SÉBASTIEN CHENU : « La justice est en train de s'écrouler sous nos yeux » (France 2)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:01FerméeRéponse partielle
Dans l'affaire Ligana, est-ce que vous réclamez la démission de Gérald Darmanin ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Elle s'écroule par des erreurs individuelles ou faute de moyens ?
- 1:49FerméeRéponse directe
Le gouvernement a fait preuve de déni sur la pédocriminalité ?
- 2:23RelanceRéponse directe
Là, justement, Gérald Darmanin va réclamer vraisemblablement des sanctions.
- 2:56OuverteRéponse directe
Ce n'était pas le cas avant. L'imprescriptibilité de ces crimes-là, est-ce que ça va dans le bon sens ?
- 3:38FerméeRéponse partielle
C'est déjà le cas.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« Gérald Darmanin lui-même est quelque part dans la tête des Français démissionné d'office. »
- 0:17Invité politiqueFait
« Sa parole n'a plus aucune crédibilité. Il avait déjà démontré en mentant sur les supporters du foot, etc. »
- 0:33Invité politiqueFait
« nous sommes en train d'assister sous nos yeux à l'effondrement de l'institution judiciaire. »
- 1:20Invité politiqueFait
« on a été dans le déni. »
- 1:41Invité politiqueFait
« le déni sur aussi ce que doit être la prison. La prison doit être privative de liberté pour mettre la société à l'abri de gens dangereux. »
- 1:55Invité politiqueFait
« je pense à celles de la mairie de Paris, pour lesquelles on a détourné le regard. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Vous ne trouvez personne pour assumer. M. Darmanin n'assume pas. »
- 2:45Invité politiqueFait
« L'institution est verrouillée de toutes parts. Elle est parfois aussi très fortement idéologisée. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Il faut des peines planchées. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Non, l'âge légal fait partie de notre projet. »
- 5:43Invité politiqueFait
« vous pouvez partir à 60 ans si vous avez 40 annuités, et ensuite, de façon progressive, à partir de 62 ans avec 42 annuités. »
- 5:50Invité politiqueChiffre
« Ça coûte 9,5 milliards par an. »
- 8:03Invité politiqueFait
« il ne l'a pas retenu à la programmation. C'est un petit peu différent, bah oui. »
- 9:42Invité politiqueFait
« Jean-Luc Lai, il a été condamné, il a payé sa dette à la société, il n'est pas condamné à ne plus jamais travailler. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu69 %
- Présentateur31 %
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Bonjour Sébastien Chenu. Dans l'affaire Ligana, est-ce que vous réclamez, est-ce que le Rassemblement National réclame la démission de Gérald Darmanin, comme Olivier Faurière par exemple ?
On n'en est plus là. Gérald Darmanin lui-même est quelque part dans la tête des Français démissionné d'office. Sa parole n'a plus aucune crédibilité. Il avait déjà démontré en mentant sur les supporters du foot, etc. Combien sa parole pouvait être remise en cause ? Mais là, ce à quoi on assiste, et c'est là où c'est grave, et c'est là où la personne de Gérald Darmanin est complètement dépassée, nous sommes en train d'assister sous nos yeux à l'effondrement de l'institution judiciaire.
Et lorsque j'entends hier le président de la République dire « on ne répond pas à un drame avec des cris », je pense qu'il passe à côté de ce que les Français ressentent, des cris de détresse, des cris d'horreur face à une situation qui est un drame, évidemment d'abord pour la victime et sa famille, qui est un drame pour notre pays, mais qui souligne effectivement le fait que l'institution judiciaire est en train de s'écrouler sous nos yeux.
Elle s'écroule par des erreurs individuelles ou elle s'écroule faute de moyens ?
Les deux. Elle s'écroule d'abord par le déni. Pendant des années, et peut-être encore plus durant ces dix années de gouvernement au pluriel Macron, on a été dans le déni. Qui a vu ces moyens augmenter ? Oui, mais on a été dans le déni, comme quoi ce ne sont pas les moyens simplement qui résolvent les choses. Le déni sur la criminalité, on nous a parlé, souvenons-nous d'ailleurs d'Éric Dupond-Moretti, qui nous parlait de sentiments d'insécurité, le déni sur la pédocriminalité, le déni sur les violences, le déni sur aussi ce que doit être la prison. La prison doit être privative de liberté pour mettre la société à l'abri de gens dangereux.
Le gouvernement a fait preuve de déni sur la pédocriminalité ?
Oui, et pas uniquement le gouvernement. On pourrait penser qu'il y a des affaires dans notre pays, je pense à celles de la mairie de Paris, pour lesquelles on a détourné le regard. Ils ont détourné le regard. Et je pense qu'effectivement, il y a ce déni qui, de fait, a pour conséquence de priver la justice de moyens. On a le sentiment aussi d'une institution dans laquelle personne n'est jamais responsable de rien. Vous ne trouvez personne pour assumer. M. Darmanin n'assume pas. Vous ne trouvez pas de magistrats qui peuvent assumer, puisque de toute façon, les magistrats ne sont pas sanctionnés ou sanctionnables réellement. Il y a eu très peu...
