COMMENT ÉCHAPPER À LA MARCHE FORCÉE VERS LA GUERRE ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous et à toutes. Bienvenue dans le 3e épisode de légitime défense, la chronique judiciaire qui vous évitera la garde à vue ou pas. Le 3 janvier dernier, pour bien commencer l'année, l'agression militaire des États-Unis contre le Venezuela a marqué une escalade brutale dans l'offensive impérialiste contre l'Amérique latine.
Il s'agit d'un avertissement pour nous tous. C'est pour ça que dans ce nouvel épisode de légitime défense, il nous a semblé urgent de parler crise, militarisation et révolution. Puisque les démocraties libérales en crise et le capitalisme finissant, ça produit malheureusement la guerre.
Il faut urgemment construire des outils pour résister à la tendance à la militarisation de Macron et qu'on sort. Empêcher le discours belliciste de se normaliser et préparer la résistance. C'est une question vitale.
Ne parlez pas de répression, de violence policière. Ces mots sont inacceptables dans un état de droit. Les idées dominantes sont celles de la classe dominante.
Contrôles de normalisation. D'abord, ce qui s'est déroulé il y a quelques semaines au Venezuela a un non, c'est un coup d'état colonial. Cet acte de guerre et de violation de la souveraineté vise à imposer par la force un nouveau schéma de pillage extractiviste en assurant le contrôle des richesses stratégiques du Venezuela et en envoyant un message à toute la région et au-delà pour la discipliner.
Aussi, Trump s'est mis à menacer le reste de l'Amérique latine, des pays comme la Colombie, Cuba ou le Mexique. Dernièrement, le Groenland. Trump assume de menacer jusqu'à ses alliés historiques, tout en osant affirmer que le principal danger sur le Groenland, ce serait, je cite, la Russie et la Chine, des propos qui ont été repris par le ministère allemand de la défense.
Nous sommes dans un monde parallèle. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Tout ça nous rappelle un peu Nordstream quand les Européens ont dit que c'était les Russes qui avaient fait sauter leur propre gazoduc en Allemagne et que l'Allemagne n'a rien dit.
Tout ça pour mettre sous le tapis la réalité que la puissance agressive aujourd'hui, celle qui menace le monde entier, c'est les États-Unis. Il faut donc dénoncer cette offensive de l'impérialisme américain, mais ça implique aussi de mener une lutte politique intransigente contre notre propre impérialisme. Macron s'est réjoui de l'arrestation de Maduro et Gabriel Atal a expliqué qu'il ne regrettait pas son départ.
Rien de surprenant puisqu'en 2019, ils avaient déjà soutenu la tentative de coup d'état de Juan Gaido. Ce positionnement a au moins le mérite de lever toute ambiguïé. Pour les impérialistes, la démocratie ça les intéresse si ça permet de justifier des opérations coloniales meurtrières comme celle qui a tué près d'une centaine de personnes à Caracas.
Leur discours sur la dictature, ça sert surtout à préparer les esprits à la guerre impérialiste, soit-disant au nom des droits de l'homme et de la démocratie. Elle montre aussi que le droit international, c'est surtout la loi du plus fort. Il est très efficace lorsqu'il est aligné avec les intérêts des impérialistes et lorsque les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU permettent de justifier l'invasion de la Bosnie, du Kosovo ou le bombardement de la Libye soi-disant dans l'intérêt des peuples.
Oui, enfin s'il y a pas de résolution, ça marche aussi hein. par exemple la Serbie, l'Irak ou alors le détournement des résolutions en Syrie, en Libye. Enfin, on parlera de tout ça dans un prochain épisode peut-être.
Plus fondamentalement cette situation, elle confirme que l'air de l'illusion d'un ordre international pacifié est définitivement derrière nous. Après la guerre qui frappe aux portes de l'Europe, on a assisté au bombardement américain et israélien en Iran et au Liban et maintenant à Caracas. et le génocide en Palestine dont la dénonciation est criminalisée un peu partout dans les démocraties libérales.
Cette tendance à la guerre, Macron l'accueille et les impérialistes français ont la chance de pouvoir compter sur une 5e République. Pensez pour ça. Dans ce contexte, après la menace russe sur l'Europe, c'est la menace de Trump sur le Groenland que le régime voudrait utiliser pour justifier le réarmement des grandes puissances de l'Union européenne, multiplier les discours bélicistes et préparer idéologiquement toute une génération à la guerre.
