Gérald Darmanin : "La menace terroriste en France est particulièrement élevée"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons donc ce matin le ministre de l'Intérieur dans le grand entretien du 7-9. Question réaction 01-45-24-7000, passée autrement par les réseaux sociaux et l'application mobile d'Inter. Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro de France Inter aujourd'hui que débute le procès des attentats du 13 novembre 2015. On l'a dit, ce sera un procès hors normes par sa durée, neuf mois, par le nombre de partis civils 1800, par le nombre d'avocats 300 et surtout par les douleurs infinies qui s'y exprimeront. Qu'attendre, Gérald Darmanin, de ce procès, à la fois pour les victimes, pour la France, mais aussi peut-être pour l'histoire ?
Attendre la vérité, attendre aussi évidemment le déroulement des faits qui devraient à la fois, si j'ose dire, mettre un peu de baume dans le cœur de tous ceux qui ont perdu la recherche. 131 personnes sont morts, il n'y a jamais eu de comparatif avec d'autres séries d'attentats, des centaines de blessés, des lieux extrêmement symboliques. La France a été blessée et peut-être aussi attendre de ce procès, la vérité de ce procès, des informations qui naîtront. Peut-être que M. Abdeslam parlera, qui naîtront et qui vont aider les services de renseignement et qui vont aider les services du ministère de l'Intérieur.
Se pose évidemment la question de la menace terroriste pendant ce procès qui va durer neuf mois. On se souvient que les attentats qui ont visé Samuel Paty et la rue Nicolas Appert à Paris ont eu lieu en plein procès, Charlie Hebdo, il y a un an. Est-ce que vous redoutez la même chose pour ce procès des attentats du 13 novembre ?
La menace terroriste en France est particulièrement élevée. Et quand il y arrive des moments particuliers, des fêtes religieuses, évidemment des moments comme vous les avez évoqués, ce sont des procès, des attentats où la pression médiatique, politique est sur le focus de l'islamisme radical et de son procès. Évidemment la menace est encore plus élevée. C'est pour ça que j'ai réuni les préfets. Je leur ai donné des instructions extrêmement claires, de protection. Alors protection évidemment, il y a à peu près un millier de policiers qui vont s'occuper de la protection pendant ces neuf mois, vous l'avez rappelé.
Et je voudrais les remercier des magistrats, des avocats, des partis civils, bref.
Donc 1000 policiers déployés autour de l'île de la cité.
Exactement, entre ceux qui surveillent en vidéo, surveillant ceux qui sont prêts à intervenir à tout moment et ceux qui sont là à l'intérieur et à l'extérieur. Nous n'avons pas délégué au privé, si j'ose dire, cette sécurisation. C'est un millier, c'est-à-dire un effort absolument gigantesque, indépendamment de ça, à Paris comme partout sur le territoire national, parce qu'on sait que le terrorisme touche tout le monde et toutes les communes de France. Oui, la menace est très élevée et encore plus élevée pendant cette période d'attentats.
Et combien d'attentats ont-ils été déjoués ces derniers mois ?
Alors depuis que le président de la République, Emmanuel Macron, a été élu, il y a eu une cinquantaine d'attentats, dont 36 ont été déjoués par les services de renseignement. 14, malheureusement, ont amené à la mort ou à la blessure de personnes sur le territoire national. Mais les 36 ont été déjoués, ce qui est à la fois un record, mais tant qu'il y aura encore un attentat que nous n'arriverons pas à déjouer, ça restera un échec évidemment.
Mais depuis l'année 2021, depuis le début de l'année, il y a combien d'attentats qui ont été déjoués ?
Alors ça dépend si vous parlez des attentats islamistes ou des attentats qui ne le sont pas, puisque nous avons malheureusement l'ultra droite, le survivaliste, un peu d'ultra gauche aussi, dont nous avons fait des actions, de ce que je peux vous dire. Et qui n'ont pas été encore cachés sous le sceau de la confidentialité ou de l'enquête judiciaire. Il y en a cinq qui ont été particulièrement déjoués par les services de renseignement.
