David Lisnard : "Le RN est socialiste"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, l'invité politique, Jean-Jacques Bourdin.
Avec nous, David Lysnard, maire de Cannes, président de Nouvelle Énergie, de l'Association des maires de France. David Lysnard, bonjour. Bonjour. Vous publiez Ainsi va la France, aux éditions de l'Observatoire. Je reviendrai sur votre livre tout à l'heure, David Lysnard. Marine Le Pen, condamnée et inéligible pendant 5 ans, a fait appel, appel examiné probablement à l'été 2026. A vos yeux, est-elle une victime ?
Il faut que justice soit rendue. On marche tous sur des oeufs, parce que d'un côté, on ne veut pas affaiblir une institution qui est au cœur de la démocratie, qui est la justice. D'un autre côté, indépendamment de l'affaire Le Pen, il y a longtemps que j'ai écrit sur la nécessité de réformer en profondeur la justice, et il y a un problème, qui est un problème de moyens, qui est un problème d'impartialité d'une partie des magistrats, minoritaire mais importante, et qu'il y a un problème de doctrine et de droit qui se contredit. Donc, les faits qui ont été jugés doivent être rejugés en appel, comme c'est le cas pour tout justiciable. Et moi, je n'ai pas à les commenter.
J'ai lu cette nuit les 154 pages de la décision de justice, ça s'en est très avéré. Et parallèlement, la seule question qui légitimement pose débat, c'est celle de l'exécution provisoire. Ça fait débat ici, ça fait débat partout, et c'est normal. La justice est rendue au nom du peuple français. Une décision rendue au nom du peuple français peut-elle contredire une volonté du peuple français, si cette volonté était de les lire ?
Donc, il faut, la seule solution, et je le dis depuis le début, et j'ai vu que c'était la doctrine qui prévalait hier, c'est que l'appel soit examiné le plus vite possible, et ensuite, elle soit confirmée dans sa condamnation, soit infirmée, et c'est comme cela qu'on pourra rétablir un peu de confiance. Mais il faut revoir le fonctionnement de la justice, indépendamment de l'affaire Le Pen, parce qu'il ne faut pas oublier que tout le reste...
Vous ne vous mouillez pas, quand même, vous êtes... Je vous dis exactement ce que je pense. Ce que vous pensez, c'est bien. Alors, les juges dans l'affaire Le Pen n'ont-ils pas appliqué une loi votée par le Parlement et soutenue par Marine Le Pen elle-même ?
Oui, bien sûr, vous avez raison. Mais moi, je ne suis pas commentateur ni judiciaire, ni chroniqueur politique. Moi, je suis engagé dans la vie politique pour essayer d'apporter une voix, pour contribuer à redresser le pays. On en a bien besoin. Et aujourd'hui, la loi Sapin 2, qui est évoquée, elle doit s'appliquer. Vous savez, c'est la fameuse phrase du philosophe Alain. Résistance et obéissance. On obéit à la loi, en démocratie, c'est indispensable. Mais on peut résister intellectuellement. Cette loi, moi, je la conteste avant cette affaire Le Pen, parce que dans mon exercice de mandat local, je dois rendre des comptes, je dois être sanctionné si je triche, c'est normal.
En revanche, elle a complètement bureaucratisé et rendu hystérique une espèce de culte de la transparence tous les trois jours. Dès qu'on reprend la ville quelque part, dès qu'on fait des déclarations, on n'en va pas finir. Vous demandez à n'importe quel élu local. On doit quitter les séances du conseil municipal pour des supposés conflits potentiels d'intérêts. Alors, ça paraît peut-être abstrait quand on nous écoute. Mais en réalité, c'est en train de créer une insécurité juridique. Notamment pour les 500 000 élus locaux qui sont des gens honnêtes, qui bossent, etc. Et je crois qu'on est aussi en matière judiciaire au bout d'un système qui s'effondre.
Et moi, mon sujet, c'est de participer au rétablissement du pays.
Bien. Le nom d'une magistrate jetée en pâture. Des magistrats menacés et qui doivent être protégés. N'est-ce pas là aussi ? Ou encore, comme vous voudrez, une atteinte grave à notre démocratie et à l'état de droit ?