C'est pourquoi la patrie a besoin de vous, de votre engagement. Les décisions politiques, les équipements militaires, les budgets sont une chose. Mais ils ne remplaceront jamais la force d'âme d'une nation.
Notre génération ne touchera plus les dividendes de la paix. Il ne tient qu'à nous que nos enfants récoltent demain les dividendes de nos engagements. C'est pour ça que déconstruire sa trétorique guerrière est indispensable pour s'opposer aux nouvelles offensives que le pouvoir prépare sur la scène internationale comme sur le terrain intérieur contre les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires.
Le 18 novembre dernier, Fabien Mendon, chef d'état-major des armées, affirme que les travailleurs et la jeunesse doivent se préparer à sacrifier leurs enfants pour défendre la patrie. Quelques mois avant, en juillet 2025, c'est Macron qui déclare : "Et au fond, soyons simple, pour être libre dans ce monde, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant.
Dans ce contexte, on assiste à un vaste plan de réarmement. Dans le sillage du plan européen Rearm Europe, la France prévoit de porter ses dépenses militaires à 64 milliards d'euros en 2027, soin doublement depuis 2017. Et lors de ses vœux aux armées, Macron a même annoncé 36 milliards supplémentaires pour les années à venir.
L'idée, c'est de moderniser les armées, avion, char, marine, renouveler l'arsenal nucléaire, financer la poursuite des opérations extérieures et renforcer la contribution à l'OTAN. Cette hausse, elle vise aussi à respecter l'exigence adressée par les États-Unis à leurs alliés, allés vers 5 % du PIB destinés à préparer la guerre dans les prochaines années. Aujourd'hui déjà, les pays de l'OTAN dépensent 12 fois plus que la Russie et 4 fois et demi plus que la Chine.
Avec une norme à 5 % du PIB, ce rapport atteindrait 20 fois plus. Derrière ces chiffres se cache une logique profonde. Nourrir notre complexe militaro-industriel d'assaut, Talè, Nextter, Airbus défense et cetera pour renforcer une Europe forteresse, consolider une posture de puissance néocoloniale.
Cette Europe de la défense devient une réalité. L'OTAN, c'est l'alliance des démocraties, mais pas pour la paix, pour la guerre. Mais cette offensive n'est pas que budgétaire.
Elle s'appuie sur un régime qui se militarise. Petit rappel du dernier épisode. La 5e République, c'est une architecture de pouvoir militar au-présidentiel qui né en contexte de quasi-guerre civile, marqué par la crise algérienne et un PCH militaire en préparation.
En gros, notre régime a été fondé par un militaire à l'issue d'un coup d'état. Pour de Gaulle, la 5e République doit permettre de moderniser le capitalisme français et de développer ses leviers de puissance. Ces derniers sont étroitement liés à l'armée, au maintien des colonies restantes et au développement de relations avec celles qui sont devenues indépendantes, type Franceafrique.
Comme le synthétise l'économiste Claude Sarfati, à partir de 1958, le militaire va conquérir une place dans l'activité économique et politique, sans doute sans équivalent dans les autres pays démocratiques et peut-être même sans précédent en France. Cette centralité de l'armée pour le régime, elle se traduit dans la structure de l'industrie française où l'armement occupe un rôle central. La France, c'est le 2e marchand d'armes dans le monde depuis l'année dernière avec des entreprises comme d'asso ou Talès qui sont d'ailleurs en train de se frotter les mains en ce moment.
Le lien entre 5e République et armée se traduit aussi dans la structure de notre régime et même dans notre constitution. Elle inclut des mécanismes explicitement guerriers rarement vu dans les démocraties libérales occidentales. Par exemple, l'article 15, le président, le seul et unique chef des armées, mais surtout l'article 16 qui lui octroie dans la foulée des pouvoirs exceptionnels quasi illimités en cas de crise grave.
Et surtout, selon le code de la défense, c'est encore le président qui dispose du pouvoir, attention discrétionnaire, de déclencher l'arme nucléaire. Mais me direz-vous, que peut faire le Parlement ? La réponse : rien.
Un vote au bout de 4 mois, c'est tout. C'est l'article 35. Mais 4 mois, c'est un petit peu long.
Si on a une guerre nucléaire, on est déjà tous mort et enterrés. Toi, tu vis, toi tu vis, toi tu crèes. Donc pour le dire autrement, la 5e République fait de la décision militaire l'un des cœurs du pouvoir exécutif avec un contrôle politique extrêmement faible.
