Présidentielle : Bruno Retailleau a «le programme le plus avancé actuellement», estime François-X...
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
François-Xavier Bellamy est avec nous pour cette émission. Je vous ai pressé, monsieur l'eurodéputé, donc j'aimerais qu'on arrive à aborder quelques thématiques majeures avec vous dans les prochaines minutes. Première thématique, c'est évidemment l'actualité politique et judiciaire, la présidentielle. On est à neuf mois tout pile du premier tour de la présidentielle et il y a une candidate officielle, c'est Marine Le Pen. Elle l'a annoncé cette semaine dans un contexte judiciaire là aussi inédit. Quel regard vous portez sur la cour de cassation qui annonce vouloir rendre sa décision, son pourvoi avant le premier tour de la présidentielle ?
En un sens, c'est légitime que les décisions judiciaires soient prises avant que les Français n'aient un choix à faire. Maintenant, ce que j'espère, c'est que cette présidentielle va être l'occasion de parler d'autre chose que d'un feuilleton judiciaire. Il faut qu'on parle de la France, il faut qu'on parle des Français, il faut qu'on parle de tous les problèmes du pays qui sont si grands et 2027 doit être un moment démocratique déterminant pour relever ce pays qui a tellement besoin d'action. Et si on doit parler de justice, c'est d'abord, je parle sous le contrôle de Georges Fenech, mais pour parler d'André Valigny, de la reconstruction de notre appareil judiciaire.
Ce dont les Français ont besoin, c'est d'être sûrs que leur justice sera au rendez-vous pour assurer cette continuité entre le travail des forces de l'ordre, le travail de la justice pour assurer que l'État fonctionne. Et voilà, ma crainte, ce serait qu'on passe des semaines maintenant à parler d'un feuilleton judiciaire qui a bien sûr son importance, mais qui ne doit pas éclipser le sujet majeur de cette élection présidentielle, qui est le grand choix démocratique.
Question politique toujours, vous êtes un soutien assumé, affiché de Bruno Retailleau. Je regardais les premiers sondages, ça reste une photographie de l'instant. Le sondage du mois de juillet ne peut pas forcément dire que ce sera le résultat du mois d'avril. Il ne peut pas dire du tout le résultat du mois d'avril. Bien sûr, mais il est parfois question de dynamique. Sondage Opinion Web pour les échos et radios classiques réalisé le 8 et 9 juillet dernier, 8% des Français voteraient pour Bruno Retailleau, ils étaient 10% fin juin. Comment vous expliquez que cette campagne, pour l'instant, ne prenne pas forcément autour de votre candidat ?
Je pense que tous les Français qui nous regardent savent que la campagne n'a pas encore commencé. Les Français ne sont pas encore dans l'élection présidentielle et c'est parfaitement normal. Nous en parlons beaucoup, mais la vérité, c'est que le moment de la campagne, il commencera sans doute à l'automne prochain, quand nous allons vraiment rentrer dans cette ligne droite vers l'élection présidentielle. Et je suis heureux que d'une certaine manière, au moins cette semaine, on voit le paysage se dessiner plus clairement. Le Rassemblement National a désormais une candidate. On attend que chacun fasse ses propositions.
Bruno Retailleau, lui, avec constance, il déroule son projet déjà depuis des mois. Et nous avons, je crois, le programme le plus avancé aujourd'hui. Nous attendons de voir ce que les autres camps vont proposer pour pouvoir faire en sorte que les Français se prononcent d'une manière qui soit vraiment libre et vraiment éclairée.
L'idée, c'est aussi de la grande clarification, savoir où les candidats veulent aller et faire avancer le pays, bien sûr, mais avec qui ils pourraient s'allier. Et quel regard vous portez sur la candidature d'Édouard Philippe ? Bruno Retailleau disait, c'est en quelque sorte le copier-coller de la Macronie. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites, jamais nous nous rallierons à Édouard Philippe ?