Je pense que de toute façon, dès qu'on jette personnellement en pâture et qu'on ne reste pas sur du factuel, c'est grave. Oui, je le pense. Je pense aussi que parallèlement, quand on voit la nécessité... Vous savez, exercer la justice, c'est le cœur de l'État. C'est rendre la justice. C'est protéger la société. C'est réparer les victimes. Et c'est sanctionner les coupables. Or, en l'occurrence, quand on exerce ce pouvoir-là, on doit le faire avec des moyens. La justice manque de moyens. Avec nos impôts cette année, M. Bourdin, nous payons cinq fois plus de remboursement d'intérêt de la dette que tout le budget de la justice alors qu'on manque de places de prison, de greffiers, de magistrats.
Deuxièmement, il faut l'indépendance de la justice. Mais il y a une contrepartie. C'est l'impartialité. Et indépendamment de l'affaire Le Pen, qui, par les motivations politiques de l'exécution provisoire, on doit se poser... J'ai écrit un papier il y a trois semaines là-dessus à la suite de la décision sur l'A69. Mais souvenez-vous de l'affaire Outreau. Il y a eu zéro sanction. Regardez les réquisitions délirantes sur l'affaire Sarkozy. La procédure expresse contre François Fillon. Donc, il faut quand même se poser la question aujourd'hui du droit. L'état du droit ne va plus. Des moyens de la justice.
Mais aussi de ce qui était inscrit dans l'ordonnance du 22 décembre 1958 voulue par le général de Gaulle. C'est qu'un magistrat ne peut pas exprimer une préférence partisane. Et qu'il doit être...
Là, en l'occurrence, vous pensez que la magistrate a exprimé une préférence partisane ? Je pense que...
Je l'ai lu cette nuit. Vous l'avez lu cette nuit. Je ne suis pas chroniqueur judiciaire. Je pense que c'est très étayé. Non, mais d'accord, mais vous l'avez lu cette nuit. Je pense que c'est très étayé sur le fond. Mais l'appel, je dis confirmé ou infirmé, ce n'est pas à nous de le dire.
Très étayé. Les accusations, c'est-à-dire la condamnation.
Les preuves sont là. Il ne faut pas oublier le fond du dossier. C'est qu'il y a une procédure...
Il y a un détournement de fonds publics.
En tout cas, il y a eu un jugement en première instance qui estime qu'il y a un détournement de fonds publics de plus de 4 millions d'euros. C'est écrit noir sur blanc avec un tableau, avec tout l'argent, les échanges de SMS, etc. Ensuite, il ne faut pas s'asseoir sur un principe de l'état de droit qui est le double degré de juridiction. Et donc, sur la capacité de l'appel d'être respecté. Et c'est là que cette exécution provisoire, qui est quand même fondée sur des motifs un peu délirants, la récidive au départ, je ne vois pas comment, puisqu'elle n'est plus présidente du RN et elle n'est plus députée européenne. Et deuxièmement...
C'est pour ça que j'essaie d'être le plus objectif possible et pas en considération politicienne. Et deuxièmement, cette espèce d'argument bizarre qui, je crois, est page 53, qui consiste à dire que l'exécution provisoire, c'est-à-dire l'exécution immédiate, en réalité, d'une inéligibilité, est prononcée parce qu'il est possible que la condamnation soit confirmée définitivement, c'est-à-dire en deuxième instance. Et là, c'est là qu'il y a un problème. Pour des raisons politiques. Et donc pour des raisons morales. Or, la morale, c'est aux individus de la vivre. Le droit, il n'est pas dans ce champ-là.
Alors, David Lissnard, si elle est condamnée en appel, est-ce que ça va la gêner encore un peu plus pour être candidate à la présidence de la République ? Écoutez, certainement, ce n'est pas à moi qu'il faut le demander.
Moi, j'essaie de proposer un projet pour réformer la justice, pour réformer l'éducation, pour remettre une ambition scientifique à la France, pour réformer la fiscalité, pour que les gens gagnent plus d'argent à la fin du mois.
Est-ce qu'il est bien de défiler en soutien ou contre les juges ?
Alors, défilant contre les juges ou en soutien, moi, je ne trouve pas ça bien. En revanche, proposer une réforme de la loi, je trouve ça tout à fait légitime, y compris la loi Sapin 2. Et ensuite, qu'il y ait une stratégie politique du RN de soutien à sa leader, c'est normal. On ne peut pas reprocher au Rassemblement National de faire de la politique.
