Sébastien Chenu : "Le RN dénonce la submersion migratoire depuis des années !" (France 5)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
On a plein de sujets à aborder avec vous. Vous êtes vice-président du RN, on va parler dans un instant de cette folle semaine où François Bayrou a sauvé sa tête, de sa volonté aussi de lancer un grand débat sur ce que c'est aujourd'hui d'être français.
- 0:15OuverteRéponse directe
Louis Amard, vous allez lire le droit de réponse du chirurgien esthétique Olivier Gerbeau. Il réagit à votre reportage sur ses pratiques.
- 1:25OuverteRéponse directe
Sébastien Chenieux, avant de parler du grand débat sur l'immigration voulu par François Bayrou, parlons de l'événement politique de la semaine, la non-censure du gouvernement.
- 2:52RelanceÉludée
Alors, pourquoi vous ne censurez pas Jean-Philippe Tanguy ? On l'a entendu, il a dit, moi, je suis pour la censure. Ça donne une impression de cacophonie.
- 4:59OuverteRéponse directe
Autre annonce de la semaine, François Bayrou dit sa volonté d'organiser un débat plus large que celui sur le droit du sol, qu'il juge trop étroit. Il dit qu'il faut l'axer sur qu'est-ce que c'est, aujourd'hui, d'être français. Est-ce que vous applaudissez cette initiative ?
- 5:53OuverteRéponse directe
Sauf que ce qu'il dit très exactement sur cette idée de débat, c'est se poser la question, qu'est-ce que c'est qu'être français ? Qu'est-ce que ça donne comme droit ? Qu'est-ce que ça impose comme devoir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:46Locuteur non identifiéChiffre
« C'est un très mauvais budget pour la France. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« D'abord, les camarades que vous avez vus ont raison, c'est un très mauvais budget pour la France. »
- 2:31Invité politiqueChiffre
« À chaque fois qu'il y a un euro d'économie, il y a 9 euros de dépense. »
- 4:07Invité politiquePromesse
« On a obtenu que les remboursements ne soient pas moins remboursés. »
- 4:10Invité politiquePromesse
« On a obtenu que les retraites ne soient pas désindexées. »
- 4:17Invité politiquePromesse
« on a obtenu la baisse de l'électricité. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Ça fait des années qu'on rame avec Marine Le Pen, le Rassemblement national, à expliquer que notre pays subit une submersion migratoire qui a des conséquences très profondes, très durables dans notre pays et que cette submersion migratoire, elle n'est plus acceptable parce que ça craque. »
- 7:01Locuteur non identifiéChiffre
« 336 000 nouvelles... »
- 7:01Invité politiqueChiffre
« Oui, mais tout est en augmentation. »
- 7:30PrésentateurChiffre
« le taux de maintien en France des étudiants internationaux qui ont fini leurs études, c'est de 2 sur 10 à 10 ans, d'un tiers à 7 ans, de la moitié à 4 ans. »
- 7:42Invité politiqueChiffre
« on a pourtant 900 000, d'après Patrick Stéphanini, spécialiste de l'immigration, qui n'est pas au Rassemblement National, on a pourtant 900 000 clandestins dans notre pays »
- 8:16Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, on délivre un titre de séjour, on en délivre un toutes les deux minutes dans notre pays. »
- 9:13InvitéChiffre
« Tous les ans, c'est un demi-million d'entrées légales et illégales. »
- 12:49InvitéFait
« Vous tapez régulièrement contre les consommateurs de drogue. »
- 13:22Invité politiqueFait
« On n'a aucun problème. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu53 %
- Présentateur21 %
- Locuteur non identifié9 %
- Invité8 %
- Invité 24 %
- Locuteur non identifié 22 %
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On a plein de sujets à aborder avec vous. Vous êtes vice-président du RN, on va parler dans un instant de cette folle semaine où François Bayrou a sauvé sa tête, de sa volonté aussi de lancer un grand débat sur ce que c'est aujourd'hui d'être français. Mais d'abord, Louis Amard, vous allez lire le droit de réponse du chirurgien esthétique Olivier Gerbeau. Il réagit à votre reportage sur ses pratiques.
Oui, je vous lis son droit de réponse. Le 30 novembre 2024, France 5 a diffusé une séquence intitulée Népatate, le calvaire des patients d'un chirurgien star, dans laquelle il est dit que j'aurais raté une opération de rhinoplastie en donnant au nez d'une jeune femme la forme d'une patate, puis de lui avoir fracturé le nez. Or, dans le cas de cette patiente, comme systématiquement, un gonflement nasal appelé Népatate est la suite normale et temporaire de la rhinoplastie pratiquée, ce dont celle-ci avait été informée avant l'opération. Les photos comparatives avant-après de la patiente présentée hors contexte ne peuvent conforter les accusations formulées.
