculture, notre pêcherie. Tout cela est essentiel. C'est tout l'inverse que nous faisons. Tout est fait pour diviser les Français, diviser pour mieux régner. Eh bien, moi, je veux unir, rassembler, et on reconstruira la France par le travail. Et la plus belle des richesses que nous avons dans notre pays, c'est celle des travailleurs. C'est leur force de création, c'est leur créativité, leur force de travail.
Elle doit être reconnue, mieux valorisée, et c'est un projet de société. Vous porterez ces idées, vous serez candidat, Fabien Roussel ? Je souhaite que ce programme, en tout cas, soit candidat. Et pour moi, la seule chose qui doit déterminer les candidatures à l'élection présidentielle, c'est le programme. C'est le programme. Et pour moi, ce sera un programme, une France qui va se battre pour le progrès social, pour le respect du monde du travail, et pour la paix. La paix et le progrès social seront au cœur de notre combat, de mon engagement, et c'est à partir de ça que se détermineront demain les alliances, s'il y en a.
Le socialiste Olivier Faure souhaite une primaire de la gauche non-mélenchoniste. Est-ce que vous en seriez ? Encore une fois, je vais vous dire, ce qui déterminera le contour des alliances que nous ferons, ce sera le programme. Et je ne sacrifierai pas la France sur un accord de coin de table dans lequel on sacrifierait, par exemple, la politique énergétique, où il faudrait abandonner le nucléaire. Je suis quand même... Nous sommes la seule force de gauche à défendre les investissements dans la production d'électricité nucléaire dans notre pays. C'est quand même grave. En France.
Le PS le défend aussi.
Il n'y a pas que des communistes. Du bout des lèvres, avec toute petite bouche, et pas fort. Parce que... Attention. Non, non, mais... Non, mais... Oui, mais c'est intéressant ce que vous dites.
Parce que sur le nucléaire, ou sur le climat, ou sur le travail...
Et même sur la paix. Sur la paix, ça c'est sûr que vous n'êtes pas d'accord sur l'Ukraine et sur l'Europe. Nous ne nous engagerons pas, non plus, pour un pays qui aurait une politique va-t'en-guerre, prête à aller faire la guerre à Moscou, demain avec la Chine, et où après. Enfin, nous devons au contraire retrouver une France diplomatique, parce que je suis beaucoup plus proche de Dominique de Villepin, excusez-moi, que de certains à gauche. Il faudrait ouvrir la primaire à gauche à Dominique de Villepin. Tiens, je fais une proposition comme ça.
Allez,
hop là. Ça va de Dominique de Villepin
jusqu'où, je ne sais pas. Vous seriez candidat avec Dominique de Villepin à la primaire de gauche. Mais en tout cas,
j'ai lu son programme à lui, et en tout cas, sur la politique internationale, sur la politique industrielle, je peux vous dire que je me retrouve un petit peu plus avec lui.
Vous ne l'avez pas entendu récemment sur l'Ukraine. Je ne crois pas qu'il a la même position que vous, mais passons, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est sur ces sujets-là, du nucléaire, de la guerre, la paix, de l'Ukraine, et du travail. C'est vrai que vous détenez, et on le voit dans le livre, et que vous n'êtes pas d'accord. Alors, ce livre commence par une prise de conscience, la vôtre, après la législative de juin dernier où vous perdez votre siège, battu par un élu RN, et vous prenez conscience des fractures françaises. Vous écrivez « De France se regarde tant chien de faïence, celle qui bosse et celle qui glande.
