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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 19 min

Décryptage de l'interview de Fabien Roussel

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Merci d'être avec Steve, un mot avec vous, puisque vous avez écouté évidemment tous les trois attentivement cette interview. Steve, qu'est-ce que vous en avez retenu ? Quels ont été les temps forts ?

0:17
Invité

C'était très bien, Rian. Ce qu'on peut retenir, à mon sens, c'est qu'on a revu un peu cette singularité, cette voix singulière du candidat communiste dans le paysage politique aujourd'hui. Alors, il a fait une annonce sur le plateau de Public Sénat. Il s'est adressé au petit patron, au PME, aux indépendants. Ce n'est pas l'électorat historique du Parti communiste. Il propose un prêt de 200 milliards d'euros pour ses petits patrons, comme le PGE. Mais alors, ils n'auront pas à rembourser ce prêt, ses petits patrons. C'est complètement différent du PGE. Le PGE, c'était 300 milliards d'euros. Lui, il propose 200 milliards d'euros.

C'est un prêt à taux négatif, ce qui veut dire que ce sera le contribuable qui devra mettre la main à la poche. Et puis, il est revenu aussi sur le sujet de l'immigration. Il propose la régularisation de tous les sans-papiers, sans distinction. C'est une manière aussi de trancher, de rappeler à certains qu'il accuse parfois d'être de droite, qu'il est aussi très à gauche sur ce sujet sensible actuellement. Et puis, il y a la signature, Fabien Roussel, la signature du Parti communiste actuellement sur le nucléaire, sur l'énergie. « Pas de réindustrialisation en France sans parc nucléaire rénové », c'est ce qu'il dit. Il mente aux Français. Il, c'est qui ? Eh bien, c'est Jean-Luc Mélenchon.

C'est les écolos, tout ça, il a dit. Il a appelé tout ça. Fabien Roussel qui remet une pièce dans la machine sur cette question de l'énergie. L'union à gauche, ce n'est pas pour tout de suite et ce ne sera pas non plus pour la législative, sans doute.

1:43
Présentateur

Ah ben non, et puis on va y revenir, effectivement, parce qu'il a beaucoup tapé sur Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, moins sur Anne Lago. On va revenir là-dessus. Vous, Benjamin, qu'avez-vous pensé de cette interview ?

1:52
Invité

Oui, en effet, il a rappelé, je dirais, les fondamentaux qui sont aujourd'hui celles de la candidature communiste. C'est-à-dire, d'un côté, un retour aux grandes valeurs universelles de la gauche, donc le refus de ce qu'on appelle trivialement le wokisme, etc., et qui aujourd'hui peut être porté de manière plus ou moins claire par certaines formations politiques. C'est le premier élément de distinction. Et ensuite, ça a été évoqué, une volonté de montrer que, pour le coup, on a un parti communiste qui est dans une forme de pragmatisme, par rapport à la ligne qui a pu, jadis, être la sienne, sur l'entreprise, mais également en montrant que sur le nucléaire, ce n'est pas l'idéologie.

C'est pour le coup une position pratique. Ça, ça peut mordre, en effet, dans une grande partie de la gauche, parce que quand vous prenez aujourd'hui les enquêtes qui sont faites sur l'électorat, vous voyez que sur les sujets économiques, on a une opinion qui est plutôt très à gauche. En revanche, sur les sujets sociétaux, on a une offre politique qui est plus de droite, en réalité, sur les sujets de laïcité, etc., parce que c'est des territoires, enfin des terres, qui ont été abandonnées par la gauche. Là-dessus, le logiciel Roussel essaye de mordre des deux côtés, très à gauche sur l'économie, et en même temps républicain classique, sur les valeurs de la République.

2:52
Présentateur

Oui, mais on va écouter Fabien Roussel sur le nucléaire dans quelques secondes, mais d'abord, Yves, d'abord un mot général sur vous. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette interview ?