Là, justement, Gérald Darmanin va réclamer vraisemblablement des sanctions.
Mais, parce que... Enfin, j'ai vu que la procureure d'Auch avait été promue, M. Bernstein. Elle avait été juste avant que cette affaire épouvantable ne sorte. Elle a été promue. Donc, si vous voyez, au bout d'un moment, personne n'est responsable. Ces gouvernements sont dans le déni. Il n'y a pas de moyens. L'institution est verrouillée de toutes parts. Elle est parfois aussi très fortement idéologisée. On fait beaucoup sur la réinsertion et très peu sur le fait que la prison doit protéger la société.
Le gouvernement, justement, propose un certain nombre de mesures, dont la perpétuité pour les auteurs de violences sexuelles. Ce n'était pas le cas avant. L'imprescriptibilité de ces crimes-là, est-ce que ça va dans le bon sens ?
Non, mais l'imprescriptibilité, ça ne sert à rien. Vous êtes contre. Ça n'aura aucune conséquence.
Si, ça aura la conséquence qu'on pourra...
D'accord, mais vous savez très bien que dans ce genre d'affaires, au-delà de 30 ans, c'est très difficile de prouver les choses. Ce n'est pas ça. Ce qu'il faut, c'est d'abord, c'est une volonté politique, sortir du déni, des moyens, et ouvrir également le recrutement de la magistrature à des gens beaucoup plus différents, des gens qui peuvent être avocats, multiplier les passerelles, de façon à avoir d'abord plus de magistrats.
C'est déjà le cas.
On est très, très loin de la capacité d'ouvrir ce qu'on appelle autour extérieur la profession de magistrat. Et évidemment, on en est loin. Il faut des peines planchées. Mais ça fait 10 ans qu'ils sont aux affaires, M. Bernstein. Ça fait 10 ans. À quel moment n'ont-ils pas pris conscience de la nécessité de sauver la justice, de sa clochardisation ?
Votre collègue suetiste du parti d'Éric Suetier, député du Gard-Allégret-Pilot, réclame le rétablissement de la peine de mort pour les meurtriers d'enfants. Vous aussi ?
Non, moi je suis abolitionniste. Je l'ai toujours été. Et au Rassemblement National, ce n'est pas dans notre programme. Mais j'entends. Derrière ça, il y a une émotion. Et à cette émotion, il y a effectivement des gens qui répondent par cela. Je ne crois pas que ça résolve le problème de fond. Mais je peux l'entendre.
Vous ne proposerez pas le RN et le RN ne le proposera pas lors de l'élection présidentielle.
Non, non, non. Ça ne fait pas partie de notre programme. Ça fait très longtemps.
Vous serez tout à l'heure en séminaire présidentiel. Ce sera où ?
Ce sera là où on choisit de travailler. Là où le RN choisit de travailler, ça n'a pas beaucoup d'importance.
Ce mystère, ce n'est pas une société secrète, le RN ?
Non, pas du tout. Mais simplement, vous savez, je pense que lorsque le RN travaille, il n'attend pas un séminaire pour travailler. Nous travaillons à l'Assemblée, nous travaillons dans nos fédérations, nous travaillons au siège.
On ne saura pas où c'est. Vous pourriez parler retraite parce qu'il y a du boulot pour harmoniser les lignes. C'est le moins qu'on puisse dire. Jordan Bardella, l'âge de départ ne veut rien dire. Il faut parler en année de cotisation. Je répète, l'âge de départ ne veut rien dire. C'était sur LCI. Marine Le Pen, notre projet est le même que celui de 2022. Et dans ce projet, il est dit, répété, affirmé, justifié qu'il y a un âge à 62 ans et qu'on peut partir à 62 ans. C'est même un totem historique de votre parti. Vous, Sébastien Chenu, vice-président du RN, est-ce que vous êtes d'accord pour abandonner l'âge légal ?
Non, l'âge légal fait partie de notre projet. Mais ce que dit Jordan Bardella, il a raison, que ce n'est pas la borne d'âge qui permet d'avancer et de financer. Nous, si vous voulez, les choses sont assez claires. On ne veut pas une réforme...
Les choses ne sont pas claires. Essayez.
On ne veut pas une réforme paramétrique, on veut une réforme de société. Donc cette réforme de société, je rappelle, quand vous avez commencé à travailler à 20 ans, vous pouvez partir à 60 ans si vous avez 40 annuités, et ensuite, de façon progressive, à partir de 62 ans avec 42 annuités. C'est un choix, si c'est une réforme de société, qui coûte. Donc on cherche des modes de financement. Ça coûte 9,5 milliards par an. Donc on cherche des sources de financement. Et ce n'est pas la borne d'âge qui nous donne des sources de financement.
Mais cette borne d'âge, vous souhaitez qu'elle reste. Elle est dans notre programme. Elle demeurera dans votre programme.
Oui, parce que, si vous voulez, quand je vois nos adversaires qui essayent sans arrêt de la repousser, comme Édouard Philippe, etc., ils ne résolvent rien. On revient toujours à la même chose. Comment on finance ?