Je conteste surtout ce témoignage relatif à une opération effectuée il y a 6 ans, et qui ne précise pas que je suis intervenu après une première opération insatisfaisante qui n'était pas de mon fait. J'ai informé préalablement cette patiente de tous les risques et suite de l'opération, laquelle les a acceptées après une période obligatoire de réflexion. Quant aux fractures des os évoquées, elles étaient obligatoires, comme pour toute rhinoplastie pour affiner son nez. Elle n'a d'ailleurs sollicité aucune expertise judiciaire afin de constater un éventuel résultat défavorable de l'opération ou un quelconque traumatisme.
Il ne saurait ainsi se déduire de ce seul témoignage le calvaire ou cauchemar que subiraient mes patients.
Merci Louis. Sébastien Chenieux, avant de parler du grand débat sur l'immigration voulu par François Bayrou, parlons de l'événement politique de la semaine, la non-censure du gouvernement. L'ERN n'a pas voté la censure après avoir pourtant laissé planer le doute.
Je pense effectivement que nous devons nous associer à une motion de censure, mais c'est mon analyse personnelle. C'est un très mauvais budget pour la France. S'il faut de nouveau prendre une décision grave pour pouvoir protéger notre pays, nous le ferons. C'est plutôt du 50-50, avec si on devait faire un score électoral, 50,1% pour la censure. Est-ce qu'il vaut mieux un mauvais budget ou est-ce qu'il vaut mieux pas de budget du tout ? Et votre réponse ? Nous trancherons demain matin. Il faut quand même remarquer que ce budget n'est pas un mauvais budget, c'est un très mauvais budget.
Oui, non, peut-être, finalement non, ça peut intriguer vos électeurs qui se disent que vous avez peut-être contribué à sauver le gouvernement de François Bayrou.
Non, pas vraiment, parce qu'il n'y avait pas de suspense sur la finalité, puisque de toute façon, il n'y avait pas de majorité pour censurer le gouvernement. D'abord, les camarades que vous avez vus ont raison, c'est un très mauvais budget pour la France. À chaque fois qu'il y a un euro d'économie, il y a 9 euros de dépense. Donc, on ne réduit pas, évidemment, le déficit. Les choix qui sont faits sont des coups de rabot. Il n'y a pas une mesure symbolique comme il y avait, d'ailleurs, dans le précédent budget Barnier, une mesure qui met tout le monde debout. Mais c'est plutôt un immense coup de rabot, sans vraie priorité et sans vraie perspective, finalement, pour le pays.
Alors, pourquoi vous ne censurez pas Jean-Philippe Tanguy ? On l'a entendu, il a dit, moi, je suis pour la censure. Ça donne une impression de cacophonie. Vous ne parlez pas tous le même langage.
Non, mais on s'est posé la question de savoir ce qui se passait, ce qui se passerait après une éventuelle censure, qui, de toute façon, je le rappelle, n'était pas possible. Les socialistes ont accepté de se faire acheter, en réalité.
Ça, ça raconte votre impuissance. Non, non, non. Même si vous aviez voté la censure, elle n'aurait pas été adoptée. Donc, l'URN n'est pas au centre du jeu.
Il y a plein de choses. D'abord, la censure, ce n'est pas une fin en soi. La fin en soi, c'est quel budget pour le pays ? Comment on fait ? Si demain, le gouvernement tombe, et moi, je serais ravi que ce gouvernement tombe, vous savez, la censure ne nous fait pas peur, on a fait tomber le gouvernement Barnier. Donc, la censure ne nous fait pas peur. Mais si ce gouvernement tombe, c'est pour mettre en place quel gouvernement et quelle politique. Et en fait, avant une dissolution possible, il n'y a pas de dissolution possible avant la fin juin. Oui, la fin juin.
Eh bien, le président de la République aurait renommé un Premier ministre du même style, même style que Beyrou, que Barnier, qui ferait les mêmes politiques. Et qu'est-ce qu'on aurait gagné ? Bah rien, on aurait perdu trois mois.
Mais alors, pourquoi avoir fait tomber le gouvernement Barnier, puisque le problème était...