2:58
Invité

Il est assez fidèle à sa doctrine, c'est-à-dire qu'effectivement, il se distingue à gauche. Maintenant, ce qui va être intéressant, c'est de savoir si le Parti communiste va prendre sa revanche sur des années de domination du Parti socialiste, dans la mesure où le Parti socialiste est en déclin, en dégringolade spectaculaire. Et Fabien Roussel a l'air d'avoir une voix et une petite partition un peu distincte, si vous voulez. C'est vrai qu'on renoue avec une gauche qui est plus proche de la préoccupation des gens, qui est assez pragmatique. On est loin de la boboïtude défendue par Jadot, Mélenchon, Hidalgo. Et s'ils en sont là, ceux-là, c'est parce qu'ils ont perdu le peuple.

En gros, ils se sont tournés vers des minorités, ils se sont tournés vers des idéologies et surtout, je dirais, des punchlines qui sont loin des préoccupations des gens.

3:57
Présentateur

Et justement, on va l'écouter, Fabien Roussel, sur le nucléaire, parce qu'effectivement, il s'est beaucoup démarqué là-dessus de Yannick Jadot et de Jean-Luc Mélenchon. On l'écoute.

4:05
Invité

– En Normandie, je préfère mille fois investir dans deux réacteurs à Panly et arrêter d'investir dans des éoliennes offshore sur la mer qui vont empêcher les marins pêcheurs de pouvoir développer leur activité et qui vont même bousculer la biodiversité marine. Et je laisse par contre à Jean-Luc Mélenchon et aux autres à défendre ce projet-là, mais moi, ce n'est pas du tout le mien.

4:32
Présentateur

– Voilà, on entend, Yves, il a pris ses distances, surtout vers la fin de l'interdiction entre Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Il a beaucoup insisté sur les différences.

4:41
Invité

– Oui, oui, alors c'est ça qui est intéressant. Et on va voir comment ça se traduit après, quand les législatives vont approcher. Parce qu'il y a les législatives 45 jours après la présidentielle. Et est-ce qu'ils vont se retrouver face à face dans les circonscriptions législatives ? On va voir. – Pour l'heure, il est fidèle aussi, là, sur le nucléaire, à ce qu'il a toujours dit. C'est-à-dire qu'il a toujours été, d'ailleurs, dans une logique du communisme qui a toujours été pro-atome et en phase aussi avec la CGT, de ce point de vue. Parce que le nucléaire, ce n'est pas seulement de la production d'électricité décarbonée, c'est aussi de l'emploi.

Et c'est aussi la façon de préserver des emplois, alors qu'on voit la douleur quand on ferme des centrales nucléaires, comme celle de Fessenheim, qui coûte évidemment un emploi. Et puis il y a le réalisme aussi, qui l'a démontré, en disant, voilà, on aura besoin de 100% de nucléaire d'ici à 30 ou 40 ans. Et ce 100% de nucléaire, on ne peut pas le produire si on se passe du nucléaire. Il est de bon sens là-dessus. Ce n'est pas pour ça qu'il rejette d'ailleurs le mix énergétique. Mais je crois que là, il y a quand même des paroles qui parlent aux gens beaucoup plus que cette espèce d'horizon qui est pour le moins flou, qui est défendu par le reste de la gauche.

6:13
Présentateur

– Oui, lui il dit que c'est du pragmatisme. Le nucléaire, on va en avoir besoin, on ne peut pas s'en passer et on ne peut pas non plus baisser la part du nucléaire.

6:22
Invité

– C'est compliqué, on peut la baisser, de toute façon on ne pourra pas faire que du nucléaire. Si vous prenez le scénario RTE, on a besoin quand même d'un investissement dans les énergies renouvelables, tout bêtement. Parce que d'un point de vue pratique, on ne peut pas construire assez de centrales en aussi peu de temps. Donc à partir de là, il y a la nécessité d'avoir ce mixte-là. Mais en effet, si vous voulez continuer à avoir une énergie à bas coût, si vous voulez continuer donc à avoir une réindustrialisation du pays, si vous voulez espérer une croissance économique demain, vous allez avoir besoin du nucléaire. Et donc à partir de là, vous avez deux éléments qui entrent en jeu.