Les attentats du 13 novembre ont démontré, Gérald Darmanin, de nombreuses failles des services de renseignement. Et puis surtout, un manque de coordination entre les services européens à l'époque. Est-ce que les leçons ont été définitivement tirées ? Ou est-ce que vous pensez que ces failles peuvent revenir et qu'on peut revivre une telle nuit d'horreur en France avec des attaques simultanées ?
D'abord, je pense qu'il est très difficile de faire des commentaires apocryphes. En 2015, l'état islamique est à son apogée, son financement, son organisation. En 2015, nous ne connaissons pas les vagues d'attentats terroristes comme ceux de 2015 ont démontré qu'ils sont possibles partout sur le territoire national. Et en 2015, il n'y avait pas encore eu le renforcement énorme de moyens. D'abord décidé par Bernard Cazet avec Emmanuel Valls. Moi, je veux le rendre hommage, mais ça prend du temps de recruter et de former des agents de services de renseignement.
Et puis ensuite, par Emmanuel Macron, puisqu'on a augmenté quasiment de 2000 personnes, les agents de la DGSI et des renseignements territoriaux. On a doublé leur budget. Moi, je ne veux pas commenter ce qu'a fait déjà une commission d'enquête parlementaire qui n'a pas conclu à des dysfonctionnements graves. Je voudrais le vous rappeler, même si elle a conclu à des dysfonctionnements.
Elle a conclu à des dysfonctionnements. A plusieurs reprises, Abaoud a failli être interpellé à Athènes. Au même moment, la police belge lançait une opération, ça a capoté. Vous avez raison, Madame Salamé. Des gens qui étaient condamnés, fichés, surveillés, ont pu rentrer en Europe.
Vous avez raison, Madame Salamé. Il y a eu des dysfonctionnements qui ont été évoqués par la commission d'enquête parlementaire. Je rappelle que ce sont des dysfonctionnements par ailleurs européens, souvent internationaux, d'échanges d'informations. Vous évoquez vous-même Athènes. On reconnaît très bien la relation avec la Belgique. On connaît très bien la relation avec la Turquie. Nous avons beaucoup progressé. Le protocole Cazeneuve, signé par Bernard Cazeneuve, nous permet notamment de connaître un certain nombre d'informations venant de Turquie et de Syrie.
Donc, objectivement, je crois que le procès aura été l'occasion ou sera l'occasion de dire la vérité et de faire aussi, et je pense que les partis civils le regarderont, et les partis de la Défense encore plus, les responsabilités potentielles de l'État français. Mais moi, je veux rendre hommage d'abord aux policiers et gendarmes courageux qui sont rentrés dans des conditions extrêmement difficiles devant des gens qui ont des larmes longues. A l'époque, les policiers n'étaient pas équipés tout à fait des mêmes armes qu'aujourd'hui. Et je voudrais rendre hommage aux ministres de l'Intérieur successifs qui ont géré ces horribles attentats.
Quel effet peut avoir la victoire des talibans en Afghanistan sur le risque terroriste en France ? Plusieurs experts n'excluent pas que la victoire des talibans puisse galvaniser un certain nombre d'individus en France qui se prennent à rêver d'aller commettre des attentats.
Le président de la République a été très inquiet, et très inquiet pour les mêmes raisons que vous évoquez. Pour l'instant, les services de renseignement, à ma demande, ont fait ce travail de surveillance de ceux qui potentiellement peuvent passer à l'acte ou dont on sait qu'ils ont des affinités particulières ou dont on les soupçonne. Nous ne le constatons pas aujourd'hui. D'abord parce que l'Afghanistan n'est pas la Syrie, pardon de cette tautologie, mais c'est plus loin.
