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ChroniqueC dans l'air (sur YouTube)· 5 mai 2026 11 minActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTransports

Ormuz : les pays producteurs de pétrole cherchent de nouvelles routes

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00P.DessertineChiffre
    « Il faudrait réaliser des investissements considérables sur des décennies pour quadrupler les capacités de pipeline de sortie de cet espace. »
  • 4:00P.DessertineChiffre
    « Ca reste 3 fois moins que ce qui est capable de passer par le détroit d'Ormuz. »
  • 5:00P.DessertineFait
    « Le président américain pousse même les compagnies pétrolières à conquérir de nouveaux marchés comme le Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves de brut. »
  • 6:00P.DessertinePromesse
    « Nous pensons accroître notre production d'environ 50 % ces prochaines années. »
  • 7:00P.DessertineChiffre
    « 6,4 millions de barils par jour. 60 % de plus qu'avant la guerre. »
  • 9:00P.DessertineFait
    « L'avantage du pétrole du Golfe, c'est qu'il est de très bonne qualité et pas cher à raffiner. Celui du Venezuela est très lourd et il coûte très cher à raffiner. »
  • 10:00P.DessertineFait
    « Quand on va chercher dans les nappes profondes, le pétrole reste cher. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- C.Roux: On ne l'écoute pas... - G.Lagane: Il n'y a pas de gendarmes... - P.Dessertine: Le président de Total a dit "s'il faut payer un péage, on paiera le péage pour revenir au business". - C.Roux: Les pays producteurs tentent d'ouvrir de nouvelles voies pour faire passer le pétrole, même si compenser le trafic d'Ormuz semble hors de portée. - Entre l'Irak et la Syrie, des milliers de camions-citernes tous remplis de pétrole irakien.

Voici la nouvelle route choisie par Bagdad pour exporter sa production. Objectif: tenter de contourner le blocage du détroit d'Ormuz. - Aujourd'hui, des files de camions-citernes de pétrole brut s'étendent sur des kilomètres.

Il s'agit du seul point de passage permettant d'exporter du pétrole vers la Syrie. Si Dieu le veut, au cours des prochains jours, les volumes échangés augmenteront significativement. - Du pétrole irakien acheminé par voie terrestre jusqu'à la Méditerranée.

Tous les autres pays du Golfe cherchent des solutions, y compris l'Arabie saoudite. Le 3e producteur mondial de pétrole a misé sur la remise en état de son oléoduc. - Le ministère de l'Energie d'Arabie saoudite annonce avoir établi des opérations sur son oléoduc est-ouest qui avait été touché par des attaques iraniennes. - L'oléoduc permet à l'Arabie saoudite de continuer d'acheminer son pétrole jusqu'à la mer Rouge dans l'ouest du pays.

Les Emirats arabes unis aussi disposent d'un pipeline pour contourner le détroit d'Ormuz. - Il faudrait réaliser des investissements considérables sur des décennies pour quadrupler les capacités de pipeline de sortie de cet espace. Ce sont des voies où, même à exportation maximale, on aurait du mal à dépasser les 8 millions de barils par jour.

Ca reste 3 fois moins que ce qui est capable de passer par le détroit d'Ormuz. - Contraints par la guerre, les Emirats arabes unis préparent l'après et annoncent sortir de l'Opep pour produire davantage. - Quelqu'un doit produire pour reconstituer les réserves stratégiques mondiales.

Nous espérons bientôt pouvoir contribuer à la stabilité mondiale entre l'offre et la demande. - En attendant, il faut aller chercher le pétrole chez d'autres exportateurs: Russie, Canada, Brésil et, surtout, Etats-Unis. Le pays n'a jamais autant exporté de pétrole brut: 6,4 millions de barils par jour. 60 % de plus qu'avant la guerre.

D.Trump se frotte les mains. ...

Le président américain pousse même les compagnies pétrolières à conquérir de nouveaux marchés comme le Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves de brut. - Nous pensons accroître notre production d'environ 50 % ces prochaines années. Nous travaillons avec des équipes sur le terrain.

C'est bénéfique pour les Américains. - La semaine dernière, pour la 1re fois, un pétrolier américain est arrivé au Japon. Mais les concurrents des Etats-Unis comptent eux aussi profiter de la situation.

Ce matin, un tanker russe a accosté sur l'archipel. - C.Roux: Question. - P.Dessertine: C'est ce qui était évoqué.

Il y a des pipelines. On pourrait les intensifier. On est très loin de la capacité totale de production.

Il faudrait faire un investissement gigantesque qui durerait très longtemps. L'Europe avait eu cette stratégie avec la Russie pour démultiplier les pipelines et gazoducs vers l'Europe. Ca fait un moment qu'on sent bien que la question du transport maritime, qui est archi dominant, est de plus en plus un problème.

On l'a vu après le covid. L'inflation et le désordre du commerce mondial sont venus du fait qu'on n'arrivait plus à gérer le commerce maritime. Quand ce sont des routes, vous avez un bouchon gigantesque.

Vous n'avez pas la solution. Ca suppose des investissements massifs. Si vous faites des investissements, vous n'êtes pas en train de les faire dans des énergies renouvelables.