Si vous êtes un partisan de la décroissance et si vous jugez que sur le nucléaire, les risques, et ils existent, sont plus importants que les bénéfices, à ce moment-là, vous êtes dans une perspective sortie. Si jamais vous considérez qu'au contraire, il faut faire confiance au progrès, si vous considérez que d'un autre côté, l'économie, la croissance fut-elle verte, c'est malgré tout important, vous êtes aujourd'hui pour le nucléaire à gauche. Cette distinction-là, elle n'est pas seulement pragmatique, elle est réellement philosophique et aujourd'hui, elle déchire une grande partie de la gauche.

Et pour le coup, Roussel est une incarnation assez pure de cette première tradition de gauche très progressiste et productiviste qui, en fait, a été celle de la gauche jusque dans les années 90.

7:35
Présentateur

Et il dit sur le nucléaire, il dit, moi je discute avec Emmanuel Macron, ils ont des positions similaires sur le fait qu'il faut investir dans le nucléaire. La seule différence, c'est que lui, il est pour libéraliser le marché de l'énergie. Moi, je dis, il faut nationaliser Edef.

7:47
Invité

– Oui, alors là, il est pareil, je dirais qu'il est aussi en phase avec l'idéologie communiste, c'est-à-dire que l'idéologie communiste, c'est la maîtrise par l'État des moyens de production. Donc là, c'est assez conforme à la doctrine qui consiste à ce que ça soit étatisé. D'ailleurs, il ne l'a pas caché, il a dit que si d'aventure il arrivait au pouvoir, il y aurait des nationalisations, il faudra s'y attendre. Mais je pense que ça ne sera pas uniquement dans le nucléaire, ça sera vraisemblablement dans beaucoup de secteurs d'activité. – Après, sur le nucléaire, aujourd'hui, même la droite est alignée sur le fait qu'il y a clairement un problème.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Vous avez un opérateur historique, EDF, qui revend à des coûts souvent à perte, à des opérateurs privés, au nom de la concurrence imposée au niveau européen, de l'énergie qui ensuite est revendue avec du coup un surcoût. Donc le système est fondamentalement dysfonctionnel, s'appuie en réalité sur des règles de concurrence européenne, mais au vu de la position qui était celle de la France sur le nucléaire, au vu de la position de leader d'EDF, là c'est très clairement pour notre pays se tirer une balle dans le pied. Aujourd'hui, ce n'est pas contesté ni à gauche ni à droite.

Le vrai problème, c'est faire bouger les règles européennes, ce évidemment sur le quoi Emmanuel Macron n'est pas tout à fait raccord. Donc là, il y a un angle d'attaque pour les différentes oppositions, à droite et à gauche, qui peut être extrêmement difficile à tenir pour le président de la République.

9:06
Présentateur

– Alors sur cette question de l'écologie, il a envoyé aussi un message, notamment à Yannick Jadot, on va l'écouter, parce que lui, il se revendique de l'écologie populaire, Fabien Roussel, et pour lui, Yannick Jadot, c'est l'écologie punitive, on l'écoute.

9:19
Invité

– Moi, je suis pour lutter contre la pollution, et faire en sorte que les voitures polluantes ne viennent plus dans ces métropoles, mais je mets en place une prime à la conversion pour des véhicules d'occasion de 10 000 euros, pour permettre à ces gens, à ces personnes, de changer de véhicule polluant en véhicule propre, pour qu'ils aient toujours droit à la mobilité. Et puis j'investis dans les transports collectifs en les rendant gratuits. Les Verts ne veulent pas entendre parler de transports gratuits. C'est incroyable ça ! C'est pourtant une aide au pouvoir d'achat, et c'est le meilleur moyen d'inciter les gens à ne pas prendre leur véhicule.