Alors, vous êtes d'accord avec la suppression de l'exécution provisoire en cas d'inéligibilité ? C'est ce que demande Éric Ciotti. Pardon. Je veux le rappeler quand même, il est lui aussi, pardon, il fait l'objet d'une enquête pour détournement de fonds publics. Pardon de dire que François Bayrou, qui appuie cette idée... Pardonnez-moi, mais je crois que l'enquête
sur Éric Ciotti, elle a été classée sans suite. Elle a été classée sans suite ? Vous vérifierez, mais il me semble qu'il a été démontré qu'il n'y avait pas eu de tournements.
Dans tous les cas, François Bayrou, lui, est toujours poursuivé pour détournement de fonds publics. Et il appuie cette requête.
Oui, puis il y avait aussi des suspicions sur le financement de la campagne électorale du Président de la République. Oui, bien sûr. On se demande où en est cette procédure. Bien sûr. J'ai vu, moi, à l'époque... Bien sûr. Vous avez raison. Ma première matinale de ma vie, c'était quand j'étais porte-parole de François Fillon, c'était devant vous. Et c'était le lendemain du Canard Enchaîné. Je n'oublie pas, le tsunami médiatique et la procédure express de la justice sur François Fillon. Donc on a le droit quand même, tout en étant très attaché à la démocratie, de poser la question. Aujourd'hui, l'exercice de la justice, quand il y a eu le mur des cons, quand vous avez...
C'était un syndicat de la magistrature. Ce n'était pas tous les magistrats. Qui représentent 33%. Oui. Et il y a d'autres syndicats de la magistrature, eux qui restent dans leur rôle, c'est-à-dire de se battre pour des moyens pour la justice. Exactement. Quand j'entends Béatrice Brugère pour FO, j'en suis très respectable. Il y en a d'autres, si vous voulez. Bien sûr. Mais quand vous avez un tiers des magistrats qui remettent en cause ce qui est la base de la justice, c'est-à-dire l'impartialité dans une démocratie, à un moment donné, c'est pour ça que je propose l'interdiction du syndicat de la magistrature. Je pense que dans son objet même, dans ses motivations même, je suis pour...
Parce que ce syndicat fait de la politique. Oui. Et que je suis pour le droit syndical des magistrats pour défendre les moyens, pour parler de doctrine, mais pas pour faire de la politique.
Est-ce que vous n'avez pas le sentiment que les Français ont l'impression que les politiques ont envie de devenir en permanence injusticiables ? Je ne crois pas. Parce que d'abord, les politiques, c'est quoi ?
C'est une punition collective. C'est vrai, c'est vrai. C'est une punition collective. Et aujourd'hui, pardonnez-moi, mais quand vous voyez de Juppé à aujourd'hui Nicolas Sarkozy, etc., je pense que notre démocratie a beaucoup progressé. C'est-à-dire que les politiques... Mais pas que Juppé, qu'à Luzac,
le maire de Toulon-Falco, j'en donne des dizaines et des dizaines.
Et avec une justice qui est implacable. Ce qui est aussi difficile, c'est que moi je le vois avec des élus locaux. Pardonnez-moi, moi je suis un élu local. Vous pouvez être mis en cause sur n'importe quelle suspicion. Vous êtes innocenté trois ans après. Mais n'importe quel rago mis en... Aujourd'hui, vous pouvez faire l'objet d'une dénonciation calomnieuse qui peut vous amener jusqu'à une mise en examen et ensuite vous êtes condamné ou innocenté. Mais en attendant votre réputation et quand on est quelqu'un qui a de l'honneur, et moi j'ai de l'honneur, ça peut faire très mal. Je n'ai pas vécu ça. D'autres le vivent. J'ai des témoignages d'élus tous les jours.
Il y a une insécurité juridique qui devient un sujet majeur, notamment pour les élus locaux, ceux qui prennent des décisions et indépendamment des grands élus nationaux. En revanche, ceux qui ont détourné de l'argent doivent être sanctionnés. C'est évident.
Je vous dis ça parce que Jean-Luc Mélenchon et le RN disent que la décision de destitution d'un élu devrait revenir au peuple.