Non, non, le gouvernement Barnier, il assassinait d'impôts les Français. Et surtout, c'est là où, quand vous dites, oui, mais le RN est-il impuissant ou quoi que ce soit ? On a obtenu que les remboursements ne soient pas moins remboursés. On a obtenu que les retraites ne soient pas désindexées. Et ça, tous les sujets qu'on a mis sur la table, notamment au moment du gouvernement Barnier, on a obtenu la baisse de l'électricité. C'est l'œuvre du Rassemblement national. Là, ce budget, il est mauvais, il est nul, il fait perdre du temps au pays.
Il n'y avait pas de capacité à faire tomber le gouvernement, puisque, je vous le dis, les socialistes se sont fait acheter, mais alors, pour eux, pour leur collectivité...
Vous, comme vous, ils ont obtenu des choses.
Non, eux, ils ont obtenu la différence, c'est qu'ils ont obtenu des choses pour leur gueule. C'est-à-dire qu'en fait, ils ont voulu pour leur collectivité...
Les postes de profs, ce n'est pas pour leur gueule.
Non, non, mais vous savez que, vous avez bien vu le journal Le Monde, les crédits de l'éducation nationale baissent. Les crédits de l'éducation nationale baissent dans ce budget. Donc, non, ils n'ont rien sauvé du tout, ils ont juste sauvé leur collectivité et peut-être leur capacité à se défaire de leur alliance avec la France insoumise, qui les obsède et qui finira par les tuer, d'ailleurs.
Autre annonce de la semaine, François Bayrou dit sa volonté d'organiser un débat plus large que celui sur le droit du sol, qu'il juge trop étroit. Il dit qu'il faut l'axer sur qu'est-ce que c'est, aujourd'hui, d'être français. Est-ce que vous applaudissez cette initiative ?
– J'ai l'impression que ça y est, ils ouvrent un peu les yeux tous. Ça fait des années qu'on rame avec Marine Le Pen, le Rassemblement national, à expliquer que notre pays subit une submersion migratoire qui a des conséquences très profondes, très durables dans notre pays et que cette submersion migratoire, elle n'est plus acceptable parce que ça craque. Vous savez, les gens qui subissent ça, ce n'est pas les gens qui sont autour de nous, ici, dans ce studio parisien. Moi, je suis élu de Denain, dans le Nord. On voit très bien ce que ça veut dire que la submersion migratoire…
– Il n'a pas dit qu'il y avait une submersion migratoire, il a dit qu'il y avait un sentiment de submersion chez les Français, ce n'est pas pareil. – Oui, il ouvre les yeux tout doucement, l'un puis l'autre s'ouvrira après.
– Sauf que ce qu'il dit très exactement sur cette idée de débat, c'est se poser la question, qu'est-ce que c'est qu'être français ? Qu'est-ce que ça donne comme droit ? Qu'est-ce que ça impose comme devoir ? Je le cite. Qu'est-ce que ça procure comme avantage ? Et en quoi ça vous engage à être membre d'une communauté nationale ? C'est-à-dire qu'évidemment, l'idée, c'est de se poser la question de ce que c'est qu'être français pour répondre, on l'a bien compris, à tous ceux qui pensent que c'est comme McDo, venez comme vous êtes. Mais c'est aussi une façon de répondre à ceux qui croient qu'il y a un Occident blanc judéo-chrétien et qui ne peut pas intégrer des personnes venues d'ailleurs.
Est-ce que finalement, il n'est pas en train de, disons, de combattre aussi bien une extrême-gauche communautariste que le Rassemblement national ?
Bon, d'abord, la situation dans laquelle nous sommes, c'est la situation qu'a construit François Bayrou et ses amis. Ça fait 40 ans que tous ces gens-là sont en responsabilité et la situation dont nous héritons, c'est leur œuvre. C'est-à-dire qu'ils ont accepté, ils ont construit cette situation politique qu'aujourd'hui, ils dénoncent. Ils voient bien qu'en est arrivés, les chiffres de l'immigration sortis cette semaine sont terribles.
– 336 000 nouvelles…
– Oui, mais tout est en augmentation. – Les gens qui arrivent, les gens qu'on régularise, les gens qu'on naturalise, les clandestins…
– Vous savez bien, c'est Vincent Chenu, j'apporte cette précision parce qu'elle est importante. C'est vrai qu'elle chiffre tel qu'il est donné, 336 700 premiers titres de séjour en 2024. Il y a un tiers de ces titres de séjour qui sont pour les étudiants. On sait très bien, toutes les études le montrent, que les étudiants, ils viennent en France et puis ensuite, ils repartent.
– Si seulement, ils ne repartent pas tous. C'est l'immigration familiale, en tout cas, ce n'est pas l'immigration du travail.