Partout, je ressens cette rancœur, cette animosité qui grandit au sein même d'une classe dont l'unité est pourtant le meilleur atout, celle des travailleurs. Et vous dénoncez ceux qui soufflent sur les braises de la fracture. Vous reprenez et vous assumez de défendre la France du travail contre la France des allocs. Cette opposition, vous avez évalu une immense polémique il y a deux ans, notamment avec Jean-Luc Mélenchon ou Sandrine Rousseau qui vous avait répondu « On est dans la valeur travail, mais pardon, la valeur travail, c'est quand même une valeur de droite. » Et bien vous dites « Non, je maintiens et je confirme. »
Bien sûr. Bien sûr. Enfin, la gauche, c'est la défense des travailleurs, c'est la défense des congés payés, c'est la défense des usines, et des services publics, c'est la défense du salaire et des cotisations sociales qui financent les retraites, la santé, les accidents du travail. C'est un modèle social. On va fêter cette année l'anniversaire de la création de la sécurité sociale. La gauche, c'est ça. Et donc derrière la sécurité sociale, c'est un modèle social et c'est la France du travail. La France des bâtisseurs, celle qui a construit les barrages hydrauliques, les centrales nucléaires, les routes, les ponts, les voies ferrées, le TGV. C'est ça la France. La France du travail
mais qui travaille moins que plus. Parce que vous êtes pour les 32 heures, vous êtes pour la retraite à 60 ans, donc on prône le travail mais on travaille moins.
Je suis d'abord, quand j'entends M. Béroud dire il faut travailler plus, moi je lui réponds il faut travailler tous. Dans ma région, dans le Valencienoy où je vis à Saint-Amant-les-Eaux, il y a presque 12% de taux de chômage. Il y a encore des usines qui ferment et je pense aux salariés d'outils nord dans ma commune que je vais rejoindre dans une heure parce que justement ils commencent le piquet de grève pour défendre leur boulot. Aujourd'hui, on continue de désindustrialiser la France et quand on désindustrialise la France, on augmente le taux de chômage, on augmente le nombre de bénéficiaires du RSA. Les bénéficiaires du RSA, je dénonce vous voulez supprimer le RSA ?
Oui, je dénonce le RSA parce que quand on met en place un revenu de solidarité active pour dépanner les gens, je suis pour quand c'est temporaire mais quand ça fait 40 ans que ça dure, que ce sont des générations entières qui en ont bénéficié, on a tué des familles, on a tué des gens, on a perdu leur dignité. Je suis moi pour remplacer le RSA par un salaire et proposer à chaque Français. C'est un objectif que je fixe. C'est mon ambition pour la France. proposer à chaque Français ou un emploi ou une formation et un salaire à temps plein en échange.
Quelqu'un qui se lève le matin pour aller se former pendant 6 mois et qui revient avec un K16 pour travailler dans la logistique ou avec un brevet d'électricien, pendant sa formation il doit être rémunéré. Aujourd'hui, on leur propose 700 euros. On leur propose que dalle. Ils partent en formation, ils reviennent endettés. Ce n'est pas possible ça. Et donc, garantir à chacun un emploi, une formation et un salaire, c'est un projet de société. Plus personne ne devrait être au chômage en France.
On entend votre proposition et c'est le cœur de votre livre mais ceux qui ont à vos yeux ceux qui sont au RSA sont des gens qui ne veulent pas travailler et qui veulent bénéficier des allocs. C'est ça l'idée ? C'est pour ça que vous voulez supprimer le RSA ?
Les personnes qui sont au RSA je l'écris dans mon livre pour les croiser ce n'est pas une vie. Ils souffrent, ils sont malheureux et d'ailleurs on ne vit pas du RSA. Ils sont tous obligés d'aller à la rencontre des associations caritatives pour bénéficier des colis alimentaires parce qu'on ne vit pas du RSA. On survit, on est malheureux. Et donc, ce n'est pas un projet de vie. Je veux que ma France soit forte et qu'elle garantisse le plein emploi mais dans le sens le plus strict terme. Mais celui qui cherche un emploi
et qui n'en trouve pas
si vous lui sucrez le RSA
il vit comment ?