Deuxièmement parce que vous savez bien que les talibans c'est un mouvement bien sûr islamiste radical, mais c'est aussi un mouvement nationaliste qui est en guerre avec d'autres mouvements nationalistes ou d'autres mouvements islamistes. On l'a vu encore récemment dans l'attentat qui a touché l'aéroport de Kaboul. Et puis troisièmement, nous n'avons jamais eu. Et ça c'est un point important de départ depuis 10 ans de Français ou de ceux qui étaient en France pour l'Afghanistan. Contrairement à la Syrie, où les départs sont ou furent très nombreux. Et donc nous n'avons pas le même rapport.
Les situations sont incomparables. Syriennes, afghanes.
Je ne dirais pas qu'elles sont incomparables, elles sont peu comparables. Ce qui est certain en revanche, c'est que dans la mondialisation de la radicalisation, dans la mondialisation de l'islamisme, par l'intermédiaire des médias, des réseaux sociaux, il peut y avoir des gens qui trouvent là l'occasion de se réveiller dans leur radicalité.
Fin août, on avait appris que 5 Afghans exfiltrés de Kaboul par la France étaient soupçonnés de liens avec les talibans et avaient donc fait l'objet d'une surveillance administrative. Avez-vous de nouvelles informations à leur sujet ? Les soupçons ont-ils été levés ou sont-ils toujours sous surveillance ?
Ils sont toujours sous surveillance. Il y a effectivement 5, ce qu'on appelle MICAS, c'est-à-dire des mesures administratives de surveillance. Pour faire vite, c'est que la DGSI les surveille, surveille ceux qu'ils font, surveille leur réseau. Les 5 personnes n'étaient pas forcément concernées. Il y en avait une particulièrement avec des liens familiaux ou des liens amicaux avec 2 personnes qu'on a mis sous MICAS. Ils sont regroupés dans un endroit particulièrement surveillé.
Je veux dire que ce taliban, je mets des guillemets évidemment, est un homme qui a permis de sauver manifestement des centaines d'Afghans qui étaient enfermés dans l'ambassade de France dans des conditions auxquelles je ne m'étendrai pas, avec des policiers français qui étaient enfermés également dans cette ambassade et qui a permis de passer des checkpoint. Nous avons fait notre travail, notamment lorsque l'avion de partant de Kaboul s'est arrêté à Abu Dhabi. Et l'intégralité des 2 800 afghans que nous avons ramenés ont été fichés, criblés. Des entretiens ont été faits avec chacun d'entre eux. Et sur ces 5-là, la surveillance continue et continue de façon extrêmement serrée.
On a accueilli effectivement 2 800 réfugiés afghans depuis la chute de Kaboul le 15 août dernier. Doit-on en accueillir davantage dans les prochaines semaines, Gérald Darmanin, ou c'est terminé ? C'était 2 800 et puis c'est tout.
D'abord, on en a accueilli 600 avant la chute de Kaboul, puisque c'est tous ceux qui ont aidé les Français. Et depuis plusieurs mois, nous rapatrions, à la demande du président de la République, tous les Afghans qui avaient aidé la France d'une manière ou d'une autre. Plus 2 800 comme vous l'avez évoqué. Aujourd'hui, vous savez bien que l'aéroport de Kaboul est fermé.
Si demain ou après-demain, des Français peuvent nous signaler, et ils le font au Quai d'Orsay, si demain ou après-demain, pour plein de raisons, des personnes ont pu être listées, des magistrats, des femmes qui portent la liberté des femmes en Afghanistan, tous ceux qui ont pu aider la France dans des consulats à proximité, ou viennent en France demander l'asile, et qu'ils sont sur cette liste forcément restreinte, mais qu'ils sont sur cette liste, évidemment, nous continuerons à les accueillir. Gérald Darmanin...
Il s'agit de combien de personnes, pardon ? Il y a combien de personnes susceptibles d'être accueillies dans les prochaines semaines ? Une centaine ? 200 ? 300 ? C'est combien ?