Affirmatif. Si l'ERN gagne cette élection présidentielle, vous assurez aux Français qui vous regardent qu'il y aura bien un âge légal du départ à 62 ans.
Bien sûr, c'est notre programme avec 42 annuités. Je le répète toujours parce que l'Inde va pas sans doute, comprenez-les.
42 annuités, c'est pour partir à taux plein. Mais on aura le droit de partir à 62 ans.
Bien entendu. C'est comme ça qu'on construit notre programme. Dites-le à Jordan Bardella. Ça n'a pas l'air évident pour lui. Si. Ce qu'il vous dit, c'est qu'en revanche, il faut trouver des sources de financement. Et ces sources de financement, elles sont de deux ordres. C'est faire rentrer plus tôt les jeunes sur le marché du travail. Et permettre aux seniors de travailler plus longtemps, plus tard, plutôt que d'être licenciés à 58 ans, par exemple. Trouver aussi des moyens de les faire travailler.
On va voir une image. Ce week-end, pendant que les Français pleuraient l'Iyana et participaient à des marches blanches, Jordan Bardella profitait, tout sourire, du luxe des loges du Grand Prix de Formule 1 de Monaco, avec sa compagne, la princesse Marie-Carolina de Bourbon, des de Sicile. Est-ce que c'est, comment dirais-je, est-ce que c'est une faute de goût ?
Non, moi je suis toujours très ennuyé qu'on essaie d'attaquer les responsables politiques sur leur vie ou leurs espaces privés. Moi je suis très attaché à la liberté individuelle. Jordan Bardella est leader du RN, il est président du RN, il s'octroie un week-end à l'endroit où vit celle qu'il aime. Vous savez, je ne suis pas sûr que ce soit sur ça qu'on va le juger. Il sera jugé sur un programme, il sera jugé sur une capacité à incarner l'État, pas sur ce qu'il fait le week-end avec la jeune femme qu'il aime.
Le maire RN de Castres a déprogrammé un spectacle d'Alexis Michalik, auteur, metteur en scène très populaire de théâtre, qui raconte le parcours d'un réfugié érythréen. Est-ce qu'il a eu raison ? Est-ce que vous auriez fait pareil ?
Alors, il ne l'a pas déprogrammé, il ne l'a pas retenu à la programmation. C'est un petit peu différent, bah oui. Si, il a déprogrammé, ça devait jouer, ça ne sera pas joué. Il ne faut pas mentir, parce que quand on ment, il n'y a pas rejure. Et quand il y a pas rejure, on revient devant ses juges. Mais quand c'est fou, il y a un loup ? Non, la réalité, c'est qu'il ne l'a pas retenu. Mais vous savez, dans d'autres communes, je vois à Montrouge, le maire UDI, a la demande de la gauche. De la gauche. Non mais si, a n'appartenu à un programme sur l'histoire.
Je demanderai au maire, je demanderai à la gauche, je poserai les questions qu'il faut. Concernant Castres, est-ce qu'il a eu raison ? C'est simple comme question.
Il a raison, la ville n'est pas un guichet qui doit retenir tout projet de façon obligatoire. S'il considère que ça n'entre pas dans la politique culturelle qui veut valoriser sa ville, il fait ce qu'il veut. Il n'est pas obligé de le financer ou de le retenir.
Si vous gouvernez le pays, vous déciderez de la même manière de la programmation de la famille française ?
Non, justement, ce n'est pas la même chose. Moi, je ne suis pas pour la culture de l'effacement. Je pense que chacun a le droit, évidemment, de s'exprimer, que la création, elle est importante. Mais simplement, je pense aussi qu'il a des objectifs à fixer lorsqu'on utilise de l'argent public. Quels sont les objectifs à fixer ? Un maire, il a des objectifs à fixer. Est-ce qu'il rencontrera un public ? Est-ce que c'est ce qu'il veut pour sa ville ?
Vous ne mêlerez pas de la programmation de la famille française ?
Non, on n'a jamais revendiqué l'idée de se mêler d'une quelconque programmation.
Mais alors, le maire RN, la mairie RN des Nimbomont et de Billy Montigny ont programmé des conseils de Jean-Luc Lai, qui a été condamné deux fois pour des crimes sexuels, et qui est mis en examen pour viol et agression sexuelle. Ça, c'est une bonne idée de l'invité ? Alexis Michel a que c'est non, mais Jean-Luc Lai ?
Jean-Luc Lai, il a été condamné, il a payé sa dette à la société, il n'est pas condamné à ne plus jamais travailler. Et ça, je pense que c'est un principe du droit. Si demain, Patrick Bruel est condamné à ne plus travailler, il ne travaillera plus. Puis quand il aura purgé sa condamnation, il pourra reprendre le chemin des studios. C'est comme ça que fonctionne le droit M. Bernstein. Jean-Luc Lai, il a payé sa dette à la société, il a le droit de revenir chanter, et vous avez même le droit d'y aller si vous avez envie d'y aller.
C'est actuellement mis, présumé innocent, mais mis en examen. Merci beaucoup Sébastien Chenu. Merci beaucoup à tous les deux.
Sébastien Chenu