9:52
Présentateur

– Bon, là, le message politique, il est clair, Yannick. Fabien Roussel dit « Moi, je suis l'écologie populaire, et les Verts, eux, ils s'adressent à ceux qui ont tout ».

10:00
Invité

– Oui, c'est ça, bien sûr. Bon, alors, il y a une limite à ce qu'il dit, là, à mon avis, c'est l'histoire de la gratuité. L'histoire de la gratuité, c'est quand même assez compliqué, parce que ça risque de coûter une fortune, ça risquerait de coûter une fortune à la collectivité, et je ne crois pas que le transport gratuit soit la solution. En revanche, il est soucieux de faire en sorte que les centres-villes soient accessibles aux gens qui habitent en grande banlieue, en périphérie des villes, parce qu'il est là aussi la rupture, elle est là la rupture.

Le mouvement des Gilets jaunes, ces mouvements qui sont un peu disparates, qu'on voit aussi poindre d'une certaine façon, et de façon assez étonnante, au Canada, là, ces derniers jours, ce sont des mouvements qui sont anti, justement, qui s'opposent à cette nouvelle idéologie qui consiste à plaider pour la décroissance et qui, finalement, pénalise les plus modestes.

11:01
Présentateur

Il a réactivé un peu ce clivage écologie populaire versus écologie punitive ?

11:05
Invité

Oui, il est réactivé. Alors, il n'est jamais tout à fait mort. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, très clairement, vous n'avez plus grand monde sur l'échec qui est politique pour se dire anti-écologiste, pour nier le réchauffement climatique, etc. La vraie fracture qui parcourt à la fois la gauche et la droite, c'est justement cette fracture-là entre, d'un côté, une écologie qui se voudrait une écologie progressiste, qui parie sur les nouvelles technologies, qui parie sur, également, une approche qui soit une approche incitative, et de l'autre, une écologie qui se veut plus décroissante punitive.

Par rapport à ça, vous avez, en effet, pour le Parti communiste aujourd'hui, pour Fabien Roussel, une carte à jouer, parce que la gauche, de manière générale, est plutôt sur la première approche, plutôt sur une approche écologie punitive. Après, ce type de proposition, si vous voulez, marque également, on peut la relier à la question que vous lui posiez, notamment sur la réinstallation des médecins. Est-ce qu'il faut une réinstallation un peu autoritaire ? Est-ce qu'il faut qu'elle soit incitative, etc. ? Aujourd'hui, on a une difficulté à penser la ruralité.

Ce n'est pas vrai qu'à gauche, c'est également vrai à droite, mais là, vous voyez, avec le Parti communiste, vous avez quand même une difficulté, parce qu'en réalité, il y a cette idée qu'il y a du périurbain, qu'il y a du métropolitain, qu'il faut construire du lien entre le métropolitain et le périurbain, mais de l'autre côté, la ruralité, qui peut être une chance pour justement arriver à disposer d'une meilleure, je dirais, d'une meilleure diffusion de la population et des savoir-faire et de l'activité sur le territoire, eh bien cet aspect-là, aujourd'hui, manque dans le discours politique.

12:30
Présentateur

Oui, justement, on va parler de la question des aires médicaux. C'est un peu en même temps, peut-être, sur cette question de la liberté d'installation des médecins, Steve, de la part de Fabien Roussel.

12:38
Invité

Les aires médicaux, c'est un peu, c'est un problème que tout le monde essaie de traiter, mais on n'a jamais vraiment résolu le problème. Ça concerne aujourd'hui une commune sur trois, les déserts médicaux, c'est 8 millions de Français, 8 millions de Français, il faut avoir ce chiffre en tête. Ce que dit Fabien Roussel, c'est qu'il propose que chaque étudiant reçoive 1200 euros par mois, par mois, en échange, eh bien ils devront s'installer dans ces déserts médicaux pendant trois ans. Ça rappelle un peu le processus de l'école normale supérieure. On sert la collectivité et en échange, eh bien on reçoit une certaine somme.