C'est le ministère des Affaires étrangères qui a ses listes, c'est j'ose dire, mais à ma connaissance, il y avait un petit millier de personnes qui étaient sur une liste, une troisième liste après les 600 et 2 800, qui pourraient être susceptibles d'être étudiées comme étant protégées par la France.
Dans un entretien au JDD, Valérie Pécresse affirme que si elle est présidente, elle augmentera de manière drastique les expulsions. Sur 22 000 personnes fichées pour radicalisation, dit-elle, un quart sont étrangers et nous devons expulser tous ces étrangers. Elle rappelle que dans les années 80, nous expulsions entre 1 000 et 1 500 personnes par an. Il faut absolument réactiver cette politique en urgence absolue pour menace de trouble à l'ordre public. Que lui répondez-vous ?
Je réponds que c'est dommage, si j'ose dire, en cette période particulière où vous n'ouvrez de l'Union Nationale, de dire autant de bêtises et d'être aussi amateurs sur des questions aussi importantes. D'abord, les comparaisons avec les années 80 sont absurdes. Les fichiers S ont été inventés dans les années 2010-2015. Donc comparer des choses qui n'existaient pas est assez étonnant de la part d'une future candidate à la présidence de la République. Deuxièmement, c'est ce que nous faisons. J'invite Mme Pécresse à venir visiter le ministère de l'Intérieur puisqu'elle ne le connaît manifestement pas. Nous avons expulsé depuis 2017 600 fichiers S étrangers.
Et donc, évidemment, nous sommes au rendez-vous de ce qu'elle demande. Et puis, troisièmement, il n'y a pas 22 000 personnes fichées. C'est absurde, c'est faux et c'est dangereux de dire ça. Il y en a combien ? Il y a aujourd'hui 7 460 personnes françaises et non françaises inscrites sur un fichier de signalement. Sur ces 7 400 personnes, il y a des gens en France et il y a des gens qui sont à l'étranger. Nous avons fiché S des gens qui sont à l'étranger. Donc il ne s'agit pas d'expulser des gens qui sont déjà à l'étranger. Et je veux dire à Mme Pécresse qu'avant de dire des choses qui manifestement n'aident pas sa campagne électorale, elle devrait se renseigner.
Je suis tout à fait prêt à la recevoir ou la faire recevoir. Parce que quand on veut être président de la République, on ne peut pas dire des inepties pareilles.
Gérald Darmanin, vous traitez Valérie Pécresse d'amatrice ce matin. Sur ce point précis. Est-ce que vous traitez Xavier Bertrand d'amateur également quand il dit qu'Emmanuel Macron a fait preuve d'une naïveté confondante et n'a absolument pas pris la mesure de la menace que fait peser l'islamisme radical sur notre société ? Xavier Bertrand qui veut interdire le salafisme en France. Est-ce que vous lui répondez amateur aussi, lui, ou non ?
Non, je dis à Xavier Bertrand qu'il faut qu'il regarde les textes qui ont été votés par le Parlement encore très récemment. Alors c'est vrai que pour sa décharge, elle vient d'être promulguée, cette loi, et validée intégralement par le Conseil constitutionnel, ce dont je me félicite. C'est la loi séparatisme. Nous avons aujourd'hui les moyens administratifs que nous n'avions pas avant, c'est vrai, pour faire fermer, par exemple, des lieux de culte, non pas en lien direct avec un attentat terroriste, ça on l'a déjà fait, 8 ont été fermés, la dernière c'était la mosquée de Pantin, durant, si j'ose dire, l'attentat de Samuel Paty.
Aujourd'hui, nous pouvons fermer des lieux de culte parce qu'ils portent des discours séparatistes, donc salafistes. Donc si j'ose dire, c'est fait, et c'est fait depuis plusieurs semaines, mais c'est fait.