Il y a une question qui se pose demain pour les pays occidentaux, et en particulier l'Europe: est-ce qu'on privilégie la terre? Ca serait un énorme plan d'investissement qui va prendre du temps. Comment on fait pour gérer ces problématiques maritimes?

Les armateurs et les assureurs...

Il va se passer énormément de temps. Personne ne veut y aller, même accompagné de 3 destroyers américains. "Un pauvre bateau iranien va nous prendre pour cible." On est avec un problème massif sur le commerce mondial, et en particulier sur celui de l'énergie. - C.Roux: La Corée va envoyer 5 navires pour tenter de créer une nouvelle route d'approvisionnement du pétrole. - C.Chesnot: C'est toujours à portée de missiles des Iraniens.

C'est bien beau d'amener le pétrole par pipe mais au moment de charger sur les bateaux, les Iraniens peuvent frapper. "On vous a à l'oeil. On peut vous frapper." On peut passer par des pipelines.

Il y a une épée de Damoclès des Iraniens sur 2000 km. Ils peuvent frapper les installations vitales. Ils ont frappé sur la côte est des Saoudiens.

Les Saoudiens sont très prudents et pas la posture des Emiriens belliqueux. Ils comprennent qu'ils sont les rois du pétrole et qu'il faut préserver l'avenir. - C.Roux: C'est vain, ces tentatives de trouver des nouvelles routes? - C.Chesnot: Ca ne résout pas le problème.

Si l'Iran est hargneux et veut envoyer un message aux Saoudiens, il le fait. Ils se sont arrangés. Il n'y a plus de tirs sur l'Arabie saoudite. "Ne nous attaquez plus..." - C.Roux: Les Iraniens pourraient activer les Houthis? - P.Dessertine: Ils sont plus en retrait.

Ce sont les Houthis qui ont attaqué les raffineries et installations pétrolières saoudiennes. On est, avec les Saoudiens, à la base, en opposition avec les Iraniens. Les Saoudiens ne sont pas du tout les plus belliqueux.

Les Houthis sont encore relativement peu utilisés par les Iraniens, qui sont avec une logistique et un armement iraniens. - M.Pirzadeh: Les Houthis sont ceux qui ont l'agenda le plus autonome par rapport à la République islamique.

Le détroit de Bab Al-Mandab était à portée de tir des Houthis. La solution serait une solution terrestre. Ca prendrait des années et des années.

Plus d'une centaine de bateaux sortaient du détroit d'Ormuz il y a 68 jours. Maintenant, ce sont des camions-citernes avec une capacité faible. Ca prend du temps, de redessiner les routes.

C'est une solution qui ne va pas faire baisser les prix du pétrole. - G.Lagane: Sur les Houthis, ce qui est frappant, c'est qu'ils sont très peu intervenus dans ce conflit alors qu'il y a eu plusieurs appels de l'Iran plus ou moins explicites.

Ils ont vaguement tiré quelques tirs sur Israël. On ne les sent pas très désireux de se porter au secours de l'Iran. Ils ont été durement frappés par les bombardements israélo-américains.

Ils ont un agenda autonome. Ce n'est pas la même branche du chiisme. Ils ont tellement perturbé le trafic l'année dernière que beaucoup de navigateurs ne l'utilisent plus.

Ca pèse sur les comptes de l'Egypte, qui comptait beaucoup sur la mer Rouge et le canal de Suez. Ca pourrait aggraver le problème, mais on ne voit pas une menace aussi forte. - C.Roux: Les Etats-Unis augmentent leurs exportations de 60 % pendant ce temps-là. - P.Dessertine: Ils ne peuvent pas tenir comme ça avec les 6,5 millions de barils par jour.

D'un point de vue local et mode de fonctionnement, on utilise au maximum toutes les capacités. Les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre de devenir uniquement producteurs de pétrole. Ils en ont besoin eux-mêmes.

Ils ont l'augmentation du prix de l'essence sur leur territoire. - C.Roux: D.Trump vante les exportations de pétrole par le Venezuela. - P.Dessertine: Il faut faire attention.

Ce n'est pas le même pétrole. L'avantage du pétrole du Golfe, c'est qu'il est de très bonne qualité et pas cher à raffiner. Celui du Venezuela est très lourd et il coûte très cher à raffiner.

Ca vous fait monter le prix du baril. On tourne en rond. Ce n'est pas uniquement avoir du pétrole, mais l'avoir moins cher. - C.Roux: Comment contourner le blocage du détroit, qui va durer?

L'économie mondiale est impactée. Est-ce qu'il va falloir qu'on se tourne vers l'Algérie, la Libye? - P.Dessertine: La Libye, très intéressante.

La Namibie, aussi. Total regarde pour investir. On n'est pas du tout dans les énergies renouvelables. "On va investir dans l'énergie fossile avec des coûts élevés." Quand on va chercher dans les nappes profondes, le pétrole reste cher. - C.Chesnot: Petit point sur le gaz.

Les méthaniers qatariens sont tous bloqués. Le Qatar, 1er ou 2e exportateur mondial avec l'Australie.