Celui qui cherche un emploi et qui n'en trouve pas il devrait être en capacité aujourd'hui de porter plainte contre Pôle emploi et contre la société. Quand j'entends les ministres qui disent un droit opposable. Mais bien sûr il faut un droit opposable. Un droit opposable que tous les chômeurs devraient exercer parce que quand j'en entends qu'ils disent il y a plein de travail mais ils ne veulent pas travailler et bien moi je prends d'accord chiche je propose que chaque chômeur ait un droit opposable à un travail un temps plein un salaire dans son périmètre d'habitation et dans ses compétences. Ça ce serait un beau défi à relever. Moi je suis prêt à le relever pour la France.
On passe au standard on nous attend Augustin. Bonjour Augustin bienvenue.
Oui bonjour merci. Alors je voulais juste aborder dans le sens d'une question de la salamée et dire à monsieur Roussel que à mon sens je pense que si quelqu'un ne vous connaissait pas et vous entendait ce matin du travail je pense qu'il pourrait tout à fait vous trouver estimez qu'on entend un homme de droite et moi je regrette en tant qu'attaché à l'idée communiste et lecteur de Bernard Friot qu'un des mots d'ordre d'un communiste soit le plein emploi alors qu'à mon sens un vrai communiste devrait avoir à cœur de supprimer le marché de l'emploi et non pas de détendre à tous les français merci
Merci Augustin qui entend donc un homme de droite parler au micro de France Inter ce matin Bonjour Augustin je vais tout faire pour vous convaincre mais pour moi l'emploi pour tous une formation pour tous avec un salaire digne c'est la dignité voilà c'est garantir à chacun la dignité mais c'est surtout être en capacité de redresser la France et de répondre à tous les défis qui sont en face de nous aujourd'hui le travail vous avez raison je suis d'accord avec vous a été complètement dévoyé détourné on a détérioré les conditions de travail on a des petits salaires on a plein de CDD et des contrats à temps partiel subis essentiellement par les femmes ça c'est la petite France la France s'est smicardisée on est passé de 12% de personnes ayant un smic à 17% sous Emmanuel Macron et ils ont détruit la France du travail et bien pour moi la gauche l'enjeu pour la gauche c'est de au contraire montrer que chacun peut avoir retrouvé sa dignité par un emploi garanti par un vrai salaire par de bonnes conditions de travail redonner du sens au travail être heureux au travail
on va rassurer Augustin parce qu'on va quand même citer là pour le coup il va entendre un homme de gauche face aux tensions entre l'Union Européenne et les Etats-Unis sur les droits de douane vous avez tweeté il y a quelques jours Bernard Arnault réussit l'exploit de défendre une zone de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis en disant que ce serait une chance pour nos agriculteurs il est vendu aux Américains il est dangereux Bernard Arnault est un homme vendu aux Américains
je vais vous parler
c'est un peu excessif
je vais vous parler franchement et pour moi le sujet est grave tout le monde dit vos éditorialistes le disent nous sommes en guerre en guerre économique une guerre économique lancée notamment par Donald Trump avec ses droits de douane les Etats-Unis vont faire mal à l'économie mondiale vont faire mal à l'Union Européenne ils vont faire mal à la France et aux travailleurs français et quand j'entends que des patrons français sont prêts à aller parler à l'ennemi ça s'appelle comment ça ?