C'est une information d'Emmanuel Leclerc, c'est un autre sujet, mais c'est une information à France Inter qu'on vous livre, qu'Emmanuel Leclerc va nous confirmer dans le journal de 9h. Quelques jours après l'arrivée d'Emmanuel Macron à Marseille, encore une nuit de violence cette nuit à Marseille, deux morts, un coup de couteau dans la gorge, l'autre tué par balle. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur cette nouvelle nuit de violence à Marseille ?
Je crois que c'est un salon de Provence, si mes informations sont bonnes, mais en tout cas, c'est dans le département des Bouches-du-Rhône qui connaît, vous l'avez souligné, une flambée de violence importante qui naît du trafic, souvent de drogue, peut-être là du trafic de cigarettes, de ce que je comprends. Enfin, l'enquête judiciaire va s'ouvrir. Ce qui est vrai, c'est que le travail de la police est absolument énorme. Le travail de la justice est absolument énorme à Marseille, plus de 40% de trafiquants arrêtés en plus depuis le début de l'année, et donc il y a des réactions, des réactions de gens qui perdent beaucoup d'argent.
Madame Salamé, c'est 100 000 euros en argent liquide de points de deal. Et il y a 164 points de deal rien que dans la ville de Marseille. Faites le calcul. Beaucoup d'argent, beaucoup d'enjeux, et beaucoup de guerres de territoire. Il y a beaucoup de jeunes, de jeunes de 12, 13, 14 ans. Et puis, vous savez, quand j'étais jeune, pour le coup, j'ai écouté un chanteur, qui n'a pas toujours aimé de la police, mais qui disait « Laisse pas traîner ton fils si tu veux pas qu'il glisse. » Ben, ne laissons pas traîner nos fils. Des gamins de 12, 13, 14 ans, des gamins qui, comme dans le film Bacner, disent « Mais moi, je suis mineur, rien ne peut m'arriver. »
Donc, c'est la faute des parents ?
Ce n'est pas que la faute des parents, mais c'est aussi la faute des parents. L'autorité parentale ne peut pas laisser des enfants de 12, 13, 14 ans faire le chouf, se prendre des coups de couteau ou des balles, être l'objet de règlements de comptes, et l'objet de torture. Il y a des gamins de 13 ans, en France, dans des cages d'immeubles à Marseille qui sont torturées par des trafiquants de drogue.
Toujours est-il que la violence ne diminue pas, en tout cas, quelques jours après l'arrivée d'Emmanuel Macron, de son grand plan. Je ne dis pas que ça allait disparaître du jour au lendemain, mais encore, c'est quand même, Emmanuel Leclerc nous le disait, on n'a pas vu une telle vendetta à Marseille et dans les environs
depuis 10 ans. Non, c'est... Depuis 10 ans, c'est rigolo, parce que ça fait 10 ans que les chiffres sont divisés par deux des règlements de comptes à Marseille. Mais tant qu'il y en aura un, Madame Salamé, il est évident que la flambée de violences dans une grande ville comme Marseille existe parce que la drogue. Il manquait 300 policiers à Marseille. Il y en a 100 qui sont arrivés cette année, 200 qui arrivent, l'annonce du président de la République, début d'année prochaine. Il manquait cinquantaine de magistrats. Le garde des Sceaux les a annoncés à Marseille. Il manque des caméras de vidéoprotection à Marseille. Tout le monde le sait. On a proposé à M.
le maire de Marseille, et la responsabilité ne revient pas qu'à lui, il est maire depuis un an, d'équiper la ville de Marseille comme jamais que l'État paye ce que devrait payer la ville pour installer des caméras partout à Marseille. Il manquait évidemment aussi une volonté politique nationale parce que vous savez, quand vous ne faites rien, quand vous ne faites pas une descente toutes les deux heures dans les quartiers nord comme nous le faisons aujourd'hui, il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas de règlement de compte. Quand il y a de règlement de compte, c'est aussi parce que la police et la justice font leur travail.