Est-ce que vous êtes d'accord ou pas avec ça ? Non, pas forcément. Il doit y avoir des règles. Est-ce que le peuple est souverain au-dessus de toute justice ? Le peuple est souverain pour choisir des règles, y compris des règles de destitution d'élus en cas de fait grave, mais qui ne repassent pas par le vote du peuple. On pourrait se poser la question du système judiciaire. Est-ce qu'il ne faudrait pas, comme dans certains pays, que des magistrats... Quand vous avez un pouvoir, vous devez avoir un contre-pouvoir au rendre des comptes. Que les magistrats soient élus ? Pourquoi pas ? Je n'ai pas la réponse. Mais c'est une question que je pose.
C'est-à-dire qu'à un moment donné, moi, je suis élu, je rends des comptes. Je rends des comptes aux citoyens électeurs et je rends des comptes éventuellement aux magistrats, ce qui est normal. Je dois rendre des comptes et être évalué et jugé, y compris civilement, politiquement et pénalement, potentiellement. En revanche, lorsqu'un magistrat fait une erreur, lorsqu'il embastille quelqu'un à tort ou au contraire, parce qu'il remet en liberté des gens dangereux. Parce que le problème, c'est que là, on voit une justice implacable. Très bien. Pourquoi n'est-elle pas implacable avec les gens qu'on arrête toutes les nuits ? Moi, je peux vous dire que ce n'est pas des cas de figure.
Je peux vous le démontrer. La semaine dernière, on a eu des personnes qu'on arrête le lundi qui sont en situation irrégulière sur le territoire national, qui s'attaquent à des personnes au cutter dans un bus et trois jours après, il déclarait irresponsable, on le retrouve dans la rue. La semaine d'avant, un multirécidiviste qui est arrêté parce qu'il dégradait une voiture de police municipale, on le remet à l'auto-hérité judiciaire. Quatre jours après, souvenez-vous, ce n'est pas vieux, il attaque quatre policiers nationaux à Cannes avec un couteau. C'était il y a deux semaines. Oui, je me souviens. Donc, à un moment donné, ce décalage-là, il n'est plus supportable.
Et la justice, elle doit aussi protéger la société. Évidemment, face à des élus potentiellement délinquants, mais aussi à tous ceux qui s'attaquent à nos enfants, à tous ceux qui nous agressent, à tous ceux qui n'ont rien à faire sur le territoire national. Ainsi va la France.
C'est le titre de votre livre. Ainsi va la France. David Gisner. Candidat en 2027. Franchement, dites-nous. Parce que maintenant,
on se dit pour... D'abord, je ne réponds que franchement. La franchise, ce n'est pas toujours d'être péremptoire. C'est vrai. Oui ou non à tout parce qu'il faut être en capacité d'eux. Donc, je fais tout pour être en capacité d'eux. D'être candidat en 2027. Oui, bien sûr. D'être candidat à la présidentielle. D'avoir des candidats aux législatives. Et de faire en sorte que des idées qui sont fondées sur la liberté de création, donc libérer le pays de l'excès de bureaucratie, de l'excès de fiscalité, d'excès d'impôts, de toutes ces contraintes. Je peux vous en citer une multitude d'exemples et j'ai un plan pour le libérer. Fondé aussi sur l'ordre. Comment on rétablit l'ordre.
Et fondé sur la dignité individuelle. C'est-à-dire un sursaut éducatif, un redressement culturel, éducatif et scientifique. Je souhaite que ce projet sur lequel je travaille beaucoup, nous travaillons beaucoup, puisse gagner. Et je suis heureux de voir que des idées que j'avance depuis des années qui n'étaient balayées du débat aujourd'hui reviennent au cœur du débat politique comme la retraite par capitalisation pour notamment les travailleurs les plus modestes pour qu'ils aient enfin un capital à eux.
De réformer totalement la sectorisation scolaire qui est eue au nom de l'égalitarisme est en train de sacrifier des milliers de gamins, notamment des classes populaires dans des écoles qui sont des ghettos. de reporter une ambition scientifique dès le plus jeune âge, dès l'école primaire pour qu'on retrouve la raison critique et qu'on devienne une super puissance éducative et scientifique. Ce projet-là, j'ai envie de le faire gagner parce que je crois qu'il est utile au pays.
Large primaire, on fait un peu de politique rapidement, vous demandez une large primaire qui va de Gabriel Attal à Éric Zemmour avec l'ERN.