quand on est prêt à aller travailler à l'ennemi et négocier avec lui ça s'appelle de la trahison et la trahison en période de guerre ça se condamne alors si monsieur Bernard Arnault veut partir qu'il parte mais par contre ces outils ces machines ça reste ici ça reste en France et quand on est dans une telle une telle tension Bernard Arnault
est vendu aux américains ensuite vous dites que les patrons de Stellantis Michelin, Renault Auchan, Arcelor, Mittal sont des census de l'économie française qui pompe le sang et nous vide de nos vies créent des emplois non ? enfin je veux dire c'est il crée de la richesse en France Madame Salamé
cet argument là il crée des emplois c'est exactement ce que j'écris dans le livre alors là là vous êtes très très fort Bernard Arnault monsieur Pinault tous ces grands patrons du CAC 40 que vous recevez ici à qui vous déroulez le tapis rouge non on ne déroule pas le tapis rouge c'est pas vrai à l'Elysée à Matignon dans les médias ils créent des emplois à Maine comme dirait le pape à Maine pour autant allez parler à ceux qui travaillent dans les grandes surfaces à Carrefour à Auchan combien ils sont payés allez parler à ceux qui sont justement dans beaucoup de ces industries de l'automobile où ils ont des salaires à peine au dessus du SMIC et qui font les postes et qui se retrouvent avec des retraites de misère à la fin qui se retrouvent avec des retraites à 1000, 1100 euros
on ne dit pas on n'est pas en train de dire que tout va très bien dans le meilleur des mondes loin de là mais on reprend vos mots de sangsues et de vendeaux américains
ce sont des sangsues parce que non seulement ils pompent le sang des ouvriers mais ils pompent les finances publiques ils ont bénéficié ils ont bénéficié sous Emmanuel Macron de plus de 200 milliards d'euros de réduction d'impôt depuis 2019
et là vous avez noté qu'ils ont une surtaxe depuis un an
vous rigolez
c'est rien du tout
c'est rien du tout ils ont bénéficié de 207 milliards d'euros d'impôt de réduction d'impôt et on va aller prendre 10% aux retraités ils nous pompent ils nous pompent les finances publiques ils nous pompent notre force de travail et il faut leur dire merci on aura entendu votre position je pense qu'il faut avoir beaucoup plus d'exigences vis-à-vis d'eux donner des aides publiques mais en échange de contrepartie d'engagement de création d'emplois de meilleurs salaires de formation
vous parlez des Etats-Unis c'est ma dernière question vous parlez des Etats-Unis comme de l'ennemi ce matin qui veut nous faire la guerre commerciale et ce qui m'étonne en lisant votre livre c'est que votre réponse à l'augmentation des droits de douane de Donald Trump c'est rien il ne faut rien faire il ne faut pas tendre l'autre jour vous êtes pour augmenter qu'on augmente nos droits de douane
non mais vous n'avez pas tout lu vous avez cité les paragraphes ah non pas du tout vous êtes pour les barrières douanières vous êtes pour les barrières douanières je dis justement que la guerre aux droits de douane augmenter les droits de douane d'un côté comme de l'autre ceux qui vont en souffrir c'est les travailleurs qu'ils soient américains ou européens parce que ça va coûter plus cher la meilleure réponse pour la France c'est d'investir dans son appareil productif c'est de relancer l'industrie c'est de baisser le coût de l'énergie c'est sortir mais je vais vous le dire
ce n'est pas augmenter les droits de douane aux américains
mais bien sûr il ne faut pas augmenter les droits de douane et je ne suis pas pour un marché de libre-échange avec zéro droit de douane donc ni l'un ni l'autre mais ni l'un ni l'autre parce que ça fait du mal ça fait du mal aux travailleurs d'abord puisque tout va coûter plus cher si les droits de douane augmentent au contraire je suis et c'est la proposition que je fais ne dites pas que je ne fais pas de proposition ah non non ne dis pas ça il y a plein de propositions
dans votre livre
je propose de sortir le bazooka monétaire et d'investir 150 milliards d'euros par an après à taux zéro sous condition aux entreprises pour justement relocaliser l'industrie ici réduire par 4 le prix de l'électricité décarbonée comme le disait madame Lauvergeon c'est possible parce que c'est un avantage économique énorme et vous savez qui d'autre dit cela que je cite dans mon livre c'est monsieur Bérou commissaire au plan dans le rapport qu'il a commis sur la dette Covid il proposait lui un bazooka monétaire à 400 milliards d'euros en disant on investit maintenant on remboursera les intérêts plus tard parce que tout ce que l'on investit maintenant va produire des richesses et ce sont ces richesses qui redresseront le pays merci Fabien Roussel le parti près du travail aux éditions du Cherche Midi sera en librairie demain c'était un plaisir d'en parler avec vous c'était un plaisir de venir chez vous ça faisait longtemps mais vous voyez comme quoi c'est possible reviendrez il est 8h48 c'est possible
Fabien Roussel