Avant de donner la parole aux auditeurs, aux standards, sachez Gérald Darmanin qu'en apprenant votre venue ce matin sur Inter, des auditeurs nous ont écrit pour vous interroger sur le projet d'Anne Hidalgo de transformer une école maternelle en salle de shoot dans un quartier sans craque de Paris, disent les auditeurs, le quartier Pelleport. La future salle serait au milieu de deux crèches, trois écoles élémentaires et un collège, disent-ils. La question qu'il vous pose est qu'attendez-vous pour l'interdire ? Je vous la transmet.
D'abord, c'est une compétence de la ville de Paris. Madame Hidalgo a été réélu il n'y a pas très longtemps et je respecte tout à fait le suffrage des Parisiens. Deuxièmement, moi j'ai toujours été opposé aux salles de shoot. Après, il y a des décisions difficiles à prendre pour une collectivité locale, même si je ne la partage pas, pour Madame Hidalgo comme pour tous les autres maires. C'est que les utilisateurs de craque, vous le savez, sont extrêmement dépendants et deviennent des zombies. Il n'y a pas d'autre mot. Et ils ont une espérance de vie d'ailleurs de moins d'un an. Donc, une situation sanitaire extrêmement complexe.
Moi, je suis, comme certains de ses auditeurs, très inquiet de la situation. Mon travail de mise à l'intérieur, c'est celui de la police. Donc, nous faisons ce travail de police, notamment dans le quartier de la Goutte d'Or, avec des résultats particulièrement performants. J'offre à Madame Hidalgo la possibilité de continuer d'intensifier grâce à l'intervention de la police quotidienne, grâce à l'intervention des caméras de protection. Mais vous lui dites, il ne faut pas ouvrir cette salle ? Elle a des discussions avec le gouvernement de la République, mais surtout, c'est sa compétence propre, Madame Salamé.
Il y a surtout deux visions dans votre gouvernement, puisque vous, vous êtes arché contre la salle de shoot. Olivier Véran dit que c'est positif de tenter ce genre d'expérience.
Mais Olivier Véran a ses arguments. J'ai exprimé les miens. Je suis solidaire des décisions gouvernementales. Je crois comprendre... comprendre la difficulté de Madame Hidalgo et surtout la difficulté des riverains que vous évoquez. C'est une compétence municipale. Ce n'est pas une décision du gouvernement. Madame Hidalgo, elle choisit la décision qu'elle a choisie et nous respectons... Vous la respectez,
mais vous n'êtes pas d'accord avec elle.
On a le droit, ça s'appelle la démocratie. Yolande Ostandard,
bonjour et bienvenue. Bonjour. On vous écoute.
Bonjour à tous. Je voulais savoir si votre invité pouvait souffler à l'oreille de M. Véran billet de transport gratuit pour le personnel comme il l'a fait pour la police qui d'ailleurs attend le cadeau en cette période préélectorale.
Merci Yolande pour cette question, Gérald Darmanin. Bon, il y a un message à passer à Olivier Véran, mais vous voyez le sujet concernant les trains gratuits pour les policiers.
Il ne me semble pas que les infirmières ou les médecins, avec tout le respect que je leur dois, sont en armes dans les transports nationaux puisque pour les policiers qui auront ce train gratuit, d'abord madame, ce sont des policiers qui habitent à plus de 200-300 km de chez eux parce qu'on leur demande lorsqu'ils habitent au Mans d'aller être policiers à Paris ou d'être à Lille lorsqu'ils sont eux-mêmes habitants à Strasbourg.
Mais la gratuité dépasse uniquement le trajet domicile-travail.
Non, madame, pour l'instant, la gratuité intégralement, puisque c'est ce que nous parlons et soyons sérieux, c'est la gratuité entre le lieu où vous habitez ou avec vos familles où vous habitez et où vous êtes muté pour le besoin du service. Pour l'instant. Je vais y venir. Deuxièmement, il faut être armé, c'est une condition importante pour la sécurité du transport en commun et se signaler au chef de bord. Troisièmement, pour les autres policiers parce que nous avons un travail effectivement de soutien parce qu'ils ont beaucoup d'affectations, on doit les envoyer dans les villes dites compliquées dans le nord de la France, dans le sud de la France, à Lyon.