Non, parce que l'ERN a lui-même tranché. Il a dit qu'il n'était pas de droite chez un de vos confrères d'une chaîne d'infos. Pour vous, l'ERN n'est pas de droite ? Mais c'est ce qu'a dit Marine Le Pen. Je peux le citer, je ne sais pas si j'ai le droit de citer la concurrence, mais c'était sur LCI en l'occurrence. Bien sûr.
Et chez Darius Rochemin où je lui dis alors ceux qui proposent de supprimer telle et telle agence comme je le fais moi avec Nouvelle Énergie, ceux qui proposent de créer de la productivité dans la fonction publique, de donner des moyens à l'État de se réformer et d'être moderne et d'avoir moins de masse salariale mais des gens mieux payés, elle dit, elle balaye ça en disant ça ce sont des idées de droite, ce n'est pas moi. Donc pour moi, et je trouve que le projet du Rassemblement est un projet socialiste sur le plan économique et je trouve que toute sa matrice c'est une matrice étatiste, interventionniste.
C'est tout, pour moi, elle est la dernière expression de l'État-providence qui s'écroule. Et c'est pourquoi je pense que Nouvelle Énergie a une voie originale parce que nous sommes les seuls à dire que l'avenir de la France ne peut passer que si chaque individu peut être propriétaire de sa vie par une instruction de qualité, par une fiscalité qui ne soit pas spoliatrice, par le respect de la propriété privée qui est le gage de la liberté et de la prospérité et c'est ce que j'essaie de développer. Donc là-dessus, il y a un principe de réalité, il faut éviter deux écueils. Je vais très vite. L'écueil de la compromission sur le contenu. Il faut un projet qui soit respecté dans son intégrité.
Il ne faut plus faire du en même temps, essayer de plaire à la gauche, à la droite, au centre. Ça ne fonctionne pas. Il faut aller très vite, très fort dans une radicalité qui est le contraire de l'extrémisme pour réformer le pays. Deuxièmement, il faut éviter que le premier tour de la présidentielle divise un camp qui va de Gabriel Attal jusqu'à la droite la plus forte qui est aujourd'hui, enfin la plus forte, la plus extrême, à droite qui est celle d'Éric Zemmour, etc. Et donc, tous ceux qui se sentent de droite, il faut qu'il y ait un seul candidat et qu'il y ait un projet fort.
Donc, il faut, par défaut, de leader naturel, moi j'aurais aimé qu'il y ait un leader naturel à la Sarkozy en 2007, ce n'est pas le cas. Bien, il faut une compétition qui permet de désigner une ou un candidat que les autres s'engagent. Je ne demande pas à les soutenir, je ne demande pas à Gabriel Attal, etc. Mais de ne pas les perturber et que le projet ne soit pas un projet de compromission. C'est comme ça qu'on restera le...
Bruno Retailleau, qui est l'un de ces hommes, et que je soutiens pour la présidence de LR. Vous soutenez pour la présidence de LR. Est-ce qu'il n'a pas été désavoué par Emmanuel Macron qui a renoué un dialogue direct avec le président algérien Théboud ?
Non, mais que le président de la République dialogue directement avec un chef d'État, c'est normal. Avec tous les chefs d'État, y compris les pires. Je veux dire, ça fait partie de la diplomatie. Moi, ce que je veux maintenant, c'est des actes. C'est-à-dire qu'il y a un dialogue avec l'Algérie... Que Boalem Sansal soit gracié d'abord, et puisse revenir en France. D'abord que le ministre des Affaires étrangères revienne avec Boalem Sansal, et puis qu'on remette en cause des accords qui étaient des accords post-coloniaux indépendants, la France aussi. Et on n'a pas à faire un privilège, on doit trouver des accords équilibrés.
Oui, mais ne faut-il pas reprendre pour des raisons de coopération sécuritaire,
de lutte contre le terrorisme ? Le terrorisme, je ne dis pas qu'on a un intérêt à faire une relation bilatérale forte avec l'Algérie, je l'ai toujours dit, y compris dans les moments les plus grandes tensions, pour des raisons sécuritaires, pour des raisons géopolitiques, pour des raisons démographiques, pour des raisons économiques. Nous avons un intérêt. Mais en attendant, on ne peut plus laisser la France se faire souiller par l'Algérie. L'Algérie doit récupérer ses ressortissants délinquants qui n'ont rien à faire en France. Lorsque vous avez 14 récidives et demandent à l'Algérie de récupérer un voyou, quel est le pays qui peut accepter, comme le fait la France, d'être aussi faible ?