Pour moi, la grande question de 2027, c'est, est-ce qu'on veut continuer ou est-ce qu'on veut tout changer ? Et je pense que les Français le savent bien, aujourd'hui, dans ce pays, après dix ans d'en marche, il n'y a plus rien qui marche. Et donc, il faut une alternance.
Donc, jamais vous allez rallier Édouard Philippe ?
Mais non, vous savez, moi, j'ai été, comme Bruno Retailleau, un opposant pendant dix ans au macronisme. Et même quand Bruno Retailleau a été au ministère de l'Intérieur seulement pour empêcher la gauche et l'extrême gauche de prendre le pouvoir en France, il continuait de dire que le macronisme était terminé, qu'il fallait sortir du macronisme. Et je pense que nous n'avons plus le droit d'attendre, le « en même temps » qui a mis la France dans le mur doit enfin trouver une conclusion, parce que la France a besoin de choix clairs et courageux dans tous les domaines. On pourrait parler de budget, on peut parler d'école, on peut parler de sécurité, on en a parlé.
On peut parler, bien sûr, de justice. Tous ces sujets-là vont supposer maintenant d'affronter des choix courageux et de sortir des ambiguïtés qui ont marqué les dix dernières années.
Cette position, peut-être les auditeurs d'Europe 1 et les téléspectateurs de CNews la trouveront plus claire que Laurent Wauquiez. Je n'ai pas compris si Laurent Wauquiez était votre allié, votre partenaire ou votre adversaire, c'est-à-dire un soutien de M. Édouard Philippe. Moi, je vais vous dire les choses très franchement.
Je n'ai pas bien compris, c'est pour ça que je vous pose la question. Moi non plus, je n'ai pas bien compris, pour être très honnête. Je n'ai pas bien compris ce que Laurent Wauquiez avait voulu dire. Laurent Wauquiez, je le connais depuis longtemps, j'ai mené bien des combats avec lui au moment, par exemple, des élections européennes de 2019. Je l'ai toujours connu très dur sur le bilan du macronisme. Lui aussi, il a fait le choix de rester un opposant. Et aujourd'hui, je ne m'explique pas qu'il puisse considérer qu'Édouard Philippe peut relever le pays. Moi, je ne crois pas qu'on réparera les problèmes de la France avec ceux qui ont contribué à les causer ou à les aggraver.
Et je ne dis pas ça par animosité personnelle. Vous savez, la politique, ce n'est pas une question de combat entre des individus. Parfois un peu ? Non, ce qui compte d'abord, c'est la France et les Français. Et je crois profondément que, quand j'écoute d'ailleurs ce que dit aujourd'hui Édouard Philippe, quand je vois ce que font ces parlementaires à Bruxelles, à Strasbourg, on vient de voter un texte très important contre l'immigration illégale, le règlement retour sur ce texte. Les députés d'Édouard Philippe se sont abstenus.
Les députés macronistes ont voté contre en expliquant qu'on était en train d'attaquer les droits fondamentaux seulement parce qu'on porte un projet qui est soutenu aujourd'hui par 25 pays sur 27.
On voit une incompatibilité idéologique et avec, visiblement, ce que vous dites, avec Horizon dans votre discours. Vous savez, on a parlé de football. On va filer la métaphore. Il y a ce qu'on appelle l'avare en télé. C'est-à-dire, ce que vous venez de me dire, je pourrais vous le ressortir dans quelques semaines. – Ah non, mais moi, vous savez, on va être très clair.
– Oui, c'est la continuité. – Moi, vous me connaissez, Elie de Deval, je n'ai jamais changé de discours. On peut être d'accord ou pas avec moi. – Mais Bruno Retailleau ne changera jamais de discours, lui non plus. – Mais lui non plus. Et d'ailleurs, c'est ce que même ses adversaires lui reconnaissent. Bruno Retailleau, là encore, on peut être d'accord ou pas avec lui, c'est la beauté de la démocratie. Mais tous ceux qui le suivent depuis longtemps savent que Bruno Retailleau n'a jamais changé de cap ni de ligne. – Sous-titrage FR 2021
François-Xavier Bellamy