On leur propose de faire ce qu'ont déjà les gendarmes. C'est-à-dire qu'on leur paye 75% de leur trajet et ils ont un restant de 25%. C'est déjà ce qu'avaient les gendarmes. Quatrièmement, il n'y a pas de cadeau aux policiers. Il n'y a pas une administration qui connaît plus de morts chaque année. Il n'y a pas une administration qui connaît 9000 blessés chaque année. Il n'y a pas une administration à qui on demande, me semble-t-il, de se mettre en danger chaque jour, y compris dans les transports en commun. Alors ensuite, que chaque ministère aide socialement ses agents, ça me paraît tout à fait normal, c'est une demande sociale des policiers depuis plus de 40 ans.
Et vous savez, les régions l'avaient déjà donnée, quelle que soit d'ailleurs la couleur politique des régions. Donc moi, je suis très fier d'aider les policiers et c'est plutôt nous qui leur devons des choses plutôt que l'inverse.
Stéphane, au standard, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes policier, je crois.
C'est ça. Moi, je suis policier depuis 30 ans en police judiciaire et je voulais interroger, bonjour monsieur le ministre, à ce moment crucial des attentats de vendredi 13, sur justement rebondir sur les attentats et sur les règlements de comptes à Marseille en disant que la complexification de la procédure pénale entraîne une vraie désaffection de la police judiciaire et sans policier pour enquêter sur la criminalité organisée, sur les attentats, comment on allait faire pour résoudre ce genre de dossier ? Donc je voulais savoir s'il était envisagé de procéder à une vraie réforme de la procédure pénale pour simplifier le travail de la police judiciaire.
Merci Stéphane
pour cette question. Gérald Darmanin vous répond. Moi, ce monsieur a parfaitement raison. Alors, il y a deux problèmes dans la complexité de la procédure pour les policiers et donc de la désaffection des policiers pour la police judiciaire ou pour l'investigation qui est un drame pour la France. D'abord, il manque des officiers de police judiciaire et il en manque 5 000 dans la police nationale. Il y en a 17 000, il en faut 22 000. Donc on a augmenté les primes, on va améliorer les concours, on va former les policiers rapidement.
Enfin bref, je ne reviendrai pas sur le détail que sans doute ce monsieur connaît et puis vous avez raison, il y a un côté justice mais il y a aussi un côté technologie. Moi, je pense qu'il faut qu'on fasse un saut technologique très important dans la police pour vous aider à être plus rapide, plus efficace. Il y a par ailleurs le travail que fait le garde des Sceaux sur la simplification du fonctionnement de la justice, ce qu'on appelle les états généraux de la justice. Le président de la République s'exprime le 14 septembre prochain dans le cadre de la conclusion du Beauvau de la sécurité. Je crois monsieur que vous serez comblé dans vos voeux et vos voeux ne sont pas des cadeaux.
C'est un service public que nous rendons effectivement à la France.
Question de Patrick sur la question courte de Patrick sur l'appli France Inter. Éric Zemmour ferait-il un bon président de la République ? Non. Éric Zemmour qui pense qu'en 2050 la France sera à moitié islamique et qu'en 2100 on sera une république islamique. Vous lui répondez quoi à ça ?
Moi, je ne fais pas de débat avec Éric Zemmour. C'est un homme que je respecte comme tous les familles et les hommes de France. C'est ce qu'il dit sur le fond. Oui, oui. Moi, sur le fond j'ai été désespéré d'entendre des anciens compagnons qui se disent gaullistes dire qu'ils pourraient voter pour M. Zemmour contre M. Macron. Éric Ciotti. Il y a une radicalité chez les LR. Il y a une très grande majorité d'électeurs LR, d'élus LR comme je pense à Damien Abad, Éric Woerth qui sont dans l'arc républicain, gouvernemental et puis à ceux qui sont partis de l'autre côté.