Donc, il faut maintenant qu'on soit respecté et que l'Algérie récupère ses voyous, comme les autres pays, d'ailleurs, il n'y a pas que l'Algérie, que parallèlement nous récupérions Boilem Sansal. Et puis, je pense qu'il y a un geste à faire aussi, c'est sur Abdelsam Bouchou-Hareb. Abdelsal Bouchou-Hareb est un ancien dignitaire algérien, ministre, vice-président du Parlement, etc. Moi, je ne vais pas le juger, ce n'est pas mon sujet. Il a été condamné à plusieurs reprises par Contumas parce qu'il était absent en Algérie. Il est détenu en France. Qu'on lui accorde, enfin, qu'on accorde à l'Algérie le fait de le récupérer. Pourquoi, avec mes impôts, pourquoi on s'occuperait de cet homme ?
Donc, moi, je n'ai pas, je ne suis ni pour ni contre lui, ce n'est pas mon sujet, je ne le connais pas et je n'ai pas à le juger. Il est algérien. Il doit être extradé. Il doit être extradé. Voilà. Et ça, vous voyez, et c'est à l'Algérie de décider ce qu'elle fait de son ressortissant. Boilem Sansal, il est français et algérien. Il est innocent. Il est pris en otage par l'Algérie. Et donc, l'Algérie doit récupérer ses voyous, doit accepter de remettre en cause l'accord de 68 et aujourd'hui, doit nous permettre de régler les flux migratoires car il faut couper le robinet de l'immigration en France.
Donald Trump veut lancer aujourd'hui ce qu'il appelle la mère de toutes les batailles commerciales imposées des droits de douane à tout le monde, au monde entier. Comment répondre ?
D'abord, en rappelant un principe que beaucoup oublient en France, c'est que le libre-échange est une source de richesse des nations. En revanche, et donc, lorsque, tout ce qui porte atteinte au libre-échange porte atteinte à la richesse des nations.
Il porte atteinte au libre-échange,
Donald Trump ? En l'occurrence, oui, mais pas que lui. Tous les pays, il faut sortir de l'hypocrisie. Moi, je suis contre les mesures protectionnistes de Donald Trump, mais l'Union européenne aussi fait des mesures parfois de protectionnisme. Oui, il y a des chinois, par exemple. À juste raison, non ? À juste raison ou pas ? Si vous voulez, c'est comme la guerre. Parfois, il faut faire la guerre pour retrouver la paix. Et parfois, il faut de la réciprocité, il faut se faire respecter dans les échanges internationaux. Donc, il faut qu'il y ait une équité commerciale. Or, on a souvent été naïfs et tendres, on a pensé qu'on n'était qu'un marché open bar. Et ça, c'est plus possible.
En revanche, ce que je veux dire, c'est que, donc, il y a des moments de tension où on met des droits de vente pour discuter. Mais qu'à terme, l'objectif, ça doit être un échange équilibré avec un droit international qui veille à l'équilibre des échanges. De même que l'objectif, ça doit être la paix et pas la guerre. Mais que parfois, il faut faire la guerre pour se faire respecter. Donc, si Donald Trump veut faire la guerre commerciale, eh bien, il faudra savoir répondre.
Mais ne soyons pas hypocrites lorsque, juste là-dessus, ça m'avait exaspéré, que la présidente de la Commission européenne qui parfois s'octroie des responsabilités qu'elle n'a pas et qui sont du ressort des nations, dit qu'elle va, par exemple, sanctionner commercialement le bourbon, c'est-à-dire le whisky américain. Pourquoi dire ça ? Pourquoi dire ça ? Évidemment, la réaction immédiate de Donald Trump, c'est je vais sanctionner le cognac et le vin français. Mais pourquoi ? Parce que c'est une position très allemande. Les Allemands ont très peu de répercussions là-dessus. Et c'est nous, une fois de plus, qui allons en payer les frais. Donc, on doit faire un axe avec l'Allemagne.