C'est ces pouvoirs qui ont permis à Sarkozi de lancer la guerre en Libye. Nous intervenons pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin. À Hollande initié les opérations au Mali.
Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là. Encore avant, Mitéran a pu envoyer des troupes au Rwanda pour former et équiper l'armée suprémiste du gouvernement de Juvenal Abyarimana puis l'appuyer en plein génocide à l'été 94. Sous Macron, la logique de la 5e République s'intensifie. déjà la normalisation du conseil de défense comme gouvernement occulte et parallèle.
Initialement, il avait été conçu pour la guerre, pour les crises graves. Mais depuis Macron, le Conseil de défense et de sécurité nationale devient un lieu central de décision soustrait au contrôle démocratique et parlementaire protégé par le secret défense. Par exemple, pendant la crise sanitaire, souvenez-vous, c'est le conseil de défense sanitaire qui a décidé du confinement, du couvre-feu, du pass sanitaire sans contre-rendu public, sans contrôle démocratique et toujours protégé par le secret défense.
Pour l'anecdote, les premières réunions se tenaient dans le bunker de l'Élysée au PC Jupiter. Ensuite, le poids des militaires dans l'exécutif s'est encore accru. Le chef d'état-major des armées est devenu une figure politique publique et il participe à des décisions à fort impact intérieur, sentinelle, vigie pirate, mobilisation du militaire dans la sécurité intérieure.
Toutes ces transformations institutionnelles doivent bien sûr s'accompagner en offensive idéologique pour convaincre toute une génération de jeunes de défendre la patrie. Je suis convaincu que si nos ennemis voient notre détermination à nous défendre, à protéger ce que nous portons comme valeur, comme histoire, ils iront voir ailleurs parce qu'ils savent que nous sommes plus forts. L'objectif ?
Militariser la jeunesse qui a été libérée du service militaire en 97. D'abord, il y a le service national universel SNU. Au départ, c'était le projet d'un quasi service militaire pour toute une classe d'âge avec un uniforme, des cérémonies, une pédagogie centrée sur la cohésion et l'esprit de défense.
L'idée simple, réinfuser la culture militaire dans la jeunesse. Ensuite, ce qu'ils ont appelé les classes défense et sécurité globale. des dispositifs dans les collèges, dans les lycées avec des parrainages d'unités militaires, des interventions pédagogiques désarmées au cœur de nos collèges et lycées avec d'énormes scandales, des dérapages type fight club comme au lycée professionnel à Fonten sous bois récemment.
Et maintenant le service militaire, le vrai de vrai pour, comme le dit Emmanuel Macron, je cite, s'inscrire dans une évolution de long terme vers un modèle d'armée plus hybride qui combine 200000 militaires actifs, 47000 réservistes et 80000 en 2030 et les appeler. Mais elle aura aussi un appui en profondeur au cœur de la nation. Cette nouvelle force issue de la jeunesse, cette nouvelle force issue du service national.
Et le problème c'est que cette pression à la militarisation, elle structure aussi une partie de la gauche. De ce point de vue, la proposition de conscription citoyenne obligatoire de LFI exprime à sa manière la volonté de former une partie de la jeunesse à la défense. En réalité, les ambitions militaires et les mécanismes autoritaires sont toujours étroitement mêlés.
Et dans les situations de crise, tous les outils pensés pour la guerre sont ensuite utilisés pour réprimer à l'intérieur. En effet, depuis 10 ans, cette priorité militaire s'accompagne d'un tournant sécuritaire intérieur. Durcissement du maintien de l'ordre face aux mobilisation, répression judiciaire des militants, rhtorique de l'ennemi intérieur avec notamment la figure de l'islamogauchiste, surencher nationaliste et islamophobe.
Ça montre le lien évident entre l'ultra gauche et et l'islamisme. On l'a beaucoup dénoncé ce qu'on appelait l'islamogo gauchisme. On a parfois été très critiqué mais ce lien est évident.
Le régime a développé un véritable arsenal militaire à mobilisé contre sa propre population des armes soi-disant à l'étalité réduite. C'est le cas des LBD40 que nous connaissons bien ce qui éborgne celle des grenades explosives les gli F4 qui mutillent l'arrache des mains. Il y a aussi des blindés pour la gendarmerie qui déambule dans Paris et puis les exosquelettes, les protections lourdes et cetera et cetera.