– Alors, j'ai un chiffre, le taux de maintien en France des étudiants internationaux qui ont fini leurs études, c'est de 2 sur 10 à 10 ans, d'un tiers à 7 ans, de la moitié à 4 ans. C'est une étude de l'agence Campus France, qui est du Quai d'Orsay.
– Et on a pourtant 900 000, d'après Patrick Stéphanini, spécialiste de l'immigration, qui n'est pas au Rassemblement National, on a pourtant 900 000 clandestins dans notre pays, c'est-à-dire de gens qui n'ont pas le droit de se maintenir sur notre sol et qui pourtant y demeurent et bénéficient d'un certain nombre d'aides.
– Mais là, vous n'êtes pas en train de dire, les étudiants, il faut qu'ils étrangers, il faut qu'ils rentrent chez eux.
– Je dis que lorsqu'ils ont fait ce qu'ils doivent faire, c'est-à-dire lorsqu'ils ont appris, lorsqu'ils sont formés, il faut qu'ils retournent dans leur pays, délivrer leur savoir et faire progresser leur pays.
– Mais vous convenez que c'est quand même bien qu'ils viennent ?
– Mais qu'il y ait des étudiants qui viennent et qui repartent, ça, oui, ça fait partie des choses normales. Mais le problème, c'est que vous avez des gens qui arrivent dans notre pays. Aujourd'hui, on délivre un titre de séjour, on en délivre un toutes les deux minutes dans notre pays. Donc c'est quand même conséquent. On naturalise à tour de bras, on régularise à tour de bras, tous les chiffres sont en augmentation, etc. Et on accepte des clandestins. Donc moi, je veux bien, mais si la logique, c'est le déménagement du continent africain en Europe, eh bien ça va craquer, pour des raisons qui sont évidemment où nous n'en sommes qu'au début, madame.
– Vous utilisez l'expression qui fait peur, mais on n'est pas là aujourd'hui.
– Non, ça ne fait pas peur. Mais oui, je ne suis pas pour qu'on ait peur, je suis pour qu'on regarde les choses en face. On aura des conditions climatiques, économiques, sociales, politiques, qui inciteront des hommes et des femmes à essayer de quitter leur pays pour venir ici.
– Comment vous regardez la montée en puissance de Bruno Retailleau ? Il s'est dit cette semaine pour élargir la restriction du droit du sol à l'ensemble du territoire. Il est aussi pour un référentum sur l'immigration. On a parfois l'impression qu'il parle comme vous.
– Tous les ans, c'est un demi-million d'entrées légales et illégales. Un demi-million, tous les ans. À ce rythme-là, on ne peut pas supporter. On a culpabilisé la France. On a cette culture de la repentance. Le trafiquant condamné parce qu'il est trafiquant et qui occupe un logement social, basta, ouste.
– Il y a une proposition de loi qui vise à restreindre le droit du sol à Mayotte. Est-ce que vous êtes favorable à élargir à l'ensemble du territoire français ?
– Oui, nous avions même, au moment de la loi immigration au Sénat, proposé voter un amendement pour que ce droit du sol ne soit pas automatique.
– On sent qu'il vous gêne parce que d'un côté, vous dites « il parle comme nous », ensuite vous dites « c'est un faux dur », vous essayez de le critiquer, il marche sur vos plates-bandes, vous le reconnaissez ?
– Non, il ne me gêne pas Bruno Retailleau parce qu'il valide ce qu'on dit. En réalité, il valide exactement les arguments qu'on développe depuis des années. Il ne me gêne pas. Il cohabite dans un gouvernement avec Mme Borne qui a dit hier, je crois, l'inverse de Bruno Retailleau, en disant par exemple qu'il ne faut pas revenir au droit de la filiation à Mayotte, il faut rester sur le droit du sol. Donc c'est quand même un peu particulier, un gouvernement dans lequel des ministres ne sont pas d'accord et s'ils ne sont pas d'accord, ça n'avancera pas. En réalité, Bruno Retailleau, il est dans le déclamatoire.
Je lui donne du crédit parce que je pense qu'il a des convictions qui sont réelles, mais il s'est mis dans un entonnoir et sous une tutelle politique de responsables, Mme Borne, M. Lombard, le ministre des Finances, qui ne veulent rien toucher sur l'immigration ou une majorité aujourd'hui associée au Parti Socialiste, ce qui fait qu'il ne peut pas avoir de résultats tangibles. Ça va être du bricolage, ça va être du rafistolage, mais ce dont nous avons besoin, c'est d'une politique migratoire différente, qui soit assumée, qu'on remette en place le délit de séjour irrégulier. La moitié du gouvernement et de la majorité, ils sont défavorables.