On a un nouveau chancelier et cette opportunité. Beaucoup mieux travailler avec l'Italie pour recréer une relation atlantique et atlantiste qui soit forte et équilibrée. Ne pas nous laisser faire par Donald Trump, mais ne pas non plus
être hypocrite de notre côté. David Lysnard, deux questions. Suppression des ZFE, très vite pour les réponses. Suppression des ZFE, vous êtes favorable à la suppression ? Oui. Avec l'Association
des maires de France, nous avons été la seule institution, et je n'étais pas encore président, mais j'étais vice-président, à dire que la loi Climat et Résilience était une loi à fragmentation bureaucratique antisociale. C'est-à-dire qu'à travers les ZFE, qu'on avait appelé zone de forte exclusion, à travers le zéro artificialisation nette, et à travers les DPE, on allait pénaliser les plus pauvres. Et aujourd'hui, on voudrait nous faire croire que sur une loi qui n'a eu aucune étude d'impact social, et dont l'étude d'impact environnemental était bidon. Parce que si ça faisait progresser la planète, pourquoi pas ? Mais aujourd'hui, on voudrait nous dire que ça va nous coûter des milliards.
c'est insupportable, et je vais écrire un papier qui va sortir cet après-midi sur une nouvelle lubie européenne qui s'appelle ETS2. C'est quoi ça ? C'est encore sur un faux marché droit carbone, parce que le marché carbone ça peut avoir du sens, qui va être en fait une fiscalité déguisée, et qui à partir de 2027 va faire exploser le prix du fioul et du carburant. À partir du moment où on a interdit le thermique en 2035, on ne peut pas dans cette période pénaliser les gens qui n'ont pas les moyens de s'acheter une bagnole électrique. C'est insupportable, et donc oui, je suis contre les EFE. Bon,
vous êtes contre, vous avez pris une initiative à l'Association des maires de France ? Depuis le début,
on a été clair là-dessus. Bon,
je suis en retard, j'ai quand même deux questions encore sur le port du voile dans les compétitions sportives. François Bayrou est contre, il a dit qu'il n'était pas contre le port du voile dans le sport, mais il a dit qu'il était contre le port du voile dans les compétitions sportives.
D'abord, il a raison d'être contre, mais je pense qu'il faut bien comprendre que, et c'est là où la ministre des sports, moi je n'étais pas du tout d'accord avec elle, a accepté un signe ostentatoire religieux là où on ne doit avoir que le maillot de son club, au-delà des différences religieuses, et pour moi, non pas inclusif, mais séparatiste. Donc,
dans les compétitions sportives...
Pour discuter avec beaucoup de musulmans compatriotes, je peux vous dire que l'immense majorité, y compris les plus pratiquants, contre le... ils sont tout à fait d'accord pour qu'il y ait une règle claire, y compris dans les entraînements, et contre dans les compétitions. Et pas que dans les compétitions. Et je souhaite que sur les équipements municipaux à Cannes, et je l'ai fait pour les piscines où on a interdit le burkini, je souhaite qu'on évite toutes ces bondieuseries dans des sites... À Cannes,
ce sera interdit.
En tout cas, le signe religieux sur tous les terrains de sport. On demande, chacun a accès au sport, chacun... Moi, je suis très très soucieux de la garantie religieuse pour tous, les musulmans, les juifs, et puis pour ceux qui n'ont pas de religion aussi, les catholiques, etc. Moi-même, j'en ai une, mais voilà, religion. Mais en revanche, il y a des espaces de neutralité, c'est le sport. Et puisqu'on parle de sport, l'actu d'aujourd'hui, c'est quand même la SCAN. J'allais y venir. C'est en domicile, M. Bourdin. Ça,
c'est une vraie actu. Alors, vous pensez que la SCAN va aller en finale dans la Coupe de France ? Moi, je ne peux pas faire de pronostic avant. J'y serai, évidemment,
ce soir. J'y suis, mon père était footballeur professionnel et a commencé sa carrière à la SCAN. Je l'ai même vu. Ce maillot rouge et blanc est magnifique. On a retrouvé une équipe qui a un énorme potentiel. Reims, c'est très costaud. Ils viennent de mettre trois buts à Marseille. Ils sont engouffrés dans les espaces CAN. C'est une équipe qui joue beaucoup. Donc, on peut exploser comme on peut faire l'exploit. Je commenterai le match après. C'est comme pour les élections, si vous voulez. Mais les CAN, en tout cas. Merci, David Lissnard,
8 à 59. Merci.
David Lisnard