De leur côté, les techniques dites de maintiendre l'ordre sont inspirées de la doctrine de la guerre révolutionnaire testée en Indochine puis en Algérie. Aujourd'hui, les NAS avec encerclement montrent une logique de contrôle territorial avec des interpellations préventives, l'éclatement des foules via les manœuvres de groupes mobiles, l'usage massif des forces d'intervention comme la Bravem ou la CACI qui sont formés à l'assaut rapide. Ce sont des techniques de contrôle d'un espace hostile typique du maintien de l'ordre colonial.
Tous ces dispositifs ont d'abord été testés dans les colonies avant d'être utilisés à l'intérieur contre les mouvements sociaux ces 10 dernières années. En 2018 contre la Zade de Notre-Dame des Landes. En 2023 contre les manifestations à Sainte-Soline où pour la première fois peut-être une mobilisation écolo est traitée comme un conflit militaire.
On assiste à des scènes de guerre civile. Vous avez tous vu les images. Dites-vous que ces 4000 détonations en 2 heures, ça représente une détonation toutes les 2 secondes.
Vanda, je me suis dit, je suis journaliste, je suis pas venu, je je suis pas journaliste de guerre, c'est pas la même chose. Je suis pas venu là pour me faire bombarder. Je comprends vraiment pas ce qui m'arrive.
Et la rebolotte en fait, c'est que j'ai même pas besoin de revenir qu'une autre grenade me retombe dessus. Et on pense évidemment au mouvement de révolte des gilets jaunes, des jeunes de quartier populaire après la mort de Naël ou encore du soulèvement en Kanaki. À chaque fois, le pouvoir mobilise la BRI ou des blindés contre des manifestants.
Et regardez l'exemple des États-Unis. Il illustre de manière frappante la continuité entre guerre à l'extérieur et durcissement répressif à l'intérieur. La mort de René Nicole Good abattu par un agent de l'I, la police fasciste de Trump montre comment la rhtorique anti-immigration nourrit une dynamique répressive contre les mouvements sociaux sur le sol même des États-Unis.
La dictature, c'est d'abord pour les étrangers mais ça préfigure le fascisme à grande échelle aux États-Unis comme en France. Mais ça, on en débattra peut-être dans un prochain épisode. Pour le dire autrement, la pression à la militarisation, c'est une tendance de fond qui exprime le besoin des classes dominante de continuer à défendre leurs intérêts dans une situation de crise profonde du capitalisme.
C'est pour ça que la militarisation sous Macron n'est pas une anomalie. C'est l'aboutissement de la 5e République, régime pensé dès l'origine pour gérer la guerre, les crises et les insurrections. L'analyse de mon père d'un certain nombre d'autres compagnons du général de Gaulle était que si l'on veut restaurer l'autorité en France, si on veut que la France existe, il faut qu'il y ait des institutions qui permettent à l'État de décider, d'ordonner, de commander.
Et dans cette situation, comment résister ? Déjà au niveau constitutionnel, il y a une faille énorme dans notre constitution. On l'a vu, c'est l'article 35.
Mais même s'il n'y en avait pas, ce serait contourné. C'est ce que fait Trump lorsqu'il envahit le Venezuela pour kidnapper un dirigeant. C'est complètement inconstitutionnel du point de vue de la Constitution américaine.
Il aurait fallu une autorisation du Congrès pour des opérations militaires de ce type. Ce qu'il n'a pas fait, ce qu'il n'a jamais fait. Il faut être prêt à résister en dehors des institutions.
Le Parlement français doit être prêt à dire non à la guerre, même s'il n'en a pas les moyens juridiques. Pour un véritable contrôle parlementaire, il est urgent de mettre en place des commissions d'enquête parlementaire et d'organiser un grand débat à l'Assemblée nationale. Il faut aussi utiliser tous les outils que nous n'avons pas pour résister consciemment à la répression, c'est-à-dire se mobiliser en dehors des institutions.
Parce que le durcissement autoritaire, ça implique de se préparer consciemment à la répression de la contestation. Maintenant, quand on va en manifestation, il faut avoir quelques réflexes et se préparer à affronter une garde à vue ou une interpellation. C'est exactement à ça que servent les différents collectifs de défense qui regroupent des avocats et des juristes qui choisissent de mettre leurs compétences au service de la lutte contre la répression.
Vous pouvez consulter les kits mis en ligne par le collectif d'action judiciaire et garder en tête quelques principes de base. Garder le silence en garde à vue, toujours demander à un médecin et un avocat. Mais la réalité c'est que face à la force, le droit ne nous protège que très peu.