Alors ce qu'il faut savoir, c'est que depuis les années 2000, il y a eu quatre lois qui concernent, qui traitent de ces déserts médicaux et deux grands plans santé, et on n'y arrive toujours pas. Oui, non, c'est sûr. En fait, ce qu'il propose d'ailleurs, j'entendais Mme Pécresse il n'y a pas très longtemps, elle propose un peu la même chose, d'aider les étudiants, mais en contrepartie, les étudiants en médecine, et en contrepartie, ils doivent, à la collectivité, d'aller s'installer. Tous ces dispositifs, sincèrement, ils ont été plus ou moins d'ailleurs mis en œuvre par le passé, ça n'a jamais marché.

Je pense que la solution, la meilleure des solutions, elle vient des collectivités territoriales, c'est-à-dire qu'elle est à l'œuvre actuellement d'ailleurs.

13:53
Présentateur

Le salariat ?

13:54
Invité

C'est le salariat, ce qui est dément d'ailleurs, quand on pense que, quand on veut être médecin, et jadis, quand on voulait être médecin, c'était justement pour avoir son indépendance, et pour ne pas dépendre de l'État, ou au moins de la puissance publique. Maintenant, les médecins qui vont s'installer dans ces déserts médicaux, ils dépendent de la municipalité, puisqu'ils sont logés la plupart du temps, ils sont rémunérés, non pas à l'acte, mais ils sont rémunérés mensuellement, comme n'importe quel salarié. Oui, on est dans le palliatif à chaque fois, c'est aussi pour ça que ça ne marche pas, c'est-à-dire que le vrai problème, c'est un problème d'attractivité de ces territoires.

Si jamais vous vous y installez, vous vous retrouvez dans une situation à faible attractivité, parce qu'il n'y a pas d'emploi, parce qu'il y a des services publics qui sont défaillants, parce qu'il y a des transports également qui sont défaillants. Là, il y a une nécessité d'investissement étatique, en effet, pour redonner de l'accessibilité à ces territoires, etc.

Il y a également un privé qui doit jouer le jeu, parce qu'aujourd'hui, quand vous regardez un petit peu les enquêtes qui sont faites sur la péréquation territoriale, vous voyez qu'en réalité, ce qui fait la forme d'unité de notre pays, ce qui fait qu'en réalité, on a moins d'inégalité territoriale par rapport à ce que l'on peut penser qu'à l'étranger, c'est le salaire des fonctionnaires et le traitement des retraités. Parce qu'en réalité, vous avez du coup de l'argent qui est réinsufflé dans ces territoires-là. Mais de l'argent, ça ne signifie pas de l'emploi. L'argent, ça ne signifie pas non plus du service public.

Donc aujourd'hui, il faut de l'investissement privé, il faut de l'investissement public, pour tout bêtement, et bien que demain, des jeunes médecins aient envie de s'y installer.

15:21
Présentateur

Oui, puisqu'on parle d'emploi, un mot de ce qu'il a dit, puisqu'il a parlé de la question de la désindustrialisation. Alors ce matin, dans la voie du Nord, Emmanuel Macron, qui est en déplacement dans le Nord pendant deux jours, il annonce qu'il y aura 4000 emplois qui seront créés parce qu'il y a une usine de batterie qui va s'implanter à Dunkerque. Fabien Roussel, il dit oui, c'est bien tout ça, mais dans le même temps, il y a beaucoup d'emplois qui disparaissent, il y a beaucoup d'entreprises qui délocalisent, et moi, je veux interdire les délocalisations, c'est une question de volonté publique.