Vous ne pouvez pas dire qu'il n'agit pas dans la mesure où, justement, il met en place non seulement des politiques, des projets, des projets de loi, et d'ailleurs, il y en a eu avant la loi de l'immigration. C'est-à-dire, on a l'impression que vous voulez absolument qu'il ne puisse pas, qu'il soit impuissant parce que vous n'avez que ça à dire.
Non, non, moi, je suis réaliste. Je suis réaliste. Je pense que Bruno Retailleau, par décret, pourra faire de petites choses et donc qu'il pourra peut-être donner de bonnes directions, mais qu'ils seront tellement faibles par rapport à l'immensité de la tâche qu'il faut aller vers un référendum. Il y est d'ailleurs favorable. Il est ministre de l'Intérieur. Il doit pouvoir faire pression sur le président de la République. Il faut aller vers un référendum. Pourquoi ? Parce qu'il faut demander aux Français ce qu'ils veulent en la matière. Ce n'est pas un gros mot, l'immigration. Une démocratie mature doit pouvoir traiter ce sujet comme les autres en demandant aux Français leur avis.
Il n'est pas constitutionnel de faire un référendum sur l'immigration aujourd'hui ?
Il y a un débat, mais on ne peut pas affirmer que ce n'est pas constitutionnel.
On ne peut pas affirmer le contraire non plus. Le ministre de l'Intérieur lance aussi une campagne contre la consommation de stupéfiants au moment où on se demande s'il y a un problème d'alcool et de drogue à l'Assemblée nationale. Vous avez dû voir le reportage de France Info. Un ancien parlementaire confie. Je buvais trop. Pendant un temps, je notais combien de verres je buvais. C'est allé jusqu'à 15 verres de vin par jour. Un cas du parti présidentiel déclare. Il n'est pas possible de faire une campagne sans boire. La consommation est effrénée. Il y a aussi eu le cas du député Alafi, Andy Cardrate, arrêté dans le métro alors qu'il achetait de la drogue.
Le reportage raconte que ce n'est pas un cas isolé. Il y a aussi un autre collaborateur qui dit « J'ai vu un député se faire un rail de coke dans les toilettes de l'Assemblée. » Est-ce que vous avez vu pareille scène ? Est-ce que vous dites vous aussi qu'il y a un problème de drogue et d'alcool à l'Assemblée ?
Je n'ai pas vu de scène pareille. Moi, je n'ai pas envie de taper, vous voyez, droite ou gauche confondue, sur les hommes politiques, ils commettent suffisamment d'erreurs dans leur activité publique pour qu'on n'aille pas ensuite essayer de trouver des...
Vous tapez régulièrement contre les consommateurs de drogue. J'y viens. Si c'est des responsables politiques, devraient faire la même enceinte.
Je veux dire, les hommes politiques ne sont pas pires ou moins bien que les Français et ils traversent dans leur vie privée probablement les mêmes difficultés que beaucoup de Français, que ce soit sur l'alcool ou la drogue. Ça n'existe pas plus, pas moins. C'est malheureusement la vie de notre société. En revanche, je pense que la drogue, et je salue d'ailleurs les initiatives de Louis Alliot, le maire de Perpignan, qui mène une campagne de prévention sur la drogue dans sa belle ville de Perpignan, je pense qu'on a fermé les yeux sur cette problématique depuis des années. Pour ouvrir les yeux, est-ce que vous seriez prêt à vous soumettre un test, par exemple ?
Comme le maire de Grenoble, d'ailleurs, Éric Piole. On n'a aucun problème. Alors là, vous savez, moi, je bois très peu, je ne me drogue pas, j'ai d'autres faiblesses, probablement, je ne suis ni un curé ni un saint. Mais ce que je veux dire, c'est que c'est un problème de société extrêmement profond. Dans nos campagnes, on le voit dans la ruralité depuis très longtemps. Et je pense qu'évidemment, il y a un volet répressif sur lequel il faut agir. Il faut aller taper le consommateur. Il y a sincèrement aussi une capacité à fermer les yeux dans un certain nombre d'univers et de milieux sur ceux qui consomment des drogues. Je pense qu'il faut taper dur.
Ça n'empêche pas qu'il faille traiter aussi le problème socialement en termes de santé publique. Et je pense qu'il faut être dur sur ça.
Merci, François Chenu, vice-président du RN, d'avoir été notre invité ce soir.
Sébastien Chenu