Oui, mais sur ce qu'il agite sur cette théorie du grand emplacement vous répondez quoi sur le fond ? Si vous l'aviez en face de lui qui vous disait ça dans 100 ans on est une république islamique.
D'abord, je ne l'ai pas en face de moi. Oui, mais répondez sur ça. Mais dans 100 ans nous serons tous morts à long terme. Vous ne dites pas c'est faux. À long terme on sera tous morts mais attendez nous sommes une république laïque d'abord. Moi, je ne suis pas dans la théorie de compter les gens par leur religion ou leur race. Je ne suis pas dans cette comptabilité macabre. Je suis un enfant d'un grand-père musulman et de deux grands-mères catholiques. J'espère qu'on ne me compte pas comme un quart musulman de moitié catholique un quart juif. Donc moi, je refuse ce comptage singesque. Je trouve que c'est relevé la France au niveau de tout ce qu'elle n'est pas.
Et c'est le contraire me semble-t-il de ce qu'écrivait au début de sa vie d'écrivain ou de penseur Éric Zemmour. Il a basculé et je le regrette. Je le respecte mais je le regrette profondément.
Lors du premier débat de la primaire écologie ce dimanche qui se tenait sur France Inter Sandrine Rousseau a évoqué les raisons de sa candidature parmi elles un sentiment d'humiliation quand Emmanuel Macron dit-elle a balayé d'un revers de main le mouvement de milliers de femmes dont je faisais partie qui luttaient contre les violences sexistes en nommant à la tête de la police un ministre lui-même accusé de viol. Elle parlait de vous. Une réaction ?
Madame Rousseau elle fait rire à ses dépens et je ne vais pas en rajouter quand même. Maintenant, Mme Rousseau n'avait pas la même vision de ma personne lorsqu'elle est venue me demander d'être nommée directrice de l'IRA de l'île jusqu'à été ministre de la fonction publique. Et puis si elle le souhaite on peut publier les demandes de rendez-vous et les demandes de nomination. Elle a été très vexée que je ne la choisisse pas. Et quand je vois ses déclarations publiques j'ai bien eu raison de ne pas proposer sa nomination pour former des nouveaux fonctionnaires.
Vous l'avez menacé de publier les textos qu'elle vous a envoyés ?
Non mais pour le reste c'est ridicule. Et pour le reste Mme Rousseau se caricature elle-même. Qu'est-ce que je voulais que je vous dise ? Par contre elle aurait pu signaler que par trois fois comme vous ne l'avez pas fait non plus la justice a donné raison et a conclu l'absence totale d'infraction.
L'enquête n'est pas close pour l'instant. Êtes-vous comme Bruno Le Maire favorable à la création d'un nouveau parti qui réunirait tous les soutiens d'Emmanuel Macron ? Autrement dit La République En Marche est-elle morte ?
Écoutez moi je n'ai pas de commentaire partisan ce n'est pas parce que je ne fais pas de politique politicienne ce matin dans votre micro mais c'est que je ne suis pas tout à fait certain qu'aujourd'hui c'est ce qu'on attend du ministre de l'Intérieur. Donc Bruno Le Maire
fait de la politique politicienne ? Non mais je n'ai pas entendu
ce qu'a dit Bruno. Il a dit qu'il voulait
un nouveau parti politique.
C'est son droit le plus strict permettez-moi de ne pas trop m'intéresser à ce genre d'histoire en ce moment.
Allez un mot sur Belmondo peut-être ?
Ou sur Belmondo ?
Votre film préféré Hommage Demain ?
Ce n'est pas extrêmement original. Quand j'étais gamin c'était professionnel et depuis que j'ai grandi c'est itinérable d'un enfant gâté.
Merci Gérald Darmanin d'avoir été à notre micro ce matin.
Gérald Darmanin