15:47
Invité

Oui, d'accord, mais bon, ça, il ne faut pas... C'est un peu utopique, tout ça, si vous voulez, parce que d'abord, je l'ai entendu, il est pour la planification, alors là, on est dans le pur communisme, je dirais, presque dans le stalinisme. Je ne dirais pas que François Bayrou est staliniste. Oui, mais non, d'accord, mais bon, François Bayrou, on attend qu'il nous donne ses recommandations, et le jour où elles seront appliquées, on verra. Ça ne fait plus commissaire en plan, c'est ça que vous le dites. Mais là, je dirais que Fabien Roussel, il est tout à fait dans les purs communistes. J'ose espérer que ça ne se produira jamais, si vous voulez, parce que la liberté d'installation...

Et puis, ce n'est pas parce que vous relocalisez que vous défendez votre industrie, pas du tout. On peut avoir des industries qui sont à l'étranger, mais des industries qui sont détenues par des capitaux français. Il est là le sujet aussi. Ce n'est pas uniquement la présence sur le territoire français. Il ne faut pas se tromper. Et donc là, je dirais que c'est vraiment le versant du communisme qui est assez peu souhaitable.

17:01
Présentateur

Un dernier mot sur ce que dit Yves depuis le début, en disant que c'est ce que fait le communisme depuis des années. Est-ce que du coup, Fabien Roussel, son objectif aussi, durant cette élection, où les communistes étaient absents depuis deux présidentielles, c'est de refaire entendre le communisme et de montrer qu'il a une voix singulière, et notamment différente de celle de Jean-Luc Mélenchon ?

17:20
Invité

Oui, alors il faut entendre ce qu'on entend par communisme. C'est-à-dire que le programme de Fabien Roussel, aujourd'hui, il est plutôt à la droite de François Mitterrand en 1981. C'est-à-dire qu'on a quand même sur tous ces sujets une évolution sur les sujets économiques, etc. À l'époque, le Parti Socialiste prône encore, jusqu'à dans les années 60-70, la collectivisation des moyens de production à terme. Donc on a quand même aujourd'hui une évolution profonde sur toutes ces thématiques des partis de gauche. La réalité, c'est que pour Fabien Roussel, l'objectif, c'est de faire entendre une voix quelque peu dissidente à gauche.

Parce qu'aujourd'hui, quand vous prenez les programmes de gauche sur tous les sujets, notamment sur les sujets sociétaux, vous avez une forme d'unanimisme qui est en divergence avec ce que pense une grande partie de l'électorat de la gauche. Pour Fabien Roussel et pour le Parti Communiste, cette élection est vue, parce qu'on ne va pas se mentir, il ne va pas être au second tour, il ne va pas non plus faire 15, ni même peut-être 10%.

Mais malgré tout, ça permet, dans une élection où vous êtes très audible, où vous êtes très visible, de faire valoir un logiciel qui, potentiellement, dans l'électorat de gauche, peut être important, voire peut même vous permettre de gagner des points sur vos adversaires. Et au-delà de la présidentielle, il ne faut pas être naïf, il y a la législative, il y a une recomposition partisane qui va suivre par la suite, et donc il y a un bras de fer avec les autres partis.

18:33
Présentateur

Et très rapidement, Yves.

18:33
Invité

Oui, Fabien Roussel, je pense qu'il joue aussi le coup d'après, si vous voulez, parce qu'il sait très bien que Jean-Luc Mélenchon, c'est probablement sa dernière élection présidentielle, que Jean-Luc Mélenchon est l'incarnation de la France insoumise, et on ne sait pas du tout ce qui va se passer après lui. Et donc, Fabien Roussel, qui est jeune, il a peut-être aussi une carte à jouer sur l'avenir pour occuper une place centrale à gauche, alors que Mélenchon est vieillissant, ce n'est pas une insulte que de le dire, et que le Parti Socialiste est pour le moins poussif.

Décryptage de l'interview de Fabien Roussel · Pourquijevote