C'est d'abord lutte politique et idéologique incontournable qu'il faut mener. Il faut surtout refuser la propagande de guerre. Il faut arrêter ce discours binaire démocratie contre dictature qui vise à créer le consentement à la guerre qui falsifie l'histoire.
And they said, "Oh, we're celebrating the victory of World War I today, sir." The fact is Russia was celebrating, Francebody was the war. Il faut surtout exiger la dissolution de l'OTAN qui est une organisation belliciste qui ne nous mènera qu'à une guerre qui ne peut être qu'un massacre comme toutes les guerres pour les classes populaires.
Il faut combattre le chauvinisme de gauche ou de droite parce que si on n'est pas internationaliste aujourd'hui, on sera nationaliste demain de gré ou de force. C'est pour ça qu'il faut participer massivement aux mobilisations de solidarité internationale. En Allemagne, 55000 jeunes sont descendus dans la rue pour s'opposer aux services militaires.
En Italie, contre le génocide en Palestine, les dockeurs de gène ont été à la tête de la plus grande grève anti-impérialiste de ces dernières années, s'inscrivant dans la grande tradition des mobilisations de soutien à l'Algérie ou au Vietnam. Il faut renouer avec l'héritage anti-impérialiste et anti-guerre, celui des révolutionnaires allemands comme Rosa Luxembourg et Carl Lipknest qui s'était toujours opposé à la guerre de 1914. En 1913, lors d'un meeting à Francfort qui rassemblait plus de 6000 ouvriers, Rosa Luxembourg s'oppose à la guerre et appelle les travailleurs à combattre leur propre bourgeoisie impérialiste qui les envoi au massacre pour défendre leurs intérêts capitalistes.
Au cours de la manifestation du 1er mai 1916, Carl Lipnche proclame "A la guerre, abas le gouvernement et il est immédiatement arrêté". Le jour de son procès, 55000 ouvriers se sont mis en grève pour le soutenir. Face aux tendances à la guerre et à la militarisation, c'est à ce type de grande confrontation qu'il faut se préparer consciemment.
Souvenez-vous, la guerre impérialiste est toujours contre révolutionnaire. Elle sert à s'approprier des ressources, mais aussi et peut-être surtout à maintenir un ordre social contesté. Surtout lorsque, comme aujourd'hui, la démocratie libérale capitaliste occidentale a conscience d'être déjà en fin de partie.
Si vous voulez en savoir plus et approfondir les sujets qu'on a évoqué, on vous invite à lire les ouvrages de Mathie Goost, l'ennemi intérieur et la guerre globale contre les peuples. Vous pouvez aussi lire les ouvrages de Claude Sarfati, l'État radicalisé ou le militaire. Pour comprendre la logique des États-Unis, Grzinski, le grand échiquier et puis pour prendre le contrepied de tout ça, de le Zegatari, 1000 plateaux, le traité de nomadologie, la machine de guerre.
Et puis bien sûr, n'oubliez pas de lire les grands classiques du marxisme, Rosa Luxembourg, Lénine et puis le manifeste du parti communiste lui-même où Marx explique abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre. Je vous recommande aussi un excellent ouvrage de génie Mario, la dictature une antithesse de la démocratie, chapitre spécial sur les démocraties et la guerre et la poésie puissante de Bertol Brecht, traduite en français sous le nom LaABC de la guerre chez l'édition Arche. Quand ceux d'en haut parlent de paix, en bas on sait que la guerre arrive.
Quand ceux d'en haut disent à bas la guerre, en bas on sait que les papiers sont prêts et que les listes aussi. Quand ceux d'en haut disent la paix la guerre, en bas on sait que c'est déjà la guerre. De leur paix n'est la guerre comme l'enfant de sa mère.
La guerre détruira encore ce que la paix avait pu laisser éclore. La guerre achève le travail, tue ce que la paix avait laissé debout. Sur le mur à la crée, on lit vive la guerre.
Mais celui qui l'a écrit est déjà mort. Quand ceux d'en haut disent par ici la gloire, en bas on sait par ici la terre. La guerre qui vient n'est pas la première.
Il y en a eu d'autres. Il y a eu des vainqueurs, des vaincus. Mais toujours à la fin, c'est le peuple qui crève de faim.
Puis vient l'ordre de marcher. Beaucoup ne savent pas que c'est l'ennemi qui marche à leur tête, que c'est sa voix qui commande la défaite, que c'est sa voix qui est l'ennemi. La voix qui nomme l'ennemi est l'ennemi.
Il fait nuit, les couples dorment, les femmes portent dans leur corps des orphelins.
Emmanuel Macron